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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 22:04
De Chaudun à Erfürt (8)

De Chauny à Erfürt

Ce voyage de 800 Km en train durera quatre jours.

Le convoi traverse Péronne, Cambrai, Valenciennes, Mons, Bruxelles, Liège et franchit la frontière allemande.

A partir de ce moment là, la portière des wagons est ouverte à chaque gare traversée, la population civile insulte et nargue les prisonniers.

Pendant tout le trajet en train, les otages ont pour nourriture que des morceaux de pain sec jetés dans les wagons lors des arrêts aux gares.

Le convoi traverse Cologne et dans la nuit du mercredi 16 au jeudi 17 septembre, vers une heure du matin il atteint Erfürt, but du voyage …

Malgré l’heure tardive, les rues sont noires de monde, des cris hostiles accueillent nos otages, on leur lance des pierres, des œufs pourris. Ils sont emmenés à la prison civile…

  • Le temps de la prison

Monsieur Lebel indiquera à son retour « Nous étions une quarantaine de Briards dans la prison d’Erfürt: des gars de Varreddes, de Guérard, de Verberie, de Meaux. »

A leur arrivée, ils sont fouillés et tout ce qu’ils possèdent, y compris l’argent, est placé sous séquestre. Ils passent le reste de la nuit assis sur des bancs.

Dès le matin, ils passent à la douche, on leur coupe les cheveux ras et on leur donne des vêtements de prisonniers : chemise et caleçon de toile, tricot, pantalon et gilet de toile bleue, cravate, calotte noire ronde.

Ils vont ainsi demeurer enfermés pendant 28 jours, couchant à douze dans une chambre étroite dont les lits sont placés six en bas et six au-dessus.

Chaque lit comporte une paillasse, un drap, un traversin et deux couvertures.

Au milieu de la pièce, une table avec des bancs et une table pour la toilette.

Chaque otage a son casier pour ranger son gobelet, sa cuiller, son peigne et sa brosse ; au dessus se trouve un porte-manteaux pour accrocher la serviette et la calotte.

René FAVRE, le plus jeune otage, raconte son emploi du temps dans cette prison (je cite):

« Le matin, à 5 heures et demie une cloche sonnait. Il fallait se lever, ensuite se débarbouiller, se peigner et se brosser, être propre.

Après il faut faire son lit, ranger tout, balayer et être prêt.

A six heures un gardien passait, ouvrait la porte et nous allions dans le couloir chercher notre café et un morceau de pain noir. Nous revenions et le gardien fermait la porte.

On nous apportait de l’ouvrage, c’était de tailler des petits bouts de métal blanc avec du métal jaune jusqu’à midi.

A midi un gardien passait, ouvrait la porte, nous allions chercher notre déjeuner. C’était une purée de pommes de terre, de carottes, d’haricots, de choux, etc.. Le gardien regardait par la petite lunette qui se trouvait à la porte.

Quand nous avions fini, il venait chercher les gamelles et fermait la porte.

Nous reprenions notre ouvrage jusqu’ 15 heures.

A quinze heures un gardien passait, ouvrait la porte, nous mettions nos petites calottes rondes sur la têtes ; c’était la sortie.

Nous allions dans une cour ronde avec de grands murs autour et gardée militairement pour ne pas que l’on s’évade. Il fallait avoir les mains dans le dos.

Quatre heures sonnaient ; nous rentrions dans notre chambrée, toujours accompagnés du gardien. Nous voilà dans cette pièce jusqu’à 18 heures.

A six heures, le gardien nous ouvrait la porte pour aller chercher notre soupe au son et notre morceau de pain : nous mangions. Quand nous avions fini il ouvrait la porte, ramassait les gamelles, nous comptait et éteignait le gaz.

Nous voilà dans l’obscurité pour nous déshabiller et nous coucher, et nous lever à 5 heures et demie au matin ».

Dans la prison d’Erfürt, on n’était pas trop mal, dira monsieur LEBEL : « on buvait du café le matin ; à midi on mangeait de la soupe aux légumes et au riz ; le soir des pommes de terre, du macaroni.

On ne se plaignait pas trop, mais ça n’a pas duré longtemps, car au camp de Langensalza, ah ! ce n’était plus pareil ! »

  • La détention dans les camps
  • Messieurs LERICHE et LEBEL, resteront dans cette prison jusqu’au 29 novembre, date à laquelle ils seront internés à Langensalza.
  • Le 16 octobre, les autres otages quittent la prison civile après restitution de tout ce qui leur avait été confisqué à l’entrée, pour rejoindre le camp de concentration d’Erfürt.

Leurs misères ne sont pas terminées…

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Published by Pierre
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commentaires

electricite paris 11 02/02/2015 02:57

J'apprécie votre blog , je me permet donc de poser un lien vers le mien .. n'hésitez pas à le visiter.
Cordialement