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  • : Du romain au grégorien, parcourez l'histoire des calendriers. Le brie de Meaux et la Confrérie. Varreddes mon village.
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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 23:33

JuraPasteur disait : il y a plus de philosophie dans une bouteille de vin que dans tous les livres’, il aurait pu  ajouter ‘surtout dans les vins du Jura’.

De plaines en plateaux, de lacs en reculées, le Jura est une palette de paysages et de couleurs.

Impossible de faire une seule page sur le Jura avec ses 5 cépages, ses 6 AOC en vin, ses nombreux  Fromages dont 4 en AOC.

Grusse

Retournant régulièrement sur la terre d’une branche de mes ancêtres, après avoir traversé ma Bourgogne natale je retrouve aux portes de la Suisse le vignoble  Jurassien, et quel vignoble !

Situé entièrement dans le département du Jura, Pline le jeune, dès l’an 80 de notre ère, décrit dans son livre d’histoire naturelle : « … Ce raisin fournit un vin à saveur de poix, raisin célèbre du Viennois (Autriche), dont s’est enrichie la Séquanie… »

Vignoble de 2.000 ha désigné «Revermont » ou « Bon Pays » est une bande de terres de 80 km traversant le Jura du Nord au Sud, de Salins-les-Bains à Saint –Amour en passant Arbois ville de Pasteur, Poligny capitale du Comté, Château-Chalon avec son vin jaune,  Voiteur, L’Etoile, Lons-le-Saunier, Beaufort, Saint-Amour, etc…

carte vins-jura

Carte du vignoble Jurassin (source 'Le vin)

Ce n’est pas anodin, si le Jura produit des vins de qualités, histoire et terroir étant intimement liés, sans compter que les Franc-Comtois ont un caractère bien trempé.

En 1774, une liste de 14 ‘bons plans pour le vin’ est publiée, garantissant ainsi la notoriété des vins jurassiens et les débuts d’une réglementation qualitative.

Mais qui dit bon vin, dit également fraude. Cela devait surement énerver Alexis Arpin (1867-1946), secrétaire de la société de viticulture d’Arbois. Il entre en 1902 au syndicat national de la défense de la viticulture ce qui permet en 1906 aux vignerons d’Arbois d ‘obtenir un certificat d’origine garantissant la provenance des vins et ainsi de protéger la marque ‘vin d’Arbois’. On peut dire que ce certificat est l’ancêtre de l’AOC.

Le 23 février 1906, une loi met fin à la libre circulation des alcools et menace le droit des bouilleurs de crus, déclenchant de la part des vignerons d’Arbois une grève de l’impôt. La grève ne suffisant pas, une prise d’otages des agents du fisc a lieu et … l’administration recule.

Toujours à Arbois, en 1906 la première coopérative de vinification de France voit le jour sur le modèle des fruitières à Comté.

Avec un arboisien d’adoption, Joseph Girard (1878-1955) à l’origine de la création de l’INAO, Alexis Arpin poursuit son action aux cotés de ses confrères pour obtenir l’AOC.

Suite au décret-loi du 30 juillet 1935, instituant les AOC (Appellation d’Origine Contrôlée), c’est Joseph Girard qui fut désigné pour présenter le dossier du vignoble d’Arbois au comité national des appellations d’origine.

En 1936 et 1937, le Jura obtient 4 AOC : Arbois (première AOC française), Château-Chalon, L’Etoile et Côtes du Jura.       Vigne

Fin du XIXe siècle, le vignoble jurassien est de 20.000 ha de quoi réjouir les vignerons, mais le phylloxéra va arriver en 1879 à Beaufort, à  Arbois en 1886. Il se propagera par vague jusqu’en 1895, semant la désolation.

Alexis Millardet (1838-1902), en collaboration avec Louis Pasteur, travaille sur les maladies de la vigne. Créateur de la ‘bouillie bordelaise’ permettant de lutter contre le mildiou, il préconise également l’hybridation des cépages en greffant des plans français sur des souches américaines, plus résistantes au phylloxéra.

Si on parle du Jura et de ses vins on ne peut oublier Pasteur (1822-1895), le plus célèbre des jurassiens né à Dole. Il mène des travaux de recherche dans les laboratoires de la maison familiale. Il publie en 1886 ses « Etudes sur le vin, ses maladies, causes qui les  provoquent, procédés nouveaux pour le conserver et le vieillir ». Pasteur à mis son savoir et la science au service des vignerons qui le considéraient comme le « médecin de leurs vins ».

Un autre vigneron de Salins-les-Bains, Charles Rouget (1828-1899), figure parmi les plus grands ampélographes, rédigeant en 1897 un recueil où il présente la quarantaine de cépages jurassiens utilisés à cette époque et révèle que les cépages identiques peuvent avoir des noms différents selon le site de culture.

A suivre… Le Jura 1ère AOC de France

(source: Vin du Jura)

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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 21:27

Affiche

Si le froid et la route  verglacée ont retardé notre arrivée au salon gastronomique de Provins, les Provinois n’ont pas boudé leur plaisir à cette 7ème   édition organisée par UCP de Provins.

C’est dans le magnifique Centre Culturel de Saint Ayoul, ancienne caserne militaire rénovée il y a une quinzaine d’année, qu’environ 3.000 personnes ont parcouru les allées où 45 exposants présentaient leurs produits.

La Confrérie du Brie de Meaux, participe à ce salon de terroir où les produits locaux (brie, bière, confiseries à la rose… de Provins) mais également les produits régionaux comme le piment d’Espelette, les produits Corse, du Limousin, etc… sont mis en valeur.

Les enfants n’ont pas été oubliés. Ateliers culinaires et concours pour les 7-10 ans et 11-17 ans. Sous la direction de Corinne animatrice de « Les Tabliers Gourmands »  le concours « Les P’tites Toques » 2012  remporta un vif succès. Après une sélection faite par le jury le 22 janvier, les 10 finalistes se sont affrontés en direct sur le thème final du concours : ‘Gâteaux de folies’.

1er 7 ans

Le premier prix des 7-10 ans fut accordé à Joé avec sa pâtisserie géométrique, (gâteau de 3 étages, plus macarons). Génoise nature mousse au marron, surmonté d’un glaçage au chocolat.

  1er 11 ans

Dans la catégorie 11-17 ans, Hugo avec son ‘visage des iles’, une Dacquoise avec mousse aux fruits de la passion, coulis à la mangue et bananes caramélisées fut l’unanimité du jury qui lui accorda le 1er prix.

 Rhubarbe

Mon premier coup de cœur du salon, la découverte d’un producteur de Rhubarbe de l’Aube qui élabore un pétillant ‘sec’ et ‘demi-sec’ de rhubarbe sous l’appellation ‘Mousse de rhubarbe’ et une boisson fermentée de rhubarbe. La dégustation mérite le détour, nous en reparlerons bientôt.

Alsace

Deuxième coup de cœur, la rencontre d’Anne et Roger, des passionnés de leur métier, de leur région, intarissables sur les vins d’Alsace et le Bollenberg qui fera l’objet d’une série d’articles sur le blog.

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 22:04

Mairie G

L'entrée de l'école aujourd'hui

L’enseignement primaire était alors un service public dévolu à la charge de l’Eglise et effectivement assuré par Elle.

C’est grâce aux recherches du Père Henri Dubois, curé de Varreddes dès 1920 à 1963, que nous connaissons ce qu’était l’enseignement primaire avant 1790. Laissons parler le Père Dubois :

Une tradition Varreddoise existe qui veut que l’école du village ait « été fondée par les Evêques de Meaux, lesquels l’entretenaient ». Elle est consignée dans la monographie de Camille Grésy, instituteur : « On n’a pas de date précise sur la fondation de l’école des garçons. Il parait qu’au moyen âge elle était tenue par un ecclésiastique… » ; « La maison avait été donnée à la fabrique par l’Evêque de Meaux, seigneur de Varreddes. ». Cela n’est pas surprenant, puisque Varreddes était alors la plus populeuse des quatre paroisses dites Filles de l’Evêché». Mais la charte de fondation est depuis longtemps perdue.

L'école mixte

L’école mixte, en principe, ne devait pas exister. « Nous ordonnons aux paroisses ou cela se pourra il y ait deux Ecoles séparées, l’une pour les garçons, l’autre pour les filles, quelques jeunes qu’elles soient point enseignées aux Ecoles des hommes, ni les garçons en celles des femmes, pour obvier aux désordres qui en pourroient arriver. »

Le pasteur « prendra garde soigneusement que les petites filles ne soient instruites en la même Ecole que les garçons, mais qu’en tant que faire se pourra, il y ait quelue honneste femme ou fille prenne soin de leur instruction. »

A défaut de local spécial pour les filles et en dépit des prohibitions épiscopales, l’école, à Varreddes, a-t-elle reçu garçons et filles dans la même classe jusqu’en 1682 ? Ce n’est pas impossible. Les femmes d’instituteur devaient peut-être aider leur mari en enseignant aux fillettes les matières de leur compétence.

Il serait d’ailleurs bien étrange que les Seigneurs-Evêques de Meaux n’aient rien tenté pour l’éducation des jeunes Varreddoises avant Bossuet, étant donné le grand nombre d’enfants que comptait Varreddes (400 feux).

Le local de l’école

Au cœur du vieux Varreddes, l’école formait le complément des locaux indispensables à la vie paroissiale : de l’Eglise où le maître était fréquemment appelé pour ses fonctions de clerc, du cimetière qui lui était contigu, du presbytère d’où le curé exerçait sur l’enseignement un contrôle à lui dévolu par la législation d’alors, du vicariat, du notariat, ensemble que les anciens appelaient aussi justement que plaisamment le quartier latin.

Le maître d’école.

A l’époque, La fonction était prestigieuse et Varreddes n’a jamais manqué de maître d’école. La charge était en grande estime à cause des difficultés d’admission et de la collaboration prêtée an clergé paroissial, que des honneurs reçus au chœur par le titulaire.

Défense était faite « à tout clerc paroissial, et à tout maître et maîtresse d’école de s’ingérer de vouloir enseigner la jeunesse de l’un ou l »autre sexe sans s’être premièrement présentez à l’Evêque diocésain ou a ses grands vicaires pour être examinez sue leur Foy, religion, vie, mœurs, sciences et connoissance en la doctrine chrestienne. »(Statuts de Dominique Séguier, 1654), ordonnances du Cardinal de Bissy, 1724, Duplessis II p. 620).

Le curé inspectait l’école. « Il (le pasteur) ira visiter les écoles pour voir si le Maistre se rend assidu à enseigner les enfants. S’il leur apprend la Doctrine Chrestienne, et si les écoliers profitent ; pourquoi il les interrogera et les animera à bien apprendre par des petits presents d’Images ou Agnus, qu’il fera des petits presents d’Images ou Agnus, qu’il fera à ceux qui répondent le mieux. » (Dominique Séguier, 1654, Duplessis II p.580)

L’enseignement du catéchisme était au premier plan.

« Qu’ils (curés et vicaires) le fassent apprendre par le Maître d’Ecole aux enfants.» (Jean de Belleau, 1628 ; Duplessis II, p 570.)

Au chœur, les maîtres prenaient place au lutrin. « Pour ce qui est des places du chœur, le Maître d’Ecole et les deux chanteurs seront au Lutrin avec les enfants portans la surplis. » (d° Diplessis II, p 619.)

Comme on peut le constater, il n’est point surprenant que les paroissiens témoignaient déférence au maître d’école, qui était en quelque sorte l’alter égo du pasteur.

A Varreddes, les habitants lui disaient : « Monsieur le Maître. » (Tradition citée)

L’école des filles

Dominique de Ligny, Evêque de Meaux de 1659 à 1681, avait l’intention d’établir deux filles de la Charité en la paroisse de Varreddes qu'il aurait le soin d’instruire, tant à lire et écrire, en l’école chrétienne et au travail dans une école particulière, les jeunes filles de ladite paroisse et celles de Germigny. Testament daté du 2 janvier 1680. L’évêque décède le 27 avril 1681. Bossuet installé à Meaux depuis une dizaine de mois, désireux d’utiliser le legs de son prédécesseur, met à exécution le projet d’école de fille pour Varreddes le 27 novembre 1682, et en règle les détails devant Jean Leger, notaire à Meaux.

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19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 22:16

Moulin Varreddes

                                                                                                        Photo: carte postale collection privée P. Moreau

Au XVIIIe siècle, les fermes de l’évêque et du chapitre qui constituaient cent ans auparavant une culture de 150 arpents, avaient pris de l’importance.

La première s’étendait sur près de 200 arpents(1), la seconde sur 165 m environ.

Les documents du temps montrent les laboureurs souvent victimes des intempéries et des dégâts du gibier.

Ainsi le 4 juillet 1739, un orage de grêle ravagea la contrée, ruinant les fermiers de Germigny et de Varreddes, auxquels il fallut accorder des modérations de loyers équivalentes à la moitié de ce qu’ils devaient.

Dès avant 1789, quelques-uns des privilèges du temps passé tombaient en désuétude. Les anciennes corvées s’étaient transformées ; le droit de posséder un colombier, jadis réservé au seigneur, n’avait plus guère d’importance qu’en raison du tort causé aux récoltes par les pigeons.

En 1766, on n'admettait pas précisément que chacun construisit un pigeonnier à son gré, mais on était arrivé aux concessions : un jugement du bailli de l’évêché ne défend d’établir de colombier à Varreddes qu’aux habitants n’ayant pas 50 arpents de terre à exploiter.

Le juge se réfère à l’art.70 de la coutume de Paris pour enjoindre à ceux qui ne peuvent justifier d’un droit ancien, ou qui ne possèdent pas 50 arpents sur le territoire, de détruire leurs pigeons et de fermer leurs colombiers avant le 15 février 1767.

A ce moment le délabrement de nombre de vieux manoirs contrastaient avec l’aisance des demeures de paysans. Les nouvelles maisons seigneuriales, moitié fermes, moitié châteaux, n’avaient plus d’autres tours que celle du pigeonnier ; presque partout, le colombier à pied cessait d’être considéré comme un signe de féodalité.

 

(1)L'arpent est une mesure de longueur.

Étymologiquement, c'est la distance de portée d'une flèche. En France, un arpent valait 10 perches d'arpent soit 220 pieds du Roi, égale 71,46 m ; « l'arpent des arpenteurs ».

Localement, on pouvait aussi utiliser un arpent de 10 perches ordinaires soit 200 pieds du Roi, égale 64,97 mètres.

Par adjonction du mot « carré », l'arpent pouvait aussi signifier une unité de mesure de superficie. En France, l'arpent (carré), autrement dit l'acre, mesurait toujours 100 perches carrées, quelle que soit la longueur de la perche utilisée.

Les arpenteurs utilisèrent généralement la perche de 22 pieds du Roi, dite « des eaux et des forêts » ; d'où l'acre français valant  5 107,2 mètres carrés.

Localement, on pouvait aussi utiliser la « perche ordinaire » de 20 pieds du Roi, avec un acre (ou arpent carré) de 40 000 pieds du Roi carrés égale  4 220,8 m carrés.

 

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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 21:42

betteraves

                                                                                                                               Photo: carte postale collection privée

 Ce n’est qu’à partir de 1811, que Varreddes cultive la betterave à sucre. En effet c’est le 20 avril 1811 que le préfet de Seine-et-Marne informa les maires du département qu’il était maintenant possible d’extraire du sucre de la betterave.

Le 15 janvier 1812 un décret impérial prescrivit l’ensemencement de 1.000 ha pour la Seine-et-Marne (100.000 ha pour tout l’empire).

Pour les cultivateurs,  la culture de la betterave ne fut pas au début un long fleuve tranquille.

Si l’Empire était pour la culture de la betterave, les colonies voyaient d’un mauvais œil cette culture qui leur barrait le marché.

A la fin de l’Empire, les arrivages de sucre des colonies reprirent, et en 1843, le gouvernement de Louis-Philippe déposa un projet de loi, soutenu entre autre par Lamartine, pour interdire le commerce de betteraves.

Heureusement pour nos cultivateurs, le projet échoua à quelques voix.

En 1847, seulement 650 ha sont ensemencés en betterave, mais  l’année suivante fut l’abolition de l’esclavage et le prix du sucre  des Antilles augmente tandis que la production diminue. Le sucre de betterave suppléait, les terres cultivées augmentent (2.000 ha en 1860 ; 5.700 ha en 1862 ; 16.300 ha en 1892).

La première sucrerie fut construite à Vincy-Manœuvre en 1842.

C’est en 1856 que les premières distilleries agricoles apparaissent dans le département (Rouvray et Chevry-Cossigny), puis en 1871 c’est la sucrerie de Villenoy qui traite 120.000 tonnes de betteraves par campagne. 

La culture de cette racine permit l’assolement triennal sans jachère et fit passer le paysan du début du XIXe siècle en cultivateur.

La betterave sucrière est une plante d’été qui utilise bien les apports organiques. C’est une plante qui demande beaucoup d’entretien, un nettoyage et un travail du sol en profondeur et soigné par de bons sarclages. En contrepartie elle permet d’améliorer les sols pendant de nombreuses années.

Autrefois, dès que les betteraves étaient semées, il était indispensable de les protéger des corbeaux. C’est ainsi qu’il existait des « gardeuses de corbeaux », chargées de les chasser ainsi que les autres oiseaux qui venaient partager ce festin en picorant les graines… Encore un métier qui a disparu !!

 

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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 21:48

Mont d'or

En revenant du Jura, encore une fois, j’ai succombé à la tentation en ramenant quelques saucisses de Morteau à déguster avec un Mont d’Or et des pommes de terre en robe des champs (Voir la page sur la ‘Boëte’ du 9 octobre) ou avec des lentilles accompagnées de moutarde de Meaux… Un régal.

Elle a tout pour séduire  ‘La Belle de Morteau’ avec ses rondeurs  cachées sous robe ambrée et son odeur de fumée.

Elle est tellement inscrite dans le paysage du Haut-Doubs et de France que l’’on en oublie que son I.G.P (Indication Géographique Protégée) vient seulement de souffler sa première bougie.

C’est au cœur des forêts de sapins, d’épicéas et de genévriers que naît cette ‘Belle de Morteau’, et c’est au XVIème siècle qu’elle acquière ses lettres de noblesses grâce au tuyé.

Avant le XVIe s. les Francs-Comtois conservaient la viande dans des saloirs, et en en Franche-Comté, le sel ne manque pas avec les salines royales de Salins et Arc et senans. La région est rude, les bâtisses sont massives, aux murs épais et aux toits descendant très bas. Aux environs du XVIe siècle apparait dans ces fermes cossues ou la vie de famille s’articule autour de la pièce principale : la cuisine dotée d’un foyer servant à la cuisine, au chauffage, surmonté d’une immense hotte pyramidale tout en bois : le tuyé, ou tuhé ou tué haut de 12 mètres minimum et pouvant  atteindre les 15 mètres.

Grâce à ce tuyé, la Franche-Comté devient le berceau des salaisons fumées (à manger cuite), alors que les autres régions montagneuses (Savoie, Massif Central, Pyrénées) préfèrent les salaisons sèches qui se mangent crues.

Le secret de cette délicieuse saucisse est dû à une tradition ancestrale de fabrication. D’abord la qualité de la viande. Uniquement du porc engraissé au ‘petit lait’ (lactosérum), et que des morceaux choisis : jambon, épaule, longe… Puis le grain de hachage est épais (en morceaux), tout simplement parce qu’autrefois, on hachait au couteau.

La viande est ensuite pétrie, avec un peu de sel, de poivre et selon la recette bien gardée de chaque salaisonnier qui ajoute selon son envie du cumin, de l’ail, de l’échalote, de la coriandre, du carvi, de la noix de muscade… tout cela sans aucun additif de synthèse ou de colorant, seulement un soupçon de salpêtre ayant  fonction de conservateur naturel.  Cette préparation, la ‘mêlée’ sera ensuite ‘embossée’ à la main (embossage automatisé interdit) dans le boyau naturel du porc (pas de boyaux artificiel pour la ‘Belle’).

Si le charcutier ‘embosse’ dans un boyau de 40 mm de diamètre ce sera une ‘Belle de Morteau’ traditionnelle, et un jésus pour un boyau de 60 mm.

La saucisse sera fermée d’un côté avec une ficelle de chanvre, de lin ou de coton et d’une médaille d’authentification. De l’autre côté elle sera fermée avec la célèbre cheville (qui servait à suspendre la saucisse dans le tuyé). A l’origine, cette cheville était de forme carrée, taillée au canif par les paysans, quand il ne s’agissait pas d’une simple épine … Mais attention toutes les saucisses chevillées ne sont des Morteau !

Puis, la saucisse va subir le ‘ressuyage’ (égouttage et/ou étuvage) pour éliminer le surplus d’eau et ainsi permettre à la fumée de mieux pénétrer.

Maintenant c’est l’heure où les ‘fumeurs’, ces hommes au savoir faire ancestral reçu par transmission orale vont entrer en lice. Eux seuls savent en fonction de la météo, si le fumage sera de 24 heures à 7 jours maximum. Selon la direction du vent, à l’aide d’un système de chaines manœuvré depuis l’intérieur, le ‘fumeur’ ferme ou ouvre l’un des deux volets, côté bise ou côté vent.

Le fumage doit être lent, c’est-à-dire froid, environ 20 à 25° C. Trop chaud, le fumage ferait ‘fondre’ ou fermenter et il ne doit y avoir de flammes dans le tuyé. Pour cela on utilise de la sciure qui se consume lentement sans provoquer d’élévation de température, on y ajoute parfois la ‘dais’, des branches de sapin ou de genévrier, pour donner ce goût si particulier de la saucisse de Morteau.

Mais pour mériter son nom et avoir le droit de porter ‘la cheville’, la saucisse de Morteau doit être fabriquée uniquement en Franche-Comté (Jura, Doubs, territoire de Belfort et Haute-Saône).

Comme le Brie, ce produit de terroir méritait bien sa confrérie : la Confrérie des Chevaliers porte Cheville, créée en 1993.Elle a pour but (comme celles du Brie de Meaux et de Melun) de valoriser l’image des fabricants et de la fabrication de la Véritable Saucisse de Morteau.

Le 3èmedimanche d’août, lors de la Fête de la Saucisse à Morteau les ‘Chevaliers Porte Cheville’ paradent dans les rues en portant sur leurs épaules un modèle réduit de tué, symbole du mode de fumage.

Leur  tenue se compose d’une robe couleur ambrée comme la saucisse Mortuacienne, agrémentée de parements velours marron aux manches. Un large ruban passé autour du cou supporte une médaille ronde comportant l’inscription Saucisse de Morteau sur le dessus et Franche-Comté dans le bas, au centre un toit de ferme Comtoise surmonté d’un tuyé et en dessous le sapin.

Quant au chapeau il est orné de plusieurs chevilles.

A l’occasion de la fête, un concours de la meilleure Saucisse de Morteau est organisé où la Confrérie décerne des médailles de bronze, d’argent et d’or, aux défenseurs de la « Véritable Saucisse de Morteau ».

Leur Grand Chapitre annuel a lieu en début d’année.

 

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29 décembre 2011 4 29 /12 /décembre /2011 21:37

Le brie fait son entrée

Croquant Brie

 

Et si on dégustait le brie en entrée…

Voici la recette du ‘Croquant de Brie au Miel et Romarin’ communiquée par notre confrère Philippe chef du ‘LAUREAT’ à Meaux.

1)- Prenez une ½ brick

Placez-y une part de Brie de Meaux (portion individuelle)

Déposez quelques gouttes de miel (liquide c’est mieux)

Parsemez de quelques brins de romarin

Refermez la feuille de brick le plus hermétiquement possible

La badigeonner de beurre fondu à l’aide d’un pinceau

Passez au four chaud jusqu’à coloration.

2)- Pendant ce temps, préparez la sauce au Brie :

Faîtes chauffer dans une petite casserole, un peu de vin blanc sec ou de champagne.

Incorporez quelques morceaux de Brie de Meaux et faire fondre

Rajoutez un peu de crème fraîche en fin de cuisson.

3)- Dressez l’assiette

Garnissez l’assiette d’un mesclun de salade arrosé d’une vinigrette à la moutarde de Meaux

Déposez votre croquant sur la sauce de Brie

4)- C’est prêt ! Dégustez ! C’est simple et étonnant

 



 

 

 

 

 

 

 

 

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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 17:11

Bon noël à vous lecteurs du blog.

Noël, temps  de paix, temps des rêves, des légendes, voici deux belles légendes sur « le Brie de St Faron ».

Le brie Saint Faron est une marque commerciale qui fabrique du brie de Meaux et du brie de Melun. 

 

La légende du Brie de Meaux Saint-Faron

St Faron 2002 Bl

 Selon la légende, l’ermite Saint-Fiacre, Saint patron de la Brie fabriquait des fromages pour les pauvres, dans l’ancienne abbaye octroyée par Saint-Faron, l’évêque de Meaux.

Un jour Saint-Faron commanda un fromage de Brie ‘Roi des fromages, fromage des Rois’, seulement réservé aux notables de la ville. Au même instant une malédiction frappa les vaches du pays Meldois rapidement privées de la moindre goutte de lait.

Saint Faron rompit le sort en partageant le dernier fromage «’des nobles’, avec les miséreux de la fromagerie : en effet, à mesure que son sur son ordre, Saint-Fiacre eut entamé la chair moelleuse, le fromage s’était mis à abonder, comme par enchantement.

Saint-Fiacre et l’évêque comprirent alors que le fromage de Brie devait exister pour tous sans distinction, car il était le seul mets délicat que l’homme sensible voit avec plaisir sur la table du riche, car il sait qu’à la même heure, le pauvre en compose aussi son repas.

Ainsi était né le Brie de Meaux Saint-Faron, symbole d’égalité avant même que l’homme soupçonnât qu’elle fut possible.

 

La légende de la fromagerie de Meaux Saint-Faron

etiquette melun

 Il était une fois, au VIIème siècle en terre de Brie, un jeune irlandais, nommé Saint-Fiacre, qui s’en vint vivre en ermite à Meaux, sur les terres de l’évêque Saint-Faron.

Devant la charité de Saint-Fiacre, qui fabriquait des fromages pour les miséreux, l’évêque décida de lui accorder toute parcelle qu’il pourrait défricher en une unique journée.

Alors un premier miracle se produit, car à mesure que la bêche du jeune homme avançait, la  forêt reculait. Accusé de sorcellerie, et attristé, Saint-Fiacre s’assit sur une pierre qui prit son empreinte.

Face à ce deuxième miracle, Saint-Faron le proclama ‘Saint Patron de Brie’ et fit de l’ermitage, une abbaye.

Le Saint homme continua d’offrir son délicieux fromage, redonnant force et joie de vivre à toute personne qui le goûtait. Magie, Grâce divine ? Selon les anciens, Saint-Fiacre accordait une attention secrète et rigoureuse à la fabrication de ses fromages.

Et la renommée de l’abbaye devint telle, qu’on ne tarda pas à la rebaptiser « fromagerie de Meaux Saint-Faron ».

Cette légende se raconte dans les chaumières et chacun sait que tant qu’elle vivra, dans chaque fromage de la fromagerie de Meaux Saint-Faron, l’esprit de Saint-Fiacre demeurera.

Qui sont St Faron et St Fiacre ?

St Faron ou Burgondofare, c’est-à-dire ‘le Bourguignon ».

Elevé à la cour du roi d’Austrasie, il mena une vie exemplaire avec sa femme, mais sa sœur sainte Fare (patronne de le Brie), persuada Blidechilde son épouse de prendre le voile des religieuses afin que lui-même soit accepté dans le clergé.

Vers 670, St Faron devint évêque de Meaux, il enrichit son église par des donations de biens, érigea des paroisses et favorisa les monastères.

Ses reliques furent déposées à la Ferté-sous-Jouarre.

 

St Fiacre, né au VIIe siècle, fils d’une noble famille (roi d’Écosse ou d’Irlande ?), il émigre en Gaulle et s’arrête à Meaux où il est accueilli par l’évêque St Faron, frère de sainte Fare, qui lui donne l’autorisation de s’établir comme ermite en forêt de Breuil.

Son ermitage donne naissance à la commune de St fiacre (77470).

Selon la tradition, l’évêque lui octroya la surface de terre qu’il pourrait retourner en une journée. St Fiacre se mit au travail et la bêche avançât seule.

St Fiacre partage son temps entre la prière, le travail de la terre, il cultive des légumes pour distribuer aux pauvres, des plantes médicinales pour soigner les malades et des fleurs « ces sourires de la terre » pour orner l’oratoire qu’il construit en l’honneur de la vierge Marie, et les soins aux pauvres. Il meurt vers 670.

On attribut beaucoup de guérisons à St Fiacre, en particulier contre les hémorroïdes, « le mal de St Fiacre ».

La tradition veut qu’il suffisait de s’asseoir sur la pierre où st Fiacre se reposait pour être guéri !

St Fiacre est le patron des jardiniers et des cochers, car un hôtel particulier à Paris portait son nom et dans  cette rue se garaient les voitures parisiennes qui prirent le nom de « fiacre », aujourd’hui les fiacres n’existant plus, il est devenu le patron des chauffeurs de taxi.

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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 21:09

Concours 2011 Jury

Dès 9 heures, dimanche 11 décembre 2011, étaient réunis salle Noublanche à la mairie de Meaux, les neuf membres du jury de ce 32e concours du Brie de Meaux (que des hommes…. Bonjour la parité cette année !!!) Composé de professionnels (restaurateurs, Professeurs de cuisine, Chefs de cuisine, Académie Nationale de Cuisine et un confrère allemand spécialiste de la cuisine française) il a désigné le meilleur Brie de Meaux parmi les 10 en compétition.

Concours 2011 (1)

 Puis à 11 heures, dans la salle du conseil municipal, le Grand Officier Ordonnateur ouvrit le Chapitre Exceptionnel :

Mesdames, Messieurs,

Nous sommes assemblés aujourd’hui pour célébrer avec notre confrérie un fromage deux fois millénaire : le Brie de Meaux.

Cette pâte onctueuse, succulente, fille directe du lait, c'est-à-dire de nos pâturages, est une véritable fée de haut lignage, princesse de la gastronomie française.

Charlemagne, Empereur d’Occident la préférait à toutes les autres.

Aujourd’hui se tient dans sa bonne capitale un chapitre exceptionnel de la confrérie du Brie de Meaux.

Et maintenant amis, saluons s’il vous plait chaleureusement les illustres Compagnons de la confrérie du Brie de Meaux, Roi des fromages et Prince des desserts.

Au nom et par mandement du Grand Maitre de notre Confrérie, je déclare ouvert le chapitre exceptionnel de la Confrérie des Compagnons du Brie de Meaux pour lequel ont été conviés amateurs éclairés de notre célèbre fromage.

Le Grand Officier ordonnateur héla  les sept prétendants à être intronisés Chevalier de la confrérie.

Le Grand Commandeur lu les éloges de chacun et le Grand Maitre procéda au rituel de l’intronisation.

Concours 2011Intros

Après la clôture de ce chapitre exceptionnel, furent récompensés cinq restaurateurs réputés pour la qualité des ‘Bries de Meaux’ qu’ils servent à leur table :

Restaurant ‘l’Ardoise’ à Meaux

Restaurant ‘Raconte moi tes saveurs’ à Meaux (77)

Restaurant ‘Les jardins de Vérone’ à Dammartin en Goëlle (77)

Restaurant ‘Quai des Brumes’ à Mary sur Marne (77)

Restaurant ‘Du coté de chez Jean’ à Férrières (77)

Chaque restaurateur  reçu le diplôme et l’autocollant à apposer sur leur vitrine.

Les membres du jury ayant terminé leur délibération, le Conseiller Général Olivier Morin proclama les résultats du concours :

Concours 2011 Or

N° 5 - Médaille d’or : Fabricant fromagerie Dongé ; Affineur fromagerie Dongé

Concours 2011 Argent

N° 3 -Médaille d’argent : Fabricant fromagerie Renard Gillard ; Affineur  Renard Gillard 

Concours 2011 Bronze

N° 7 - Médaille de bronze : Fabricant  S.A Pré-Forêt ; Affineur fromagerie Rouzaire

1eraccessit : S.A.S Gratiot Père et Fils ; Affineur fromagerie Dongé

2eaccessit : S.A Pré-Forêt ; Affineur Pré-Forêt

Concours 2011 Lauréats

Spectateurs, restaurateurs, intronisés et les membres de la confrérie se sont retrouvés autour du cocktail de clôture.

A l’année prochaine…

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17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 21:31

invitation

Comme tous les ans, l’Association Bienvenue en France a organisé le 6 décembre sa réception de fin d’année.

Cette année, l’Ambassade Régionale des Confréries des Produits de Terroir, du goût, de la gastronomie d’Ile de France a été conviée à cette manifestation de prestige.

La Confrérie des Compagnons du Brie de Meaux et les chevaliers du Brie de Melun ont fait déguster aux ambassadeurs et ambassadrices (accompagnés de leurs conjoints) en poste en France, les produits du terroir d’Ile de France.

L’Ile de France ce n’est pas que les bries. La Gâtine blonde, la bière du gâtinais ; les coquelicots de Nemours avec la liqueur, les chocolats aux coquelicots et les bonbons étaient en bonne place sur le stand.

    Ministère

Les produits des Trousseurs du Gâtinais (sauvegarde de la poule gâtinaise), le sucre d’orge des religieuses de Moret ; les gâteaux aux pommes, poires ont été appréciés sans oublier les cidres de la Brie et du bocage gâtinais.

ministère 3

Pour accueillir près de 800 convives, les salons somptueux du Palais des Affaires  Etrangères et Européennes avaient été mis à la disposition de l’association.

ministère 4

 

ministère 5

L’Association Bienvenue en France, accueille depuis 30 ans, les femmes de diplomates étrangers de tous les pays pour rendre leur séjour en France le plus réussi et le plus heureux possible.

ministère 7

 

ministère 8

Une Ambassadrice heureuse des produits français

L’excellence du savoir-faire et des produits de terroir de France a de nouveau au cours de cette soirée remarquable contribué à l’accueil de ces représentants des pays  étrangers.

ministère 2Cours intérieure du Palais des Affaires Etrangères

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