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17 août 2013 6 17 /08 /août /2013 21:09

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 « Il faut des dons patriotiques pour la défense de la République… » Clamaient les citoyens commissaires ! Et c’est ainsi que des dons en argent ou en nature ont été sollicités.

Il ne parait pas que la commune de Varreddes se soit enthousiasmée de cette idée. Les réquisitions sont déjà suffisamment lourdes, ce qui arrête tout élan vers les dons volontaires.

On ne trouve pratiquement rien en dehors d’un lot de 463 chemises :

Le 27 nivôse, an II (16 janvier 1794), dans la voiture qui emmène à Meaux les cuivres de l’Eglise paroissiale, Etienne François Moreau et Jean Nicolas Charles Lebel, officiers municipaux, emportent «l’offrande qui a été faite par différant citoien dont la liste est annexé au chemise, qui consiste en quatre cent soixante trois chemises et un drap de toille détoupe et une paire de soulliers neuf et cent sols dargent »

Le 30 nivôse (19 janvier) ; Jean Denis fait don à la nation de seize livres « que nous (maire et officiers municipaux) sommes obligé de porter au bureau du citoyen secrétaire du district de Meaux ».

Là se bornent les générosités Varreddoises, mais  huit mois après, le 10 vendémiaire, an III (1er octobre 1794), Langlois et Antheaume, membres de la société populaire de la commune de Meaux viennent à Varreddes «inviter les bons citoyens à faire des dons patriotiques pour la construction d’un vaisseau armé pour la défense de la république, ils montent à la tribune et invitent les citoyens à faire leurs offrandes selon leur pouvoir.

Le 19 vendémiaire (10 octobre), le conseil municipal nomme trésorier Etienne Leduc qui recevra les offrandes à la maison commune les jours de Décade. (Suit 12 signatures). Aucune liste n’est à relever pour cet objet au livre de greffe… La vie est devenue pénible, le vent n’est plus aux générosités.

Les assignats ont perdu leur valeur nominale. Le moindre paiement s’effectue moitié en assignats, moitié en nature.

Prix de quelques denrées à Varreddes vers 1795 :

Le blé : le septier de Meaux (ancienne mesure des grains : 1 septier =156 L): en argent, de 20 livres à 60 livres ; en assignats, de 40 livres à 4.000 livres.

Le vin : la demi-queue champenoise : en argent, de 30 à 50 livres ; en assignats de 75 à 2.000 livres.

En cette année 1794, les céréales ont germé, la récolte est déficitaire.

L’année 1795, est encore plus terrible, c’est l’année d’un grand hiver. La gelée a duré deux mois (mi-décembre à mi-février). Il a gelé dans les caves et dans les puits ; des arbres ont péri ; La Marne a envahi les champs.

C’est la famine, il faut rationner, et les commissaires de Meaux s’en occupent. Il n’est accordé par jour, qu’une livre et demie de pain aux ‘forts ouvriers’ ; une livre aux autres et aux femmes et un quarterons aux enfants.

On mange du pain d’avoine, de fèves, de pois, de vesces, de riz, de pommes de terre.

Le riche lui-même manque de pain, et faute de pain le pauvre cuit des herbes.

Les denrées de consommation courante sont introuvables. Le savon manque, les femmes sont obligées de le remplacer par de la pierre extraite des montagnes de Rezel, ou par de mauvais savon cédé par les Prussiens cantonnés à Montceaux.

Ce dénuement ne s’adoucit que lorsque les meldois affamés eux-aussi, viennent offrir leurs marchandises à Varreddes (savon, sucre, chandelle, sel), pour avoir pain, farine, pommes de terre, haricots, fèves, etc… nous dit Pierre Denis. Chacun souffre de la difficulté du temps, alors comment dans ces conditions, presque textuellement extraite du journal de ce témoin occulaire (Pierre Denis), l’invitation de Langlois et d’Antheaume aurait-elle eu la vertu de susciter les ‘dons patriotiques pour la défense de la République’ !!

 

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Published by Pierre - dans histoire
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