Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de Pierre
  • Le blog de Pierre
  • : Du romain au grégorien, parcourez l'histoire des calendriers. Le brie de Meaux et la Confrérie. Varreddes mon village.
  • Contact

Visiteurs

Rechercher

Catégories

12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 20:38

 Terreur 

L’année 1793 inaugure une ère de suspicion entre les Français. Conserver les portraits et effigies des Rois dans les maisons (livre de greffe, p.206… les signes de Royauté ou de féodalité dans les églises, maisons, monuments publics, sur les poids et mesures, les plaques de cheminées, (p.241)… garder les croix de St louis et autres avec leurs brevets sans les remettre aux municipalités (p.224)… refuser les assignats en paiement ou rechercher à les discréditer (p.228).. etc..etc.., nombre de menus faits de la vie quotidienne bien innocents en soi, mais travestis et facilement amplifiés par un ennemi politique, rendent leurs auteurs suspects d’aristocratie ou d’incivisme.

Les décrets des 12 août et 17 septembre 1793, ordonnent l’arrestation des personnes suspectes. Et le meilleur moyen de les connaître est donc de mettre en place l’espionnage et la délation.

Il faut donc dans chaque village un groupe d’hommes de confiance qui acceptent d’épier les faits et gestes du voisin pour le compte du Régime.

Il y aura donc, indépendamment des officiers municipaux, et le cas échéant au-dessus d’eux, le comité de surveillance.

Le  comité de surveillance de Varreddes fut mis en place le 27 octobre 1793. Onze hommes furent élus, lesquels acceptent, signent et promettent de remplir leurs fonctions à la réquisition du procureur de la commune et de la municipalité. Ces onze hommes prêtent serment en présence du conseil général de la commune.

Le comité de surveillance à également son mot à dire en matière de bienfaisance. On devine qu’il devait écarter tout besogneux suspect d’incivisme.

Le 4 frimaire 1793 (24 novembre), 24 membres, choisis parmi les officiers municipaux, conseil général de la commune, comité de surveillance (au total 53 votants) sont nommés pour désigner les personnes à secourir. 10 personnes à secourir désignées. Nous ne connaissons pas la liste des 53 votants.

Le moindre déplacement de village à village est matière à étroite surveillance, et occasionne le délivrance de laisser-passez.

Le 11 nivôse, an II (3 janvier 1794), J. Baptiste Plateau, domicilié à Longpont, présente son passeport et déclare son intention de passer cinq jours chez ses parents.

Le 20 frimaire, an II (10 décembre 1795), Nicolas Plateau déclare que Jean-Baptiste Plateau, son frère, arrivé malade « chez eux » depuis trois jours, séjournerait plusieurs jours à Varreddes.

Varreddes à également connu les visites domiciliaires faites – ainsi le dictait la loi- par l’autorité municipale chez les citoyens et citoyennes suspects de quelque attache au Régime aboli.

Le plus sérieusement du monde, on enregistre la déclaration de gens qui affirment ne recevoir aucune lettre contraire à la république.

Pour atténuer le ridicule de ces mesures vexatoires, on clame bien haut les exigences de l’intérêt de la chose publique. Page 107 du livre de greffe porte même la chère maxime des exaltés du moment : Liberté, Egalité, ou la Mort.

Robespierre étant au pouvoir, quel pouvait être le degré de sincérité de pareilles exclamations ?

En effet pour assurer leur sécurité et sauver leur tête, les petites gens, prises de frayeur, prudemment, hurlent avec les loups !

Partager cet article

Repost 0
Published by Pierre - dans Varreddes
commenter cet article

commentaires