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3 avril 2015 5 03 /04 /avril /2015 21:26
Paul Fossin, jeune curé

Paul Fossin, jeune curé

Les otages revenus de captivité ont raconté que « tout le long de la route les Allemands avaient brutalisé M. le curé, le traitant d’espion. Ils le roulèrent dans les orties, le frappèrent à coups de crosses de fusils et même avec des betteraves qu’ils lui jetaient ensuite à la tête et lui firent toutes sortes de misères et d’avanies ; »

Vers 17 heures, le 8 septembre, les prisonniers civils et militaires au nombre d’environ 180, sont rassemblés et emmenés dans une grange.

Arrêtés devant la porte de cette ferme, des uhlans passent…

Reconnu, notre curé est l’objet particulier de leurs menaces.

Bafoué, bousculé par ces uhlans, il demeure très digne, sans s’émouvoir des blasphèmes que l’ennemi adresse surtout à son caractère sacerdotal.

Les prisonniers entrent dans la ferme. L’officier a pour voisin le curé de Varreddes, il lui propose de « faire son lit », de disposer la paille pour permettre au vieillard épuisé de s’étendre sans retard.

Celui-ci le remercie. « Il en a bien vu d’autres », dit-il ; et la vie qu’il avait l’habitude de mener, dédaigneux des fatigues ; et dit aussi son attachement pour son pays, son église…

Peu après, à 18 heures, commence la scène tragique dont l’officier a été le témoin :

Un jeune Allemand, capitaine de gendarmerie avec monocle, cravache, parlant un français sans accent, accompagné de 2 ou 3 gendarmes, fait apporter une table et trois ou quatre chaises.

Paul FOSSIN est appelé…

Immédiatement, un interrogatoire sommaire commence : Nom, prénoms, âge ? Expliquez-vous…

Le curé est accusé de trahison pour avoir fait la veille au soir des signaux à l’armée française du haut de son clocher.

Il veut s’expliquer, répond qu’il a allumé des cierges dans l’église parce qu’il devait enterrer un soldat français.

On l’interrompt immédiatement ; « Taisez-vous !...

N’ai-je pas le droit de me défendre ? réplique le curé.

Vous n’êtes qu’un menteur, lui est-il répondu ; »

L’Allemand furieux généralise l’outrage en l’appliquant à tous les prêtres français.

Le prêtre reste stoïquement au garde à vous.

Avez-vous un témoin à décharge, lui est-il cependant demandé…

Après hésitation, un civil se présente et raconte l’histoire que le curé avait lui-même narrée.

Vous n’étiez pas présent ? Non, c’est M. le Curé qui me l’a raconté ; le témoignage est considéré comme nul.

Sans autres formes de procès, le curé est immédiatement condamné à être fusillé.

L’officier a personnellement et distinctement entendu la sentence.

Paul Fossin, calme, revenant vers les prisonniers français, dit à l’officier: « La plus belle mort est de mourir pour la France. Priez pour moi, comme moi je prierai pour vous de là-haut. »

« Me trouvant à ses côtés dit un autre témoin, soldat prisonnier, j’ai voulu le rassurer en lui disant qu’il ne serait pas fusillé. Il m’a répondu qu’il avait fait son devoir et qu’il était assez vieux pour mourir. »

Quittant cette ferme, à l’exception du curé, un des otages indique qu’à partir de ce moment là, on ne revit plus Monsieur le Curé, qui avait été très maltraité à coups de crosses de fusils et grossièrement injurié.

« Les Allemands le roulaient dans les orties de la ferme. Défiguré, soutane en lambeaux, le visage tuméfié, il nous était interdit de lui parler et même de le regarder afin que l’on ne puisse pas rendre compte des mauvais traitements qu’il avait subits…

« On nous fit partir, laissant M. le curé seul dans un coin de la cour, gardé baïonnette au canon.

« Un grand chef nous dit qu’il serait jugé mais cela voulait dire fusiller.»

« Dix minutes après, dit encore le soldat prisonnier, nous avons entendu une fusillade, et n’avons plus revu Monsieur le curé ».

Son corps ne fut jamais retrouvé. A t-il été enseveli ou tout simplement brûlé pour effacer toutes traces ?

Nous ne le saurons jamais… Il fut le premier prêtre du département à donner sa vie pour la France et pour l’Eglise.

Pour terminer ma conférence, rappelons simplement le vœu formuler par monsieur Georges Lugol, député de Meaux en novembre 1914 :

« Il ne faut pas que le souvenir des cruautés allemandes dans notre région s’efface.

Non qu’il faille entretenir la haine éternelle dans le cœur de nos concitoyens et cependant cela se comprendrait mais il faut honorer ceux qui furent les victimes innocentes de l’ennemi.

« Ils ont souffert, la plupart jusqu’à en perdre la vie. Ils ont droit à ne pas être oubliés ».

Puis lors d’une conférence au théâtre de Meaux, le lundi 24 mai 1915, Georges Lugol répétait publiquement ce vœu en lui donnant une forme plus précise disant : « Un monument en souvenir des martyrs de Varreddes sera élevé sur la place du village et une plaque apposée sur le mur de la maison Leriche.

Ce sera là une œuvre de justice à l’égard de ceux qui ont souffert et une leçon pour celui passe ».

Vœu malheureusement a moitié exaucé …

Mais n’oublions pas également les 42 autres Varreddois morts au champ d’honneur entre 1914 et 1918.

Que se passa-t’il à Varreddes les jours qui suivent la prise d’otages ? ....

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Published by Pierre
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