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4 avril 2020 6 04 /04 /avril /2020 11:22
Un hôpital au Kansas durant l'épidémie de grippe espagnole, en 1918.

1ère partie du XXe siècle : la « grippe espagnole »

 

Alors que le monde est engagé dans la guerre la plus meurtrière du début du XXe siècle, un virus mystérieux décime à pas de géant les populations.

En quinze mois, de mars 1918 à mai 1919, l’humanité est frappée par la plus terrible épidémie de grippe qu’elle ait jamais connue, avec près de cinquante millions de victimes. 

On a longtemps cru que les premiers cas de grippe étaient apparus au États-Unis le 4 mars 1918, dans un camp de formation militaire de Fort Riley, au Kansas, avec 500 soldats en partance pour l'Europe hospitalisés en une semaine. Mais c’est bien plutôt en Europe que le virus se manifeste pour la première.

Tout commence en février 1916. Le médecin-major de première classe Carnot observe à Marseille une « épidémie de pneumococcie » qui « a éclaté chez les travailleurs annamites avec une gravité considérable ».

Le taux de mortalité atteint 50% dans les centres hospitaliers qui accueillent ces appelés vietnamiens souffrant de pneumonie. 

Les médecins français ne s’inquiètent pas, il s’agit probablement d’un mal exotique étranger à la race blanche et en pleine guerre, ils ont d’autres soucis en tête.

En 1917, dans un camp militaire du nord de la France, à Étaples-sur-mer, des soldats souffrent d’une forte fièvre dont il apparaîtra plus tard que c'est la grippe « grippe espagnole ». Comment le virus aurait-il atteint ces malheureux ? Peut-être par le biais des oiseaux migrateurs qui nichent à proximité du camp, dans la baie de la Somme, et ont pu l'amener d'Asie.

Dès lors les cas d'infection se multiplient à travers la France, comme en avril 1918 dans les tranchées de Villers-sur-Coudun. 

Mais très vite, les Européens ne sont pas épargnés...

 

Première vague de l’épidémie en Europe.

Au mois de mai et juin 1918, les pneumonies se font de plus en plus mortelles. 

Dans cette guerre qui décime l’Europe, l’épidémie passe inaperçue, les décès sont attribués à la pneumonie et la censure militaire est stricte. 

Les presses européennes et américaines ont l’interdiction de relayer des informations au sujet de ce virus.

L’Espagne, qui a conservé sa neutralité dans le conflit, est épargnée par la censure et le 22 mai 1918, un premier journal madrilène diffuse l’information, d’où le nom de « grippe espagnole » qui va lui rester. 

Les Anglo-Saxons l’appellent, eux, « influenza », en référence au virus qui a fait 200 000 morts en Espagne en 1889. 

 

La pandémie

Les choses semblent se calmer à l’été 1918. L’épidémie serait-elle passée ? 

Bien au contraire, elle redouble de force et sa deuxième phase, entre les mois de septembre et novembre 1918, s'avère la plus mortelle, alors même que les soldats commencent à rentrer du front. 

Après les militaires, les civils sont affectés à leur tour.

Fin 1918, en Europe, l'épidémie connaît un nouveau répit avant d’entrer dans sa troisième et dernière phase en janvier-mai 1919. Profitant du retour des soldats, la grippe s'installe aussi en Australie.

Vaccins et sérums, recettes de grand-mères, tisanes (eucalyptus, quinine), ou encore saignée et injections d’essence de térébenthine, une multitude de traitement tous plus inefficaces les uns que les autres voit le jour. Ce sera la mutation naturelle du virus et l’immunisation progressive de la population qui met un terme à la pandémie durant l’été 1919.  

 

Célèbres victimes

La ‘grippe espagnole’ n’épargnera personne, y compris les célébrités le poète Guillaume Apollinaire, mort le 9 novembre 1918, à 38 ans. Deux ans plus tôt, dans les tranchées, il avait été gravement blessé à la tempe.

L'écrivain Edmond Rostand, décède le 2 décembre 1918, à 50 ans, de cette épidémie. 

Le pionnier français de l’aéronautique Léon Morane, ou les frères Dodge, célèbres constructeurs automobiles américains en sont également victimes, comme beaucoup d’autres connus ou inconnus.

 

Bilan 

La grippe espagnole dans le monde a longtemps été sous-évalué faute de données relatives aux pays non occidentaux. 

A partir des années 1970, grâce à l'étude approfondie des tables de mortalité partout où elles étaient disponibles, l'historien Freddy Vinet, donne une fourchette entre 45-50 millions de victimes (de 150 à 240 000 pour la France).

Cette pandémie a fait prendre conscience de la menace de la mondialisation des épidémies et maladies infectieuses

En France, dans les années 1920, le président du Conseil Georges Clemenceau, créé un ministère de l’Hygiène. Les services d’hygiène étant jusqu’alors répartis dans huit ministères différents. 

Ce système a été également adopté au Royaume-Uni, en Inde, en Nouvelle-Zélande et en Afrique du Sud. 

En 1920, a été créé le Comité d’hygiène de la SDN (Société des Nations), ancêtre de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), pour prévenir les futures pandémies.

Cette grippe a été la pire épidémie du XXème siècle, mais n’est pas sans précédent, elle a été la première à prendre une telle ampleur. 

La grippe précédente, en décembre 1889 - janvier 1890, arrivée en Europe d’Asie par la Russie, n’avait pas marqué les populations qui s’en étaient débarrassé bien plus facilement.

 

A suivre… (La mondialisation des virus, le Sida)

(Source : Hérodote – Charlotte Chaulin)

 

 

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1 avril 2020 3 01 /04 /avril /2020 15:38
Tournage de l'adaptation cinématographique du Hussard sur le toit de Jean Giono par Jean-Paul Rappeneau• Crédits :  Hans SILVESTER - Getty

Au XIXe siècle, le Bengale a « offert » à l'humanité, une nouvelle maladie pandémique, le choléra (du grec kholéra « flux de bile »).

Strictement limité à l’espèce humaine, le choléra est provoqué par une bactérie qui vit dans l’eau, sévit de manière persistante dans le delta du Gange. Cette bactérie attaque l’intestin et provoque diarrhées, vomissements et nausées.

Le développement des échanges commerciaux a contribué à sa dissémination, à l’est vers la Chine et le Japon, à l’ouest vers l’Afghanistan, l’Iran, la Syrie, l’Égypte et le bassin méditerranéen.

 

En 1817, une première épidémie touche toute l’Asie et s’étend jusqu’à la côte orientale de l’Afrique, prenant ainsi un caractère pandémique.

L’épidémie de 1832-1833 a entraîné la mort de 160 000 personnes

La France fut touchée lors de la deuxième épidémie de choléra qui ravagea Paris en 1832.

 

Le 1er avril 1832, Casimir Périer, chef du gouvernement accompagne le duc d'Orléans à l'Hôtel-Dieu, pour visiter des malades. 

Avant d'entrer dans la salle, le président du Conseil fut saisi d'une sorte de pressentiment :

– Monseigneur, n'entrons pas ici.

– Monsieur, répondit le duc d'Orléans, le vin est tiré, il faut le boire.

Atteint par la maladie, Casimir Perier, succomba le 16 mai 1832 

Une nouvelle épidémie de choléra sévit en France en 1854.

Robert Koch découvre en 1883, le bacille responsable du choléra ce qui contribuera fortement à le bouter hors de nos frontières.

Pour lutter contre sa diffusion, les gouvernements européens instituèrent des organismes de santé publique et adaptèrent l’urbanisme aux contraintes de l’hygiène publique.

Un mal pour deux biens : des organismes de santé naissent et l’hygiène est renforcée.

 

La littérature c’est emparé des épidémies de "La Peste" de Camus à "Némésis" de Roth, un miroir de l’expérience de la contagion. 

Depuis l’Œdipe-Roi de Sophocle (Ve siècle av. J.-C.), le récit des épidémies s’est érigé en un genre littéraire qui inspire de nombreux peintres et écrivains.

La littérature dénonce souvent les dangers de l’omerta, à l’aube des pandémies, où la volonté de “ne pas affoler les populations” ce qui retarde retarde les prises de décisions.

Jean Giono, dans son roman « Le Hussard sur le toit" (1951) : la "saloperie humaine", dépeint la mort d’un innocent pour figurer notre finitude.

 

1838. Angelo Pardi, hussard italien originaire de Piémont, en est le héros.

En fuite après avoir remporté un duel mortel, ses tribulations le mènent en Provence, à Manosque, où une épidémie de choléra fait rage.

Fort d’une immunité inexplicable et d’une noble dévotion, il se met au service de quelques condamnés dans l’espoir de les sauver du calvaire.

Se retrouvant aux premières loges, il s’insurge contre ce mal foudroyant qui, selon lui, révèle “la saloperie humaine”.

… « Le soleil était éclatant. La moindre eau sale se mit à fumer. Les journées étaient torrides, les nuits froides. 

Il y eut un cas de choléra foudroyant. Le malade fut emporté en moins de deux heures. [...] 

Les convulsions, l’agonie, devancées par une cyanose et un froid de la chair épouvantable firent le vide autour de lui. Même ceux qui lui portaient secours reculaient. Son faciès était éminemment cholérique.

C’était un tableau vivant qui exprimait la mort et ses méandres.

L’attaque avait été si rapide qu’il y subsista pendant un instant encore les marques d’une stupeur étonnée, très enfantine mais la mort dut lui proposer tout de suite des jeux si effarants que ses joues se décharnèrent à vue d’œil, ses lèvres se retroussèrent sur ses dents pour un rire infini ; enfin il poussa un cri qui fit fuir tout le monde… »

J. Giono, Le Hussard sur le toit.

 

A suivre : XXe siècle la grippe espagnole 

(Source : Hérodote – Charlotte Chaulin)

 

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29 mars 2020 7 29 /03 /mars /2020 09:24
Merci pour eux, Amandine

Eux, ils soignent

 

Tandis que nous chantons, certains soirs au balcon

Et que ceux qui comme moi, ne savent pas chanter

Essaient aussi parfois d’enchanter sans chanter

Pour que d’autres nous rejoignent…

 

Eux ils soignent

 

Et tandis qu’on dort même plus

Qu’on lit pour passer l’temps la Pest de Camus.

Tandis que nos enfants, coincés à la maison

Nous font prendre fermement la bonne résolution,

Qu’à la fin du printemps on fera sans façon

A tous les enseignants un bisou sur le front.

Parce que l’éducation par papa et maman

C’est une sacrée montagne

 

Eux ils soignent

 

Tandis que même passer dans les rues sans passants

Fait partie du passé.

Tandis qu’on n’a pas su, comment éviter ça

Ni comment s’en passer, qu’on n’a pas vu les signes.

 

Eux ils soignent

 

Et tandis qu’on se plaint des lacunes de Pékin

De la bourse en piqué, Des coop sans PQ, 

Des journées sans copains, Sans sortie en campagne, 

Sans soirée au champagne…

 

Eux ils soignent

 

Tandis que la nature prend enfin du bon temps

Un printemps dans le printemps, sans avions, sans voitures

Tandis qu’on se confine et qu’on se déconfit, quand la vieille voisine s’égosille  

Et confie qu’il y a des cons finis, qui ignorent les  consignes

 

Eux ils soignent

 

Ils soignent, ils suent

Ils soignent, ils souffrent

Subissent, supportent,

Mais sans cesse ils soignent.

 

Et grâce à eux au final

On gagne.

 

Source : RTS Culture. (Le Slam de Narcisse)

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27 mars 2020 5 27 /03 /mars /2020 18:04
Représentation de Bridget O'Donnel avec ses deux enfants, qui subirent la Grande famine irlandaise. Image publiée dans l'Illustrated London News le 22 décembre 1849.

La malpropreté humaine, la famine, la misère, les guerres étant aussi vieilles que le monde ou presque, le typhus a commencé à être décrit dès 430 avant JC,

Au Moyen Age, la première description du typhus a été faite en 1083, dans un couvent près de Salerne.

En 1489, Il est fait mention du typhus pendant le siège espagnol de la ville maure de Grenade.

La chronique faite de cette épidémie décrit bien les symptômes et l'évolution de la maladie : fièvre, taches rouges sur les bras, le dos et le thorax, évolution vers le délire, gangrène, plaies, puanteur et, enfin, décomposition des chairs. 

Durant cet épisode andalou, les Espagnols perdirent trois mille hommes au combat, ce qui était peu finalement en regard des dix-sept mille morts du typhus dans le même temps.

 

Il faut attendre 1544 pour que le médecin florentin Jérôme Fracastor dans " De Contagione et Contagiosis Morbis", son traité sur les virus et la contagion, décrive à nouveau la maladie.

Le typhus (du grec typhos: stupeur, torpeur) est une infection provoquée par les bactéries de la famille des Rickettsies, l'appellation ayant été donnée pour la première fois avec exactitude par Boissier de Sauvages, au XVIIIe siècle.

 

La "fièvre des geôles " ou " fièvre des prisons "

Tout au long du XVIe siècle, le typhus s'invita dans les prisons, terrain d'élection tant les cachots malsains et crasseux étaient infestés par les poux ; d’où son surnom « fièvre des geôles » ou « fièvre des prisons ». 

Comparaître devant un tribunal, être prisonnier étaient alors quasiment synonyme de sentence de mort. La maladie était tellement contagieuse que les prisonniers comparaissant devant la cour contaminaient parfois les membres du tribunal eux-mêmes. 

Après les fameuses " assises noires " à Oxford en 1577, plus de trois cents personnes périrent du typhus dont Sir Robert Bell le chancelier de l'Échiquier. 

Du XVIe au XIXe siècle, de nombreuses épidémies de typhus se propagèrent en Europe, souvent consécutives aux guerres et aux déplacements de population. 

On en retrouve sa trace durant la première révolution anglaise, la guerre de Trente Ans et les guerres napoléoniennes. 

Pendant la retraite de Russie en 1812, le typhus tua plus de soldats français que l'armée russe.

 

Une maladie de "pouilleux "

Durant la " Grande famine ", L'Irlande fut entre 1846 et 1849, le terrain d'une épidémie de grande ampleur.

De là, le typhus se répandit en Angleterre, où il fut parfois appelé « fièvre irlandaise », à cause de sa virulence.

Frappant des personnes de toutes conditions sociales, mais, les poux étant endémiques et omniprésents dans les taudis où habitaient les classes sociales inférieures : les « pouilleux », elle fut baptisée la maladie de "pouilleux "

La guerre de Crimée fut l’origine d’une longue série d'épidémies, la première en décembre 1854. Les Russes furent atteints les premiers, suivit par les Anglais et, finalement l'armée française

Le typhus fit également son œuvre de mort pendant la guerre de sécession aux États-Unis, même si la fièvre typhoïde a été la première cause de « fièvre des camps » durant ce conflit.

Entre 1918 et 1922, en Russie bolchévique, pendant la guerre civile le typhus fit au moins trois millions de morts et 20 à 30 millions de malades.

Il faudra attendre 1938 pour qu'un vaccin soit développé par Herald R. Cox, vaccin largement utilisé depuis 1943.

Pendant la Seconde Guerre mondiale il frappe l’armée allemande enlisée à Stalingrad. Ses dégâts sont également terribles dans les camps de concentration.

En janvier 1945, des cas de typhus se déclarèrent parmi des prisonniers soviétiques, libérés par les armées alliées, et cantonnés au camp de la Courtine, dans la Creuse. 

L'intervention rapide du Dr André Delevoy (Médecin-Chef du camp), permit d'enrayer l'épidémie, ce qui  lui valut un témoignage de remerciement de l'Institut Rockfeller de New York, et de l'armée soviétique.

Aujourd’hui, Le typhus exanthématique n’est plus une maladie cosmopolite

 

A suivre : Le Choléra

(Source : Hérodote – Charlotte Chaulin – Alban Dignat)

 

 

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25 mars 2020 3 25 /03 /mars /2020 10:41
Enluminure présentant une maladie qui semble être la variole - Bible de Toggenberg (Suisse), 1411

La variole, une arme de conquête :

Très meurtrière, la variole (surnommée ‘petite vérole) figure également en tête des armes de destruction massive. 

Elle a régulièrement frappé les Eurasiens, responsable de dizaines de milliers de morts par an rien qu'en Europe avant que ne soit mise au point la vaccination au XVIIIe siècle (la descendance du roi Louis XIV a ainsi été décimée par la variole en 1712).  

Cette maladie infectieuse d’origine virale se manifeste par l'apparition de pustules (d'où son nom, dérivé du latin varuspustule).

Sans le savoir, lorsque Christophe Colomb aborda le Nouveau Monde, il apporta le virus de la variole aux Indiens qui ne bénéficiaient d'aucune immunité, à la différence des Eurasiens, accoutumés à la côtoyer.

En quelques décennies, selon les estimations de l'historien et démographe Pierre Chaunu, les neuf dixièmes des 80 millions d'Amérindiens en seraient morts. 

En 1520, lors du siège de Tenochtilan, capitale de l’empire aztèque, atteint par la variole, le conquistador Hernan Cortès, fut fauché par le virus…

La variole, maladie infectieuse du Vieux Monde, n’a rien à voir avec la syphilis, mais à l’inverse de celle-ci, elle a contaminé en un temps record le Nouveau Monde au XVIe siècle.

 

La syphilis, un prêté pour un rendu

Crédit photo: academia.eu

 

Mais en échange du virus de la variole, les Amérindiens allaient transmettent aux Espagnols une maladie vénérienne bactérienne contre laquelle ils étaient eux-mêmes immunisés, la syphilis.

Pendant près de cinq siècle (de la découverte de l’Amérique à la décoyverte de la pénicilline), la syphilis a fait figure de maladie honteuse, en lien avec le sexe et la luxure.

 

Maladie inconnue dans le Vieux Monde, le capitaine Martin Alonzo Pinzon, compagnon de Christophe Colomb, en fut en 1493 la première victime européenne.

Dès lors la syphilis allait contaminer en un temps record la péninsule italienne, profitant de la guerre entreprise par le roi de France, Charles VIII (25 janvier 1494).

Cela lui value d’être surnommée le « mal de Naples » par les français et le mal gaulois (mobo gallico), par les italiens.

En 1504, un médecin espagnol, Rodrigo Diaz de l’Isla, la décrivit correctement et situa son foyer dans l’ile d’Hispaniola (Haïti). On comprit alors qu’elle avait été amenée en Europe par les marins de Christophe Colomb en contact avec les femmes Taïnos.

Au XVIe siècle, la maladie poursuit sa course dans tout le Vieux Monde et atteint en 1511, à peine plus de quinze ans après son introduction en Europe, la Chine et le Japon.

Chez les hommes la syphilis se manifeste par l'apparition d'un chancre sur les parties génitales puis, dans une phase secondaire, par une éruption sur tout le corps, enfin par une paralysie mortelle du cerveau, du cœur ou de l'aorte. 

 

Chez les femmes, la maladie peut se développer sans qu'on y prenne garde du fait de l'absence de chancre au stade primaire.

Au stade secondaire, elle se manifeste par l'apparition de pigmentations autour du cou, qu'on appelle ironiquement le « collier de Vénus »

On suppose que c'est afin de le cacher que les coquettes de la fin de la Renaissance ont lancé la mode de la fraise, une collerette de dentelle à plusieurs couches superposées (conférence du philosophe Michel Serres à l'Académie française : ‘ Le corps : esthétique et cosmétique’).

La syphilis a été maîtrisée qu'au XXe siècle, grâce à la découverte des antibiotiques. Auparavant on pratiquait l'enduction du chancre avec une solution à base de mercure, pour soulager le mal.

 

Des personnalités comme Alfred de Musset, Guy de Maupassant, Alphonse Daudet, le président Paul Deschanel, (qui sauta en pyjama d'un train de nuit), le général Gamelin commandant des troupes françaises lors de l'invasion du territoire par la Wehrmacht, furent victimes de la syphilis.

(Source : Hérodote – Charlotte Chaulin)

 A suivre : Le Typhus

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20 mars 2020 5 20 /03 /mars /2020 22:50
l'Equinoxe de printemps

20 mars, fêtons le printemps

Cette nuit à 2h 49 minutes 26 secondes heure française, (3h 49mn 36s temps universel), eu lieu l’équinoxe de printemps.

Du point de vu astronomique, le printemps commence au moment de l’équinoxe vernal qui peut avoir lieu entre le 19 et 21 mars. Il dure jusqu’au solstice d’été.

Pourquoi l’équinoxe se promène entre le 19 et 21 mars ?

L'équinoxe a effectivement lieu le 21 mars "astronomique" mais pas toujours le 21 mars grégorien. 

Retour sur l’étude des calendriers.

Le printemps commence à l’équinoxe, jour de l’année où la nuit et le jour ont exactement la même longueur : 12H. Cela se produit 2 fois par an, au printemps et à l’automne.

Le changement de date de l’équinoxe de printemps a deux raisons :

  • L’orbite de la Terre tournant autour du soleil n'est pas toujours la même. Donc chaque année, les saisons ont une durée très légèrement différente. Le jour où il y a autant de nuit que de lumière n'est pas forcément le même.
  • Ensuite, pour que la Terre fasse un tour complet du soleil il ne lui faut pas 365 jours, mais 365,2422 jours.

Souvenons-nous. Lorsque Jules César modifia le calendrier Julien (lunaire) pour son calendrier (solaire), Sosigène calcula que la terre tournait autour du soleil en 365 jours (il oublia les décimales !!), alors qu’elle met 365,2422 jours et du fait de cette erreur, il calcula l’équinoxe de printemps au 21 mars.

Pour combler ce décalage (1/4 j par an), Jules César, fit mettre un jour intercalaire tous les 4 ans, créant ainsi les années bissextiles.

Au cours des siècles, malgré cette correction, tous les 400 ans, il y a un excès de 3 jours dans le calendrier calendaire.

Pour remédier cela, la réforme grégorienne à modifier le calcul des années bissextiles :

  • D’une part, en 1582 elle a supprimé les 10 jours d’avance. 
  • Les années divisibles par 4 et non divisibles par 100 (comme l'an 2020), sont bissextiles, ainsi que Les années divisibles par 400 (comme 1600 et 2000).

Ainsi, les mois de février 1700, 1800 et 1900 avaient 28 jours, mais le mois de février avait 29 jours en 1600 et 2000.

Notre calendrier grégorien correspond ainsi à la réalité astronomique. Mais cette compensation est un peu trop forte. Donc parfois il faut retarder ou avancer l'équinoxe d'une journée.

Revenons à notre équinoxe de printemps

Au XXIe siècle, la majorité des équinoxes de printemps (78), sera le 20 mars et les 20 autres auront lieu le 19 mars. 

Il n’y a que deux équinoxes un 21 mars : ceux de 2003 et 2007, les jours seront plus longs que les nuits. Les journées vont s'allonger jusqu'au solstice d'été, le jour le plus long de l'année.

Le prochain équinoxe le 21 mars, sera en 2102. 

Le printemps est donc cette année le 20 mars, et il va le rester longtemps. 

C'est pareil pour l'automne qui, cette année, sera le 22 septembre. 

Le prochain automne un 21 septembre, ce sera en 2092.

On en reparlera en 2092 !!! 

 

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19 mars 2020 4 19 /03 /mars /2020 16:21
Le Grand Saint Antoine

Le Grand Saint Antoine

XVIIIe siècle : La peste à Marseille

 

Les victimes du ‘Grand Saint-Antoine 

Le Grand-Saint-Antoine est mis en quarantaine « douce » : les marins sont débarqués et enfermés dans un lazaret (dispensaire), près de l'île de Pomègues.

L’équipage, une fois à terre, jettent leurs ballots de linge sale infecté du virus de la peste, par-dessus la palissade du lazaret à des lavandières… En deux mois, la ville de Marseille va perdre la moitié de ses 100 000 habitants, la peste va tuer dans l'ensemble de la région pas moins de 220 000 personnes !

20 juin, 1720, rue Belle-Table, quartier misérable de Marseille, Marie Dunplan, une lavandière de 58 ans meurt après quelques jours d'agonie. Elle a un charbon sur les lèvres. Les médecins n'y prennent pas garde. Comment feraient-ils le rapprochement avec la Peste noire des temps médiévaux ? 

Le 28 juin, dans le même quartier, meurt un tailleur de 45 ans, Michel Cresp et deux jours plus tard, c'est au tour de sa femme…

Le 9 juillet enfin, deux médecins, les Peyronnel père et fils, se rendent rue Jean-Galant au chevet d'un enfant de treize ans. 

Ces deux médecins comprennent de suite que c’est la peste et avertissent les autorités.

Le 22 juillet, un gros orage, accompagné de chaleur et d'humidité, accélère la prolifération du bacille. 

Les victimes de la contagion meurent en moins de deux jours, l'épidémie fait un millier de morts par jour dans la ville. 

On mure les maisons des victimes. On poudre les cadavres de chaux...

 

L’Héroïsme de l’évêque et de l’échevin

Né dans la religion réformée, il se converti au catholicisme à 16 ans, devint prêtre, puis évêque de Marseille, Henri-François-Xavier de Belsunce de Castelmoron. 

Conseiller du roi et éminent personnage du royaume, il se signale par son dévouement exceptionnel. Il parcourt les rues, assiste et secourt les malades, au mépris de la mort qui finalement l'épargnera. Il met le palais épiscopal au service du corps médical en veillant à la propreté du linge.

Plus tard, il refusera le titre de pair de France, préférant terminer sa vie comme évêque de Marseille. 

Le cours Belsunce et le lycée du même nom rappellent son héroïsme.

 

Un autre personnage, le chevalier Nicolas Roze, se détache des secouristes.

Cet échevin offre la liberté à des galériens en échange de leur assistance. Sous sa conduite, les bagnards et 40 soldats volontaires s'entourent le visage de masques en tissu et enlèvent, puis incinèrent, les 8 000 cadavres qui pourrissent sur la place de la Tourette et alentour.

Tâche indispensable et ô combien dangereuse ! Sur 200 bagnards libérés le 1er septembre, 12 sont encore en vie le... 6 septembre. 

Le chevalier Roze, renouvelant ses effectifs, poursuit inlassablement sa tâche. Lui-même est atteint par la peste mais il en réchappe par miracle, alors que les chances de survie ne dépassaient pas 1 pour mille.

 

La lutte contre la peste

Chef de l'escadron des galères, Monsieur de Langeron est nommé commandant de la ville et, avec 6 compagnies de soldats, fait rapidement fermer les lieux de rassemblement (églises, tripots....) et arrêter les pilleurs. 

La mortalité dans la ville commence à baisser en décembre avec seulement un ou deux morts par jour.

Le 29 septembre 1721, après 40 jours sans nouvelle victime, la population rend grâce à Dieu pour l'avoir enfin délivrée du fléau.

Mais on s'est décidé trop tard à boucler Marseille, début septembre, et le bacille a pu se répandre dans l'intérieur des terres de sorte qu'il faudra encore deux années de luttes pour éradiquer la peste du Languedoc et de la Provence.

Quant au ‘ Grand-Saint-Antoine’ il est remorqué sur l'île Jarre, en face des calanques, et brûlé le 26 septembre 1720 sur ordre du Régent Philippe d'Orléans (on peut encore voir ses restes). 

Quant au capitaine Chataud, il est emprisonné sur l'île d'If.

Après cet épisode dramatique, on n'entendra plus jamais reparler de la peste en Europe... mais les sociétés vont découvrir que l'on n'est jamais à l'abri d'une épidémie… 

(A suivre : Variole, Syphilis….

(source : Hérodote – Charlotte Chaulin)

 

 

 

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17 mars 2020 2 17 /03 /mars /2020 16:04
La Peste d'Asdod, Nicolas Poussin. Vers 1630, Paris, musée du Louvre

De locale, une épidémie peut se transformer en pandémie, avec une portée intercontinentale ou mondiale. 

Ce que nous vivons aujourd’hui avec le Coronavirus n’est pas la première épidémie mortelle … ni la dernière. 

Retour sur les terribles épidémies que le monde a connu depuis des millénaires : la peste noire, la peste de Marseille, la variole, la syphilis, la grippe espagnole, etc… et les découvertes des chercheurs pour remédier à ces fléaux.

  1. De l’Antiquité au XVIIe siècle : la peste

Le plus grand fléau : la peste

La plus ancienne et la plus effroyable des pandémies demeure la peste.

La première épidémie, rapportée par l'historien Thucydide, est la « peste d’Athènes » qui a ravagé la Grèce de 430 à 426 av. J.-C. et aurait causé la mort de dizaines de milliers de personnes, dont Périclès, reste un mystère pour les scientifiques qui continuent d’en chercher la cause. 

 

Chaque année ou presque, elle a fait son lot de victimes dans la population de l'empire, 

A partir de 767, au temps de Charlemagne, les chroniques occidentales en ont perdu la trace... mais elle est restée endémique en Orient, en Inde et en Chine.

 

Après plusieurs siècles d'absence, la peste bubonique fait sa réapparition en 1320 en Mongolie.

En 1344, les Mongols assiègent la ville de Caffa (aujourd'hui Féodossia, en Crimée), envoient des cadavres contaminés par-dessus les murailles. Des marins génois fuyant la ville emportent avec eux le terrible bacille et le 1er novembre 1347, les responsables du port de Marseille acceptent un bateau génois dont ils savent pourtant qu'il est porteur de la peste. Ils déclenchent ce faisant une catastrophe à l'échelle du continent...

Un mois plus tard, la peste atteint la Corse et Aix-en-Provence. 

En janvier 1348, elle est à Arles et en Avignon où, en six semaines, elle fait onze mille morts. 

En avril, la voilà en Auvergne, à Toulouse et Montauban. 

En juin à Lyon, en juillet à Bordeaux et dans le Poitou. 

Le 20 août 1348, on la signale à Paris. En décembre, elle atteint Metz...

Durant les premiers mois, le fléau progresse à une moyenne de 75 km par jour.

La « Grande Peste » ou « Peste noire » va ainsi tuer en quelques mois jusqu'à 40% de la population de certaines régions, ressurgissant par épisodes ici ou là. 

En quatre ans, 25 à 40 millions d'Européens vont en mourir.

 

La Chine n’est pas épargnée. La dynastie des Yuan, (fondée par les Mongols), disparaît en 1368, peu avant que meure son dernier empereur, Toghon Teghur, non de la peste mais de la dysenterie. 

Les itinéraires commerciaux reliant l'Europe au reste du monde deviennent les grand-routes mortelles de la transmission de la peste noire. 

 

À la Renaissance, les recherches scientifiques ont permis de mieux cerner les causes des épidémies. 

Jérôme Fracastor (Italien) suggère une contagion de la peste d'homme à homme ou d'animal à homme (et non par voie aérienne comme on le croyait).

En 1478, il fut décidé en Catalogne d'isoler les villes et les régions contaminées (technique dite de la « ligne »). Malgré de réels succès de cette technique, la peste fit son retour en Europe et de tua encore quelques centaines de milliers de personnes en 1575 puis en 1630 à Venise, et dans plusieurs villes françaises entre 1628-1631 de Toulouse à Dijon.

 

En 1656, pendant 6 mois l'épidémie fait rage à un rythme incontrôlable à Naples, certains jours très chauds, elle emporte dix à quinze mille personnes. La ville va perdre la moitié de sa population.

 

En France, en 1662, Un corps de médecins est spécialement chargé de détecter l'épidémie et l'armée se doit d'isoler avec rigueur les zones contaminées, Colberintroduit la technique de la « ligne ».

C'est un succès et l'on n'entend bientôt plus parler de foyers d'infection. 

 

Au fil des années, la vigilance se relâche et c'est ainsi que va survenir en 1720 ‘le drame de Marseille’, dernière manifestation du fléau en Europe.

 

A suivre… Le retour de la peste à Marseille

(source : Hérodote – Charlotte Chaulin)

 

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7 mars 2020 6 07 /03 /mars /2020 10:01

 

Décoration de Noël (Crédit photo: Tout en Photo. Thierry Labonne)

Un certain 4 mars 1900…

 

Inauguration de l'Hôtel de Ville

Le 4 mars 1900, le maire de Meaux, Léon Barbier, inaugurait devant une foule de Meldois, le nouvel Hôtel de Ville, en faisant l’éloge de ce bâtiment…

« … Le monument qui se dresse devant vous… est dû… à l’un de nos concitoyens, M. Boudinaud, qui a merveilleusement tiré parti des moyens dont il disposait… L’architecte a mis dans son œuvre tout son talent, tout son cœur de Meldois, aussi bien pour faire grand que construire avec économie… rien ne fut négligé, ni pour les services, ni pour le monument architectural ; et ces belle colonnes ioniques, cette façade majestueuse d’un beau style français, cet élégant campanile dont la flèche hardie s’élance comme pour porter toujours plus haut les libertés communales, forment un ensemble harmonieux qui fait de ce monument l’un des plus imposant de notre chère région briarde, où il affirmera avec majesté le triomphe de la liberté et du progrès républicain. »

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26 février 2020 3 26 /02 /février /2020 17:57

27 février 1814 : Le boulet Russe

Pendant la campagne de France, le 27 février 1814 se déroule le premier combat de Meaux.

Alors que les troupes prussiennes avancent vers Paris par la Ferté-sous-Jouarre, l’armée russe, elle, avance par Saint-Jean-les-Deux-Jumeaux vers Trilport.

N’ayant pas réussi à franchir la Marne à cet endroit, les Russes se portent donc le 27 février 1814 au sud de Meaux et prennent position sur les hauteurs de Cornillon.

L’entrée de la ville (pont de Cornillon) donne lieu à une résistance acharnée au cours de laquelle se distingue, un enfant de Meaux, vétéran de l’armée d’Espagne, Charles-Aimé Lupette.

Les Russes installent alors leur artillerie sur une éminence qui était occupée par un moulin à vent et de cette position bombardent le quartier du marché.

Les boulets russes pleuvent sur la ville.

L’un deux sont encore visible aujourd’hui, fixé dans le mur d’une maison de la place du marché.

 

La Campagne de France

La Campagne de France est la fin de la guerre liée à la Sixième Coalition (fin décembre 1813 à avril 1814).

 

Les forces anglaises, portugaises et espagnoles (composées de 70 000 soldats environ) ont déjà franchi la frontière par le Sud à l’automne 1813.

Trois armées coalisées envahissent le territoire français par le Nord 

L’armée de Bohême, conduite par le prince Schwarzenberg, la plus prestigieuse et la plus nombreuse avec 200 000 hommes.

La seconde armée dite de Silésie Dirigée par le maréchal Blücher compte 96 000 combattants.
La troisième armée, dite armée du Nord, dirigée par Bernadotte, (devenu prince héritier de Suède) compte plus de 180 000 hommes, mais seuls 40 000 franchiront la frontière.

 

Napoléon ne peut compter que sur 186 000 hommes, tout au plus 240 000 en incluant les régiments de la garde nationale et nombre de soldats français sont inexpérimentés et très jeunes : ce sont les Marie-Louise.

 

Environ 2,5 millions de soldats ont combattu au cours de ce conflit (incluant la campagne de Russie) et les pertes humaines s'élèvent à au moins 2 millions d'hommes (disparus, blessés, ou morts). 

On inclut dans ce décompte les batailles de Smolensk, la Moskova, Lützen, Dresde et celle de Leipzig.

 

Malgré plusieurs victoires et après l'entrée des troupes prussiennes et russes dans Paris, l'empereur abdique le 6 avril 1814 et part en exil à l'île d'Elbe.

 

 

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