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28 décembre 2009 1 28 /12 /décembre /2009 21:53

cahiers.jpg Selon Francesco Maiello, un quart seulement ‘des livres de raison’ tenu vers 1582 note l'introduction du calendrier grégorien.

Les livres de raison sont des journaux personnels qui peuvent contenir aussi bien des informations économiques (comptabilité de ménage ou d'artisan) que des renseignements sur la vie quotidienne (événements familiaux, transcriptions d'almanachs, etc). Ils étaient habituellement tenus par le Chef de Famille.

 

F. Maiello en déduit que notre système actuel d'orientation dans le temps par année, mois et quantième de mois, (par date), était loin d'être entré dans les mœurs à cette époque.

La citation précise d'un jour (expl : 24 Août 1572) était rare, dans les campagnes françaises, les paysans se repéraient dans le temps grâce aux phénomènes saisonniers mais aussi aux fêtes, et en particulier celles ces "saints" (Saint Barthélemy pour prendre le même exemple).

Pour preuve les dictons toujours d’actualité: "A la sainte Luce, les jours croissent du saut d'une puce". 

 

Choix pas si hasardeux : avant la réforme, la sainte Luce était au 23 décembre, juste après le solstice. Mais, après la réforme, avec dix jours de moins, la sainte Luce se trouva avancée au 13 décembre, période où les jours décroissent encore.

Etienne Tabourot des Accords tenta en 1588 de remplacer ce dicton par "Le soleil, la veille de Noël s'esquive"…. peine perdue.

Il n'en restait pas moins vrai que le nouveau calendrier touchait aussi à ce qui n'était pas une mesure quantitative du temps. Sans parler de l'échéance du règlement des fermages et autres traites.

 

A part quelques initiés, la majorité de la population française fut prise de court par cette réforme qui s'appliqua assez brusquement. De l'ordonnance royale du 2 novembre à la suppression des dix jours de décembre, il ne se passa pas beaucoup de temps.

 

Selon J. Delatour le nouveau calendrier fut reçu de manière différente selon, d'une part, le niveau d'instruction et, d'autre part, la religion.

Dans le domaine des contrats, tout se passa relativement bien. Le parlement de Paris avait bien insisté sur le fait que les termes ne seraient pas raccourcis de dix jours. De leur côté, les tribunaux royaux veillèrent à ce que cette règle fut strictement respectée.

 

Les plus instruits, eux, accueillirent assez favorablement le nouveau calendrier en ne manquant pas, au passage, comme l'écrit J. Delatour de "blâmer l'obscurantisme populaire".

 

Le meilleur témoin de cet accueil mitigé de la réforme selon les classes est peut-être Michel Eyquem de Montaigne (1533-1592), élu du parlement de Bordeaux, il était bien placé pour juger de l'impact de la réforme grégorienne sur la vie quotidienne des agriculteurs :

Tantôt  il se plaint de ce changement :

"Que l'eclipsement nouveau des dix jours du Pape, m'ont prins si bas, que je ne m'en puis bonnement accoustrer. Je suis des années, ausquelles nous comtions autrement. Un si ancien et long usage, me vendique et rappelle à soy. Je suis contraint d'estre un peu heretique par là. Incapable de nouvelleté, mesme corrective. Mon imagination en despit de mes dents se jette tousjours dix jours plus avant, ou plus arriere : Et grommelle à mes oreilles."

Et tantôt il constate qu'il n'a rien qui puisse affecter la vie des agriculteurs qui usent d'une autre mesure du temps :

"Combien de changemens doivent suyvre ceste reformation ! Ce fut proprement remuer le ciel et la terre à la fois. Ce neantmoins, il n'est rien qui bouge de sa place : Mes voisins trouvent l'heure de leurs semences, de leur recolte, l'opportunité de leurs negoces, les jours nuisibles et propices, au mesme poinct justement, où ils les avoyent assignez de tout temps."

 

Montaigne En 1571,  prendra la décision de se retirer dans la "librairie" de son château (en Dordogne) pour y lire et écrire. 

Et les détracteurs n'étaient pas loin...

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27 décembre 2009 7 27 /12 /décembre /2009 15:06

  france 1582
La suppression de 10 jours du calendrier prévue dans la bulle Inter gravissimas se fit en France du 10 au 19 décembre 1582, le 9 décembre 1582 fut suivi du 20 décembre.

Or, selon la bulle, cette suppression aurait dû être effectuée en octobre et non pas en décembre.

Pourquoi ce retard alors que l'Italie, l'Espagne et le Portugal avaient sans problème respecté les dates prévues dans l'Inter gravissimas ?

J. Delatour y voit deux, et peut-être trois raisons :

1ère raison, le prétexte qui arrange :

Le pape  avait accordé a Antonio Lilio le privilège d'imprimer et de vendre le nouveau calendrier. A travers Antonio, le pape voulait récompenser l'astronome Luigi Lilio, son frère, concepteur du calendrier et mort en 1576.

Grégoire XIII demande à Henri III, que la France accorde également ce privilège à Antonio Lilio. Seulement Antonio ne prit pas la peine de faire imprimer et distribuer le calendrier. Sans calendrier, les imprimeurs français ne pouvaient donc pas le traduire et l’imprimer.

Octobre, mois officiel d'application de la réforme passa ….. sans le nouveau calendrier.

L'ordonnance royale fixant les dates de la réforme en France fut rendue le 3 novembre 1582. Le lendemain, Henri III accordait à Jacques Kerver un privilège pour l'impression du calendrier (il en avait accordé un autre, en douce, le 16 septembre à Jean Gosselin lui donnant le droit d'imprimer des traductions françaises).

Mi-novembre, le nonce en France Giovanni Battista Castelli apprit que le pape avait annulé le privilège de Lilio, alors rien n'empêchait plus à qui le voulait d'imprimer enfin le calendrier tant attendu. Tout le monde s'y mit allègrement : Pillehotte à Lyon, Kerver à Paris mais également Platin à Anvers ou Basa à Rome.


2ème raison
, la raison inavouable :

Elle aurait eu pour nom Christophe de Thou, premier président au Parlement.  J. Delatour, souligne qu’il faut mettre cette raison au conditionnel celle-ci n’étant pas prouvée et ressort d'une coïncidence troublante de dates.

Christophe de Thou personnage puissant et respecté ne voyait pas d'un bon œil le Saint Siège s'immiscer dans les affaires de l'Église gallicane. Après un avertissement sans frais (2 ans de "résistance") lors de l'adoption du style du premier janvier (le 1er  janvier devenant 1er jour de l'année) en 1564, il était, selon son fils Jacques-Auguste de Thou, bien décidé à ne pas faire adopter la réforme grégorienne. Il s'opposa au roi et... en tomba malade.

A partir de là, J. Delatour constate la coïncidence des dates :

·         Le 29 octobre, Christophe de Thou est à l'article de la mort : le Conseil rend son arrêt concernant le calendrier.

·         Le 1 novembre Christophe de Thou décède et le surlendemain le roi donne son édit et ordonnance sur le calendrier.

·         Le 5 novembre, l'évêque de Paris fixe l'ordre des fêtes de fin d'année

·         Le 10 novembre, l'édit est publié.

·         Le 12 novembre, le Parlement rentré de vacances n'a plus qu'à constater les faits.

 

3ème raison, la raison embarrassante :

Elle a pour nom fêtes. Paul de Foix, chargé d'expliquer les choses au pape "...qu'il y eust en cecy quelque empeschement que je ne pouvois sçavoir", il fallait trouver d'autres dates en remplacement des dates initialement prévues.

Il fallait supprimer 10 jours et surtout que Pâques 1583 soit célébrée le même jour en France qu'à Rome. Mais le roi voulait, lui, que Noël soit aussi célébré en même temps à Rome et à Paris.

La réforme devait donc se faire avant le 25 décembre 1582.

Pas question de supprimer le 11 novembre qui était la date de fin des vacances du Parlement et celle de paiement des termes et de fin de certains contrats … et puis, c'était une date trop proche de la décision du Conseil.

Pas question non plus de toucher au jour auquel "tout prend racine" (Sainte Catherine, 25 novembre), de toucher à la Saint-André fête importante du 30, de toucher à la fête du patron des marchands de vin, porteurs de charbon, bateliers, à la Saint- Nicolas du 6 décembre, à la Conception Notre-Dame du 8 décembre…. On sauterait donc sans trop de dommages du 9 au 20 décembre et tans pis pour la coupe sombre dans la période de l'Avent (il suffisait d'avancer son début au 18 novembre 1582 pour les Parisiens), ailleurs, ce fut comme on pouvait y compris fêter les dimanches de l'Avent... pendant la semaine et tant pis  pour le pape qui avait pris la décision fin octobre début novembre de supprimer en France les jours du 11 au 20 février 1583 ( la décision française était déjà prise).

 

C’est par l’ordonnance du 2 nov. 1582 en forme de mandement adressée aux prévôts des villes, qu’Henri III entérina la réforme du calendrier.

 

Est-ce pour lui être agréable que le roi organisa à Paris une immense procession le 9 décembre 1582 ? Ou pour fêter le dernier jour du calendrier julien en France ?

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7 novembre 2008 5 07 /11 /novembre /2008 22:26

 fuseaux

 

Si, au temps de César, il fut assez simple d'imposer le calendrier julien, la mise en usage du calendrier grégorien exprimée dans le ‘motu proprio’ ne se fit pas sans heurt.

 

L’Europe en  1600

 

Rappel : C'est à Tusculum (maintenant Frascati) le 24 février 1582 que le pape Grégoire XIII délivre la bulle Inter gravissimas  instituant la réforme du calendrier julien : le calendrier grégorien est né, et pour rattraper le retard pris depuis le concile de Nicée sur l'année solaire, Grégoire XIII, supprime 10 jours dans le calendrier.

Le lendemain du jeudi  4 octobre 1582 sera le vendredi 15 octobre 1582 : «On choisit octobre parce que c’est le mois qui compte le moins de fêtes religieuses, les 10 jours perdus perturberas le moins l’Eglise » (bulle Inter gravissimas)

Le texte de la bulle fut adressé d'abord aux membres de l'Église catholique, il fut également adressé à tous les chefs des États chrétiens. Certes ces derniers étaient maîtres en leur Royaume mais, comme tout bon chrétien, ils se devaient de "rendre ce service" au pape.

 

A Rome, en Espagne et au Portugal, le lendemain du jeudi 4 octobre 1582 fut le vendredi 15 octobre.

Les États non chrétiens ou ne reconnaissant pas l'autorité du pape, adoptèrent le calendrier  avec retard : le Japon en 1873, la Chine en 1912, l’Etat Roumain en 1919, la Turquie en 1924.

 

Les États protestants (et ceux de l'Église d'Orient) traînèrent longtemps des pieds avant d'appliquer la réforme grégorienne. La révolte fut longue ; le Français Joseph Scaliger, par ses critiques, contribua à organiser la résistance.

 

Les protestants des Pays-Bas, d'Allemagne et de Suisse s'inclinèrent avec un siècle de retard, vers l'an 1700; encore modifièrent-ils la date de l'équinoxe.

‘Les protestants, disait Képler, aiment mieux être en désaccord avec le soleil que d’accord avec le pape’ !!

Dans certains villages Suisses, il fallut recourir à des amendes et à la force armée pour amener l'emploi du calendrier grégorien.

 

La catholique Pologne, après maintes résistances et une sédition à Riga, reçut le calendrier en 1586; la Hongrie s'aligna en 1587.

Les Etats catholiques d'Allemagne et de Suisse accueillirent la réforme en 1584.

 

La répugnance fut vive même dans les pays catholiques à sacrifier 10 jours. Rompre en apparence la continuité du temps montre bien que le calendrier touche les cœurs, et qu'il convient de traiter la question avec prudence.

  

 

Dernier jour

Julien

Premier jour

Grégorien

Italie, Espagne, Portugal

4 oct. 1582

15 oct. 1582

France (sauf Alsace et Lorraine)

9 déc. 1582

20 déc. 1582

Luxembourg

14 déc. 1582

25 déc. 1582

Belgique (alors province des Pays-Bas)

21 déc. 1582

1er janv. 1583

Valais Suisse

28 févr. 1655

11 mars 1655

Alsace

4 févr. 1682

16 févr. 1682

Zurich, Berne, Bâle, Genève

31 déc. 1700

12 janv. 1701

Angleterre

2 sept. 1752

14 sept 1752

Lorraine

16 févr. 1760

28 févr. 1760

U.R.S.S.

31 janv. 1917

14 févr. 1917

Canada

France ou

Angleterre…

… selon les

provinces

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Pour la petite histoire :

Ste Thérèse d’Avilla étant décédée dans la  nuit, on peut dire ironiquement qu’elle est morte  dans la nuit du 4 au 15 octobre 1582.

L’écrivain espagnol Cervantès et l’écrivain anglais Shakespeare, sont morts le 23 (ou 22) avril 1616, et pourtant ils ne sont pas décédés le même jour.

En effet, en 1616 l’Angleterre avait toujours en usage le calendrier julien, alors que l’Espagne  avait adopté le calendrier grégorien.

Cervantès a donc devancé de 11 jours Shakespeare au paradis des écrivains.

 

Examinons comment cela c’est passé dans certains pays européens…

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30 octobre 2008 4 30 /10 /octobre /2008 22:33

réforme a)- La bulle Inter gravissimas

 Nous sommes le 24 février 1582. Grégoire XIII signe à Tusculum, (aujourd'hui Frascati), la bulle Inter gravissimas instaurant dans la liturgie catholique romaine le calendrier grégorien.

 Cette bulle est en fait datée de 1851, et oui... à cette époque le changement d'année pour les bulles papales se faisait le 21 mars !!...

 Instaurer le calendrier, d'accord, mais encore fallait-il expliquer à tous, et en particulier à tous les prêtres catholiques romains du monde, comment fonctionne ce nouveau calendrier.

Les textes explicatifs sont appelés les 'canons'

 b)-Les canons

Ces textes explicatifs,  sont publiés en 1582.

Au nombre de six, probablement rédigés par Clavius, l'architecte du calendrier grégorien, après Luigi Lilio, que Clavius appelait lui-même 'primus auctor' de cette réforme.

 Le premier canon explique ce qu'est le nombre d'or et comment le déterminer pour une année quelconque.

  • Le deuxième canon explique comment déterminer l'épacte d'une année. L'épacte est le nombre de jours dont l'année commune de 365 jours dépasse l'année lunaire commune de 354 jours.

(Par définition, la lune et le soleil sont en concordance au début du cycle de Méton).

  • Le troisième canon explique ce qu'est le cycle solaire et comment le déterminer pour une année quelconque.
  • Le quatrième canon explique comment déterminer la lettre dominicale d'une année.
  • Le cinquième canon explique comment déterminer l'indiction d'une année quelconque.
  • Le sixième canon explique comment trouver la date de Pâques et les autres fêtes mobiles, à partir de l'épacte (canon 2) et la lettre dominicale (canon 4)

 Pour la petite histoire

Le calendrier de la Poste, indique  toujours tous les éléments du comput (au bas du mois de février).

Expl : Comput 2001 relevé sur le calendrier des Postes 2001.

Epacte 5. Lettre dominicale G. Cycle solaire 22. Nombre d'or 7. Indiction romaine 9

L'indiction romaine n'a aucun intérêt dans le comput ecclésiastique.

Les papes depuis Grégoire VIII, l'on fait commencer le 01/01/313.

  c)- Le motu proprio

 Grégoire avant même la fin de l'année 1582 change d'avis et retire aux retardataires le délai d'un an, de deux ou de trois qu'il leur avait accordé.

Il exigeait que le passage au nouveau calendrier se fasse dès février 1853. Pourquoi ?

 Grégoire XIII profite d'une circonstance particulière : en 1853, la première année où l'on devait utiliser le comput grégorien pour déterminer la date de Pâques, le hasard voulu que Pâques tombe le même jour avec le comput julien qu'avec le comput grégorien.

Selon le comput julien, Pâques tombait en 1853 le 31 mars, et selon le comput grégorien, Pâques tombait le 10 avril.

Or, à cause du décalage de 10 jours entre les deux calendriers (julien et grégorien), le 31 mars julien  et le 10 avril grégorien étaient en réalité le même jour.

Les autres fêtes mobiles coïncidaient aussi forcément (mercredi des Cendres 13/2 julien et 23/2 grégorien).

 Puisque tous entreront en carême en même temps, pourquoi les retardataires n'en profiteraient-ils pas pour adopter le nouveau calendrier ?

 Cette volonté est exprimée dans un 'motu proprio' signé le 7 novembre 1852.

 Et tout le monde n'a pas été d'accord avec le 'motu proprio'.....

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7 septembre 2008 7 07 /09 /septembre /2008 21:19

gregoire013
Le pape Grégoire XIII (Ugo Boncompagni (1502 - 1585) est élu pape le 25 mai 1572).
Dès sa prise de fonction il fit appel à une commission de savants, (parmi lesquels on cite les frères Lelio et le jésuite Bavarois Clavius), sous la présidence du cardinal Guglielumo Sirleto pour lui fournir les précisions nécessaires (le compendium).

 Le médecin Calabrais Luigi Lilio (ou Giglio), connu sous le nom latinisé de Aloysius Lilius, met au point un ingénieux projet de réforme(1575).
C'est son frère Antonio qui le présente à la congrégation en 1577, Lilio étant décédé l'année précédente (le texte original n'existe plus).
Lilio et Clavius mettent au point le comput grégorien, en introduisant un nouvel élément : l'épacte, qui n'existait pas dans le comput julien de Denys le Petit. (Le comput sera développé au paragraphe du calendrier ecclésiastique).

 Avant de l'adopter, le comité (ça se dit congrégation dans la langue vaticane !), confie à Pedro Chacon (théologien Espagnol) le soin de rédiger un résumé (en latin : un compendium) du projet de Lilio.
Et vers la fin du XVIème siècle, l'œuvre tant désirée s'accomplit : La réforme grégorienne est adoptée.

 Comme l'œuvre de César, la réforme opérée par Grégoire XIII comporte 2 parties:

  • L'une édicte les règles générales qui gouverneront l'avenir et qui, en fait déterminent encore notre calendrier.
  • L'autre concerne les dispositions immédiates destinées à rectifier les erreurs du passé, remettre l'année civile en accord avec l'année solaire telle qu'elle se trouvait au temps du concile de Nicée.

 Depuis le Concile de Nicée 1257 ans se sont écoulés, l'équinoxe de printemps tomba le 11 mars en l'an 1582, en avance de 10 jours par rapport à la date du 21 qui lui avait alors été assignée.
L'écart constaté était conforme aux calculs. Pour ramener l'équinoxe au 21 mars, il suffisait de supprimer 10 jours à l'année 1582.
Ce retranchement fut fait par le pape et pour l'église romaine au mois d'octobre. C'est ainsi que le lendemain du jeudi 4 octobre fut le vendredi 15.
La continuité de la semaine était respectée, l'an 1582 n'eut que 355 jours, et dès l'année suivante, 1583, le 21 mars coïncida avec l'équinoxe de printemps.

La loi destinée à conserver indéfiniment cette coïncidence est importante, Grégoire XIII décide de supprimer 3 jours en 400 ans, correction partielle mais d'application simple, il suffit de supprimer le plus régulièrement possible le caractère bissextile de 3 années parmi la centaine que le calendrier julien introduit en 400 ans.
En conséquence, les années continuent d'être bissextiles de 4 ans en 4 ans comme dans le calendrier julien, mais les années séculaires, (celles qui se terminent par 2 zéros), qui sont toutes bissextiles dans le calendrier julien cessent de l'être et deviennent communes, sauf celles dont le nombre de siècles est divisible par 4.

C'est ainsi que 1600 - 1700 - 1800 - 1900 - 2000 - 2100 dans le calendrier julien sont bissextiles alors que seules les années 1600 et 2000 dans le calendrier Grégorien restent bissextiles car 16 et 20 sont divisibles par 4.
Les années séculaires 1700 - 1800 - 1900 ont été des années communes. Ainsi  s'obtient de façon claire et homogène la suppression de 3 jours juliens en 4 siècles.
La correction faite se monte à 0,75 jours par siècle, mais l'année grégorienne est encore trop longue de 3.000ème de jour. Ce décalage atteindra 1 jour en 4317.
Nos descendants verront-ils peut-être lors de cette année particulière, un mois de février ramené exceptionnellement à 27 jours !!

 Pour la petite histoire :
Les dimanches bissextiles sont rares. Il n'y en a eut que 3 au XXème siècle (1920-1948-1976) et il y en aura que 4 au XXIème siècle (2004-2032-2060-2088).
En attendant une nouvelle mise à jour, faisons le point sur l'évolution du compte des jours avec le calendrier :

Calendrier

Origine

Modifications

Romain

- 46 av. J.C.

César réforme le calendrier sur conseil de Sosigène, il devient solaire

Julien

- 8 av. J.C

Le sénat romain passe le mois d'août de 30 à 31 jours

Grégorien

24/2/1582

Grégoire XIII entérine une correction de 10 jours.

 Réflexion  personnelle :

En appliquant cette règle ou l'année compte 365,2425 jours au lieu de 365 ,2424 on aura un décalage de +3 jours en 10.000 ans. Il aurait peut-être été bien de considérer les années 4.000, 8.000 et 12.000 .... Comme normales, mais en 4.000 l'année tropique sera- t'elle toujours la même ?  Je ne serai plus là pour répondre à votre attente.

La réforme est faite, encore faut-il l'adoptée et la promulguée, d'où... La bulle du pape...

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6 septembre 2008 6 06 /09 /septembre /2008 21:18

nicee L'année julienne comptait 365,25 jours alors que l'année tropique vaut 365,24221935 jours soit une différence de 11 minutes et 12 secondes par an.....
Un retard de 3/4 de jour pour 100 années juliennes c'est peu, mais transporté à échelle longue, le calendrier fausse compagnie aux rendez-vous annuels du soleil.

Le système de César ne remplit donc pas exactement les conditions nécessaires à une fixité définitive.
Il fallait donc adapter dans la durée la longueur de l'année à l'année tropique., mais...
Depuis la réforme julienne, la chrétienté était née.

Vous allez me dire que viens faire la chrétienté dans la dérive du calendrier ?
C'est très simple, la date de la fête de Pâques.

 Les chrétiens n'ont pas eu la vie facile avec les romains, ils étaient persécutés (Rappelez-vous de vos cours d'histoires en primaire, les lions qui dévoraient les chrétiens !!). Malgré cela la religion chrétienne progressait et commençait en mettre en péril les différents empereurs romains.
 L'Empereur romain Constantin  (il se converti que sur son lit de mort)  sentant bien le danger, décrète en l'an 312 la fin des persécutions contre les chrétiens qui peuvent enfin vivre au grand jour et en 325 convoque le premier concile œcuménique dans la ville de Nicée (aujourd'hui Iznik en Turquie).

N'oublions pas que nous sommes au temps des romains et qu'à l'époque les Empereurs étaient non seulement les chefs civils, mais également les chefs religieux, il n'y a donc rien de surprenant que ce soit Constantin qui convoque un concile.
Les sujets à traiter à ce Concile ne manquent pas, en particulier la condamnation de l'arianisme (doctrine d'Arius).
En l'an 325 de notre ère, le concile de Nicée fixa la date de Pâques. (Je vous parlerez des controverses de cette de Pâques dans une autre page).
Pour les Pères de l'Eglise Pâques doit être associée à la 1ère pleine lune du printemps.
Or en 325 l'équinoxe tombe le 21 mars, alors que César et Sosigène avaient prétendu fixer cet équinoxe au 25 mars.

Il est évident que Sosigène s'est trompé (au moins dans la détermination de l'équinoxe de l'an 45).
Les Pères de l'Eglise n'hésitèrent pas un instant à attribuer cette erreur de 4 jours au seul Sosigène.

Ces braves Pères pensaient que l'équinoxe de printemps observé le 21 mars à l'époque du concile, tomberait désormais indéfiniment à cette date, et ... Fort imprudemment, ils lièrent la fixation de Pâques à la date du 21 mars.
Pâques est donc le dimanche qui suit le 14ème jour de la lune qui tombe le 21 mars ou immédiatement après (1er dimanche après la première lune de l'équinoxe de printemps). Pâques est donc une fête mobile oscillant  le 22 mars et 25 avril.

 Pour la petite histoire :

Le concile de Nicée (an 325) n'a pas décrété la règle de  détermination de pâques.
 La légende s'est vite répandue (grâce en particulier à Denys le Petit) que la règle venait de ce concile.
Au XVIe siècle, le pape Grégoire XIII  y  croyait encore ; au XVIIIe,  on  en parle toujours dans le décret anglais d'adoption du calendrier grégorien.
 Aujourd'hui  encore,  la  légende  est  toujours d'actualité !

---------------------

 Malgré les injonctions du Concile de Nicée, chaque ville fit à sa façon et on en arriva à une confrontation : Alexandrie (Orient) / Rome (Occident) qui annonce la future rupture définitive entre les églises d'Orient et d'Occident.
Après le Concile de Nicée, deux astronomes, (tous 2 évêques à Alexandrie), Théophile et son neveu Cyril établirent des tables s'étendant respectivement de 380 à 480 et de 437 à 581.

En l'an 455, Hilaire, archidiacre du Pape Léon le Grand (440-461), commande à Victorius d'Aquitaine une table permettant de fixer la date de Pâques.

 En 525, (200 ans après le Concile de Nicée) le pape Jean 1er demande à l'abbé Denys le Petit (Dionysus Exisguus) de calculer la date de Pâques pour l'année 526.
Denys le Petit adopte les formules alexandrines et utilise le cycle lunaire de 19 ans (Cycle de Méton), il recalcule les tables de Cyril sur 95 ans (532 à 627), mais... elles tombent dans l'oubli, ... la date de Pâques continuera donc de dériver... et le calendrier aussi !!

Dans les siècles qui suivirent, le calendrier julien continua, naturellement, à dériver par rapport à l'équinoxe, qui s'écarta peu à peu du 21 mars.
Dès le VIIIème siècle, l'Eglise s'en émut; à suivre les prescriptions du Concile, Pâques, fête printanière, finirait à la longue par se célébrer au cœur de l'été.
Le XIIIème siècle fera bouger les consciences. Conrad de Strasbourg en 1200, affirme que le solstice d'hiver a déjà perdu 10 jours depuis le règne de Jules César.
Quelques années plus tard le chanoine de Paris (Robert Grossteste - un anglais), calcule un décalage d'un jour tous les 304 ans (en réalité c'était un jour tous les 308,5 ans). Il préconise donc de calculer la date de Pâques avec un équinoxe de printemps situé au 14 mars au lieu du 21, ce qui compenserait ainsi le retard accumulé depuis Jules César.

Johannes de Sacrobosco, également anglais (appelé Jean de Holywood ou Jean de Halifax) propose dans un traité ‘De Anni Ratione' d'abolir un jour tous les 288 ans... proposition restée sans suite.
En 1263 Roger Bacon signale au pape (dans ses ouvrages opus majus et opus tertium) que le phénomène de précession des équinoxes fait que l'année du calendrier avance de près de 11 minutes par an sur l'année solaire, représentant une journée entière tous les 120 ans. De ce fait, Pâques est fêtée à une date erronée.
Il réclame une réforme en s'adressant avec véhémence directement au pape Clément IV. Il n'aura pas gain de cause, et pour cause... Le pape décède sans avoir pris de décision.

 En 1345, Clément VI (pape en Avignon), décide de réformer le calendrier. Il s'adresse à plusieurs experts dont Jean de Meurs et Firmin de Belleval. Dans une lettre sur la réforme de l'ancien calendrier ‘Epistola suoer reformatione antiqui Kalendarii', il propose une solution consistant à supprimer un certain nombre de jours d'une année déterminée, et par la suite, d'enlever un jour tous les 310 ans (tout un programme ; mais cette réforme ne se fit pas (probablement à cause d'une épidémie de peste).

Le cardinal Pierre d'Ailly (un français), au Concile de Constance en 1414, fit part de l'émotion du clergé et proposa au pape Jean XXIII (un antipape en Avignon), un traité d'exhortation à la reprise du calendrier ‘Exhortatio super correctione calendarii' (Exhortation à la reprise du calendrier).
Il reprend les argumentaires de Grosseteste, Sacrobosco et Bacon : modifier les intercalations bissextiles.

Pierre d'Ailly reconnaît que la « durée véridique de l'année n'est pas connue avec certitude », pour que l'on puisse valablement légiférer ... La réforme n'aura donc pas lieu.
En 1436, l'astronome Nicolas de Cursa, propose une réforme semblable à Pierre d'Ailly, avec .... Pas plus de chance.
Au début du XVIème siècle, lorsque le calendrier indiquait 21 mars, l'équinoxe réel était déjà passé depuis 10 jours.

Les demandes de réforme du calendrier se faisaient de plus en plus nombreuses et pressantes, mais le XVIème siècle est celui de la réforme (la naissance du protestantisme) : Luther, Calvin, etc...
L'Eglise catholique romaine a autre chose à faire que de s'occuper de la dérive du calendrier, Elle veut réagir à la naissance du protestantisme en proposant une contre réforme.

Le pape Léon X, en 1514, demande à l'évêque hollandais Paul de Middelburg, astronome, de présider une commission chargée de l'amendement du calendrier.
Cette réforme ne vit jamais le jour, et pour cause, Léon X a eut la mauvaise idée de demander aux souverains de l'époque, leur avis, qui ne répondirent pas ou presque, ... Mais, une des lettres de Léon X tomba dans les mains de Nicolas Copernic qui avait découvert que la rotation de la Terre se faisait en 365,2425 jours (contre (365,2422 réels), et qui hésitait à publier ses travaux (à cause de la religion). Il ne le fit qu'à la fin de sa vie, et cette publication jouera un rôle majeur lors de la réforme de Grégoire XIII.

Le Pape Paul III décide de tenir un concile œcuménique à ce sujet à Trente dans le Nord de l'Italie.
Ce concile de 25 sessions dura 18 ans  (1545-1553). Il agite la question mais sans conclure, la remet à la sagesse du Saint Siège et confie également au pape Pie IV de réformer le bréviaire.
Pie IV doit réformer le bréviaire ...  Pas de chance il meurt.

Le pape suivant, Pie V (1566-1572), fit une bonne partie du travail, mais une partie seulement car la réforme complète du bréviaire supposait une réforme du comput ecclésiastique (entre autre remplacer le système du nombre d'or par le système basé sur la notion d'Epacte), qui elle exigeait au préalable la réforme du calendrier civil. Pie V ne l'a pas faite.

En mai 1572, de Grégoire XIII succède à Pie V....

 

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28 août 2008 4 28 /08 /août /2008 17:52

calendrier romainLes amateurs de calendriers discutent beaucoup (sans donner de réponse) sur :

  • Quelle est la chronologie des premières années du calendrier julien, c’est-à-dire, quelle est la première année julienne  bissextile ?
  • Combien y a-t-il eu d’années bissextiles à tort, et
  • Quand le rythme actuel a-t-il commencé ?

 L’année 45 av. J.C. (709 AUC), est la première réellement julienne (année de 365 ou 366 jours dans un cycle de 4 années comptant 1461 jours) ;

La règle des années bissextiles fut mal comprise : on commença par utiliser un cycle de 1096 jours en comptant une année bissextile tous les 3 ans ! Cet épisode nous est relaté par Macrobius dans Saturnalia (1,14) :

‘César ayant ainsi organisé la division civile de l'année, qu'il mit en concordance avec les révolutions de la lune, en fit la promulgation publique par un édit. L'erreur aurait pu s'arrêter là, si les prêtres ne s'en étaient pas formé une nouvelle de la correction même. Mais tandis qu'il aurait fallu n'intercaler le jour produit par les quatre quarts de jours qu'après quatre années révolues, et avant le commencement de la cinquième, eux intercalaient, non après, mais au commencement de la quatrième année.

Cette erreur dura trente-six ans, durant lesquels on intercala douze jours, tandis qu'on n'en aurait dû intercaler que neuf. Mais on s'en aperçut enfin, et Auguste la corrigea, en ordonnant de laisser écouler douze ans sans intercaler ; afin que ces trois jours surnuméraires, produits par la trop grande hâte des prêtres durant trente-six ans, se trouvassent consommés par les douze années suivantes privées d'intercalation. Au bout de ce terme, il ordonna qu'on intercalât un jour au commencement de chaque cinquième année, comme César l'avait réglé; et il fit graver l'ensemble de cette division de l'année sur une table d'airain, pour la conserver à perpétuité’

Sur cette dernière question, les dates de 4 et 8 apr. J.C. sont couramment citées… mais sans explication.

Sujet intéressant, mais sujet à controverse, alors faisons-nous une idée (qui n’engage que son auteur !).

Le calendrier julien a commencé par une année de confusion, donc la première année julienne est l’an 45 av. J.C., cette année a-t-elle été bissextile ?

Je ne le pense pas. En effet tous les textes parlent du rythme quadriennal des années bissextiles, il est toujours question de ‘rattraper’ la 4ème année le retard de ¼ de jour accumulé les 3 années précédentes. Il n’est jamais question de ‘compenser’ pendant 3 années l’avance d’une journée prise la 1ère année ; d’autre part, l’année précédant la 1ère année julienne ayant comporté 445 jours (année de confusion), il aurait été surprenant de ne pas en profiter pour ajouter un 446ème jour afin d’éviter que la 1ère année du nouveau calendrier soit une année « exceptionnelle » (366 jours au lieu de 365).
Marcobe explique l’erreur par le fait que, alors qu’il était spécifique que le jour intercalaire devait être ajouté « à la fin » de la 4ème année, les autorités chargées d’appliquer la règle auraient compris « au début » de la 4ème année.

 Censorinus lui-même précise : “ pour tenir compte du quart de jour qui semblait nécessaire pour compléter l’année naturelle, il prescrivit que le cycle quadriennal étant complété, un jour supplémentaire soit intercalé après Terminalia .”

 

D’autres sources indiquent :

"[...] Et ce calcul même, où l'on découvre une erreur, a été corrigé : pendant douze années consécutives on ne fit pas d'intercalation, attendu que l'année, qui auparavant anticipait, maintenant retardait sur les astres." Pline l'Ancien Histoire naturelle XVIII LVII.

"[...] mais il se commit encore une erreur due aux prêtres. On leur avait, en effet, recommandé d'intercaler un jour à la quatrième année. Cette intercalation devait avoir lieu à la fin de cette quatrième année, et avant l'inauguration de la cinquième ; or, elle eut lieu au commencement de la quatrième et non à la fin : ainsi au lieu d'intercaler neuf jours pour trente-six ans, on en intercala douze. Cette erreur fut corrigée par Auguste, qui prescrivit de laisser passer douze ans sans intercalation, pour faire disparaître par compensation ces trois jours ajoutés à tort aux neuf jours nécessaires. Telle est la base sur laquelle fut établie désormais la supputation de l'année. Cette réforme et bien d'autres choses appartiennent au temps d'Auguste". Solin  De mirabilibus mundi I.

 

Pline est plus vague, mais il n’y a guère de différence entre les textes de Solin et Macrobe.
Dans l’esprit de César, la fin de la 4ème année correspondait au 32 décembre ! Or, dans le calendrier précédemment en vigueur à Rome, les intercalations étaient placées entre le 23 et 24 février, la même règle fut utilisée dans le nouveau calendrier pour ne pas changer les habitudes.
Pour concilier les 2 opinions, dans l’esprit des initiateurs du calendrier julien, le 1er jour bissextile devait être intercalé entre le 23 et  24 février en 41 av. J.C. (au commencement de la 5ème année), mais à cause de la mauvaise interprétation, ce fut en réalité en 42 av. J.C. (au commencement de la 4ème année).

Cette hypothèse a l’avantage de permettre d’expliquer le rythme actuel des années bissextiles tout en refusant de considérer que 45 av. J.C. ait été bissextile.
Le problème, c’est qu’il est difficile de répartir les 32+12 années dont parle Marcobe !…

Une autre version (parmi d’autres), consiste à partir de l’hypothèse que la 1ère année bissextile devait être en 42 av. J.C. mais qu'en réalité ce fut en 43. Les 36 années en erreur courent ensuite jusqu’en 10 av. J.C. et les 12 années de correction s’étendent entre 9 av. J.C. et 3 apr. J.C.... Alors, et si Sosigène avait raison !

Je vous fais grâce des démonstrations mathématiques de chaque hypothèse. Sujet intéressant de débattre, mais sujet à controverses !..

 Selon que l'on interprète le texte de Macrobe et selon les réponses données aux différentes interrogations, on en arrive à des schémas différents de jours intercalés et de jours bissextes omis pour la période de près de 50 ans qui suit la réforme de César.


 
En conclusion

Comme avant la réforme de César, ce fut à des hommes instruits dans les sciences des mesures et écritures’, en un mot aux pontifes, que fut confié le soin d'intercaler les années bissextiles.

Ils avaient été particulièrement nuls dans cette tâche avant César et le furent tout autant après !!

 Enfin bref, notre calendrier julien dérive toujours au fil du temps, et cela pose beaucoup de problèmes, d’autant

plus qu’un nouvel acteur entre en jeu… Le Christianisme !!

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27 août 2008 3 27 /08 /août /2008 20:51


Nous sommes en 46 av J-C. Jules César (101 - 44 av J.C), Jules César qui cumule les fonctions de Dictateur (pour 10 ans) et de Grand Pontife intervint...

A cette époque régnait à Rome un désordre extraordinaire dans le compte des jours. Les Pontifes, ayant le droit d'intervenir à volonté dans la durée de certaines périodes faisaient du calendrier un moyen de corruption et de fraude ; ils prolongeaient la magistrature de leurs  amis, abrégeaient  celles  de  leurs ennemis, avançaient  ou retardaient les échéances, permettaient aux fermiers du fisc de rapides bénéfices ou les amenaient à la faillite.

Avec ces abus, on en était arrivé à célébrer au printemps la fête d'automne (les Autumnalia) et la moisson en plein hiver.

Ceci étant, Jules César lui-même, a profité de ce désordre. Pontifex Maximus depuis -52 ; il n'a décrété qu'une seule fois un mois intercalaire, pourtant c'est lui qui instaurera le nouveau calendrier qui porte son nom.

            J. César             

De retour d'Egypte il ramena (en même temps que Cléopâtre) l'astronome grec Sosigène, établi à Alexandrie, et le prit pour conseiller.

 Sur les conseils de Sosigène, Il fut décidé que le futur calendrier ne tiendrait aucun compte de la lune et s'ajusterait le mieux possible à l'année (tropicale), le calendrier julien serait donc essentiellement solaire (C'est la réforme julienne).

 A cette époque, la longueur de l'année et des saisons n'était pas connue avec une grande précision, la réforme reposa donc sur l'hypothèse que l'année tropique comporte exactement 365 jours 1/4, ce qui est assez surprenant.... car Sigogène ne pouvait pas ignorer les travaux fait 100 ans plutôt par Hipparque, le plus grand astronome de l'antiquité, qui avait reconnu que l'année est inférieure à 365 jours 25 et lui avait attribuée une longueur de 365 jours 5 heures et 55 minutes.

La valeur moyenne de l'année julienne fût quand même fixée à 365 jours 6 h.

La vraie valeur est un peu plus courte 365 jours 5 heures et 49 minutes environ.

Pourquoi Sosigène a-t-il volontairement oublié ces 6 minutes ? , cela lui paraissait-il négligeable ? On ne sait, et pourtant...

 L'année civile, par commodité doit comporter un nombre entier de jours, il fut décidé que l'année commune comportera 365 jours, donc trop courte d'un 1/4 de jour.

Pour lier le calendrier aux saisons et que les phénomènes astronomiques qui les gouvernent se reproduisent aux même dates, il fût décidé de combler ce déficit d'un quart de jour par un jour additionnel tous les 4 ans.

Sage précaution, car sans cette remise à l'heure l'écart atteindrait 30 jours en 120 ans et l'accumulation séculaire des jours manquants ferait dériver l'année au fil des saisons, l'équinoxe de printemps quittant mars pour avril, puis  en mai, etc...

  Les Egyptiens ont connu et accepté cette incommodité pendant  4000 ans environ.

  Pour la petite histoire 2 siècles avant César, le roi d'Egypte Evergète avait décrété l'addition quadriennale d'un jour, mais le peuple y resta rétif.

Sosigène proposa simplement la réforme  qu'Evergète n'avait put faire.

 Jules César se rallia à ce principe et institua tous les 4 ans, une année de 366 jours, fondant ainsi les années bissextiles.

  • Il attribua ce jour supplémentaire (bissexte) au mois de février, dernier mois de l'année chez les Romains,  mois cours de 28 jours, mois néfaste.

Les Romains consacraient  les mois aux nombres pairs aux dieux infernaux  et ceux aux nombres impairs étaient tenus pour favorable aux dieux supérieurs.

Pour ne pas choquer les superstitions de ses concitoyens, Jules César adopta donc une règle compliquée....

  • Il doubla le 24ème jour de février qui portait le nom immérité de 6ème avant les calendes de mars, (1er mars).

Le jour supplémentaire fut dit: bis-sextus calendas martias (d'où le terme bissextile).

  • Il fut également décidé que l'équinoxe de printemps coïnciderait avec le 25 mars. Pour porter remède à ce désordre l'année 708 de la fondation de Rome 46ème avant notre ère, comporta 445 jours (443 selon certains historiens), et fut appelée par César ‘année ultime de la confusion' ( ultimus annus confusionis)

 " Cicéron écrivit : non  content de soumettre le monde entier, Jules César entreprenait maintenant de mettre les astres sous ces ordres"

 Dans la foulée, César ramena le début de l'année du 1er mars au 1er janvier, date à laquelle les consuls entraient en charge.

César fut amené à ajouter 67 jours (2 mois de 33j et 34j entre novembre et décembre) à l'année 46 av. J.C. qui compta 443 jours selon Marcobius (De Die Natalis, XIV-3) ou 445 jours selon Censorinus :

"[César] plaça entre novembre et décembre 2 mois intercalaires de 67 jours, bien qu'on eût déjà intercalé 23 jours en février, de sorte qu'il fit cette année de 445 jours, qui fut appelée année de confusion".

Le nom des mois était inspiré du calendrier traditionnel (romain), et l'année commençait en janvier.

 Le calendrier julien entra en vigueur aux calendes de janvier de l'an 709 (ou 708 selon d'autres auteurs) ab Urbe condita (1er janvier -45).

Le 1er janvier de l'an 45 avant notre ère inaugure la réforme julienne.

 Tout est en ordre, début de l'année au 1er janvier, l'année julienne comporte 365,25 jours, oui mais pas de chance l'année tropique a 365,2422 jours soit 0,0078 jours de moins que l'année  des saisons.

Cet écart de 11 minutes 14 secondes est négligeable si l'on s'en tient à la durée de la vie humaine, mais à l'échelle du temps...

 Comme tout n'est pas simple, la réforme Julienne fut d'abord mal appliquée.

Les pontifes intercalèrent une année bissextile tous les 3 ans au lieu de tous les 4.

Au bout de 36 ans, on avait ainsi intercalé 12 années bissextiles au lieu  de 9.

Auguste (le successeur de Jules César) ordonna alors que pendant 12 ans que l'on ne fasse aucune année bissextile.

La réforme julienne reprit sa justesse.

En récompense, le Sénat romain donna à sextilis (6ème mois) le nom d'augustus.

 Mais, malgré cela  le système de César ne rempli  pas exactement les conditions nécessaires à une fixité définitive.

Sosigène sait donc trompé de 24 heures au moins dans la détermination de l'équinoxe de l'an avant notre ère ?

 Avant de voir les conséquences de l'erreur de calcul de Sosigène, attardons nous sur les premières années bissextiles.

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3 août 2008 7 03 /08 /août /2008 21:01

LES CALENDRIERS ROMAINS

 Lors de sa création, le calendrier Grégorien, (celui utilisé de nos jours) ne fit pas table rase du passé.

Il représente une amélioration de détail  (décisive par ses conséquences), d'un remarquable calendrier antérieur :

  • le calendrier Julien, qui n'est autre que la réforme du
  • calendrier romain ayant pour origine la date de la fondation de Rome (en 753 av. J-C. sous Romulus).

 Pour bien comprendre l'histoire de notre calendrier actuel, il faut  remonter aux origines du calendrier julien proprement dit, les calendriers romains.

 Le créateur du calendrier romain primitif serait Romulus lui-même, le mythique fondateur et 1er roi de Rome

Notre connaissance des calendriers romains primitifs est partielle et confuse.

Les plus anciens auteurs se basent sur des documents dont aucun ne nous est parvenu et dont les informations qu'ils contiennent  se contredisent parfois.

Deux calendriers marquent la période romaine :

  • Romulus et
  • Numa

 Le calendrier de Numa : Douze mois et 354 jours

 Sous le roi sabin Numa Pompilius (715-672 av J.C), deuxième roi de Rome et vénéré comme le grand organisateur de la vie religieuse romaine, (ou peut-être Lucius Tarquin l'Ancien (656-578 av J.C), premier roi étrusque, le calendrier archaïque aurait subi une importante réforme, l'adjonction de deux mois : janvier et février.

Selon Macrobius, Numa Pompilius, transforma le calendrier de Romulus en un calendrier purement lunaire (plus exactement luni-solaire) : aux 304 jours du calendrier de Romulus furent rajoutés 50 jours pour avoir une année de 354 jours, soit la durée d'une année lunaire, évaluée à 239 jours 1/2, répartie en 12 mois alternativement de 29 et 30 jours :

"Bientôt les peuples voisins adoptèrent le calendrier de Numa et se mirent à compter dans leur année le nombre de jours et de mois fixés par Pompilius, mais ils s'en distinguaient en faisant alterner des mois de 29 et 30 jours". Macrobius

 Numa enleva 6 jours à l'année existante en supprimant 1 jour aux 6 mois de 30 jours. Avec les 50 jours rajoutés plus les 6 jours récupérés il créa 2 mois supplémentaires Januarius (consacré à Janus) et Februarius (consacré à Febro) de 28 jours chacun, ce qui fit une année de 354 jours.

L'année de Numa correspond presque exactement à l'année lunaire qui comporte 354 jours ... horreur, les romains considéraient les nombres pairs comme néfastes,  il fallait faire quelque chose en raison de la foi superstitieuse des Romains dans le caractère favorable des nombres impairs.

 Douze mois et 355 jours

 Très rapidement un 355ème jour fut ajouté à l'année romaine : "Peu après, en l'honneur du nombre impair,  dont la nature n'a pas attendu les révélations pythagoréennes pour enfanter le mystère, Numa ajouta un jour qu'il donna au mois de janvier, pour conserver un nombre impair de jours tant dans l'année que dans chaque mois en particulier, à l'exception du seul février" (Macrobius)

 Censorinus parle d'une année de 355 jours tout en signalant le décalage par rapport au cycle lunaire et en donne la raison suivante :

"Quant à cette différence d'un jour en plus, elle est due ou à un défaut d'attention, ou  plutôt selon moi, à ce préjugé superstitieux d'après lequel le nombre impair était considéré comme parfait et plus heureux." De Die Natalis, XII-20.

 La distribution de l'année devait se présenter sous cette forme :

 Attention à l'ordre et au nombre de jours de janvier et février

Nom du mois

Durée

Martius

31 j

Aprilis

29 j

Maius

31 j

Junius

29 j

Quintulis

31 j

Sextilis

29 j

September

29 j

October

31 j

November

29 j

December

29 j

Januarius

28 puis 29

Februarius

28 j

 Pourquoi sous cette forme ?

Parce qu'on ne sait pas trop où furent mis les nouveaux mois de janvier et février. A ce sujet, on lit un peu tout :

 Macrobe dit " [...] février, parce qu'il était le dernier mois de l'année " et " Je crois [...] que le mois de mars suivît immédiatement celui de février ". Si mars suit immédiatement février et si février est à la fin, janvier et février suivent, dans cet ordre, décembre.

 Ovide (Fastes 1,40) dit : " Numa, pour sa part, ne négligea ni Janus ni les ombres des aïeux et en tête des anciens mois, il en plaça deux nouveaux."

 Plutarque (vie des hommes illustres - vie de Numa) écrit : " Celui de mars était le premier de l'année, il en fit le troisième, et mit à sa place janvier qui, sous Romulus, était onzième ; février était le douzième et le dernier, il devint le second". Il semble dire la même chose qu'Ovide.

A une belle exception près, c'est qu'il déclare que ces mois de janvier et février existaient déjà du temps de Romulus. Du coup, il croit bon d'ajouter que ‘Cependant quelques auteurs ont dit que janvier et février furent rajoutés par Numa'

 Le nom des mois du calendrier romain

 

Dédié à une divinité ou un empereur

Janv.

Dédié à Janus Dieu Romain

Ferv.

Consacré aux fêtes de purification ‘Fébrua'

Mars

Dédié au Dieu de la guerre Martius

Avril

De ‘aperire' ‘ouvrir' mois de l'éclosion ou ‘Aperta' surnom d'Apollon dieu de l'amour

Mai

Dédié à Maïus (Jupiter)

Juin

Dédié à Junon

Juil.

Dédié à Jules César (ancien quintilis)

Août

Dédié à Auguste

Sept.

7ème mois chez les Romains, 9ème auj.

Oct.

8ème mois chez les Romains, 10ème auj

Nov.

9ème mois chez les Romains, 11ème auj

Dec.

10ème mois chez les Romains, 12ème auj

 L'année :

L'année débutait vers l'équinoxe de printemps, (elle changeait de millésime le 1er mars).

 Tableau du calendrier romain réformé

 

Januarius

Augustus

December

 

Aprilis

Junius

September

November

Martius

Maius

Julius

October

 

Féfruarius

1

Calendae

IV

III

Pridie

NONAE

Calendae

Calendae

Calendae

2

IV

VI

IV

3

III

V

III

4

Pridie

IV

Pridie

5

NONAE

III

NONAE

6

VIII

Avant les ides

VIII

Pridie

VIII

7

VII

NONAE

VII

8

VI

VIII

VI

9

V

V

10

IV

IV

11

III

III

12

Pridie

Pridie

Pridie

13

IDUS

IDUS

III

IDUS

14

XIX

Avant les calendes du mois suivant

Pridie

XVI

15

XVIII

IDUS

XV

16

XVII

XVII

XIV

17

XVI

XIII

18

XV

XII

19

XIV

XI

20

XIII

X

21

XII

IX

22

XI

VIII

23

X

VII

24

IX

VI

25

VIII

V

26

VII

IV

27

VI

II

28

V

Pridie

29

IV

III

Le bissexte

30

III

Pridie

III

S'intercalait,

31

Pridie

 

 

Pridie

tous les 4 ans

 

 

 

 

 

Entre le

 

 

 

 

 

23 et 24

 

 

 

 

 

février

 Trop courte d'une dizaine de jours par rapport  à l'année solaire, l'année doit être corrigée et allongée artificiellement.

Tous les 2 ans, le Pontifex maximus ajoute entre le 23 (jour des Terminalia) et le 24 février un mois intercalaire (mensis intercalaris), souvent appelé (Mercedonius mensis) qui dure alternativement 23 ou 22 jours.

Selon les mois intercalaires, le mois de 23 jours était placé après le 24 février et celui de 22 jours après le 22 février.

 De trop court, le cycle quadriennal était devenu trop long de 4 jours (1465 jours contre 1461). L'excès était corrigé par la suppression du mois intercalaire certaines années, ce qui compliquait évidemment l'établissement du calendrier, mais semble être confirmé par Tite-Live.

 Au total en 46 av. J.C.... le calendrier était en retard de 3 mois par rapport aux saisons. Ce fait aurait été confirmé par un événement astronomique (peut-être une éclipse de lune ?), relaté et daté par les Romains.

 Il était temps que Jules césar remettre de l'ordre dans tout cela !!

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20 juillet 2008 7 20 /07 /juillet /2008 14:00

Les calendriers entrent pour la plupart dans une des trois catégories suivantes :

 1. Les calendriers solaires (julien, grégorien, maya, égyptien...) :

Ils sont réglés sur le cours apparent du soleil autour de la terre. Ils font leur possible pour ramener les saisons à la même date chaque année.

Une année solaire (julienne) peut être commune (365j) ou bissextile (366j).

         2.             Les calendriers lunaires (musulman, ...) :

Ils sont réglés sur le cours de la lune autour de la terre. Ils font leur possible pour ramener les phases de la lune aux mêmes quantièmes chaque mois.

Une année lunaire peut être commune (354j) ou abondante (355j).

                 3.     Les calendriers luni-solaires (israélite..) :

Ils sont réglés à la fois sur le cours du soleil et sur celui de la lune. Ils ont  des mois lunaires, qui ramènent  les phases de la lune aux mêmes quantièmes, et les années à peu près solaires qui cherchent à suivre les saisons.

L'année  peut être commune (353,354 ou 355 jours) ou Embolismique (383,384, 385 jours) selon si l'année est Défective, Régulière ou Abondante.

 - Le mois lunaire

 Le mois lunaire est l'intervalle moyen entre deux nouvelles lunes consécutives (ou lunaison), soit 29 jours, 12 heures, 44 minutes, 2,8 secondes.

Il commence au moment de la nouvelle lune "néoménie".

(Néoménie du grec neos (nouveau) et mênê (lune). Fête que les Grecs célébraient au renouvellement de la Lune).

 On appelle ainsi le moment où, un jour ou deux après la conjonction de la lune avec le soleil, on recommence à voir la lune le soir, à l'ouest, sous la forme d'un très mince croissant en forme de " C " inversé.

Le jour de la nouvelle lune se dit 1er jour de la lune, et correspond au 1er jour d'un mois lunaire.

Treize jours plus tard (le 14ème du mois), ce sera la pleine lune.

 - Unité de temps

 Le jour, lié à la rotation de la Terre sur elle-même 

  • Le mois, lié au mouvement de la lune autour de la Terre
  • L'année, liée au mouvement de la Terre autour du Soleil

 

 

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