Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de Pierre
  • Le blog de Pierre
  • : Du romain au grégorien, parcourez l'histoire des calendriers. Le brie de Meaux et la Confrérie. Varreddes mon village.
  • Contact

Visiteurs

Rechercher

Catégories

3 août 2014 7 03 /08 /août /2014 16:53

Mobilisation.jpg

 En ce 1er août 1914, les Varreddois sont aux champs, c’est la moisson… ils sont inquiets, les tensions diplomatiques s’accroient depuis le début de l’été, ils redoutent une entrée en guerre.

A Paris, le gouvernement français décrète la mobilisation générale. A 16 heures en plein travaux ils entendent la cloche de l’église qui frappe 1 coup à la seconde : c’est le tocsin*

Les hommes se rendent à la mairie pour découvrir l’affiche de l’ordre de « mobilisation générale», signé par Raymond Poincaré

Seules deux informations leurs apparaissent :

L’annonce de la mobilisation générale (on ne parle pas de guerre, elle sera déclarée le 3 août par l’Allemagne).

La date du premier jour de mobilisation : 2 août 1914

En 17 jours (du 2 au 18 août), la mobilisation comprenant le transport, l’habillement, l’équipement et l’armement, c’est plus de 3 millions de réservistes qui vont rejoindre les 800.000 soldats en service actif et ce sera 8.410.000 hommes mobilisés pendant toute la Grande Guerre.

Comment des millions d’hommes se sont-ils retrouvés sous l'uniforme en quelques jours et opérationnels en deux à trois semaines ?

Chaque homme possédait  chez lui - et gardait précieusement - son livret militaire. A l'intérieur se trouvait le fascicule de mobilisation, document de 4 pages.

Selon la couleur de la feuille de route chaque homme savait exactement ce qu’il devait faire une fois la mobilisation décrétée pour se rendre à la caserne :

Modèle A de couleur rose pour les hommes faisant usage du chemin de fer

Modèle A1 de couleur vert clair pour les hommes voyageant par voie de terre (à pied)

Modèle S, blanc rayé rouge pour les hommes employés temporairement à un service spécial et qui feront usage des voies ferrées pour se rendre sur le lieu de garnison.

Modèle S1, blanc rayé vert pour les hommes employés temporairement à un service spécial et qui feront usage des voies de terre pour se rendre sur le lieu de garnison.

Modèle Z, Blanc, hommes dont l’utilisation n’est pas prévue.

Ce système de feuille de route avait l’avantage d’organiser la mobilisation de manière simple, en évitant que tous les hommes arrivent en même temps ou qu’ils ne sachent que faire.

A peine un mois après cette mobilisation sans précédent, du 5 au 10 septembre 1914, au cours de la ‘bataille de l’Ourcq’, dénommée également ‘la bataille du Multien’, Varreddes sera le village où l’ennemi a laissé les souvenirs les plus cruels, marquant le village à tout jamais.

Nous en reparlerons dans de prochains articles.

Avant l’occupation par les allemands le 3 septembre 1914, le village avait déjà été occupé plusieurs fois au cours des siècles passés.

En 1652, les Lorrains vinrent à Varreddes au secours de la Fronde, ils pillèrent et brutalisèrent le curé, sa servante décèdera à la suite des sévices endurés.

En 1814, de nouveau la population est pillée, les femmes qui se cachaient dans les carrières sont violées.

Après 1918, la commune comptait 40 petites fermes, dans les années 1970, il n’en restait plus que 7 !

Les productions : lin, carotte, fromage étaient portées au marché de Meaux.

En 1950, le cheptel était d’environ 150 vaches, aujourd’hui il n’en reste plus. Les servitudes en sont la cause. Le travail d’affourager, de traire les vaches 2 fois par jour et cela tous les jours de l’année n’est pas rentable par rapport au temps passé.

Le blé, le tournesol ont en partie remplacé les betteraves à sucre … à cause des quotas ‼

Au début du siècle, on cultivait l’oseille (voir l’article du 17/3/11 : l’oseille à Varreddes). Elle partait à Paris par le canal de l’Ourcq. Un chemin de traverse porte encore le nom de ‘Chemin des bateaux’.

Désaffectées, aujourd’hui, les galeries des carrières ont servi de refuge aux habitants en 1914, les Allemands n’ont jamais pu trouver l’entrée de cette cachette.

 

 

 

* Tocsin semble provenir de la racine du mot tumulte et serait une déformation de touquesain, datant de 1379, l’orthographe actuelle date de 1611

Les premières utilisations du tocsin sous la forme actuelle dateraient des environs de 1570.

Partager cet article

Repost 0
Published by Pierre
commenter cet article

commentaires