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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 21:42

Le bonhomme misère

gueux

La bonne ‘adventure’ du bonhomme Misère lequel tint la mort captive et ce qui s’en suit.

Au temps jadis vivait à Trilport un vieux et honnête jardinier, le bonhomme Misère.

Un jour d’hiver par un froid grand et vigoureux, alors qu’il regagnait sa chaumière il rencontra un chemineau  très âgé et plus miséreux que lui et qui se traînait appuyé sur un bâton de cornouiller.

Tout en se découvrant, le bonhomme Misère offrit l’hospitalité au vieillard. Il lui servit des nèfles de sa récolte, du fromage de coulommiers et des vins des coteaux de Fublaines et de Montceaux.

Or, ce vieillard n’était que le bon saint Fiacre revenu du paradis visiter son « bon vieux pays de Brie ».

 Il se fit reconnaître et demanda à son hôte s’il avait un vœu qu’il pourrait exaucer pour le remercier de sa charité, première des vertus chrétiennes, alors que l’huis des riches était resté clos devant lui.

« Veux-tu, demanda St fiacre, du blé plein ton grenier, du bois plein ton bûcher, du pain plein ta huche ? Parle car telle est ma volonté et celle de Dieu le Père ».

«Voyez dans mon petit enclos ce poirier, répondit Misère, c’est mon copain en cette vie.

Ensemble nous avons grandi, ensemble nous sommes devenus vieux ; il m’a toujours donné des fruits beaux et abondants dont je me suis régalé, mais les garnements y grimpent et maraudent mes poires et je suis trop vieux pour les en empêcher. Faites que ceux qui grimperaient dans mon arbre ne puissent descendre sans ma permission… »

« Si telle est ta volonté, dit le saint, elle sera réalisée ».

Au mois de septembre suivant, la Mort, sa faux à la main, frappa à la porte de Misère qui lui demanda de repasser car il avait son avoine à vendre et son blé à ensacher, lui demandant trois heures pour achever sa tâche en ce bas monde.

« Que non, répondit la camarade, pas même une heure ».

Se souvenant fort à propos de la promesse de saint Fiacre, Misère demanda à l’importune d’aller lui cueillir une dernière poire sur son arbre ensuite il promettait de la suivre.

La Mort grimpa sur l’arbre et ne peut en descendre.

Ce fut alors un grand émoi sur terre où plus personne ne trépassait.

Les curés ne chantaient plus de beaux De profundis, les fossoyeurs ne creusaient plus de tombes, les médecins et les apothicaires ne pouvaient guérir de la vie, les batailles et la peste ne faisaient plus de victimes…

Oui personne ne trépassait, pas même les vieillards chenus, perdus, sourds toussotant, crachotant, branlant de la tête, tombés en fâcheuse décrépitude ou en enfance.

Ils imploraient la Mort pour qu’elle les délivrât de ces maux.

Misère eut pitié de tant d’infortune et libéra la Mort non sans avoir obtenu la promesse de ne venir le chercher que lorsqu’il le demanderait, ce qui explique que le bonhomme Misère est encore de ce monde.

(D’après Abel Berthier, Almanach de Seine et Marne, 1878).

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Published by Pierre - dans histoire
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