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25 mars 2020 3 25 /03 /mars /2020 10:41
Enluminure présentant une maladie qui semble être la variole - Bible de Toggenberg (Suisse), 1411

La variole, une arme de conquête :

Très meurtrière, la variole (surnommée ‘petite vérole) figure également en tête des armes de destruction massive. 

Elle a régulièrement frappé les Eurasiens, responsable de dizaines de milliers de morts par an rien qu'en Europe avant que ne soit mise au point la vaccination au XVIIIe siècle (la descendance du roi Louis XIV a ainsi été décimée par la variole en 1712).  

Cette maladie infectieuse d’origine virale se manifeste par l'apparition de pustules (d'où son nom, dérivé du latin varuspustule).

Sans le savoir, lorsque Christophe Colomb aborda le Nouveau Monde, il apporta le virus de la variole aux Indiens qui ne bénéficiaient d'aucune immunité, à la différence des Eurasiens, accoutumés à la côtoyer.

En quelques décennies, selon les estimations de l'historien et démographe Pierre Chaunu, les neuf dixièmes des 80 millions d'Amérindiens en seraient morts. 

En 1520, lors du siège de Tenochtilan, capitale de l’empire aztèque, atteint par la variole, le conquistador Hernan Cortès, fut fauché par le virus…

La variole, maladie infectieuse du Vieux Monde, n’a rien à voir avec la syphilis, mais à l’inverse de celle-ci, elle a contaminé en un temps record le Nouveau Monde au XVIe siècle.

 

La syphilis, un prêté pour un rendu

Crédit photo: academia.eu

 

Mais en échange du virus de la variole, les Amérindiens allaient transmettent aux Espagnols une maladie vénérienne bactérienne contre laquelle ils étaient eux-mêmes immunisés, la syphilis.

Pendant près de cinq siècle (de la découverte de l’Amérique à la décoyverte de la pénicilline), la syphilis a fait figure de maladie honteuse, en lien avec le sexe et la luxure.

 

Maladie inconnue dans le Vieux Monde, le capitaine Martin Alonzo Pinzon, compagnon de Christophe Colomb, en fut en 1493 la première victime européenne.

Dès lors la syphilis allait contaminer en un temps record la péninsule italienne, profitant de la guerre entreprise par le roi de France, Charles VIII (25 janvier 1494).

Cela lui value d’être surnommée le « mal de Naples » par les français et le mal gaulois (mobo gallico), par les italiens.

En 1504, un médecin espagnol, Rodrigo Diaz de l’Isla, la décrivit correctement et situa son foyer dans l’ile d’Hispaniola (Haïti). On comprit alors qu’elle avait été amenée en Europe par les marins de Christophe Colomb en contact avec les femmes Taïnos.

Au XVIe siècle, la maladie poursuit sa course dans tout le Vieux Monde et atteint en 1511, à peine plus de quinze ans après son introduction en Europe, la Chine et le Japon.

Chez les hommes la syphilis se manifeste par l'apparition d'un chancre sur les parties génitales puis, dans une phase secondaire, par une éruption sur tout le corps, enfin par une paralysie mortelle du cerveau, du cœur ou de l'aorte. 

 

Chez les femmes, la maladie peut se développer sans qu'on y prenne garde du fait de l'absence de chancre au stade primaire.

Au stade secondaire, elle se manifeste par l'apparition de pigmentations autour du cou, qu'on appelle ironiquement le « collier de Vénus »

On suppose que c'est afin de le cacher que les coquettes de la fin de la Renaissance ont lancé la mode de la fraise, une collerette de dentelle à plusieurs couches superposées (conférence du philosophe Michel Serres à l'Académie française : ‘ Le corps : esthétique et cosmétique’).

La syphilis a été maîtrisée qu'au XXe siècle, grâce à la découverte des antibiotiques. Auparavant on pratiquait l'enduction du chancre avec une solution à base de mercure, pour soulager le mal.

 

Des personnalités comme Alfred de Musset, Guy de Maupassant, Alphonse Daudet, le président Paul Deschanel, (qui sauta en pyjama d'un train de nuit), le général Gamelin commandant des troupes françaises lors de l'invasion du territoire par la Wehrmacht, furent victimes de la syphilis.

(Source : Hérodote – Charlotte Chaulin)

 A suivre : Le Typhus

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