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  • : Du romain au grégorien, parcourez l'histoire des calendriers. Le brie de Meaux et la Confrérie. Varreddes mon village.
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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 22:23

En aval du pont du Marché se dressait  un deuxième ensemble de moulins appelés les moulins de l’Echelles ou les ‘vieux moulins’.

Moulins de l'échelle (A)

                                                                                                                               Carte postale collection Capa77

Ces moulins existaient vraisemblablement  déjà au haut moyen âge, l’origine précise de ces moulins n’étant pas très claire.

 Au nombre de quatre au début du XIXème siècle, ils étaient bâtis sur pilotis au milieu de la rivière, ils communiquaient avec la rive droite de la Marne grâce à une passerelle couverte, mais une échelle permettait également de joindre la rive gauche. Cette échelle existait probablement depuis des lustres, elle disparut sans doute en 1814. La Municipalité envisagea sa reconstruction, mais les propriétaires ne voulant plus de ce passage public sur leur pont, s’y opposèrent. Décision qui provoqua un long procès connu sous le nom du « procès de l’Echelle ».

En 1843, un incendie détruisit complètement ces moulins. Les meuniers entreprirent leur reconstruction.*

Les nouveaux moulins furent construits en pierres et en briques, sur cinq à six étages qui reposaient sur des piles de maçonnerie. Ces moulins, de construction moderne étaient de véritables usines à moudre le blé.

Un siècle plus tard, les moulins de l’Echelle furent abandonnés et détruits, ils étaient dépassés par les nouvelles technologies de  la fée électricité ‼

Moulins de l'échelle (B)

                                                                                                                           Carte postale collection Capa77

Aujourd’hui, il ne reste des ‘vieux moulins’, que le nom donné à la rue partant du croisement des rues St Rémi et St Etienne, dans le prolongement de la rue des Ursulines, pour aboutir devant la place de l’Hôtel de Ville.

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16 juin 2012 6 16 /06 /juin /2012 21:53

Il y a 92 ans, dans la nuit du 16 au 17 juin 1920, un incendie ravagea les moulins du pont du Marché, marquant ainsi la fin de l’époque des moulins à eau.

On peut dire sans erreur que la principale curiosité à Meaux, après la Cathédrale St-Etienne- qui va fêter son centième anniversaire comme Basilique (26 juin)- était jusqu'à cette nuit tragique le groupe de ses vieux moulins, construits sur pilotis, en travers de la Marne. 

Moulins Meaux 2

                                                                                                                                                  Collection privée A.B

Dès la plus haute antiquité, les chartres attestent, à l’endroit du pont du marché, l’existence de moulins.

Moulins Meaux 1

                                                                                                                                                Collection privée A.B

Le testament de Ste Fare nous confirme l’existence d’un ‘farinarius’ sur ce pont du marché, donné par la fondatrice de l’abbaye de Faremoutiers. Il existait donc déjà au VIIe siècle. Connu également sous le nom du ‘pont roide’, il était le seul point de franchissement de la Marne à Meaux dans le prolongement de la voie romaine reliant Troyes.

Au XIIIe siècle, avec l’aménagement du quartier du marché, ce pont dont à chaque extrémité se trouvait une porte que l’on fermait la nuit, isolant ainsi la ville et le marché, est toujours le seul point de passage qui réunit les deux quartiers fortifiés de la cité meldoise de part et d’autre de la rivière.

Pont du Marché

                                                                                                                                                Collection privée A.B

Au Moyen-âge, ce pont était plus qu’une passerelle permettant de traverser la Marne, il était le prolongement naturel de la ville à tel point que les activités commerçantes de la rue s’y poursuivaient sans discontinuité.

A partir du XIe siècle, des documents attestent l’existence de cinq moulins sur le pont du Marché. Ces documents identifient les propriétaires qui étaient essentiellement des établissements religieux.

En partant de la ville vers le Marché, les moulins du vieux pont appartenaient au chapitre des chanoines de la cathédrale, à l’abbaye de Saint-Faron, aux templiers, à l’Hôtel-Dieu. Quant au cinquième et dernier moulin, nous ne connaissons pas ses propriétaires au moyen-âge, nous savons simplement qu’au XVIIème siècle la congrégation de Saint-Maur en était la propriétaire.

Au XVIe siècle, lors des troubles religieux dont Meaux fut le théâtre, les moulins du pont brûlèrent le 2 novembre 1567.

Incendie 1

                                                                                                                                              Carte offerte par Cap77

A la fin du XVIIIème siècle on comptait en plus des cinq moulins construits sur pilotis du coté occidental, sept échoppes construites sur les arches orientales, dans lesquelles travaillaient quincailliers, cordonniers, fripiers, bonnetiers, merciers, etc... Ces commerces disparurent dans le premier quart du XIXème siècle.

Jusqu’au début du XIXème siècle, le pont du Marché se présentait aux meldois comme une rue fort étroite, le long de laquelle se trouvaient d’un coté des moulins à farine et de l’autre de nombreuses boutiques.

Avec leurs belles façades à pans de bois et leurs pilotis sur la Marne, les moulins constituaient une curiosité architecturale et touristique.

Incendie 3                                                                                                                                              Carte offerte par Cap77

Dans un passage de sa Bohème Galante, Gérard de Nerval les décrit ainsi : « Allons errer sur les bords de la Marne et le long de ces terribles moulins à eau dont le souvenir a troublé mon sommeil. Ces moulins écaillés d’ardoises, si sombres et si bruyants au clair de lune, doivent être pleins de charme aux rayons du soleil levant ».

Georges Gassies, dans son article du Publicateur de l’Arrondissement de Meaux du 19 juin 1920  notait : «  Les vieux moulins avaient échappé lors de la première guerre mondiale à cinq ans de vicissitudes inouïes, aux bombes qui ont détruit des villes entières, et en quelques heures, en pleine paix, ils ont péri, sans qu’on ne pût rien faire pour les sauver ».

S’ils furent reconstruit en 1567, plus personne ne jugea utile leur reconstruction rentable en 1920 ; l’époque des moulins à eau était définitivement révolue.

  étiage moulins Meaux

Aujourd’hui, lorsque la Marne est en étiage, depuis les rives de la rivière, on aperçoit encore les pilotis sur lesquels ils étaient bâtis.

 En aval du pont du marché se dressait jadis un deuxième ensemble de moulins appelés les moulins de l’Echelle ou les ‘vieux moulins’…. (à suivre)

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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 21:27

Napoleon 1

Lorsqu’il quitte la Grande Armée après le passage de la Bérézina lors de la campagne de Russie de 1812, Napoléon rentre précipitamment à Paris, d’une seule traite et, lors de ce voyage non-dépourvu d’accidents, il passe par Meaux.

Il n’a pas dû voir grand-chose de notre ville….

Napoleon 2

Pour le bicentenaire de son passage, il est revenu dans la cité meldoise, mais cette fois, pas de coup d’état en vu, c’est pour une bonne cause.

Un groupe de hollandais, sous la direction d’un historien passionné de l’époque napoléonienne, a décidé de refaire en attelage à chevaux ce long trajet, afin de recueillir des fonds pour l’aménagement en Biélorussie d’un établissement destiné à recevoir des enfants victimes de la catastrophe de Tchernobyl (L’équipage a recueilli 100 000 € au cours de son parcours, remis dans la cour de l’évêché à la fondation Gichon).

Napoleon 3

Ne pouvant entrer dans Paris en cet équipage, Meaux a été le terminus de ce périple.

La Société Historique de Meaux et de sa Région (SHMR), l’association « les grognards de la Marne », le club hippique, la municipalité ainsi que la direction des affaires culturelles et la confrérie du Brie de Meaux ont tout mis en œuvre pour accueillir ces courageux voyageurs accompagnés de touristes hollandais.

Napoleon 4

honneurs militaires place Doumer

Parti du Club hippique en attelage accompagnés de deux voitures du club, ils ont été accueillis place Henri IV par un groupe de 22 gardes nationaux et soldats impériaux en tenue avec 3 cavaliers. Puis remontant le boulevard Jean Rose jusqu’au monument aux morts place Paul Doumer, les honneurs militaires d’époque leurs ont été rendus.

Napoleon 5

Entrée dans la cour de l'évêché

Continuant par la rue Bossuet et place Charles de Gaulle jusqu’à la cour de l’évêché, ils ont été reçus par la municipalité dans l’aile de Brézé du palais épiscopal.

Napoleon 6 Entrée de Napoléon dans la cour de l'évêché

Un livre et un film devrait retracer ce voyage selon les écrits (150 pages) du général Caulaincourt, confident et compagnon de voyage de l’Empereur durant les 14 jours.

Selon la tradition la confrérie du brie de Meaux leur a offert une lichette de brie accompagné de vin de Givry.

Napoleon 7

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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 19:57

Souvenir de Mx

                                                                                                                                              (Collection Privée J.M Moreau)

Qu’on me parle de Meaux en termes élogieux

Qu’on dise : de tel homme, elle fut la Patrie !

J’y consens… Mais je tiens pour ce qu’elle à de mieux

L’onctueux fromage de Brie !

Fertile Brie ! à tes parages

Dans maint et maint versiculet

J’ai rendu de fréquents hommages,

Mais je n’ai pas fait un couplet

A la gloire de tes fromages.

Des gastronomes amateurs

On tancé cette indifférence.

Mû de remords inspirateurs,

Je sors de mon ingrat silence ;

Je chante : attention lecteurs !

Voilà mon hymne qui commence.

 

Sois fière de ton Bossuet,

Cité Meldoise, ô ma patrie !

Son nom sur toi jette un reflet

Qui s’entend sur toute la Brie,

Cependant, ô honte ! ô folie !

J’en demande pardon à Dieu,

Tes fromages en plus d’un lieu

Sont plus goûtés que son génie.

On aime les petits caquets,

Les aveux, le franc babillage

Qu’on se permet dans les baquets

Entre poire et fromage.

La poire ajoute rarement

A l’attrait de la causerie :

Le fromage en fait l’agrément,

Surtout lorsqu’il est de la Brie.

Il semble transmettre au propos

Sa fluidité succulente ;

Et le sel qui la rend piquante

Semble aussi saler les bons mots.

Le saint rat qui se fit ermite

Au fond d’un fromage hollandais,

S’il se fût connu mieux en mets,

Dans la Brie eût choisi son gîte.

La proie enlevée au corbeau

Par une adroite flatterie

Ne parut un friand morceau

Que parce qu’elle était de Brie.

Noble aliment, trésor de Meaux !

O toi, dont la pâte de neige,

Par Debac recueillie en pots,

Circule de Rome en Norvège !

Toi qu’à Vérone le plus grand,

Le premier des aréopages,

Sur tes rivaux délibérant,

A proclamé roi des fromages !

Au nom du congrès souverain

Qui t’adjuge cette couronne

Tu règnes avec le bon vin

Qu’Epernay ton voisin nous donne,

Sur les gosiers du genre humain.

Par la soif que ton sel excite

Tu fais mieux sentir sa saveur ;

En retour, au goût du buveur,

Il fait mieux sentir ton mérite.

Ainsi tous deux vous vous aidez

A tenir, couple monarchique,

Le sceptre que vous possédez

Dans l’empire gastronomique.

O Brie où je fus allaité !

Canton dans des bouches malignes

D’épigrammes ont maltraité

En te jugeant d’après tes vignes,

Mais par ton fromage illustré

Comme Golconde par ses mines,

Comme Meudon par son curé,

Et l’Alsace par ses usines !

Personne ne s’étonnera

Que ce fromage prédomine

Sur tous ceux qu’on fait et fera,

Quand on saura son origine.

C’est du lait de la vache Io,

Conduite dans nos pâturages,

Que vinrent nos premiers fromages,

Dès qu’elle eut fait son premier veau,

Jupiter fût pour quelque chose

Dans la substance de ce lait :

Il y fit entrer une dose

Des mets céleste qu’il mangeait.

De la vache qu’il rendit mère

Sortit une postérité

Qui de ce philtre originaire

A conservé la qualité.

De là, ces disques de laitage

Que de Brie on fait voyager

Sur les tables de tout étage,

Font dire à qui sait les juger :

« C’est de l’ambroisie en fromage ! »

                            Verfèle (de Meaux).

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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 22:11

Facsimilé

    Couverture du livre 'Suprématie du Fromage de Brie'

 

A Monsieur J…t.

Calmez-vous, mon cher Amphitryon, vous ne me gourmanderez plus mon silence sur le fromage que l’on fait dans vos terres et aux environs.

Je pourrai maintenant le voir paraître sur table en sécurité de conscience.

Puisse mon absolution être le prix de la dédicace de mon hymne !

Quoique ce soit l’obtenir à bon marché, j’y compte.

Votre ami et convive,

Verfèle.

Quinze ans après le Congrès de Vienne où le brie de Meaux fut couronné ‘Roi des fromages, Prince des desserts’, le poète  Verfèle, anagramme de Denis Lefevre, chanta le brie sur un ton nettement plus gastronomique.

Denis Joseph Claude Lefevre est né à Meaux, place du Marché le 7 janvier 1764 et a été baptisé le lendemain à l’église Saint-Saintin (aujourd’hui disparue).

Fils d’un maître charpentier de Crécy, Noël-Joseph Lefevre et de Marie-Louise Cécile Grandjean, veuve d’un premier mariage.

Son parrain était son oncle Jean-Denis Lefevre maître serrurier à Crécy et sa marraine était Marie-Claude-Françoise Bouché épouse de Simon Antoine Begat maître boulanger dans la paroisse Saint-Nicolas de Meaux.

Denis Lefevre fréquenta l’école des frères de la rue Cornillon dont il ne semble pas avoir conservé un souvenir très agréable. Il devait s’en venger en vers :

« Ecole où la voix revêche

d’un ignorant grossier

vint souvent le rudoyer »

Il poursuivit ses études au séminaire collège de Meaux mais à 17 ans ne se sentant pas la vocation religieuse, il s’en alla faire le maître d’école à Aubervilliers-les-Vertus.

Notaire à Meaux, il se mit à versifier et en 1787 l’almanach historique du diocèse de Meaux contient ses vers à la mémoire de ses anciens maîtres et professeurs meldois.

Lefevre écrira beaucoup d’ouvrages sur les sujets les plus divers, mais également des poèmes «confidentiels » tirés à 100 ou 200 exemplaires qu’il destinait à son cercle d’amis. C’est pourquoi ils sont aujourd’hui pratiquement introuvables.

En 1830 il chantera le brie sur un ton à la fois humoristique et gastronomique. En voici un court extrait tiré de son ouvrage « Suprématie du fromage de Brie ».

« Tu règnes avec le bon vin

Qu’Epernay, ton voisin nous donne

Sur les gosiers du genre humain

Par la soif que ton sel excite

Tu fais mieux sentir sa saveur

Il fait mieux sentir ton mérite… »

Source : Le brie de Pierre Androuet, Yves Chabot, édition Presses du Village. (à suivre)

 

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29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 20:59

Les nouvelles de Meaux sont connues à Varreddes dans la journée ‘Révolte le 2 may (1789) au marchez à cause de la cherté du grain’.

« Au sept du mois de septembre (1792), il y & evu sept preste et sept prisonniers qui ont evu la teste coupez, on a promenez la teste au père duschesne curez de Saint-Nicolas et celle au père david. Cetoit un pilliage à Meaux… »

La Bastille

gravure du XVIIIe. s 'La Bastille'

Les nouvelles de Paris, plus lentes à transpirer, sont fidèlement enregistrées par le chroniqueur Varreddois Pierre Denis : ‘La prise de la Bastille le quatorze Juilliet (1789)…, des soldats de tué… la tete du gouverneur, et du majors, et du prevot de Paris promenez dans les reû de Paris…’

« Grande tulmute à Paris le cinq octobre… le tocsin sonet dans tous les eglisse… la garde nationale rendu a la place de grève… la foule sy grande quil ne pouvait empechez le tulmule… a Versaille, feu par les gardes du corps et la garde parisienne… plusieurs princes sauvez de Versaille… le roy et la reine et leure enfants, monsieur et sa famille menez à Paris… etc…etc… »

L’âme populaire salue certains avantages immédiatement issus de la suppression de l’Ancien Régime :

-          La chasse est permise à tout le monde au mois d’août (1790)  «Le selle a été aussi permy »

-          Suppression de la dime et des commis, ainsi que le droit de vin…«… on a plus paiez de droit de vin… le selle ne valloit bque six livr. La livres… » (1791)

Pierre Denis, qui ne semble pas, dans sa chronique, éloigné d’applaudir à ces mesures, ne parle pas de deux autres susceptibles cependant d’intéresser ses compatriotes :

-          L’abolition du droit exclusif de pêche (30 juillet 1793) et le droit d’aller ramasser glands, faînes et autres fruits sauvages dans les forêts de la république (11 fructidor an II).

L’engouement pour le régime nouveau est très compréhensible :

-          Le 28 août 1792, les droits féodaux sont abolis,

-          Le 26 mai 1793, un décret de la Convention suspend toutes suites de procédure relatives au paiement des droits censuels féodaux,

-          Le 9 Brumaire an II, un décret déclare nuls les jugements rendus et les poursuites faites relativement aux droits féodaux ou censuels abolis,

-          Le 15 Frimaire an II, un autre décret accorde facilité de résilier les baux aux acquéreurs des biens « retirés par la nation des mains du ci-devant clergé, des conventions laïques supprimées et du tyran ».

Dans le milieu séculairement féodal de Varreddes, toutes ces nouveautés durent jeter dans la stupéfaction les vassaux de monsieur de Meaux, et de plus ‘Il est permy de se divrorcée à présent, même plusieurs fois… » (1793).

Les Varreddois de l’époque n’useront que modérément du divorce. Aucun cas pour les années I, II, III, IV, V, IX, X de l’ère républicaine (les années VII, VIII manquent aux archives municipales). On n’en relève que deux en neuf années :

-          Le premier, du 25 Ventôse, an IV : divorce entre Antoine Andry, 33 ans, et Marie Trouillard, 22 ans, « vu l’acte de non-conciliation délivré le 15 Floréal an III par leurs parents assemblés ».

-          L’autre, du 15 Nivôse, an XI : divorce entre Nicolas Liévin, 58 ans et Geneviève Lemaître, 52 ans « pour cause de leur abandon réciproque depuis plus de trois ans » prononcé par le tribunal de première instance de Meaux, le 21 Vendémiaire précédent.

En l’an II, 4 Ventôse, (22 février 1794) on décidera la création d’une mairie : « Il seroit faite ouverture d’une porte à l’Ecole des filles sur la rue et rebouché l’autre de lalé pour en faire la maison commune ou nous tiendrons nos séance. »

Rien de plus logique, puisque les locaux de l’école de filles, rue neuve, spacieux et en bon état, étaient capables d’abriter simultanément les services municipaux, hospitaliers et scolaires.

 

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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 21:36

Goût, saveur et tradition étaient bien représentés du 30 mars au 2 avril à la 45ème foire de Coulommiers.

Coulommiers St Siméeon

 3ème prix 'Coulommiers 50%'

Malgré l’industrialisation croissante, la Seine et Marne est toujours présente dans l’élevage laitier, avec 50% de l’élevage de bovins dans le nord du département et 50% du centre et du montois.

Environ 5.000 vaches laitières réparties entre 70 exploitants produisent tout de même 33 millions de litres de lait, dont les 2/3 seront transformés en Brie de Meaux et Brie de Melun AOP, et en différents bries (Coulommiers, Provins, Montereau, Nangis).

Le concours ‘Jean-Baptiste Vincent’, meilleur coulommiers 45% et 50% a comme chaque année, remporté un vif succès.

Fromage 45% :

Médaille d’or : fabricant Préforêt ; affineur Rouzaire

Médaille d’argent : fabricant Fromagerie de la Brie ; affineur Loiseau

Médaille de Bronze : fabricant Fromagerie de la Brie ; affineur Le Dolloir

Fromage à 50% :

Médaille d’or : fabricant Préforêt ; affineur Rouzaire

Médaille d’argent : fabricant Préforêt ; affineur Préforêt

Médaille de Bronze : fabricant Fromagerie de la Brie ; affineur Fromagerie de la Brie 

boite Coulommiers

'Coulommiers en boite'

Un fromage aurait pu avoir une médaille d’or, c’est un coulommiers sans odeur… mon coup cœur de cette manifestation.

Oh, ce coulommiers ne sort pas des trois laiteries fromagères ou des deux fromageries fermières, il est le travail de Maïda Chandèze-Avakian, une jeune femme qui a croqué un portrait de cette petite capitale briarde qu’est Coulommiers.

Suite aux recherches effectuées entre mars et juin 2011 pour les ‘Souffleurs Commandos poétiques en résidence dans la ville de Coulommiers’, Maïda eu l’idée de raconter dix histoires Columériennes en quatre-vingts images légendées mise dans une  boite de …. Coulommiers, créant ainsi le premier coulommiers sans odeur ‼

De ses lieux et de ses habitants, les bribes d’histoires qui accompagnent les quatre-vingts photographies ont été glanées auprès des Columériens, des marchands de fromages, érudits Briards ou colporteurs de bruits de comptoirs.

Pêcheurs du dimanche, instituteurs curieux, agriculteurs, tous passionnés ont contribué à l’édition de ce petit chef-d’œuvre inédit.

Chaque photographie est un véritable tableau de maître, les légendes pleines d’humour, comme celle des cris oubliés des poissonniers du Morin: 

« Carpes vives, bonnes femmes ! » « Eh ! ma mie, palpe mon anguille qui frétille ! » « Achetez-moi mes moules blanches comme le lys » « Touchez mes tanches miraculeuses ! »

où sérieuses comme  la devise de la ville  tirée de l’Evangile de  Saint-Mathieu : « Je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme des serpents, mais simples comme des colombes. »,

Moqueuse parfois : Tout briard, tout gueulard ‼ « Le Columérien à un caractère bien spécifique : pour être Columérien… Il faut être là depuis au moins 30 ans ‼ ;

Pleine de sagesse : « Fromage, poire et pain repas de vilain. Poire et pain avec brie repas de seigneurie ».

Edité par la ville de Coulommiers en mille exemplaires, ce coulommiers sans odeur mérite d’être dans toutes les bibliothèques d’amateurs de fromages et d’histoires locales.  

 

Pour en savoir plus, le blog de Maïda: http://chaidavak.wordpress.com/2012/03/11/coulommiers-en-boite/

 

 

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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 20:48

Etait-on malheureux à Varreddes à la veille de la Révolution ?

Pendant les années qui précèdent immédiatement 1789, le chroniqueur varreddois n’a pas une seule plainte contre le régime politique de l’époque.

  Briarde

Il parle toujours respectueusement de la personne du Roi.

Par tradition séculaire, on entoure les Bourbons de vénération, même aux heures où la vie devient plus dure pour le peuple : « 1744… Grande guerre contre la France et lempire, et beaucoup d’impositions.. le monde estoit bien poursuit… attendu que louis quinze notre bon Roy et Souverain monarque a été obligé en 145 d’aller luy mesme en campagne avec tout sa maison pour soutenir et défendre sa couronne contre la reine d’hongrie… »

Quand il s’agira de vouer à l’exécration la mémoire de Louis Capet, le greffier inscrira bien au registre l’énoncé des décrets de la Convention Nationale, mais aucune imprécation ne s’élèvera contre la famille royale.

En dépit de la «loyb (21 nivôse an II) portant que l’anniversaire  de la juste punition du dernier roi des français serai célébré le 2 pluviôse (21 janvier), par toutes les communes de la République » (livre de greffe, p. 287), le 21 janvier 1794 passera inaperçu à Varreddes : aucune délibération du Conseil communal à ce sujet.

Le mécontentement, en 1789, existe pourtant. Mais il tient à tout autre chose qu’a la politique. L’hiver 1788-1789 a été extrêmement dur.

Des pluies incessantes en octobre et novembre ont gêné les semailles.

Quinze jours de forte gelée, du 1erau 15 novembre 1788 et après trois jours de dégel, deux mois ininterrompus de grand froid ont empêché les campagnards d’aller aux champs où « l’on ne pouvait durer » (du  18 novembre au 15 janvier).

Le froid a été plus vif qu’en 1709, et de nouveau la gelée a repris un mois complet, du 15 février au 15 mars.

Le printemps n’est venu que fin avril, éclairant un désastre : vin « du sy bons vin !! » gelé dans les tonneaux, dont les bondons sautaient au plafond ; vignes, arbres, noyers et pommiers perdus ; pain et vin renchéris, en dépit de la conservation du grain sous la neige… et une crue de la Marne le 6 mai.

C’est dans ces circonstances (peu encourageantes) que s’ouvre l’ère révolutionnaire.

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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 22:47

 Les clayettes de seigle servent souvent à l’égouttage et au transport des bries.

st Cyr

 métier à clayettes (musée St Cyr sur Morin)

Celle de canche transmettent de l’un à l’autre la fleur : ‘le pénicillium candidum’, ce blanc velouté qui apparaît deux à trois jours après le dressage. Le pénicillium candidum brûle l’acide lactique du caillé, en absorbe le liquide inutile et prépare la voie des microbes ‘tyrothrix de Duclaux’, micrococcus meldinsis’, qui provoquent la maturation du fromage.

Les clayettes de jonc, transmettaient le ferment rouge, le ‘bacillus firmitatis’, donnant au brie ce parfum si apprécié des amateurs. Dès la  fin de la deuxième guerre mondiale, ce ferment fut fabriqué industriellement et vendu directement aux fermiers qui fabriquaient le brie de Meaux.

Le seigle servant à la fabrication des clayettes provenait en grande partie de la vallée de la Marne ; de quatre fermes spécialisées dans la culture et la préparation de cette céréale : Germigny-l’Evêque , Poincy, Isles-les-Villenoy et Jablines. La canche venait des marais de Saint-Gond.

Les clayettes étaient fabriquées dans divers endroits de France, mais plus particulièrement dans les villages aux alentours de Melun et de Meaux. Mais le centre de fabrication était à Nanteuil-les-Meaux.

Le ‘faiseur d’ Bottiaux’ avec sa lame de faux mettait le seigle sec en botte, (les ‘bottiaux’).

En 1943, un comité répartissait les pailles de seigles, mais de grandes quantités  échappaient à son contrôle. En maints endroits, les clayettes de canche étaient vendues directement aux fermiers par des ouvriers qui oubliaient de noter leur production !! Ainsi en 1938, officiellement il a été utilisé en France 650 T de paille de seigle, parmi lesquels 400 en Seine-et-Marne ; il a été tressé respectivement 6.500.000 et 4.300.000 clayettes de seigle. La production de canche est trois fois moindre.

Dans le pays meldois, les fabricants de clayettes étaient nommés ‘les clayetteux’, mais sur les registres d’Etat-Civil ou sur les papiers administratifs, on les désigne sous le nom de ‘clayettiers’… c’est plus académique !!

Au début du siècle dernier (1906), il y avait à Nanteuil quatorze patrons clayetteux, aujourd’hui il n’en reste plus.

En 1948, la doyenne des patronnes clayetteuses de Brie employait vingt-trois ouvriers et ouvrières dont huit à l’atelier : un ‘couleux’ de seigle, une ‘couleuse’ de canche, un ‘rogneux’, trois clayetteuses de seigle et deux clayetteuses de canche.

Les ‘clayetteux’ n’avaient pas de St patron à fêter, ainsi inventèrent-ils une sainte fantaisiste : Ste Clayette, qu’ils célébraient une fois l’an en décorant les maisons, les ateliers où l’on travaillait la paille de clayettes fleuries et enrubannées…. Ainsi est née Sainte clayette !!!

Paillon

 Le bulletin d’information de la Confrérie des Compagnons du Brie de Meaux, s’appelle ‘Le Paillon’, bel hommage rendu à ces hommes et femmes qui ont participé à la gloire du Brie de Meaux, avec le soutien de… Ste Clayette !!!

 

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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 21:53

Souvenir

                                                                                                                                                                 Carte postale: collection privée J.M Moreau

Brie… histoire et légendes :   Le Tabellion et le Brie

 Quinze ans après le Congrès de Vienne où le brie de Meaux fut couronné ‘Roi des fromages, Prince des desserts’, le poète  Verfele, anagramme de Denis Lefevre, chanta le brie sur un ton nettement plus gastronomique.

Denis Joseph Claude Lefevre est né à Meaux, place du Marché le 7 janvier 1764 et a été baptisé le lendemain à l’église Saint-Saintin (aujourd’hui disparue).

Fils d’un maître charpentier de Crécy, Noël-Joseph Lefevre et de Marie-Louise Cécile Grandjean, veuve d’un premier mariage.

Son parrain était son oncle Jean-Denis Lefevre maître serrurier à Crécy et sa marraine était Marie-Claude-Françoise Bouché épouse de Simon Antoine Begat maître boulanger dans la paroisse Saint-Nicolas de Meaux.

Denis Lefevre fréquenta l’école des frères de la rue Cornillon dont il ne semble pas avoir conservé un souvenir très agréable. Il devait s’en venger en vers :

« Ecole où la voix revêche

d’un ignorant grossier

     vint souvent le rudoyer »

 Il poursuivit ses études au séminaire collège de Meaux mais à 17 ans ne se sentant pas la vocation religieuse, il s’en alla faire le maître d’école à Aubervilliers-les-Vertus.

Notaire à Meaux, il se mit à versifier et en 1787 l’almanach historique du diocèse de Meaux contient ses vers à la mémoire de ses anciens maîtres et professeurs meldois.

Lefevre écrira beaucoup d’ouvrages sur les sujets les plus divers, mais également des poèmes «confidentiels » tirés à 100 ou 200 exemplaires qu’il destinait à son cercle d’amis. C’est pourquoi ils sont aujourd’hui pratiquement introuvables.

En 1830 il chantera le brie sur un ton à la fois humoristique et gastronomique. En voici un court extrait tiré de son ouvrage « Suprématie du fromage de Brie ».

« Tu règnes avec le bon vin

 Qu’Epernay, ton voisin nous donne

 Sur les gosiers du genre humain

Par la soif que ton sel excite

 Tu fais mieux sentir sa saveur

 Il fait mieux sentir ton mérite… »

Source : Le brie de Pierre Androuet, Yves Chabot, édition Presses du Village.

 

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