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  • : Du romain au grégorien, parcourez l'histoire des calendriers. Le brie de Meaux et la Confrérie. Varreddes mon village.
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11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 18:42

 

Définition du comput :

Calcul déterminant le calendrier des fêtes mobiles pour les usages ecclésiastiques en particulier pour déterminer la date de Pâques.

Ceux qui se livrent à ces calculs sont des computistes.

 

Le comput comprend :

·         La lettre dominicale (calendrier julien et grégorien)

·         Le cycle solaire

·         Le nombre d’or (calendrier julien)

·         Les Epactes (calendrier grégorien)

·         L’indiction (inutilisée)

 

En résumé, la date de Pâques se détermine :

  • Dans le calendrier julien au moyen de la lettre dominicale et du nombre d’or.
  • Dans le calendrier grégorien, au moyen de la lettre dominicale et de l’épacte.

 

Le  comput julien

 

Le comput julien ne s’occupe pas des années bissextiles (le jour bissextile redouble le 24 février et l’on n’en tient pas compte), prend 19 années communes et y répartit 235 lunaisons (115 mois de 29 j et 120 mois de 30 j).

 

Il y aura donc dans cette règle 3 éléments :

 

·         Le dimanche ; pas de difficulté, il suffit de compter jusqu’à 7.

·         Le 21 mars, qui au IVème siècle était censé être la date moyenne de l’équinoxe de printemps (on comptait sur la précision du calendrier julien pour maintenir cette correspondance ad vitam  aeternam).

·         Le 14ème jour de la lune.

 

A l’époque du concile de Nicée on connaissait le cycle de Méton (astronome athénien du Vème siècle avant l’ère chrétienne) ; Méton avait constaté en l’an 432 avant notre ère qu’il y avait exactement 235 lunaisons en 19 années solaires. De ce fait, les phases de lune doivent revenir aux mêmes dates tous les 19 ans.

Partant de ce principe il suffit de dresser une table des dates moyennes des 235 nouvelles lunes au cours d’une période de 19 ans, pour ensuite connaître à l’avance la date de toutes les nouvelles lunes pour l’éternité.

Seulement voilà, le cycle de Méton n’est pas exactement de 19 ans, le calendrier julien pas assez précis d’où ce glissement de l’équinoxe vernal et des phases de la lune (constaté durant plusieurs siècles – tout le moyen âge-).

 Il fallait faire quelque chose.., d’où le prélude de la réforme grégorienne.

 

On attribue les calculs (table pascale de 95 ans) qui aboutirent aux lunes juliennes du comput au   moine Denys le Petit.

Conforme à ce comput ou les années étaient numérotées d’après ce qu’il croyait être la date de naissance du Christ, c’est ce qui a institué l’ère chrétienne en 532 (ou dionysienne, ou vulgaire).

 

Pour info :

Le cycle de Méton donne 1 j d’écart pour 3 siècles. La lune vraie étant en avance d’un jour sur celle du calendrier, les calculs du VIème s. ne sont pas exacts, le désaccord ne cessa d’aller en augmentant ; au XVème s., il atteignait 3j.. Malgré cette erreur, ce tableau fut employé (et la date de Pâques faussée), jusqu’en 1582, où le pape Grégoire XIII fit retoucher en même temps que le calendrier solaire, le calendrier lunaire remplaçant le nombre d’or par les épactes.

 

 

Le  Comput grégorien  (épacte dans la réforme grégorienne)

 

Le but du comput ecclésiastique est de respecter le cahier de charges imposé par le concile de Nicée de 325, trouver la date de la pleine lune qui suit l’équinoxe de printemps, (20 mars)

 

Grégoire XIII a ramené la lune ecclésiastique en accord avec la lune vraie par addition de 3 unités à l’épacte. Ensuite, il à retranché 10 à l’épacte, en raison de la suppression des 10 jours d’octobre.

Pour maintenir l’accord avec la lune vraie, on applique depuis 1582 les règles suivantes :

1.       A chaque année séculaire non bissextile (réforme grégorienne), on retranche 1 jour à l’épacte (cette opération s’appelle métempose ou équation solaire)

2.       On corrige l’erreur du cycle de Méton, en ajoutant tous les 300 ans, quand arrive une année séculaire, une unité à l’épacte (proemptose ou équation lunaire)

 

La première proemptose  fut opérée en 1800, la seconde sera en 2100, … si Pâques  n’est pas fixée d’ici là.

Les sauts de l’épacte grégorienne conduisent à modifier la définition de l’épacte de manière à ce qu’elle reste valable dans tous les cas.

(Les tables du comput grégorien ont été dressées (dit-on) par le Jésuite Clavius (astronome), qui prit la plus grande part à la réforme de 1582, comme conseiller du pape.

Clavius a reconnu que l’Eglise aurait eu le droit, en 1582, d’ôter à Pâques sa mobilité et de la fixer à une date fixe. L’occasion en fut perdue et le calendrier ecclésiastique est retourné à ses complications au grand dam du clergé et des laïcs).

 

Nouvelle définition :

L’épacte grégorienne est l’âge de la lune au premier janvier diminué d’une unité.

 

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9 janvier 2010 6 09 /01 /janvier /2010 21:14

 Le commentaire pertinent de Pascal Didier me permet d’apporter quelques précisions.

Chacun étant libre de sa pensée, de sa religion, de sa philosophie, Pascal propose deux pistes d’études, bien différentes.

Ami(e)s lecteurs de mon blog, voici l’adresse du site de Pascal Didier :

http://www.lettre-chretienne.org

 

 Alors, Pâques avec (s) ou Pâque sans (s?

 

Pâque sans (s

 

Les juifs fêtent pendant 7 jours, du 15 Nisan au 21 Nisan, Pessah (Pâque), célébration de la sortie d’Egypte, de la fin de l’esclavage (Ex 12,3 ; Ex 23,15 ; Lv 23,5 ; Nb 28,16 ; Dt 16,1)

 

Cette fête a lieu le 14 nisan, au soir, ce qui correspond en fait au début du 15 nisan, puisque selon la tradition juive, le jour commence au coucher du soleil.

Pour les chrétiens qui changent de jour à minuit, la Cène est le 14 nisan et la Passion le 15, alors que pour les juifs, Pessah est le 15 nisan.

 

Pâques avec (s)

 

C’est pour éviter toute confusion avec la fête juive, que le concile de Nicée, décide que Pâques devait être décalée d’une semaine les années où l’équinoxe de printemps correspondait à Pessah et devait désormais s’écrire au pluriel puisqu’il s’agit à la fois de la Pâque  du Christ et de la Pâque des Chrétiens.

 

Date de Pâques

 

Le concile de Nicée  en 325 mis (presque) fin aux désaccords, qui duraient depuis trois siècles en énonçant la règle, qui s’applique encore de nos jours :

Pâques est le dimanche qui suit le quatorzième jour de la lune qui atteint cet âge au 21 mars, ou immédiatement après’.

D’après cette règle, Pâques peut vagabonder du 25 mars au 25 avril et occupe 35 dates différentes.

 

·         Si la Lune atteint ses 14 jours le 21 mars, c’est la Lune pascale et, si le lendemain est dimanche, c’est Pâques,

·         Au contraire, si la Lune atteint son 14ème jour le 20 mars, elle n’est pas pascale : il faut attendre la suivante et son 14ème jour sera le 18 avril,

·         Si c’est un dimanche, Pâques se trouve reculé d’une semaine et porté au 25 avril.

Les inconvénients civils et religieux de cette perpétuelle oscillation sont grands.

 

Pour établir les dates de Pâques longtemps à l’avance, on fait appel à une lune fictive (lune de comput), car les tables astronomiques se perfectionnant sans cesse  auraient pu démentir les calculs antérieurs.

 

Les premières tables pascales venaient d’Alexandrie, elles prenaient comme point de départ le règne de l’empereur Dioclétien (284 apr J.C.), car cette année-là, l’épacte de la lune (le nombre de jours écoulés depuis la nouvelle lune qui précède le début de l’année) était nulle, comme elle devait l’être, pensaient les computistes, au moment de la création du monde.

 

C’est vers 455, que l’Eglise de Rome adopta le système de calcul de Victorius, (un astronome délégué par l’Eglise qui ne fit pas de miracle).

Et ce n’est que vers 1582, après la réforme de Grégoire XIII que l’année ecclésiastique fût enfin organisée en conformité avec la décision de Nicée !

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8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 21:45

Vatican.jpg 

Le christianisme est né en Israël, alors province de l’empire romain. Le premier pape (Pierre), est allé s’établir à Rome, capitale de l’empire.

Le calendrier julien ayant cours dans tout l’empire, le christianisme a adopté pour sa liturgie ce calendrier, mais… La date de Pâques a vite posé problème.

 

En effet d’après les évangiles, la Passion et la Résurrection auraient eu lieu autour de la pâque juive (Pessah), qui commémore l’exode d’Egypte, c’est à dire du 14 nissan.

Cette fête a lieu le 14 nissan, au soir, ce qui correspond en fait au début du 15 nissan, puisque selon la tradition juive, le jour commence au coucher du soleil. Pour les chrétiens qui changent de jour à minuit, la Cène est le 14 nissan et la Passion le 15, alors que pour les juifs, Pessah est le 15 nissan.

 

Le christianisme a gardé cette fête dans sa liturgie, mais avec un sens nouveau (la résurrection du Christ).

Pour éviter toute confusion avec la fête juive, le concile de Nicée, décide que Pâques devait être décalée d’une semaine les années où l’équinoxe correspondait à Pessah et devait désormais s’écrire au pluriel puisqu’il s’agit à la fois de la Pâque  du Christ et de la Pâque des Chrétiens.

 

La transposition dans le calendrier julien du fluctuant 14 nissan israélite donna lieu dans les premiers siècles du christianisme à des querelles intestines pour décider de la date de pâques.

·         Première controverse pascales (IIème siècle), les chrétiens devaient-ils célébrer Pâques le même jour que les juifs (14 nissan). Certains le souhaitaient, les quatodécimans (du latin quatodecimus – 14ème [14 nissan]).

Les autorités chrétiennes préféraient que Pâques soit célébrée le dimanche qui suivrait le 14 nissan. Cela fini par s’imposer, vers la fin du IIème siècle.

·         Deuxième controverse (IIIème siècle), pour les chrétiens, il était inacceptable de célébrer Pâques en même temps que les juifs (le dimanche suivant) car :

·         On trouvait inadmissible que le christianisme doive s’en remettre aux autorités d’une autre religion (le judaïsme), pour déterminer la date de sa fête principale.

·         La date de la pâque juive ne pouvait pas être déterminée longtemps à l’avance.

·         Les juifs, après la destruction du temple de Jérusalem (en 70 de l’ère chrétienne), et l’exil qui l’a suivie, ont commencé à intercaler des mois embolismiques de façon un peu anarchique, ayant pour conséquence que parfois il n’y avait aucune pâque juive entre deux équinoxes de printemps et que parfois, il y en avait deux.

·         L’antisémitisme existait déjà et on rejetait les juifs comme déicides.

 

Il fut donc décidé :

·         Que Pâques serait célébrée le dimanche qui suivrait le 14ème jour d’un nissan chrétien (donc mois de nissan déterminé par les chrétiens et non par les juifs).

·         Que la date de Pâques soit connue plusieurs années à l’avance.

Il fut donc recherché des cycles astronomiques (de 16-19-84 ans etc..), permettant de prévoir la date des néoménies longtemps d’avance.

 

Le monde chrétien (l’empire romain) avait des difficultés à s’entendre ; Pâques était célébrée à toutes sortes de dates.

 

Dans les régions orientales de l’empire (Cilice, Syrie, Mésopotamie), ils ne se souciaient pas des cycles et célébraient Pâques en même temps que les juifs, pas le 14 nissan israélite lui-même, car ils n’étaient plus quartodécimans, mais le dimanche suivant, jusqu’au jour où ….

 

En l’an 312, l’Empereur romain Constantin décrète la fin des persécutions contre les chrétiens, qui peuvent enfin vivre au grand jour, et en 325 convoque le premier concile œcuménique dans la ville de Nicée.

Les sujets à traiter ne manquent pas, en particulier la condamnation de l’arianisme (doctrine d’Arius).

Arius (v.256-336), prêtre d’Alexandrie. En niant la divinité du Christ, il provoqua une des crises les plus graves de l’Eglise chrétienne. Sa doctrine, l’arianisme, fut condamnée par les conciles de Nicée (325) et de Constantinople (381).

 

C’est de façon presque accessoire que les prélats discutent de la question pascale en fixant la date de Pâques au 1er dimanche après la pleine lune qui suit l’équinoxe de printemps.

Pâques est donc une fête mobile entre le 22 mars et le 25 avril.

Ils finissent par s’entendre sur le fait que les chrétiens d’Orient qui célébraient Pâques en même temps que les juifs doivent renoncer à cette pratique et les célébrer le jour déterminé par les Eglises de Rome et d’Alexandrie.

Ils envoient aux chrétiens d’Alexandrie une lettre synodale à ce sujet.

Constantin envoie à la même occasion une lettre circulaire à tous les évêques chrétiens.

 

Extrait de la lettre synodale envoyée par le concile de Nicée (325) aux chrétiens d’Alexandrie.

 

Nous vous annonçons la bonne nouvelle de l’accord réalisé sur la sainte Pâque, parce que grâce à vos prières cette question aussi a été réglée : tous les frères de l’Orient, qui auparavant célébraient avec les juifs, seront fidèles à célébrer désormais la Pâque en accord avec les Romains, avec vous et avec nous tous qui le faisons depuis le début avec vous

 

Assez étrangement, les prélats de Nicée ne semblent pas avoir remarqué que l’Eglise de Rome et celle d’Alexandrie ne déterminait pas la date de Pâques de la même façon et qu’à l’occasion ces deux diocèses arrivaient à des dates de  célébration différentes (en 333, 346,349 et d’autres..). La guéguerre continuait…

Ce n’est qu’au cours du VIème siècle que Rome a finalement accepté le comput (calcul) alexandrin.

                      

Les controverses pascales ont pris fin assez rapidement, excepté dans des régions très éloignées (Iles britanniques ou elles ont duré  jusqu’au VIIIème s.)

 

On voit donc que le concile de Nicée n’a pas du tout décrété la règle de détermination de la date de Pâques.  

 

Mais la légende est toujours d’actualité…

 

 

 

 

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7 janvier 2010 4 07 /01 /janvier /2010 17:17

vatican2.gifCésar avait politisé le calendrier romain ;  Auguste l’avait utilisé pour promouvoir un culte impérial ; le christianisme se l’est approprié, modifié, a élaboré un rituel faisant disparaître la mesure scientifique du temps sous la charge symbolique chrétienne.

 

C’est à partir du IVe siècle que l’Eglise s’approprie le calendrier julien et le christianise progressivement. Elle y greffe son rythme liturgique et entreprend un énorme travail d’acculturation pour établir son propre cycle de commémorations en remplaçant les cérémonies romaines par les siennes.

 

Le calendrier chrétien rappelle la vie du Christ, encadré par les trois grandes fêtes : Noël (naissance), Pâques, (mort et résurrection) et ascension. Cette mise au point  se fera entre le IVe et IXe siècle, il ne variera plus guère par la suite.

Au IVe siècle les chrétiens forment déjà un groupe important au sein de l’Empire romain. L’empereur Constantin, s’étant converti au christianisme (par politique), les chrétiens se trouvent de ce fait dans une situation privilégiée et font admettre leur cadre temporel à l’ensemble de l’Empire.

Les chrétiens cherchent à se démarquer du calendrier juif, toutefois ils conservent le découpage en période de sept jours. Ils gardent également un jour à consacrer à Dieu, mais pas le même que les juifs. Après de longues controverses, ils choisissent le lendemain du shabbat, jour ou eu lieu la résurrection du Christ. Le judaïsme était la religion du samedi, le christianisme serait celle du dimanche !

Progressivement l’Empire romain adopte le rythme de la semaine et… l’idée d’un jour de repos, exclusivement dévolu à Dieu, et en 321 l’empereur Constantin interdit les activités publiques le dimanche dans les villes.

Le point culminant du calendrier chrétien est Pâques. Choix lourd de conséquence, Pâques étant mobile, le calendrier chrétien devenait complexe, à la fois solaire (organisation de l’année) et lunaire (organisation du cycle pascal). 

De ce fait, le comput sera un champ essentiel de la spéculation scientifique pendant tout le Moyen Age.

 

La célébration de la Nativité de Jésus le 25 décembre apparaît également au IVe siècle.

Pourquoi le 25 décembre, alors que les évangiles ne donnent aucune indication temporelle pour situer la naissance du Christ ?

 

On peut émettre deux explications complémentaires pour le choix de cette date.

  • Les Pères de l’Eglise cherchèrent à fixer les principales fêtes chrétiennes à des moments clés de l’année solaire : Pâque à l’équinoxe de printemps, Noël près du solstice d’hiver, lorsque les jours comment à rallonger.
  • A cette période charnière de l’année existaient aussi des fêtes païennes très populaires :
    • le  24 décembre s’achevaient les saturnales, festivités romaines à l’origine du carnaval.
    • Le 25 décembre était célébrée la naissance du soleil invaincu (natalis solis invicti), une cérémonie à la gloire de Mithra, dieu de la lumière, un culte rapporté d’Asie Mineure par les soldats romains et mis à l’honneur par l’empereur Aurélien en 274.

Noël vient se superposer au culte de Mithra., d’ailleurs dans un de ses sermons, Saint augustin évoque la naissance du Christ, soleil de justice.

Sous la pression des évêques et des empereurs, Noël supplantera les cultes païens du solstice.

En Orient, pour les mêmes raisons, on célébrait le 6 janvier, l’Epiphanie, la manifestation de Dieu sur terre. Noël s’est rapidement inscrit dans un cycle de réjouissances qui durait jusqu’à l’Epiphanie.

 

  • Le calendrier ‘parle Chrétien’

 

Le temps liturgique est un temps cyclique, extrêmement élaboré.

L’année débute fin novembre avec  l’Avant, temps de pénitence qui précède Noël, entrecoupé de quelques grandes fêtes comme la St Nicolas. Noël est suivi par douze jours de fête ininterrompue qui annonce le carnaval (commençant souvent le 2 février), moment de liberté, de défoulement qui va s’interrompre avec la Carême. Epoque où les travaux agricoles reprennent.

 

Les deux mois qui suivent Pâques sont jalonnés de fêtes importantes : les Rogations, l’Ascension (40 jours après Pâques), la Pentecôte (dix jours plus tard), mais ce sont les événements ponctuels, concurrencés par les rites agraires qui célèbrent le renouveau de la nature et le retour des beaux jours : les arbres de mai, les feux de la saint Jean.

Le calendrier liturgique et le calendrier agraire se complètent parfaitement, ainsi l’activité agricole est intense de mai à octobre, alors les temps forts du calendrier liturgique se situent pendant la morte saison agricole, de novembre à Pâques.

C’est une construction cohérente, très bien adaptée à une société rurale.

 

L’Eglise contrôle également le cycle hebdomadaire avec le dimanche qui a un statut particulier par rapport autres jours :

 Jour du Seigneur, de la messe obligatoire pour tous,  célébrée par les prêtres, le dimanche a permis à l’Eglise de contrôler régulièrement le temps économique et  social’.

 

En aménageant le calendrier, le christianisme impose une façon de penser le temps. Cela se manifeste dans la discipline chrétienne ou le calendrier liturgique comporte des périodes de pénitence, de jeûnes, d’abstinence sexuelle. Les chrétiens ne doivent doit pas avoir de relations sexuelles pendant l’Avent et le Carême, les dimanches, les veilles et jours de fêtes et au début de chaque saison, pendant ce que l’on appelle les Quatre-temps.

Le calendrier chrétien structure également la vie économique. L’Eglise interdit le travail les jours de fêtes. Les principales foires se tiennent pendant les périodes de fêtes (celles de Lagny en janvier pendant les douze jours, celle de Provins pour la fête de la Sainte Croix, le 3 mai).

Les redevances se payent en automne, le plus souvent à la Saint Michel (29 septembre), plus rarement à la Saint-Rémi (1er octobre), parfois à la Saint-Martin (11 novembre). Aujourd’hui encore, en France, les fermages se règlent souvent à la Saint-Martin.

 

L’Eglise maîtrise aussi la mesure du temps. Seuls les clercs peuvent calculer la date de Pâques et par là même, de toutes les cérémonies qui en dépendent (du Mardi ras à la Pentecôte). Eux seuls ont la possibilité d’établir le calendrier. L’usage voulait que le jour de l’Epiphane (6 janvier), les curés de paroisses annoncent en chaire la date de Pâques.

 

A coté du cycle liturgique, s’établit un autre cycle religieux, celui des saints.

 

Dès les premiers siècles, les apôtres, les martyrs et les confesseurs font l’objet de dévotions particulières.

Les saints et la Vierge sont  considérés comme des intercesseurs auprès de Dieu, et comme pour les fêtes de Noël et de Pâques, leur localisation dans le calendrier n’est pas le fruit du hasard.

L’Eglise a placé la fête des grands saints à des moments charnières de l’année solaire, à des périodes païennes, de façon à intégrer certains rites dans le système mental chrétien.

‘N’importe quel saint ne succède pas à n’importe que Dieu’, remarque l’éthologue Claude Gaignebet.

 La fête de Saint –Jean-Baptiste se situe le 24 juin, tout près du solstice d’été. Elle est exactement symétrique de la Nativité de Jésus.

La fête de St Jean Baptiste jette un léger voile chrétien sur le solstice d’été, comme pour celui de l’hiver, de nombreuses rites (feux, herbes coupées pendant la nuit) se fixaient à ce moment privilégié de contact avec les forces cosmiques.

 Les archanges sont eux aussi placés à des dates significatives. Fêtés aux équinoxes, les archanges Gabriel (25 mars), Michel (29 septembre), veillent sur la conception de Jésus et de Jean-Baptiste qui naissent au moment des solstices.

Une très ancienne tradition fait allumer des feux au début du mois de mai… L’Eglise institue la fête de l’invocation de la vraie Croix, le 3 mai.

Les rogations, célébrées pour la première fois en 469, essaient aussi de christianiser les rites agraires du mois de mai : avant l’Ascension, pendant trois jours, le prêtre et les villageois parcourent en procession les terres du village pour garantir les récoltes.

 

Autre exemple de l’acculturation chrétienne : la Toussaint. Fête de tous les saints qui n’ont pas leur place dans le calendrier.

Tradition ancienne dans l’Eglise d’Orient, connue au IVe siècle en Occident, elle avait lieu au printemps et c’est le pape Grégoire III (713-741) qui la déplace au 1er novembre ; ce jour-là correspondait à la très populaire fête des morts celtique, la Samain.

Au Xe siècle, l’abbé Odilon de Cluny institue la fête des morts le 2 novembre, ainsi la Samain est complètement assimilée. Disposant judicieusement ses fêtes, l’Eglise réussit à christianiser tous les temps forts de l’année.

C’est au XIIIe siècle que le temps des fêtes chrétiennes culmine avec la création de la Fête-Dieu (10 jours après la Pentecôte) et le développement du culte à la Vierge (Visitation, Assomption, Immaculée Conception).

La fin du XIIIe siècle, les calendriers changent de support ; on ne les sculpte plus au porche des églises, on les trouve dans les livres d’heures, sortes de bréviaires destinés à des laïcs fortunés.

Un chef d’œuvre de livre d’heures est ‘ Les Très Riches Heures du duc de Berry’.

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5 janvier 2010 2 05 /01 /janvier /2010 20:48

vignette_calendrier.jpgLE CALENDRIER REPUBLICAIN  ou  REVOLUTIONNAIRE

 

  • Les prémices du calendrier républicain

  L’anticléritalisme apparaît quelques années avant la révolution de 1789.

En 1780, un ouvrage anonyme, ‘Fragments d’un poème moral sur Dieu’, ouvrage très athée ou le culte de la Vertu remplace celui de Dieu et ou la foi fait place à la raison.

En 1784, le ‘Livre échappé au déluge’, parodie la bible et s’oppose à la religion.

Début 1788 Sylvain Maréchal publie un ‘Almanach des Honnêtes Gens’

  14 juillet 1789, nous connaissons tous… La Révolution.

Le roi Louis XVI fut renversé, il ne s'en remit jamais vraiment et finit par perdre la tête sous la guillotine (dont il avait contribué à l’amélioration) le 21 janvier 1793.

  C'est à cette époque que fut décidée la mise en place d'un calendrier, connu sous le nom de calendrier Républicain, ou calendrier Révolutionnaire, dont le premier jour correspondait au premier jour de la République.

 

  • Naissance du calendrier républicain

La naissance du calendrier républicain s'est déroulée rapidement et sur plusieurs mois.

 

Le calendrier révolutionnaire rompait délibérément avec le calendrier grégorien, il visait à réformer la société jusque dans ses références au temps et à l’espace.

Contre la superstition, le fanatisme, le dimanche, les saints, les fêtes chrétiennes étaient abolies au nom de la raison, la science, la nature, la poésie, l’idéologie et l’utopie… Il faut en finir avec les pouvoirs de l’Eglise et son symbole…. Il faut y substituer des valeurs rationnelles (sic)..

  La Convention nationale a chargé le Comité d'Instruction publique de préparer un nouveau calendrier. Le Comité, lui, a nommé un groupe de travail constitué par Romme (rapporteur), Dupuis, Guyton, Ferry, Lagrange et Monge pour réfléchir à un projet.

Romme est en mesure de présenter le projet au Comité d'Instruction publique le 14 septembre 1793. Le Comité approuve le projet et Romme, le présente devant la Convention le 20 septembre 1793, qui l’adopte le 05 Octobre de la même année.

  Le calendrier républicain est du type solaire.

L’année commençait le jour de l’équinoxe d’automne (22 septembre 1792 à 0h du temps civil, pour le méridien de Paris, date de la proclamation de la République française (abolition de la royauté), et s’achevait par 5 jours complémentaires  (les fêtes des ‘sans-culottides’, placés après Fructidor.

Les révolutionnaires profitant de ce hasard de circonstance ont pris cette date pour fixer le début de l’année et instituer une nouvelle ère: l’Ere de la République.

Un 6ème jour appelé ‘jour de la Révolution’, s’y ajoutait chaque 4ème année (dite sextile); les années sextiles ne coïncidèrent pas avec les années bissextiles grégoriennes (an III, VII, XI).

  Les années étaient comptées (en chiffres romains) à partir du 22 sept. 1792. 

  Il y eu tout de même 7 projets !!

 

Les années bissextiles furent introduites pour permettre au jour de la nouvelle année de rester positionné à l’equinoxe d’automne.

Ce fut difficile à manipuler car l’équinoxe n’était pas aussi simple à déterminer. Ainsi, une règle similaire à celle utilisée dans le calendrier Grégorien a été mise en place au cours de l’année XX, bien que le calendrier Républicain fut abolit en l’an XIV. D’où la non-pertinence de la règle adoptée.

Les années 3, 6 et 11 furent bissextiles. Les années 15 et 20 auraient du être bissextiles, après, chaque 4ème année (à l’exception de la 100 ème, etc) aurait du être bissextile.

L’historicité de ces règles sur les années bissextiles a été discutée. Une source mentionne que le calendrier utilisait une règle qui aurait donné 31 années bissextiles toutes les périodes de 128 années !!..  

Le nouveau calendrier devait entrer en vigueur le lendemain du décret d'application mais un décret plus tardif (22 octobre 1793) fixa l'époque à laquelle les différentes administrations devraient appliquer ce nouveau calendrier.

 

Le nom des mois

  Les mois étaient divisés en 3 décades : 1ère, 2ème, 3ème.

  Les noms bucoliques des mois, présentés le 24 oct. 1793 par le Conventionnel Fabre d’Eglantine évoquaient la dominante climatique ou agricole (en France) à laquelle ils se rapportaient, avec une terminaison différente selon la saison. Les mois trois par trois selon la ‘sonorité’ des saisons.

   

Mois

Dominante

saison

Vendémiaire

Brumaire

Frimaire

mois des vendanges

mois des brumes et des brouillards

mois des frimas (du froid sec ou humide)

 

automne

Nivôse

Pluviôse

Ventôse

mois de la neige (qui blanchit la terre)

mois des pluies (qui tombent avec plus d’abondance)

mois des vents (des giiboulées qui vient sécher la terre)

 

hiver

Germinal

Floréal

Prairial

mois de la germination (et de la montée de la sève)

mois de la floraison (de l’épanouissement des fleurs)

mois des prairies (de la rtécolte et de la fécondité)

 

printemps

Messidor

Thermidor

Fructidor

mois des moissons (dorées qui couvrent les champs)

mois de la chaleur (solaire et terrestre qui ebrase le sol)

mois des fruits (que le soleil dore et mûrit)

 

été

 

·         Les décades

 

Toujours dans le but de supprimer toutes idées vreligieuses Fabre d’Eglantine explique les décades :

L'intérêt d’avoir dans la décade un mot qui ne soit pas un nombre mais qui le rappelle.

  Puis la dénomination de chaque jour de l'année, qu'il appelle "le quatrième mouvement, qui est le mouvement annuel."

  Il explique qu'à chaque jour est attaché le nom d'une plante :

"Le temps et le jour où la nature en fait présent"

Chaque demi-décade est marquée par le nom d'un animal domestique utile à ce moment et chaque décade par le nom d'un outil agricole dont se sert l'agriculteur à ce moment.

  Et c’est le tour des jours complémentaires :

Un nom a été donné à ces six jours de fêtes. Le second devait être "jour des actions" alors que le premier était "fête du génie", mais suite à une colère de Robespierre, les actions devinrent ‘vertu’ et précédèrent le ‘génie’.

Le texte de la séance du 24 octobre 1793 se termine par le décret suivant :

"La Convention nationale, rapportant l'article 9 du décret du 14 du premier mois (5 octobre 1793), décrète que la nomenclature, les dénominations et les positions du nouveau calendrier seront conformes au tableau annexé au présent décret.
Par amendement, la Convention décrète que la fête des actions sera célébrée le primdi des sansculottides sous le nom de fête de la vertu, et la fête de l'opinion, le quartidi des sansculottides."
 

·         Les jours

 

Chaque décade est une période de 10 jours (remplace la semaine).

Ils étaient nommés respectivement (d’après leur rang, selon une étymologie latine) : primidi, duodi, tridi, quartidi, quintidi, sextidi, septidi, octidi, nonidi, décadi).

 

·         Noms des Epagomènes

     

Tous les enfants de la République, après une …….   Adoption solennelle répétée tous les ans,
seront protégés, soignés, élevés comme des enfants de la grande famille
.

Par une même éducation, ils se formeronr ensemble à tous les genres ... D’industrie

Ils seront examinés comme artistes ou soldats, et ils recevront les … Récompenses

Qui leur seront due

La paternité sera encouragée et considérée

La vieillesse sera honorée

Tous les quatre ans La révolution sera célébrée dans des jeux olympiques

   

·         Une fin programmée dès le départ

 

Avec la révolution ‘A homme nouveau, temps nouveau’, le calendrier créé de toutes pièces devait répondre pour les auteurs à trois objectfrs :

Ø  Montrer la rupture avec le régime précédent

Ø  Fournir un cadre de vie et de fêtes pour la nouvelle société et

Ø  Rationaliser le système de mesurs.

  Ce calendrier devait  selon Fabre d’Eglantine institutionnaliser un tournant historique et le rendre irréversible : ‘Nous ne pourrons plus compter les années où les rois nous opprimaient comme au temps où nous avons vécu’

Gilbert Romme déclarait quant à lui : ‘Le temps ouvre un nouveau livre sur l’histoire ; et dans sa marche nouvelle, majestueuse et simple comme l’égalité, il doit graver d’un burin neuf les annales de la France regénérée’.

 

Le calendrier révolutionnaire témoignait auusi de la volonté de déchristianiser le temps en supprimant le dimanche, jour du Seigneur, et purger le calendrier de ses saints ‘ce dégoutant charnier des prêtres’.

  Ce nouveau calendrier se voulait précis et exacte, simple et universel. L’ancien système apparaissait comme « un monument de servitude et d’ignorance », truffé d’anomalies : des mois inégaux, des fêtes mobiles, et pourtant…. Il ne parviendra jamais à s’imposer.

  

Né à coup de décrets et de modifications, il se terminera de la même façon, à coup de …. Critiques.

Bonaparte souhaitait que la religion soit la relgion d’Etat, il fallait donc que le calendrier républicain disparaisse. Pour cela il commence par un arrêté des consuls du 7 thermidor an VIII, ou seuls les fonctionnaires sont soumis au décadi.

 Le 18 germinal an X, le repos des fonctionnaires est fixé au dimanche, la semaine devient de ce fait à nouveau légale.

 

Le 28 floréal an XII (18 mai 1804) le Sénat proclame Napoléon Empereur des français et Pie VII consacre l'événement le 13 frimaire an XIII (4 décembre 1804).

Le décret de la Convention du 5 octobre 1793, qui mit en usage le calendrier républicain, fut aboli par Napoléon 1er, le 22 fructidor an XIII (9 septembre 1805), un peu avant l'arrivée de Pie VII. Le Sénat décrète que "à dater du 11 nivôse prochain, le calendrier grégorien sera remis en usage dans tout l'Empire français".

Ce décret est sans doute l’un des textes de loi les plus courts de notre histoire :

Sénatus-Consulte sur le rétablissement du calendrier grégorien.

(22 Fructidor an XIII = 9 septembre 1805).

Art 1er . A compter du 11 nivôse an XIV, le 1er janvier 1806, le calendrier grégorien sera mis en usage dans tout l’empire français.

  Le calendrier républicain dura 13 ans. L’an I n’ayant pas été utilisé, puisque la fondation du calendrier remonte au 14 Vendémiaire an II (5 octobre 1793), il n’eut que 12 années d’application (aucun acte authentique ne peut porter une date de l’an I).

L’an XIV commencé le 23 sept. 1805 ne compta que 3 mois et 8 jours d’existence légale

 

Le calendrier républicain fut remis en vigueur pendant la Commune du 6 au 23 mai 1871... et retourna dans l'Histoire de France.

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4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 21:36
  • Fêtes et jours fériés en France

 

Le calendrier des jours fériés, tels que nous les connaissons aujourd’hui, s’est mis en place succesivement. En 1802, à la suite du Concordat est dréssée la liste des fêtes d’origine chrétienne, dites d’obligation : tous les dimanches, l’Ascension, l’Assomption, la Toussaint et Noël.

En 1810, st ajouté le 1er janvier, puis en 1886 les lundis de Pâques et de Pentecôte.

Pour ce qui est des fêtes laïques, ce fût plus chaotique, celles-ci relevant des préoccupations idéologiques de la République.

En 1880, le régime cherche à se doter d’une fête nationale qui commémorerait un événement de la Révolution française. Mais lequel choisir ? Les polémiques autour de la révolution ne sont pas encore éteintes, or la fête nationale à pour but de rassembler, de céer un consensus.

Dans ce cadre, deux ou trois dates seulement peuvent convenir, amis aucune n’est idéale : la victoire de Valmy est trop proche des massacres de septembre, la nuit du 4 août copte un absent de taille… Le peuple, qui n’y avait pas participé. Le 14 juillet semble être le choix le mieux adapté (un peu par défaut),  mais aussi à cause de la fête de Fédération, le 14 juillet 1790, qui avait rassemblé tous les français..

Les deux derniers jours fériés1 nationaux viennent commémorer la fin des deux guerres mondiales : le 11 novembre instauré en 1922 et le 8 mai, établi en 1951, supprimé en 1961 et rétabli en 1981.

Le 1er mai est une fête particulière, elle a une dimension politique internationale. Avec le 1er janvier elle est un des seuls jours fériés civils à être reconnu dans une grande partie du monde.

Le 1er mai provient du syndicalisme américain.  Aux Etats-Unis, les engagements de travail commençaient le 1er mai (moving day).

Pendant trois ans, de 1855 à 1888, les syndicats américains ont fait grève ce jour-là pour obtenir la journée de huit heures.

En 1947, dans un contexte de luttes sociales, il est institué jour férié en France.

En 1941 le régime de Vichy institua la fête de mères en reprenant la tradition américaine vieille d’un demi-siècle du ‘mother’s day’.

 

En France, les jours fériés sont légalement définis par le code du travail, (article L3133-1)[]

La Fête du Travail est en France le seul jour férié obligatoirement chômé (article L3133-4 du code du travail) et payé (article L3133-5 du code du travail). Les autres jours fériés ne sont pas obligatoirement chômés, sauf dispositions contraires des conventions collectives applicables dans les entreprises.

Les huit jours fériés à dates fixes peuvent être un samedi ou un dimanche, (les conventions collectives peuvent prévoir un jour chômé récupérable).

Les jours fériés fixes (1er janvier, 1er mai, 8 mai, etc.) se retrouvent distribués de la même façon sur les jours de la semaine tous les 28 ans

Au cours de ce cycle de 28 ans, chaque fête fixe tombe exactement quatre fois sur chacun des sept jours de la semaine (au cours d'un cycle de 28 ans, le 1er janvier tombe quatre fois un lundi, quatre fois un mardi, etc.)

En revanche, pour une année donnée, un nombre plus ou moins grand de fêtes fixes tombent la semaine ou le week-end ; il y a donc de "bonnes" et de "mauvaises" années. La meilleure configuration s'est présentée en 2000, avec seulement deux fêtes tombant un week-end (le 1er janvier et le 11 novembre tombaient un samedi) ; cette configuration se retrouvera en 2028.

 

De nouvelles fêtes sont apparues : St Valentin, Halloween… Ces manisfestations ne sont pas uniquemet des événements commerciaux. Elles tentent de sacraliser le couple, la famille et correspondent aux besoins de la société actuelle.

Avec Halloween, c’est la pensée des morts qui est réintroduite, amis sous la forme ambiguë d’une fête des enfants.

 

Aujourd’hui à part le 1er mai (fête du muget depuis 1907), les rituels du 8 mai, du 11 novembre attirent de moins en moins de monde. Le 14 juillet ne correspondant plus avec la fin de l’année scolaire, il n’est plus le temps fort qu’il était jadis.

 

Tous ces jours fériés tendent à devenir des moments ordinaires ; de la même façon la pratique religieuse ayant beaucoup diminié, les dimanches et certaines fêts chrétiennes ont largement perdu leur caractère sacré et, pour le plus grand nombre, constituent avant tout des jours de repos. C’est bien dommage !

 

 

Voilà 207 ans que la France vit au rytme du calendrier grégorien, mais en cette année 1789… La Révolution.

Qui dit Révolution, dit changement de calendrier !!!


1 Instituées pour des raisons conjoncturelles évidentes, ces deux fêtes civiles pourraient bien disparaître au XXIe siècle au profit par exemple d’une journée de l’Europe.

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3 janvier 2010 7 03 /01 /janvier /2010 17:53
  • rousillonLe commencement de l’année en France

 

Aux VIème et VIIème siècle de notre ère, plusieurs provinces de France commençaient l'année au 1er mars.

 Au temps de Charlemagne, l'année commençait à Noël ; cet usage subsistait encore dans une charte de Soissons, au XIIème siècle.

En d'autres lieux, l'année changeait au 25 mars, jour de l'Annonciation; le concile de Reims, en l'an 1235, donne cette date comme "l'usage de France".

A cette époque on s'échangeait des cadeaux  de nouvel an début avril et les plaisanteries  que nous nommons "poisson d'avril" commémorent sans doute cet usage, lorsque le début d'année fut reporté au 1er janvier, on offrit donc au début d'avril des faux cadeaux de nouvel an.      

Suprême incommodité, bien que la fête de Pâques soit mobile et oscille entre le 22 mars et 25 avril, le début d'année se plaçait à Pâques sous les Capétiens

 

Cet usage était presque général aux XIIème et XIIIème siècles et se rencontre encore au XVIème siècle dans certaines provinces.

L'année variant en longueur continuellement, de fâcheuses confusions pouvaient se produire, c'est ainsi que l'an 1347, commencé à Pâques le 1er avril, se termina aux Pâques suivantes le 20 avril.

L'année 1347 eut ainsi 2 mois d'avril presque complet!

 

  • Le 1er janvier

 

En France, le début de l’année légale était le jour de Pâques. Or, Pâques est une fête mobile oscillant entre le 22 mars et le 25 avril. Cette singulière coutume de prendre une fête mobile comme point de départ de datation amenait à avoir des années qui varaient entre 330 et 400 jours ! Certaines années avaient 2 printemps : l’un en début d’année, l’autre à la fin.

Ainsi lorsqu’un chroniqueur du temps de Jeanne d’Arc parle de 2 événements survenus, par exemple l’un en février et l’autre en mai 1428, le second au lieu d’être postérieur au 1er, lui est antérieur, puisque le 1er jour de l’année 1428 a été le 4 avril, le dernier jour de cette année 1428 étant le 26 mars, veille du jour de Pâques suivant.

Février venait alors après mai dans le même millésime (facile, non ?)

Au fil du temps, le 1er avril s’imposa comme 1er jour de l’année.

 

Et c’est seulement en décembre 1564, pendant un séjour qu’il fit au château de Roussillon, en Dauphiné, que Charles IX signa une ordonnance qui fixa au 1er janvier le début de l’année légale.

Date importante s’il en est puisque jusqu’à ce jour, l’Eglise et la société civile débutait l’année à deux dates différentes !

Le temps des cadeaux fut ainsi ramené 3 mois en arrière : il quitta avril pour janvier.

 

En résumé, en France nous avons changé huit fois de style pour fixer le début l’année :

 

  1. 1er mars : issus de la tradtion romaine ancienne
  2. 1er janvier : pour suivre la traditionRomaine depuis le règne de Numa Pompilius (715- 672 av J.C.)
  3. 25 décembre : en relation avec la de naissance du Christ, fixée en 337 par le pape Jules 1er
  4. 25 mars : date retenue pour l’Incarnation du Christ
  5. 25 mars : idem que précédemment mais avec un an de retard
  6. Pâque : utilisé par la chancellerie royale et les juridictions royales à partir du VIèmesiècle. Lors de l’abandon de cette date, on pense que naquirent les plaisanteries célébrant le 1er avril.
  7. Pâques : idem que précédemment mais avec un an de retard
  8. 1er janvier : mais avec un an de retard.

 

L'Eglise répugna longtemps à choisir pour origine de l'année le 1er janvier qui porte le nom de Janus, divinité païenne.

Pour mettre fin aux ambiguïtés, un édit de Charles IX, signé le 9 août 1564, mais ayant  pris effet 3 ans plus tard en 1567, (soit peu de temps avant la réforme grégorienne), rendit obligatoire la date du 1er janvier, comme 1er de l’an. Ainsi l’année 1564 ne dura que neuf mois…

 

Le 1er janvier en France : 1563, 64 ou 1565 ?

Paris, janvier 1563 ; reg. Au parlement de Dijon, le 30 mars suivant, à celui de Bretagne le 8 mai 1564, et au parlement de Paris le 22 décembre de la même année

 

L’édit est daté de janvier 1563. Comme janvier est antérieur à Pâques, que l’édit est daté selon l’ancien style, ce janvier 1563 correspond bien à janvier 1564 selon le nouveau style.

Curieusement, l’édit ordonne que le nouveau style soit appliqué à compter de ce mois de janvier 1563 (ancien style) et devienne donc rétroactivement janvier 1564 (nouveau style).  Difficile à réaliser, il semble bien que l’édit n’ait vraiment été appliqué qu’à compter du 1er janvier suivant, soit le 1er janvier 1565 (nouveau style).   

Vous suivez toujours ? [Bravo.…] heureusement qu’aujourd'hui le 1er janvier est  unanime chez les grandes nations… Ouf !!

 

·         Les mois

 

Jusqu'à l’Edit du Roussillon la France est fidèle au calendrier julien, l’année débutait le 1er mars.

Puis depuis la réforme… nous connaissons !!

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2 janvier 2010 6 02 /01 /janvier /2010 21:46
 

 

cahiersAcceuil du calendrier en France

Selon Francesco Maiello, un quart seulement ‘des livres de raison’ tenu vers 1582 note l'introduction
du calendrier grégorien.

Les livres de raison étaient des journaux personnels, habituellement tenus par le Chef de Famille) contenant aussi bien des informations économiques (comptabilité de ménage ou d'artisan) que des renseignements sur la vie quotidienne (événements familiaux, transcriptions d'almanachs, etc).

F. Maiello en déduit que notre système actuel d'orientation dans le temps par année, mois et quantième de mois, (par date), était loin d'être entré dans les mœurs.

La citation précise d'un jour (expl : 24 Août 1572) était rare, on utilisait plus souvent les fêtes religieuses (Saint Barthélemy pour prendre le même exemple) pour se repérer.

Dans les campagnes françaises, les paysans se repéraient dans le temps grâce aux phénomènes saisonniers mais aussi aux fêtes, et en particulier celles ces "saints" écrit F.Maiello.

Pour preuve les dictons toujours d’actualité: "A la sainte Luce, les jours croissent du saut d'une puce". Choix pas si hasardeux : avant la réforme, la sainte Luce était au 23 décembre, juste après le solstice. Mais, après la réforme, avec dix jours de moins, la sainte Luce se trouva avancée au 13 décembre, période où les jours décroissent encore.

 

En 1588, Etienne Tabourot des Accords tenta de remplacer ce dicton par "Le soleil, la veille de Noël s'esquive"…. peine perdue.

Il n'en restait pas moins vrai que le nouveau calendrier touchait aussi à ce qui n'était pas une mesure quantitative du temps. Sans parler de l'échéance du règlement des fermages et autres traites.

 

A part quelques initiés, la majorité de la population française fut prise de court par cette réforme qui s'appliqua assez brusquement. De l'ordonnance royale du 2 novembre à la suppression des dix jours de décembre, il ne se passa pas beaucoup de temps.

 

Selon J. Delatour le nouveau calendrier fut reçu de manière différente selon, d'une part, le niveau d'instruction et, d'autre part, la religion.

Dans le domaine des contrats, tout se passa relativement bien. Le parlement de Paris avait bien insisté sur le fait que les termes ne seraient pas raccourcis de dix jours. De leur côté, les tribunaux royaux veillèrent à ce que cette règle fut strictement respectée.

 

Les plus instruits, eux, accueillirent assez favorablement le nouveau calendrier en ne manquant pas, au passage, de "blâmer l'obscurantisme populaire" comme l'écrit J. Delatour.

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1 janvier 2010 5 01 /01 /janvier /2010 15:52

Samon 

 

  • Le calendrier gaulois

 

La Gaule selon la description faite par César

 

 La Gaule, les Gaulois et les druides selon César :

L’ensemble de la Gaule est divisé en 3 parties : L’une est habitée par les Belges, l’autre par les Aquitains, la 3ème par le peuple qui dans sa langue, se nomme Celte, et dans la nôtre, Gaulois. Tous ces peuples diffèrent entre eux par le langage, les coutumes, les lois. Les Gaulois sont séparés des Aquitains par la Garonne, les Belges par la Marne et la Seine.’

(La guerre des gaules I-1)

 

·         Le calendrier de Coligny

 

Enfoui au IIème siècle de notre ère (sa date de fabrication pourrait être plus ancienne, car les druides Celtes disposaient de ce genre de calendriers 500 ans av. J.C.), les druides se refusant pratiquement à toute écriture, le calendrier de Coligny constitue à ce jour le plus long texte rédigé en gaulois (2200 lignes)

En novembre 1897, un cultivateur (M. Roux), découvre dans un champ à Verpoix (territoire des gaulois Ambarri), sur la commune de Coligny (Ain), à proximité de la voie romaine Lugdunum-Versontio (Lyon-Besançon) à environ 30 cm de profondeur, des débris de bronze. De ces morceaux de bronze, deux objets sont reconstitués, une statue quasi complète de Mars (dieu romain de la guerre), et une table calendaire de 1,48m sur 0,90m.

Cette table est incomplète, les 150 fragments  ne constituent que les 2/3 de ce calendrier. Environ 120 de ces fragments  sont gravés, le reste constitue un cadre de 5cm. Bien que gravés en caractères romains, il apparut que la soixantaine de mots reconstitués sont en langue gauloise.

 

·         Fonctionnement du calendrier

 

Il est complexe, en effet :

a)       Cette table est incomplète

b)       La langue gauloise garde toujours une partie de son mystère (on attend toujours le ‘Champolion’ Gaulois).

c)       Cette table représente les jours et les mois de 5 années, mais on ignore le millésime.

Les historiens possèdent entre autre 2 textes romains permettant de se faire une idée, l’un de César :

‘Tous les Gaulois se prétendent issus de Dis Pater (dieu de la nuit et de la mort) : c’est, disent-ils, une tradition des druides. En raison de cette croyance, ils mesurent la durée, non pas d’après le nombre des jours, mais d’après celui des nuits ; les anniversaires des naissances, les débuts des mois et d’années, sont comptés en faisant commencer la journée avec la nuit.’ Jules César Guerre des gaules VI-18

L’autre de Pline l’Ancien :

‘…On le cueille (le gui) en grande pompe religieuse, ce doit être avant tout au sixième jour de la lune, qui marque chez eux le début des mois, des années et des siècles, qui durent 30 ans, jour choisi parce que la lune est déjà dans toute sa force sans être à mi-cours.’ Pline, Histoire Naturelle, XVI, 249-251, trad. Jacques André, 1962, Paris, Les Belles Lettres.

 

Le calendrier est de type ‘luni-solaire’ à prédominance lunaire.

Composé de 16 colonnes (séparées par une série de trous dont on pense qu’ils étaient destinés à recevoir des fiches) et de 4 lignes :

 

Il se lit de haut en bas et de gauche à droite. Etabli pour une période d’un LUSTRE (5 années), il comporte donc 62 mois. Les mois M1 et M2 occupent 2 lignes, ce sont des mois intercalaires destinés à rattraper le retard du calendrier lunaire par rapport au calendrier solaire.

Le 1er est inséré avant ‘Samon’, le second avant ‘Gaimon’, ce qui semble correspondre aux limites irlandaises pour ‘Samradh’(été) et ‘Geimredh’(hiver).

Selon Pline l’Ancien, chez les gaulois, un siècle durait 6 lustres soit 30 ans.

Chaque mois est précédé de M ou de MID (mot gaulois voulant dire mois)

 

En Gaule, l'année fixée par les Druides était lunaire et commençait à la 6ème nuit (1er quartier) de la lune du solstice d'hiver, mais même après l'adoption de l'année julienne, de longues divergences subsistent à son début.

 

Le calendrier de Coligny garde encore beaucoup de secrets, sans la découverte d’un autre document permettant de faire des recoupements, la langue gauloise ne sera jamais élucidée.


 

Si vous passez à Coligny (01), prenez le temps de vous arrêtez à la mairie ou vous pourrez admirer la copie de cette table calendaire (l’originale étant au musée de Lyon).

 

Mais la Gaule fut sous domination romaine, même Astérix dût se soumettre au calendrier romain, puis accepter  le calendrier julien (46 av. J.C.), ensuite le grégorien (1582), avec un petit passage par le calendrier Révolutionnaire (1792) avant de revenir sous Napoléon 1er, au calendrier grégorien en 1806.

 

Voyons comment en 1582 les français ont accueilli le calendrier grégorien.

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31 décembre 2009 4 31 /12 /décembre /2009 15:45

 

 

  • Le plus vieux calendrier lunaire connu.

 

On n’a pas attendu les romains pour avoir notre calendrier !!!  Ce qui serait à ce jour le plus vieux calendrier lunaire jamais établi a été identifié sur les murs des grottes de Lascaux, et oui, chez nous en France.

 lascaux-1001.jpg


Des peintures remontant à 15.000 ans montrent, selon le Dr Michael Rappenglueck de l’université de Munich, la Lune dans ses différentes phases.

Les groupes de points et de carrés figurant dans les représentations de taureaux, d’antilopes et de chevaux, décrivent selon lui les jours du cycle lunaire.

Un groupe de 29 points sur une des peintures symbolise les 29 jours du cycle complet.

La présence de l’astronomie dans les grottes de Lascaux serait ainsi définitivement établie !

Puis nous avons eu le calendrier de nos ancetres… les gaulois !!

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