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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 21:44

Parmi les réquisitions, il  faut  approvisionner le marché de Meaux… Et deux fois par semaine !

La quote-part des cultivateurs de Varreddes monte au total de 36 septiers par semaine.

Marché

 Tableau de Delort, "Hallali dans un marché", a pour décor la halle antérieure à 1877

 une chasse à courre aristicratique, à la fin du XVIII, sème la panique parmi les maraîchères...

 

Chaque villageois est taxé proportionnellement à ses possibilités. Ainsi le 12 Frimaire an II (2 décembre 1793), 10 familles doivent approvisionner en blé le marché de Meaux. Les 36 septiers sont répartis de la façon suivante : 4 cultivateurs doivent 6 septiers et les 6 autres deux septiers.

Trois mois après, la part de Varreddes n’est plus que  de douze  septiers par semaine, à savoir  six septiers par marché. A cette occasion, la municipalité ose souligner l’absurdité du transport du blé à Meaux et sa distribution faite à Meaux aux consommateurs varreddois obligés d’y aller perdre leur temps. La cession directe sans déplacement inutile serait autrement pratique… Mais on est en pleine terreur. La délibération des municipaux de Varreddes, si courageuse soit-elle en son principe, sue-la peur.

Pour affirmer l’à-propos d’une mesure si pleine de bon sens, la Municipalité se fait appuyer par des notables.

L’ENA n’existe pas encore, mais l’administration en place ne manque pas d’idées pour imposer les cultivateurs : voici l’impôt foncier en nature pour le marché de Meaux. 

Le 15 Brumaire an IV (6 novembre 1795) , en présence du citoyen Souchon, de Meaux, est faite une nouvelle répartition des quantités de grains à fournir par les cultivateurs de Varreddes à chaque marché à Meaux : 6 quintaux

Le 12 Frimaire an IV (3 décembre 1795), soit un mois après, le commissaire délégué, Charles-Laurent Piroux, réquisitionne 200 quintaux de grains à fournir par les cultivateurs de Varreddes et à verser dans les trois jours au magasin de Meaux, à titre d’acompte sur l’impôt foncier en nature ; une liste de 18 cultivateurs est dressée mais cela ne dispense nullement les 20 citoyens du contingent ordinaire pour le marché du samedi suivant le 14 Frimaire (parmi les citoyens ordinaires nous trouvons le meunier, le notaire une veuve, et ça continue…)

Le 23 Nivôse an IV (13 janvier 1796), nouvelle réquisition de 14 quintaux de grains par semaine pour l’approvisionnement du marché.

C’est une pluie de réquisitions tout au cours de ces années :

11 Mesidore an III (20 juin 1795), le citoyen Vial fait réquisition à Varreddes de 30 quintaux de grains ou farine par les cultivateurs qui se trouvent avoir plus que leur consommation et à faire conduire à Meaux.

18 Fructidor an III (4 septembre 1795), réquisition de 7 quintaux de grains par marché pendant toute l’année, et le 26 Fructidor c’est 17 quintaux.

Une nouvelle interprétation du droit va rendre plus exigeants encore les commissaires du district : Les Cultivateurs ne sont que des dépositaires.

Non contents de faire sentir le poids de leur autorité les commissaires du district sauront, le cas échéant, toucher la corde sentimentale en faveur des ‘frères de la capitale’ :

6 Pluviôse an III (25 janvier 1795), réquisition de grains pour l’approvisionnement de Paris, Varreddes est taxé pour 1.235 quintaux.

Nomination de deux commissaires chargés de dresser l’état des propriétaires de grains, lesquels n’en sont que les dépositaires et n’en peuvent disposer sans encourir les peines portées par l’article 14 de la loi du 19 Brumaire précédent. Délais 3 jours !!

Le 16 Pluviôse (4 février), on n’a pu trouver que 546 quintaux. Piroux, commissaire, vient réclamer la différence jusqu’à concurrence des 1.235 quintaux, soit 689 quintaux dont les officiers municipaux sont rendus responsables.

6 Floréal an III (25 avril) : réquisition de 24 quintaux de grain à conduire le jour même par la voiture de Jean Adam.

15 Floréal an III (4 mai), le citoyen Dalençon aîné, commissaire aux battages et versements de grains (approvisionnement de Paris), fait réquisition, dans le plus bref délai, de 304 quintaux 80 livres de grains (deux tiers de l’excédent du tableau du dernier recensement).

« Ledit commissaire compte assez sur le patriotisme des membres composant la municipalité, sur leur humanité envers leurs frères de la capitale réduits à la plus grandes détresse, sur leur confiance dans les promesses de la Convention, pour croire qu’ils feront les plus grands efforts et les derniers sacrifices pour satisfaire à la présente réquisition. »

La fréquence et l’importance des réquisitions vont avoir de graves conséquences…

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Published by Pierre - dans Varreddes
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