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18 avril 2022 1 18 /04 /avril /2022 21:24

L’Olympic

Le Titanic était le deuxième d’une série de trois navires construits par la White Star Line.

Si le premier, l’Olympic, a connu une brillante carrière (il naviguera jusqu’en 1935), celle de ses sister-ships (navires-jumeaux) a été bien plus éphémère.

 

Le Britannic

Le troisième doit s’appeler Gigantic. Encore en construction à Belfast, il subit de nombreux ajustements après le naufrage : il est rebaptisé Britannic (un nom moins orgueilleux), une double coque est ajoutée, les compartiments étanches sont rehaussés et des canots de sauvetage ajoutés, avec des bossoirs bien plus imposants.

Mis en service en décembre 1915, pendant la Première Guerre mondiale, le Britannic est immédiatement réquisitionné par la Royal Navy et transformé en navire-hôpital : plus de 3 300 lits y sont installés, les salons de la première classe sont transformés en salles d’opération, la coque est repeinte en blanc avec des croix rouges sur chaque flanc. Le paquebot est affecté au transport des soldats blessés entre la mer Égée et le Royaume-Uni, pour rapatrier les soldats britanniques qui subissent alors un sanglant revers dans la bataille des Dardanelles face à l’Empire ottoman (l’actuelle Turquie).

Le « Britannic », sister-ship du « Titanic », n’a jamais été exploité sur la ligne transatlantique pour laquelle il avait été construit.

Lors de sa sixième traversée, le 21 novembre 1916 au matin, le Britannic est victime d’une violente explosion au large de la Grèce. Il a probablement heurté une mine posée par un sous-marin allemand (même si cette version n’a jamais pu être formellement confirmée).

Comme lors du naufrage du Titanic, les compartiments se remplissent rapidement, le navire prend de la gîte et les canots de sauvetages sont mis à l’eau. Le navire sombre en un peu moins d’une heure. Le bilan est bien moins lourd que celui de son navire-jumeau : sur les 1 125 personnes à bord, on dénombre 30 morts et 45 blessés. L’épave sera retrouvée par Jacques-Yves Cousteau en 1975.

 

Le mystère de l’ouvrier enfermé dans la coque

Comme tous les bateaux de la compagnie White Star Line à l’époque, le Titanic est construit par les chantiers navals irlandais Harland & Wolff, à Belfast en Irlande. Avec son sister-ship Olympic, qui grandit en parallèle dans une autre cale géante, il mobilise jusqu’à 14 000 ouvriers.

Chantier pharaonique, comprend malheureusement des accidents mortels. Officiellement, huit ouvriers décèdent pendant les trois ans de la construction du Titanic : quatre tombent d’un échafaudage, un cinquième a une jambe écrasée lors du lancement le 31 mai 1911, à Belfast (il décédera , et trois autres meurent dans des circonstances inconnues.

Pour autant, les grands chantiers navals, de Harland & Wolff sont considérés comme relativement sûr. Mais, malgré les accidents, il n’est pas question de perdre de temps, les délais sont serrés. A tel point qu’une rumeur court sur le chantier : les plaques de la coque ont été posées si vite qu’un ouvrier aurait été enfermé par mégarde dans le double fond. Un de ses camarades l’aurait entendu frapper le métal et aurait averti le contremaître, mais ce dernier aurait refusé de déranger l’ingénieur de permanence….  Et l’ouvrier serait mort de faim. Cette rumeur n’a jamais pu être vérifiée, mais elle n’est pas totalement irréaliste.

En 1890, lors de la destruction du Great Eastern, le tout premier paquebot géant, on découvre dans le double fond les squelettes d’un riveur et d’un apprenti. Ils avaient disparu lors de la construction, trente-six ans plus tôt.

 

Le Titanic ne pouvait pas avoir le « ruban bleu »

Ceux qui ont vu le film Titanic de James Cameron se souviennent de la scène où Bruce Ismay, président de la White Star Line, suggère au capitaine Smith de pousser les machines pour arriver à New York la veille du jour prévu. L’authenticité de cette scène, basée sur le témoignage d’une seule passagère, peut être discutée, car le Titanic n’était pas taillé pour battre des records de vitesse. Ses concepteurs (et celui qui a donné l’ordre, Bruce Ismay) ont cherché à en faire le bateau le plus grand, le plus luxueux du monde, mais pas le plus rapide.

En effet, les navires dotés de machines plus puissantes présentent trois inconvénients : des vibrations inconfortables pour les passagers, un roulis plus prononcé dû à leur ligne plus effilée, et une consommation excessive de charbon.

La White Star Line a préféré laisser cela à la compagnie Cunard, sa grande rivale.

Cunard, possède le « Mauretania », le paquebot le plus rapide du monde, capable de dépasser les 26 nœuds (48 km/h), décrochant le fameux Ruban Bleu en 1909 après avoir effectué la traversée de l’Atlantique en 4 jours et 10 heures.

Le Titanic, est limité à 24 nœuds (44,4 km/h) et mise sur une traversée en cinq jours et demi. Son arrivée est prévue pour le mercredi 17 avril à 5 h du matin, avec réception, discours et conférence de presse…. Il n’y a donc aucune raison de bousculer ce protocole.

Sources : Le Titanic, vérités et légendes, de Gérard Piouffre (éditions Perrin), et Les rescapés du Titanic, de Bernard Géniès et France Huser (éditions Fayard), France Ouest. 

 A suivre : L’épave.

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