Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de Pierre
  • Le blog de Pierre
  • : Du romain au grégorien, parcourez l'histoire des calendriers. Le brie de Meaux et la Confrérie. Varreddes mon village.
  • Contact

Visiteurs

Rechercher

Catégories

7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 15:36

Etiquette Guy

Comme l’aigle royal domine la vallée, Armand GUY espérait avec ses boissons dominer le marché régional.

Tu prendras bien un ‘Pont’ avec nous… d’accord mais un ‘Ponsec’.

Il y a bien longtemps que je n’avais bu cet apéritif anisé typiquement Franc-Comtois. Cette fraicheur, ce parfum très marqué de l’anis, me rappela des souvenirs d’enfance et la visite de la distillerie Guy de Pontarlier (25).

Le ‘Pont’, plus exactement le ‘Pontarlier’, devrait être plus connu et apparaitre plus souvent dans les étals au côté des pastis, car ce breuvage est bien un apéritif anisé. Revenons au début du XXe siècle.

En 1915, l’absinthe est interdite, c’est une catastrophe pour les 22 distilleries Pontissaliennes  qui ferment une à une. Parmi elles, l’entreprise Armand Guy, distille en plus de l’absinthe, une liqueur aux bourgeons de sapin aux vertus médicinales, lui permettant ainsi de survivre jusqu’en 1921, année où les distillateurs sont autorisés à distiller des apéritifs anisés.

Pour avoir le droit de s’appeler apéritif anisé, la boisson doit se troubler avec dix fois son volume d’eau.

C’est alors que le fils du fondateur  reprend la recette de base de l’absinthe fabriquée par son père, supprime cette plante et invente ainsi, le ‘Pontarlier-Anis’.

Le ‘Pont’, comme disent les Francs-Comtois, apéritif  inimitable se distingue du pastis que l’on connait par son absence de réglisse et de badiane, il est « sans bois ».

Si l’absinthe provenait du terroir, les graines d’anis-vert, proviennent de la région d’Alicante, dans le sud de l’Espagne.

Ces graines vont infuser pendant une journée entière dans de l’alcool de betteraves à 96° et de l’eau. Cet alcoolat est distillé dans des alambics en cuivre, puis assemblé d’alcool et de plantes et mis à macération une semaine.

Alambic

Alambics

Le ‘Pont’ est presque prêt, enfin presque… car il faut le filtrer, assembler cette distillation et la macération en y ajoutant du sucre pour le ‘Pontsec’, le Pont à l’ancienne restant nature.

Il ne reste plus qu’à le servir avec une bonne rasade d’eau et quelques glaçons.

Un ‘Pont’, c’est tout !

Repost 0
Published by Pierre - dans Régions
commenter cet article
31 mai 2011 2 31 /05 /mai /2011 17:23

Les deux dernières épreuves du ‘Meilleur Ouvrier Fromager 2011’: dégustation à l’aveugle et grand oral, se sont déroulées le 16 mai, au lycée hôtelier de Chamalières.

Ils étaient 20 candidats au début de ce marathon commencé le 11 octobre 2010, seuls 9 sont arrivés en finale et 4 ont obtenu le col bleu-blanc-rouge :

Des mois d’efforts soutenus, des semaines de compétition acharnée et la récompense… Bravo :

Dominique Bouchait (Montréjau) ;

François Bourgon (Toulouse) ;

Pierre gay (Annecy) ;

Francis Robin (Paris).

Christelle, Jean-Marc, Vincent, Théophane et toi Marc, mon ami, vous n’avez pas démérité, bien au contraire, les notes étaient tellement serrées.

Vous avez survécu aux éliminatoires, surmonté les épreuves et entré dans le carré final.

Votre déception est grande, mais votre savoir, votre professionnalisme, vos qualités humaines et votre goût pour les challenges sont tout à votre honneur, soyez-en félicités, car pour participer à ce concours il faut une telle force de caractère, une telle ténacité que vous pouvez être fiers de votre participation.

Janin

J’ai une pensée particulière pour Marc Janin mon ami jurassien. Benjamin du concours, digne successeur de ses aïeux dans la recherche continuelle de la perfection du métier avec un pied dans le passé et la tête tournée vers l’avenir, je suis sûr que la prochaine fois tu ramèneras cette médaille à Champagnole.

Le titre de Un des Meilleurs Ouvriers de France (MOF) est décerné par catégorie de métiers (162 disciplines à ce jour) dans un concours entre professionnels.

La remise des médailles est effectuée à la Sorbonne à Paris lors d'une grande réunion suivie d'une cérémonie à l'Élysée en présence du Président de la République Française.

Créée en 1924, cette récompense du savoir faire est unique au monde. Dans cette épreuve de l'approche, de la perfection, le candidat dispose d'un temps donné et de matériaux de base pour réaliser un chef d'œuvre.

La méthode, l'organisation, le geste, la rapidité, le savoir-faire et le respect des règles du métier sont contrôlés et notés par le jury.

Ce concours demande des mois, voire des années de préparation.

Le candidat récompensé conserve son titre à vie avec l'indication de la spécialité suivi de l'année d'obtention.

medaille-mof

Il a le droit d’arborer une médaille de bronze et émail portée au cou par une cravate aux couleurs nationales. Dans l'exercice de sa profession, le titulaire porte également un col aux couleurs nationales.

La Société des "Meilleurs Ouvriers de France", qui regroupe aujourd’hui les lauréats ayant reçu le diplôme, a été fondée en 1929 à l’initiative de René Petit, MOF 1927 (menuisier-ébéniste).
Cette société, régie par la loi 1901, ne comptait à l’origine qu’une poignée de membres, elle en compte aujourd'hui plus de 1800..

Un Musée national des Meilleurs Ouvriers de France a ouvert ses portes en 1994 à Bourges (Place Etienne Dolet). Il présente des expositions permanentes ou temporaires qui illustrent la créativité des Meilleurs Ouvriers de France.

Repost 0
Published by Pierre - dans Le Brie de Meaux
commenter cet article
16 mai 2011 1 16 /05 /mai /2011 21:23

Affiche

Croyants ou non-croyants, curieux ou passionnés de culture et de patrimoine ont été enchantés par le programme mis en place par le diocèse de Meaux, la paroisse de Meaux-Centre en collaboration avec le service patrimoine Art et Histoire du Pays de Meaux.

contre jourDe 18h à 24h, la Cathédrale St Etienne de Meaux brillait de tous ses feux pour cette première participation à la 4ème édition ‘Nuit des Cathédrales’. C’est l’évêque de Meaux qui accueille en personne les premiers visiteurs dès 18h.

PH. Legrand

Philippe Legrand, archiprêtre de la Cathédrale présente ensuite la soirée : concert d’orgue inaugural par Domenico Severin, organiste titulaire, conférence ‘le message de foi de la Cathédrale, visite-conférence ‘architecture de la Cathédrale.

des livres raresLe public a pu admirer dans le ‘Vieux Chapitre’ livres, ornements et objets liturgiques et assister à une projection-conférence ‘Le Vieux Chapitre et ses trésors’.

calice et ciboire en or A la chapelle St Eloi, la projection en continue du film de Juan José Alva sur la Cathédrale, permis de voir de prêt les détails de l’architecture que l’œil ne peut apercevoir.

Crypte

La crypte nous révéla ses secrets avec les restes de la première église romane.

Orgue

Les amateurs de musiques et chants ne furent pas oubliés avec intermèdes d’orgue,

Matrise

la chorale Maîtrisienne Sainte Marie de la Cathédrale de Meaux,

la chorale ‘Petit Chœur du Grand Morin et la chorale Gospel ‘La clé des chants’.

GospellTout ce programme nous emmena jusqu’à 23h 30 où un office liturgique des Vigiles termina cette soirée.

Un jeu de piste sur les scènes de la Bible et la vie des saints représenté dans la Cathédrale, fut organisé pour le jeune public entre 18h 30 et 20h et pour les 7-12 ans une activité vitrail et construction d’arcs brisés ou de croisées d’ogives avec des guides du service patrimoine-art et culture.

Pour ces Apprentis, Compagnons, Maîtres… qui selon leur philosophie : pour Dieu, pour le Grand Architecte de l’Univers ou pour le Très-Haut ont construit ces Cathédrales, ce fut une belle reconnaissance de leur art et de leur foi taillé dans la pierre, que nous offrit cette ‘Nuit des Cathédrales’.

Photos de JPC et Toutenphoto. Pour consulter l'album phote de 'Toutenphotos', cliquez 'ici'

Repost 0
Published by Pierre - dans histoire
commenter cet article
13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 20:48

le cacouyard

 

 C’est bientôt les vacances et la découverte des produits de terroirs.

Sur la route de Dijon à Pontarlier, dans le village de Levier (Doubs), tournez à gauche en direction de Septfontaine, vous y découvrirez un petit village de 290 âmes (en 2004).

Situé en bordure de l’ancienne route royale ‘Besançon-Ornans-Pontarlier’, dans ce village du Haut-Doubs campé à flanc de colline, on découvre une église romane du XVème siècle, entourée de son cimetière. Dédiée à St Nicolas elle possède un magnifique retable de 1743, œuvre d’Auguste Fauconnier.

Mais à Septontaine, il n’y a pas que l‘église avec son porche octogonal (voûte à huit voûtains et clé pendante), son vestibule, il y a des artisans fromagers : ‘Les Philippe’, qui fabriquent un fromage digne d’être connu : ‘Le Cacouyard’

‘Le Cacouyard’, vous avez dit ‘Le Cacouyard’ !!

Ce nom ‘Cacouyard’ est issu du Patois Franc-Comtois Cacouyer, qui voulait dire ‘Remuer, Mélanger, Brasser le Fromage’ et le nom Cacouyard désignait également celui qui Cacouyait.

Les Cacouyards d’aujourd’hui sont les artisans fromagers ‘Les Philippe’, faisant ainsi un petit clin d’œil à leur métier à leur histoire.

Délicieux fromage à pâte molle, fait uniquement au lait cru en provenance de vaches ‘Montbéliarde’ nourries exclusivement d’herbe et de fourrage (sans ensilage).

Cette petite tomme à croûte lavée est affinée pendant 3 semaines sur planche d’épicéa est frottée tous les 2 jours à l’eau salée sans colorant.

D’un diamètre d’environ de 12/13cm pour une épaisseur de 3/4cm pour un poids net de 300 grammes minimum, sa matière grasse est de 28% sur produit fini.

Doux et onctueux, il a un goût très prononcé de noix, et pour cause… Au moment de sa fabrication il est ajouté un arôme naturel de noix au lait ce qui lui donne un caractère et une originalité à déguster sans modération !!

Son parfum et sa douceur lui permet d’entrer joyeusement dans la cuisine (toasts, feuilletés ou gratins).

Après le divin Citeaux, ‘Le Cacouyard’ accompagné d’un ‘Jura’ blanc c’est royal… Et en patois Franc-Comtois : ‘Pour bien cacouyer, faut pas être un Beugnot’ !!

Le cacouyard1

Repost 0
Published by Pierre - dans Régions
commenter cet article
30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 20:58

Coulommiers 2011 (1)

 Les Confrères sur le stand

La tradition et la reconnaissance des produits du terroir ont été les maîtres mots du 15 au 18 avril 2011 lors de la 44ème foire Internationale aux fromages et aux vins de Coulommiers.

En hommage à Jean-Baptiste Vincent, directeur du journal ‘Le Pays Briard’, décédé brutalement en pleine jeunesse en juillet dernier, le concours du Brie de Coulommiers, portera désormais le nom de « Concours Jean-Baptiste Vincent ».

coulommiers-.jpg

Catégorie fromages à 45% :

Médaille d’Or :  Fabricant : Pré Forêt Affineur : Rouzaire

Médaille d’Argent: Fabricant : Fromagère de la brie Affineur : Fromagère du Dolloir

Médaille de Bronze : Fabricant : Pré-forêt Affineur : Pré Forêt

Catégorie fromages à 50% :

Médaille d’Or : Fabricant : Pré Forêt Affineur : Pré Forêt

Médaille d’Argent: Fabricant : Pré Forêt Affineur : Rouzaire

Médaille de Bronze : Fabricant : Compagnie fermière Rothschild Affineur : Compagnie fermière Rothschild

Les discussions sur la reconnaissance des produits du terroir, l’A.O.C (A.O.P) pour le brie de Coulommiers était sur toutes les lèvres: Quand ce fromage aura-t-il son A.O.C ?

Dans ce but depuis 2009 des recherches historiques, géographiques ont été lancées.

En 2009, 50.000 tonnes de fromages de Coulommiers sont produites en France, mais seulement 200 environ proviennent de Seine-et-Marne.

Plus qu’un nom, le terme Coulommiers fait appel à une renommée, un savoir-faire, une tradition locale de ce terroir qu’est la Brie, une image que les fromages fabriqués hors de cette région naturelle utilisent à des fins commerciales.

Dans ce contexte, et avec légitimité, la Ville de Coulommiers revendique aujourd’hui son caractère unique lié au terroir briard, un produit traditionnel et local, assurant au consommateur l’authenticité du produit qu’il achète.

Car, ne nous y trompons pas, un fromage, qui est aujourd’hui reproductible partout dans le monde, sans lien avec le terroir, a fait du Coulommiers un nom commun.

Dans la région de Coulommiers (comme de Meaux et de Melun), il existe un fromage à pâte molle et croute fleurie, de petite taille, qui tire de la terre, de la façon de travailler des agriculteurs et des affineurs, et que l’on ne peut reproduire ailleurs : le Coulommiers.

Ce fromage n’est pas une pâte fromagère ordinaire, c’est un Coulommiers qui mérite distinction et reconnaissance.

Comme le brie de Meaux ou de Melun, le Coulommiers était connu depuis des siècles. Il semble que le coulommiers que nous connaissons aujourd’hui avec ses 14 cm de diamètre soit né afin de faciliter son transport et éviter la ‘casse’ par rapport à son voisin de Meaux (37 cm). Les anciens coulommiers avaient un format de 22 cm.

Le Coulommiers se présente sous la forme d’un cylindre plat ayant 14 cm de diamètre pour un poids de 450 grammes, une hauteur de 3 cm. Il est recouvert d’une mince couche de pénicillium et contient 45% de matière grasse dans l’extrait sec. Il se consomme au 3/4 affiné.

Choisir son coulommiers :

A l’œil, la croute est duvetée de blanc, parsemée de pigments rougeâtre, la pâte est jaune claire,

Au toucher, il est souple dans toute sa masse, non coulant,

Au nez, il dégage une légère odeur de champignon avec un agréable bouquet,

Au goût, il doit être fruité avec une saveur du terroir.

Ce fromage mérite une appellation A.O.C.- A.O.P., en tout cas il mérite au minimum une I.G.P.

Coulommiers 2011 (2)

 Des amis Belges gagants d'un concours organisé par la Confrérie du Brie de Melun

Repost 0
Published by Pierre - dans Le Brie de Meaux
commenter cet article
26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 20:21

Citeaux 1

En 1092, l’abbé Robert (futur St Robert) accompagné de quelques frères quittent l’abbaye de Molesme pour s’installer en Bourgogne à une vingtaine de kilomètres de Dijon à Cîteaux. Là, ils fondent le ‘Nouveau monastère’, dont découlera toute la famille Cistercienne. Dans le silence de leur monastère, les trappistes fabriquent un fromage à pâte pressée non cuite : le Cîteaux.

Sa pâte onctueuse, son arôme unique, fait du Cîteaux un fromage bénit des dieux.

Si la forme et la couleur de sa croûte rappellent le Reblochon, la comparaison s’arrête là.

Citeaux 2

La production du Cîteaux, c’est 70 tonnes (16.000 pour le Reblochon), son poids de 700 à 750 grammes (Reblochon : 400/500 g), son diamètre de 11 cm (13/14cm pour le Reblochon), son épaisseur de 2,5 cm alors que le Reblochon fait 3,5 cm. Le goût de Cîteaux est plus prononcé.

5 litres de lait sont nécessaires pour faire un Cîteaux et les 500.000 litres de lait utilisés chaque année proviennent uniquement du cheptel de l’abbaye, composé d’une soixantaine de vaches de race Montbéliarde. Les moines ont peine à répondre à la demande, mais souhaitent que leur production reste artisanale afin de conserver la qualité de leur savoir faire.

Après la traite, le lait est stocké et refroidi à 4° pendant 2 jours, puis thermisé à 64° et refroidi à 33°. Emprésuré avec la ‘caillette’ (la présure est tirée du 4ème estomac des jeunes bovins), le caillé est alors découpé, puis mis en moule. Le lendemain, le fromage est démoulé, salé dans un bain de saumure saturé et mis sur claie. Notre Cîteaux rejoint la cave d’affinage (12°) où chaque jour il sera lavé avec de la saumure, retourné, choyé par les moines. Au bout de trois semaines d’affinage le voici prêt à garnir le plateau de fromage des amateurs éclairés.

A déguster avec un bourgogne rouge (avec modération) pour apprécier ce fromage, vraiment… divin.

Citeaux 3

Repost 0
Published by Pierre - dans Régions
commenter cet article
24 avril 2011 7 24 /04 /avril /2011 19:51

1

Souche 'St Arnoult'

Les 8 et 9 avril eurent lieu à Val Saint Germain les rendez-vous de printemps. De passage dans ce joli petit village de l’Essonne, j’ai découvert une fabuleuse collection de 138 ‘souches’. Non, ce ne sont pas des souches d’arbres… Les souches des supports en bois (ou autre matière) destinées à porter un cierge.

2

Ces ‘souches’ sculptées dans un morceau de bois étaient offertes par les paroisses françaises lors du pèlerinage annuel à Sainte Julienne de Nicomédie, patronne de l’église.

3

Un peu d’histoire : julienne de Nicomédie, était promise dès l’âge de neuf ans à Euloge, préfet de Nicomédie (Asie Mineure). A ses 18 ans, Euloge, ce gouverneur païen, la demanda en mariage. Julienne très chrétienne lui répond qu’elle n'accepterait que s’il se converti au christianisme. Cet affront, tant aux yeux de son père qu’à  Euloge, lui valu une série de supplices.  Elle fut tout d’abord plongée dans du plomb fondu, puis comme elle n’aurait rien ressenti, elle fut pendue  par les cheveux et pour finir elle meurt en martyre la tête tranchée vers 311.

4

Quant à l’histoire des souches, elle est intimement liée à une légende :

Au XIIIème siècle, de retour des croisades, un chevalier breton  en possession  des reliques de sainte Julienne de Nicomédie fait une halte au Val Saint Germain.  Pendant son escale, il tombe gravement malade et fait le vœu que s’il guérit, il fera bâtir une église en ce lieu et y laissera une partie des reliques de Ste Julienne.

5

A cet endroit il y a une source, notre chevalier consomme t-il de cette eau ?  Toujours est-il que, oh, miracle, notre gentilhomme est guéri. Fidèle à sa parole, il fait construire une église et y laisse le crane de la martyre.

Depuis ce jour, il est dit que l’eau de la source à des effets miraculeux pour ceux qui trempent leurs lèvres. Elle permet d’échapper à des épidémies (peste, choléra)  ou intempéries et pour les cuisinières de l’époque, elle est excellente pour la cuisson des flageolets !! Que ce soit pour faire cuire les flageolets ou pour ses vertus miraculeuses toujours est-il que chaque année, les pèlerins de la région accourent au Val Saint Germain. C’est Lourdes avant l’heure ! Jusqu’à 30.000 pèlerins au XVIIIème siècle.

6    7

Fontaine Sainte Julienne (extérieur et intértieur)

Les pèlerins ont toujours des cierges, et un cierge allumé, çà coule et la cire brule les mains. Alors on fabrique des chandeliers, ‘les souches’,  en bois, en métal ou en marbre, sculptés, peints, dorés, tous plus jolis les uns que les autres, certains sont de  véritable chef d’œuvre. Ces souches sont offertes par les fidèles. Malheureusement toutes les souches ont été détruites à la révolution. Après la Terreur, les pèlerinages reprennent... Et les souches également. Le temps passant, la ferveur des fidèles diminuant, le dernier pèlerinage eu lieu en 1936, mais la tradition reste vive, ainsi en mars 2010, une paroissienne d’Evry apporta une ‘souche’ à l’église, la plus jeune de la collection.

8

En parcourant cette petite église, on peut presque établir le calendrier périodique des épidémies : la date de 1832 est souvent inscrite, date de l’épidémie du choléra.

9

Maurice, un conseiller municipal m’explique que tout le village se mobilise pour sauver ces trésors, c’est la raison pour laquelle à lieu cette manifestation organisée par la mairie et l’association ‘Art religieux et patrimoine’.

10

Souhaitons que cette heureuse initiative se reproduise l’an prochain et que les fonds récoltés puissent permettre la restauration de ce patrimoine transmis par nos ainés.

11

Repost 0
Published by Pierre - dans histoire
commenter cet article
22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 20:02

Rosny1

Une partie de bannières

A Rosny sous bois, par une belle matinée ensoleillée le 2 avril dernier, la confrérie du Brie de Meaux participait aux festivités de la Confrérie de la Ferronne Haute.

Rosny2

L'autre partie..

Cette Confrérie doit son nom à un quartier de Rosny où pousse un carré de vignes qui produit environ 1800 bouteilles par an d’un vin très aimable.

Les Confrères du Brie de Meaux l’ont goûté et … apprécié.

Rosny3

Les Ecossais

Un défilé dans les rues de la ville de la trentaine de Confréries accompagné d’une musique écossaise a précédé le chapitre (trop long) pendant lequel fut intronisée la chanteuse québécoise Fabienne Thibeault et le Grand Chambellan de la Confrérie du Brie de Meaux, tous d’accord pour vanter les produits du terroir et le rôle des Confréries dans leur promotion.

Rosny5Roger, Daniel Grand Chambellan, Fabienne Thibeault et Serge

Repost 0
Published by Pierre - dans Le Brie de Meaux
commenter cet article
11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 21:15

Route de Meaux

 Une vigne sur une maison (coll. privée J.M. Moreau)

 

Jusqu’à la fin du XIXe. Siècle, Varreddes, comme toute la région de la Brie, avait sur son territoire, et ce depuis un temps immémorial de la vigne.

Sur les 4616 articles du ‘Terrier’ de 1618, une bonne moitié concerne les vignes : 3.200 perches, soit 320 arpents, environ 105 hectares !

 Avec une telle surface, on comprend que St Vincent, patron des vignerons, deuxième patron paroissial, ait tenu une si grande place dans la dévotion varreddoise.

 En moyenne chaque vigneron (c’était le nom des petits paysans), avait une cinquantaine de perches de ceps en quinconces au nombre de 100 par are.

 Le vin de Brie, en général, était de qualité assez médiocre :

 -          Ils sont bons comme les vins de Provins

 -          Quant on les faits venir de loin ! (proverbe briard)

  L’assemblée des baillages déclara en octobre 1788 : «… à cause de sa dureté, il est bon à être converti en vinaigre… ».

 Cette mauvaise qualité est à l’origine de la vinaigrerie de Coulommiers (délibération du conseil général 1801).

 En réalité, le vin de Brie avait cette acidité à cause du manque de chaleur. Ainsi en 1852, année des gelées tardives, les vignerons avaient récolté à peine une hottée par demi-quartier.

 Il se disait que pour boire le vin de Brie, et par conséquent celui de Varreddes, il fallait être trois : un volontaire pour le boire, un qui le tenait et le troisième qui le faisait boire de force !!

 Dans la première moitié du XIXe siècle, le plant ‘Meunier » ou ‘plant de Brie’ était le plus répandu, de maturité précoce. Son nom provient du fait de la poussière blanche (comme de la farine) qui recouvrait ses feuilles. Il donnait un vin plat, de peu de garde et de couleur, mais il était … robuste !

 Il existait un deuxième plant : le ‘Gouas’ ou ‘Gouais’, une variété dont l’origine semble être le village de Gouix, cépage très répandu dans le nord de la France, car de maturité tardive.

 Au milieu des années 1860, dans les vignobles, apparait un puceron de couleur jaunâtre qui se fixe sur le cep et suce la sève du pied de vigne : le phylloxera

 Dans l’histoire de l’agriculture, jamais on avait vu une espèce végétale subir si rapidement une destruction aussi complète. En à peine trente ans, toutes les vignes de France subirent les conséquences de ce puceron.

 Ce puceron apparait en Ile de France pour la première fois en 1881 à Château-Landon.

 Après le passage de cet insecte, il ne reste plus qu’une souche de la vigne. 

 Les Varreddois, subirent ce fléau, ils  déterrent les vignes, dont la valeur comme bois de chauffage ne paie même pas les frais d’arrachage.

 Les nouveaux moyens de transports (le chemin de fer en particulier), permettent  l’arrivée des vins du midi de meilleur qualité et moins chères, ajouté les gelées tardives assez fréquentes en Brie et conjugués au désastre du phylloxera ont fait sonné le glas de la vigne en Brie. Malgré des essais de nouveaux plants américains : l’Othello (rouge) et Noah (blanc), la vigne est en déclin et peu à peu disparait.

 Depuis quelques décennies toute fois on recommence la plantation du Vignole (Coulommiers), peut-être qu’un jour Varreddes retrouvera sa vigne.

 

 

 

Repost 0
Published by Pierre - dans Varreddes
commenter cet article
17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 21:40

oseille

Publicité dans les années 1930

Depuis des temps immémoriaux, on cultivait dans la région la carotte de Meaux et de Chambry.

A Chambry, « Tout le village ‘faisait’ de la carotte, sauf le curé et le maître d’école ». C’était en fait les femmes… La majeure partie de la production était livrée à Meaux à l’usine Prévet,  route de Senlis, qui faisait des conserves, des juliennes desséchées, des légumes et fruits comprimés, des farines de légumes.

Cette « Fabrique de légumes secs » fondée en 1848 sous le nom de Compagnie française d’alimentation, fut exploitée jusqu’en 1854 époque ou elle fut vendue à la Société Chollet et Cie. En 1876 la Société Charles Prévet et Cie en devint propriétaire jusqu’aux années 1930 où elle disparu.

A Varreddes ont cultivait également la carotte, mais vers la fin du XIXème siècle, sans doute en rapport avec cette conserverie de légumes et aussi avec l’industrie condimentaire de Meaux (moutarde et cornichon), Victor Clairet établit à Varreddes une fabrique d’oseille en conserve, qui fut reprise par la suite par son petit-fils Monsieur Guilloux.

L’oseille était cultivée sur le plateau et sur les terrains situés dans l’anse limitée par le canal de l’Ourcq et de la Marne au lieu dit « la vallée ». soit environ une trentaine d’hectares.

La variété récoltée est l’oseille de Belleville à large feuille.

Du printemps à l’automne, 50 à 60 femmes sont occupées à la cueillette. L’épluchage est effectué dans le champ même. Les feuilles sont aussitôt apportées à l’usine, route de …. (Aujourd’hui rue Victor Clairet).

  usine oseille

A gauche, la conserverie d'oseilles.

(Collection privée JM. Moreau)

L’usine employait jusqu’à trente personnes au moment des récoltes, gardait une dizaine d’ouvriers toute l’année. Elle fonctionnait avec 25 chevaux dont 8 actionnaient les laveurs et séparateurs de la fibre et de la partie comestible. L’eau de l’usine était fournie par un puits artésien.

Les feuilles une fois dénervurées étaient ébouillantées, mises dans des boites de fer-blanc doublées de lamelles de bois (ce doublage évitait l’action acidifiante de l’oseille sur le métal). Les boites remplies étaient serties et stérilisées pendant une heure et demie.

Elles étaient également mises en conserve ou en fût, petit tonnelet de 25 kg, puis chargées sur les flûtes à la gare d’eau du village.

« L’oseille de Varreddes va sous cette forme dans le monde entier, surtout à bord des navires où elle remplace les légumes frais » (1)

 Marc Rousseaux, dans son récit ‘La dernière carotte’ édition Presses du Village (1984), parle ainsi de l’oseille de Varreddes (p. 103-104) «A la saison de l’oseille, un jus vert, résidu de la petite industrie, coulait dans les caniveaux du pays.

M. le maire, qui a aujourd’hui donné son nom à une rue du village (Rue Victor Clairet), avait octroyé une rente à vie à vieux bonhomme.

Celui-ci avait, en effet ‘inventé’ une boite de conserves originale, qui permettait d’y enfermer de l’oseille sans que l’acidité de la plante ne puisse attaquer le fer blanc. L’ouvrier  ingénieux en avait garni soigneusement l’intérieur d’une feuille de bois blanc (peuplier ou autre), qui faisait écran au suc ravageur.

Ce vieil homme portait le curieux surnom de ‘Père 4’ ; et ce tout simplement parce que ses parents l’avaient joyeusement baptisé Napoléon… La logique rurale de l’entourage avait fait son œuvre, il y avait eu Napoléon Ier, Napoléon III ; le quatrième habitait à Varreddes et il était empereur… de la boite à conserver l’oseille !

Atteinte par l’Altise (insecte ravageur), une partie des cultures est déplacée vers les terres sableuses de Monthyon.

En 1925, Monsieur Guilloux cède son affaire à Monsieur Chauveau jusqu’à la liquidation de l’activité en 1938.

L’oseille de Varreddes était vendue en boutique rue Rambuteau à Paris.

(1) op.cit. p207-209 actes notariés de 1925, 1930 de Me Roeltgen, notaire à Varreddes.

Repost 0
Published by Pierre - dans Varreddes
commenter cet article