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13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 20:11

Lors de son séjour à Meaux au retour de Varennes, Marie-Antoinette n’était pas en terre inconnue. Neuf ans auparavant elle avait reçu un accueil burlesque dans notre cité.

Mx 1738

Plan de Meaux en 1738. (Monvoisin,Musée se Meaux)

La scène commence le premier septembre 1782, lorsque le sieur Petit, maître de la poste aux chevaux reçoit l’ordre de tenir des chevaux prêts dans la journée du 5 septembre pour le carrosse de la reine Marie-Antoinette.

Imaginez l’émoi des maires et échevins de la ville qui se demandent s’ils doivent rendre les honneurs municipaux à sa Majesté, honneurs ne pouvant être rendus qu’en vertu d’ordres supérieurs qui n’ont point été donnés.

Nos édiles décident donc de les rendre… sans les rendre, c’est-à-dire que l’on se prépare à les rendre au cas où cela plairait à la reine.

Le passage de la reine étant prévu pour la fin de soirée, ordre est donné à tous les habitants du début de la rue St Rémi jusqu’à la fin du faubourg St Nicolas, ayant fenêtre sur rue d’illuminer les dites fenêtres de 19h jusqu’après le passage du carrosse royal.

Maire, échevins, Mademoiselle Godard (fille d’un officier municipal), chargée de dire un compliment et de remettre un bouquet à la reine se rendent à la porte Saint-Nicolas. Rien n’est oublié, les clefs de la ville, nouées d’une faveur rose sont posées sur un coussin de velours rouge brodé d’or, lui-même placé sur un plateau d’argent.

Il n’est que 14h 30 et la reine ne doit passer qu’en fin de journée !!! L’attente est longue, petit à petit les rangs s’éclaircissent, tout à coup les gardes de la reine arrivent, mais avant que chacun ait regagné sa place, le carrosse royal a franchi la porte. La reine fait arrêter le convoi. Le maire, sa harangue en main, les échevins avec les clefs, Mademoiselle Godard avec son bouquet et son compliment à lire s’avancent mais ne peuvent approcher du carrosse.

Excédée, la reine ordonne au cocher de reprendre son chemin. Les officiels, accompagnés de Mlle Godard s’élancent derrière le cortège, et tant bien que mal arrivent tout de même au relais de poste. Voyant un attelage de huit chevaux, ils se disposent à rendre hommage à l’illustre personnage  mais ce n’est pas le bon carrosse, l’officier qui l’occupe leur indique, non sans rire sous cape, celui de la souveraine. Voila notre cortège reparti vers le  bon carrosse cette fois-ci.

Dans la précipitation, nos édiles se présentent à la portière gauche, mais la reine est à droite. Ils font le tour du véhicule, pendant que la reine qui les avait vus aller sur la gauche, change de place. A droite nos meldois ne voient personne, la reine qui, penchée à l‘autre portière constate, étonnée, la disparition du comité d’accueil. Se retournant, elle aperçoit la petite troupe. Le maire saisit son discours pour le prononcer, mais la reine, ne lui laisse pas le temps de commencer, déclarant qu’elle est pressée et ne peut rien entendre.

Notre maire la supplie de porter attention à son discours. Marie-Antoinette accepte et pose la main sur les clefs de la ville qui lui étaient présentées.

Le carrosse commence à s’ébranler lorsque poussée au premier rang, Mlle Godard essaie de dire les deux couplets de son compliment… mais pas une parole ne peut sortir de sa gorge. Elle tend tout de même son bouquet à la reine, mais celle-ci, commence en avoir assez et refuse ce présent, prétextant que les fleurs et leur odeur lui portent à la tête.

Enfin le cortège part, maire, échevins, principaux officiers de la milice bourgeoise suivit de Mlle Godard avec son bouquet dans la main, regagnent la maison commune, y rapportant les clefs.

« En mémoire de la reine et comme monument des bontés et de l’accueil dont elle a bien honorer le corps de ville » nos édiles accrochent la couronne qui surmontait le bouquet au « plancher de l’hôtel commun » entre deux lustres. Quant au bouquet (un tantinet défraichi), il est remis à Mlle Godard « en signe de reconnaissance » d’en avoir été la présentatrice.

Et c’est ainsi que Marie-Antoinette reçut en l’an de grâce 1782, l’hommage burlesque de ses fidèles sujets dans sa bonne ville de Meaux.

Gageons qu’aujourd’hui, avec notre sens de l’organisation, une telle scène ne pourrait plus se reproduire lors de la réception d’un haut personnage de la République…

Source : Arch. Comm.

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Published by Pierre - dans histoire
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