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11 mars 2010 4 11 /03 /mars /2010 20:50

Comme tous les romans, l’histoire du brie de Meaux a sa part de vérité et sa part de légende.

Souvent les légendes côtoient la tradition et au fil des ans se transforme en authenticité  historique.

Faut-il s’en plaindre ? La légende à l’avantage de faire rêver, l’histoire est plus brutale.

Chateaubriand disait « d’éviter que tout mensonge répété, ne devienne une vérité ».


Imaginons la première rencontre il y a 5000 ans de l’homme  de notre région (qui ne s’appelait pas encore la Brie) avec le fromage.

Pendant que les hommes sont à la chasse ou à la pêche, les femmes dans leurs huttes s’activent à entretenir le feu, à préparer les repas d’herbes et de viandes bouillies. Les jeunes filles aident leurs mères dans ces tâches ménagères. L’une d’elle, tête de linotte, ou amoureuse, en tout cas n’ayant pas la tête à son travail, aura laissé au fond d’une outre en peaux de chèvre sauvage, du lait qu’elle avait tiré plusieurs jours auparavant des mammifères apprivoisés.

Voulant de nouveau remplir cette outre, elle découvre que le lait a tourné. Il se présente sous la forme d’un caillé.

Les hommes sont sur le point de rentrer au village. Que faire pour éviter les réprimandes pour la perte de ce lait si précieux ?

Avant de vider le contenu de ce récipient dans la rivière, qui ne s’appelle pas encore la Marne, elle commence par enlever le liquide qui surnage en surface… Et c’est alors qu’elle découvre au fond une pâte blanche déjà consistante. C’est le premier fromage, et la première légende.

Elle est trop belle pour ne pas la continuer.

Curiosité féminine, elle en prend un peu au bout de son doigt et y goûte. « Mais c’est délicieux ! » se dit-elle. Son vaillant guerrier arrive, elle se précipite pour lui offrir le fruit de son oubli : « goûte mon amour, c’est une invention de ma part », ainsi pour la première fois l’homme découvrait le fromage.

Notre guerrier aurait put emprunter à Plaute le mot petit gentil qu’il dédiait peut-être à sa belle : « méus molliculus caseus », signifiant à peu près « Petit fromage blanc de mon cœur », mais Plaute n’était pas encore né et notre guerrier n’était pas poète, pas plus que ce fromage n’était du brie !

 
La première tradition orale du Brie de Meaux remonte au  premier roi légendaire des Gaulois : Pharamond. Les Gaulois ont décidé de ses donner un souverain fédérateur.

Pharamond

                                                                                    Pharamond sur son pavois
Ils veulent  un homme redoutable au combat, craint et respecté, même par ses plus farouches ennemis.

Ils choisissent celui qui paraît le plus fort, le plus apte à commander et à se faire obéir au combat.

Pharamond fait l’unanimité après bien palabres, purement gauloises.

Imaginons la scène : Pharamond venant se faire reconnaître par son peuple, debout sur son pavois, porté par six vaillants guerriers.  Les soldats hurlent, crient son nom, vantent ses mérites en évoquant ses exploits au combat. Les femmes et les jeunes filles sortent des huttes pour se joindre à la fête. La tête ceinte de couronnes de fleurs, portant chacune un joli plateau de cuivre chargé de victuailles qui seront dégustées au festin royal en l’honneur de leur roi. Sur les plateaux on distingue des rôtis des jambons  sanglier (une spécialité d’Astérix), des fruits de saison et sur les plateaux de la tribu des Meldes  des …. Fromages.

Car ces Meldis vivant à l’est de Lutèce sur les bords de la Marne, ont une réputation de fromagers avant l’heure. Loin de se décourager par la distance qui sépare Meaux des environs d’Aix-la-Chapelle, ils ont enfourché leurs chevaux et après environ dix jours de route, ils sont arrivés en temps et en heure pour le festin royal.

 

César pendant la guerre des Gaules trouvait notre fromage trop aigre. Il parlait de lait, de fromage et de chair pour la Gaule en général, mais jamais pour le Brie en particulier.

Au temps de César, le brie n’était pas connu. Les seuls fromages ‘français’ exportés à Rome venaient de Nîmes, de Lozère et du Gévaudan.

 

La légende chantée du bon roi Dagobert, nous rapporte qu’il mettait sa culotte à l’envers ; mais elle omet de préciser qu’il coupait son brie de belle manière… Il paraît que se  bon roi Dagobert exigeait du brie à chacun de ses cinq repas quotidiens.

 

charlemagne.jpgCharlemagne, au retour d’Italie où il était allé vaincre et détrôner Didier, roi des Lombards, fit une halte au prieuré de Reuil-en-Brie. Le prieur fit monter de la cave quelques uns des fromages qui constituaient l’ordinaire des moines.

Dès que Charlemagne et ses preux chevaliers eurent goûté à ces fromages de Brie, le royal visiteur s’écria « Je croyais connaître tout ce qui se mange, ce n’était que vanité de ma part ! Je viens de découvrir l’un des mets les meilleurs qui puissent se trouver. J’ordonne, que deux fois l’an on m’en porte un chargement en mon palais d’Aix-la-Chapelle ».

C’est la plus belle tradition orale de la région de Brie, qui court dans les chaumières depuis le Moyen Âge, et c’est pour la Confrérie son Hymne lors des intronisations, mais…. Ce n’est qu’une légende.

Le monastère de Reuil existait bien au IXème siècle, mais le premier prieur connu est Godefroy prieur en 1103 !

Le célèbre biographe de Charlemagne, Eginhard, dans « Vie de Charlemagne » ne cite point de passage de l’empereur à Reuil-en-Brie et encore moins de fromage de brie...

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Published by Pierre - dans Le Brie de Meaux
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