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18 septembre 2014 4 18 /09 /septembre /2014 20:40


Blesses-varreddes.jpg

Soldats blessés devant la mairie de Varreddes

Lundi 7 septembre 1914:

Le premier otage que les Allemands arrêtent dès le lundi soir, fut l’abbé FOSSIN,  âgé de 76 ans.

Après avoir passé sa journée à l’ambulance de l’église, enterré les deux aviateurs français et déjeuné chez une paroissienne mademoiselle GOULLE, vers 21 heures, alors qu’il est couché on le force à se lever et une scène indicible se passe :

Le curé demande ce qu’on lui veut et apprend qu’il est accusé d’avoir fait des signaux à l’armée française du haut du clocher et d’être ainsi la cause de la défaite des Allemands.

Invoquant son impuissance physique à grimper dans le clocher, expliquant son emploi du temps consacré aux blessés allemands dont l’église est pleine, rien n’arrête les furieux.

Bousculé, frappé, injurié, on lui crache au visage, on le pousse jusqu’à la mairie où il passe la nuit assis sur un panier à légumes à réciter son chapelet. Il n’en sortira que pour quitter Varreddes.

Je reviendrai plus tard sur l’abbé Fossin, qui mérite une mention spéciale.

 Le lendemain vers 17 heures c’est un cultivateur en retraite, Denis BARTHELEMY, qui est arrêté et gardé dans la cour de la ferme de Mme JACOB

 

Un officier allemand aperçoit dans sa cour,  monsieur MERILLON, gendarme en retraite, âgé de 65 ans, lui donne l’ordre d’aller voir le  colonel, ce dernier le renvoie et sur le chemin de retour il est fait prisonnier par un lieutenant et rejoint BARTHELEMY

Une demie-heure après c’est au tour de Jules DENIS (65 ans). Les trois hommes passent la nuit dehors, couchés à terre, entre les allemands qui leur interdisent de communiquer entre-eux. D’autres arrestations auront lieu entre 18 et 22 heures ; monsieur Eugène LERICHE (74 ans), Louis LACOUR (60 ans), d’Etrépilly, qui était venu aider ses deux belles-filles dont les maris étaient mobilisés.

A 19 heures, les Boches pénètrent chez madame CHAVIGNY, boulangère, dont le mari était également mobilisé. Trouvant les beaux-parents de cette dame, monsieur JOURDAINE (73 ans) et le garçon boulanger, monsieur Louis ROY (48 ans), rejoignent LERICHE

Vers 21 heures, Monsieur et madame CROIX, sortant de leur cave, sont arrêtés. Les allemands leur expliquent qu’ils ont été trahis.

Madame CROIX est remise en liberté une demie-heure après, vers 21 h 30. Elle rentre chez elle accompagnée d’un soldat allemand qui lui donne l’ordre de passer la nuit sur un fauteuil, de fermer rideaux et persiennes. Elle passera la nuit ainsi sans nouvelle de son mari et en se demandant que va faire son geôlier.

A la même heure, deux soldats allemands pénètrent chez l’ancien boucher, monsieur FAVRE (73 ans), l’homme se couchait : avez- vous des hommes ici ? demande l’un des soldats à Mme FAVRE.

Celle-ci répond qu’elle a son mari et son petit fils René de 14 ans. Les soldats montent dans la chambre, font descendre monsieur FAVRE et le petit-fils, ils rejoignent ainsi que Mme FAVRE les autres prisonniers. Un des soldats pousse le jeune garçon contre le mur, il tombe à moitié assommé et s’écrie affolé : ‘Grand’mère, ne m’abandonne pas’, la grand’mère les larmes pleins les yeux est renvoyée violemment.

Ayant caché dans un bois deux chevaux, Paul LEBEL (65 ans), allait de temps à autre leur porter à boire. Ses allées et venues paraissaient suspects aux Allemands, il fut arrêté dans la soirée de mardi.

Peu de temps après, ce fut le tour de Paul DENIS ouvrier agricole, qui fut fait prisonnier, ayant eu le tort de répondre à un soldat qui lui affirmait que les Allemands seraient à Paris dans deux jours : « Ben, mon colon, tu n’y es pas encore ! ».

Messieurs MILLARDET, ouvrier peintre et COMBE (54  ans), quincaillier s’étaient réfugiés chez madame BARDEL, lorsque qu’à 22 h, un soldat allemand vient les chercher et les conduit dans la cour de Monsieur LERICHE

M. MILLARDET, âgé de 79 ans, ne peut marcher seul, il avance donc au bras de sa femme et en les voyant arriver, un soldat les sépare violemment. On la chasse de la cour.

La terreur règne dans le village, on s’attend à voir fusiller ces otages, on craint pour eux, on craint pour soi.

La rafle n’est pas finie : Messieurs TERRE (60 ans), coiffeur ; Eugène MENIL (64 ans) cultivateur ; Ernest VAPAILLE (64 ans), journalier vont rejoindre les autres otages.

Les Allemands s’en prennent également aux femmes…

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Published by Pierre - dans Varreddes
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