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27 mars 2020 5 27 /03 /mars /2020 18:04
Représentation de Bridget O'Donnel avec ses deux enfants, qui subirent la Grande famine irlandaise. Image publiée dans l'Illustrated London News le 22 décembre 1849.

La malpropreté humaine, la famine, la misère, les guerres étant aussi vieilles que le monde ou presque, le typhus a commencé à être décrit dès 430 avant JC,

Au Moyen Age, la première description du typhus a été faite en 1083, dans un couvent près de Salerne.

En 1489, Il est fait mention du typhus pendant le siège espagnol de la ville maure de Grenade.

La chronique faite de cette épidémie décrit bien les symptômes et l'évolution de la maladie : fièvre, taches rouges sur les bras, le dos et le thorax, évolution vers le délire, gangrène, plaies, puanteur et, enfin, décomposition des chairs. 

Durant cet épisode andalou, les Espagnols perdirent trois mille hommes au combat, ce qui était peu finalement en regard des dix-sept mille morts du typhus dans le même temps.

 

Il faut attendre 1544 pour que le médecin florentin Jérôme Fracastor dans " De Contagione et Contagiosis Morbis", son traité sur les virus et la contagion, décrive à nouveau la maladie.

Le typhus (du grec typhos: stupeur, torpeur) est une infection provoquée par les bactéries de la famille des Rickettsies, l'appellation ayant été donnée pour la première fois avec exactitude par Boissier de Sauvages, au XVIIIe siècle.

 

La "fièvre des geôles " ou " fièvre des prisons "

Tout au long du XVIe siècle, le typhus s'invita dans les prisons, terrain d'élection tant les cachots malsains et crasseux étaient infestés par les poux ; d’où son surnom « fièvre des geôles » ou « fièvre des prisons ». 

Comparaître devant un tribunal, être prisonnier étaient alors quasiment synonyme de sentence de mort. La maladie était tellement contagieuse que les prisonniers comparaissant devant la cour contaminaient parfois les membres du tribunal eux-mêmes. 

Après les fameuses " assises noires " à Oxford en 1577, plus de trois cents personnes périrent du typhus dont Sir Robert Bell le chancelier de l'Échiquier. 

Du XVIe au XIXe siècle, de nombreuses épidémies de typhus se propagèrent en Europe, souvent consécutives aux guerres et aux déplacements de population. 

On en retrouve sa trace durant la première révolution anglaise, la guerre de Trente Ans et les guerres napoléoniennes. 

Pendant la retraite de Russie en 1812, le typhus tua plus de soldats français que l'armée russe.

 

Une maladie de "pouilleux "

Durant la " Grande famine ", L'Irlande fut entre 1846 et 1849, le terrain d'une épidémie de grande ampleur.

De là, le typhus se répandit en Angleterre, où il fut parfois appelé « fièvre irlandaise », à cause de sa virulence.

Frappant des personnes de toutes conditions sociales, mais, les poux étant endémiques et omniprésents dans les taudis où habitaient les classes sociales inférieures : les « pouilleux », elle fut baptisée la maladie de "pouilleux "

La guerre de Crimée fut l’origine d’une longue série d'épidémies, la première en décembre 1854. Les Russes furent atteints les premiers, suivit par les Anglais et, finalement l'armée française

Le typhus fit également son œuvre de mort pendant la guerre de sécession aux États-Unis, même si la fièvre typhoïde a été la première cause de « fièvre des camps » durant ce conflit.

Entre 1918 et 1922, en Russie bolchévique, pendant la guerre civile le typhus fit au moins trois millions de morts et 20 à 30 millions de malades.

Il faudra attendre 1938 pour qu'un vaccin soit développé par Herald R. Cox, vaccin largement utilisé depuis 1943.

Pendant la Seconde Guerre mondiale il frappe l’armée allemande enlisée à Stalingrad. Ses dégâts sont également terribles dans les camps de concentration.

En janvier 1945, des cas de typhus se déclarèrent parmi des prisonniers soviétiques, libérés par les armées alliées, et cantonnés au camp de la Courtine, dans la Creuse. 

L'intervention rapide du Dr André Delevoy (Médecin-Chef du camp), permit d'enrayer l'épidémie, ce qui  lui valut un témoignage de remerciement de l'Institut Rockfeller de New York, et de l'armée soviétique.

Aujourd’hui, Le typhus exanthématique n’est plus une maladie cosmopolite

 

A suivre : Le Choléra

(Source : Hérodote – Charlotte Chaulin – Alban Dignat)

 

 

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