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12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 22:16
Lizy-Chezy.png

Trajet Varreddes- Lizy - Chézy en Oxois

Les Allemands sont en retraite; des troupes, des convois de toutes sortes encombrent la route.

Les otages doivent suivre les bas-côtés et parfois marcher à travers champs.

 Il fait chaud, il faut marcher vite. Les pauvres vieux sont hors d’haleine, les plus jeunes les aident  autant qu’ils peuvent ; les soutiennent, les prennent par le bras mais les vieux s’attardent quand même, maudissant leur âge et leurs infirmités.

Les coups de crosse et de bottes leur font reprendre la file dans un sursaut de désespoir.

Les soldats allemands chargent quelques prisonniers de leurs sacs et s’amusent de la faiblesse des vieillards.

Un prisonnier s’écroule, pris d’une crise de nerfs. On le jette sur l’accotement de la route; les soldats l’inondent d’eau froide, tout en riant des contorsions du malade.

Un autre, boitant par suite d’une infirmité, s’arrête; il est à bout de force. Des Allemands lui tirent furieusement la jambe et le font hurler de douleur tandis que d’autres, arrachent des betteraves et le lapident.

 Nos otages marchent depuis le matin.

Il est environ 14 heures 30, à cent mètres de l’entrée de Coulombs; Monsieur Jourdaine (76 ans) tombe. Des soldats se précipitent sur lui, le frappent à coups de poings, de bottes et de cravache ; il n’a même plus la force de se garantir.

 Messieurs Victor LECOUTE et PERTHUISOT de Coulombs assistent à ce spectacle où des soldats et des officiers allemands passent leur sabre sur la gorge de Monsieur  JOURDAINE comme pour l’égorger.

Le pauvre homme sera ensuite tué sur place d’une balle à la tête et d’une autre au coté.

Enterré dans un clos à 25 ou 30 mètres de son lieu de supplice, son corps est recouvert de si peu de terre que la tête et les bras sont visibles.

Plus tard, un passant aperçoit le cadavre, prend les lunettes qu’il porte encore, y remarque le nom de Meaux ; des recherches sont effectuées, ce qui permettra  d’identifier la malheureuse victime.

Quelques kilomètres plus loin, c’est monsieur VAPAILLE qui s’écroule ; il est tué peu avant d’arriver à Chézy.

 21 heures, le convoi arrive enfin à Chézy-en-Oxois dans l’Aisne. Les prisonniers sont parqués sur la place de l’église, passant la nuit sous bonne garde.

Chezy-Chaudun.png

 Trajet Chézy - Chaudun

Le 10 au matin, le martyr continue.

Depuis la veille, Monsieur MILLARDET ne peut plus avancer. Il a 79 ans, une hernie double; il s’affaisse, on le pousse dans la cour du boulanger où un soldat l’assassine d’un coup de baïonnette au cœur.

Monsieur TERRE, infirme, s’écroule à son tour. Il est achevé à coups de révolver et presque aussitôt c’est monsieur CROIS qui subit le même sort.

La terreur est à son comble et ceux que la fatigue menace de terrasser s’accrochent aux compagnons les plus robustes.

Monsieur LIEVIN, homme corpulent, cardiaque, n’en peut plus; son compagnon d’infortune GOULAS le saisit par un bras, un autre prisonnier le soutient également. Il  étouffe et malgré l’aide de ses camarades, fatigués eux-mêmes, il tombe à genoux plusieurs fois.

Relevé brutalement, deux soldats allemands le sortent des rangs, le font entrer dans le cimetière de Chouy et le mettent en joue à quelques mètres.

Monsieur LIEVIN comprend que sa dernière heure est venue. Il sort son mouchoir, se bande les yeux. Deux balles, l’une à la tête, l’autre au cœur le couchent à terre. Il est achevé d’une troisième dans la tête.

Un autre otage, monsieur MENIL, est également sauvagement assassiné : il s’est affalé, les soldats le trainent sur le côté de la route, l’assomment et le tuent à coups de crosse.

Fin d’après-midi de cette marche forcée; la halte se fait à Chaudun.

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Published by Pierre - dans Varreddes
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