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27 août 2015 4 27 /08 /août /2015 21:09
rue de Boyenval

rue de Boyenval

Rue du Moulin (2)

Les Varreddois avertis parlent encore du moulin de Varreddes comme d’un souvenir complètement périmé. Mais on ne nomme plus la Rue du Moulin.

Rue de l’Eglise

Pourtant, il y avait en cette rue mieux qu’un moulin. L’Eglise, principal édifice du village, s’y élevait sur l’emplacement affecté au culte dès les tout premiers temps de l’organisation temporelle de la paroisse. Les marguilliers de 1706 s’en sont souvenus et ont nommé dans leur compte la Rue de l’Eglise. Mais en dépit de sa valeur de monument plusieurs fois réédifié en de vastes proportions et avec un évident souci architectural, elle a moins frappé les villageois plus immédiatement intéressés par la nécessité de subir l’exercice d’un droit féodal atteignant le pain quotidien.

Depuis la suppression du Moulin de Varreddes, une nouvelle désignation s’est imposée du fait de la présence, en cette rue de l’antique et remarquable église, cœur du vieux Varreddes.

En 1937, on a officiellement gardé l’appellation Rue de l’Eglise qu’il eut été difficile de modifier, et qui existait déjà aux cadastres de 1823 et 1849.

Rue du Boyenval

Avant de quitter ce quartier (Rue du Moulin, rue de l’Eglise), il convient de situer le fief de Brianval, résidence du Varreddois d’occasion Nicolas des Yveteaux, désignés au terrier de 1618 comme propriété des Dupuis. L’appellation populaire Boyaval existait déjà dans le premier quart du XVIIe siècle (Terrier de 1618, art. 441, 442, 443, 447, 489, 490 : pièces de terre situées derrière le cloz de boyaval… au lieu des arches soubz Vareddes du costé du Boyaval).

On peut sans doute, lui attribuer une existence immémoriale. L’orthographe authentique se trouve dans l’acte de fondation de trois messes de Requiem par Adam Dupis, sieur de Roquement et de Brienval, ami et héritier de Nicolas Vauquelin -1666- cité par Piganiol de la Force. Description de la France, T. III, p. 350, et par Michelin, Essais historiques sur le département de Seine et Marne, arrondissement de Meaux, p. 1078.

Le plan de la ferme de Brianval de Varreddes, appartenante à l’Abbaye royale de Notre-Dame de Meaux, en l’année 1757, apporte la modification d’une voyelle.

L’ensemble y est morcelé en cinq lots : A, B, C, D, E. L’arrentement du lot B, consenti à Eloy Butel, le 7 août 1757, orthographie lui aussi Brianval avec deux a. Le cadastre de 1823 revient à la déformation populaire Boyenval, avec nouvelle modification.

S’il est actuellement impossible de retrouver le sens authentique d’origine du mot Brienval, du moins on identifie sans erreur possible le fief de ce nom avec la ferme située au point de jonction de la Petite Rue et de la Rue de l’Eglise (voir rue Boutonneuse). Brianval, Boyenval et Boyaval sont toujours en usage chez les vieillards, mais avec tendance à l’oubli chez les jeunes.

Quoi d’étonnant à cela ? Les motifs modelés (actuellement dans une écurie) exécutés sur les indications du poète ami d’Henri IV, restent ignorés du public. D’autre part, nul ne s’attarde à déchiffrer dans l’église de texte de l’épitaphe de Nicolas ; on ne consulte pas d’avantage le cadastre de 1823 (annulé par des plans plus récents) sur lequel la Rue de Boyenval se trouve portée comme prolongeant la Rue de l’Eglise et conduisant au Chemin du Moulin.

Les générations futures ne connaîtront sans doute plus ni Brianval ni Boyenval.

Quartier Latin

Volontiers, les habitants des rues éloignés de l’église appliquent encore cette désignation à son voisinage immédiat.

Remonterait-elle au XVIe siècle, époque de la diffusion, en certains coins de la Brie, de la religion dite réformée dont les préférences allaient aux cérémonies en langue vulgaire ? (En français et non en latin). C’est bien possible. En ce cas, elle laisserait entendre qu’une scission d’ordre confessionnel aurait alors divisé Varreddois de différents quartiers.

Le Paulmier, dans son ouvrage sur Ambroise Paré (Paris, Perrin, 1887), cite le fait du Varreddois Simon Piètre, doyen de la Faculté de Médecine de Paris (1564), devenu protestant, caché dans l’abbaye de Saint-Victor pendant la Saint-Barthélemy (1572) et sauvé ainsi du massacre (pp. 79 – 109). Il n’était peut être pas le seul habitant de Varreddes passé à la réforme.

Peut-être aussi l’expression est-elle née (par imitation d’une coutume parisienne) de ce fait qu’avant 1692 les enfants recevaient l’instruction primaire dans un local immédiatement voisin de l’église et du cimetière ( C’est en 1692 que Bossuet procura aux jeunes filles du village la maison d’école sise Rue Neuve, et ce n’est qu’en 1850 que la jeunesse masculine abandonna le Quartier Latin pour les nouveaux locaux scolaires de la rue Victor-Clairet).

Le maître d’école, en même temps clerc paroissial, familiarisé avec la lecture des textes latins qu’il était appelé à chanter au lutrin, n’enseignait-il pas aux élèves la lecture du latin ?

On ne pouvait omettre ici le rappel de cette pittoresque appellation dont personne, actuellement, ne connaît le sens et l’origine, et qui n’est pas encore tombée dans l’oubli. A défaut de meilleure explication, aucune des deux suppositions émises plus haut n’est pourvue de fondement.

Source : bulletins paroissiaux.

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Published by Pierre
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