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30 mars 2019 6 30 /03 /mars /2019 18:04

Dans la nuit de samedi 30 au dimanche 31 mars, nous passons à l’heure d’été.

A 2h du matin il sera 3 heures : 1 h de soleil en plus pour une heure de sommeil en moins.

Si le calendrier proposé par Bruxelles est respecté, ce changement d'heure sera le dernier passage obligatoire à l'heure d'été.

 

L’idée de changer d’heure 2 fois par an n’est pas nouvelle, elle date de 1874. Elle est de Benjamin Franklin (1706-1790) un exemple de réussite par le travail et la discipline.

Il fût imprimeur-journaliste, physicien, ingénieur (inventeur du paratonnerre) et diplomate.

Il participe à la rédaction de la déclaration d'indépendance des États-Unis, dont il est un des signataires, ce qui fait de lui l'un des Pères fondateurs des États-Unis. Délégué de la Convention de Philadelphie, il participe à l'élaboration de la Constitution des États-Unis.

Pendant la révolution américaine, la jeune République des États-Unis l’envoie en mission à Paris.

Sa mission : obtenir l’appui de Louis XVI. Il négocie en tant que diplomate non seulement le traité d'alliance avec les Français (le roi qui reconnaît la République des Etats-Unis),mais aussi le traité de Paris.

Le 4 décembre 1776, des vents contraires l’empêche d’accoster à Nantes, il débarque donc à Auray (Morbihan) dans le port de St Goustan, et gagne Nantes puis Paris par la route. 

 

Revenons à son idée de changement d’heure qui est exposée sous forme de lettre envoyée au journal de Paris qui la publie le 26 avril 1784.

Cette "lettre" est, à l'origine, la partie d'un discours dont le sujet traite des économies d'énergies naturelles (An Economical Project).

 

Il réécrit donc une partie de se discours par amitié pour Antoine Alexis-François Cadet de Vaux, éditeur du Journal de Paris qui souhaite que le sujet soit abordable par ses lecteurs.

Il la commence en décrivant la démonstration à laquelle il avait assisté lors de la présentation d'une nouvelle lampe à huile et relate la discussion qui s'en était suivie à propos du rapport huile consommée/lumière produite.

Le sujet en tête, il entre chez lui et s'endort… lorsqu’un bruit le réveille vers 6 heures du matin. Il est étonné de voir une grande clarté dans sa chambre. Il pense d'abord aux lampes à huile éclairant sa chambre mais constate, en fait, que ce sont les rayons du Soleil levant qui pénètrent dans la pièce. 

La lecture d'un almanach lui confirme que le Soleil se lèvera de plus en plus tôt jusqu'à fin juin.

Benjamin Franklin écrira :

"Cet événement me fit penser à des choses plus importantes et plus sérieuses. Si je n'avais pas été éveillé si tôt le matin, j'aurais dormi six heures de plus à la lumière du Soleil, et, par contre, aurait passé six heures la nuit suivante à la lumière des chandelles."

Et il poursuit :

En partant du principe qu'il y a 100 000 familles à Paris et que ces familles consomment la nuit 1/2 livre de bougies et chandelles par jour... En estimant de 6 à 8 heures la durée moyenne entre l'heure de lever du soleil et la nôtre... il y a donc 7 heures par nuit pendant lesquelles nous brûlons des bougies, et on en arrive au décompte suivant :

En six mois entre le 20 mars et le 20 septembre, il y a 183 nuits. 7 heures par nuit d'utilisation de bougie. La multiplication donne 1 281 heures. 

Ces 1 281 heures multipliées par 100 000 donnent 128 100 000.

Chaque bougie exige 1/2 livre de suif et de cire, soit un total de 64.050.000 livres. 

À un prix de trente sols par livre de suif et de cire on en arrive à 96.075.000 tournois de livre."1

Il conclut par :

"...une immense somme que la ville de Paris pourrait sauver chaque année !"

les gens sont obstinément attachés à leurs vieilles traditions et il sera difficile de les amener à se lever avant midi". 

Bref, c’est un raisonnement d’ingénieur : totalement mathématique, doublé d’un raisonnement de politicien : totalement absurde, car Benjamin Franklin avait pour projet non pas de décaler les heures des montres et horloges, mais de réveiller les gens plus tôt !

 

Et il propose différentes solutions :

1) Taxer d'un louis par fenêtre les habitants qui laissent leurs volets fermés.

 

2) Bougies rationnées à une livre par famille par semaine.

3) Policiers chargés d'arrêter la circulation après le coucher du Soleil exceptée celle des médecins, des chirurgiens et des sages-femmes.

4) Chaque matin dès que le Soleil se lèvera, cloches d'église et, au besoin, canon informeront l'ensemble des habitants de l'arrivée de la lumière.

Remplaçons le bruit de canon par celui d'un réveille-matin avancé de 60 minutes et l'heure d'été est née. 

 

L'idée, fut reprise en 1907 par l’anglais,William Willett(1857-1915). 

Son idée : avancer et retarder les montres. 

Dans une brochure intitulée Waste of Daylight("Gaspillage de la lumière du jour"), il explique le processus. 

Le décalage devait se faire durant 4 dimanches, à 2 heures du matin, en avril (avancer les montres) et en septembre (reculer les montres) à raison de 20 minutes chaque dimanche. 

Willett explique le choix de 2 heures du matin par le fait que c'est l'heure qui dérange le moins la circulation des trains.

L’idée de William Willettétait double :

- Passer ses loisirs à la lumière du jour (un homme gagnerait une année de "jour" à 28 ans, 2 à 50 ans et 3 à 72 ans) !!

- Et, surtout (encore une fois), économiser l'énergie destinée à produire l'éclairage artificiel. 

 

Le but de Franklin et de Willet sont commun : Passer plus de temps, pendant qu'on est éveillés, à la lumière du Soleil, non pas pour faire de la bronzette mais pour  économiser des chandelles pour l’un et du charbon producteur d'électricité pour l’autre, … plus tard, du pétrole.

 

Explication :

Entre le dernier dimanche de mars et le dernier d’octobre, nous allons perdre de l'ensoleillement durant les premières heures du matin et les gagner le soir. 

Précisons que la durée d'ensoleillement sera toujours identique pour un même jour, heure d'été ou d’hiver, mais il y a de fortes chances que cette période corresponde à celle durant laquelle nous sommes éveillés. 

Quand à nos soirées elles ont aussi des chances de se passer plus à la clarté du Soleil que sous la lumière artificielle. Nous irons donc nous coucher plus tard.

Aujourd’hui, plus question d’économie des bouts de chandelle,  notre électricité étant à 80 % nucléaire.

Alors que veut-on nous faire économiser ? 

Peut-être de l'essence, du super ou du gas-oil en roulant moins longtemps à la lumière des phares qui, paraît-il, augmente la consommation des voitures ? 

Si nous nous rendons sur le site du ministère de l'économie, des finances et de l'industrie, on lit toujours la même chose :

"L'heure d'été a été instituée en France en 1975 suite au choc pétrolier de 1974 avec l’objectif d'effectuer des économies d'énergie en réduisant les besoins d'éclairage notamment en soirée. On estime aujourd'hui à 250 000 tonnes d'équivalent pétrole (tep) les économies d'énergie annuelles résultant de la mise en œuvre du régime de l'heure d'été dans notre pays." Vrai ? Faux ? 

Allons donc lire maintenant le rapport d'une Délégation du Sénat pour l'Union européenne  faite en 1997 où la conclusion en est :

"Il ressort de l'ensemble de cette étude que les avantages annoncés ou attendus du changement semestriel de l'heure ne sont pas suffisamment importants pour compenser les inconvénients ressentis par les populations. En conséquence, la logique conduit à souhaiter l'abandon de ce dispositif artificiel et de revenir à un déroulement plus naturel du temps..."

 

Heure d'été - heure d'hiver : la meilleure formulation ?

Nous disons "heure d'été", mais pourquoi baptiser "heure d'hiver" qui n'est qu'un retour à la normale. En fait, on entre dans l'heure d'été et on sort de l'heure d'été.

Notons d'ailleurs que notre "normale" est en fait "anormale" puisque l'heure légale d'hiver est déjà, en France, avancée d'une heure par rapport à l'heure UTC du méridien sur lequel nous sommes. 

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué… 

 

Les formulations heure normale - heure avancéesont plus simples et parlantes que la définition du 

 

temps légal dans le décret du 9 août 1978 qui stipule que : "le temps légal est obtenu en ajoutant ou en retranchant un nombre entier d'heures au temps universel coordonné".

Allez, à l’heure avancée, on avance d’une heure et en octobreil y a ‘re’comme reculer : on recule d’une heure et on retrouve l’heure normale !

En France on pense que le système heure d'été - heure d'hiver a vu le jour en 1976 sous la présidence de V. Giscard d'Estaing.  En fait il est beaucoup plus ancien et remonte à 1916.

Son initiateur fut un député  des Basses-Alpe, André Honnorat.(1868 - 1950) qui proposa le vote d'une loi consistant à avancer d'une heure l'heure légale de manière à diminuer d'autant les consommations publiques d'énergie. Non sans mal, la loi est finalement votée le 19 mars 1917 par 291 voix contre 177.

 

Les débuts d’application du système.

L'un des éléments déclencheurs de l'application de l'heure d'été a été l'entrée dans les deux guerres mondiales et que ce système a souvent été abandonné entre elles (pas en France).

Aux USA, le système d'heure d'été fut appliqué en 1918 et 1919 et abandonné avant de reprendre du 09 février 1942 au 30septembre1945. 

De 1946 à 1966 les États et villes furent libre d'appliquer ou pas le système d'heure d'été. 

En 1966 le système fut appliqué uniformément aux USA du dernier dimanche d'avril (sauf en 1974, 06/01 et 1975, 23/02) au dernier dimanche d'octobre. 

En 1986, le début d'application de l'heure d'été a été déplacé au premier dimanche d'avril.

La Suisse qui n'a pas connu les deux périodes de guerre :

  • En 1941 et 1942, elle applique l'heure d'été du 5 mai 1941 au 6 octobre 1941 et du 4 mai 1942 au 5 octobre 1942
  • De 1981 à 1995, l'heure d'été commençait le dernier dimanche de mars à UTC + 1 et se terminait le dernier dimanche de septembre.
  • Depuis 1996, elle s'est alignée tout simplement sur la réglementation en vigueur au sein de l'Union Européenne.

Heure avancée pour tout le monde ?

Partant du principe que le système heure d'été - heure d'hiver a pour but de nous faire "vivre au Soleil" pendant une certaine période de l'année, peut-on adopter l'heure avancée partout dans le monde ?

Un petit peu d'astronomie élémentaire et une observation ce que se passe dans l'hémisphère Nord, va nous donner une petite explication..

Sur l'équateur, les jours ont la même durée toute l'année : 12 heures, les heures de lever et de coucher du Soleil ne varient pratiquement pas de toute l'année.

Plus la latitude va augmenter, plus la différence de durée entre le jour le plus long (solstice d'été) et le jour le plus court (solstice d'hiver) va augmenter. Elle sera d'environ trois heures sur le Tropique du Cancer. 

Sur le cercle polaire arctique, on en arrivera au point où le Soleil ne se couchera plus au solstice d'été et la durée du jour sera très courte au solstice d'hiver (moins de deux heures).

Bien entendu, les variations de durée du jour ne suffisent pas à répondre à notre question. 

Le problème se posant surtout le soir où durant la période d'éveil, nous passons plus du temps sous la lumière artificielle en hiver.

Regardons ce que donnerait un décalage d'une heure.

Sur le tropique du Cancer, le Soleil se couche aux environs de 19 H 40 heure locale en été et 18 H 00 en hiver. Instaurer une "heure avancée" devient possible. 

En partant du Tropique du Cancer vers l'Équateur, c'est de moins en moins possible au risque de voir le Soleil se coucher plus tôt en été qu'en hiver.

On devrait donc voir le système d'heure avancée dominer entre le Tropique du Cancer et le Cercle Polaire Arctique.

Bien entendu, ces constatations sont aussi valables dans l'hémisphère Sud à condition d'inverser l'été et l'hiver et d'appliquer l'horaire d'été, grosso modo, entre octobre et mars.

 

Dans le prochain article, nous parlerons des heures en France.

 

1La livre tournoisest une ancienne monnaie de compte française valant 240 deniers ou 20 sous, frappée originellement à Tours et qui fut utilisée en France sous l'Ancien régime. Elle remplace progressivement la livre parisis à partir du XIIIème  siècle mais ne devient l'unique monnaie de compte qu'en 1667

Elle disparaît au moment de la création du franc français en 1795.

Crédit photo: lalsace .fr

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26 mars 2019 2 26 /03 /mars /2019 07:01

Signature du traité de Rome

 

En 1949 dix pays européens créent le Conseil de l’Europe avec de grandes d’ambitions mais des pouvoirs dérisoires et l'Allemagne n'en faisait pas partie.

Le 25 mars 1957, à Rome, les représentants de six pays jettent les bases de l'Union européenne actuelle. Ce succès résulte de la volonté de paix affichée par les dirigeants de l'après-guerre., mais la  ratification du traité ne va pas sans difficultés. 

 

En France le député socialiste Pierre Mendès France  craint que l'industrie nationale ne supporte pas l'ouverture des frontières et la concurrence allemande et contre la signature de ce traité. 

Plus visionnaire, le général Charles de Gaulle, sollicité par ses proches d'y mettre son veto, refuse. Il écrit en marge du dossier : « Nous sommes forts mais ils ne le savent pas » (sous-entendu : n'ayons pas peur de nous ouvrir à l'Europe).

 

L'Allemagne, la France, l'Italie, les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg signent donc le traité Euratom et le traité sur la création d'une Communauté Économique Européenne (CEE). 

Le seul chef de gouvernement à faire le déplacement à Rome est le chancelier Konrad Adenauer,marquant ainsi l'importance qu'il attache à l'événement.

Moment important pour les ministres européens… la signature de ce traité mais…. à l'instant solennel de la signature, les ministres européens ne se doutaient pas que ce traité se résumait pour l'essentiel à une liasse de feuilles blanches.

 

En effet, la veille, les rédacteurs, épuisés, avaient laissé les feuillets épars sur le sol de leur bureau, se disant qu’ils les assembleront le lendemain matin.  

Mais les femmes de ménage découvrent le désordre, zélées, elles jettent les feuilles volantes à la poubelle.

Le matin les fonctionnaires découvrent du désastre, ils courent à la décharge mais ne retrouvent rien. Comme il est trop tard pour tout réécrire et qu'un report de la signature déshonorerait l'hôte italien, on décide de ne réécrire que les premières et les dernières feuilles du traité, celles qui doivent être paraphées ou signées, en intercalant entre elles une liasse de feuilles blanches.

 

Pendant toute la cérémonie, les officiels n'auront de cesse d'empêcher journalistes et ministres de feuilleter l'épais registre au risque de découvrir la supercherie.

Cette anecdote est confirmée par les sources officielles européennes et a été rapportée dans un documentaire de la chaîne Arte : Dans les coulisses du traité de Rome.

 

Le traité de Rome sur la CEE entre en vigueur le 1er janvier 1958. Il instaure un Parlement dont le siège est d'abord à Bruxelles et une Cour de Justice à Luxembourg.

Le pouvoir exécutif est confié au Conseil des ministres des pays membres, mais la mise au point des décisions est déléguée à une Commission Européenne permanente, (à Bruxelles), et dont l'influence ne va cesser de croître jusqu'à nos jours...

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14 mars 2019 4 14 /03 /mars /2019 08:16

 

2 Septembre 1969, nous sommes en pleine guerre froide entre les USA et l’URSS.

Le Pentagone, finance un projet  destiné à mettre en relation des ordinateurs via le réseau téléphonique, sous le nom d'ARPAnet (Advanced research Projects Agency network), c’est les prémices du réseau Internet.

Un premier ‘nœud’ est installé ce 2 septembre à l'UCLA (University of California Los Angeles), à Stanford (Californie) sur un mini-ordinateur Honeywell Model 516, ( mini, mais de la taille d'un réfrigérateur tout de même !!), connecté à un unique terminal. 

Un mois plus tard, un deuxième ‘nœud’ est installé au Stanford Research Institute (SRI) et connecté au premier par une ligne spécialisée de 50 Ko/s. 

Plusieurs transferts de données sont réalisés entre l'université de Los Angeles et le SRI durant le mois d'octobre 1969.  

La première trace documentée de cette connexion est datée du 29 octobre 1969. 

On est encore loin de l'internet actuel…. Il faudra encore attendre une dizaine d'années 

En 1980, Tim Berners-Lee, informaticien britannique de 22 ans tout juste sorti d'Oxford est pour six mois  en stage, au CERN (Centre Européen pour la Recherche Nucléaire) à Genève.

Pour faciliter la lecture de la base de données du centre, il conçoit une connexion directe entre mot-clé et le dossier référent. 

Ainsi naît le lien hypertexte...

Après un détour dans une entreprise britannique, neuf ans plus tard, il revient au CERN.

Il s'aperçoit que les chercheurs qui travaillent avec le centre genevois  sont confrontés à maintes difficultés lorsqu’ils doivent échanger des dossiers et des notes.

Il reprend son idée de lien hypertexte pour l'appliquer à la mise en relation non plus seulement des dossiers du CERN mais de toutes les bases de données scientifiques du monde.

Le 13 mars 1989, il soumet son projet à son supérieur, lequel le juge "vague but exciting"

Grâce à l'appui efficace de son collègue Robert Cailliau (Belge) , Tim Berners-Lee, a finalement l'adhésion du CERN. et…

Le 12 novembre 1990, les deux amis déposent le nom de la nouvelle interface : World Wide Web (« Toile d'Araignée Mondiale »). 

C'est le début d'une révolution planétaire.

Source : Hérodote 

 

Quelques dates sur l’évolution d’internet

 

1958 : Les laboratoires Bell créent le 1erModem (transmission de données binaires sur une simple ligne téléphonique).

1962 : Début de la recherche par le Département de la Défense américaine (DARPA).

1967 : Première conférence sur ARPANET.

1969 : Création du Network Working Group et connexion des premiers ordinateurs entre quatre universités américaines.

1971 : 23 ordinateurs sont reliés sur ARPARNET. Envoi du premier courriel par Ray Tomlinson.

1972 : Naissance de l’organisme chargé de la gestion d’Internet (International Network Working Group).

1973 : Définition du protocole TCP (Transmission Control Protocol)/IP (Internet Protocol)

1983 : Adoption du protocole TCP/IP et du mot ‘Internet’.

1984 : 1.000 ordinateurs connectés -10.000 en 1987 – 100.000 en 1984 et 1 million en 1992 !!

1990 : Disparition d’ARPARNET.

1993 : Apparition du navigateur web NCA Mosaic.

2000 : Explosion de la bulle Internet, 368 400 00 d’ordinateurs connectés.

2014 : Le milliard de site web est franchi.

 

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9 mars 2019 6 09 /03 /mars /2019 10:55

 

Meaux le 9 mars 1789

 

Comme en mars 2019, en 1789 eut lieu des réunions afin de rédiger des cahiers de doléances…

En 1789, Louis XVI décide de convoquer les Etats-Généraux du royaume afin de trouver un remède aux problèmes financiers de l’Etat et d’engager des réformes qui paraissent indispensables.

Dans tous les baillages du pays, dans les villes comme dans les villages, les trois ordres : noblesse, clergé et tiers-état se réunissent et rédigent des cahiers de doléances en vu de l’assemblée des Etats Généraux.

A Meaux, les procès verbaux de la réunion de l’ordre de la noblesse qui se tient à l’évêché le 9 mars, ont été conservés.

Après de nombreuses journées de débats, un texte est adopté le 18 mars par l’ordre de la noblesse. Il reçoit l’approbation totale du clergé, mais fait l’objet de deux réserves exprimées par le tiers-état.

Le 21 mars enfin, les trois ordres font connaître leurs députés respectifs qui devront siéger aux Etats-Généraux du mois de juin.

Les députés du tiers-état sont Messieurs Houdet, maire de Meaux, Désécoutes et Ménager. 

La noblesse est représentée par d’Aguessau et le comte de Clermont.

Enfin, le curé d’Isle-lès-Villenoy, Barbou, et l’abbé Ruellème, de l’abbaye de Saint-Faron, représente le clergé.

 

L’histoire est un éternel recommencement !!

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1 mars 2019 5 01 /03 /mars /2019 18:11

Concorde à Roissy

Concorde prend son envol

Ce dimanche 2 mars 1969 au matin, l'aéroport de Toulouse-Blagnac baigne dans la brume.

En début d'après-midi le ciel se dégage, signal de feu vert pour le premier essai en vol de l'appareil franco-britannique : Concorde "prototype 001".

Aux commandes, le pilote d’essai André Turcat, le co-pilote Jacques Guignard, Michel Rétif le mécanicien navigant et l'ingénieur Henri Perrier, sont concentrés sur les instruments et le vol.

Ce premier vol qui a duré 27 minutes ne vise pas à établir un record de vitesse mais à "montrer que l'avion vole" et à "revenir au sol", explique André Turcat. : Une simple boucle au-dessus de la Garonne à allure réduite et train d'atterrissage sorti.

Blouson de cuir noir, cravate et chemise blanche sur combinaison de vol gris-bleue, André Turcat livre ses premières impressions, une demi-heure après l'atterrissage. "Nous voyons que la machine est fameuse".

Il faudra encore près de sept ans et 5.500 heures de vol d'essai pour que Concorde soit autorisé à entamer sa vie commerciale, sous les couleurs d'Air France et British Airways.

Dans son livre "Concorde", André Turcat écrira au sujet de ce vol d’essai : À bord, trois des quatre systèmes d'air conditionné sont en panne. La chaleur des calculateurs embarqués fait rapidement grimper la température. "Sous nos casques, nous suons bientôt à grosses gouttes".

Mach 1 sera passé en octobre 1969 et Mach 2, un an plus tard.

 

Naissance de Concorde

L’aventure du transport aéronautique supersonique commence à la fin des années 50, les britanniques sur le De Havilland Comet et les français sur le projet Super Caravelle.

Le 29 novembre 1962 les deux programmes fusionnent et en décembre 1967, Concorde sort du hangar de Toulouse.

Pendant ces 5 années l’avion subira toutes sortes de tests au sol et en vol.

IL reçoit son certificat de navigabilité, le 10 octobre 1975.

Toulouse pour la France et Filton pour l'Angleterre seront les deux centres de production des appareils. 

Paris-Dakar est la première sortie hors de France de Concorde (un vol de 2H30).

 

Son nom

Bien que Concord (sans ‘E’) à l’anglaise et Concorde (avec un ‘E’) à la Française désigne à l’identique ‘entente’ dans les deux langues, le nom a été longuement discuté.

Le britannique Tony Benn, secrétaire d’Etat aux technologies tranche en 1967 : le ‘E’ final sera ajouté à ‘Concord’ pour signifier ‘Excellence’, ‘England’, Europe’ ‘Entende cordiale’ !

 

Premier vol commercial

21 janvier 1976 : c’est le premier vol commercial de Concorde /Air France. 

Cent passagers  embarquent, à l’aéroport Roissy – Charles-de-Gaulle, pour Rio de Janeiro(Brésil) via Dakar (Sénégal), pour un vol de 9 740km  qui va durer 7h26min. Le prix du voyage aller et retour est (à l’époque) de 6 425 francs.

Voler à plus de deux fois la vitesse du son pendant plus de 3 heures aucun avion, civil ou militaire, autre que Concorde, n'est capable de réaliser cet exploit. 

Pour mémoire, Lindbergh en 1927, avec son Spirit Of Saint Louis, a traversé l'Atlantique Nord dans le sens New York - Paris en 33 heures et 30 minutes, Concorde le jour de Noël 1989 a parcouru la même distance en 2 heures 59 minutes 40 secondes !! 

On prend l'avion mais on vole sur Concorde, c'est bien là toute la différence de ce bel ‘oiseau blanc’.

A la même seconde, un Concorde de la British Airways s’envolede Londres-Heathrow, pour Bahreïn (un vol de 4h10 et un trajet de 5 655 km).

 

Echec commercial

 Au moment du premier vol Paris-Dakar, 74 commandes ou options on été prises par 16 compagnies aériennes dont 8 Nord Américaines, mais la crise du pétrole en 1973 et les pressions écologistes entraînent en quelques mois l'annulation générale des commandes. Il est donc décidé de construire que 20 appareils (Air France  et British Airways seules exploiteront Concorde).

Initialement prévue pour 1976, l’ouverture de la ligne Paris-New York, n’aura lieu, suite à l’interdiction de survol des Etats-Unispar les avions supersoniques civils, l’opposition des riverains et des associations écologiques, qu’en 1977 et il faudra un procès donnant gain de cause à Concorde, pour que celui-ci puisse se poser sur l’aéroport John-F.-Kennedy, ce 22 novembre 1977… En à peine plus de 3h30, le vieux continent et les Etats-Unis sont reliés. 

André Turcat fait partie du voyage ainsi que Maurice Bellontequi avec son compagnon, Dieudonné Costes, effectua cette même traversée, 47 ans plus tôt en… 37 heures !!

 

Faisons ce  vol Paris-New-York

Avec son aile Delta (en forme de triangle isocèle), son nez basculant permettant d’adapter la visibilité et la pénétration dans l’air suivant les différentes phases du vol, on admire sa ligne.

Commençons par faire le plein : 92 à 95 tonnes de carburant pour en consommer 80 tonnes environ. Au roulage on consomme 1 tonne de kérosène.
Avec près de 70 tonnes de poussée au décollage, soit 160 000 CV et malgré ses 185 tonnes l’avion atteint près de 400 km/h en 30 secondes (et pourrait battre pendant le roulage n'importe quelle Formule 1).

Le décollage s'effectue avec la post combustion sur les quatre moteurs Rolls-Royce/Snecma Olympus 593 développant 17 260 Kg de poussée.

De suite après le décollage, la Post Combustion est coupée pour prendre une vitesse antibruit de 280 nœuds (environ 500 km/h). Le commandant de bord augmente progressivement sa vitesse en prenant de l'altitude pour passer le mur du son (Mach 1) au dessus de la Manche (vers Brest). 

Il lui faut alors 1/2 heure pour passer de Mach 1 à Mach 2.

A Mach 2 et à 18 000 mètres d’altitude on va parcourir 100 km toutes les 3 minutes soit 555 mètres par seconde et consommer 1 tonne de kérosène.


A cette vitesse, malgré le froid qui règne à l'extérieur, environ -57°C, le fuselage de l'avion va atteindre une température de +127°C, ce qui va provoquer un allongement de Concorde d'environ 23 cm.
 

On est parti depuis 3H 30, on arrive à New-York… en mettant les reverses, car c’est le seul avion civil qui ne dispose pas d'aérofreins.

La masse à l'atterrissage des 110 tonnes environ, touche la piste à près de 300 km/h pour s’arrêter sur 2400 mètres.

Après un vol comme celui-ci, il n’y a pas à regretter le prix Aller/retour du billet (Dans les années 1990 environ 30 000 Francs (4500 €) et en 2001 pour le même trajet (8000 à 9300 €). 

Avec le ‘grand oiseau blanc’, les mots ont changé : On prend l’avion mais on vole sur Concorde, c’est toute la différence.

 

L’accident de Gonesse

Il est presque 17h00 ce 25 juillet 2000 lorsque le vol 4590 d’Air France, décolle de la piste 26 de Roissy Charles de Gaulle à destination de New York. 

Une lamelle en titane de 43 centimètres sur la piste de décollage sera à l’origine de l’accident. 

Cette bande d’usure en titane provenant d’un DC 10 de la Continental Airlines, parti queque minutes plus tôt.

Elle fait éclater un pneu dont les débris viennent percuter les réservoirs et provoquent une réaction en chaîne, aboutissant au drame.

Un feu important se déclare sous la voilure gauche, des problèmes moteurs apparaissent peu après sur le moteur 2 et momentanément sur le moteur 1. L'avion ne peut ni prendre d'altitude ni accélérer. L'équipage constate que le train ne rentre pas. À la vitesse de 200 nœuds et à l'altitude radio sonde de 200 pieds, Concorde vole pendant environ une minute. Le moteur 1 s'arrête. L'avion s'écrase sur un hôtel au lieu-dit La Patte d'Oie de Gonesse (95).

Le bilan est lourd : 113 victimes (membres d’équipage, passagers et clients de l’hôtel).

Les vols commerciaux de Concorde, Air France et British Airways sont suspendus. Ils ne reprendront qu’un an plus tard, le 7 novembre 2001.

 

Fin de concorde

L’accident de Gonesse, plusieurs incidents techniques ayant émaillés certains vols suivant et la non rentabilité de ses rotations ont raison du supersonique. 

La retraite est annoncée, par la compagnie, le 10 avril 2003.

 

Premier vol commercial d’un Concorde Air France

Le 31 mai 2003, le vol AF001 reliant New York à Parisse pose une ultime fois sur le tarmac de Roissy.

Une foule immense est venue lui rendre hommage autour des pistes de l’aéroport. 

Le dernier vol du Concorde de la British Airways eu lieu le 24 octobre de la même année.

La fin de vie de cet avion mythique s’effectue dans plusieurs musées de villes d’Europe ou des Etats-Unis.

Le 27 juin 2003, Concorde se pose une dernière fois à Toulouse pour être exposé au musée aéronautique Aéroscopia.

L’homme qui a ouvert l’ère Concorde, André Turcat , fait parti de ce dernier voyage en disant: "Concorde, c’est trente ans de rêve qu’on a communiqué à tout le pays".

André Turcat est mort le 4 janvier 2016 à 94 ans.

Caractéristiques techniques

Longueur : 62,10 m        Envergure : 25,56 m 

Hauteur : 11,40 m           Largeur fuselage : 2,87 m

Longueur entre trains : 18,19 m 

Largeur entre trains : 7,72 m 

Passagers : 100

Personnel navigant technique : 2 pilotes + 1 ingénieur mécanicien 

Personnel navigant commercial : 6

Masse à vide : 77.500 kg 

Masse maximum hors carburant : 92.080 kg    Charge nominale : 11.340 kg 

Charge maximale : 12.700 kg     Capacité maximum de kérosène : 119.280 litres (95 tonnes)

Motorisation : 4 turboréacteurs Rolls-Royce Snecma Olympus 593-610

Poussée : 4 * 17.260 kgp soit 69.040 Kgp au total

Rayon d'action maximal avec phase supersonique : 6.580 km 

Rayon d'action maximal sans phase supersonique à Mach 0,95 et 9.100 m : 5.110 km

Altitude de croisière : entre 16.000 et 18.000 m

Vitesse de croisière : mach 2,02, soit environ 2.179 km/h à 18.000 m

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25 février 2019 1 25 /02 /février /2019 10:33
La Mère 6 sous

 

 

De passage à Vannes, nous découvrons en plein centre piétonnier au fond d’une impasse un petit restaurant haut en couleur : ‘La mère 6 sous.’

Au regard du menu : selon l’humeur du chef... ; Nous entrons.

Le décor des deux salles nous emporte dans une brocante : un ancien poste de radio, un ancien landau des années 50 et des affiches et photos d’époque…

 

Le menu arrive, en première page l’histoire de ‘La mère 6 sous’ :

Georgette est née en 1916 en Alsace. Son père, rémouleur, passait de rue en rue, aiguisant les couteaux en échange de menue monnaie.

La petite famille ne roulait pas sur l’or mais Georgette ne ressentait aucun manque, car son frère, sa soeur et elle, avaient toujours l’assiette bien remplie par une maman qui faisait des miracles avec peu de denrées.

Le week-end prenait des airs de fête, le père mettait son joli bleu du dimanche fraichement repassé, et la mère préparait sa flammekueche et son  parmentier de bœuf qui parfumaient la maison.

Après le repas, le père prenait son accordéon et accompagnait la mère, qui es d’une belle voix reprenait les airs célèbres de ces années là.

Les années passèrent, Georgette devint une ravissante femme, faisant tourner le cœur des garçons. Elle travaillait dans un bistro, proche des halles où les garçons « boucher » s’empressaient à leur  pause du midi de venir déguster un bon pot-au-feu.

Elle fit la rencontre de Victor, son bel amoureux pour qui son cœur chavira.

Ils partirent en noces, et furent heureux jusqu’à ce triste jour de septembre 1939 où Victor dû prendre les armes et partir au front, et ne revint jamais.

Georgette, veuve inconsolable, décida de quitter l’Alsace pour rejoindre sa grande tante qui habitait en Bretagne et tenait un petit bistro à Vannes.

Cette vieille dame n’ayant pas d’enfants, considéra vite Georgette comme sa propre fille.

Lorsque sa grande tante ferma les yeux, Georgette hérita de son bistrot et affiche le prix de chaque plat à 6 sous permettant ainsi aux plus pauvres de s’offrir un moment de bonheur. Et pour parfaire ces moments heureux,  un accordéoniste venait à la fin de chaque repas accompagner Georgette dont la voix au joli vibrato n’avez rien perdu de sa douceur.

La légende de la mère 6 sous était née.

Elle mourut heureuse ayant apporté beaucoup de bonheur autour d’elle, laissant ce beau restaurant, dont les murs embaument encore le fumet de ses  bons plats et résonnent de sa jolie voix…

 

La cuisine est traditionnelle avec des spécialités locales, sans chichi mais avec générosité et si le service est à l ‘avenant il n’en est pas moins très sympathique.

 

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17 février 2019 7 17 /02 /février /2019 17:58

Trois couleurs pour la France

 

Les rois de France, jusqu'à la Révolution, changent d'emblème à leur guise et nul ne se soucie de vénérer leurs couleurs. 

C’est sous Henri IV (1589-1610), que les couleurs bleu, blanc et rouge commencent à émerger.

 

Le 17 juillet 1789, peu après la prise de la Bastille, Louis XVI est accueilli à l'Hôtel de Ville par une foule arborant sur la tête une cocarde aux couleurs de Paris : le bleu et le rouge.

 

L’origine du drapeau tricolore reste encore largement méconnue, cela laisse la place à de multiples récits et anecdotes (pas toujours vérifiés) mais rendent la naissance du drapeau national plus pittoresque voire poétique.

 

Ainsi, La Fayette, raconte dans ses Mémoires qu’ il obligea Louis XVI à porter la cocarde tricolore, signe de « l'alliance auguste et éternelle entre le monarque et le peuple», pour se rendre à l’hôtel de ville de Paris le 17 juillet 1789 (3 jours après la prise de la Bastille).

Le blanc représentant la monarchie, le bleu et le rouge, la ville de Paris.

Devenu chef de la Garde nationale le 31 juillet 1789, il aurait officialisé la cocarde tricolore en la remettant solennellement à la municipalité de Paris avec ces paroles : « Je vous apporte une cocarde qui fera le tour du monde ».

Cette démarche est également revendiquée par  Jean Bailly, maire de Paris.  

Pour d'autres témoins, c'est le roi en personne et de sa propre initiative, qui a associé les rubans bleu et rouge de la Garde nationale à sa cocarde blanche. 

Ceci dit, il n'est pas certain non plus que le roi se soit présenté devant les Parisiens avec la cocarde blanche qui le définit comme chef des armées !

Toujours est-il que l’année suivante, lors de la Fête de la Fédération au Champ de Mars, la cérémonie est entièrement pavoisée de bleu, blanc et rouge.

 

Jacques François de Menou (député de la noblesse de Touraine aux Etats Généraux en 1789), lors de la séance du 24 octobre 1790 à  l'Assemblée nationale fait adopter le remplacement du pavillon blanc des vaisseaux de guerre et navires de commerce français par un pavillon à trois bandes verticales : rouge près de la hampe, blanc au centre (cette bande sera plus large que les autres) et bleu enfin.

 

C’est le 15 février 1794 (27 pluviôse an II), sur l'initiative du pasteur André Jeanbon, (dit Jeanbon Saint-André), député de Montauban, que la Convention Nationale décrète qu'à compter du 1er prairial An II(20 mai 1794), le pavillon sera formé des trois couleurs nationales disposées en trois bandes égales posées verticalement »pour mettre fin à la fantaisie des couleurs dans la Marine française, sujette à confusion dans les combats.

Ces règles destinées aux pavillons des navires s'appliquent dans la foulée à l'ensemble des drapeaux de la Nation.

La légende voudrait que ce soit le peintre Louis David qui ait choisi l'ordre des couleurs… pour des raisons d'esthétisme que le bleu soit fixé à la hampe.

Peu importe, le drapeau tricolore prend sa forme définitive.

 

À plusieurs reprises, le drapeau tricolore fut menacé.

Il disparaît avec le retour de la monarchie de 1814 à 1830, puis lors des « Trois glorieuses », les 27, 28 et 29 juillet 1830 les républicains arborent sur les barricades, , le drapeau tricolore comme signe d'insurrection et de ralliement contre Charles X. 

Louis-Philippe réaffirme que le drapeau de la France est le drapeau bleu, blanc, rouge et proclame : « La nation reprend ses couleurs ».

 

Lors de la proclamation de la République, le 25 février 1848, les insurgés veulent un drapeau totalement rouge. Lamartine, homme politique harangua la foule et en poète trouve les mots pour sauver le drapeau national : « ... le drapeau tricolore a fait le tour du monde, avec le nom, la gloire et la liberté de la patrie. [...] Si vous m'enlevez le drapeau tricolore, sachez-le bien, vous enlevez la moitié de la force extérieure de la France, car l'Europe ne connaît que le drapeau de ses défaites et de nos victoires dans le drapeau de la République et de l'Empire. En voyant le drapeau rouge, elle ne croira voir que le drapeau d'un parti ; c'est le drapeau de la France, c'est le drapeau de nos armées victorieuses, c'est le drapeau de nos triomphes qu'il faut relever devant l'Europe. La France et le drapeau tricolore, c'est une même pensée, un même prestige, une même terreur au besoin pour nos ennemis (Alphonse de Lamartine).

Le drapeau tricolore est aujourd'hui le seul emblème national de la France, défini par l'article 2 de la constitution de la Cinquième République.

 

Le pavillon particulier de la Présidence de la République.

Il apparaît pour la première fois avec le décret du 20 mai 1885 qui précise : « Le bâtiment monté par le président de la République arbore au grand mât le pavillon carré aux couleurs nationales, au centre duquel ses lettres initiales sont brodées en or. Toute autre marque distinctive est alors rentrée. L’embarcation montée par le Président de la République porte le même pavillon à l’avant et le pavillon national à la poupe».

 

La plupart des présidents de la République ont orné le  blanc du drapeau national de leurs initiales.

Chef de l'État français pendant la Seconde Guerre mondiale, le maréchal Pétain,  fait frapper le blanc de son pavillon personnel de son bâton de maréchal orné d’une francisque

 

Le général de Gaulle choisit de reprendre sur sa marque personnelle ‘la croix de Lorraine’, symbole de la France libre. 

 

 

 

Valéry Giscard d'Estaing choisit, un faisceau de licteur 

 

 

 

 

François Mitterrand un arbre, mi-chêne mi-olivier. 

 

 

 

Jacques Chirac, a utilisé un drapeau tricolore sans autre signe distinctif,  ainsi que les Présidents suivants.

 

 

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11 février 2019 1 11 /02 /février /2019 10:56

C’est au cours d’un circuit pédestre de la pointe de Kerners et de la Palisse, que l’on découvre sur le coté du chemin, l’allée couverte du Grand Niol, édifice mégalithique, entre Arzon et Kerners (56).

Ce monument mégalithique compte parmi les premières architectures de pierre édifiées dès le Vème millénaire par es sociétés d’agriculteurs/éleveurs du Néolithique.

Ces constructions, exposées au fil du temps à diverses dégradations, nous parviennent aujourd’hui sous différentes formes plus ou moins complètes.

L’allée du Grad-Niol apparaît conservé sous l’apparence d’un monticule de terres et pierres appelé ‘tumulus’ abriant un tombeau mégalithique communément désigné par le terme de ‘dolmen’.

Ce tombeau, constitué de gros blocs de granit entre lesquels s’intercale une maçonnerie de pierres sèches, présente un couloir conduisant à une chambre funéraire dotée d’un petit cabinet latéral aménagé à l’entrée.

Exploré en 1895 par F. Gaillard, l »édifice a livré les restes d’un équipement mobilier composé d’outils en pierre (pierre de flèches, haches polies), d’éléments de parure (variscite*) et quelques fragments de céramiques.

On remarque la présence d’éléments en béton, qui résulte de restaurations effectuées depuis 1936 afin de préserver l’équilibre fragile de cette structure menaçant de s’écroule.

Plusieurs piliers portent des gravures typiques du répertoire de l ‘époque : signe en U, en crosses, en écussons, haches emmanchées.

Ces gravures, dont les tracés se perdent parfois dans les cassures, témoignent du réemploi des dalles ornées, prélevées sur quelques autres architectures pour servir de matériau de construction.

Les surfaces des deux dalles de couverture conservent la cicatrice d’une tentative de débitage beaucoup plus récente (ligne de mortaises modernes), attestant la pérennité de cette pratique de récupération des matériaux responsable de la disparition d’un bon nombre de monuments mégalithiques.

Quitter le chemin de randonnée pour admirer ce monument vaut le détour, respectons et protégeons  cet héritage.

 

Sources : panneau iconographique : C. Boujot – Service Régional de l’Archéologique de Bretagne.

 

*Variscite : Phosphate hydraté naturel d’aluminium, orthorhombique.

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1 février 2019 5 01 /02 /février /2019 16:44
Nouveau clocheton

Mardi 30 octobre ; j’assistais avec un grand nombre de Sarzeautins à la mise en place du clocheton de l’église Saint Saturnin (Evêque martyr de Toulouse).

Spectacle  impressionnant de voir s’élever à 26 mètres du sol ce clocheton de 9,5 mètres de hauteur, 2,7 m d’envergure et d’un poids de 5,4 tonnes (8 tonnes avec sa cloche).

Retour en arrière sur l’église et cette rénovation.

 

L’église St Saturnin

L’église actuelle datant du XVIIème siècle  a été reconstruite suite à l’effondrement de la toiture  sur l’emplacement d’une première église, qui a règnée pendant 7 siècles (elle était certainement de style romane). 

Le 6 aout 1683, bien que la reconstruction n’était pas terminée, tout Sarzeau assistait à la bénédiction de la nouvelle église dont la première pierre avait été posée par le recteur Vincent de Serent le 8 septembre 1670.

Sur cette nouvelle église, à la croisée du transept s’élevait un clocheton, qui au cours des siècles s’est détérioré et menaçait outre la sécurité, la charpente de l’église.

En 1989, la municipalité décida de retirer le clocheton, ce qui fut fait le 16 mai.

Fin février 2018 commençait le chantier  de rénovation de la charpente afin d’accueillir le nouveau clocheton avec sa cloche.

Une des difficultés techniques de ce chantier fut l’absence de documents originaux : pas de plan du vieux clocheton et comble de malheur, le clocheton avait été détruit lors de sa dépose !! Seule la croix de 2 mètres de haut en fer forgé et équipée d’une girouette a été conservée et retrouvera sa place au dessus du clocheton. 

L’architecte du chantier a dû faire des relevés sur place et reconstituer l’ensemble grâce à des photos et aux documents d’époque.

La fabrication de cette structure en chêne a nécessité plus de 500 heures de travail dans les ateliers Perrault installés depuis 1760  dans la région Angevine à St Laurent ce la Plaine.

Ensuite le clocheton, transporté sur le parvis de la mairie le 3 septembre 2018 où Sarzeautins et visiteurs ont pu pendant les deux mois de travaux découvrir le travail des professionnels de l’entreprise Lesturtel, recouvrir cette charpente de plomb et d’ardoise comme à l’originale.

 

Restauration de la cloche

Des réparations de soudure étaient également nécessaires à la bélière d'une des cloches de l'église.

Cette cloche, don du capitaine des douanes Yves-Joseph Cadet avait été fondue en 1847 à Villedieu, dans la Manche.

Le parrain effectif, Paul Roucel, capitaine, fils d'un ancien maire de la commune et la marraine Louise du Bodan, propriétaire du château du Guerric, assistaient le 5 octobre 1849, à la bénédiction de cette cloche.

Yves-Joseph Cadet , son généreux donateur qui devait être le parrain, n'eut jamais le plaisir d'entendre le tintement de sa cloche, ayant disparut en janvier 1849.

 

La nouvelle cloche

Avant de rejoindre le sommet du toit de l’église, dimanche 28 octobre, à l’occasion de la messe dominicale eu lieu le baptême de la nouvelle cloche ‘Anne-Marie’, en présence des autorités civiles, religieuses et Annie Larzul, Yves Borius, ancien maire de Sarzeau (qui avait fait déposer le clocheton) marraine et parrain.

Le prénom de la cloche ‘Anne-Marie’ fut choisi par monsieur David Lappartient (maire de Sarzeeau) très attaché au prénom d’Anne de Bretagne, et par le père Joubaud, curé doyen de la commune, en hommage à Marie.

Ce nouveau clocheton devrait orner l’église pour les 400 prochaines années… Un pan de l’histoire  de Sarzeau est retrouvé !

 

Nouveau clocheton
Nouveau clocheton
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20 janvier 2019 7 20 /01 /janvier /2019 18:04

Cet été au cœur de la Bretagne, nous découvrons Ploërmel et son horloge astronomique

 

Genèse de cette horloge :

A Ploërmel, au coeur de la Bretagne, Jean-Marie de La Mennais et Gabriel Deshayes, fondent l’Institut des frères de l’Instruction Chrétienne.

Le frère Bernardin (Gabriel Morin 1812-1876), professeur de mathématiques, d’astronomie et de navigation dans les trois unités d’enseignement fonctionnant alors de pair dans cette institution (collège secondaire, école primaire supérieure et noviciat des frères), voulu dans un projet pédagogique créer une horloge astronomique pour illustrer ses cours.

Entièrement imaginée par le Frère (Des calculs complexes réalisés uniquement avec un compas et un rapporteur) et construite avec ses élèves, le soir après les cours, entre 1850 et 1855 

Les élèves ont dû fabriquer chaque pièce (1200 pièces d’engrenages et 250 pignons) dans du carton avant de demander aux frères artisans de les modéliser en laiton. 

Les lois de 1903-1904 expulsent le 12 février 1904 les frères de Ploërmel, et l’horloge sera mise en vente aux enchères, au poids du métal… il n’y aura aucun acquéreur.

Le rachat de la maison en 1909 permet d’y installer l’école La Mennais et de créer une école d’agriculture. Après 1940, celle-ci sera transférée à La Touche et les groupes de frères reprennent possession des locaux.

 

Chef d’œuvre d’horlogerie :

 

Placée dans un kiosque, dans la cour intérieure du couvent de la congrégation des frères de Ploërmel, cette horloge astronomique très élaborée est remarquablement précise.

Dotée de dix cadrans et d’un système planétaire elle donne l’heure solaire, la date du jour, les fuseaux horaires du monde entier, la carte du ciel, la position de la lune par rapport au soleil.

 

L’horloge : lecœur du système :

Tous les cadrans reçoivent leur mouvement de l’horloge centrale par trois tiges horizontales que l’on voit derrière les cadrans, elle se remonte à la main tous les jours.

 

L’horloge comporte deux parties principales:

  • L’horloge proprement dite avec ses dix cadrans portés sur un même tableau et le système planétaire qu'elle met en mouvement.

Elle sonne les heures, les quarts d'heure et l'angélus à l'heure solaire (6 h, 12 h et 18 h).

  • Le système planétaire est représenté par les huit planètes connues à cette époque (Terre, Soleil, Lune, Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne). 
  • Ne figure donc pas Neptune (découverte en 1846) et Pluton (découverte en 1930). On peut supposer que si ces astres avaient été connus de lui, le frère Bernardin les aurait mis en mouvement !

Toutes les données sont actualisées minute par minute,  calculées à partir de Ploërmel.

Les planètes gravitent tout autour du soleil à leurs distances proportionnelles respectives.

                  

Les cadrans :

Cadran N° 1 : Il indique l’heure moyenne de notre fuseau (Greenwich).  Notre heure légale en France est avancée d’une 1 heure en hiver et de 2 heures en été.

 

Cadran N° 2 : Ce n’est pas une horloge, c’est un calendrier qui indique la date (petite aiguille) et le jour (grande aiguille).

 

Cadran N° 3 : Le mois lunaire qui compte 29,453 jours moyens.

La grande aiguille (dorée) indique les phases de la lune et la petite (blanche) indique le mois, la saison et le signe du zodiaque.

 

Cadran N° 4 : L’équation du temps, (différence entre le temps vrai et le temps moyen) est donnée par la petite aiguille blanche.

                     Le temps vrai est celui indiqué par le cadran solaire, il suit donc les irrégularités de la marche du soleil.

                   Le temps moyen, absolument régulier est donné par une horloge mécanique par exemple.

      La différence entre le temps vrai et moyen peut aller jusqu’à 17 minutes en plus ou en moins. Cette différence provient, entre autre, du faite que la terre parcourt autour du soleil n’est pas un cercle parfait, mais une ellipse presque circulaire et à vitesse irrégulière (loi de Kepler).

La grande aiguille (dorée) tourne en sens inverse des aiguilles d’une montre.

Les deux rectangles sont mobiles et indiquent le lever et le coucher du soleil. Ils sont mus par deux roues excentriques situées derrière les cadrans.

Ils sont au bas vers le 21 juin et au plus haut vers le 12 décembre. 

Cadrans  5 et 6 : Ils donnent le temps moyen pour le monde entier.

Ces cadrans font un tour sur eux-mêmes en 24 heures.

Il est midi au bas du cadran 5 et au sommet du cadran 6.

Il est minuit au bas du cadran 6 et au sommet du cadran 5.

 

Cadran N° 7 : Il donne les positions de la lune, de la Terre et du Soleil.

                       A la nouvelle lune, les deux aiguilles sont l’une sur l’autre.

`                  A la pleine lune, elles sont dans le prolongement l’une de l’autre.

                   Pour le 1eret dernier quartier, elles forment un angle droit.

 

Cadran N° 8 et 9 : Ces cadrans donnent l’aspect de la voûte céleste à chaque instant pour Ploërmel.

                       La ligne jaune représente l’écliptique (trajet du soleil à travers les constellations du zodiaque) tout au long de l’année.

                       Ces deux cadrans font un tour en un jour sidéral (23h 56 mn)

 

Cadran N° 10: La position du soleil et la mesure du temps :

                       La grande aiguille (dorée) fait le tour du cadran en un an, elle donne la position du soleil sur l’écliptique par son ascension droite et sa déclinaison.

                    L’aiguille blanche fait un tour par siècle, elle marque les années.

                  La petite aiguille (noire) fait un tour en mille ans !! Elle marque les siècles.

 

Notes :

L’horloge astronomique commença à fonctionner en 1855, elle est classée monument historique par arrêté ministériel du 25 juin 1982. 

En 1920 l’horloge a été restaurée par la maison Terraillon de Morez (39), puis en 1979 par la maison Unger de Strasbourg où trois pignons ont été refaits. 

Le système planétaire a été  restauré en décembre  2008, avec la participation de la Région Bretagne la DRA).

 

Pour aller plus loin : 

Les planètes du système solaire : position en partant du Soleil 

 

Le Soleil :

Il fait partie d’un système stellaire d’environ 140 milliards d’étoiles : la Voie lactée,  notre galaxie. Etoile centrale de notre système planétaire autour duquel tourne 8 planètes (plus 5 planètes naines et des milliards d’astéroïdes)

 

Mercure :

1èreplanète du système solaire (les premières traces écrites sur Mercure date des sumériens).

 

Vénus :

L’étoile du berger est la 2èmeplanète du système, c’est l’astre le plus brillant après le Soleil et la lune.

Connue depuis l’âge de bronze, les babyloniens l’avait associée à la déesse Ishtar

 

La Terre :

3èmeplanète de notre système solaire, elle est âgée de 4,6 milliards d’années.

La Terre possède un satellite : la Lune. 

 

Mars :

Connue de la préhistoire, c’est la 4èmeplanète en partant du Soleil.

Elle dit son nom au dieu grec de la guerre Arès, puis à son équivalent romain, la couleur rouge de sa surface évoquant le sang des champs de batailles.

 

Jupiter :

Au 5èmerang, c’est la plus grosse planète du système solaire.

Elle est connue depuis la préhistoire. Jupiter est le 4èmeobjet le plus clair du ciel après le Soleil, la Lune et Vénus. En observant ces 4 satellites en 1610, Galilée  découvre pour la première fois un mouvement non-centré sur la Terre, ce qui fut un point majeur de la théorie héliocentrique de Copernic.

Elle doit son nom au dieu le plus important des romains qui gouverne la terre et le ciel, elle est également associée au dieu grec Zeus.

 

Saturne :

6èmeplanète, 2ièmeplus grosse du système solaire.

En 1610, Galilée observe une étrangeté de chaque coté de la planète… mystère jusqu’en 1656 où le hollandais Christian Huygens découvre que c’était des anneaux.

Elle doit son nom au dieu romain qui préside la période précédant le solstice d’hiver.

 

Uranus :

Sa découverte par William Herschel est très récente. Elle date du 13 mars 1781. Elle avait pourtant été observée beaucoup plus tôt, mais confondue avec une étoile.

Son nom est du à la divinité grecque du ciel, le père du cosmos (Saturne) et le grand père de Zeus (Jupiter).

Uranus fut d’abord baptisée la planète de Herschel, nom de son inventeur qui voulait l’appeler ‘L’astre Georges’ (nom du roi Georges III). En 1781, Johann Bode la nomma … Uranus

 

Neptune :

Cette 8èmeplanète est la première découverte grâce à des calculs mathématiques.         

C’est en cherchant à expliquer les anomalies observées dans les mouvements d’Uranus, que le mathématicien Jean Joseph Urbain Le Verrier, déduit l’existence de Neptune.  Le Verrier s’adresse à son ami Johann Gottfried Galle qui la découvre le 23 septembre 1846.

Neptune avait déjà été observée en 1795 par Lalande qui l’avait prise pour une étoile mais… 234 ans auparavant le 28 décembre 1612 Galilée l’avait remarqué alors qu’il observait Jupiter.

 

Pluton :

Classée comme planète pendant 76 ans, avant que l’UAI (Union Astronomique International) la classe dans une nouvelle catégorie des planètes : les planètes naines.

C’est Clyde Tombaugh, astronome amateur qui observant le ciel le 18 février 1930.

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