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27 octobre 2015 2 27 /10 /octobre /2015 21:41
Rue Boutonneuse - Betneuse

Rue Boutonneuse

Elle n’est autre que l’actuelle Petite-Rue. Son identification est certaine.

L’article 4347 du Terrier de 1618 (orthographe d’époque) porte comme occupée par la veuve et hoirs Mons. Dupuis : Une grande maison, logis, grange, estable, court, jardin et enclos fermé de murailles, contenant trois arpens trente trois perches eun thiers tenant dune pt à la grande rue qui conduict de l’église au moulin didict Varedds, daue lé à oudin Leriche, Gille Larcher et autres.

C’est le fief de Brianval, occupé par les Dupuis et par Nicolas Vauquelin des Yveteaux (ami des Dupuis), situé à l’angle sud du carrefour où la petite-Rue aboutit à la rue de l’Eglise. Une partie de logis garde encore l’ornementation originale que le poète y avait fait modeler en plâtre. Aux folios 407, 408 recto et verso, 409 recto, la nomenclature continue des logis formant la rangée sud de la rue Boutonneuse (côté des champs, de l’article 4357 à l’article 4369) attenant aux autres.

L’article 4369 (orthographe d’époque) désigne une maison de deux travées, Masure, court et grand jardin, à arbres et herbes, contenant en total six quartiers et demy, tenant d’une part à Jehan Collinet, d’aultre à la ruelle Bernage, d’un bout par hault à ladicte rue Boutonneuse, daue bout par bas aux terres de André Landon. L’attenance à la ruelle Bernage forme surabondance de preuve.

Sous le titre ‘près de l’église et cimetière de Varreddes’ (haut des pages) aux folios 420 (verso), 421 (recto et verso), seize articles (du 4467e au 4482e) donnent la rangée nord des logis de la rue Boutonneuse situés du coté du village.

Quel peut-être le sens de ce qualitatif aujourd’hui exclu du dictionnaire français ?

Du Gange (Glossarium) admet deux sens au nom latin Botones.

  1. Botones : en français boutons, agrafes ou petites boules servant à maintenir les vêtements et fixée sur leurs bords.
  2. Botones mottes de terre rapportées sur la bordure des champs (pour en marquer les limites). D’où le mot bout, signifiant limite, extrémité.

C’est F. Godefroy (dictionnaire de l’ancienne langue française du IXe au XVe siècle) qui fournit la plus vraisemblable signification.

Boutonier ou Boutonnier : Buisson.

Il appuie son affirmation sur les citations suivantes :

1° ‘Planté i a ronces et boutonniers’,

2° « (les femmes sont) un boutonnier poignant et périlleux » (l’Orloge de Sapience)

3° « Rubetum : lieu où sont les buissons ou boutonniers (vocabulaire latin-français, 1487).

Rue Boutonneuse, rue Buissonneuse, tel est le seul sens acceptable, celui qu’avaient en vue les Varreddois des siècles éloignés du nôtre, pour désigner une rue d’aspect champêtre et encore encombrée de bosquets sauvages.

C’est qu’en effet le mot est plusieurs fois séculaire à Varreddes. On le trouve, en 1480, dans une phrase de l’épitaphe du curé Pierre Thibault, qui lègue, entre autres, immeubles, comme garantie de ses fondations pieuses, « un jardin séant en rue boutonneuse et une piesse de vigne à la bosse » ligne 26e et 27e).

Le mot boutonneuse se trouve justement à endroit frustre de la pierre tombale et illisible. Mais on le restitue facilement et de façon certaine en se souvenant que le compte de fabrique de 1706-1708 mentionne parmi les revenus de la fondation Pierre Thibault « vingt-deux sols six deniers – de sept sols six deniers de rente foncière assignée sur maisons et jardins seize a la rue betneuse » (folio.-6 verso).

Les dernières hésitations tombent à la vue de l’espace libre, assez considérable pour l’inscription du mot boutonneuse, ainsi que du « b » initial minuscule dont un jambage gothique se reconnaît aisément.

Rue Betneuse ou Batneuse

Cent ans plus tard, lors de la rédaction du compte de fabrique de 1706-1708, le mot boutonneuse était devenu dans le langage courant Betneuse ou Batneuse, que les gens de l’époque ne comprenaent probablement plus. (Fol.2 recto, ligne 27 – fol.2 verso, ligne 36 – fol3 verso, ligne 37 – fol6 verso, ligne25).

Il y est question d’immeubles situés en ladite rue et dont les revenus étaient possédés par l’église de Varreddes.

Il est actuellement impossible de savoir quand cette désignation tomba dans la désuétude.

Elle était du reste concurrencée dès 1706 par une autre non moins originale : rue Crachemur.

Rue Crochemur

Comme nous l’avons vue au sujet de la rue Betneuse, elle est concurrencée dès 1706 par le nom de rue Crochemur.

Ce mot ne se rencontre pas dans le terrier de 1618, mais on le retrouve couramment au compte de 1706-1708 : fol.4 (recto), ligne 24e ; fol.6 (recto), ligne 15e ; fol.8 (recto), ligne 4e.

F. Godefroy (dictionnaire) explique que l’infinitif ‘crochir’ signifie devenir crochu. Crochois, chemin détourné, ajout-il, fournissant pour exemple une ligne du roman de Renart : « S’il voit ne sente ni crochois »

La Petite-Rue réalise bien cette explication puisque, vers son milieu elle tourne en angle obtus.

Il n’y a sans doute point d’autre raison qui ait occasionné ce nouveau nom.

Rue Cloche-murs

Le plan de 1747 considère la Petit-Rue comme une prolongation du Gabot : ‘Rue Cloche-Mure ou du Gabot’

Clochemure n’est qu’une déformation du mot ‘Crochemur’ et provient de la prononciation défectueuse (en L) de la consonne R.

Le dessinateur du plan, étranger au village, a porté les noms de rues et lieux-dits tels qu’il les a entendu articuler par les habitants.

Petite-Rue

Cette appellation se rencontre au compte de 1706-1708 : ‘dix-huit perches de jardin seise a la petite Rue sous Varreddes’ (fol.9 recto, ligne 30e et 31e), ainsi qu’au plan de la ferme de Brianval (1757).

On la retrouve en 1793 (22 frimaire, livre de greffe), dans un procès-verbal dressé contre les auteurs d’une rixe survenue ’dans la Petite Rue’, la veille au soir, sur les neuf heures et demy, entre jeunes allant de veil en veil (Veil ou veille ou veillée dans les étables durant les soirées d(hiver).

Depuis, elle est restée en usage et a évincé les expressions Boutonneuse, Crochemur et Cloche-Murs.

Ce n’est pas que cette voie soit moins longue que les autres : mais sa largeur est vraiment réduite et ses trottoirs d’une étroitesse notoire.

C’est la seule rue avec celle de l’Echauderie à n’avoir pas été classée par l’administration des Ponts et Chaussées, elle resta, en quelque sorte, déshéritée, jusqu’au jour où les possibilités financières municipales lui assurèrent l’empierrement cylindré et le goudronnage (1937).

Source : bulletins paroissiaux.

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Published by Pierre
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