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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 19:57

Souvenir de Mx

                                                                                                                                              (Collection Privée J.M Moreau)

Qu’on me parle de Meaux en termes élogieux

Qu’on dise : de tel homme, elle fut la Patrie !

J’y consens… Mais je tiens pour ce qu’elle à de mieux

L’onctueux fromage de Brie !

Fertile Brie ! à tes parages

Dans maint et maint versiculet

J’ai rendu de fréquents hommages,

Mais je n’ai pas fait un couplet

A la gloire de tes fromages.

Des gastronomes amateurs

On tancé cette indifférence.

Mû de remords inspirateurs,

Je sors de mon ingrat silence ;

Je chante : attention lecteurs !

Voilà mon hymne qui commence.

 

Sois fière de ton Bossuet,

Cité Meldoise, ô ma patrie !

Son nom sur toi jette un reflet

Qui s’entend sur toute la Brie,

Cependant, ô honte ! ô folie !

J’en demande pardon à Dieu,

Tes fromages en plus d’un lieu

Sont plus goûtés que son génie.

On aime les petits caquets,

Les aveux, le franc babillage

Qu’on se permet dans les baquets

Entre poire et fromage.

La poire ajoute rarement

A l’attrait de la causerie :

Le fromage en fait l’agrément,

Surtout lorsqu’il est de la Brie.

Il semble transmettre au propos

Sa fluidité succulente ;

Et le sel qui la rend piquante

Semble aussi saler les bons mots.

Le saint rat qui se fit ermite

Au fond d’un fromage hollandais,

S’il se fût connu mieux en mets,

Dans la Brie eût choisi son gîte.

La proie enlevée au corbeau

Par une adroite flatterie

Ne parut un friand morceau

Que parce qu’elle était de Brie.

Noble aliment, trésor de Meaux !

O toi, dont la pâte de neige,

Par Debac recueillie en pots,

Circule de Rome en Norvège !

Toi qu’à Vérone le plus grand,

Le premier des aréopages,

Sur tes rivaux délibérant,

A proclamé roi des fromages !

Au nom du congrès souverain

Qui t’adjuge cette couronne

Tu règnes avec le bon vin

Qu’Epernay ton voisin nous donne,

Sur les gosiers du genre humain.

Par la soif que ton sel excite

Tu fais mieux sentir sa saveur ;

En retour, au goût du buveur,

Il fait mieux sentir ton mérite.

Ainsi tous deux vous vous aidez

A tenir, couple monarchique,

Le sceptre que vous possédez

Dans l’empire gastronomique.

O Brie où je fus allaité !

Canton dans des bouches malignes

D’épigrammes ont maltraité

En te jugeant d’après tes vignes,

Mais par ton fromage illustré

Comme Golconde par ses mines,

Comme Meudon par son curé,

Et l’Alsace par ses usines !

Personne ne s’étonnera

Que ce fromage prédomine

Sur tous ceux qu’on fait et fera,

Quand on saura son origine.

C’est du lait de la vache Io,

Conduite dans nos pâturages,

Que vinrent nos premiers fromages,

Dès qu’elle eut fait son premier veau,

Jupiter fût pour quelque chose

Dans la substance de ce lait :

Il y fit entrer une dose

Des mets céleste qu’il mangeait.

De la vache qu’il rendit mère

Sortit une postérité

Qui de ce philtre originaire

A conservé la qualité.

De là, ces disques de laitage

Que de Brie on fait voyager

Sur les tables de tout étage,

Font dire à qui sait les juger :

« C’est de l’ambroisie en fromage ! »

                            Verfèle (de Meaux).

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Published by Pierre - dans Le Brie de Meaux
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