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31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 21:02

Lorsque Louis XVI, le soir du 24 juin 1791, entre par la grand-cour pavée de l’évêché de Meaux, en franchissant la double porte à grille, place de la cathédrale, a-t-il eu le temps d’admirer la splendeur du lieu ?

Cet ensemble, posterie, cathédrale, palais épiscopal avec son jardin, vieux chapitre forme la magnifique Cité épiscopale de Meaux, cœur de la vieille ville.

Sur la gauche, les bâtiments du XVIIème siècle  de l’ancienne posterie ou conciergerie abri des carrosses d’autrefois.

Le Palais Episcopal

Rampe

Rampe d'accès Palais episcopal coté sud

Face à la grille, la façade sud de l’ancien Palais épiscopal, s’ouvre sur cette cour, et curiosité architecturale, il n’y a pas d’escalier dans ce bâtiment, c’est une pente en briques qui relie les  étages. Construite sous Guillaume Briçonnet (évêque de Meaux de 1516-1528), elle permettait aux mulets chargés de blé et de la dîme de monter jusqu’au grenier.

Cité Episcopale

Façade Nord palais épiscopale vue du jardin Bossuet

La façade nord de ce palais s’ouvre sur le jardin des évêques. Au rez-de-chaussée de ce bâtiment,  deux grandes salles voutées du XIIème siècle sont dissimulées par la façade, exécutée  sous l’épiscopat de Dominique Seguier (1639-1659) et prolongée par une petite aile du XVIème  à parements de briques et arcades.

Le jardin des évêques, appelé aujourd’hui jardin Bossuet. Entre la cathédrale et vestiges des remparts gallo-romains, ce jardin composé de quatre parterres bordés de buis est entouré d’un mail de tilleuls, lui donnant la forme d’une mitre épiscopale.

Le bord du rempart est longé par une allée d’ifs formant un tunnel frais et obscur.

Jardin Bossuet

Jardin Bossuet vue de la tour de la cathédrale

Au fond du jardin, un escalier mème à un petit jardin situé au dessus des remparts. Dans ce jardin se trouve  une maisonnette, appelée aujourd’hui pavillon Bossuet,  construite par l’évêque Dominique de Ligny.

Cabinet Bossuet

Pavillon Bossuet au dessus des remparts

Elle servit de refuge à ‘ Bossuet’ qui pouvait s’isoler, méditer et écrire.

Le Vieux Chapitre

Dans la cour, au fond à droite se trouve le Vieux chapitre, symbole du pouvoir qu’exerçait l’autorité ecclésiastique sur la ville au Moyen-âge.

Vieux Chapitre

Vieux Chapitre

Flanquée de quatre tours, cette forteresse, élevée sur quatre niveaux, avait avant tout pour vocation d’accueillir l’ensemble du chapitre cathédral, réunion d’ecclésiastiques qui en plus des missions liées aux offices religieux, suivait le conseil de l’évêque de Meaux et avait un certain pouvoir de gestion dans la cité.

La grande salle de réunion est accessible par un escalier extérieur couvert datant du XVème siècle. Au rez-de-chaussée accessible par une grande porte située sous l’escalier, elle servait de grange aux dimes et redevances d’impôts en nature, relevés par le chapitre.

Passerelle

Passerelle

C’est à l’occasion de sa restauration entre 1930 et 1935, que fut réalisée une passerelle couverte en bois reliant le vieux chapitre à la cathédrale.

La cathédrale

Cath vue jardin

La Cathédrale vue depuis le dessus des remparts

La construction de la Cathédrale gothique commence en 1175, 13 ans après Notre Dame de Paris et la Basilique Saint Denis et se prolonge jusqu’au début du XVI siècle. Les retards dans sa construction sont dus à la Guerre de Cent ans et à ses conséquences.

Maitre Gauthier de Varinfroy qui travaillait sur le chantier de la cathédrale d’Évreux, se voit confier par l'Evêque Pierre de Cuisy, la réalisation du chœur de la cathédrale.

De style gothique rayonnant, il fut érigé entre 1253 et 1278.

Ce contrat, conservé dans les archives, mentionne un salaire de 10 livres par an. (1 livre = 20 sous, et 1 sou = 12 deniers)

Contrat du maître d'œuvre Gauthier de Varinfroy pour la cathédrale de Meaux (1253)

L'évêque, le doyen et le chapitre de Meaux adressent à tous ceux qui liront cette lettre une salutation dans le Seigneur. Nous annonçons que nous avons confié au maître Gautier de Varinfroy du diocèse de Meaux l'exécution de l'œuvre du chantier de notre église sous les conditions suivantes : il doit recevoir dix livres chaque année, aussi longtemps que nous-mêmes, nos successeurs et ledit chapitre le laisseront travailler sur le dit chantier. S'il devait advenir qu'il tombât longuement et continuellement malade au point de ne plus pouvoir travailler, il ne doit pas recevoir lesdites dix livres. Il doit aussi recevoir trois sous par jour de travail sur le chantier, ou lorsqu'il est envoyé pour des services rendus au chantier ; de même, il ne pourra accepter aucun travail en dehors du diocèse sans notre permission. De plus, il recevra le bois du chantier inutilisable pour ce dernier ; il n'aura pas le droit de se rendre sur le chantier d'Evreux ou sur un autre chantier en dehors de Meaux ou d'y rester plus de deux mois sans la permission du chapitre de Meaux. Il sera tenu d'habiter dans la ville de Meaux et il a juré qu'il travaillera fidèlement sur le chantier ci-dessus nommé et restera fidèle au chantier.

Établi en l'année de Notre Seigneur 1253, au mois d'octobre

(Cité par Peter Kurmann dans Les Bâtisseurs de cathédrales gothiques, exposition et catalogue sous la direction de Roland Recht, Strasbourg, 1989.)

 Gauthier, tout à l'honneur de cette tâche, associe son fils Rémy à ses activités,  afin qu’il apprenne les métiers du bâtiment. Son père l’envoie à la carrière de Meaux. Rémy participe aux travaux d'extraction avec les saisonniers, assure l'intendance et doit garantir la régularité de l'approvisionnement du chantier en pierres. L’évêque lui verse une petite rente annuelle afin qu'il subvienne à ses besoins et puisse remplir ses obligations de service.

Avec cette longue période, tous les styles gothiques, depuis les origines jusqu’au flamboyant sont représentés.

Nous aurons l’occasion de détailler cette magnifique basilique cathédrale Saint Etienne où l’Aigle de Meaux, Jacques Bénigne Bossuet repose dans le chœur de la Cathédrale.

 

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Published by Pierre - dans histoire
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