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27 décembre 2009 7 27 /12 /décembre /2009 15:06

  france 1582
La suppression de 10 jours du calendrier prévue dans la bulle Inter gravissimas se fit en France du 10 au 19 décembre 1582, le 9 décembre 1582 fut suivi du 20 décembre.

Or, selon la bulle, cette suppression aurait dû être effectuée en octobre et non pas en décembre.

Pourquoi ce retard alors que l'Italie, l'Espagne et le Portugal avaient sans problème respecté les dates prévues dans l'Inter gravissimas ?

J. Delatour y voit deux, et peut-être trois raisons :

1ère raison, le prétexte qui arrange :

Le pape  avait accordé a Antonio Lilio le privilège d'imprimer et de vendre le nouveau calendrier. A travers Antonio, le pape voulait récompenser l'astronome Luigi Lilio, son frère, concepteur du calendrier et mort en 1576.

Grégoire XIII demande à Henri III, que la France accorde également ce privilège à Antonio Lilio. Seulement Antonio ne prit pas la peine de faire imprimer et distribuer le calendrier. Sans calendrier, les imprimeurs français ne pouvaient donc pas le traduire et l’imprimer.

Octobre, mois officiel d'application de la réforme passa ….. sans le nouveau calendrier.

L'ordonnance royale fixant les dates de la réforme en France fut rendue le 3 novembre 1582. Le lendemain, Henri III accordait à Jacques Kerver un privilège pour l'impression du calendrier (il en avait accordé un autre, en douce, le 16 septembre à Jean Gosselin lui donnant le droit d'imprimer des traductions françaises).

Mi-novembre, le nonce en France Giovanni Battista Castelli apprit que le pape avait annulé le privilège de Lilio, alors rien n'empêchait plus à qui le voulait d'imprimer enfin le calendrier tant attendu. Tout le monde s'y mit allègrement : Pillehotte à Lyon, Kerver à Paris mais également Platin à Anvers ou Basa à Rome.


2ème raison
, la raison inavouable :

Elle aurait eu pour nom Christophe de Thou, premier président au Parlement.  J. Delatour, souligne qu’il faut mettre cette raison au conditionnel celle-ci n’étant pas prouvée et ressort d'une coïncidence troublante de dates.

Christophe de Thou personnage puissant et respecté ne voyait pas d'un bon œil le Saint Siège s'immiscer dans les affaires de l'Église gallicane. Après un avertissement sans frais (2 ans de "résistance") lors de l'adoption du style du premier janvier (le 1er  janvier devenant 1er jour de l'année) en 1564, il était, selon son fils Jacques-Auguste de Thou, bien décidé à ne pas faire adopter la réforme grégorienne. Il s'opposa au roi et... en tomba malade.

A partir de là, J. Delatour constate la coïncidence des dates :

·         Le 29 octobre, Christophe de Thou est à l'article de la mort : le Conseil rend son arrêt concernant le calendrier.

·         Le 1 novembre Christophe de Thou décède et le surlendemain le roi donne son édit et ordonnance sur le calendrier.

·         Le 5 novembre, l'évêque de Paris fixe l'ordre des fêtes de fin d'année

·         Le 10 novembre, l'édit est publié.

·         Le 12 novembre, le Parlement rentré de vacances n'a plus qu'à constater les faits.

 

3ème raison, la raison embarrassante :

Elle a pour nom fêtes. Paul de Foix, chargé d'expliquer les choses au pape "...qu'il y eust en cecy quelque empeschement que je ne pouvois sçavoir", il fallait trouver d'autres dates en remplacement des dates initialement prévues.

Il fallait supprimer 10 jours et surtout que Pâques 1583 soit célébrée le même jour en France qu'à Rome. Mais le roi voulait, lui, que Noël soit aussi célébré en même temps à Rome et à Paris.

La réforme devait donc se faire avant le 25 décembre 1582.

Pas question de supprimer le 11 novembre qui était la date de fin des vacances du Parlement et celle de paiement des termes et de fin de certains contrats … et puis, c'était une date trop proche de la décision du Conseil.

Pas question non plus de toucher au jour auquel "tout prend racine" (Sainte Catherine, 25 novembre), de toucher à la Saint-André fête importante du 30, de toucher à la fête du patron des marchands de vin, porteurs de charbon, bateliers, à la Saint- Nicolas du 6 décembre, à la Conception Notre-Dame du 8 décembre…. On sauterait donc sans trop de dommages du 9 au 20 décembre et tans pis pour la coupe sombre dans la période de l'Avent (il suffisait d'avancer son début au 18 novembre 1582 pour les Parisiens), ailleurs, ce fut comme on pouvait y compris fêter les dimanches de l'Avent... pendant la semaine et tant pis  pour le pape qui avait pris la décision fin octobre début novembre de supprimer en France les jours du 11 au 20 février 1583 ( la décision française était déjà prise).

 

C’est par l’ordonnance du 2 nov. 1582 en forme de mandement adressée aux prévôts des villes, qu’Henri III entérina la réforme du calendrier.

 

Est-ce pour lui être agréable que le roi organisa à Paris une immense procession le 9 décembre 1582 ? Ou pour fêter le dernier jour du calendrier julien en France ?

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Published by Pierre - dans Calendrier
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