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6 septembre 2022 2 06 /09 /septembre /2022 22:25
Charles BAUDIN 1784-1854

 

En 1821, le Mexique accède à l'indépendance, après 11 années de lutte. Pendant ses 20 premières années d'existence, le pays connaît une instabilité politique chronique, le gouvernement changeant sans cesse de mains.

Au cours de cette période où les revendications du peuple mexicain s'expriment souvent en marge du système politique, des français voient disparaître leurs biens. Ils font part de leurs doléances au roi des Français Louis-Philippe Ier.

Le 4 septembre 1838, à Mexico, lors d'affrontements suivant une élection contestée, une pâtisserie tenue par un Français est saccagée par la foule.

Le pâtissier écrit au souverain pour lui relater ses malheurs et demander réparation.

Le roi réagit en demandant 600 000 pesos de dédommagements pour les pertes de ses ressortissants, mais l'État mexicain refuse de lui verser toute compensation.

 

La France utilise donc l'argument de la défense de ses ressortissants, pâtissiers ou non, pour intervenir militairement (et par la même occasion, obliger le Mexique à s'ouvrir au commerce avec elle).

Le Mexique déclare la guerre mais ne fait pas le poids face aux troupes françaises.

L'escadre française est commandée par le contre-amiral Charles Baudin, vétéran de la marine du Premier Empire.

A l'automne 1838, les Français mettent sur pied le blocus du port de Veracruz et bombardent la forteresse de San Juan d’Uloa, considérée comme imprenable. Ils utilisent pour la première fois l’obus explosif (177 obus tirés) et obtiennent la reddition du fort le 27 novembre 1838.

C’est le « seul exemple » dira Wellington « d’une place régulièrement fortifiée réduite par une force purement navale ».

 

Antonio López de Santa Anna, grande figure de l'indépendance mexicaine, ancien président du Mexique, s'illustre toutefois dans la défense de la ville, au cours de laquelle il perd une jambe. Cet épisode héroïque lui permet de regagner le prestige qu'il avait perdu en 1836 au Texas, devant Fort Alamo, et de revenir au premier plan de la scène politique de son pays.

Contraint de reconnaître la victoire de la France, le Mexique accepte de payer les 600 000 pesos exigés.

 

Cette « guerre de la pâtisserie » se soldera par la destruction du port de Veracruz. À cette occasion s'illustre le prince de Joinville, François d'Orléans, fils du roi Louis-Philippe et le général Antonio López de Santa Anna.

La marine française regagne ses côtes en mars 1839.

Quelques années plus tard, entre 1861 et 1867, à l'initiative de Napoléon III, la France interviendra à nouveau au Mexique, là aussi sous le prétexte de dettes impayées. Elle tentera de transformer le pays en un empire avec sur le trône Maximilien de Habsbourg.

Source : Les amis d’Hérodote (Béatrice Roman-Amat)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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