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22 juin 2022 3 22 /06 /juin /2022 17:31

Sur la N166, entre Ploërmel et Vannes, se dresse telle une lanterne des morts du Moyen-Âge, l’imposant monument de la résistance du maquis de la Nouette en souvenir de la bataille du 18 juin 1944.

Tout commence dans la nuit du 21 au 22 décembre 1942, Guy LENFANT, responsable de la mission Cockle que lui a confiée le Colonel PASSY, à Londres, est parachuté, avec son radio, sur le lac aux Ducs de Ploërmel.

Dès son arrivée, il contacte un groupe de résistants Ploërmelais, puis Émile GUIMARD de Lizio et demande à ce dernier de trouver des terrains de parachutage et de dépôt d’armes.

Les landes de Pinieux sur la commune de Sérent est un endroit idéal pour ce genre d’opération. Le fermier, de la Nouette, monsieur PONDARD, accepte de mettre un vaste terrain derrière sa ferme au service de la résistance. Le terrain est homologué par le Colonel PASSY, sous le nom de code ‘Baleine’. Il est sous la responsabilité d’Émile GUIMARD.

Telle fut l’origine de ce camp retranché du maquis de la Nouette implanté sur cette terre Sérentaise. A la ferme de la Nouette a commencé l’épopée de l’important maquis de Sérent/Saint Marcel.

Le camp, qui s’étend sur plus de 800 hectares est défendu par environ 2500 hommes dont 200 parachutistes S.A.S.

 

Le premier parachutage a lieu en mai 1943, et du 7 au 18 juin 1944, armes, munitions, véhicules et 200 parachutistes S.A.S. sous les ordres du Colonel BOURGOIN et du Capitaine MARIENNE, ainsi que 25 résistants sous les ordres du Morbihannais, le colonel MORICE.

Le 18 juin1944, au matin, les Allemands venant de Malestroit par le bourg de Saint-Marcel (commune limitrophe), attaque cette position.

 

Trois bataillons des FFI du Morbihan et le 4ème bataillon de chasseurs parachutiste de la France Libre luttent pendant 24h, en ce lieu qu’ils occupaient depuis 14 jours.

La bataille « le combat de Saint-Marcel », dure 24 heures. Saint-Marcel, paie un lourd tribu au cours des combats et sera dans les jours suivants incendié.

Au cours du parachutage, les containers dans les quels étaient conditionnés les mitrailleuses Vickers destinées aux jeeps se sont écrasés au sol (les parachutes ne s’étend pas ouvert). Les quatre jeeps formant l’unité mobile auront une puissance de feu amoindri.

Les douze mitrailleuses parachutées, sont également en piteux état. Malgré tout, le parachutiste Le Gall, réussit à en remonter une avec les débris. Les onze autres sont remplacées par des fusils mitrailleurs Bren ayant une puissance de tir deux fois moins rapide (environ 500 coups/minute).

A l’issue de cette bataille, pour éviter le massacre, le décrochage est organisé et pour protéger le repli, plusieurs FFI et SAS restent en observation sur les ardoisières de Pinieux en Sérent.

Le « combat de Saint-Marcel », tue à l’ennemie 540 hommes et 42 résistants. De nouveaux combats s’engagent le 21 juin faisant de nouvelles victimes.

En souvenir de ce glorieux « fait de guerre », entré dans la légende, l’imposant monument commémoratif est dressé à la lisière des deux communes, face à la ferme de la Nouette,

C’est à la demande du Colonel Maurice qui dirigeait le réseau départemental des FFI, que le général de Gaulle pose le 27 juillet 1947 la première pierre de cette immense veilleuse.

Quatre croix de Lorraine constituent son lanterneau imaginé par les architectes vannetais Charron et Le Bellec,

La croix des parachutistes érigée sur les ardoisières et la chapelle des Hâles où reposent 4 de ces combattants témoignent aujourd’hui leur courage et leur sacrifice.

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