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8 décembre 2019 7 08 /12 /décembre /2019 17:22
241P7

Maman, nous emmenait parfois ‘aux remparts’, et au travers des grilles de protection, ma sœur et moi -même on attendait le coup de sifflet annonçant le passage imminent du train partant pour Avignon.

Qu’elle était notre joie de voir à la fenêtre de la cabine, papa nous faisant signe de la main et le mécanicien donnant un nouveau coup de sifflet, rien que pour nous, les enfants.

La gare était loin pour nos petites jambes de 5 ans, mais cela ne faisait rien… On allait pouvoir voir ‘papa’ sur sa machine.

Le train était déjà à quai… sans la machine. Quelques minutes plus tard, on entendait le bruit de la locomotive 241P7 qui arrivait en marche arrière pour s’accrocher au train.

La casquette sur la tête, les lunettes de protection des escarbilles remontées sur son front, le mécanicien venait nous faire un signe de main et repartait sur le côté gauche de la locomotive. 

Papa, après avoir garni le foyer descendait de la plateforme pour venir nous embrasser et essayer de me faire monter sur la loco… mais pas question, je n’étais pas rassuré !!! (quel regret avec l’âge).

Au coup de sifflet du chef de gare, dans un bruit assourdissant pour nos petites oreilles, dans un nuage de fumée et de vapeur, le train s’ébranlait pour Paris. Pendant presque 4 h, tout au long des 315 kms, papa allait étaler dans le foyer sur la grille de combustion 25 kg de charbon au km. Le mécanicien surveillant la pression de la vapeur dans les pistons consommant environ 100 litres d’eau au km. … Il ne fallait pas que le chauffeur ‘plante un chou’, dans la montée de Blaisy (rester en panne sur la ligne, à cause d’une baisse de pression catastrophique. Dans ce cas non seulement la machine ne peut plus tracter le train, mais il est impossible d’attiser le feu, la demande de secours est obligatoire, ce qui est une honte pour tous les roulants).

A machine de prestige, ligne de prestige ... Fleuron des grandes lignes du réseau français, Paris - Lyon – Marseille, les premières ‘Mountain’ unifiées  sont livrées au dépôt de Dijon-Perrigny en mai et juin 1948.

L’enthousiasme des agents de la gare de Dijon-Ville pour cette locomotive innovante et révolutionnaire à leurs yeux est très bien décrit dans Mémoire d'un enfant du rail d'Henri Vincenot.

Les cheminots (agents et ingénieurs) prononçaient Mountain à la Française: "Moutin".

Histoire de la Moutain.

 

Après la 2ème guerre mondiale, la S.N.C.F. prévoit des remorquer des trains de voyageurs de 700 à 800 tonnes.

Pour cela elle doit concevoir une locomotive à grande adhérence capable de rouler à 120 km/h de manière continue pour les lignes à profil difficile avec des rampes de 8mm/m à gravir (Paris-Lyon, Paris-Nancy, Paris-Belfort).

L’utilisation de locomotives de ce type : 4 essieux accouplés et ayant une puissance au crochet d'environ 2500 ch, impose de grandes roues d'un diamètre voisin de 2 m.

Ce type de machine existe aux États-Unis c’est la ‘Mountain’.

 

Ayant besoin d'engins de grande puissance de traction pour circuler sur des lignes montagneuses (d'où leur nom ‘Mountain’) et à vitesse élevée, ces locomotives étaient équipées d'un moteur à simple expansion et de roues motrices d'un diamètre maximal de 1 800 mm, à la différence des Mountainfrançaises qui étaient de type compound (système où la vapeur agit successivement dans plusieurs cylindres) et équipées de roues motrices allant jusqu'à 2 mètres de diamètre, faisant des 241 P des locomotives de vitesse destinées à des lignes de profils moyens.

 

Les 241 P ont été étudiées par le bureau d’Études des Ets Schneider, spécialistes en construction de locomotives à vapeur. Les bureaux d’études menées par deux grands ingénieurs (Georges Chan et André Chapelon), sorte une machine d’une grande élégance, d’une puissance et d’un rendement au top niveau.

Le 3 octobre 1945, la SNCF passe commande de 35 machines 241 P (1 à 35), qui seront construites et mises en service entre juin 1948 et juillet 1952.

 

Les 241-P étaient les plus grandes locomotives à vapeur d'Europe de l'Ouest, elles pouvaient franchir des courbes d'un rayon minimal de 140 mètres et capables de remorquer :

En palier, des trains de 750 tonnes à la vitesse de 120 km/h

En rampe de 4,4 pour mille, des trains de 800 tonnes à 80 km/h

En rampe de 21 pour mille, des trains de 500 tonnes à 25 km/h

Avec 174 tubes traversant leurs chaudières, elles pouvaient produire 20 à 22 tonnes de vapeur à l'heure ... brûlant dans le même temps 2500 kg de charbon.

La boîte à fumée mesurait 3 m de longueur et supportait un échappement type double « à trèfle » PLM.

La disposition d'essieux 2 ;4 ; 1 (2 essieux porteurs, 4 essieux moteurs et 1 essieu porteur).

Ces machines furent accouplées aux tenders unifiés du type 34 P d'une capacité de 34 m3 d'eau et 12 tonnes de charbon, (quelques-unes eurent des tenders du type 36 P, contenant 36 m3 d'eau et 9 tonnes de charbon).

 

Elles servirent pendant une vingtaine années et furent progressivement retirées du service (l’électrification des lignes sonnant le début de la fin de la vapeur !).

La 241 P 1 fut la première radiée le 31 décembre 1965, les 241 P 9 et 16 furent les dernières radiées le 20 novembre 1973.

Le dernier train régulier tracté par une ‘Mountain’ a été assuré par la 241 P 17 le 28 septembre 1969 entre Nantes et le Mans.

Quant à la 241 P 30 mise en service, le 28 septembre 1951 au dépôt de Lyon-Mouche et mise hors service le 12 novembre 1969 au Mans aura parcouru la bagatelle de 1 793 710 km !

Que la  Moutain  P7 est belle... 

Livrée en 1949 à Dijon au dépôt de Perrigny, en juin 1952 elle rejoint le dépôt de Marseille-Blancarde. Par la ensuite selon les besoins du service elle fait différents aller et retour entre les dépôts de Lyon – Le Mans pour terminer sa carrière à Nevers et prendre sa retraite dans les années 1967-68 en ayant parcouru 1 669 05 km !

 

Caractéristiques techniques de la 241P

Générale

Longueur hors tout de la locomotive seule : 17,172 m

Longueur totale locomotive + tender : 27,127 m (locomotive : 17,172 m ; tender : 9,955 m)

Masse à vide : 120,15 tonnes ; en ordre de marche : 131,4 tonnes

Vitesse maxi en service : 120 km/h

Roues

Diamètre des roues motrices : 2, 020 m ; les roues du boggie : 1 m ; les roues du bissel : 1, 35 m

Rayon minimal d’inscription en courbe : 140 m 

Poids :

Masse totale en ordre de marche : 131,400 t

Poids adhérents : 81,600 t ; poids par essieu moteur : 20,400 t

Chaudière

Longueur de la grille : 2,51 m pour une surface de 5,052 m2

Surface de chauffe : 244,57 met 108,38 m2 la surface de surchauffe.

Pression de la chaudière : 20 kg/cm2

Diamètre de la chaudière : 1,80 m

Tender :

Longueur du tender : 9,955 m pour une tare de 36,7 tonnes

Capacité en eau :  Le tender a une capacité de 12 tonnes en charbon et 34 men eau.

Masse du tender en ordre de marche : 82,7 tonnes (locomotive + tender : 214,1 tonnes).

Service :

Avec sa mythique plaque " MISTRAL " fixée sur la boîte à fumée, la 241P a assuré la traction du prestigieux train Paris – Marseille le " MISTRAL ".

Que la  Moutain est belle...

 

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25 novembre 2019 1 25 /11 /novembre /2019 18:54

Le 23 novembre 1944, les troupes alliées libèrent Strasbourg. 

Deux jours plus tard, grâce au service de renseignement qui avait transmis des photos aériennes montrant une concentration inhabituelle de bâtiments à 50 kilomètres de Strasbourg, les GI's  vont  découvrir pour la toute première fois un camp de concentration nazi : le camp de Natzweiller-Struthof.

Le Struthof

En haut du Mont Louise, dans les Vosges du nord, lieu de villégiature des Strasbourgeois (piste de ski l’hiver) venaient s’y divertir en famille depuis le début du siècle dernier, le Struthof laissera en 1941, la place à un camp de concentration (KL, Konzentrationslageren allemand). 

Origine du camp

Après l’armistice du 22 juin 1940 le IIIème Reich envahi l’Alsace et la Moselle.

L’Alsace-Lorraine investit, les usines, les mines et son administration est germanisée, le français est prohibé.

Hitler, qui vient de se lancer dans une série de projets architecturaux, cherche en particulier des carrières de pierre.

Le colonel SS Karl Blumberg, géologue, découvre en haut du Mont Louise, un filon de granit extrêmement rare : du granit rose. 

Sur place une ferme, un hôtel, une auberge et une petite salle des fêtes. De plus le lieu est discret, à l’écart de tout, et une ligne de chemin de fer dessert le bas du Mont Louise.

C’est l’endroit idéal pour créer le camp.

Le camp

Le 1er mai 1941, les nazis entament donc la construction du « Struthof ». 300 déportés communistes allemands et autrichiens en provenance de Sachsenhausen sont internés dans les bâtiments existants. Ils doivent tailler le chemin d'accès à la veine de granit et aménager le versant plein nord en y creusant des plateformes destinées à recevoir les 17 baraquements du futur camp.

Actif depuis 1941 sous le nom de KL Natzweiler-Struthof, il se compose du camp principal et de près de 70 camps annexes, tant en Alsace que de l'autre côté du Rhin. Au total, il recevra en moins de quatre ans 52 000 prisonniers et près de 22 000 déportés y perdirent la vie .

Prévu à l'origine pour 2 500 déportés, le camp et ses annexes en hébergeront jusqu'à 10 000 en 1944, de 32 nationalités différentes.

Le fonctionnement du camp est assuré par 80 officiers, sous-officiers, et hommes de troupes avec une organisation d'une redoutable efficacité.

Les SS font vont diviser autant que possible les déportés en mettant par exemple dans un même baraquement l'ouvrier communiste et le théologien. 

Ils exploitent également les antagonismes nationaux en mêlant Serbes et Croates, Russes et Baltes, Grecs et Albanais...

Ils délèguent aussi les taches de surveillance et de répression à une poignée d'entre eux, choisis parmi les plus brutaux et les criminels de droit commun. Ce sont les redoutables Kapos (contraction de Kameradschaftspolizei, « camarade policier »).

Les premiers déportés, majoritairement des déportés politiques et des jeunes résistants, arrivent dès le printemps 1941. 

Le Struthof, un des camps les plus meurtriers du système nazi

Comme les camps de Mauthausen et de Gusen, Natzweiler-Struthof est classé « camp de niveau III ». Il fait à ce titre partie des camps les plus meurtriers du système concentrationnaire nazi. Son objectif est l’anéantissement des opposants politiques classés NN (Nacht und Nebel, « Nuit et brouillard »).

Dès leur arrivée au camp, les effets personnels sont retirés. Les déportés doivent se déshabiller de la tête aux pieds, rasés, immatriculés et doivent mettre un uniforme rayé, seule et unique protection contre le froid et les coups de leurs bourreaux.

Natzweiler lieu d’extermination par le travail. 

Un kilomètre sépare le camp de la carrière de granit rose. Chaque jour, pendant dix heures, les détenus doivent extraire des pierres à mains nues, à l’aide d’une simple pelle et d’une pioche. 

Le granit se révèle finalement être de piètre qualité, mais le but du camp étant de tuer les déportés par le travail, les SS trouvent donc une autre activité :  démonter et réparer des moteurs d’avion pour l’armée allemande.

Les savants de l’enfer

Le camp est également le lieu d’expérimentation de trois éminents scientifiques nazis qui enseignent à l’Université du Reich à Strasbourg.

Leur mission : protéger la race aryenne, accélérer les recherches sur les fléaux qui déciment les soldats de la Wehrmacht (le typhus et les gaz mortels).

Considéré comme de simples « rats de laboratoire », les savants de l’enfer August Hirt, Eugen Haagen et Otto Bickenbach, font des tests directement sur les hommes : asphyxiés, la peau brûlée, les patients meurent dans d’atroces souffrances.

Gueule cassée de 14-18, August Hirt, SS de la première heure, enseignant l’anatomie, adepte de l'idéologie nazie, profite des hommes de ce camp pour mener à bien une expérimentation particulière : réunir un maximum de squelettes de juifs car il n’existe que très peu de spécimens de crânes et d’os de la race juive permettant des conclusions précises.

Avec l’aval d’Himmler, partisan des expérimentations médicales il fait aménager en août 1943 une dépendance de l’ancien hôtel en chambre à gaz.

86 juifs, seront ainsi gazé dans l’idée d’étudier leurs squelettes et de les exposer dans les musées lorsque la race juive aura été exterminée.

Il est également le bourreau de dizaines de Roms par ses travaux sur l'ypérite.

Eugen Haagen, spécialiste du typhus exanthématique, utilise Slaves et Tziganes dans sa quête d'un vaccin efficace. Injectant des maladies telles que la lèpre et la peste aux détenus pour analyser les effets de ces contaminations. (C’est à cause de ces expérimentations qu’une épidémie de typhus décime la population du camp en 1944). 

Otto Bickenbach mène des essais sur le phosgène en vue de trouver l'antidote à ce gaz mortel et pour cela envoie à la chambre à gaz des dizaines de Polonais et Roms.

Quelques détenus français

Gabriel Piguet, évêque de Clermont-Ferrand (seul prélat français à avoir été déporté).

Le général Aubert Frère, fondateur de l'Organisation de résistance de l'Armée, (mort d'épuisement le 13 juin 1944).

Le général Charles Delestraint, chef de l'Armée secrète, puis transféré à Dachau.

Joseph Gastaldo et André Lassagne : membres de l'Armée Secrète, déportés au Struthof après leur arrestation à Caluire en compagnie de Jean Moulin le 21 juin 1943 (transférés à la prison de Brieg (Brzeg en polonais) en Silésie.

Le prince François-Xavier de Bourbon-Parme, chef de la communion carliste, oncle du roi Boris III de Bulgarie, de l'archiduc héritier Otto de Habsbourg-Lorraine et du grand-duc héritier Jean de Luxembourg,

Max Heilbronn, créateur des magasins Monoprix et résistant français, interné en 1944 puis transféré à Allach (kommando de Dachau).

Léonce Vieljeux, Maire de La Rochelle (1930-1940) , colonel de Réserve et résistant, abattu dès son arrivée au camp le 2 septembre 1944 avec 105 autres détenus du Réseau Alliance, provenant du camp de Schirmek.

Libération

Été 1944, Strasbourg est bombardé, les SS se déchaînèrent, exécutent des centaines de prisonniers.

Puis l’ordre tomba de Berlin : il faut évacuer le camp.

Lorsque le camp vide de ses occupants sera découvert par les Alliés en 1944, le calvaire n’était pas terminé pour les déportés.

Un repli vers les autres camps, notamment celui de Dachau près de Munich, a été organisé par les SS. 

Après cette mortelle transhumance, une « marche de la mort » comme il y en eu bien d'autres à l'Est, les Américains libèrent Dachau le 29 avril 1945où quelques miraculés de Natzweiler-Struthof quittent enfin l’univers concentrationnaire.

Dénouement

Lorsque les soldats marchaient sur ce chemin bordé de sapins pour arriver au lieu-dit « le Struthof », franchissant des barbelés, découvrant des baraquements, des cellules, des murs criblés de balles et se posaient la question : à quoi a bien pu servir ce lieu, les militaires étaient loin de se douter de tout cela.

Hirt s'est suicidé en juin 45, les deux autres (pseudos) scientifiques, arrêtés et jugés par la France, ont été finalement libérés et blanchis au milieu des années 50. 

Ils sont morts paisiblement chez eux en Allemagne dans les années 70 !

Source : Charlotte Chaulin, avec l'aimable contribution de l'historien Roland Gelb 

 

 

 

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20 novembre 2019 3 20 /11 /novembre /2019 09:29
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Fresque de la table d'orientation au petit mont à Arzon

Il y a 260 ans en septembre 1759, en pleine guerre de sept ans, Louis XV décide de renverser le roi Georges II en envahissant les Iles Britanniques.

Un débarquement de plusieurs milliers d’hommes sur la Tamise est prévu depuis Ostende (Flandre), ainsi qu’en Irlande et en Ecosse.

Il demande à l’escadre de Brest d’aller chercher la troupe basée dans le golfe du Morbihan.

Le responsable de ce rassemblement est le petit neveu de Richelieu, le Maréchal-Duc d’Aiguillon, héros de la guerre de succession.

 

Une vingtaine de vaisseaux munis de 1500 canons embarque l’infanterie terrestre soit 14000 hommes sous les ordres de l’Amiral de Conflans.

Les navires sont prêts à acheminer le corps expéditionnaire vers l’Ecosse, mais les relations entre Aiguillon et Conflans, ne sont pas au beau fixe… ce qui complique le commandement.

Ce n’est pas le cas de la Royale Navy, qui bien renseignée veut stopper la flotte française.

L’Amiral Hawke disposant de quarante navires de combat bien armés avec des équipages aguerris, arrive par surprise sur la flotte française.

Le 20 novembre 1759, en pleine tempête, l’escadre française, en mauvais état et avec des équipages manquant de compétences maritimes est canonnée par les navires anglais proche des rochers des Cardinaux.

 

Le bilan est lourd côté français : 2500 hommes périront, 7 navires seront coulés, certains fuiront vers Rochefort, d’autres se laisseront échouer vers le rivage et 11 resteront confinés dans les estuaires de la Vilaine et de la Loire.

La Marine Britannique ne perdra que 2 navires et 300 hommes.

La défaite mettra fin au projet d’invasion de la Grande-Bretagne.

 

Si vous passez à Pernef, sur la commune de Damgan (56), vous verrez le canon du bateau ‘Le Juste’ qui participa à cette bataille et qui coula avec ses 130 hommes d’équipage. Les 130 hommes furent sauvés par le bateau ‘La société’ commandé par le commandant Vincent Huliocq de Pernet.

Sur un des bateaux ayant participé à la bataille des Cardinaux, l’explorateur le comte de la Pérouse fit son premier fait d’arme. Il fut fait prisonnier et libéré peu de temps après.

(Source : Table d’orientation au petit mont à Arzon)

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16 novembre 2019 6 16 /11 /novembre /2019 18:02

J’ai fait le métier que je voulais, j’ai épousé la femme que j’aime et j’ai eu les enfants que je souhaitais, voilà ce que notre père nous disait le jour de ses 90 ans.

Aujourd’hui, il n’est plus là, mais nous avons toujours au fond du cœur son sourire, sa joie et l’amour qu’il nous donnait.

 

J’ai fait le métier que je voulais… Oui et avec passion et courage. Pendant la dernière guerre, alors que certaines équipes demandaient à être ‘descendues’ des machines, tu as fait partie de ces hommes qui sont restés ‘rouler’.

Les mitraillages en ‘rase motte’ par les italiens arrivant par derrière, les allemands par devant en enfilade et les américains par largage haute altitude, la découverte de colis, de lettres, ou de personnes qui voulaient passer la démarcation (avant que la France soit complétement occupée) n’ont pas altéré la passion de votre métier à toi et au mécanicien.

 

Pendant que le mécanicien préparant la ‘bécane’ et toi ‘astiquant’ les cuivres de la cabine (avec le ‘Miror’, acheté par maman), il arrivait qu’un collègue passe au pied de ‘la plateforme’ et lance discrètement : Au Km tant, on saute ! cela voulait dire qu’un sabotage aurait lieu sur la voie, le train allait dérailler. Maintenant restait à faire comprendre et à convaincre la sentinelle allemande qui vous accompagnait qu’il devait sauter également… et surtout qu’il ne vous tire pas dessus.

Cette passion de ‘faire l’heure’ (arriver à l’heure en gare), comme les décalages horaires, la conduite de nuit, des dimanches et jours fériés faisaient partie du métier, vous l’acceptiez.

Aujourd’hui les choses ont bien changé !!!

Tu nous disais : Le mécanicien, le chauffeur et la machine ne font qu’un ! 

 

La SNCF vous octroie une nouvelle machine… La fameuse 241P, qu’il faut aller chercher à Marseille (elle était exposée à la foire). 

Pour ‘Bobèche’, le mécanicien pas question de réceptionner et de roder la machine durant le retour avec un autre chauffeur que toi, c’était tous les deux. 

Il te faut écourter de huit jours tes vacances prisent à l’occasion de ton mariage… Mais il faut se résigner…. dans quatre jours, tu seras de retour au dépôt de Périgny… Point sans faut, le déplacement durera  trois longues semaines !

 

Puis un jour, la ‘vapeur’ a fait place ‘aux électriques’… Plus vite, plus loin… Mais plus d’équipe.

Ah, cette 241P7, comme tu l’aimais.

 

Il y a 8 ans, tu as quitté ceux que tu aimais pour rejoindre ceux que tu as aimés.

Aujourd’hui, tu aurais 100 ans. La femme que tu as aimée, les enfants que tu souhaitais, nous te souhaitons un bon anniversaire.

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8 novembre 2019 5 08 /11 /novembre /2019 14:49

 

Dans la soirée du 9 novembre 1989, aux informations télévisées j’assiste à la chute du ‘Mur de la honte’ de Berlin, comme l’on baptisé les médias de l’Ouest au moment de sa construction.

D’une longueur totale de 155 km dont 43,1 km à Berlin même et 111,9 km dans les autres parties de la RDA.

Ce ‘mur de la honte’ d’une hauteur de 3,6 m au minimum, pour une largeur de 1,20m et une profondeur de 2,10m comporte 302 tours de contrôle, 93 miradors et … 20 bunkers. Pour aider les ‘Vopos’ dans la surveillance : 259 unités de chiens de garde.

 

Retour en arrière

L'Europe au début de la guerre froide (1947-1950)

Après la capitulation de l'Allemagne, les vainqueurs au cours de la conférence de Potsdam ( 17 juillet au 2 août 1945), organise le sort du pays et de l'Europe.

Mais très vite émerge la rivalité entre l'Union soviétique et les Occidentaux :  C'est le début de la « guerre froide »  

Un « rideau de fer » de Lubeck (Allemagne du nord) jusqu’en Tchécoslovaquie et au-delà sépare l'Europe en deux : d'un côté les pays occidentaux sous la protection de l'Amérique et de l'OTAN, de l'autre l'URSS et ses « satellites »

L'Allemagne elle-même est séparée en deux États ‘Allemagne de l’Est et Allemagne de l’Ouest), hostiles l'un à l'autre.

Berlin qui se trouve en Allemagne de l’Est est également partagée en deux, coté Ouest occupée par les Anglais, les Américains et la France, coté Est par les soviétiques.

 

Le 24 juin 1948, les Soviétiques, ayant rejetés la nouvelle monnaie introduite par les Occidentaux en Allemagne, le Deutsche Mark (DM), entament le blocus de l'enclave de Berlin-Ouest (883 km2 et 2,3 millions d'habitants).

 

Pendant près de onze mois, (2 juin 1948- 12 mai 1949), les Américains et les Anglais organisent un pont aérien pour ravitailler les berlinois de l'Ouest, (277 728 vols en 322 jours).

Le pont aérien résiste à l'hiver, aux brimades des Russes (projecteurs aveuglant les pilotes, interférences radio, tirs sol-sol, tirs de DCA).

Malgré les 76 morts et un coût financier considérable, les Soviétiques sont contraints à mettre fin au blocus le 25 avril 1949. Berlin-Ouest ne tombera pas dans l'escarcelle soviétique.

Quelques mois plus tard, se concrétise la division de l’Allemagne en 2 États rivaux.

 

En 1950, le land de Berlin-Ouest est constitué au sein de la nouvelle République fédérale d'Allemagne

En 1957, le statut de Berlin est conforté par son intégration dans le traité de Rome, confortant ainsi l'existence d'une enclave occidentale au milieu d'un territoire contrôlé par la RDA.

L'existence de Berlin-Ouest est insupportable pour les soviétiques, de plus les Allemands de l'Est essaient de quitter le régime soviétique. 

Chaque jour, 500 000 personnes traversent la ligne de démarcation berlinoise, à pied, par les réseaux ferroviaires et métropolitain pour se rendre au travail, faire des achats, visiter de la famille.  Ce mouvements deviennent un casse-tête pour les contrôles aux points de passage.

En 1958, déjà plus de trois millions d'allemands de l'Est ont fui la RDA pour la RFA, la plupart via Berlin. L'URSS tente un nouveau coup le 27 novembre 1958 en lançant un ultimatum exigeant le départ des troupes occidentales dans les six mois pour faire de Berlin une « ville libre » démilitarisée. Les alliés occidentaux refusent…. L'émigration continue, elle atteint en août 1961, 3,6 millions de personnes. 

Les Soviétiques prennent alors la décision de faire supprimer par la RDA la ligne de démarcation berlinoise afin d'empêcher toute nouvelle émigration et de construire un mur.

Construction du mur

Le mur de la honte

Dans la nuit du 12 au 13 août 1961, 14 500 membres des forces armées bloquent les rues et les voies ferrées menant à Berlin-Ouest. Des troupes soviétiques se tiennent prêtes au combat et se massent aux postes frontières des Alliés. Tous les moyens de transport entre les deux Berlin sont interrompus. Les pays membres du pacte de Varsovie publient, le même jour, une déclaration pour soutenir le bouclage de la frontière entre les deux Berlin.

Le dimanche 13 juin, des barbelés et des barrières provisoires sont déployés à la frontière berlinoise entre les secteurs d’occupation Est et Ouest. Les jours suivants, les barbelés sont remplacés par un mur, construit par des maçons est-berlinois, sous l’étroite surveillance des gardes-frontières de RDA. Les portes et fenêtres des façades d’immeubles sont murées et intégrées dans le dispositif de séparation des deux moitiés de la ville.

 

Les « passe muraille » du mur

Le général des armées RDA Karl-Heinz Hoffman définit le mur de Berlin comme le système de sécurité des frontières le meilleur au monde, mais l'appel de la liberté reste constant tout au long des 28 ans de l'histoire du mur. 

Des milliers d'allemands de l'Est tentent de le franchir au péril de leur vie (d'août 1961 au 8 mars 1989) par tous les moyens possibles : escalade pour la plupart d'entre eux, mais aussi souterrains, voitures spécialement transformées, fuites à la nage sur la Spree, 5 075 personnes réussissent à s'évader de l'Est pour Berlin-Ouest … Mais 588 perde la vie dans cette tentative.

Les peuples contre les dictatures

Réceptifs à la politique de transparence (glasnost) initiée trois ans plus tôt par Mikhaïl Gorbatchev, il reçoit le 7 octobre 1989, lors du défilé commémoratif du 40e anniversaire de la RDA, des acclamations : « Gorbi, Gorbi ! »

Erich Honecker, secrétaire général du Parti communiste est-allemand, doit supporter ces acclamations envers son invité.

Après ce camouflet, Honecker, laisse 18 octobre sa place à Egon Krenz, (dirigeant aussi stalinien que lui, mais rien n'arrête l'Histoire…

Le 7 novembre, un million de manifestants à Berlin-Est entraînera démission collective du gouvernement communiste.

1961: le mur devant la porte de Brandebourg

La chute du mur

Deux jours plus tard, le 9 novembre, vers 18h, Günter Schabowski, membre du bureau politique, annonce lors d’une conférence de presse la décision du gouvernement de la RDA vis-à-vis des Allemands de l'Est : 

« Les voyages privés à destination de l'étranger peuvent désormais être demandés sans aucune condition particulière ».

« À partir de quand ? » demande un journaliste.
« Autant que je sache... tout de suite », répond le dirigeant ! (Il lisait une fiche illisible et ignorait totalement si les soviétiques étaient informés de la situation)

Quelques heures plus tard, on compte déjà des dizaines de milliers de Berlinois devant les sept postes-frontière du Mur.

À 22h15, le poste-frontière à Bornholmer Straβe, est ouvert, la foule s'y engouffre dans une euphorie, sous le nez des garde-frontières est-allemands, les « vopos », qui en près de 30 ans, ont tués 239 personnes qui tentaient de franchir le Mur.

Cette fois, ils gardent l'arme au pied, comprennant que leur temps est révolu.

 

Les Berlinois de l'Est comme de l'Ouest ne se contentent pas de cela. 

Avec des marteaux, des pioches, chacun s'attaque au béton du Mur.

C'en est fini de cinquante ans de séparation et d'antagonismes entre les deux parties de Berlin et les deux Allemagnes (La République Fédérale Allemande - RFA, Bundesrepublik Deutschland, BDR, sous influence occidentale, et la République Démocratique Allemande - RDA, Deutsche Demokratische Republik, DDR, sous domination soviétique).

 

Le coût de la réunification.

Personne ne s'inquiète encore des lendemains difficiles de la réunification. 

Le violoncelliste russe Mstislav Rostropovitch (72 ans) donne un concert improvisé devant le Mur.

Rapidement, le chancelier fédéral Helmut Kohl impose une unification monétaire puis politique des deux parties de l'Allemagne. 

Le 1er juillet 1990, Helmut Kohl déclarait "Je peux dire aux Allemands vivant en Allemagne de l’Est qu’aucun d’entre eux ne vivra dans une situation pire qu’auparavant, et que beaucoup vivront mieux".

L'unité est officialisée le 3 octobre 1990, mais la facture va être lourde.

Dans son édition du dimanche 8 novembre 2009 (20 après la chute du mur), le journal allemand Welt am Sonntag publie une étude qui estime le coût de la réunification allemande à 1 300 milliards d'euros. L’équivalent de la moitié du PIB allemand de 2008. 

 

Pour les Allemands, le 9 novembre rappelle tout à la fois l'avènement de la République (1918), le pitoyable « putsch de la Brasserie » (1923), la sinistre « Nuit de Cristal » (1938) mais l’heureux jour de la chute du Mur ‘de la honte’.

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31 octobre 2019 4 31 /10 /octobre /2019 15:28
Pierre-Auguste Renoir  - Le bouquet de chrysantème (collection Musée des Arts de Rouen)

Pierre-Auguste Renoir - Le bouquet de chrysantème (collection Musée des Arts de Rouen)

La Toussaint n’a pas d’origine biblique, ni dans l’Ancien et le Nouveau Testament on ne trouve trace de cette fête.

On en trouve une première « codification » en 610 par le pape Boniface IV, qui déplace la fête au 13 mai (célébration annuelle dédiée à Marie, mère de J.C. et aux martyrs chrétiens assassinés sous l’empire romain) 

Ce jour-là, « il fait transporter dans l’ancien temple païen du Panthéon toutes les reliques des martyrs des catacombes romaines », explique le quotidien ‘La Croix’.

C’est la fin du culte des divinités romaines au profit des Saints Catholiques.

Il faudra attendre le XXe siècle pour que le pape Pie X intègre la fête des saints dans la liste des huit fêtes les plus importantes du calendrier catholique, mais la fête officielle des défunts catholiques est le 2 novembre, le lendemain de la Toussaint.

Nos ancêtres avaient une vision de la mort marquée par la peur : les morts expulsés de la cité, les cimetières étaient hors des villes.

Le christianisme inaugure une vision différente, en faisant vénérer les reliques des saints dans les basiliques. On se fait enterrer autour des églises, afin de participer à la vertu et à la force des saints. On édifie les cimetières à l'intérieur des villes.

Retour à la Rome antique au XVIIIe siècle : Sous l'influence de médecins hygiénistes (mauvaises odeurs que dégagent les corps), les cimetières sont réédifiés hors des villes. 

L’Église ayant placée symboliquement l'ensemble des défunts sous la protection des saints en fixe la Toussaint au 1er novembre et fait du 2 novembre, la Fête des morts. 

Nous avons donc pris l’habitude d’honorer nos morts le 1er novembre en allumant une bougie sur les tombes pour veiller les défunts.

Au milieu du XIXème siècle le chrysanthème signe de l'immortalité remplace la bougie et devient le symbole du souvenir qui nous lie aux défunts (manière de montrer que nous ne les oublions pas).

De plus cette plante fleurit longtemps, résiste au froid et n'a pas besoin de trop de soins.

Le chrysanthème a gagné en « popularité » après la première guerre mondiale. 

 

Clemenceau selon certains historiens ou Raymond Poincaré, alors président de la République, selon d’autres, exigea le 11 novembre 1919, que tous les monuments aux morts de France soient fleuris.

Le chrysanthème devient ainsi en France et en Belgique, la fleur des morts et des veuves « de guerre », alors qu’en Asie, il est un symbole de félicité.

Pourtant l’histoire de cette fleur avait commencé sous de meilleurs auspices. 

Chrysanthème, vient de deux mots grecs : «chrusos» (or) et «anthemis» (fleur), mais sa naissance, elle, nous vient d’Asie. 

La fleur d’or était déjà cultivée en Chine il y a 3000 ans, nommés « Ju Hua ».

Les Chinois la vénéraient et la travaillaient à la manière des bonzaïs. Le chrysanthème était cultivé pour l’ornement, l’alimentation et la pharmacopée (celles de couleur jaune et blanche sont notamment utilisés en infusions, pour leurs vertus calmantes et anti-vieillissantes).

Si vous souhaitez être heureux pour une vie, cultivez des chrysanthèmes dit un proverbe chinois.

Introduit au Japon à partir du VIIIème siècle, la légende Japonaise lui prête une naissance divine : « Un jour que Dieu Izanagi se purifiait dans l’eau d’un fleuve, ses vêtements jetés à terre se changèrent en douze dieux et ses bijoux en trois fleurs : un Iris, un Lotus et un Chrysanthème » (Dominique  Pen Du dans Le petit livre des fleurs, paru aux éditions du Chêne).

Son succès fût tel qu’il devint le symbole de l’empereur et l’emblème du pays (l’ordre du chrysanthème est la plus haute distinction Japonaise, décernée aux personnalités d’honneur, on retrouve d’ailleurs le symbole de la fleur sur les passeports japonais).

Sa symbolique d’amour et de bonheur en fait une plante privilégiée pour les mariages (On jette ses pétales sur les mariés) : le blanc traduisant un amour pur, symbolisant la fidélité, le rouge incarnant l’amour et le jaune tout comme le rose, symbolisant un amour plus fragile.

En Orient et en Extrême-Orient le chrysanthème jaune est un symbole de longévité et d'immortalité.

Aux États-Unis, la fleur est considérée comme positive (sauf à La Nouvelle-Orléans). 

En Australie, les chrysanthèmes sont offerts aux mamans pour la fête des mères.

 

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23 octobre 2019 3 23 /10 /octobre /2019 17:18

La lettre de repentance. (Archives départementales de la Côte d’Or.)

 

Lors des mouvements populaires en 1936, la France est gagnée par la grève.

La fronde arrive jusqu’à la société cotonnière de la Côte d’Or, qui possédait des ateliers de filage dans la banlieue dijonnaise (Brasey-en-Plaine, Genlis, Trouhans).

 

Une majorité d’ouvriers de cette société débraie et occupe les ateliers… Ce qui déplait fortement au patron !!

 

Aux grands maux, les grands remèdes.

Monsieur Marchal, le patron licencie les grévistes et fin juillet, demande même au préfet de la Côte d’Or, une intervention pour libérer son entreprise.

`

Pas rancunier le patron…

Il propose aux salariés ‘virés’, de se faire réembaucher en signant une lettre de repentance… mais pas du genre :

 

‘Je m’excuse monsieur le patron d’avoir fait grève et vous remercie de bien vouloir me réembaucher’.

Non, non, notre patron, veut du concret, avec noir sur blanc, la mention suivante :

 

« Regrettant de nous être mal conduits vis-à-vis de vous, en nous mettant en grève, nous vous prions de nous pardonner et en nous embauchant de nous permettre de nous racheter dans l’avenir par une conduite exemplaire ».

 

Et si aujourd’hui, les usagers demandaient aux grévistes de la SNCF, de leur faire une lettre d’excuse pour les désagréments qu’ils subissent.

``

Allez, chiche…

 

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15 octobre 2019 2 15 /10 /octobre /2019 06:27

 

Alexeï Leonov, premier homme à flotter dans l'espace vient de rejoindre les étoiles à l'âge de 85 ans.

Après le lancement de Spoutnik (4 oct. 1957), le vol de Gagarine (12 avr. 1961), les américains se lancent dans la conquête à la lune. 

Avec le programme spatial Gémini, commencé en 1964, La NASA prévoit la sortie d'un homme dans l'espace, mais l'URSS entend bien garder son leadership dans cette conquête… 

L'événement ne tardera pas, le pilote de l'armée de l'air soviétique, Alexeï Leonovdoit être le premier piéton de l'espace.

 

Pour devancer les américains les techniciens soviétiques fabriquent rapidement un scaphandre, ajoutent un sas gonflable à leur unique vaisseau spatia‘Vostpok’ qui a emporté Gagarine, vaisseau aux capacités limitées.

C'est de ce sas que Leonov sortira et rentrera. Pavel Beliayev, son compagnon, restera dans le vaisseau ‘Voskhod’ (Lever du jour en russe).

"Le 18 mars 1965 a été lancé le vaisseau spatial !" s'exclame l'agence russe et l’on a pu voir en direct à la télévision, le premier homme à effectuer une sortie extravéhiculaire…

Une mission semée d’embûches et tenue secrète (nous sommes en Russie…) jusque dans les années 70.

Une heure et demie après avoir quitté Baïkonour, Alexeï Leonov s’extrait de son vaisseau Voskhod pour flotter dans le vide interstellaire pendant plus de douze minutes, retenu par un câble de quelques mètres.

"Je m'avançais vers l'inconnu et personne au monde ne pouvait me dire ce que j'allais y rencontrer", avait-il expliqué par la suite (Pierre Baland, auteur du livre De Spoutnik à la Lune).

 

Aveuglé par le Soleil, il rejoint péniblement son vaisseau, de plus son scaphandre s'étant dilaté sous l'effet du changement de pression atmosphérique, il n'arrivait plus à rentrer. Il a donc dû ouvrir une valve du scaphandre pour le dégonfler est réussir à rentrer…

Mais les ennuis continus, pour regagner son siège, il doit absolument arriver les pieds en avant, mais Leonov rentre la tête la première. 

Après son exploit, il expliquera à la télévision russe, "je me suis demandé comment j'allais me retourner. Il y avait une telle tension, j'avais des mouches dans les yeux. Je ne comprends toujours pas comment j'ai réussi." (Pierre Baland, auteur du livre De Spoutnik à la Lune).

 

La fin de la mission est tout aussi galère…

Au moment d'entamer le retour sur terre, la rétrofusée qui doit freiner le vaisseau ne s'allume pas. 

Une procédure d'urgence est enclenchée, les 2 hommes atterrissent à 400 km de l'endroit prévu.

Et quand ça ne veut pas ça ne veut pas…

Avec le choc à l’atterrissage, leur radio se casse, l'armée ne sait pas où ils sont. 

Ce n'est que 48 heures après qu'ils sont retrouvés, hélitreuillés et présentés à la presse.

Les Soviétiques prétendront qu'il se reposaient.

 

En réalité ils étaient dans la neige, leur vaisseau été entouré par des loups affamés… Pour les Russes Leonov restera le héros d'un exploit historique et impeccable.

Alexeï Leonov aurait aussi pu devenir le premier homme à marcher sur la Lune, mais dans la course à l'espace les États-Unis dépassèrent l’URSS et c’est Neil Armstrong qui passa à la postérité en juillet 1969.  

 

Alexeï Leonov fut tout de même le commandant soviétique de la première mission conjointe Apollo-Soyouz en 1975, première marche d'une collaboration technologique qui se poursuit encore.

Décédé le 11octobre, la Russie lui rend hommage le 15.

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12 octobre 2019 6 12 /10 /octobre /2019 15:42

 

l’Exécution d'Edith Cavell

Condamné en cour martiale à Schaerbeck pour haute trahison, Edith Cavell, fut fusillée le 12 octobre 1915 par les Allemands.

Son crime ? Avoir aidé les soldats alliés à s’évader.

Fille de pasteur anglican, Edith Cavell était infirmière en Belgique au moment où éclate la Première Guerre Mondiale.

Un événement marque le destin de cette femme : l’invasion de la Belgique par l’armée allemande, alors qu’elle rend visite à sa famille en Angleterre. 

De retour à Bruxelles, elle découvre que son hôpital est devenu un établissement de la Croix Rouge au service des Allemands.

En 1914, un membre de la résistance lui demandant si elle peut cacher deux soldats britanniques blessés.  Elle décide de les cacher. 

Au total, elle aidera plus de 200 soldats français, anglais, canadiens et belges à échapper à l’occupant. Certains gagneront par la suite les Pays-Bas, la Grande-Bretagne, d’autres rejoindront leurs unités.

Ce réseau initié par des Belges de la région de Mons, fusionnera ensuite avec un réseau créé par plusieurs femmes dans le nord de la France, parmi lesquelles la comtesse de Belleville, la princesse Marie de Croÿ, Louise Thuliez et Louise de Bettignies. 

Un traite français infiltré recueille des informations qui aboutissent au démantèlement du réseau et à l’arrestation de ses membres. 

Selon une autre version, ce serait un soldat britannique qui dans un courrier intercepté par les Allemands eut l’imprudence de remercier Edith Cavell de l’avoir sauvé.

L’infirmière britannique est arrêtée le 5 août 1915, emprisonnée pendant dix semaines à la prison Saint-Gilles, elle reconnait la totalité des charges qui pèsent sur elle.

Jugée pour trahison le 11 mai, sans que son avocat ne puisse la rencontrer, son procès est expédié en moins de 5 minutes : elle est condamnée à mort.

Ne laissant aucune chance aux diplomates d’intercéder une ultime fois en sa faveur, à 2h du matin, le 12 octobre 1915 Edith Cavell fait face au peloton d’exécution, refusant qu’on lui bande les yeux ou d’avoir les mains liées. Elle est exécutée au ‘Tir national’, site militaire devenu mémorial…Elle meurt la veille de son 50e anniversaire.

C’est peu dire que le gouvernement britannique ne fit pas grand-chose pour tenter de la sauver avant son passage en cour martiale.

Sir Horace Rowland au Foreign Office déclara : « J’ai peur que ce soit dur pour Miss Cavell. Je crains que nous ne puissions rien faire ». Ce à quoi Lord Robert Cecil, sous-secrétaire d’Etat des affaires étrangères, ajouta : « toute entreprise de notre part ferait plus de mal que de bien ».

En Grande-Bretagne, cet acte de barbarie souleva une immense émotion et eut pour conséquence un doublement du recrutement au sein de l’armée britannique, atteignant 40 000 volontaires pour le combat.

Après la guerre, la dépouille d’Edith Cavell fut ramenée dans sa patrie natale. Le roi George V souhaitait qu’elle soit inhumée à l’abbaye de Westminster, mais sa famille tenait à ce qu’elle repose là où elle avait vécu.

Conduite en train spécial à Norwich, elle repose à l’extrémité est de la Cathédrale de Norwich, à quelques kilomètres de son village natal de Swardeston.  

En France, l’émotion fut considérable à l’annonce dans la presse de l’exécution de l’infirmière et résistante anglaise.

À Paris, dans le jardin des Tuileries, adossé au Jeu de Paume, un monument à sa mémoire fut offert à la ville par le journal Le Matin. Il fut détruit en juin 1940 lors de l’entrée des Allemands dans la capitale.

A Lille, une place lui est dédiée. A Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne), une rue et une école élémentaire portent son nom.

D’autres monuments ont été érigés en Nouvelle-Zélande et au Canada (Toronto), 

Pour la petite histoire dans la grande : Deux mois après son exécution, le 19 décembre, naissait à Paris, rue de la Chine dans le 20e arrondissement (adresse de l’hôpital Tenon), une petite fille. Ses parents, Annetta Giovanna Maillard, 20 ans, artiste lyrique, et Louis Gassion, 34 ans, artiste acrobate, choisirent de lui donner le prénom de l’infirmière britannique fusillée par les Allemands. Quelques années plus tard, cette petite fille : Edith Piaf, allait devenir pour tout le monde la «Môme Piaf».

 

Photo : horizon 14-18

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23 septembre 2019 1 23 /09 /septembre /2019 03:51

Il y a 70 ans, le 21 septembre 1949, était proclamée à Bonn la République Fédérale d'Allemagne (RFA).

Retour sur l’histoire :

Lors de la Seconde Guerre mondiale, Franklin Roosevelt, Winston Churchill et Joseph Staline (les « trois grands »), se réunissaient en ‘conférences interalliées’  (Téhéran en décembre 1943 – Yalta en février 45), afin de s’accorder sur la conduite des opérations alliés pour mettre fin à la suprématie des puissances de l'Axe (les forces de l’Axe : Rome-Berlin-Tokyo les 3 nations en guerre contre les Alliés).

Malte

Du 31 janvier au 2 février 1945, lors la conférence de Malte,  les Alliés se concerte pour présenter à la conférence de Yalta un front uni à Staline sur la planification de la campagne finale contre les troupes allemandes et japonaises et sur la limitation de la progression de l'Armée rouge en Europe centrale. 

Yalta

Du 4 au 11 février 1945 dans le palais de Livadia, situé dans les environs de la station balnéaire de Yalta en Crimée, a lieu une réunion des principaux responsables de l'Union soviétique (Joseph Staline), du Royaume-Uni (Winston Churchill) et des États-Unis (Franklin D. Roosevelt). La fameuse réunion de Yalta.

Les buts de la conférence de Yalta est d’adopter une stratégie commune afin de hâter la fin de la Seconde Guerre mondiale ;

Régler le sort de l’Europe après la défaite du Troisième Reich ;

Garantir la stabilité du nouvel ordre mondial après la victoire.

Ce projet pour l'après-guerre malgré les engagements des uns et des autres ne résistera pas longtemps aux réalités du terrain...

Dans les semaines qui suivent, jusqu'à la capitulation du IIIe Reich, le 8 mai 1945, les armées soviétiques occupent à grande vitesse Berlin et la partie orientale de l'Allemagne, ainsi qu'une partie de l'Autriche et toute l'Europe centrale, pendant que les Alliés occidentaux, débarqués en Normandie un an plus tôt, peinent à avancer en Allemagne occidentale.

Fort de son avantage sur le terrain, Staline en profite pour mettre en place dans les pays libérés, y compris en Allemagne, des gouvernements à sa dévotion, commandés par les communistes locaux.

Winston Churchill s'en inquiète et craint de n'avoir libéré l'Europe centrale de l'oppression nazie que pour la livrer à l'oppression communiste.

Le 12 mai 1945, Churchill écrit au président Truman : «un rideau de fer est tombé sur le front russe». Les illusions des sommets de Moscouet de Yalta se sont envolées.

Potsdam

Du 17 juillet au 2 août 1945 s'ouvre au château de Cecilienhof, près de Potsdam, (banlieue de Berlin, en Allemagne),  les États-Unis, représentés par le président Harry Truman, qui vient de succéder à Franklin Roosevelt,  le Royaume-Uni, représenté par Winston Churchill puis Clément Attlee, l'URSS, toujours représentée par l'inamovible Staline, une conférence destinée à régler le sort de l'Allemagne vaincue et de l'Europe : 

Réparations en nature, établissement de la frontière orientale de l'Allemagne sur l'Oder-Neisse, indépendance de l'Autriche, annexion par l'URSS des États baltes, de la Prusse orientale, de la Pologne orientale.

Désillusions de la victoire

La conférence de Potsdam consacre le triomphe de Staline, (dont on a oublié le pacte de non-agression avec Hitler).

Le dictateur mettant en avant les vingt millions de Soviétiques morts en combattant les Allemands pour justifier sa prééminence.

Les accords de Potsdam entérinent les gigantesques transferts de populations (Allemands et Polonais chassés de l'est, Allemands chassés de Silésie, des Sudètes, de Transylvanie etc) en se contentant de recommander qu'ils soient menés de façon «ordonnée et selon les règles humanitaires». 

Au total sont déplacés onze millions d'Allemands entre 1945 et 1947.

La conférence détruit  l’ Allemagne hitlérienne : Elle reconstitue une Autriche indépendante et neutre, reconnaît à la Pologne le droit d'administrer les provinces allemandes situées à l'est de la ligne Oder-Neisse, en attendant un plébiscite et un traité de paix et.

Enfin elle entérine le partage du pays entre les armées soviétique, américaine et anglaise tout en maintenant son unité économique et monétaire. 

Londres et Washington s'entendent pour concéder une zone d'occupation à la France libre du général de Gaulle en prélevant celle-ci sur leur propre zone.

Le document final de la conférence prévoit le désarmement et la dénazification de l'Allemagne dans le droit fil de la réunion de Yalta. 

C'est ainsi que s'ouvrira le procès des responsables nazis, le 14 novembre 1945 à Nuremberg.

Les deux Allemagne

Après la capitulation du régime nazi, Les tensions culminent dans l'Allemagne occupée.

Les rivalités entre les vainqueurs conduisent entre 1947 – 1950 au début de la « guerre froide »,  la création de deux États rivaux sur les ruines du IIIe Reich hitlérien :

A l'ouest, sur les zones d'occupation américaine, anglaise et française, une République fédérale d'Allemagne (RFA)

A l'est, sur la zone d'occupation soviétique, une République   démocratique  et libérale allemande (RDA). 

La partie occidentale de Berlin est rattachée de façon informelle à l'Allemagne fédérale.

Sources : Joseph Savès  (Hérodote)
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