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1 avril 2020 3 01 /04 /avril /2020 15:38
Tournage de l'adaptation cinématographique du Hussard sur le toit de Jean Giono par Jean-Paul Rappeneau• Crédits :  Hans SILVESTER - Getty

Au XIXe siècle, le Bengale a « offert » à l'humanité, une nouvelle maladie pandémique, le choléra (du grec kholéra « flux de bile »).

Strictement limité à l’espèce humaine, le choléra est provoqué par une bactérie qui vit dans l’eau, sévit de manière persistante dans le delta du Gange. Cette bactérie attaque l’intestin et provoque diarrhées, vomissements et nausées.

Le développement des échanges commerciaux a contribué à sa dissémination, à l’est vers la Chine et le Japon, à l’ouest vers l’Afghanistan, l’Iran, la Syrie, l’Égypte et le bassin méditerranéen.

 

En 1817, une première épidémie touche toute l’Asie et s’étend jusqu’à la côte orientale de l’Afrique, prenant ainsi un caractère pandémique.

L’épidémie de 1832-1833 a entraîné la mort de 160 000 personnes

La France fut touchée lors de la deuxième épidémie de choléra qui ravagea Paris en 1832.

 

Le 1er avril 1832, Casimir Périer, chef du gouvernement accompagne le duc d'Orléans à l'Hôtel-Dieu, pour visiter des malades. 

Avant d'entrer dans la salle, le président du Conseil fut saisi d'une sorte de pressentiment :

– Monseigneur, n'entrons pas ici.

– Monsieur, répondit le duc d'Orléans, le vin est tiré, il faut le boire.

Atteint par la maladie, Casimir Perier, succomba le 16 mai 1832 

Une nouvelle épidémie de choléra sévit en France en 1854.

Robert Koch découvre en 1883, le bacille responsable du choléra ce qui contribuera fortement à le bouter hors de nos frontières.

Pour lutter contre sa diffusion, les gouvernements européens instituèrent des organismes de santé publique et adaptèrent l’urbanisme aux contraintes de l’hygiène publique.

Un mal pour deux biens : des organismes de santé naissent et l’hygiène est renforcée.

 

La littérature c’est emparé des épidémies de "La Peste" de Camus à "Némésis" de Roth, un miroir de l’expérience de la contagion. 

Depuis l’Œdipe-Roi de Sophocle (Ve siècle av. J.-C.), le récit des épidémies s’est érigé en un genre littéraire qui inspire de nombreux peintres et écrivains.

La littérature dénonce souvent les dangers de l’omerta, à l’aube des pandémies, où la volonté de “ne pas affoler les populations” ce qui retarde retarde les prises de décisions.

Jean Giono, dans son roman « Le Hussard sur le toit" (1951) : la "saloperie humaine", dépeint la mort d’un innocent pour figurer notre finitude.

 

1838. Angelo Pardi, hussard italien originaire de Piémont, en est le héros.

En fuite après avoir remporté un duel mortel, ses tribulations le mènent en Provence, à Manosque, où une épidémie de choléra fait rage.

Fort d’une immunité inexplicable et d’une noble dévotion, il se met au service de quelques condamnés dans l’espoir de les sauver du calvaire.

Se retrouvant aux premières loges, il s’insurge contre ce mal foudroyant qui, selon lui, révèle “la saloperie humaine”.

… « Le soleil était éclatant. La moindre eau sale se mit à fumer. Les journées étaient torrides, les nuits froides. 

Il y eut un cas de choléra foudroyant. Le malade fut emporté en moins de deux heures. [...] 

Les convulsions, l’agonie, devancées par une cyanose et un froid de la chair épouvantable firent le vide autour de lui. Même ceux qui lui portaient secours reculaient. Son faciès était éminemment cholérique.

C’était un tableau vivant qui exprimait la mort et ses méandres.

L’attaque avait été si rapide qu’il y subsista pendant un instant encore les marques d’une stupeur étonnée, très enfantine mais la mort dut lui proposer tout de suite des jeux si effarants que ses joues se décharnèrent à vue d’œil, ses lèvres se retroussèrent sur ses dents pour un rire infini ; enfin il poussa un cri qui fit fuir tout le monde… »

J. Giono, Le Hussard sur le toit.

 

A suivre : XXe siècle la grippe espagnole 

(Source : Hérodote – Charlotte Chaulin)

 

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