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5 août 2015 3 05 /08 /août /2015 20:15
Rue du Moulin (1)
  1. Rue du Moulin

L’appellation Rue du Moulin est antérieure à l’appellation Rue de l’Eglise.

Le registre Terrier de 1618 désigne ainsi cette rue, parce qu’elle aboutissait au moulin banal qui antérieurement à 1790, était, de temps immémorial, propriété de l’Evêque de Meaux et fonctionnait au profit de ce dernier sur la rive droite de la Marne (art. 4334, 4335, 4336, 4338, 4339, 4340, 4345, 4347, 4366, 4367).

Car c’est bien de temps immémorial qu’il tournait, en vertu des droits que la féodalité conférait audit Evêque en sa qualité de seigneur temporel du village de Varreddes*, et que l’on trouve minutieusement recensés au Cartulaire de Meaux (tomme II, p. 197) sous le titre revenus de l’Evêché ; ‘personne ne peut posséder four ou moulin particulier au village de Varreddes en dehors de l’Evêque, tous les habitants y sont astreints à s’adresser au four et au moulin de l’Evêque, par droit de banalité.’

L’expression Rue du Moulin était vraisemblablement millénaire à la chute de l’ancien Régime.

Depuis le milieu du XIXe siècle, les roues du moulin de Varreddes sur la Marne sont enlevées. Seul, un pan de mur (angle de bâtisse ou support d’un tourillon d’essieu) érige sa ruine sur l’île dite du Moulin, entre Marne et Brasset, indiquant que là fut jadis un édifice, intriguant d’autant plus que le promeneur que le logis du meunier a été converti en maison de plaisance et les dépendances du moulin rasés. Les Varreddois avertis parlent encore du moulin de Varreddes comme d’un souvenir complètement périmé. Mais on ne nomme plus la Rue du Moulin. (Source : bulletins paroissiaux.).

*A propos des droits que la féodalité conférait audit Evêque en sa qualité de seigneur temporel du village, l’abbé Frédéric-Auguste Denis, enfant de Varreddes né en 1817, chanoine, directeur des religieuses de la Visitation, professeur au séminaire, historien, archéologue… de plus, administrateur de la Société d’Agriculture, Sciences et Arts de Meaux, avec la fonction de bibliothécaire archiviste, avait donné à la tribune de cette société, entre 1874 et 1880 une série de vingt-deux conférences sur l’agriculture de Seine et marne depuis les temps les plus reculés jusqu’à l’époque où il concluait.

Lors de sa conférence du 4 février 1876, voici ce qu’il disait au sujet des redevances dues à la seigneurie épiscopale à Varreddes, Villenoy, Etrépilly et Germigny, qui s’appelaient les filles de l’évêché : ‘Tous ceux qui demeurent dans le village, soit hommes de corps, soit hôtes de n’importe quel suzerain, doivent la taille à l’évêque ; de plus, ils doivent la corvée de tous les animaux qu’ils attellent à la charrue, à savoir : deux jours en mars ; deux aux jachères ; deux aux binailles ; une aux tierçailles ou troisième façon donnée à la terre et une aux couvrailles ; et tout cheval qui s’attelle à une charrue doit conduire à Meaux trois setiers de blé et tous les foins du Saussoy, et aussi des pierres au moulin. Le maire seul est quitte de toute corvée.

Tous ceux qui ont des charrues, comme ceux qui n’en ont pas, doivent une journée de travail dans le clos de l’évêque pendant le carême, et ceci doit d’entendre de toute maison. A défaut d’homme, c’est la femme qui est redevable de la journée’.

Je laisse de côté les redevances en poules, œufs, etc… qui étaient dues à certaines époques de l’année.

« Nul ne peut avoir de four ni de moulin dans le village, si ce n’est l’évêque. Tous les habitants quel que soit leur seigneur, sont tenus d’aller au four banal et au moulin banal ».

D’après le même cartulaire du chapitre, voici le règlement qui était en suivi pour le moulin banal :

« Le meunier doit prendre, de la Nativité du Seigneur à la fête de saint Jean, un boisseau ras par setier quil moud, et un boisseau comble pour trois mines.

De la fête de saint Jean à la Nativité du Seigneur, il doit prendre un boisseau par setier et deux boisseaux ras pour trois mines. Quatorze combles doivent faire un setier ».

Ainsi, la rétribution du meunier était fixée au quatorzième pendant six mois de l’année et à un peu moins pendant les six autres.

Dans son introduction au cartulaire de Notre-Dame de Paris, M. Guérard, nous apprend que les seigneurs étaient obligés de construire un moulin dans les villages de leur dépendance, et aussi d’y mettre un fournier, lequel devait chauffer le four avec le bois que lui procuraient les habitants. Ceux-ci devaient aller moudre à ce moulin et donner pour la mouture une quantité déterminée de grains.

Mais, si dans l’intervalle d’un jour et d’une nuit, ils ne trouvaient pas place au moulin, ils avaient la faculté d’aller moudre autre part.

Même règle pour le four banal et le pressoir banal.

(Source : F-A. Denis ; lectures sur l’histoire de l’agriculture en Seine-et-Marne édit. ; Presse du Village. 1982)

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Published by Pierre - dans histoire
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