Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de Pierre
  • Le blog de Pierre
  • : Du romain au grégorien, parcourez l'histoire des calendriers. Le brie de Meaux et la Confrérie. Varreddes mon village.
  • Contact

Visiteurs

Rechercher

Catégories

6 septembre 2008 6 06 /09 /septembre /2008 21:18

nicee L'année julienne comptait 365,25 jours alors que l'année tropique vaut 365,24221935 jours soit une différence de 11 minutes et 12 secondes par an.....
Un retard de 3/4 de jour pour 100 années juliennes c'est peu, mais transporté à échelle longue, le calendrier fausse compagnie aux rendez-vous annuels du soleil.

Le système de César ne remplit donc pas exactement les conditions nécessaires à une fixité définitive.
Il fallait donc adapter dans la durée la longueur de l'année à l'année tropique., mais...
Depuis la réforme julienne, la chrétienté était née.

Vous allez me dire que viens faire la chrétienté dans la dérive du calendrier ?
C'est très simple, la date de la fête de Pâques.

 Les chrétiens n'ont pas eu la vie facile avec les romains, ils étaient persécutés (Rappelez-vous de vos cours d'histoires en primaire, les lions qui dévoraient les chrétiens !!). Malgré cela la religion chrétienne progressait et commençait en mettre en péril les différents empereurs romains.
 L'Empereur romain Constantin  (il se converti que sur son lit de mort)  sentant bien le danger, décrète en l'an 312 la fin des persécutions contre les chrétiens qui peuvent enfin vivre au grand jour et en 325 convoque le premier concile œcuménique dans la ville de Nicée (aujourd'hui Iznik en Turquie).

N'oublions pas que nous sommes au temps des romains et qu'à l'époque les Empereurs étaient non seulement les chefs civils, mais également les chefs religieux, il n'y a donc rien de surprenant que ce soit Constantin qui convoque un concile.
Les sujets à traiter à ce Concile ne manquent pas, en particulier la condamnation de l'arianisme (doctrine d'Arius).
En l'an 325 de notre ère, le concile de Nicée fixa la date de Pâques. (Je vous parlerez des controverses de cette de Pâques dans une autre page).
Pour les Pères de l'Eglise Pâques doit être associée à la 1ère pleine lune du printemps.
Or en 325 l'équinoxe tombe le 21 mars, alors que César et Sosigène avaient prétendu fixer cet équinoxe au 25 mars.

Il est évident que Sosigène s'est trompé (au moins dans la détermination de l'équinoxe de l'an 45).
Les Pères de l'Eglise n'hésitèrent pas un instant à attribuer cette erreur de 4 jours au seul Sosigène.

Ces braves Pères pensaient que l'équinoxe de printemps observé le 21 mars à l'époque du concile, tomberait désormais indéfiniment à cette date, et ... Fort imprudemment, ils lièrent la fixation de Pâques à la date du 21 mars.
Pâques est donc le dimanche qui suit le 14ème jour de la lune qui tombe le 21 mars ou immédiatement après (1er dimanche après la première lune de l'équinoxe de printemps). Pâques est donc une fête mobile oscillant  le 22 mars et 25 avril.

 Pour la petite histoire :

Le concile de Nicée (an 325) n'a pas décrété la règle de  détermination de pâques.
 La légende s'est vite répandue (grâce en particulier à Denys le Petit) que la règle venait de ce concile.
Au XVIe siècle, le pape Grégoire XIII  y  croyait encore ; au XVIIIe,  on  en parle toujours dans le décret anglais d'adoption du calendrier grégorien.
 Aujourd'hui  encore,  la  légende  est  toujours d'actualité !

---------------------

 Malgré les injonctions du Concile de Nicée, chaque ville fit à sa façon et on en arriva à une confrontation : Alexandrie (Orient) / Rome (Occident) qui annonce la future rupture définitive entre les églises d'Orient et d'Occident.
Après le Concile de Nicée, deux astronomes, (tous 2 évêques à Alexandrie), Théophile et son neveu Cyril établirent des tables s'étendant respectivement de 380 à 480 et de 437 à 581.

En l'an 455, Hilaire, archidiacre du Pape Léon le Grand (440-461), commande à Victorius d'Aquitaine une table permettant de fixer la date de Pâques.

 En 525, (200 ans après le Concile de Nicée) le pape Jean 1er demande à l'abbé Denys le Petit (Dionysus Exisguus) de calculer la date de Pâques pour l'année 526.
Denys le Petit adopte les formules alexandrines et utilise le cycle lunaire de 19 ans (Cycle de Méton), il recalcule les tables de Cyril sur 95 ans (532 à 627), mais... elles tombent dans l'oubli, ... la date de Pâques continuera donc de dériver... et le calendrier aussi !!

Dans les siècles qui suivirent, le calendrier julien continua, naturellement, à dériver par rapport à l'équinoxe, qui s'écarta peu à peu du 21 mars.
Dès le VIIIème siècle, l'Eglise s'en émut; à suivre les prescriptions du Concile, Pâques, fête printanière, finirait à la longue par se célébrer au cœur de l'été.
Le XIIIème siècle fera bouger les consciences. Conrad de Strasbourg en 1200, affirme que le solstice d'hiver a déjà perdu 10 jours depuis le règne de Jules César.
Quelques années plus tard le chanoine de Paris (Robert Grossteste - un anglais), calcule un décalage d'un jour tous les 304 ans (en réalité c'était un jour tous les 308,5 ans). Il préconise donc de calculer la date de Pâques avec un équinoxe de printemps situé au 14 mars au lieu du 21, ce qui compenserait ainsi le retard accumulé depuis Jules César.

Johannes de Sacrobosco, également anglais (appelé Jean de Holywood ou Jean de Halifax) propose dans un traité ‘De Anni Ratione' d'abolir un jour tous les 288 ans... proposition restée sans suite.
En 1263 Roger Bacon signale au pape (dans ses ouvrages opus majus et opus tertium) que le phénomène de précession des équinoxes fait que l'année du calendrier avance de près de 11 minutes par an sur l'année solaire, représentant une journée entière tous les 120 ans. De ce fait, Pâques est fêtée à une date erronée.
Il réclame une réforme en s'adressant avec véhémence directement au pape Clément IV. Il n'aura pas gain de cause, et pour cause... Le pape décède sans avoir pris de décision.

 En 1345, Clément VI (pape en Avignon), décide de réformer le calendrier. Il s'adresse à plusieurs experts dont Jean de Meurs et Firmin de Belleval. Dans une lettre sur la réforme de l'ancien calendrier ‘Epistola suoer reformatione antiqui Kalendarii', il propose une solution consistant à supprimer un certain nombre de jours d'une année déterminée, et par la suite, d'enlever un jour tous les 310 ans (tout un programme ; mais cette réforme ne se fit pas (probablement à cause d'une épidémie de peste).

Le cardinal Pierre d'Ailly (un français), au Concile de Constance en 1414, fit part de l'émotion du clergé et proposa au pape Jean XXIII (un antipape en Avignon), un traité d'exhortation à la reprise du calendrier ‘Exhortatio super correctione calendarii' (Exhortation à la reprise du calendrier).
Il reprend les argumentaires de Grosseteste, Sacrobosco et Bacon : modifier les intercalations bissextiles.

Pierre d'Ailly reconnaît que la « durée véridique de l'année n'est pas connue avec certitude », pour que l'on puisse valablement légiférer ... La réforme n'aura donc pas lieu.
En 1436, l'astronome Nicolas de Cursa, propose une réforme semblable à Pierre d'Ailly, avec .... Pas plus de chance.
Au début du XVIème siècle, lorsque le calendrier indiquait 21 mars, l'équinoxe réel était déjà passé depuis 10 jours.

Les demandes de réforme du calendrier se faisaient de plus en plus nombreuses et pressantes, mais le XVIème siècle est celui de la réforme (la naissance du protestantisme) : Luther, Calvin, etc...
L'Eglise catholique romaine a autre chose à faire que de s'occuper de la dérive du calendrier, Elle veut réagir à la naissance du protestantisme en proposant une contre réforme.

Le pape Léon X, en 1514, demande à l'évêque hollandais Paul de Middelburg, astronome, de présider une commission chargée de l'amendement du calendrier.
Cette réforme ne vit jamais le jour, et pour cause, Léon X a eut la mauvaise idée de demander aux souverains de l'époque, leur avis, qui ne répondirent pas ou presque, ... Mais, une des lettres de Léon X tomba dans les mains de Nicolas Copernic qui avait découvert que la rotation de la Terre se faisait en 365,2425 jours (contre (365,2422 réels), et qui hésitait à publier ses travaux (à cause de la religion). Il ne le fit qu'à la fin de sa vie, et cette publication jouera un rôle majeur lors de la réforme de Grégoire XIII.

Le Pape Paul III décide de tenir un concile œcuménique à ce sujet à Trente dans le Nord de l'Italie.
Ce concile de 25 sessions dura 18 ans  (1545-1553). Il agite la question mais sans conclure, la remet à la sagesse du Saint Siège et confie également au pape Pie IV de réformer le bréviaire.
Pie IV doit réformer le bréviaire ...  Pas de chance il meurt.

Le pape suivant, Pie V (1566-1572), fit une bonne partie du travail, mais une partie seulement car la réforme complète du bréviaire supposait une réforme du comput ecclésiastique (entre autre remplacer le système du nombre d'or par le système basé sur la notion d'Epacte), qui elle exigeait au préalable la réforme du calendrier civil. Pie V ne l'a pas faite.

En mai 1572, de Grégoire XIII succède à Pie V....

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Pierre - dans Calendrier
commenter cet article

commentaires