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  • : Du romain au grégorien, parcourez l'histoire des calendriers. Le brie de Meaux et la Confrérie. Varreddes mon village.
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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 21:27

Napoleon 1

Lorsqu’il quitte la Grande Armée après le passage de la Bérézina lors de la campagne de Russie de 1812, Napoléon rentre précipitamment à Paris, d’une seule traite et, lors de ce voyage non-dépourvu d’accidents, il passe par Meaux.

Il n’a pas dû voir grand-chose de notre ville….

Napoleon 2

Pour le bicentenaire de son passage, il est revenu dans la cité meldoise, mais cette fois, pas de coup d’état en vu, c’est pour une bonne cause.

Un groupe de hollandais, sous la direction d’un historien passionné de l’époque napoléonienne, a décidé de refaire en attelage à chevaux ce long trajet, afin de recueillir des fonds pour l’aménagement en Biélorussie d’un établissement destiné à recevoir des enfants victimes de la catastrophe de Tchernobyl (L’équipage a recueilli 100 000 € au cours de son parcours, remis dans la cour de l’évêché à la fondation Gichon).

Napoleon 3

Ne pouvant entrer dans Paris en cet équipage, Meaux a été le terminus de ce périple.

La Société Historique de Meaux et de sa Région (SHMR), l’association « les grognards de la Marne », le club hippique, la municipalité ainsi que la direction des affaires culturelles et la confrérie du Brie de Meaux ont tout mis en œuvre pour accueillir ces courageux voyageurs accompagnés de touristes hollandais.

Napoleon 4

honneurs militaires place Doumer

Parti du Club hippique en attelage accompagnés de deux voitures du club, ils ont été accueillis place Henri IV par un groupe de 22 gardes nationaux et soldats impériaux en tenue avec 3 cavaliers. Puis remontant le boulevard Jean Rose jusqu’au monument aux morts place Paul Doumer, les honneurs militaires d’époque leurs ont été rendus.

Napoleon 5

Entrée dans la cour de l'évêché

Continuant par la rue Bossuet et place Charles de Gaulle jusqu’à la cour de l’évêché, ils ont été reçus par la municipalité dans l’aile de Brézé du palais épiscopal.

Napoleon 6 Entrée de Napoléon dans la cour de l'évêché

Un livre et un film devrait retracer ce voyage selon les écrits (150 pages) du général Caulaincourt, confident et compagnon de voyage de l’Empereur durant les 14 jours.

Selon la tradition la confrérie du brie de Meaux leur a offert une lichette de brie accompagné de vin de Givry.

Napoleon 7

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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 19:57

Souvenir de Mx

                                                                                                                                              (Collection Privée J.M Moreau)

Qu’on me parle de Meaux en termes élogieux

Qu’on dise : de tel homme, elle fut la Patrie !

J’y consens… Mais je tiens pour ce qu’elle à de mieux

L’onctueux fromage de Brie !

Fertile Brie ! à tes parages

Dans maint et maint versiculet

J’ai rendu de fréquents hommages,

Mais je n’ai pas fait un couplet

A la gloire de tes fromages.

Des gastronomes amateurs

On tancé cette indifférence.

Mû de remords inspirateurs,

Je sors de mon ingrat silence ;

Je chante : attention lecteurs !

Voilà mon hymne qui commence.

 

Sois fière de ton Bossuet,

Cité Meldoise, ô ma patrie !

Son nom sur toi jette un reflet

Qui s’entend sur toute la Brie,

Cependant, ô honte ! ô folie !

J’en demande pardon à Dieu,

Tes fromages en plus d’un lieu

Sont plus goûtés que son génie.

On aime les petits caquets,

Les aveux, le franc babillage

Qu’on se permet dans les baquets

Entre poire et fromage.

La poire ajoute rarement

A l’attrait de la causerie :

Le fromage en fait l’agrément,

Surtout lorsqu’il est de la Brie.

Il semble transmettre au propos

Sa fluidité succulente ;

Et le sel qui la rend piquante

Semble aussi saler les bons mots.

Le saint rat qui se fit ermite

Au fond d’un fromage hollandais,

S’il se fût connu mieux en mets,

Dans la Brie eût choisi son gîte.

La proie enlevée au corbeau

Par une adroite flatterie

Ne parut un friand morceau

Que parce qu’elle était de Brie.

Noble aliment, trésor de Meaux !

O toi, dont la pâte de neige,

Par Debac recueillie en pots,

Circule de Rome en Norvège !

Toi qu’à Vérone le plus grand,

Le premier des aréopages,

Sur tes rivaux délibérant,

A proclamé roi des fromages !

Au nom du congrès souverain

Qui t’adjuge cette couronne

Tu règnes avec le bon vin

Qu’Epernay ton voisin nous donne,

Sur les gosiers du genre humain.

Par la soif que ton sel excite

Tu fais mieux sentir sa saveur ;

En retour, au goût du buveur,

Il fait mieux sentir ton mérite.

Ainsi tous deux vous vous aidez

A tenir, couple monarchique,

Le sceptre que vous possédez

Dans l’empire gastronomique.

O Brie où je fus allaité !

Canton dans des bouches malignes

D’épigrammes ont maltraité

En te jugeant d’après tes vignes,

Mais par ton fromage illustré

Comme Golconde par ses mines,

Comme Meudon par son curé,

Et l’Alsace par ses usines !

Personne ne s’étonnera

Que ce fromage prédomine

Sur tous ceux qu’on fait et fera,

Quand on saura son origine.

C’est du lait de la vache Io,

Conduite dans nos pâturages,

Que vinrent nos premiers fromages,

Dès qu’elle eut fait son premier veau,

Jupiter fût pour quelque chose

Dans la substance de ce lait :

Il y fit entrer une dose

Des mets céleste qu’il mangeait.

De la vache qu’il rendit mère

Sortit une postérité

Qui de ce philtre originaire

A conservé la qualité.

De là, ces disques de laitage

Que de Brie on fait voyager

Sur les tables de tout étage,

Font dire à qui sait les juger :

« C’est de l’ambroisie en fromage ! »

                            Verfèle (de Meaux).

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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 22:11

Facsimilé

    Couverture du livre 'Suprématie du Fromage de Brie'

 

A Monsieur J…t.

Calmez-vous, mon cher Amphitryon, vous ne me gourmanderez plus mon silence sur le fromage que l’on fait dans vos terres et aux environs.

Je pourrai maintenant le voir paraître sur table en sécurité de conscience.

Puisse mon absolution être le prix de la dédicace de mon hymne !

Quoique ce soit l’obtenir à bon marché, j’y compte.

Votre ami et convive,

Verfèle.

Quinze ans après le Congrès de Vienne où le brie de Meaux fut couronné ‘Roi des fromages, Prince des desserts’, le poète  Verfèle, anagramme de Denis Lefevre, chanta le brie sur un ton nettement plus gastronomique.

Denis Joseph Claude Lefevre est né à Meaux, place du Marché le 7 janvier 1764 et a été baptisé le lendemain à l’église Saint-Saintin (aujourd’hui disparue).

Fils d’un maître charpentier de Crécy, Noël-Joseph Lefevre et de Marie-Louise Cécile Grandjean, veuve d’un premier mariage.

Son parrain était son oncle Jean-Denis Lefevre maître serrurier à Crécy et sa marraine était Marie-Claude-Françoise Bouché épouse de Simon Antoine Begat maître boulanger dans la paroisse Saint-Nicolas de Meaux.

Denis Lefevre fréquenta l’école des frères de la rue Cornillon dont il ne semble pas avoir conservé un souvenir très agréable. Il devait s’en venger en vers :

« Ecole où la voix revêche

d’un ignorant grossier

vint souvent le rudoyer »

Il poursuivit ses études au séminaire collège de Meaux mais à 17 ans ne se sentant pas la vocation religieuse, il s’en alla faire le maître d’école à Aubervilliers-les-Vertus.

Notaire à Meaux, il se mit à versifier et en 1787 l’almanach historique du diocèse de Meaux contient ses vers à la mémoire de ses anciens maîtres et professeurs meldois.

Lefevre écrira beaucoup d’ouvrages sur les sujets les plus divers, mais également des poèmes «confidentiels » tirés à 100 ou 200 exemplaires qu’il destinait à son cercle d’amis. C’est pourquoi ils sont aujourd’hui pratiquement introuvables.

En 1830 il chantera le brie sur un ton à la fois humoristique et gastronomique. En voici un court extrait tiré de son ouvrage « Suprématie du fromage de Brie ».

« Tu règnes avec le bon vin

Qu’Epernay, ton voisin nous donne

Sur les gosiers du genre humain

Par la soif que ton sel excite

Tu fais mieux sentir sa saveur

Il fait mieux sentir ton mérite… »

Source : Le brie de Pierre Androuet, Yves Chabot, édition Presses du Village. (à suivre)

 

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29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 20:59

Les nouvelles de Meaux sont connues à Varreddes dans la journée ‘Révolte le 2 may (1789) au marchez à cause de la cherté du grain’.

« Au sept du mois de septembre (1792), il y & evu sept preste et sept prisonniers qui ont evu la teste coupez, on a promenez la teste au père duschesne curez de Saint-Nicolas et celle au père david. Cetoit un pilliage à Meaux… »

La Bastille

gravure du XVIIIe. s 'La Bastille'

Les nouvelles de Paris, plus lentes à transpirer, sont fidèlement enregistrées par le chroniqueur Varreddois Pierre Denis : ‘La prise de la Bastille le quatorze Juilliet (1789)…, des soldats de tué… la tete du gouverneur, et du majors, et du prevot de Paris promenez dans les reû de Paris…’

« Grande tulmute à Paris le cinq octobre… le tocsin sonet dans tous les eglisse… la garde nationale rendu a la place de grève… la foule sy grande quil ne pouvait empechez le tulmule… a Versaille, feu par les gardes du corps et la garde parisienne… plusieurs princes sauvez de Versaille… le roy et la reine et leure enfants, monsieur et sa famille menez à Paris… etc…etc… »

L’âme populaire salue certains avantages immédiatement issus de la suppression de l’Ancien Régime :

-          La chasse est permise à tout le monde au mois d’août (1790)  «Le selle a été aussi permy »

-          Suppression de la dime et des commis, ainsi que le droit de vin…«… on a plus paiez de droit de vin… le selle ne valloit bque six livr. La livres… » (1791)

Pierre Denis, qui ne semble pas, dans sa chronique, éloigné d’applaudir à ces mesures, ne parle pas de deux autres susceptibles cependant d’intéresser ses compatriotes :

-          L’abolition du droit exclusif de pêche (30 juillet 1793) et le droit d’aller ramasser glands, faînes et autres fruits sauvages dans les forêts de la république (11 fructidor an II).

L’engouement pour le régime nouveau est très compréhensible :

-          Le 28 août 1792, les droits féodaux sont abolis,

-          Le 26 mai 1793, un décret de la Convention suspend toutes suites de procédure relatives au paiement des droits censuels féodaux,

-          Le 9 Brumaire an II, un décret déclare nuls les jugements rendus et les poursuites faites relativement aux droits féodaux ou censuels abolis,

-          Le 15 Frimaire an II, un autre décret accorde facilité de résilier les baux aux acquéreurs des biens « retirés par la nation des mains du ci-devant clergé, des conventions laïques supprimées et du tyran ».

Dans le milieu séculairement féodal de Varreddes, toutes ces nouveautés durent jeter dans la stupéfaction les vassaux de monsieur de Meaux, et de plus ‘Il est permy de se divrorcée à présent, même plusieurs fois… » (1793).

Les Varreddois de l’époque n’useront que modérément du divorce. Aucun cas pour les années I, II, III, IV, V, IX, X de l’ère républicaine (les années VII, VIII manquent aux archives municipales). On n’en relève que deux en neuf années :

-          Le premier, du 25 Ventôse, an IV : divorce entre Antoine Andry, 33 ans, et Marie Trouillard, 22 ans, « vu l’acte de non-conciliation délivré le 15 Floréal an III par leurs parents assemblés ».

-          L’autre, du 15 Nivôse, an XI : divorce entre Nicolas Liévin, 58 ans et Geneviève Lemaître, 52 ans « pour cause de leur abandon réciproque depuis plus de trois ans » prononcé par le tribunal de première instance de Meaux, le 21 Vendémiaire précédent.

En l’an II, 4 Ventôse, (22 février 1794) on décidera la création d’une mairie : « Il seroit faite ouverture d’une porte à l’Ecole des filles sur la rue et rebouché l’autre de lalé pour en faire la maison commune ou nous tiendrons nos séance. »

Rien de plus logique, puisque les locaux de l’école de filles, rue neuve, spacieux et en bon état, étaient capables d’abriter simultanément les services municipaux, hospitaliers et scolaires.

 

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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 21:36

Goût, saveur et tradition étaient bien représentés du 30 mars au 2 avril à la 45ème foire de Coulommiers.

Coulommiers St Siméeon

 3ème prix 'Coulommiers 50%'

Malgré l’industrialisation croissante, la Seine et Marne est toujours présente dans l’élevage laitier, avec 50% de l’élevage de bovins dans le nord du département et 50% du centre et du montois.

Environ 5.000 vaches laitières réparties entre 70 exploitants produisent tout de même 33 millions de litres de lait, dont les 2/3 seront transformés en Brie de Meaux et Brie de Melun AOP, et en différents bries (Coulommiers, Provins, Montereau, Nangis).

Le concours ‘Jean-Baptiste Vincent’, meilleur coulommiers 45% et 50% a comme chaque année, remporté un vif succès.

Fromage 45% :

Médaille d’or : fabricant Préforêt ; affineur Rouzaire

Médaille d’argent : fabricant Fromagerie de la Brie ; affineur Loiseau

Médaille de Bronze : fabricant Fromagerie de la Brie ; affineur Le Dolloir

Fromage à 50% :

Médaille d’or : fabricant Préforêt ; affineur Rouzaire

Médaille d’argent : fabricant Préforêt ; affineur Préforêt

Médaille de Bronze : fabricant Fromagerie de la Brie ; affineur Fromagerie de la Brie 

boite Coulommiers

'Coulommiers en boite'

Un fromage aurait pu avoir une médaille d’or, c’est un coulommiers sans odeur… mon coup cœur de cette manifestation.

Oh, ce coulommiers ne sort pas des trois laiteries fromagères ou des deux fromageries fermières, il est le travail de Maïda Chandèze-Avakian, une jeune femme qui a croqué un portrait de cette petite capitale briarde qu’est Coulommiers.

Suite aux recherches effectuées entre mars et juin 2011 pour les ‘Souffleurs Commandos poétiques en résidence dans la ville de Coulommiers’, Maïda eu l’idée de raconter dix histoires Columériennes en quatre-vingts images légendées mise dans une  boite de …. Coulommiers, créant ainsi le premier coulommiers sans odeur ‼

De ses lieux et de ses habitants, les bribes d’histoires qui accompagnent les quatre-vingts photographies ont été glanées auprès des Columériens, des marchands de fromages, érudits Briards ou colporteurs de bruits de comptoirs.

Pêcheurs du dimanche, instituteurs curieux, agriculteurs, tous passionnés ont contribué à l’édition de ce petit chef-d’œuvre inédit.

Chaque photographie est un véritable tableau de maître, les légendes pleines d’humour, comme celle des cris oubliés des poissonniers du Morin: 

« Carpes vives, bonnes femmes ! » « Eh ! ma mie, palpe mon anguille qui frétille ! » « Achetez-moi mes moules blanches comme le lys » « Touchez mes tanches miraculeuses ! »

où sérieuses comme  la devise de la ville  tirée de l’Evangile de  Saint-Mathieu : « Je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme des serpents, mais simples comme des colombes. »,

Moqueuse parfois : Tout briard, tout gueulard ‼ « Le Columérien à un caractère bien spécifique : pour être Columérien… Il faut être là depuis au moins 30 ans ‼ ;

Pleine de sagesse : « Fromage, poire et pain repas de vilain. Poire et pain avec brie repas de seigneurie ».

Edité par la ville de Coulommiers en mille exemplaires, ce coulommiers sans odeur mérite d’être dans toutes les bibliothèques d’amateurs de fromages et d’histoires locales.  

 

Pour en savoir plus, le blog de Maïda: http://chaidavak.wordpress.com/2012/03/11/coulommiers-en-boite/

 

 

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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 20:48

Etait-on malheureux à Varreddes à la veille de la Révolution ?

Pendant les années qui précèdent immédiatement 1789, le chroniqueur varreddois n’a pas une seule plainte contre le régime politique de l’époque.

  Briarde

Il parle toujours respectueusement de la personne du Roi.

Par tradition séculaire, on entoure les Bourbons de vénération, même aux heures où la vie devient plus dure pour le peuple : « 1744… Grande guerre contre la France et lempire, et beaucoup d’impositions.. le monde estoit bien poursuit… attendu que louis quinze notre bon Roy et Souverain monarque a été obligé en 145 d’aller luy mesme en campagne avec tout sa maison pour soutenir et défendre sa couronne contre la reine d’hongrie… »

Quand il s’agira de vouer à l’exécration la mémoire de Louis Capet, le greffier inscrira bien au registre l’énoncé des décrets de la Convention Nationale, mais aucune imprécation ne s’élèvera contre la famille royale.

En dépit de la «loyb (21 nivôse an II) portant que l’anniversaire  de la juste punition du dernier roi des français serai célébré le 2 pluviôse (21 janvier), par toutes les communes de la République » (livre de greffe, p. 287), le 21 janvier 1794 passera inaperçu à Varreddes : aucune délibération du Conseil communal à ce sujet.

Le mécontentement, en 1789, existe pourtant. Mais il tient à tout autre chose qu’a la politique. L’hiver 1788-1789 a été extrêmement dur.

Des pluies incessantes en octobre et novembre ont gêné les semailles.

Quinze jours de forte gelée, du 1erau 15 novembre 1788 et après trois jours de dégel, deux mois ininterrompus de grand froid ont empêché les campagnards d’aller aux champs où « l’on ne pouvait durer » (du  18 novembre au 15 janvier).

Le froid a été plus vif qu’en 1709, et de nouveau la gelée a repris un mois complet, du 15 février au 15 mars.

Le printemps n’est venu que fin avril, éclairant un désastre : vin « du sy bons vin !! » gelé dans les tonneaux, dont les bondons sautaient au plafond ; vignes, arbres, noyers et pommiers perdus ; pain et vin renchéris, en dépit de la conservation du grain sous la neige… et une crue de la Marne le 6 mai.

C’est dans ces circonstances (peu encourageantes) que s’ouvre l’ère révolutionnaire.

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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 22:47

 Les clayettes de seigle servent souvent à l’égouttage et au transport des bries.

st Cyr

 métier à clayettes (musée St Cyr sur Morin)

Celle de canche transmettent de l’un à l’autre la fleur : ‘le pénicillium candidum’, ce blanc velouté qui apparaît deux à trois jours après le dressage. Le pénicillium candidum brûle l’acide lactique du caillé, en absorbe le liquide inutile et prépare la voie des microbes ‘tyrothrix de Duclaux’, micrococcus meldinsis’, qui provoquent la maturation du fromage.

Les clayettes de jonc, transmettaient le ferment rouge, le ‘bacillus firmitatis’, donnant au brie ce parfum si apprécié des amateurs. Dès la  fin de la deuxième guerre mondiale, ce ferment fut fabriqué industriellement et vendu directement aux fermiers qui fabriquaient le brie de Meaux.

Le seigle servant à la fabrication des clayettes provenait en grande partie de la vallée de la Marne ; de quatre fermes spécialisées dans la culture et la préparation de cette céréale : Germigny-l’Evêque , Poincy, Isles-les-Villenoy et Jablines. La canche venait des marais de Saint-Gond.

Les clayettes étaient fabriquées dans divers endroits de France, mais plus particulièrement dans les villages aux alentours de Melun et de Meaux. Mais le centre de fabrication était à Nanteuil-les-Meaux.

Le ‘faiseur d’ Bottiaux’ avec sa lame de faux mettait le seigle sec en botte, (les ‘bottiaux’).

En 1943, un comité répartissait les pailles de seigles, mais de grandes quantités  échappaient à son contrôle. En maints endroits, les clayettes de canche étaient vendues directement aux fermiers par des ouvriers qui oubliaient de noter leur production !! Ainsi en 1938, officiellement il a été utilisé en France 650 T de paille de seigle, parmi lesquels 400 en Seine-et-Marne ; il a été tressé respectivement 6.500.000 et 4.300.000 clayettes de seigle. La production de canche est trois fois moindre.

Dans le pays meldois, les fabricants de clayettes étaient nommés ‘les clayetteux’, mais sur les registres d’Etat-Civil ou sur les papiers administratifs, on les désigne sous le nom de ‘clayettiers’… c’est plus académique !!

Au début du siècle dernier (1906), il y avait à Nanteuil quatorze patrons clayetteux, aujourd’hui il n’en reste plus.

En 1948, la doyenne des patronnes clayetteuses de Brie employait vingt-trois ouvriers et ouvrières dont huit à l’atelier : un ‘couleux’ de seigle, une ‘couleuse’ de canche, un ‘rogneux’, trois clayetteuses de seigle et deux clayetteuses de canche.

Les ‘clayetteux’ n’avaient pas de St patron à fêter, ainsi inventèrent-ils une sainte fantaisiste : Ste Clayette, qu’ils célébraient une fois l’an en décorant les maisons, les ateliers où l’on travaillait la paille de clayettes fleuries et enrubannées…. Ainsi est née Sainte clayette !!!

Paillon

 Le bulletin d’information de la Confrérie des Compagnons du Brie de Meaux, s’appelle ‘Le Paillon’, bel hommage rendu à ces hommes et femmes qui ont participé à la gloire du Brie de Meaux, avec le soutien de… Ste Clayette !!!

 

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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 21:53

Souvenir

                                                                                                                                                                 Carte postale: collection privée J.M Moreau

Brie… histoire et légendes :   Le Tabellion et le Brie

 Quinze ans après le Congrès de Vienne où le brie de Meaux fut couronné ‘Roi des fromages, Prince des desserts’, le poète  Verfele, anagramme de Denis Lefevre, chanta le brie sur un ton nettement plus gastronomique.

Denis Joseph Claude Lefevre est né à Meaux, place du Marché le 7 janvier 1764 et a été baptisé le lendemain à l’église Saint-Saintin (aujourd’hui disparue).

Fils d’un maître charpentier de Crécy, Noël-Joseph Lefevre et de Marie-Louise Cécile Grandjean, veuve d’un premier mariage.

Son parrain était son oncle Jean-Denis Lefevre maître serrurier à Crécy et sa marraine était Marie-Claude-Françoise Bouché épouse de Simon Antoine Begat maître boulanger dans la paroisse Saint-Nicolas de Meaux.

Denis Lefevre fréquenta l’école des frères de la rue Cornillon dont il ne semble pas avoir conservé un souvenir très agréable. Il devait s’en venger en vers :

« Ecole où la voix revêche

d’un ignorant grossier

     vint souvent le rudoyer »

 Il poursuivit ses études au séminaire collège de Meaux mais à 17 ans ne se sentant pas la vocation religieuse, il s’en alla faire le maître d’école à Aubervilliers-les-Vertus.

Notaire à Meaux, il se mit à versifier et en 1787 l’almanach historique du diocèse de Meaux contient ses vers à la mémoire de ses anciens maîtres et professeurs meldois.

Lefevre écrira beaucoup d’ouvrages sur les sujets les plus divers, mais également des poèmes «confidentiels » tirés à 100 ou 200 exemplaires qu’il destinait à son cercle d’amis. C’est pourquoi ils sont aujourd’hui pratiquement introuvables.

En 1830 il chantera le brie sur un ton à la fois humoristique et gastronomique. En voici un court extrait tiré de son ouvrage « Suprématie du fromage de Brie ».

« Tu règnes avec le bon vin

 Qu’Epernay, ton voisin nous donne

 Sur les gosiers du genre humain

Par la soif que ton sel excite

 Tu fais mieux sentir sa saveur

 Il fait mieux sentir ton mérite… »

Source : Le brie de Pierre Androuet, Yves Chabot, édition Presses du Village.

 

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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 21:47

Medaille Confrérie

D’un diamètre de 80 millimètres, elle est portée  par un ruban bleu pour les Chevaliers, un cordon tressé bleu-argent pour les Officiers.

Elle se présente sous la forme d’une couronne, couleur champagne clair pour l’extérieur et un peu plus foncée pour le cercle intérieur. Dans le cercle extérieur, partie supérieure est inscrit : Confrérie du Brie de Meaux, partie inférieure : Roi des Fromages * Fromage des Rois, en souvenir de sa consécration au Congrès de Vienne.

Nous sommes en 1815, les armées de Napoléon 1er viennent d’être vaincues à Waterloo. L’Europe se donne à Vienne en Autriche pour régler le sort de la France vaincue. Le comte de Vielcastel, secrétaire du Congrès pour la France nous rapporte l’épisode où le Brie fut couronné roi des fromages, fromage des rois.

Le Congrès tirait en longueur et l’on s’ennuyait ferme pendant les séances. Le Duc de Talleyrand, le célèbre Diable boîteux , ambassadeur du roi Louis XVIII avait, au cours d’une conversation à bâton rompus avec le Chancelier d’Autriche, le Prince de Metternich, soutenu les mérites de la gastronomie française, à défaut d’en pouvoir prouver d’autres, devant les vainqueurs de notre pauvre pays. Il avait prétendu qu’aucun fromage au monde ne valait le brie de Meaux.

Poussé par les diplomates étrangers qui assistaient à la scène, le Prince de Metternich, touché dans son amour-propre national proposa que chaque délégation fasse pour le prochain banquet, venir son fromage préféré.

Au jour dit, tous les diplomates réunis autour de la grande table dressée à cet effet étaient anxieux de voir arriver le moment des desserts. Plus de soixante variétés de fromages étaient réunies. Et la dégustation eût lieu avec beaucoup d’attention et de sérieux.

La discussion succéda à la dégustation, et le jury par la voix même de Metternich, que l’on peut accuser de partialité favorable pour le petit vaincu, proclama que le brie de Meaux était véritablement   ‘Prince des fromages, et premier des desserts’

Depuis on a transformé par chauvinisme cette déclaration en ‘roi des fromages, fromage des rois… 

Pour la petite histoire, un historien a prétendu que cet épisode gastronomique avait contribué largement à ramener à notre pays l’estime de l’Europe entière, refroidie après la chute de l’Empire…

Il convient tout de même de ne pas oublier que ces bries historiques provenaient de la ferme de Villeroy, qui appartenait à l’époque à une vieille famille de Coulommiers, les Ogiers de Baulny.

Un autre chroniqueur a noté dans son compte rendu de cet événement, que l’un des congressistes aurait dit, parlant de Talleyrand : « C’est bien là le seul prince qu’il ne trahira pas ! »

Dans le cercle central, les armoiries de la ville de Meaux :

Blason-Meaux

C’est au Moyen Âge, vraisemblablement, que sont apparus les premiers signes de ce qui deviendra les armoiries de Meaux. Il n’existe pas de document connu de cette époque intéressant l’origine des armoiries.

Un sceau cependant, appendu à un acte de 1487, porte un bel écu, parti de fleurs de lys, propres à la Champagne. L’écu et la fleur de lys du contre-sceau, sont accostés de deux M, première indication connue du M de Meaux.

En 1698 le maire de Meaux fit valoir que l’on pouvait observer sur les édifices et les vitraux, vieux de deux ou trois cents années, les détails des armoiries, gravés ou sculptés au XIVe et XVe siècles, et il certifia, le 24 octobre 1698 que, de temps immémorial, cette ville a  eu pour armoiries, un écu portant parties de gueule et de sinople, à M d’or brochant sur le tout, au chef d’azur semé de fleurs de lys d’or…

Pour la petite histoire, les serpents que l’on trouve parfois dans l’écu de Meaux sont dus à l’erreur ou à la fantaisie d’un copiste qui confondit les fioritures de la lettre gothique avec des serpents. Il ne peut s’agir que d’un 'M' gothique.

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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 23:33

JuraPasteur disait : il y a plus de philosophie dans une bouteille de vin que dans tous les livres’, il aurait pu  ajouter ‘surtout dans les vins du Jura’.

De plaines en plateaux, de lacs en reculées, le Jura est une palette de paysages et de couleurs.

Impossible de faire une seule page sur le Jura avec ses 5 cépages, ses 6 AOC en vin, ses nombreux  Fromages dont 4 en AOC.

Grusse

Retournant régulièrement sur la terre d’une branche de mes ancêtres, après avoir traversé ma Bourgogne natale je retrouve aux portes de la Suisse le vignoble  Jurassien, et quel vignoble !

Situé entièrement dans le département du Jura, Pline le jeune, dès l’an 80 de notre ère, décrit dans son livre d’histoire naturelle : « … Ce raisin fournit un vin à saveur de poix, raisin célèbre du Viennois (Autriche), dont s’est enrichie la Séquanie… »

Vignoble de 2.000 ha désigné «Revermont » ou « Bon Pays » est une bande de terres de 80 km traversant le Jura du Nord au Sud, de Salins-les-Bains à Saint –Amour en passant Arbois ville de Pasteur, Poligny capitale du Comté, Château-Chalon avec son vin jaune,  Voiteur, L’Etoile, Lons-le-Saunier, Beaufort, Saint-Amour, etc…

carte vins-jura

Carte du vignoble Jurassin (source 'Le vin)

Ce n’est pas anodin, si le Jura produit des vins de qualités, histoire et terroir étant intimement liés, sans compter que les Franc-Comtois ont un caractère bien trempé.

En 1774, une liste de 14 ‘bons plans pour le vin’ est publiée, garantissant ainsi la notoriété des vins jurassiens et les débuts d’une réglementation qualitative.

Mais qui dit bon vin, dit également fraude. Cela devait surement énerver Alexis Arpin (1867-1946), secrétaire de la société de viticulture d’Arbois. Il entre en 1902 au syndicat national de la défense de la viticulture ce qui permet en 1906 aux vignerons d’Arbois d ‘obtenir un certificat d’origine garantissant la provenance des vins et ainsi de protéger la marque ‘vin d’Arbois’. On peut dire que ce certificat est l’ancêtre de l’AOC.

Le 23 février 1906, une loi met fin à la libre circulation des alcools et menace le droit des bouilleurs de crus, déclenchant de la part des vignerons d’Arbois une grève de l’impôt. La grève ne suffisant pas, une prise d’otages des agents du fisc a lieu et … l’administration recule.

Toujours à Arbois, en 1906 la première coopérative de vinification de France voit le jour sur le modèle des fruitières à Comté.

Avec un arboisien d’adoption, Joseph Girard (1878-1955) à l’origine de la création de l’INAO, Alexis Arpin poursuit son action aux cotés de ses confrères pour obtenir l’AOC.

Suite au décret-loi du 30 juillet 1935, instituant les AOC (Appellation d’Origine Contrôlée), c’est Joseph Girard qui fut désigné pour présenter le dossier du vignoble d’Arbois au comité national des appellations d’origine.

En 1936 et 1937, le Jura obtient 4 AOC : Arbois (première AOC française), Château-Chalon, L’Etoile et Côtes du Jura.       Vigne

Fin du XIXe siècle, le vignoble jurassien est de 20.000 ha de quoi réjouir les vignerons, mais le phylloxéra va arriver en 1879 à Beaufort, à  Arbois en 1886. Il se propagera par vague jusqu’en 1895, semant la désolation.

Alexis Millardet (1838-1902), en collaboration avec Louis Pasteur, travaille sur les maladies de la vigne. Créateur de la ‘bouillie bordelaise’ permettant de lutter contre le mildiou, il préconise également l’hybridation des cépages en greffant des plans français sur des souches américaines, plus résistantes au phylloxéra.

Si on parle du Jura et de ses vins on ne peut oublier Pasteur (1822-1895), le plus célèbre des jurassiens né à Dole. Il mène des travaux de recherche dans les laboratoires de la maison familiale. Il publie en 1886 ses « Etudes sur le vin, ses maladies, causes qui les  provoquent, procédés nouveaux pour le conserver et le vieillir ». Pasteur à mis son savoir et la science au service des vignerons qui le considéraient comme le « médecin de leurs vins ».

Un autre vigneron de Salins-les-Bains, Charles Rouget (1828-1899), figure parmi les plus grands ampélographes, rédigeant en 1897 un recueil où il présente la quarantaine de cépages jurassiens utilisés à cette époque et révèle que les cépages identiques peuvent avoir des noms différents selon le site de culture.

A suivre… Le Jura 1ère AOC de France

(source: Vin du Jura)

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