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2 janvier 2015 5 02 /01 /janvier /2015 21:08

Chaudun- Chauny 

Arrivés à Chaudun, les prisonniers entrent un à un dans l’église du village sous les quolibets et les coups de bottes de leurs gardiens.

Un capitaine uhlan, circulant dans les rangs, jouit de ce spectacle : le sabre tiré, il en promène la pointe sous le nez des malheureux plus morts que vifs, prenant plaisir à exaspérer l’angoisse par des menaces ou d’odieux sarcasmes : « Ah ! le beau lot, … vous êtes des bêtes féroces !.. J’en sais long sur votre compte… Vous serez  fusillés !.... » 

La porte de l’église se referme; nos malheureux sont enfin à l’abri pour quelques heures.

Tourmentés par la faim, la soif, exténués, horrifiés par les massacres de leurs amis, pleins d’angoisse pour le lendemain, ils se couchent pensant pouvoir se reposer…

Mais dans l’obscurité, des gémissements, des pleurs et des cris d’épouvante provoqués par des cauchemars ne permettent pas de dormir.

Monsieur LEBEL racontera : « Dans les villages, lorsque des gens apportaient des seaux d’eau pour rafraichir les prisonniers, les Allemands renversaient les seaux à coups de pieds ».

Raffinement de cruauté de la part des geôliers : si une source, un puits, une marre se trouvaient sur le passage, les Allemands arrêtaient leurs victimes quelques pas plus loin, afin qu’elles ne puissent pas en profiter. 

Vendredi 11 septembre, les otages sont conduits à Soissons.

En cours de route, FAVRE, épuisé, s’assied sur le bord de la route.

Les Allemands le saisissent, appellent deux prisonniers militaires qui le prennent par les bras et l’aident ainsi à atteindre Soissons. Ils devaient de nouveau soutenir le vieillard sur le chemin de Chauny. FAVRE leur doit la vie.

Conduits dans une école, ils vont pour la première fois depuis leur départ de Lizy recevoir un peu de réconfort : la Croix Rouge leur sert un repas chaud composé de pommes de terre cuites, de lard et de pain.

Le lendemain, à 17 heures, c’est l’arrivée à Chauny.

Les quarante cinq prisonniers civils sont conduits sur une place publique où des individus, paraissant être des personnages d’importance, viennent les voir.

L’un d’eux, parlant le français, dit aux autres : « Oh ! vous savez, on va les fusiller, on n’embarque plus de prisonniers civils ! ».

Sous un préau, on leur donne un peu de pain. 

L’ordre de les conduire à la gare arrive et c’est à coups de crosse et de fourreau de sabre qu’ils parviennent presque courant à la gare.

ROI, le garçon boulanger, toujours en cotte et sandales de travail depuis Varreddes, s’est garanti d’un couvre-pieds qu’il avait pu ramasser…

Un Allemand le lui prend, le jette à terre et lorsque le jeune homme se baisse pour le reprendre, il reçoit un coup de botte.

Le petit René FAVRE reçoit également des coups violents.

Les prisonniers sont enfermés dans la salle des consignes et à 19 heures on les entasse dans des wagons à bestiaux où ils passeront la nuit, gardés par cinq soldats, baïonnette au canon.

Le train, contenant également des blessés allemands, des prisonniers militaires, ne se met en marche que le dimanche 13….  Direction Erfürt.

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Published by Pierre - dans Varreddes
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