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Dimanche 27 décembre 2009 7 27 /12 /Déc /2009 15:06

  france 1582
La suppression de 10 jours du calendrier prévue dans la bulle Inter gravissimas se fit en France du 10 au 19 décembre 1582, le 9 décembre 1582 fut suivi du 20 décembre.

Or, selon la bulle, cette suppression aurait dû être effectuée en octobre et non pas en décembre.

Pourquoi ce retard alors que l'Italie, l'Espagne et le Portugal avaient sans problème respecté les dates prévues dans l'Inter gravissimas ?

J. Delatour y voit deux, et peut-être trois raisons :

1ère raison, le prétexte qui arrange :

Le pape  avait accordé a Antonio Lilio le privilège d'imprimer et de vendre le nouveau calendrier. A travers Antonio, le pape voulait récompenser l'astronome Luigi Lilio, son frère, concepteur du calendrier et mort en 1576.

Grégoire XIII demande à Henri III, que la France accorde également ce privilège à Antonio Lilio. Seulement Antonio ne prit pas la peine de faire imprimer et distribuer le calendrier. Sans calendrier, les imprimeurs français ne pouvaient donc pas le traduire et l’imprimer.

Octobre, mois officiel d'application de la réforme passa ….. sans le nouveau calendrier.

L'ordonnance royale fixant les dates de la réforme en France fut rendue le 3 novembre 1582. Le lendemain, Henri III accordait à Jacques Kerver un privilège pour l'impression du calendrier (il en avait accordé un autre, en douce, le 16 septembre à Jean Gosselin lui donnant le droit d'imprimer des traductions françaises).

Mi-novembre, le nonce en France Giovanni Battista Castelli apprit que le pape avait annulé le privilège de Lilio, alors rien n'empêchait plus à qui le voulait d'imprimer enfin le calendrier tant attendu. Tout le monde s'y mit allègrement : Pillehotte à Lyon, Kerver à Paris mais également Platin à Anvers ou Basa à Rome.


2ème raison
, la raison inavouable :

Elle aurait eu pour nom Christophe de Thou, premier président au Parlement.  J. Delatour, souligne qu’il faut mettre cette raison au conditionnel celle-ci n’étant pas prouvée et ressort d'une coïncidence troublante de dates.

Christophe de Thou personnage puissant et respecté ne voyait pas d'un bon œil le Saint Siège s'immiscer dans les affaires de l'Église gallicane. Après un avertissement sans frais (2 ans de "résistance") lors de l'adoption du style du premier janvier (le 1er  janvier devenant 1er jour de l'année) en 1564, il était, selon son fils Jacques-Auguste de Thou, bien décidé à ne pas faire adopter la réforme grégorienne. Il s'opposa au roi et... en tomba malade.

A partir de là, J. Delatour constate la coïncidence des dates :

·         Le 29 octobre, Christophe de Thou est à l'article de la mort : le Conseil rend son arrêt concernant le calendrier.

·         Le 1 novembre Christophe de Thou décède et le surlendemain le roi donne son édit et ordonnance sur le calendrier.

·         Le 5 novembre, l'évêque de Paris fixe l'ordre des fêtes de fin d'année

·         Le 10 novembre, l'édit est publié.

·         Le 12 novembre, le Parlement rentré de vacances n'a plus qu'à constater les faits.

 

3ème raison, la raison embarrassante :

Elle a pour nom fêtes. Paul de Foix, chargé d'expliquer les choses au pape "...qu'il y eust en cecy quelque empeschement que je ne pouvois sçavoir", il fallait trouver d'autres dates en remplacement des dates initialement prévues.

Il fallait supprimer 10 jours et surtout que Pâques 1583 soit célébrée le même jour en France qu'à Rome. Mais le roi voulait, lui, que Noël soit aussi célébré en même temps à Rome et à Paris.

La réforme devait donc se faire avant le 25 décembre 1582.

Pas question de supprimer le 11 novembre qui était la date de fin des vacances du Parlement et celle de paiement des termes et de fin de certains contrats … et puis, c'était une date trop proche de la décision du Conseil.

Pas question non plus de toucher au jour auquel "tout prend racine" (Sainte Catherine, 25 novembre), de toucher à la Saint-André fête importante du 30, de toucher à la fête du patron des marchands de vin, porteurs de charbon, bateliers, à la Saint- Nicolas du 6 décembre, à la Conception Notre-Dame du 8 décembre…. On sauterait donc sans trop de dommages du 9 au 20 décembre et tans pis pour la coupe sombre dans la période de l'Avent (il suffisait d'avancer son début au 18 novembre 1582 pour les Parisiens), ailleurs, ce fut comme on pouvait y compris fêter les dimanches de l'Avent... pendant la semaine et tant pis  pour le pape qui avait pris la décision fin octobre début novembre de supprimer en France les jours du 11 au 20 février 1583 ( la décision française était déjà prise).

 

C’est par l’ordonnance du 2 nov. 1582 en forme de mandement adressée aux prévôts des villes, qu’Henri III entérina la réforme du calendrier.

 

Est-ce pour lui être agréable que le roi organisa à Paris une immense procession le 9 décembre 1582 ? Ou pour fêter le dernier jour du calendrier julien en France ?

Par Pierre - Publié dans : Calendrier - Communauté : histoire de
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Vendredi 7 novembre 2008 5 07 /11 /Nov /2008 22:26

 fuseaux

 

Si, au temps de César, il fut assez simple d'imposer le calendrier julien, la mise en usage du calendrier grégorien exprimée dans le ‘motu proprio’ ne se fit pas sans heurt.

 

L’Europe en  1600

 

Rappel : C'est à Tusculum (maintenant Frascati) le 24 février 1582 que le pape Grégoire XIII délivre la bulle Inter gravissimas  instituant la réforme du calendrier julien : le calendrier grégorien est né, et pour rattraper le retard pris depuis le concile de Nicée sur l'année solaire, Grégoire XIII, supprime 10 jours dans le calendrier.

Le lendemain du jeudi  4 octobre 1582 sera le vendredi 15 octobre 1582 : «On choisit octobre parce que c’est le mois qui compte le moins de fêtes religieuses, les 10 jours perdus perturberas le moins l’Eglise » (bulle Inter gravissimas)

Le texte de la bulle fut adressé d'abord aux membres de l'Église catholique, il fut également adressé à tous les chefs des États chrétiens. Certes ces derniers étaient maîtres en leur Royaume mais, comme tout bon chrétien, ils se devaient de "rendre ce service" au pape.

 

A Rome, en Espagne et au Portugal, le lendemain du jeudi 4 octobre 1582 fut le vendredi 15 octobre.

Les États non chrétiens ou ne reconnaissant pas l'autorité du pape, adoptèrent le calendrier  avec retard : le Japon en 1873, la Chine en 1912, l’Etat Roumain en 1919, la Turquie en 1924.

 

Les États protestants (et ceux de l'Église d'Orient) traînèrent longtemps des pieds avant d'appliquer la réforme grégorienne. La révolte fut longue ; le Français Joseph Scaliger, par ses critiques, contribua à organiser la résistance.

 

Les protestants des Pays-Bas, d'Allemagne et de Suisse s'inclinèrent avec un siècle de retard, vers l'an 1700; encore modifièrent-ils la date de l'équinoxe.

‘Les protestants, disait Képler, aiment mieux être en désaccord avec le soleil que d’accord avec le pape’ !!

Dans certains villages Suisses, il fallut recourir à des amendes et à la force armée pour amener l'emploi du calendrier grégorien.

 

La catholique Pologne, après maintes résistances et une sédition à Riga, reçut le calendrier en 1586; la Hongrie s'aligna en 1587.

Les Etats catholiques d'Allemagne et de Suisse accueillirent la réforme en 1584.

 

La répugnance fut vive même dans les pays catholiques à sacrifier 10 jours. Rompre en apparence la continuité du temps montre bien que le calendrier touche les cœurs, et qu'il convient de traiter la question avec prudence.

  

 

Dernier jour

Julien

Premier jour

Grégorien

Italie, Espagne, Portugal

4 oct. 1582

15 oct. 1582

France (sauf Alsace et Lorraine)

9 déc. 1582

20 déc. 1582

Luxembourg

14 déc. 1582

25 déc. 1582

Belgique (alors province des Pays-Bas)

21 déc. 1582

1er janv. 1583

Valais Suisse

28 févr. 1655

11 mars 1655

Alsace

4 févr. 1682

16 févr. 1682

Zurich, Berne, Bâle, Genève

31 déc. 1700

12 janv. 1701

Angleterre

2 sept. 1752

14 sept 1752

Lorraine

16 févr. 1760

28 févr. 1760

U.R.S.S.

31 janv. 1917

14 févr. 1917

Canada

France ou

Angleterre…

… selon les

provinces

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Pour la petite histoire :

Ste Thérèse d’Avilla étant décédée dans la  nuit, on peut dire ironiquement qu’elle est morte  dans la nuit du 4 au 15 octobre 1582.

L’écrivain espagnol Cervantès et l’écrivain anglais Shakespeare, sont morts le 23 (ou 22) avril 1616, et pourtant ils ne sont pas décédés le même jour.

En effet, en 1616 l’Angleterre avait toujours en usage le calendrier julien, alors que l’Espagne  avait adopté le calendrier grégorien.

Cervantès a donc devancé de 11 jours Shakespeare au paradis des écrivains.

 

Examinons comment cela c’est passé dans certains pays européens…

Par Pierre - Publié dans : Calendrier - Communauté : histoire de
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Jeudi 30 octobre 2008 4 30 /10 /Oct /2008 22:33

réforme a)- La bulle Inter gravissimas

 Nous sommes le 24 février 1582. Grégoire XIII signe à Tusculum, (aujourd'hui Frascati), la bulle Inter gravissimas instaurant dans la liturgie catholique romaine le calendrier grégorien.

 Cette bulle est en fait datée de 1851, et oui... à cette époque le changement d'année pour les bulles papales se faisait le 21 mars !!...

 Instaurer le calendrier, d'accord, mais encore fallait-il expliquer à tous, et en particulier à tous les prêtres catholiques romains du monde, comment fonctionne ce nouveau calendrier.

Les textes explicatifs sont appelés les 'canons'

 b)-Les canons

Ces textes explicatifs,  sont publiés en 1582.

Au nombre de six, probablement rédigés par Clavius, l'architecte du calendrier grégorien, après Luigi Lilio, que Clavius appelait lui-même 'primus auctor' de cette réforme.

 Le premier canon explique ce qu'est le nombre d'or et comment le déterminer pour une année quelconque.

  • Le deuxième canon explique comment déterminer l'épacte d'une année. L'épacte est le nombre de jours dont l'année commune de 365 jours dépasse l'année lunaire commune de 354 jours.

(Par définition, la lune et le soleil sont en concordance au début du cycle de Méton).

  • Le troisième canon explique ce qu'est le cycle solaire et comment le déterminer pour une année quelconque.
  • Le quatrième canon explique comment déterminer la lettre dominicale d'une année.
  • Le cinquième canon explique comment déterminer l'indiction d'une année quelconque.
  • Le sixième canon explique comment trouver la date de Pâques et les autres fêtes mobiles, à partir de l'épacte (canon 2) et la lettre dominicale (canon 4)

 Pour la petite histoire

Le calendrier de la Poste, indique  toujours tous les éléments du comput (au bas du mois de février).

Expl : Comput 2001 relevé sur le calendrier des Postes 2001.

Epacte 5. Lettre dominicale G. Cycle solaire 22. Nombre d'or 7. Indiction romaine 9

L'indiction romaine n'a aucun intérêt dans le comput ecclésiastique.

Les papes depuis Grégoire VIII, l'on fait commencer le 01/01/313.

  c)- Le motu proprio

 Grégoire avant même la fin de l'année 1582 change d'avis et retire aux retardataires le délai d'un an, de deux ou de trois qu'il leur avait accordé.

Il exigeait que le passage au nouveau calendrier se fasse dès février 1853. Pourquoi ?

 Grégoire XIII profite d'une circonstance particulière : en 1853, la première année où l'on devait utiliser le comput grégorien pour déterminer la date de Pâques, le hasard voulu que Pâques tombe le même jour avec le comput julien qu'avec le comput grégorien.

Selon le comput julien, Pâques tombait en 1853 le 31 mars, et selon le comput grégorien, Pâques tombait le 10 avril.

Or, à cause du décalage de 10 jours entre les deux calendriers (julien et grégorien), le 31 mars julien  et le 10 avril grégorien étaient en réalité le même jour.

Les autres fêtes mobiles coïncidaient aussi forcément (mercredi des Cendres 13/2 julien et 23/2 grégorien).

 Puisque tous entreront en carême en même temps, pourquoi les retardataires n'en profiteraient-ils pas pour adopter le nouveau calendrier ?

 Cette volonté est exprimée dans un 'motu proprio' signé le 7 novembre 1852.

 Et tout le monde n'a pas été d'accord avec le 'motu proprio'.....

Par Pierre - Publié dans : Calendrier - Communauté : histoire de
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Dimanche 7 septembre 2008 7 07 /09 /Sep /2008 22:19

gregoire013
Le pape Grégoire XIII (Ugo Boncompagni (1502 - 1585) est élu pape le 25 mai 1572).
Dès sa prise de fonction il fit appel à une commission de savants, (parmi lesquels on cite les frères Lelio et le jésuite Bavarois Clavius), sous la présidence du cardinal Guglielumo Sirleto pour lui fournir les précisions nécessaires (le compendium).

 Le médecin Calabrais Luigi Lilio (ou Giglio), connu sous le nom latinisé de Aloysius Lilius, met au point un ingénieux projet de réforme(1575).
C'est son frère Antonio qui le présente à la congrégation en 1577, Lilio étant décédé l'année précédente (le texte original n'existe plus).
Lilio et Clavius mettent au point le comput grégorien, en introduisant un nouvel élément : l'épacte, qui n'existait pas dans le comput julien de Denys le Petit. (Le comput sera développé au paragraphe du calendrier ecclésiastique).

 Avant de l'adopter, le comité (ça se dit congrégation dans la langue vaticane !), confie à Pedro Chacon (théologien Espagnol) le soin de rédiger un résumé (en latin : un compendium) du projet de Lilio.
Et vers la fin du XVIème siècle, l'œuvre tant désirée s'accomplit : La réforme grégorienne est adoptée.

 Comme l'œuvre de César, la réforme opérée par Grégoire XIII comporte 2 parties:

  • L'une édicte les règles générales qui gouverneront l'avenir et qui, en fait déterminent encore notre calendrier.
  • L'autre concerne les dispositions immédiates destinées à rectifier les erreurs du passé, remettre l'année civile en accord avec l'année solaire telle qu'elle se trouvait au temps du concile de Nicée.

 Depuis le Concile de Nicée 1257 ans se sont écoulés, l'équinoxe de printemps tomba le 11 mars en l'an 1582, en avance de 10 jours par rapport à la date du 21 qui lui avait alors été assignée.
L'écart constaté était conforme aux calculs. Pour ramener l'équinoxe au 21 mars, il suffisait de supprimer 10 jours à l'année 1582.
Ce retranchement fut fait par le pape et pour l'église romaine au mois d'octobre. C'est ainsi que le lendemain du jeudi 4 octobre fut le vendredi 15.
La continuité de la semaine était respectée, l'an 1582 n'eut que 355 jours, et dès l'année suivante, 1583, le 21 mars coïncida avec l'équinoxe de printemps.

La loi destinée à conserver indéfiniment cette coïncidence est importante, Grégoire XIII décide de supprimer 3 jours en 400 ans, correction partielle mais d'application simple, il suffit de supprimer le plus régulièrement possible le caractère bissextile de 3 années parmi la centaine que le calendrier julien introduit en 400 ans.
En conséquence, les années continuent d'être bissextiles de 4 ans en 4 ans comme dans le calendrier julien, mais les années séculaires, (celles qui se terminent par 2 zéros), qui sont toutes bissextiles dans le calendrier julien cessent de l'être et deviennent communes, sauf celles dont le nombre de siècles est divisible par 4.

C'est ainsi que 1600 - 1700 - 1800 - 1900 - 2000 - 2100 dans le calendrier julien sont bissextiles alors que seules les années 1600 et 2000 dans le calendrier Grégorien restent bissextiles car 16 et 20 sont divisibles par 4.
Les années séculaires 1700 - 1800 - 1900 ont été des années communes. Ainsi  s'obtient de façon claire et homogène la suppression de 3 jours juliens en 4 siècles.
La correction faite se monte à 0,75 jours par siècle, mais l'année grégorienne est encore trop longue de 3.000ème de jour. Ce décalage atteindra 1 jour en 4317.
Nos descendants verront-ils peut-être lors de cette année particulière, un mois de février ramené exceptionnellement à 27 jours !!

 Pour la petite histoire :
Les dimanches bissextiles sont rares. Il n'y en a eut que 3 au XXème siècle (1920-1948-1976) et il y en aura que 4 au XXIème siècle (2004-2032-2060-2088).
En attendant une nouvelle mise à jour, faisons le point sur l'évolution du compte des jours avec le calendrier :

Calendrier

Origine

Modifications

Romain

- 46 av. J.C.

César réforme le calendrier sur conseil de Sosigène, il devient solaire

Julien

- 8 av. J.C

Le sénat romain passe le mois d'août de 30 à 31 jours

Grégorien

24/2/1582

Grégoire XIII entérine une correction de 10 jours.

 Réflexion  personnelle :

En appliquant cette règle ou l'année compte 365,2425 jours au lieu de 365 ,2424 on aura un décalage de +3 jours en 10.000 ans. Il aurait peut-être été bien de considérer les années 4.000, 8.000 et 12.000 .... Comme normales, mais en 4.000 l'année tropique sera- t'elle toujours la même ?  Je ne serai plus là pour répondre à votre attente.

La réforme est faite, encore faut-il l'adoptée et la promulguée, d'où... La bulle du pape...

Par Pierre - Publié dans : Calendrier - Communauté : histoire de
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Samedi 6 septembre 2008 6 06 /09 /Sep /2008 22:18

nicee L'année julienne comptait 365,25 jours alors que l'année tropique vaut 365,24221935 jours soit une différence de 11 minutes et 12 secondes par an.....
Un retard de 3/4 de jour pour 100 années juliennes c'est peu, mais transporté à échelle longue, le calendrier fausse compagnie aux rendez-vous annuels du soleil.

Le système de César ne remplit donc pas exactement les conditions nécessaires à une fixité définitive.
Il fallait donc adapter dans la durée la longueur de l'année à l'année tropique., mais...
Depuis la réforme julienne, la chrétienté était née.

Vous allez me dire que viens faire la chrétienté dans la dérive du calendrier ?
C'est très simple, la date de la fête de Pâques.

 Les chrétiens n'ont pas eu la vie facile avec les romains, ils étaient persécutés (Rappelez-vous de vos cours d'histoires en primaire, les lions qui dévoraient les chrétiens !!). Malgré cela la religion chrétienne progressait et commençait en mettre en péril les différents empereurs romains.
 L'Empereur romain Constantin  (il se converti que sur son lit de mort)  sentant bien le danger, décrète en l'an 312 la fin des persécutions contre les chrétiens qui peuvent enfin vivre au grand jour et en 325 convoque le premier concile œcuménique dans la ville de Nicée (aujourd'hui Iznik en Turquie).

N'oublions pas que nous sommes au temps des romains et qu'à l'époque les Empereurs étaient non seulement les chefs civils, mais également les chefs religieux, il n'y a donc rien de surprenant que ce soit Constantin qui convoque un concile.
Les sujets à traiter à ce Concile ne manquent pas, en particulier la condamnation de l'arianisme (doctrine d'Arius).
En l'an 325 de notre ère, le concile de Nicée fixa la date de Pâques. (Je vous parlerez des controverses de cette de Pâques dans une autre page).
Pour les Pères de l'Eglise Pâques doit être associée à la 1ère pleine lune du printemps.
Or en 325 l'équinoxe tombe le 21 mars, alors que César et Sosigène avaient prétendu fixer cet équinoxe au 25 mars.

Il est évident que Sosigène s'est trompé (au moins dans la détermination de l'équinoxe de l'an 45).
Les Pères de l'Eglise n'hésitèrent pas un instant à attribuer cette erreur de 4 jours au seul Sosigène.

Ces braves Pères pensaient que l'équinoxe de printemps observé le 21 mars à l'époque du concile, tomberait désormais indéfiniment à cette date, et ... Fort imprudemment, ils lièrent la fixation de Pâques à la date du 21 mars.
Pâques est donc le dimanche qui suit le 14ème jour de la lune qui tombe le 21 mars ou immédiatement après (1er dimanche après la première lune de l'équinoxe de printemps). Pâques est donc une fête mobile oscillant  le 22 mars et 25 avril.

 Pour la petite histoire :

Le concile de Nicée (an 325) n'a pas décrété la règle de  détermination de pâques.
 La légende s'est vite répandue (grâce en particulier à Denys le Petit) que la règle venait de ce concile.
Au XVIe siècle, le pape Grégoire XIII  y  croyait encore ; au XVIIIe,  on  en parle toujours dans le décret anglais d'adoption du calendrier grégorien.
 Aujourd'hui  encore,  la  légende  est  toujours d'actualité !

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 Malgré les injonctions du Concile de Nicée, chaque ville fit à sa façon et on en arriva à une confrontation : Alexandrie (Orient) / Rome (Occident) qui annonce la future rupture définitive entre les églises d'Orient et d'Occident.
Après le Concile de Nicée, deux astronomes, (tous 2 évêques à Alexandrie), Théophile et son neveu Cyril établirent des tables s'étendant respectivement de 380 à 480 et de 437 à 581.

En l'an 455, Hilaire, archidiacre du Pape Léon le Grand (440-461), commande à Victorius d'Aquitaine une table permettant de fixer la date de Pâques.

 En 525, (200 ans après le Concile de Nicée) le pape Jean 1er demande à l'abbé Denys le Petit (Dionysus Exisguus) de calculer la date de Pâques pour l'année 526.
Denys le Petit adopte les formules alexandrines et utilise le cycle lunaire de 19 ans (Cycle de Méton), il recalcule les tables de Cyril sur 95 ans (532 à 627), mais... elles tombent dans l'oubli, ... la date de Pâques continuera donc de dériver... et le calendrier aussi !!

Dans les siècles qui suivirent, le calendrier julien continua, naturellement, à dériver par rapport à l'équinoxe, qui s'écarta peu à peu du 21 mars.
Dès le VIIIème siècle, l'Eglise s'en émut; à suivre les prescriptions du Concile, Pâques, fête printanière, finirait à la longue par se célébrer au cœur de l'été.
Le XIIIème siècle fera bouger les consciences. Conrad de Strasbourg en 1200, affirme que le solstice d'hiver a déjà perdu 10 jours depuis le règne de Jules César.
Quelques années plus tard le chanoine de Paris (Robert Grossteste - un anglais), calcule un décalage d'un jour tous les 304 ans (en réalité c'était un jour tous les 308,5 ans). Il préconise donc de calculer la date de Pâques avec un équinoxe de printemps situé au 14 mars au lieu du 21, ce qui compenserait ainsi le retard accumulé depuis Jules César.

Johannes de Sacrobosco, également anglais (appelé Jean de Holywood ou Jean de Halifax) propose dans un traité ‘De Anni Ratione' d'abolir un jour tous les 288 ans... proposition restée sans suite.
En 1263 Roger Bacon signale au pape (dans ses ouvrages opus majus et opus tertium) que le phénomène de précession des équinoxes fait que l'année du calendrier avance de près de 11 minutes par an sur l'année solaire, représentant une journée entière tous les 120 ans. De ce fait, Pâques est fêtée à une date erronée.
Il réclame une réforme en s'adressant avec véhémence directement au pape Clément IV. Il n'aura pas gain de cause, et pour cause... Le pape décède sans avoir pris de décision.

 En 1345, Clément VI (pape en Avignon), décide de réformer le calendrier. Il s'adresse à plusieurs experts dont Jean de Meurs et Firmin de Belleval. Dans une lettre sur la réforme de l'ancien calendrier ‘Epistola suoer reformatione antiqui Kalendarii', il propose une solution consistant à supprimer un certain nombre de jours d'une année déterminée, et par la suite, d'enlever un jour tous les 310 ans (tout un programme ; mais cette réforme ne se fit pas (probablement à cause d'une épidémie de peste).

Le cardinal Pierre d'Ailly (un français), au Concile de Constance en 1414, fit part de l'émotion du clergé et proposa au pape Jean XXIII (un antipape en Avignon), un traité d'exhortation à la reprise du calendrier ‘Exhortatio super correctione calendarii' (Exhortation à la reprise du calendrier).
Il reprend les argumentaires de Grosseteste, Sacrobosco et Bacon : modifier les intercalations bissextiles.

Pierre d'Ailly reconnaît que la « durée véridique de l'année n'est pas connue avec certitude », pour que l'on puisse valablement légiférer ... La réforme n'aura donc pas lieu.
En 1436, l'astronome Nicolas de Cursa, propose une réforme semblable à Pierre d'Ailly, avec .... Pas plus de chance.
Au début du XVIème siècle, lorsque le calendrier indiquait 21 mars, l'équinoxe réel était déjà passé depuis 10 jours.

Les demandes de réforme du calendrier se faisaient de plus en plus nombreuses et pressantes, mais le XVIème siècle est celui de la réforme (la naissance du protestantisme) : Luther, Calvin, etc...
L'Eglise catholique romaine a autre chose à faire que de s'occuper de la dérive du calendrier, Elle veut réagir à la naissance du protestantisme en proposant une contre réforme.

Le pape Léon X, en 1514, demande à l'évêque hollandais Paul de Middelburg, astronome, de présider une commission chargée de l'amendement du calendrier.
Cette réforme ne vit jamais le jour, et pour cause, Léon X a eut la mauvaise idée de demander aux souverains de l'époque, leur avis, qui ne répondirent pas ou presque, ... Mais, une des lettres de Léon X tomba dans les mains de Nicolas Copernic qui avait découvert que la rotation de la Terre se faisait en 365,2425 jours (contre (365,2422 réels), et qui hésitait à publier ses travaux (à cause de la religion). Il ne le fit qu'à la fin de sa vie, et cette publication jouera un rôle majeur lors de la réforme de Grégoire XIII.

Le Pape Paul III décide de tenir un concile œcuménique à ce sujet à Trente dans le Nord de l'Italie.
Ce concile de 25 sessions dura 18 ans  (1545-1553). Il agite la question mais sans conclure, la remet à la sagesse du Saint Siège et confie également au pape Pie IV de réformer le bréviaire.
Pie IV doit réformer le bréviaire ...  Pas de chance il meurt.

Le pape suivant, Pie V (1566-1572), fit une bonne partie du travail, mais une partie seulement car la réforme complète du bréviaire supposait une réforme du comput ecclésiastique (entre autre remplacer le système du nombre d'or par le système basé sur la notion d'Epacte), qui elle exigeait au préalable la réforme du calendrier civil. Pie V ne l'a pas faite.

En mai 1572, de Grégoire XIII succède à Pie V....

 

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