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  • : Du romain au grégorien, parcourez l'histoire des calendriers. Le brie de Meaux et la Confrérie. Varreddes mon village.
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21 mai 2015 4 21 /05 /mai /2015 20:35
un certain 15 mai 1791...

Guillaume de Champeaux, fonde à Paris en 1108, l’abbaye des chanoines réguliers de Saint-Victor.

Cette abbaye acquiert très vite une solide réputation de centre d’enseignement théologique.

Sur le même modèle de la communauté de Saint-Victor, en 1135, une abbaye de chanoines réguliers est fondée à Meaux.

L’église de l’abbaye, Notre-Dame de Chaage, est en même temps l’église paroissiale. Cette abbaye eut à souffrir plusieurs fois du passage des troupes armées et la dernière reconstruction de son église remonte à 1616.

Sous la Révolution, l’abbaye ferme, les bâtiments et les dépendances sont vendus comme biens nationaux.

Entre 1800 et 1820, l’église est presque entièrement détruite, à l’exception d’un bas-côté qui subsiste encore aujourd’hui et fait partie de l’école privée Sainte-Marie.

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10 mai 2015 7 10 /05 /mai /2015 20:36
Le Cénotaphe du Père Fossin

Le corps du curé de Varreddes ayant disparu, un cénotaphe fut mis au cimetière du village et voici ce qu’écrivait ‘Autour du Clocher’, revue des années après la Grande Guerre :

A l’issue de l’article 10 du décret du 26 avril 1924, tous les journaux de la région ont reproduit l’inventaire officiel des sépultures dont la conservation présentait un intérêt d’art ou d’histoire.

Bien qu’en retard sur eux de quelques semaines, ‘Autour du clocher’ doit à la mémoire de l’abbé Fossin, curé de Varreddes, emmené comme otage et massacré par les Allemands en 1914, de mentionner le classement du monument funéraire destiné à le sauver de l’oubli.

La désignation indiquait : « Statue tombale de l’abbé Fossin otage des Allemands en 1914. »

L’idée de cette pierre tombale est due à un groupe d’amis que le père Fossin avait à Paris.

Son exécution fut confiée au sculpteur Ernest Dubois, l’auteur du monument Bossuet inauguré dans la cathédrale de Meaux en octobre 1911.

L’artiste a représenté son héros en grandeur naturelle vêtu de la soutane, couché sur le dos, au moment où les balles allemandes viennent de l’abattre.

Pour symboliser la cause pour laquelle on lui a infligé la mort, il a placé sa main droite sur la hampe d’un drapeau français dont les plis enlacent son corps.

Après différentes pérégrinations, le monument en pierre blanche demi-dure, fut exposé au Grand Palais à Paris en 1923 à l’occasion du Salon de la sculpture.

Placé alors sur un soubassement de 0,80 mètre de hauteur, garni de tenture, il a été très remarqué avant de rejoindre son lieu de destination définitive à Varreddes.

Beaucoup de paroissiens émettaient le désir qu’il fût placé dans l’église, mais les circonstances de l’époque ne favorisèrent pas cette manière de voir.

Le monument fut donc déposé au cimetière communal contigu à la route de Congis par laquelle fuyait la colonne des otages dont faisait partie le curé.

La municipalité de Varreddes a spontanément offert pour l’y recevoir, une concession à perpétuité au milieu du groupe des concessions militaires.

Ce gisant a été enduit d’un bronzage vernissé, qui lui donne une patine prématurée, et peut-être en préservera le matériau trop fiable, de l’atteinte des intempéries.

Aujourd’hui ce gisant a disparu. Nous serions vous dire dans quelle circonstance, a-t-il été volé ? a –t-il été enlevé par les Allemands lors de la 2ème guerre mondiale ? On ne sait.

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21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 20:51
3-10 sept 14 à Varreddes

L’abbé Formé, curé de Germigny l’Evêque racontera après la guerre les journées du 3 au 10 septembre.

Jeudi 3 septembre : Le curé Fossin refuse de partir de Varreddes

« Ce jeudi 3 septembre, vers 17 h 30 à Meaux, je rencontre sur le boulevard Jean Rose, devant la propriété de monsieur de la Villeboisnet, une voiture dont le cocher, Monsieur Ducreux, consent à me conduire à Germigny pour chercher, dans mon église, les vases sacrés.

Nous sommes obligés de passer par Varreddes, car le pont de Trilport est coupé.

A Varreddes je rencontre monsieur l’abbé Fossin qui me dit :

  • j’ai été chez vous pour me confesser, on m’a dit que vous veniez de partir.
  • Vous feriez mieux de venir avec moi, lui répondis-je aussitôt. Vous savez que les Allemands envers les prêtres sont sans pitié.
  • Où êtes-vous me dit-il ?
  • Au petit séminaire. C’est votre maison aussi bien que la mienne. Là, nous ne fuyons pas le danger, puisque la ville de Meaux abandonnée par ses 13.000 habitants sur 14.000 est ainsi jugée dans une très périlleuse situation. Nous restons à la porte de nos paroisses, et, en une heure, nous pouvons y revenir.
  • Oui, c’est vrai, me dit-il, mais moi, ce n’est pas comme vous, j’ai encore 80 paroissiens, et, enfin, à mon âge, que voulez-vous qu’ils me fassent ?

Vendredi 4 septembre

Le vendredi 4 septembre, après avoir ramené de Germigny mes paroissiens, vers 13 h, monsieur Ducreux m’y reconduit. Nous partons avec ma vieille domestique et monsieur Lemaire, car je voudrais rapporter tous les objets précieux que la veille au soir, j’avais préparés.

Arrivant au milieu de la côte qui descend sur Varreddes, tout à coup, nous apercevons trois cavaliers explorant les bas-fonds du coté du canal.

  • Ce sont des Belges, dit monsieur Lemaire
  • Non, répondis-je, il n’y a pas de Belges dans notre région
  • Ce sont des Anglais, dit monsieur Ducreux
  • Peut-être dis-je, car ils étaient hier à Germigny ; mais regardez bien, n’ont-ils pas des casques à pointe ?
  • Oui
  • Eh bien ! je les reconnais maintenant, ce sont des dragons allemands. Attention ! soyons prudents. Continuons d’avancer, mais au pas, si nous retournions, ils tireraient sur nous. Nous descendons… lentement, lorsque que nous n’ étions plus qu’à vingt mètres d’eux, tout-à-coup, ils tournent bride et se dirigent vers l’entrée de Varreddes. Nous ont-ils vu ? la route, là près du pont du canal fait un coude et il est impossible de voir le village, les cavaliers disparaissent de nos yeux. Ils sont peut-être cachés derrière les murs du jardin près du pont. Rien ! nous arrivons au pont et maintenant la vue s’étend jusqu’à la place de la mairie. Nous les voyons à trente mètres de nous et devant la maison du docteur Tabard, il y a un peloton. Les régiments se tiennent devant l’école, sous les tilleuls. Les têtes de colonnes se dirigent sur le pont de Germigny.
  • Comme personne ne fait attention à nous, dis-je au cocher, retournez au pas jusqu’au sommet de la côte, et, de là, au galop jusqu’à l’Evêché.

Mercredi 9 septembre

Monsieur Hurtel et moi, dans l’automobile du général Pau, nous voulons aller à Germigny par le champ de bataille de Varreddes, mais à la briqueterie, malgré le mot d’ordre, les chasseurs d’Afrique refusent de nous laisser passer. « Vous serez en danger d’être tués, nous disent-ils ; il y a encore des Allemands dans les petits bois ».

Vers 15 heures, j’y retourne seul. Le capitaine me voyant décidé me dit : « Passez à vos risques et périls. Auparavant, commencez votre ministère par nos propres soldats ».

Sur quatre corps déchiquetés, je récite le De Profundis, mais il m’est impossible de l’achever voyant les larmes couler lentement des yeux de nos soldats et arroser la terre. Spargitur et tellus lacrimis, sparguntur et arma.

J’arrive à Varreddes, non sans grande difficulté. Les grosses branches des arbres qui bordent la route de chaque côté, tranchées par les obus de 75 comme par de gigantesque rasoir, la couvraient dans toute sa largeur. De nombreux cadavres jonchaient la terre. Près du canal de l’Ourcq, je trouve bien alignés environ deux cents jolis paniers de shrapnells que les allemands n’ont pas eu le temps d’emporter.

A l’entrée du village, quatre uhlans avec leurs chevaux sont étalés. A la demande de ces cavaliers, deux vieillards leur tendaient un verre de vin, lorsque, tout-à-coup, un obus de 75 bondissant éclate avec fracas, fauchant les quatre uhlans, et par un hasard providentiel épargne les deux vieillards qui se sauvent épouvantés.

Une ambulance est installée dans la maison de madame Duclos. J’entre dans le salon. Sur un peu de paille gisent des soldats allemands affreusement mutilés. Auprès d’eux, aucun major, aucun infirmier. Ils me crient tous : Wasser ! Wasser ! de l’eau ! de l’eau ! Une douzaine de catholiques demandent à se confesser.

10 septembre : dans l’église de Varreddes

Je reviens à Varreddes avec monsieur Ducreux et monsieur l’abbé Herbin, aumônier des Augustines de Meaux.

Dans l’église de Varreddes, veuve de son vieux curé, de nombreux blessés allemands sont venus chercher un asile. Mais là encore, aucun médecin, aucun infirmier. Seul sur sa croix, du haut de l’autel, le Divin Crucifié, les bras tendus, leur prêche le sacrifice et la charité. Je prodigue les consolations religieuses aux catholiques.

Je suis tellement indigné que les Allemands aient saisi comme otages dix-neuf habitants et avec eux le curé, l’abbé Fossin, mon vieux voisin, âgé de 75 ans, que je ne peux me retenir de leur faire entendre ce que je pense de leur cruauté : « J’estimais le peuple allemand. Je vantais votre obéissance, vote courage, votre esprit de famille et de sacrifice, votre patriotisme ardent. Mais depuis que vous avez emmené les habitants de ce village et leur vieux curé, sans pitié pour ses infirmités, sans respect pour son caractère sacré, je ne peux plus nourrir ces sentiments à votre égard ».

A ce moment, un soldat s’approche et me prend par le bras. « Un officier voudrait vous parler, me dit-il ». Il me conduit près de la stalle, à l’entrée du chœur, du côté de la chaire ? Là, sur la paille, est étendu un officier supérieur.

« Monsieur le Pasteur, j’ai entendu tout ce que vous avez dit. Il y a des choses justes et vraies ».

  • « Oui, les qualités que je vous ai reconnues ».
  • « Oh ! monsieur le Pasteur, le moment n’est pas de plaisanter. Mais vous nous reprochez d’avoir pris le vieux curé de cette paroisse. Sachez, et c’est toujours très grave pour nous, sachez qu’il a été vu dans son clocher »
  • « c’est un prétexte, m’écriai-je, c’est faux ! »
  • et bien ! il sera jugé ! Je ne suis pas catholique, mais évangéliste. Cela ne fait rien, le bon Dieu est le même pour tous. Voulez-vous me bénir, voulez-vous prier pour moi, voulez-vous me donner votre main ? Dites à ce prêtre qui est là de faire la même chose avec vous ».

Je traduis son désir à mon confrère, monsieur l’abbé Herbin, et j’ajoute : « nous ne pouvons pas lui refuser cela ». Je prends la main gauche de cet officier, monsieur Herbin la main droite, et nous récitons le Pater. A ces paroles : « pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés », nous pleurons tous les trois !

  • Courage et confiance, lui dis-je alors. Les Français ne sauraient tarder et vous serez soigné avec humilité.
  • « trop tard, monsieur le Pasteur, regardez ! » Et prenant un verre à moitié plein de sang sur le prie-Dieu : « Hélas ! j’ai les deux poumons perforés ! ».

Qu’il me soit permis pour terminer le récit du Père Formé de citer l’éloquent commentaire de cette scène qui a été par la suite écrite dans le Figaro par monsieur Julien de Narfon :

« Rude épreuve pour une âme sacerdotale et française ! Ces deux prêtres savent quelle est la part de responsabilité du commandement allemand dans les pillages, les massacres etc. Ils n’hésitent pas. Chacun d’eux prend la main qui lui est tendue. Et les trois hommes récitent ensemble la grande prière chrétienne : Notre Père.. Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons. Quelle grandeur dans la tragique simplicité de cette scène ! Et que chaque fois que le prêtre prononcera la formule d’absolution qui libère de la damnation, chaque fois, l’homme qui fut coupable, l’homme dont la main a peut-être versé le sang de quelqu’un de ces prêtres que le Kaiser fait immoler comme des victimes choisies au Dieu allemand, baise cette main de prêtre.

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3 avril 2015 5 03 /04 /avril /2015 21:26
Paul Fossin, jeune curé

Paul Fossin, jeune curé

Les otages revenus de captivité ont raconté que « tout le long de la route les Allemands avaient brutalisé M. le curé, le traitant d’espion. Ils le roulèrent dans les orties, le frappèrent à coups de crosses de fusils et même avec des betteraves qu’ils lui jetaient ensuite à la tête et lui firent toutes sortes de misères et d’avanies ; »

Vers 17 heures, le 8 septembre, les prisonniers civils et militaires au nombre d’environ 180, sont rassemblés et emmenés dans une grange.

Arrêtés devant la porte de cette ferme, des uhlans passent…

Reconnu, notre curé est l’objet particulier de leurs menaces.

Bafoué, bousculé par ces uhlans, il demeure très digne, sans s’émouvoir des blasphèmes que l’ennemi adresse surtout à son caractère sacerdotal.

Les prisonniers entrent dans la ferme. L’officier a pour voisin le curé de Varreddes, il lui propose de « faire son lit », de disposer la paille pour permettre au vieillard épuisé de s’étendre sans retard.

Celui-ci le remercie. « Il en a bien vu d’autres », dit-il ; et la vie qu’il avait l’habitude de mener, dédaigneux des fatigues ; et dit aussi son attachement pour son pays, son église…

Peu après, à 18 heures, commence la scène tragique dont l’officier a été le témoin :

Un jeune Allemand, capitaine de gendarmerie avec monocle, cravache, parlant un français sans accent, accompagné de 2 ou 3 gendarmes, fait apporter une table et trois ou quatre chaises.

Paul FOSSIN est appelé…

Immédiatement, un interrogatoire sommaire commence : Nom, prénoms, âge ? Expliquez-vous…

Le curé est accusé de trahison pour avoir fait la veille au soir des signaux à l’armée française du haut de son clocher.

Il veut s’expliquer, répond qu’il a allumé des cierges dans l’église parce qu’il devait enterrer un soldat français.

On l’interrompt immédiatement ; « Taisez-vous !...

N’ai-je pas le droit de me défendre ? réplique le curé.

Vous n’êtes qu’un menteur, lui est-il répondu ; »

L’Allemand furieux généralise l’outrage en l’appliquant à tous les prêtres français.

Le prêtre reste stoïquement au garde à vous.

Avez-vous un témoin à décharge, lui est-il cependant demandé…

Après hésitation, un civil se présente et raconte l’histoire que le curé avait lui-même narrée.

Vous n’étiez pas présent ? Non, c’est M. le Curé qui me l’a raconté ; le témoignage est considéré comme nul.

Sans autres formes de procès, le curé est immédiatement condamné à être fusillé.

L’officier a personnellement et distinctement entendu la sentence.

Paul Fossin, calme, revenant vers les prisonniers français, dit à l’officier: « La plus belle mort est de mourir pour la France. Priez pour moi, comme moi je prierai pour vous de là-haut. »

« Me trouvant à ses côtés dit un autre témoin, soldat prisonnier, j’ai voulu le rassurer en lui disant qu’il ne serait pas fusillé. Il m’a répondu qu’il avait fait son devoir et qu’il était assez vieux pour mourir. »

Quittant cette ferme, à l’exception du curé, un des otages indique qu’à partir de ce moment là, on ne revit plus Monsieur le Curé, qui avait été très maltraité à coups de crosses de fusils et grossièrement injurié.

« Les Allemands le roulaient dans les orties de la ferme. Défiguré, soutane en lambeaux, le visage tuméfié, il nous était interdit de lui parler et même de le regarder afin que l’on ne puisse pas rendre compte des mauvais traitements qu’il avait subits…

« On nous fit partir, laissant M. le curé seul dans un coin de la cour, gardé baïonnette au canon.

« Un grand chef nous dit qu’il serait jugé mais cela voulait dire fusiller.»

« Dix minutes après, dit encore le soldat prisonnier, nous avons entendu une fusillade, et n’avons plus revu Monsieur le curé ».

Son corps ne fut jamais retrouvé. A t-il été enseveli ou tout simplement brûlé pour effacer toutes traces ?

Nous ne le saurons jamais… Il fut le premier prêtre du département à donner sa vie pour la France et pour l’Eglise.

Pour terminer ma conférence, rappelons simplement le vœu formuler par monsieur Georges Lugol, député de Meaux en novembre 1914 :

« Il ne faut pas que le souvenir des cruautés allemandes dans notre région s’efface.

Non qu’il faille entretenir la haine éternelle dans le cœur de nos concitoyens et cependant cela se comprendrait mais il faut honorer ceux qui furent les victimes innocentes de l’ennemi.

« Ils ont souffert, la plupart jusqu’à en perdre la vie. Ils ont droit à ne pas être oubliés ».

Puis lors d’une conférence au théâtre de Meaux, le lundi 24 mai 1915, Georges Lugol répétait publiquement ce vœu en lui donnant une forme plus précise disant : « Un monument en souvenir des martyrs de Varreddes sera élevé sur la place du village et une plaque apposée sur le mur de la maison Leriche.

Ce sera là une œuvre de justice à l’égard de ceux qui ont souffert et une leçon pour celui passe ».

Vœu malheureusement a moitié exaucé …

Mais n’oublions pas également les 42 autres Varreddois morts au champ d’honneur entre 1914 et 1918.

Que se passa-t’il à Varreddes les jours qui suivent la prise d’otages ? ....

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22 mars 2015 7 22 /03 /mars /2015 15:32
Meaux  XVIe siècle

Meaux XVIe siècle

Un malheureux nommé Malé, condamné pour sorcellerie est brulé vif .

A partir de la deuxième moitié du XVIe siècle, une grande vague de répression de la sorcellerie touche à des degrés divers l’ensemble de l’Europe.

Meaux et sa région n’est pas épargnée par ce mouvement. Ainsi le 22 mars 1549 sans que l’on connaisse les détails de l’accusation, on retrouve un nommé Malé, brûlé comme sorcier sur le pré aux mortiers (actuelle place Lafayette), dans des circonstances qui ont marqué les mémoires.

On sait que le supplice de cet homme fut terrible, les flammes s’éloignaient ou se rapprochaient au gré du vent et de la pluie et prolongeaient d’autant le supplice inutilement.

Le bourreau d’un coup de bûche libérateur fit cesser les souffrances du condamné.

 

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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 18:36
Le cas du curé Fossin

Jean, Paul, Victor Fossin est né le 22 novembre 1839 à Charleville, il est ordonné prêtre à l’âge de 29 ans le 19 décembre 1868. Il arrive dans la paroisse de Varreddes le 1er février 1899.

En 1913, notre curé reçoit la médaille commémorative de 1870 au titre d’aumônier volontaire, époque à laquelle il était secrétaire militaire de l’Evêché de Poitiers.

Il a eu comme successeur dans cette fonction le chanoine Emmanuel Briey, devenu par la suite évêque de Meaux.

1914.

En pleine bataille de la Marne, le 7 septembre, notre curé a été le premier des 19 otages de Varreddes.

Malgré de nombreuses et incessantes recherches, des renseignements souvent incomplets ne permettent pas de savoir exactement comment l’abbé Paul Fossin a disparu.

Dans sa lettre circulaire, Monseigneur Emmanuel, évêque de Meaux, apporte quelques précisions :

« … Nous avons acquis aujourd’hui la douloureuse certitude que le Père Fossin a été assassiné par les Allemands.

Aux récits des témoins, dont un jeune officier interné en Suisse après trois ans de captivité qui nous a fait parvenir ses notes personnelles, nous joignons également le témoignage d’un petit chasseur, rapatrié comme infirmier après vingt-cinq mois de captivité, rencontré dans une ambulance de Paris ».

Les différents témoignages seront réunis, pour une meilleure compréhension.

Le jeune officier nous rapporte que : « Faits prisonniers à Borest (3km de Senlis), le mercredi 2 septembre 1914, ils marchèrent avec l’unité qui les avait capturés, dans la direction de Trilport, traversant Ermenonville et Varreddes et passèrent la nuit du 6 au 7 à Trilport.

Le lundi 7 au matin, ils sont emmenés vers le sud ; mais après quelques heures de marche, le groupe de prisonniers militaires revient sur Trilport et dirigé sur Lizy, en repassant par Germigny, Varreddes et Congis.

C’est au cours de cette seconde traversée de Varreddes, presque vide de ses habitants, que le jeune officier trouva le Curé qui était resté à son poste. Il vint au devant des prisonniers, s’entretint avec eux et les réconforta.

Quittons un instant la lettre-circulaire pour raconter les derniers jours du Père Fossin, en lisant ces notes écrites par lui et retrouvées dans la cure.

Je le cite :

« 5 septembre, samedi. - Sur réquisition, passé la journée à indiquer les locaux à l’intendance. Etant à mon bureau, disant mon bréviaire, j’ai entendu passer au-dessus de ma tête un aéroplane qui bientôt éclata et puis… silence. Les deux pilotes, tués sur le coup, furent conduits au cimetière. Vu passer un convoi de prisonniers français. L’église en ambulance. Prisonniers de Guérard sont passés. L’électricité ne fonctionne plus.

« 6 septembre, dimanche. - Mauvaise nuit. Impossible de dire la messe ni de faire l’enterrement des deux aviateurs. La canonnade commencée à 9h, a duré jusqu’à cinq heures sans interruption. Nous avons reçu une pluie de feu. Les batteries allemandes placées derrière le presbytère furent visées par les Anglais. J’ai cru ma dernière heure arrivée. Je fis un bon acte de contrition. Maintenant je vais aller à l’église remercier la bonne sainte Vierge de m’avoir protégé.

« 7 septembre, lundi. Bataille recommencée à trois heures et demie. Impossible de dire la sainte messe. Je rends visite aux Allemands blessés qui sont à l’église. Ce sont les plus légèrement blessés. Ils m’ont tendu la main. Ils sont fatigués. Il m’est impossible de leur donner du pain. Tous les fruits de mon jardin ont disparu. J’ai pu déjeuner chez Mlle Goulle. Pendant que nous sommes criblés de projectiles, les Allemands font tranquillement la cuisine contre le mur du presbytère, au-dessus duquel vole un aéroplane. » (silence)

Moins d’une heure après avoir écrit ces lignes, le curé de Varreddes était prisonnier des Allemands…

Reprenons la lettre-circulaire :

Après une courte halte, ces prisonniers sont séparés du curé et emmenés à Lizy.

C’est dans l’école de Lizy que l’officier et ses hommes passèrent la nuit du lundi 7 au mardi 8 septembre.

Monsieur LERICHE (74 ans) raconte que le curé de Varreddes avait été, à bout de forces, placé par les Allemands dans une voiture. Peu de temps avant, en chemin, l’abbé FOSSIN lui avait donné sa montre en disant : « Tu la feras parvenir à ma famille quand tu pourras, car moi, je crois bien, les Allemands vont me fusilier…»

Mardi 8 septembre, 13 heures « Les prisonniers militaires dont le jeune officier fait partie, voient arriver à Lizy un détachement d’autres prisonniers, parmi lesquels se trouvent des zouaves et des civils, dont un prêtre en soutane et sabots, mais sans chapeau ni rabat.

Pour se protéger contre l’ardeur du soleil, il n’a qu’un mouchoir qui lui couvre la tête. Un peu plus tard on trouvera sa barrette le long du canal. Il a les pieds en sang.

Harassé de fatigue, il cherche à s’asseoir, il est roué de coups.

Le jeune officier s’avance, reconnait le curé de Varreddes et engage une conversation.

Le prêtre lui fait le récit suivant :

« Le 6 septembre vers 14 heures, une automobile allemande contenant des officiers d’état-major, dont un général, arrive à Varreddes et m’oblige de donner aux Allemands l’hospitalité. »

Le Père FOSSIN désigne le presbytère et l’église pour étendre les blessés à venir.

Lui-même se rend à l’église, pour en sortir les chaises et mettre de l’huile dans les lampes.

Ceci fait, il récite sa prière et sort enfin de l’église vers 19 heures, pour rentrer au presbytère, une bougie à la main…

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6 mars 2015 5 06 /03 /mars /2015 21:06
Le retour

Le retour

Nos 4 compatriotes enfermés dans une casemate humide resteront 8 jours à Rastatt dans l’attente d’un convoi.

Le 7 février 1915, un train les conduira à Schaffhouse. Le repas du soir leur paraît un banquet : ils reçoivent du pain blanc et des tasses de café au lait. On leur donne du linge, des vêtements convenables.

La bonté des Suisses émerveille nos compatriotes: Ils sont conduits en excursion à la chute du Rhin.

Installés dans un train composé de voitures de deuxième classe, ils traversent la Suisse, arrivent à Genève et à Annemasse : c’est la France… Enfin la liberté, mais pas la fin de la guerre…

  • Le retour à la vie

Après avoir séjournés quelque temps à Saint-Raphaël dans le midi, monsieur Favre et son petit-fils retrouvent leur foyer le 27 février 1915. Monsieur Lacour rentre chez ses enfants.

A cette date, seul monsieur ROI est entre les mains des Allemands.

Monsieur CombE malade, a été envoyé en Suisse.

  • Sort des 19 otages :
  • Disparu :

M. l’abbé Fossin, curé de Varreddes.

  • Massacrés par les Allemands sur la route :

Jourdaine Louis, à Coulombs, 74 ans.

Vapaille Ernest, vers Chézy-en Orxois, 48 ans.

Terré Aimé, vers Chézy-en Orxois, 58 ans.

Ménil Eugène, vers Chézy-en Orxois, 68 ans.

Lièvin Edmond, suisse de l’église, à Chouy, 60 ans.

Crois Louis, à Louard, 63 ans.

Millardet Jules, à Louard, 79 ans.

  • Morts en captivité :

Leriche Eugène, 74 ans.

Denis Paul, dit Vincent, 69 ans.

  • Rapatriés, après 6 mois de captivité :

Favre Désiré, 72 ans.

Favre René, 13 ans ½.

Lacour Louis, 60 ans.

Lebel Paul, décèdera à Varredes, le 7 septembre 1916.

Combe Léopold, sera rapatrié après 2 ans de captivité, décédé en mai 1918.

Roi Louis, 55 ans, garçon boulanger, restera en captivité à Erfürt, jusqu’en octobre 1918.

  • Echappés en route, du Gué-à-Tresmes :

Mérillon, ancien gendarme.

Denis Barthélemy, cultivateur.

Denis jules, cultivateur.

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1 mars 2015 7 01 /03 /mars /2015 21:10
l'Oeuvre de Marc

l'Oeuvre de Marc

Lundi 23 février, comme chaque année la Confrérie du Brie de Meaux tenait un chapitre sur le stand de l’Ile de France ou 3 nouveaux chevaliers ont été intronisés.

Claude MARET Président des crémiers-fromagers d’IDF et Vice président national

Laurence BRISOUX fromagère à Chelles à l’enseigne « plateau de terroir »

Benoit GOURDON secrétaire de l’Union Professionnelle Brie de Meaux et Brie de Melun.

Comme il se doit les nouveaux chevaliers ont dégusté lichette de Brie et le verre de Givry avant que leur soit passée « la cravate » avec sa médaille, reçu un diplôme qu’ils accrocheront sûrement qui dans sa boutique qui dans son bureau.

Pendant ce temps, à la maison du lait, les futurs MOF commençaient à passer les premières des 6 dernières épreuves notamment avec une dégustation de fromages à l’aveugle.

Mardi, Xavier Grand Affineur (MOF 2007) et Joseph Grand maitre adjoint à la Confrérie étaient membre du jury pour la finale du concours ‘Meilleur Ouvrier de France’ catégorie fromager.

Pour la 1ère fois depuis la création de cette catégorie en 2000, l’épreuve se déroulait en public au Salon de l’Agriculture.

Dans la tension et le stress, les 10 finalistes on réalisé un chef-d’œuvre gastronomique ayant pour thème ‘Retour vers le futur’.

Pour conquérir le titre, respecté et envié de ‘MOF’, l’aventure des candidats a commencé il y a 18 mois à l’inscription et passé plusieurs épreuves dont l’avant dernière le 20 octobre à Rungis avec entre-autre la réalisation d’une vitrine.

Pour cette dernière épreuve, 50 fromages au moins dont 25 AOP devaient composer l’œuvre. Dès le matin, mardi, le ‘jury dégustation’ a tiré au sort cinq fromages prélevés sur les stocks des candidats afin d’en apprécier les qualités gustatives… puis le gong a lancé l’épreuve.

Trois jurys différents ont noté les candidats sans jamais se croiser : un pour le goût, un pour la technique (jury de travail) et le troisième pour l’esthétique, même si l’allure ne compte que 30 point sur 300 avait prévenu Christian Janier, président du jury et 1er MOF fromager en 2000.

Le soir à 20h 30, seuls Marc Janin de Champagnole et Ludovic Bisot de Rambouillet ont accédé à l’aristocratie des ‘MOF’.

Je ne pouvais manquer d’assister à cette épreuve ou mon ami Marc était finaliste.

Marc, c’est la persévérance, le gout du détail, du beau et le courage malgré les heures de travail pour préparer ce concours d’excellence.

5ème génération de fromagers jurassien, à inscrire le titre dans la légende familiale, il a ‘remâcher ‘nuit et jour’ son plan de travail’.

Le métier pour Marc, c’est le savoir-faire, le gout, il se couche avec, se lève avec et ne pense qu’à ce concours depuis 4 ans où il a répété ses gestes et ses coupes.

Si Marc est la 5e génération, il est en est pas de même pour Ludovic Bisot. Ludovic, je ne le connais pas personnellement, mais je sais que c’est la trempe d’homme qui ne pouvait que devenir MOF. Après avoir abandonné ses fonctions de cadre, il se tourne vers le rêve de sa vie : le fromage. Passant par une formation à la fédération du fromage, le voilà grand voyageur à travers la France et l’Europe pour découvrir les professionnels, les vrais.

Dans sa boutique, 95% des fromages sont au lait cru, garantie d’une bonne qualité organoleptique et de l’authenticité des arômes.

A croire qu’il est tombé dans une ‘bouille de lait’ lorsqu’il était petit… c’est un vrai ,sa grand-mère vendait du fromage sur les marchés bourguignons et sur la table familiale il paraît qu’il y avait toujours un copieux plateau de fromages… avec Brie bien entendu !

MOF 2015
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14 février 2015 6 14 /02 /février /2015 21:12
Le camp de Langensalza

Ce camp est connu pour l’assassinat de 15 soldats sur ordre d’un certain capitaine Koch qui ordonna de supprimer 9 Français, 3 Belges, 2 Iialiens et 1 Russe, le 27 novembre 1918, soit 16 jours après l’armistice. (Source : illustration du 25/01/1919)

Le camp de Langensalza compte 12.000 prisonniers dont 6.000 Russes.

Logés sous des tentes, à raison de 400 par tente, couchés sur la paille, avec deux couvertures par homme, les conditions de vie sont plus que difficiles.

La nourriture était identique à celle d’Erfürt ….. Aussi détestable !

Ecoutons le récit de Paul LEBEL sur sa détention dans ce camp :

« On couchait sous la tente et on ne mangeait qu’une espèce de ‘ratatouille’ de choux et de betteraves.

Là, on ne travaillait pas. Il faisait froid : il pleuvait tout le temps et la terre était si molle que quand on mettait le pied dehors on pouvait plus se ‘ravoir.

A Langensalza il y en a beaucoup qui sont tombés malades. De chez nous, Paul DENIS est mort là-bas. On l’a mis en bière et enterré ; on a dit une messe ; nous sommes tous allés le conduire jusqu’au trou.

A Langensalza, les soldats qui nous gardaient n’étaient pas trop sévères. Ils ne voulaient pas se mettre mal avec nous parce qu’ils faisaient du commerce malgré la défense : ils nous procuraient du tabac, du chocolat qu’ils achetaient en ville et nous revendaient un bon prix.

Ce qui nous faisait marronner, c’est qu’on ne savait pas ce qui passait en France. ça a duré comme ça jusqu’au 15 janvier 1915 où quelques soldats, faits prisonniers à Soissons, sont arrivés à cette époque au camp et nous ont raconté tout ce qu’ils savaient.

De temps en temps on nous donnait une carte pour écrire chez nous et on nous distribuait des lettres et des mandats que les parents nous envoyaient ».

Monsieur LERICHE, fatigué par le régime du camp, meurt d’épuisement. C’est un compagnon de misère de Villemareuil qui avisera à son retour de captivité, fin avril 1915, la famille de son décès.

Paul Lebel, plus heureux, a profité des dispositions prises pour le rapatriement des prisonniers hors d’état de porter les armes.

Le 25 janvier 1915, un officier lui annonce son départ pour le lendemain. Il est conduit à Cassel, il y restera 4 jours et partira le 30 janvier pour rejoindre Rastatt ou il retrouve Favre, le petit René et Lacour.

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5 février 2015 4 05 /02 /février /2015 22:44
Le camp d'Erfürt en 1914

Le camp d'Erfürt en 1914

  • Le camp d’ Erfürt

C’était un camp pour officiers mais il y avait également des civils. Situé dans la province de Saxe, aujourd’hui capitale de la Thuringe, comprenant huit grands baraquements en bois recouverts de papier goudronné. Ce camp avait une sinistre réputation.

Situé à la sortie de la ville, entouré d’une haute clôture en treillage métallique, renforcée de place en place par des mitrailleuses, il comptait des prisonniers français, belges, anglais et 7.000 Russes.

Environ 2.400 prisonniers perdirent la vie dans ce camp, qui fut évacué fin 1917.

Les prisonniers y sont organisés en compagnie de 1000, comprenant 25 sections de 40 hommes. Chaque baraquement renferme deux compagnies, ce qui fait 16 000 hommes dans tout le camp. Les compagnies sont séparées par une cloison de 1,50 m de hauteur et les sections par une autre cloison de 1,20 m.

Chaque section comprend deux parties, l’une qui sert de dortoir, l’autre de salle à tout faire. Le chauffage central et l’éclairage existaient dans toutes les constructions… mais existaient seulement, car de là à fonctionner, il y a loin !!

Le couchage, au début est infect ; la paille est réduite à l’état de fumier, non renouvelée jusqu’au 20 décembre.

A cette date, la paille est remplacée par des sacs pleins de fibres de bois. Chaque homme a deux couvertures, une serviette, une cuillère et une cuvette dans laquelle il doit manger et faire sa toilette.

L’hygiène est mauvaise, la vermine grouille, l’entassement est effrayant, le linge manque, les vêtements ne sont pas renouvelés, la nourriture est détestable, la maladie fait des ravages dans le camp.
Pour quatre, les prisonniers reçoivent chaque matin : une boule de pain de couleur de suie et presque immangeable, pesant quatre livres mais le poids de cette boule allait toujours en diminuant.

Au petit déjeuner: une infusion d’orge grillée, dénommée « malt-kaffee »

A midi : purée de choux ou d’orge, pommes de terre non épluchées en ragoût.

A 19 heures : bouillie de riz, de farine d’avoine, de son ou de rémoulade.

En général deux fois par semaine, le soir, une partie du repas est remplacée par un petit boudin. Jamais de viande.

Un des otages revenu d’Erfürt, dira qu’un porc n’aurait pas voulu de cette nourriture.

  • La détention au camp d’Erfürt

Pendant leur détention messieurs Paul DENIS, COMBE, ROI, LACOUR, FAVRE et son petit-fils René ne recevront aucune nouvelle de France.

La vie au camp est désespérément monotone.

Les prisonniers passent leur temps, les uns à lire des livres français achetés à la cantine, les autres à jouer aux cartes, aux dominos, etc… Et quand ils travaillent, c’est à des travaux d’aménagements du camp et des environs immédiats, ceci 2 jours par semaine.

En hiver, lorsqu’il y a de la neige, des luttes à coups de boules de neige s’engagent. Les Anglais font de la marche autour du camp.

Parfois, le soir, de 20 h à 21 h 30, les soldats donnent des concerts avec des instruments achetés par l’intermédiaire du cantinier (violons, mandolines), mais cette tolérance n’a pas continué bien longtemps; la Marseillaise jouée au cours de ces soirées n’était pas du goût des autorités allemandes… Les soirées concerts ont supprimées.

L’oisiveté, l’ennui, un régime alimentaire très insuffisant ont pour conséquence la dépression physique et morale. Ajouter à cela les nouvelles les plus fantastiques sur les faits de guerre et vous aurez une idée de la vie que menèrent ceux que l’assassinat n’avait pas cloués sur la route.

Paul DENIS n’a pas pu résister à ce régime, il décède le 24 octobre 1914. Les cinq autres otages, bien qu’affaiblis, ont pu supporter leur captivité.

On apprend, à ceux qui sont jugés inoffensifs pour l’Allemagne, qu’ils vont reprendre le chemin de France; ce sont messieurs LACOUR, FAVRE et son petit-fils.

Messieurs COMBE et ROI resteront internés.

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