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17 mars 2020 2 17 /03 /mars /2020 16:04
La Peste d'Asdod, Nicolas Poussin. Vers 1630, Paris, musée du Louvre

De locale, une épidémie peut se transformer en pandémie, avec une portée intercontinentale ou mondiale. 

Ce que nous vivons aujourd’hui avec le Coronavirus n’est pas la première épidémie mortelle … ni la dernière. 

Retour sur les terribles épidémies que le monde a connu depuis des millénaires : la peste noire, la peste de Marseille, la variole, la syphilis, la grippe espagnole, etc… et les découvertes des chercheurs pour remédier à ces fléaux.

  1. De l’Antiquité au XVIIe siècle : la peste

Le plus grand fléau : la peste

La plus ancienne et la plus effroyable des pandémies demeure la peste.

La première épidémie, rapportée par l'historien Thucydide, est la « peste d’Athènes » qui a ravagé la Grèce de 430 à 426 av. J.-C. et aurait causé la mort de dizaines de milliers de personnes, dont Périclès, reste un mystère pour les scientifiques qui continuent d’en chercher la cause. 

 

Chaque année ou presque, elle a fait son lot de victimes dans la population de l'empire, 

A partir de 767, au temps de Charlemagne, les chroniques occidentales en ont perdu la trace... mais elle est restée endémique en Orient, en Inde et en Chine.

 

Après plusieurs siècles d'absence, la peste bubonique fait sa réapparition en 1320 en Mongolie.

En 1344, les Mongols assiègent la ville de Caffa (aujourd'hui Féodossia, en Crimée), envoient des cadavres contaminés par-dessus les murailles. Des marins génois fuyant la ville emportent avec eux le terrible bacille et le 1er novembre 1347, les responsables du port de Marseille acceptent un bateau génois dont ils savent pourtant qu'il est porteur de la peste. Ils déclenchent ce faisant une catastrophe à l'échelle du continent...

Un mois plus tard, la peste atteint la Corse et Aix-en-Provence. 

En janvier 1348, elle est à Arles et en Avignon où, en six semaines, elle fait onze mille morts. 

En avril, la voilà en Auvergne, à Toulouse et Montauban. 

En juin à Lyon, en juillet à Bordeaux et dans le Poitou. 

Le 20 août 1348, on la signale à Paris. En décembre, elle atteint Metz...

Durant les premiers mois, le fléau progresse à une moyenne de 75 km par jour.

La « Grande Peste » ou « Peste noire » va ainsi tuer en quelques mois jusqu'à 40% de la population de certaines régions, ressurgissant par épisodes ici ou là. 

En quatre ans, 25 à 40 millions d'Européens vont en mourir.

 

La Chine n’est pas épargnée. La dynastie des Yuan, (fondée par les Mongols), disparaît en 1368, peu avant que meure son dernier empereur, Toghon Teghur, non de la peste mais de la dysenterie. 

Les itinéraires commerciaux reliant l'Europe au reste du monde deviennent les grand-routes mortelles de la transmission de la peste noire. 

 

À la Renaissance, les recherches scientifiques ont permis de mieux cerner les causes des épidémies. 

Jérôme Fracastor (Italien) suggère une contagion de la peste d'homme à homme ou d'animal à homme (et non par voie aérienne comme on le croyait).

En 1478, il fut décidé en Catalogne d'isoler les villes et les régions contaminées (technique dite de la « ligne »). Malgré de réels succès de cette technique, la peste fit son retour en Europe et de tua encore quelques centaines de milliers de personnes en 1575 puis en 1630 à Venise, et dans plusieurs villes françaises entre 1628-1631 de Toulouse à Dijon.

 

En 1656, pendant 6 mois l'épidémie fait rage à un rythme incontrôlable à Naples, certains jours très chauds, elle emporte dix à quinze mille personnes. La ville va perdre la moitié de sa population.

 

En France, en 1662, Un corps de médecins est spécialement chargé de détecter l'épidémie et l'armée se doit d'isoler avec rigueur les zones contaminées, Colberintroduit la technique de la « ligne ».

C'est un succès et l'on n'entend bientôt plus parler de foyers d'infection. 

 

Au fil des années, la vigilance se relâche et c'est ainsi que va survenir en 1720 ‘le drame de Marseille’, dernière manifestation du fléau en Europe.

 

A suivre… Le retour de la peste à Marseille

(source : Hérodote – Charlotte Chaulin)

 

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