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5 février 2015 4 05 /02 /février /2015 22:44
Le camp d'Erfürt en 1914

Le camp d'Erfürt en 1914

  • Le camp d’ Erfürt

C’était un camp pour officiers mais il y avait également des civils. Situé dans la province de Saxe, aujourd’hui capitale de la Thuringe, comprenant huit grands baraquements en bois recouverts de papier goudronné. Ce camp avait une sinistre réputation.

Situé à la sortie de la ville, entouré d’une haute clôture en treillage métallique, renforcée de place en place par des mitrailleuses, il comptait des prisonniers français, belges, anglais et 7.000 Russes.

Environ 2.400 prisonniers perdirent la vie dans ce camp, qui fut évacué fin 1917.

Les prisonniers y sont organisés en compagnie de 1000, comprenant 25 sections de 40 hommes. Chaque baraquement renferme deux compagnies, ce qui fait 16 000 hommes dans tout le camp. Les compagnies sont séparées par une cloison de 1,50 m de hauteur et les sections par une autre cloison de 1,20 m.

Chaque section comprend deux parties, l’une qui sert de dortoir, l’autre de salle à tout faire. Le chauffage central et l’éclairage existaient dans toutes les constructions… mais existaient seulement, car de là à fonctionner, il y a loin !!

Le couchage, au début est infect ; la paille est réduite à l’état de fumier, non renouvelée jusqu’au 20 décembre.

A cette date, la paille est remplacée par des sacs pleins de fibres de bois. Chaque homme a deux couvertures, une serviette, une cuillère et une cuvette dans laquelle il doit manger et faire sa toilette.

L’hygiène est mauvaise, la vermine grouille, l’entassement est effrayant, le linge manque, les vêtements ne sont pas renouvelés, la nourriture est détestable, la maladie fait des ravages dans le camp.
Pour quatre, les prisonniers reçoivent chaque matin : une boule de pain de couleur de suie et presque immangeable, pesant quatre livres mais le poids de cette boule allait toujours en diminuant.

Au petit déjeuner: une infusion d’orge grillée, dénommée « malt-kaffee »

A midi : purée de choux ou d’orge, pommes de terre non épluchées en ragoût.

A 19 heures : bouillie de riz, de farine d’avoine, de son ou de rémoulade.

En général deux fois par semaine, le soir, une partie du repas est remplacée par un petit boudin. Jamais de viande.

Un des otages revenu d’Erfürt, dira qu’un porc n’aurait pas voulu de cette nourriture.

  • La détention au camp d’Erfürt

Pendant leur détention messieurs Paul DENIS, COMBE, ROI, LACOUR, FAVRE et son petit-fils René ne recevront aucune nouvelle de France.

La vie au camp est désespérément monotone.

Les prisonniers passent leur temps, les uns à lire des livres français achetés à la cantine, les autres à jouer aux cartes, aux dominos, etc… Et quand ils travaillent, c’est à des travaux d’aménagements du camp et des environs immédiats, ceci 2 jours par semaine.

En hiver, lorsqu’il y a de la neige, des luttes à coups de boules de neige s’engagent. Les Anglais font de la marche autour du camp.

Parfois, le soir, de 20 h à 21 h 30, les soldats donnent des concerts avec des instruments achetés par l’intermédiaire du cantinier (violons, mandolines), mais cette tolérance n’a pas continué bien longtemps; la Marseillaise jouée au cours de ces soirées n’était pas du goût des autorités allemandes… Les soirées concerts ont supprimées.

L’oisiveté, l’ennui, un régime alimentaire très insuffisant ont pour conséquence la dépression physique et morale. Ajouter à cela les nouvelles les plus fantastiques sur les faits de guerre et vous aurez une idée de la vie que menèrent ceux que l’assassinat n’avait pas cloués sur la route.

Paul DENIS n’a pas pu résister à ce régime, il décède le 24 octobre 1914. Les cinq autres otages, bien qu’affaiblis, ont pu supporter leur captivité.

On apprend, à ceux qui sont jugés inoffensifs pour l’Allemagne, qu’ils vont reprendre le chemin de France; ce sont messieurs LACOUR, FAVRE et son petit-fils.

Messieurs COMBE et ROI resteront internés.

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Published by Pierre
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