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Vendredi 16 mars 2012 5 16 /03 /Mars /2012 22:47

 Les clayettes de seigle servent souvent à l’égouttage et au transport des bries.

st Cyr

 métier à clayettes (musée St Cyr sur Morin)

Celle de canche transmettent de l’un à l’autre la fleur : ‘le pénicillium candidum’, ce blanc velouté qui apparaît deux à trois jours après le dressage. Le pénicillium candidum brûle l’acide lactique du caillé, en absorbe le liquide inutile et prépare la voie des microbes ‘tyrothrix de Duclaux’, micrococcus meldinsis’, qui provoquent la maturation du fromage.

Les clayettes de jonc, transmettaient le ferment rouge, le ‘bacillus firmitatis’, donnant au brie ce parfum si apprécié des amateurs. Dès la  fin de la deuxième guerre mondiale, ce ferment fut fabriqué industriellement et vendu directement aux fermiers qui fabriquaient le brie de Meaux.

Le seigle servant à la fabrication des clayettes provenait en grande partie de la vallée de la Marne ; de quatre fermes spécialisées dans la culture et la préparation de cette céréale : Germigny-l’Evêque , Poincy, Isles-les-Villenoy et Jablines. La canche venait des marais de Saint-Gond.

Les clayettes étaient fabriquées dans divers endroits de France, mais plus particulièrement dans les villages aux alentours de Melun et de Meaux. Mais le centre de fabrication était à Nanteuil-les-Meaux.

Le ‘faiseur d’ Bottiaux’ avec sa lame de faux mettait le seigle sec en botte, (les ‘bottiaux’).

En 1943, un comité répartissait les pailles de seigles, mais de grandes quantités  échappaient à son contrôle. En maints endroits, les clayettes de canche étaient vendues directement aux fermiers par des ouvriers qui oubliaient de noter leur production !! Ainsi en 1938, officiellement il a été utilisé en France 650 T de paille de seigle, parmi lesquels 400 en Seine-et-Marne ; il a été tressé respectivement 6.500.000 et 4.300.000 clayettes de seigle. La production de canche est trois fois moindre.

Dans le pays meldois, les fabricants de clayettes étaient nommés ‘les clayetteux’, mais sur les registres d’Etat-Civil ou sur les papiers administratifs, on les désigne sous le nom de ‘clayettiers’… c’est plus académique !!

Au début du siècle dernier (1906), il y avait à Nanteuil quatorze patrons clayetteux, aujourd’hui il n’en reste plus.

En 1948, la doyenne des patronnes clayetteuses de Brie employait vingt-trois ouvriers et ouvrières dont huit à l’atelier : un ‘couleux’ de seigle, une ‘couleuse’ de canche, un ‘rogneux’, trois clayetteuses de seigle et deux clayetteuses de canche.

Les ‘clayetteux’ n’avaient pas de St patron à fêter, ainsi inventèrent-ils une sainte fantaisiste : Ste Clayette, qu’ils célébraient une fois l’an en décorant les maisons, les ateliers où l’on travaillait la paille de clayettes fleuries et enrubannées…. Ainsi est née Sainte clayette !!!

Paillon

 Le bulletin d’information de la Confrérie des Compagnons du Brie de Meaux, s’appelle ‘Le Paillon’, bel hommage rendu à ces hommes et femmes qui ont participé à la gloire du Brie de Meaux, avec le soutien de… Ste Clayette !!!

 

Par Pierre - Publié dans : Le Brie de Meaux - Communauté : histoire de
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Jeudi 1 mars 2012 4 01 /03 /Mars /2012 21:53

Souvenir

                                                                                                                                                                 Carte postale: collection privée J.M Moreau

Brie… histoire et légendes :   Le Tabellion et le Brie

 Quinze ans après le Congrès de Vienne où le brie de Meaux fut couronné ‘Roi des fromages, Prince des desserts’, le poète  Verfele, anagramme de Denis Lefevre, chanta le brie sur un ton nettement plus gastronomique.

Denis Joseph Claude Lefevre est né à Meaux, place du Marché le 7 janvier 1764 et a été baptisé le lendemain à l’église Saint-Saintin (aujourd’hui disparue).

Fils d’un maître charpentier de Crécy, Noël-Joseph Lefevre et de Marie-Louise Cécile Grandjean, veuve d’un premier mariage.

Son parrain était son oncle Jean-Denis Lefevre maître serrurier à Crécy et sa marraine était Marie-Claude-Françoise Bouché épouse de Simon Antoine Begat maître boulanger dans la paroisse Saint-Nicolas de Meaux.

Denis Lefevre fréquenta l’école des frères de la rue Cornillon dont il ne semble pas avoir conservé un souvenir très agréable. Il devait s’en venger en vers :

« Ecole où la voix revêche

d’un ignorant grossier

     vint souvent le rudoyer »

 Il poursuivit ses études au séminaire collège de Meaux mais à 17 ans ne se sentant pas la vocation religieuse, il s’en alla faire le maître d’école à Aubervilliers-les-Vertus.

Notaire à Meaux, il se mit à versifier et en 1787 l’almanach historique du diocèse de Meaux contient ses vers à la mémoire de ses anciens maîtres et professeurs meldois.

Lefevre écrira beaucoup d’ouvrages sur les sujets les plus divers, mais également des poèmes «confidentiels » tirés à 100 ou 200 exemplaires qu’il destinait à son cercle d’amis. C’est pourquoi ils sont aujourd’hui pratiquement introuvables.

En 1830 il chantera le brie sur un ton à la fois humoristique et gastronomique. En voici un court extrait tiré de son ouvrage « Suprématie du fromage de Brie ».

« Tu règnes avec le bon vin

 Qu’Epernay, ton voisin nous donne

 Sur les gosiers du genre humain

Par la soif que ton sel excite

 Tu fais mieux sentir sa saveur

 Il fait mieux sentir ton mérite… »

Source : Le brie de Pierre Androuet, Yves Chabot, édition Presses du Village.

 

Par Pierre - Publié dans : Le Brie de Meaux - Communauté : histoire de
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Mercredi 22 février 2012 3 22 /02 /Fév /2012 21:47

Medaille Confrérie

D’un diamètre de 80 millimètres, elle est portée  par un ruban bleu pour les Chevaliers, un cordon tressé bleu-argent pour les Officiers.

Elle se présente sous la forme d’une couronne, couleur champagne clair pour l’extérieur et un peu plus foncée pour le cercle intérieur. Dans le cercle extérieur, partie supérieure est inscrit : Confrérie du Brie de Meaux, partie inférieure : Roi des Fromages * Fromage des Rois, en souvenir de sa consécration au Congrès de Vienne.

Nous sommes en 1815, les armées de Napoléon 1er viennent d’être vaincues à Waterloo. L’Europe se donne à Vienne en Autriche pour régler le sort de la France vaincue. Le comte de Vielcastel, secrétaire du Congrès pour la France nous rapporte l’épisode où le Brie fut couronné roi des fromages, fromage des rois.

Le Congrès tirait en longueur et l’on s’ennuyait ferme pendant les séances. Le Duc de Talleyrand, le célèbre Diable boîteux , ambassadeur du roi Louis XVIII avait, au cours d’une conversation à bâton rompus avec le Chancelier d’Autriche, le Prince de Metternich, soutenu les mérites de la gastronomie française, à défaut d’en pouvoir prouver d’autres, devant les vainqueurs de notre pauvre pays. Il avait prétendu qu’aucun fromage au monde ne valait le brie de Meaux.

Poussé par les diplomates étrangers qui assistaient à la scène, le Prince de Metternich, touché dans son amour-propre national proposa que chaque délégation fasse pour le prochain banquet, venir son fromage préféré.

Au jour dit, tous les diplomates réunis autour de la grande table dressée à cet effet étaient anxieux de voir arriver le moment des desserts. Plus de soixante variétés de fromages étaient réunies. Et la dégustation eût lieu avec beaucoup d’attention et de sérieux.

La discussion succéda à la dégustation, et le jury par la voix même de Metternich, que l’on peut accuser de partialité favorable pour le petit vaincu, proclama que le brie de Meaux était véritablement   ‘Prince des fromages, et premier des desserts’

Depuis on a transformé par chauvinisme cette déclaration en ‘roi des fromages, fromage des rois… 

Pour la petite histoire, un historien a prétendu que cet épisode gastronomique avait contribué largement à ramener à notre pays l’estime de l’Europe entière, refroidie après la chute de l’Empire…

Il convient tout de même de ne pas oublier que ces bries historiques provenaient de la ferme de Villeroy, qui appartenait à l’époque à une vieille famille de Coulommiers, les Ogiers de Baulny.

Un autre chroniqueur a noté dans son compte rendu de cet événement, que l’un des congressistes aurait dit, parlant de Talleyrand : « C’est bien là le seul prince qu’il ne trahira pas ! »

Dans le cercle central, les armoiries de la ville de Meaux :

Blason-Meaux

C’est au Moyen Âge, vraisemblablement, que sont apparus les premiers signes de ce qui deviendra les armoiries de Meaux. Il n’existe pas de document connu de cette époque intéressant l’origine des armoiries.

Un sceau cependant, appendu à un acte de 1487, porte un bel écu, parti de fleurs de lys, propres à la Champagne. L’écu et la fleur de lys du contre-sceau, sont accostés de deux M, première indication connue du M de Meaux.

En 1698 le maire de Meaux fit valoir que l’on pouvait observer sur les édifices et les vitraux, vieux de deux ou trois cents années, les détails des armoiries, gravés ou sculptés au XIVe et XVe siècles, et il certifia, le 24 octobre 1698 que, de temps immémorial, cette ville a  eu pour armoiries, un écu portant parties de gueule et de sinople, à M d’or brochant sur le tout, au chef d’azur semé de fleurs de lys d’or…

Pour la petite histoire, les serpents que l’on trouve parfois dans l’écu de Meaux sont dus à l’erreur ou à la fantaisie d’un copiste qui confondit les fioritures de la lettre gothique avec des serpents. Il ne peut s’agir que d’un 'M' gothique.

Par Pierre - Publié dans : Le Brie de Meaux - Communauté : histoire de
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Lundi 13 février 2012 1 13 /02 /Fév /2012 23:33

JuraPasteur disait : il y a plus de philosophie dans une bouteille de vin que dans tous les livres’, il aurait pu  ajouter ‘surtout dans les vins du Jura’.

De plaines en plateaux, de lacs en reculées, le Jura est une palette de paysages et de couleurs.

Impossible de faire une seule page sur le Jura avec ses 5 cépages, ses 6 AOC en vin, ses nombreux  Fromages dont 4 en AOC.

Grusse

Retournant régulièrement sur la terre d’une branche de mes ancêtres, après avoir traversé ma Bourgogne natale je retrouve aux portes de la Suisse le vignoble  Jurassien, et quel vignoble !

Situé entièrement dans le département du Jura, Pline le jeune, dès l’an 80 de notre ère, décrit dans son livre d’histoire naturelle : « … Ce raisin fournit un vin à saveur de poix, raisin célèbre du Viennois (Autriche), dont s’est enrichie la Séquanie… »

Vignoble de 2.000 ha désigné «Revermont » ou « Bon Pays » est une bande de terres de 80 km traversant le Jura du Nord au Sud, de Salins-les-Bains à Saint –Amour en passant Arbois ville de Pasteur, Poligny capitale du Comté, Château-Chalon avec son vin jaune,  Voiteur, L’Etoile, Lons-le-Saunier, Beaufort, Saint-Amour, etc…

carte vins-jura

Carte du vignoble Jurassin (source 'Le vin)

Ce n’est pas anodin, si le Jura produit des vins de qualités, histoire et terroir étant intimement liés, sans compter que les Franc-Comtois ont un caractère bien trempé.

En 1774, une liste de 14 ‘bons plans pour le vin’ est publiée, garantissant ainsi la notoriété des vins jurassiens et les débuts d’une réglementation qualitative.

Mais qui dit bon vin, dit également fraude. Cela devait surement énerver Alexis Arpin (1867-1946), secrétaire de la société de viticulture d’Arbois. Il entre en 1902 au syndicat national de la défense de la viticulture ce qui permet en 1906 aux vignerons d’Arbois d ‘obtenir un certificat d’origine garantissant la provenance des vins et ainsi de protéger la marque ‘vin d’Arbois’. On peut dire que ce certificat est l’ancêtre de l’AOC.

Le 23 février 1906, une loi met fin à la libre circulation des alcools et menace le droit des bouilleurs de crus, déclenchant de la part des vignerons d’Arbois une grève de l’impôt. La grève ne suffisant pas, une prise d’otages des agents du fisc a lieu et … l’administration recule.

Toujours à Arbois, en 1906 la première coopérative de vinification de France voit le jour sur le modèle des fruitières à Comté.

Avec un arboisien d’adoption, Joseph Girard (1878-1955) à l’origine de la création de l’INAO, Alexis Arpin poursuit son action aux cotés de ses confrères pour obtenir l’AOC.

Suite au décret-loi du 30 juillet 1935, instituant les AOC (Appellation d’Origine Contrôlée), c’est Joseph Girard qui fut désigné pour présenter le dossier du vignoble d’Arbois au comité national des appellations d’origine.

En 1936 et 1937, le Jura obtient 4 AOC : Arbois (première AOC française), Château-Chalon, L’Etoile et Côtes du Jura.       Vigne

Fin du XIXe siècle, le vignoble jurassien est de 20.000 ha de quoi réjouir les vignerons, mais le phylloxéra va arriver en 1879 à Beaufort, à  Arbois en 1886. Il se propagera par vague jusqu’en 1895, semant la désolation.

Alexis Millardet (1838-1902), en collaboration avec Louis Pasteur, travaille sur les maladies de la vigne. Créateur de la ‘bouillie bordelaise’ permettant de lutter contre le mildiou, il préconise également l’hybridation des cépages en greffant des plans français sur des souches américaines, plus résistantes au phylloxéra.

Si on parle du Jura et de ses vins on ne peut oublier Pasteur (1822-1895), le plus célèbre des jurassiens né à Dole. Il mène des travaux de recherche dans les laboratoires de la maison familiale. Il publie en 1886 ses « Etudes sur le vin, ses maladies, causes qui les  provoquent, procédés nouveaux pour le conserver et le vieillir ». Pasteur à mis son savoir et la science au service des vignerons qui le considéraient comme le « médecin de leurs vins ».

Un autre vigneron de Salins-les-Bains, Charles Rouget (1828-1899), figure parmi les plus grands ampélographes, rédigeant en 1897 un recueil où il présente la quarantaine de cépages jurassiens utilisés à cette époque et révèle que les cépages identiques peuvent avoir des noms différents selon le site de culture.

A suivre… Le Jura 1ère AOC de France

(source: Vin du Jura)

Par Pierre - Publié dans : Régions - Communauté : histoire de
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Lundi 6 février 2012 1 06 /02 /Fév /2012 21:27

Affiche

Si le froid et la route  verglacée ont retardé notre arrivée au salon gastronomique de Provins, les Provinois n’ont pas boudé leur plaisir à cette 7ème   édition organisée par UCP de Provins.

C’est dans le magnifique Centre Culturel de Saint Ayoul, ancienne caserne militaire rénovée il y a une quinzaine d’année, qu’environ 3.000 personnes ont parcouru les allées où 45 exposants présentaient leurs produits.

La Confrérie du Brie de Meaux, participe à ce salon de terroir où les produits locaux (brie, bière, confiseries à la rose… de Provins) mais également les produits régionaux comme le piment d’Espelette, les produits Corse, du Limousin, etc… sont mis en valeur.

Les enfants n’ont pas été oubliés. Ateliers culinaires et concours pour les 7-10 ans et 11-17 ans. Sous la direction de Corinne animatrice de « Les Tabliers Gourmands »  le concours « Les P’tites Toques » 2012  remporta un vif succès. Après une sélection faite par le jury le 22 janvier, les 10 finalistes se sont affrontés en direct sur le thème final du concours : ‘Gâteaux de folies’.

1er 7 ans

Le premier prix des 7-10 ans fut accordé à Joé avec sa pâtisserie géométrique, (gâteau de 3 étages, plus macarons). Génoise nature mousse au marron, surmonté d’un glaçage au chocolat.

  1er 11 ans

Dans la catégorie 11-17 ans, Hugo avec son ‘visage des iles’, une Dacquoise avec mousse aux fruits de la passion, coulis à la mangue et bananes caramélisées fut l’unanimité du jury qui lui accorda le 1er prix.

 Rhubarbe

Mon premier coup de cœur du salon, la découverte d’un producteur de Rhubarbe de l’Aube qui élabore un pétillant ‘sec’ et ‘demi-sec’ de rhubarbe sous l’appellation ‘Mousse de rhubarbe’ et une boisson fermentée de rhubarbe. La dégustation mérite le détour, nous en reparlerons bientôt.

Alsace

Deuxième coup de cœur, la rencontre d’Anne et Roger, des passionnés de leur métier, de leur région, intarissables sur les vins d’Alsace et le Bollenberg qui fera l’objet d’une série d’articles sur le blog.

Par Pierre - Publié dans : Le Brie de Meaux - Communauté : histoire de
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