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24 avril 2011 7 24 /04 /avril /2011 19:51

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Souche 'St Arnoult'

Les 8 et 9 avril eurent lieu à Val Saint Germain les rendez-vous de printemps. De passage dans ce joli petit village de l’Essonne, j’ai découvert une fabuleuse collection de 138 ‘souches’. Non, ce ne sont pas des souches d’arbres… Les souches des supports en bois (ou autre matière) destinées à porter un cierge.

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Ces ‘souches’ sculptées dans un morceau de bois étaient offertes par les paroisses françaises lors du pèlerinage annuel à Sainte Julienne de Nicomédie, patronne de l’église.

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Un peu d’histoire : julienne de Nicomédie, était promise dès l’âge de neuf ans à Euloge, préfet de Nicomédie (Asie Mineure). A ses 18 ans, Euloge, ce gouverneur païen, la demanda en mariage. Julienne très chrétienne lui répond qu’elle n'accepterait que s’il se converti au christianisme. Cet affront, tant aux yeux de son père qu’à  Euloge, lui valu une série de supplices.  Elle fut tout d’abord plongée dans du plomb fondu, puis comme elle n’aurait rien ressenti, elle fut pendue  par les cheveux et pour finir elle meurt en martyre la tête tranchée vers 311.

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Quant à l’histoire des souches, elle est intimement liée à une légende :

Au XIIIème siècle, de retour des croisades, un chevalier breton  en possession  des reliques de sainte Julienne de Nicomédie fait une halte au Val Saint Germain.  Pendant son escale, il tombe gravement malade et fait le vœu que s’il guérit, il fera bâtir une église en ce lieu et y laissera une partie des reliques de Ste Julienne.

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A cet endroit il y a une source, notre chevalier consomme t-il de cette eau ?  Toujours est-il que, oh, miracle, notre gentilhomme est guéri. Fidèle à sa parole, il fait construire une église et y laisse le crane de la martyre.

Depuis ce jour, il est dit que l’eau de la source à des effets miraculeux pour ceux qui trempent leurs lèvres. Elle permet d’échapper à des épidémies (peste, choléra)  ou intempéries et pour les cuisinières de l’époque, elle est excellente pour la cuisson des flageolets !! Que ce soit pour faire cuire les flageolets ou pour ses vertus miraculeuses toujours est-il que chaque année, les pèlerins de la région accourent au Val Saint Germain. C’est Lourdes avant l’heure ! Jusqu’à 30.000 pèlerins au XVIIIème siècle.

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Fontaine Sainte Julienne (extérieur et intértieur)

Les pèlerins ont toujours des cierges, et un cierge allumé, çà coule et la cire brule les mains. Alors on fabrique des chandeliers, ‘les souches’,  en bois, en métal ou en marbre, sculptés, peints, dorés, tous plus jolis les uns que les autres, certains sont de  véritable chef d’œuvre. Ces souches sont offertes par les fidèles. Malheureusement toutes les souches ont été détruites à la révolution. Après la Terreur, les pèlerinages reprennent... Et les souches également. Le temps passant, la ferveur des fidèles diminuant, le dernier pèlerinage eu lieu en 1936, mais la tradition reste vive, ainsi en mars 2010, une paroissienne d’Evry apporta une ‘souche’ à l’église, la plus jeune de la collection.

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En parcourant cette petite église, on peut presque établir le calendrier périodique des épidémies : la date de 1832 est souvent inscrite, date de l’épidémie du choléra.

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Maurice, un conseiller municipal m’explique que tout le village se mobilise pour sauver ces trésors, c’est la raison pour laquelle à lieu cette manifestation organisée par la mairie et l’association ‘Art religieux et patrimoine’.

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Souhaitons que cette heureuse initiative se reproduise l’an prochain et que les fonds récoltés puissent permettre la restauration de ce patrimoine transmis par nos ainés.

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Published by Pierre - dans histoire
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