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  • : Du romain au grégorien, parcourez l'histoire des calendriers. Le brie de Meaux et la Confrérie. Varreddes mon village.
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5 février 2015 4 05 /02 /février /2015 22:44
Le camp d'Erfürt en 1914

Le camp d'Erfürt en 1914

  • Le camp d’ Erfürt

C’était un camp pour officiers mais il y avait également des civils. Situé dans la province de Saxe, aujourd’hui capitale de la Thuringe, comprenant huit grands baraquements en bois recouverts de papier goudronné. Ce camp avait une sinistre réputation.

Situé à la sortie de la ville, entouré d’une haute clôture en treillage métallique, renforcée de place en place par des mitrailleuses, il comptait des prisonniers français, belges, anglais et 7.000 Russes.

Environ 2.400 prisonniers perdirent la vie dans ce camp, qui fut évacué fin 1917.

Les prisonniers y sont organisés en compagnie de 1000, comprenant 25 sections de 40 hommes. Chaque baraquement renferme deux compagnies, ce qui fait 16 000 hommes dans tout le camp. Les compagnies sont séparées par une cloison de 1,50 m de hauteur et les sections par une autre cloison de 1,20 m.

Chaque section comprend deux parties, l’une qui sert de dortoir, l’autre de salle à tout faire. Le chauffage central et l’éclairage existaient dans toutes les constructions… mais existaient seulement, car de là à fonctionner, il y a loin !!

Le couchage, au début est infect ; la paille est réduite à l’état de fumier, non renouvelée jusqu’au 20 décembre.

A cette date, la paille est remplacée par des sacs pleins de fibres de bois. Chaque homme a deux couvertures, une serviette, une cuillère et une cuvette dans laquelle il doit manger et faire sa toilette.

L’hygiène est mauvaise, la vermine grouille, l’entassement est effrayant, le linge manque, les vêtements ne sont pas renouvelés, la nourriture est détestable, la maladie fait des ravages dans le camp.
Pour quatre, les prisonniers reçoivent chaque matin : une boule de pain de couleur de suie et presque immangeable, pesant quatre livres mais le poids de cette boule allait toujours en diminuant.

Au petit déjeuner: une infusion d’orge grillée, dénommée « malt-kaffee »

A midi : purée de choux ou d’orge, pommes de terre non épluchées en ragoût.

A 19 heures : bouillie de riz, de farine d’avoine, de son ou de rémoulade.

En général deux fois par semaine, le soir, une partie du repas est remplacée par un petit boudin. Jamais de viande.

Un des otages revenu d’Erfürt, dira qu’un porc n’aurait pas voulu de cette nourriture.

  • La détention au camp d’Erfürt

Pendant leur détention messieurs Paul DENIS, COMBE, ROI, LACOUR, FAVRE et son petit-fils René ne recevront aucune nouvelle de France.

La vie au camp est désespérément monotone.

Les prisonniers passent leur temps, les uns à lire des livres français achetés à la cantine, les autres à jouer aux cartes, aux dominos, etc… Et quand ils travaillent, c’est à des travaux d’aménagements du camp et des environs immédiats, ceci 2 jours par semaine.

En hiver, lorsqu’il y a de la neige, des luttes à coups de boules de neige s’engagent. Les Anglais font de la marche autour du camp.

Parfois, le soir, de 20 h à 21 h 30, les soldats donnent des concerts avec des instruments achetés par l’intermédiaire du cantinier (violons, mandolines), mais cette tolérance n’a pas continué bien longtemps; la Marseillaise jouée au cours de ces soirées n’était pas du goût des autorités allemandes… Les soirées concerts ont supprimées.

L’oisiveté, l’ennui, un régime alimentaire très insuffisant ont pour conséquence la dépression physique et morale. Ajouter à cela les nouvelles les plus fantastiques sur les faits de guerre et vous aurez une idée de la vie que menèrent ceux que l’assassinat n’avait pas cloués sur la route.

Paul DENIS n’a pas pu résister à ce régime, il décède le 24 octobre 1914. Les cinq autres otages, bien qu’affaiblis, ont pu supporter leur captivité.

On apprend, à ceux qui sont jugés inoffensifs pour l’Allemagne, qu’ils vont reprendre le chemin de France; ce sont messieurs LACOUR, FAVRE et son petit-fils.

Messieurs COMBE et ROI resteront internés.

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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 22:04
De Chaudun à Erfürt (8)

De Chauny à Erfürt

Ce voyage de 800 Km en train durera quatre jours.

Le convoi traverse Péronne, Cambrai, Valenciennes, Mons, Bruxelles, Liège et franchit la frontière allemande.

A partir de ce moment là, la portière des wagons est ouverte à chaque gare traversée, la population civile insulte et nargue les prisonniers.

Pendant tout le trajet en train, les otages ont pour nourriture que des morceaux de pain sec jetés dans les wagons lors des arrêts aux gares.

Le convoi traverse Cologne et dans la nuit du mercredi 16 au jeudi 17 septembre, vers une heure du matin il atteint Erfürt, but du voyage …

Malgré l’heure tardive, les rues sont noires de monde, des cris hostiles accueillent nos otages, on leur lance des pierres, des œufs pourris. Ils sont emmenés à la prison civile…

  • Le temps de la prison

Monsieur Lebel indiquera à son retour « Nous étions une quarantaine de Briards dans la prison d’Erfürt: des gars de Varreddes, de Guérard, de Verberie, de Meaux. »

A leur arrivée, ils sont fouillés et tout ce qu’ils possèdent, y compris l’argent, est placé sous séquestre. Ils passent le reste de la nuit assis sur des bancs.

Dès le matin, ils passent à la douche, on leur coupe les cheveux ras et on leur donne des vêtements de prisonniers : chemise et caleçon de toile, tricot, pantalon et gilet de toile bleue, cravate, calotte noire ronde.

Ils vont ainsi demeurer enfermés pendant 28 jours, couchant à douze dans une chambre étroite dont les lits sont placés six en bas et six au-dessus.

Chaque lit comporte une paillasse, un drap, un traversin et deux couvertures.

Au milieu de la pièce, une table avec des bancs et une table pour la toilette.

Chaque otage a son casier pour ranger son gobelet, sa cuiller, son peigne et sa brosse ; au dessus se trouve un porte-manteaux pour accrocher la serviette et la calotte.

René FAVRE, le plus jeune otage, raconte son emploi du temps dans cette prison (je cite):

« Le matin, à 5 heures et demie une cloche sonnait. Il fallait se lever, ensuite se débarbouiller, se peigner et se brosser, être propre.

Après il faut faire son lit, ranger tout, balayer et être prêt.

A six heures un gardien passait, ouvrait la porte et nous allions dans le couloir chercher notre café et un morceau de pain noir. Nous revenions et le gardien fermait la porte.

On nous apportait de l’ouvrage, c’était de tailler des petits bouts de métal blanc avec du métal jaune jusqu’à midi.

A midi un gardien passait, ouvrait la porte, nous allions chercher notre déjeuner. C’était une purée de pommes de terre, de carottes, d’haricots, de choux, etc.. Le gardien regardait par la petite lunette qui se trouvait à la porte.

Quand nous avions fini, il venait chercher les gamelles et fermait la porte.

Nous reprenions notre ouvrage jusqu’ 15 heures.

A quinze heures un gardien passait, ouvrait la porte, nous mettions nos petites calottes rondes sur la têtes ; c’était la sortie.

Nous allions dans une cour ronde avec de grands murs autour et gardée militairement pour ne pas que l’on s’évade. Il fallait avoir les mains dans le dos.

Quatre heures sonnaient ; nous rentrions dans notre chambrée, toujours accompagnés du gardien. Nous voilà dans cette pièce jusqu’à 18 heures.

A six heures, le gardien nous ouvrait la porte pour aller chercher notre soupe au son et notre morceau de pain : nous mangions. Quand nous avions fini il ouvrait la porte, ramassait les gamelles, nous comptait et éteignait le gaz.

Nous voilà dans l’obscurité pour nous déshabiller et nous coucher, et nous lever à 5 heures et demie au matin ».

Dans la prison d’Erfürt, on n’était pas trop mal, dira monsieur LEBEL : « on buvait du café le matin ; à midi on mangeait de la soupe aux légumes et au riz ; le soir des pommes de terre, du macaroni.

On ne se plaignait pas trop, mais ça n’a pas duré longtemps, car au camp de Langensalza, ah ! ce n’était plus pareil ! »

  • La détention dans les camps
  • Messieurs LERICHE et LEBEL, resteront dans cette prison jusqu’au 29 novembre, date à laquelle ils seront internés à Langensalza.
  • Le 16 octobre, les autres otages quittent la prison civile après restitution de tout ce qui leur avait été confisqué à l’entrée, pour rejoindre le camp de concentration d’Erfürt.

Leurs misères ne sont pas terminées…

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2 janvier 2015 5 02 /01 /janvier /2015 21:08

Chaudun- Chauny 

Arrivés à Chaudun, les prisonniers entrent un à un dans l’église du village sous les quolibets et les coups de bottes de leurs gardiens.

Un capitaine uhlan, circulant dans les rangs, jouit de ce spectacle : le sabre tiré, il en promène la pointe sous le nez des malheureux plus morts que vifs, prenant plaisir à exaspérer l’angoisse par des menaces ou d’odieux sarcasmes : « Ah ! le beau lot, … vous êtes des bêtes féroces !.. J’en sais long sur votre compte… Vous serez  fusillés !.... » 

La porte de l’église se referme; nos malheureux sont enfin à l’abri pour quelques heures.

Tourmentés par la faim, la soif, exténués, horrifiés par les massacres de leurs amis, pleins d’angoisse pour le lendemain, ils se couchent pensant pouvoir se reposer…

Mais dans l’obscurité, des gémissements, des pleurs et des cris d’épouvante provoqués par des cauchemars ne permettent pas de dormir.

Monsieur LEBEL racontera : « Dans les villages, lorsque des gens apportaient des seaux d’eau pour rafraichir les prisonniers, les Allemands renversaient les seaux à coups de pieds ».

Raffinement de cruauté de la part des geôliers : si une source, un puits, une marre se trouvaient sur le passage, les Allemands arrêtaient leurs victimes quelques pas plus loin, afin qu’elles ne puissent pas en profiter. 

Vendredi 11 septembre, les otages sont conduits à Soissons.

En cours de route, FAVRE, épuisé, s’assied sur le bord de la route.

Les Allemands le saisissent, appellent deux prisonniers militaires qui le prennent par les bras et l’aident ainsi à atteindre Soissons. Ils devaient de nouveau soutenir le vieillard sur le chemin de Chauny. FAVRE leur doit la vie.

Conduits dans une école, ils vont pour la première fois depuis leur départ de Lizy recevoir un peu de réconfort : la Croix Rouge leur sert un repas chaud composé de pommes de terre cuites, de lard et de pain.

Le lendemain, à 17 heures, c’est l’arrivée à Chauny.

Les quarante cinq prisonniers civils sont conduits sur une place publique où des individus, paraissant être des personnages d’importance, viennent les voir.

L’un d’eux, parlant le français, dit aux autres : « Oh ! vous savez, on va les fusiller, on n’embarque plus de prisonniers civils ! ».

Sous un préau, on leur donne un peu de pain. 

L’ordre de les conduire à la gare arrive et c’est à coups de crosse et de fourreau de sabre qu’ils parviennent presque courant à la gare.

ROI, le garçon boulanger, toujours en cotte et sandales de travail depuis Varreddes, s’est garanti d’un couvre-pieds qu’il avait pu ramasser…

Un Allemand le lui prend, le jette à terre et lorsque le jeune homme se baisse pour le reprendre, il reçoit un coup de botte.

Le petit René FAVRE reçoit également des coups violents.

Les prisonniers sont enfermés dans la salle des consignes et à 19 heures on les entasse dans des wagons à bestiaux où ils passeront la nuit, gardés par cinq soldats, baïonnette au canon.

Le train, contenant également des blessés allemands, des prisonniers militaires, ne se met en marche que le dimanche 13….  Direction Erfürt.

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12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 22:16
Lizy-Chezy.png

Trajet Varreddes- Lizy - Chézy en Oxois

Les Allemands sont en retraite; des troupes, des convois de toutes sortes encombrent la route.

Les otages doivent suivre les bas-côtés et parfois marcher à travers champs.

 Il fait chaud, il faut marcher vite. Les pauvres vieux sont hors d’haleine, les plus jeunes les aident  autant qu’ils peuvent ; les soutiennent, les prennent par le bras mais les vieux s’attardent quand même, maudissant leur âge et leurs infirmités.

Les coups de crosse et de bottes leur font reprendre la file dans un sursaut de désespoir.

Les soldats allemands chargent quelques prisonniers de leurs sacs et s’amusent de la faiblesse des vieillards.

Un prisonnier s’écroule, pris d’une crise de nerfs. On le jette sur l’accotement de la route; les soldats l’inondent d’eau froide, tout en riant des contorsions du malade.

Un autre, boitant par suite d’une infirmité, s’arrête; il est à bout de force. Des Allemands lui tirent furieusement la jambe et le font hurler de douleur tandis que d’autres, arrachent des betteraves et le lapident.

 Nos otages marchent depuis le matin.

Il est environ 14 heures 30, à cent mètres de l’entrée de Coulombs; Monsieur Jourdaine (76 ans) tombe. Des soldats se précipitent sur lui, le frappent à coups de poings, de bottes et de cravache ; il n’a même plus la force de se garantir.

 Messieurs Victor LECOUTE et PERTHUISOT de Coulombs assistent à ce spectacle où des soldats et des officiers allemands passent leur sabre sur la gorge de Monsieur  JOURDAINE comme pour l’égorger.

Le pauvre homme sera ensuite tué sur place d’une balle à la tête et d’une autre au coté.

Enterré dans un clos à 25 ou 30 mètres de son lieu de supplice, son corps est recouvert de si peu de terre que la tête et les bras sont visibles.

Plus tard, un passant aperçoit le cadavre, prend les lunettes qu’il porte encore, y remarque le nom de Meaux ; des recherches sont effectuées, ce qui permettra  d’identifier la malheureuse victime.

Quelques kilomètres plus loin, c’est monsieur VAPAILLE qui s’écroule ; il est tué peu avant d’arriver à Chézy.

 21 heures, le convoi arrive enfin à Chézy-en-Oxois dans l’Aisne. Les prisonniers sont parqués sur la place de l’église, passant la nuit sous bonne garde.

Chezy-Chaudun.png

 Trajet Chézy - Chaudun

Le 10 au matin, le martyr continue.

Depuis la veille, Monsieur MILLARDET ne peut plus avancer. Il a 79 ans, une hernie double; il s’affaisse, on le pousse dans la cour du boulanger où un soldat l’assassine d’un coup de baïonnette au cœur.

Monsieur TERRE, infirme, s’écroule à son tour. Il est achevé à coups de révolver et presque aussitôt c’est monsieur CROIS qui subit le même sort.

La terreur est à son comble et ceux que la fatigue menace de terrasser s’accrochent aux compagnons les plus robustes.

Monsieur LIEVIN, homme corpulent, cardiaque, n’en peut plus; son compagnon d’infortune GOULAS le saisit par un bras, un autre prisonnier le soutient également. Il  étouffe et malgré l’aide de ses camarades, fatigués eux-mêmes, il tombe à genoux plusieurs fois.

Relevé brutalement, deux soldats allemands le sortent des rangs, le font entrer dans le cimetière de Chouy et le mettent en joue à quelques mètres.

Monsieur LIEVIN comprend que sa dernière heure est venue. Il sort son mouchoir, se bande les yeux. Deux balles, l’une à la tête, l’autre au cœur le couchent à terre. Il est achevé d’une troisième dans la tête.

Un autre otage, monsieur MENIL, est également sauvagement assassiné : il s’est affalé, les soldats le trainent sur le côté de la route, l’assomment et le tuent à coups de crosse.

Fin d’après-midi de cette marche forcée; la halte se fait à Chaudun.

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30 novembre 2014 7 30 /11 /novembre /2014 17:45
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  • Le martyre des otages

 Les otages ont été scindés en deux groupes et leurs sorts furent bien différents.

 

Le premier groupe composé de Messieurs Mérillon ; Barthélemy et Jules Denis, quittent Varreddes le mardi matin 8 septembre en direction de May en Multien. Les obus pleuvent autour des trois prisonniers et de leurs gardiens; tous s’abritent, de temps à autre, derrière les meules.

Le feu est si intense que les douze Allemands et leurs trois prisonniers passent l’après-midi près d’une meule, sur le chemin de Congis.

Arrivés au château du Gué-à-Tresmes, nos trois otages sont enfermés dans un sous-sol, ils y passeront la nuit sans avoir eu de repas. Ils ne devaient d’ailleurs rien manger pendant leurs deux jours de détention.

Présentés devant des officiers le mercredi 9, ils sont mis à disposition d’un major pour transporter du linge maculé de sang, linge ayant sûrement servi lors d’opérations.

Ils transportent également cinq soldats morts des suites de leurs blessures. .

La nuit arrive, les otages la passent dans le parc où ils se cachent et le lendemain jeudi 10, ils s’échappent du parc sans avoir été remarqués.

Sur le retour, une patrouille de zouaves les arrête et les conduit devant un commandant. Interrogés, l’officier les félicite d’avoir échappé aux Allemands et profite de la circonstance pour se procurer quelques renseignements.

Nos trois compatriotes, heureux de s’en être tirés à si bon compte, s’empressent de rentrer à Varreddes.

Le sort de l’autre groupe de prisonniers fut plus tragique…

  • Le 2ème  groupe

 Sur les seize habitants de Varreddes que comptait ce groupe, il y avait l’enfant de 14 ans.

 

Rangés par trois, y compris le curé Fossin qui avait été ramené dans la cour et encadrés par douze soldats, la colonne des otages part à 9 heures vers Congis pour  être fusillés selon ce que l’on leur avait dit.

Se dirigeant sur le Gué-à-Tresmes, en chemin ils font demi-tour et prennent la route de Lizy-sur Ourcq.

Le pénible cortège arrive à Lizy entre 14 et 15 heures.

Depuis la veille, ils n’ont rien mangé, on leur donne un peu de macaronis, de la viande mais pas de pain.

Dans un premier temps, ils sont gardés dans l’école, puis conduits sur une route non loin de Beauval, où ils passent la nuit avec environ 60 civils et 400 prisonniers militaires.

 Mercredi 9, retour sur Lizy dans une cour et sous un hangar situés près de la gendarmerie ; là, on leur distribue un peu de pain. 

 

A partir de Lizy, le trajet qui s’était fait avec bien de la peine, va devenir un véritable calvaire. L’un des otages l’a qualifié « d’étape infernale »....

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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 17:14

Marc-et-Pierre-copie-1.JPG

J’ai eu la chance d’être invité lundi 20 octobre a l’épreuve qualificative du 25e concours « Un des Meilleurs Ouvriers de France ». L’épreuve qualificative de la classe « fromager » s’est déroulée aux Halles de Rungis.

D’une durée de 4 h 45 de travail effectif elle comporte 6 épreuves. Toutes ces épreuves ont pour but d’apprécier les connaissances et le professionnalisme des candidats.

Pour participer aux épreuves, chaque candidat apporte 33 sortes de produits laitiers : 3 produits de crèmerie en libre choix, 15 fromages en libre choix et 15 fromages AOP imposés – Abondance – Banon – Brie de Melun – Chabichou du Poitou – Epoisses – Fourme de Montbrison – Gorgonzola – Mâconnais – Neufchâtel – Queijo Serra da Estrela – Roquefort – Saint-Nectaire – Tome des Bauges.

1ère épreuve d’une durée 20 minutes : Evaluation gustative de fromage.

Sélection des fromages

Degré d’affinage

Qualité organoleptique des produits présentés.

A la fin de l’épreuve, le jury évalue 5 fromages  parmi la liste des 15 fromages AOP imposés par l’organisation au début de l’épreuve, à raison d’un seul exemplaire pour les petits formats (fromage à la pièce) et d’un morceau de 300 à 350 g pour les grands formats (fromages au kg). Les fromages doivent être présentés nus, sans décoration.

2ème épreuve : Identification de fromages par dégustation : 30 minutes

Connaissances organoleptiques

Identification de fromages

Les candidats doivent identifier 3 fromages anonymes décroutés ou non qui leurs sont présentés en repérant la famille technologique, l’origine animale du lait et le nom du fromage.

3ème épreuve de 2 heures : réalisation d’une vitrine

Réalisation d’une vitrine commerciale attractive

Praticité du service

Respect des réglementations (hygiène, étiquetage…)

Cette épreuve permet d’apprécier l’organisation et la mise en place dans une vitrine de vente. La vitrine est identique pour tous les candidats qui doivent y installer 33 produits laitiers : 15 en libre choix, 15 AOP imposés, 3 produits de crèmerie en libre choix. Les seuls éléments de décor autorisés sont ceux fournis par le jury, l’habillage de la vitrine est interdite, seules les étiquettes peuvent être préparées à l’avance et doivent comporter toutes les mentions réglementaires, en indiquant tous les montants à 0,00 €.

4ème épreuve : Oral de vente-conseil de fromages et produits laitiers.

Pendant 15 minutes le candidat est placé dans une situation de vente-conseil où les membres du jury jouent le rôle du client et notent les candidats en fonction de :

Accueil et gestion du client

Description des fromages et produits laitiers

Maîtrise de la découpe, du pliage et de l’emballage.

5ème épreuve, préparation culinaire à base de produits laitiers. Durée de l ‘épreuve : 40 minutes.

Savoir-faire professionnel.

Connaissances organoleptiques.

Respect des règles d’hygiène.

Les candidats doivent confectionner une spécialité culinaire froide (sans chauffage, ni cuisson) en utilisant tout ou partie des produits laitiers et ingrédients mis à sa disposition.

Chaque candidat dispose des mêmes éléments : produits laitiers, ingrédients, matériel et décoration. Avant la réalisation de la recette, le candidat doit donner un titre à sa préparation, lister les ingrédients utilisés et décrire sommairement la progression de ce qu’il propose.

6ème et dernière épreuve pour ce marathon d’une journée : épreuve écrite de connaissance

Technologie fromagère

Culture et histoire fromagère, connaissance des terroirs

Connaissance de la production laitière

Appellations d’Origine Protégées laitières

Affinage et gestion des caves

Législation relative aux fromages (amont, aval) et aux produits laitiers.

Les candidats doivent répondre par écrit à des questions fermées (QCM) portant sur tous les thèmes ci-dessus.

N’est pas qui veut un des Meilleurs Ouvriers de France, classe fromager…

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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 22:19
Barthelemy.jpeg
  • Le sort des femmes

 Quelques femmes des otages avaient été entrainées avec leurs maris dans la cour de la maison LERICHE. Malmenées, elles sont ensuite rassemblées dans une des pièces de cette maison.

Baïonnette au canon, des soldats pénètrent dans la maison, poussent les femmes dehors, les alignent le long d’un mur, puis les font rentrer sous les injures et les menaces.

Menaces qu’elles ne peuvent comprendre. L’un d’eux, frappant avec la crosse de son fusil leur fait signe de s’agenouiller.

Représentez-vous cette chambre mal éclairée où se trouvent six femmes terrorisées, au visage éperdu et trempé de larmes: mesdames LERICHE (67 ans) ; BARTHELEMY (77 ans) ; Veuve PIETTE (67 ans) ; LACOUR (57 ans) ; JOURDAINE (66 ans) et Mélanie LIEVIN (55 ans).

L’une d’elle, la plus âgée, dit aux autres : « Nous allons mourir, faites votre contrition si vous le pouvez ».

Toute la nuit les Allemands tiendront les femmes enfermées et à 10 heures du matin, devant l’avancée des troupes alliées, les soldats fuient … les femmes retrouvent leur liberté.

Leur supplice est terminé, elles quittent leur prison… Mais les hommes ne sont plus dans la cour…

Ils ont été emmenés comme otages.

 

  •  Libération de Varreddes

 Pendant ce temps sur le plateau de Barcy, la bataille fait rage jusqu’au mercredi 9 septembre.

Mercredi vers midi les troupes françaises arrivent. Les soldats allemands fuient Varreddes, une colonne sur Etrépilly par la route de Soissons en faisant au passage sauter le pont de la Maladrerie, sur le canal.

Une autre colonne regagne la route de Lizy-sur-Ourcq par Germigny l’Evêque et détruit une arche du pont sur la Marne à l’entrée du village.

Les troupes françaises arrivant à Varreddes trouvent plusieurs centaines de blessés dans les ambulances. Les majors prodiguent des soins jusqu’à leur évacuation sur Paris.

Evacuation qui durera du vendredi 11 au dimanche 13 septembre 1914, à l’aide de 70 automobiles.

Sur les morts du 47e régiment d’infanterie prussienne, on découvre des baïonnettes dont le dos est taillé en dents de scie, instruments de supplice de non combat, prohibés par la convention de la Haye de 1899.

Au pied d’une meule de foin, un violon allemand. La terre piétinée montre qu’on y a dansé, fêtant peut être, par avance, l’entrée dans Paris, mais le bal fut sans doute troublé, puisque le musicien, dans sa fuite a oublié son instrument.

Varreddes est maintenant délivré ; la lutte a été âpre, mais le calvaire des otages commence…

 

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25 octobre 2014 6 25 /10 /octobre /2014 10:13

 Rayonnat.JPG

La construction de la cathédrale gothique St Etienne de Meaux commence vers les années 1170-1180. Dès le troisième quart du XIIIè siècle, il est déja nécessaire de faire des réparations dans le coeur qui présente des signes d'instabilité.

Le chapitre cathédral et l'évêque Pierre de Cuisy signent un contrat avec l'architecte Gautier de Varinfroy pour reconstruire le choeur de la cathédrale.

Le salaire annuel de Gautier est de 10 livres, auquel il faut ajouter 3 sous par journée de travail effectif et de tournées éffectuées à la demande du chapitre.

A en croire les textes, l'état de délabrement est tel qu'il faut :'non seulement une réparation, mais encore une réfection de l'ouvrage pour ainsi dire totale'.

Le nouveau choeur, reconstruit jusqu'en 1275 par Gautier de Varinfroy, adopte un nouveau style archichectural, inspiré des chantiers parisiens et champenois, plus connu sous le nom de 'gothique rayonnant'.

il tend à plus de légèreté dans les structures et au raffinement dans les détails.

St Etienne Meaux


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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 21:32

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 Jean, Paul, Victor Fossin est né le 22 novembre 1839. Il a été ordonné prêtre à l’âge de 29 ans le 19 décembre 1868.

On trouve un passage comme professeur au collège Notre Dame de Dunkerque, puis secrétaire du Monseigneur Pie ; prêtre auxiliaire à St Fiacre ; curé de Bussy-saint-Georges.

Paul Fossin devait avoir un caractère bien trempé.

En 1895*, curé du village Bussy Saint Martin, il déclare détenir un morceau de la cape de saint Martin et à l’occasion du 15e centenaire de ce saint, il organise en 1897 une cérémonie pour honorer la relique en espérant créer un pèlerinage.

Cette initiative trouble la campagne électorale de Gaston Menier, maire de Bussy St Martin, désireux d’enlever à Alcide Derveloy son siège de député.

Pour couper court à cette manifestation, un arrêté municipal interdit le territoire de Bussy St Martin à la cérémonie.

Ne pouvant ce dérouler à Bussy St Martin, c’est à Bussy St Georges qu’elle se déroule.

Après le retour à l’église il est accueilli par la gendarmerie de Ferrières et le Garde Champêtre et par jugement du 22 octobre 1897, devant le tribunal de simple police de Lagny il sera  condamné à deux amendes respectivement de 1 et 2 francs.

Prêtre auxiliaire à St Fiacre, curé de Bussy St Georges, il arrive dans sa nouvelle paroisse le 1er février 1899 : Varreddes.

En 1913, notre curé reçoit la médaille commémorative de 1870 au titre d’aumônier volontaire, époque a laquelle il était secrétaire militaire de l’Evêché de Poitiers.

Il a eu comme successeur dans cette fonction le chanoine Emmanuel Briey, devenu par la suite évêque de Meaux.

 1914.

En pleine bataille de la Marne, le 7 septembre, notre curé a été le premier des 19 otages de Varreddes.

Malgré de nombreuses et incessantes recherches, des renseignements souvent incomplets ne permettent pas de savoir exactement comment l’abbé Paul Fossin a disparu.

Dans sa lettre circulaire Monseigneur Emmanuel, évêque de Meaux, apporte quelques précisions :

… Nous avons acquis aujourd’hui la douloureuse certitude que le Père Fossin a été assassiné par les Allemands.

Aux récits des témoins, dont un jeune officier, interné en Suisse après trois ans de captivité, qui nous a fait parvenir ses notes personnelles, nous joignons également le témoignage d’un petit chasseur, rapatrié comme infirmier après vingt-cinq mois de captivité, rencontré dans une ambulance de Paris.

Les différents témoignages seront réunis, pour une meilleure compréhension.

Le jeune officier nous rapporte que : « Faits prisonniers à Borest (3km de Senlis), le mercredi 2 septembre 1914, ils marchèrent avec l’unité qui les avait capturés, dans la direction de Trilport, traversant Ermenonville et Varreddes et passèrent la nuit du 6 au 7 à Trilport.

Le lundi 7 au matin, ils sont emmenés vers le sud ; mais après quelques heures de marche, le groupe de prisonniers militaires revient sur Trilport et dirigés sur Lizy, en repassant par Germigny, Varreddes et Congis.

C’est au cours de cette seconde traversée de Varreddes, presque vide de ses habitants, que le jeune officier trouva le Curé qui était resté à son poste. Il vint au devant des prisonniers, s’entretint avec eux et les réconforta.

Quittons un instant la lettre-circulaire pour raconter les derniers jours du Père Fossin, en lisant ces notes écrites par lui et retrouvées dans la cure.

 Je le cite :

« 5 septembre, samedi. - Sur réquisition, passé la journée à indiquer les locaux à l’intendance. Etant à mon bureau, disant mon bréviaire, j’ai entendu passer au-dessus de ma tête un aéroplane qui bientôt éclata, et puis… silence. Les deux pilotes, tués sur le coup, furent conduits au cimetière. Vu passer un convoi de prisonniers  français. L’église en ambulance. Prisonniers de Guérard sont passés. L’électricité ne fonctionne plus.

« 6 septembre, dimanche. - Mauvaise nuit. Impossible de dire la messe ni de faire l’enterrement des deux aviateurs. La canonnade commencée à 9h, a duré jusqu’à cinq heures sans interruption. Nous avons reçu une pluie de feu. Les batteries allemandes placées derrière le presbytère, furent visées par les Anglais. J’ai cru ma dernière heure arrivée. Je fis un bon acte de contrition. Maintenant je vais aller à l’église remercier la bonne sainte Vierge de m’avoir protégé.

« 7 septembre, lundi. Bataille, recommencée à trois heures et demie.  Impossible de dire la sainte messe. Je rends visite aux Allemands blessés qui sont à l’église. Ce sont les plus légèrement blessés. Ils m’ont tendu la main. Ils sont fatigués. Il m’est impossible de leur donner du pain. Tous les fruits de mon jardin ont disparu. J’ai pu déjeuner chez Mlle Goulle. Pendant que nous sommes criblés de projectiles, les Allemands font tranquillement la cuisine contre le mur du presbytère, au-dessus duquel vole un aéroplane. » 

Moins d’une heure après avoir écrit ces lignes, le curé de Varreddes était prisonnier des Allemands…

Reprenons la lettre-circulaire :

Après une courte halte, ces prisonniers sont séparés du curé et emmenés à Lizy.

C’est dans l’école de Lizy que l’officier et ses hommes passèrent la nuit du lundi 7 au mardi 8 septembre. »

Monsieur Leriche (74 ans) raconte que le curé de Varreddes avait été, à bout de forces, placé par les Allemands dans une voiture. Peu de temps avant, en chemin, l’abbé Fossin lui avait donné sa montre en disant : « Tu la feras parvenir à ma famille quand tu pourras, car moi, je crois bien, les Allemands vont me fusilier…»

Mardi 8 septembre, 13 heures « Les prisonniers militaires dont le jeune officier fait partie, voient arriver à Lizy un détachement d’autres prisonniers, parmi lesquels se trouvent des zouaves et des civils, dont un prêtre en soutane et sabots, mais sans chapeau ni rabat.

Pour se protéger contre l’ardeur du soleil, il n’a qu’un mouchoir qui lui couvre la tête. Un peu plus tard on trouvera sa barrette le long du canal. Il a les pieds en sang.

Harassé de fatigue, il cherche à s’asseoir, il est roué de coups. »

Le jeune officier s’avance, reconnait le curé de Varreddes et engage une conversation.

Le prêtre lui fait le récit suivant :

« Le 6 septembre vers 14 heures, une automobile allemande contenant des officiers d’état-major, dont un général, arrive à Varreddes et m’oblige de donner aux Allemands l’hospitalité. »

Le Père Fossin désigne le presbytère et l’église pour étendre les blessés à venir.

Lui-même se rend à l’église, pour en sortir les chaises et mettre de l’huile dans les lampes.

Ceci fait, il récite sa prière et sort enfin de l’église vers 19 heures, pour rentrer au presbytère, une bougie à la main…

Le matin suivant, les français attaquent.

Le curé de Varreddes est accusé de leur avoir fait la veille au soir, des signaux lumineux dans le clocher.

Vu son âge et sa difficulté de marcher cela lui était impossible de monter dans le clocher.

Il est arrêté avec 18 autres civils du village.»

Les otages revenus de captivité ont raconté que « tout le long de la route les Allemands avaient brutalisé M. le curé, le traitant d’espion. Ils le roulèrent dans les orties, le frappèrent à coups de crosses de fusils et même avec des betteraves  qu’ils lui jetaient ensuite à la tête et lui firent toutes sortes de misères et d’avanies ; »

Vers 17 heures, le 8 septembre, les prisonniers civils et militaires au nombre d’environ 180, sont rassemblés et emmenés dans une grange.

Arrêtés devant la porte de cette ferme, des uhlans passent…

Reconnu, notre curé est l’objet particulier de leurs menaces.

Bafoué, bousculé par ces uhlans, il demeure très digne, sans s’émouvoir des blasphèmes que l’ennemi adresse surtout à son caractère sacerdotal.

Les prisonniers entrent dans la ferme. L’officier a pour voisin le curé de Varreddes, il lui propose de « faire son lit », de disposer la paille pour permettre au vieillard épuisé de s’étendre sans retard.

Celui-ci le remercie. « Il en a bien vu d’autres », dit-il ; et  raconte à P.B. la vie qu’il avait l’habitude de mener, dédaigneux des fatigues ; et  dit aussi son attachement pour son pays, son église…

Peu après, à 18 heures, commence la scène tragique dont l’officier a été le témoin :

Un jeune Allemand, capitaine de gendarmerie avec monocle, cravache, parlant un français sans accent, accompagné de 2 ou 3 gendarmes, fait apporter une table et trois ou quatre chaises.

Paul Fossin est appelé…

Immédiatement, un interrogatoire sommaire commence : Nom, prénoms, âge ? Expliquez-vous…

Le curé est accusé de trahison pour avoir fait la veille au soir des signaux à l’armée française du haut de son clocher.

Il veut s’expliquer, répond qu’il a allumé des cierges dans l’église parce qu’il devait enterrer un soldat français.

On l’interrompt immédiatement ; « Taisez-vous !...

N’ai-je pas le droit de me défendre ? réplique le curé.

Vous n’êtes qu’un menteur, lui est-il répondu ; »

L’Allemand furieux généralise l’outrage en l’appliquant à tous les prêtres français.

Le prêtre reste stoïquement au garde à vous.

Avez-vous un témoin à décharge, lui est-il cependant demandé…

Après hésitations, un civil se présente et raconte l’histoire que le curé avait lui-même narrée.

Vous n’étiez pas présent ? Non, c’est M. le Curé qui me l’a raconté ;  le témoignage est considéré comme nul.

Sans autres formes de procès, le curé est immédiatement condamné à être fusillé.»

L’officier a personnellement et distinctement entendu la sentence.

Paul Fossin, calme, revenant vers les prisonniers français, dit à l’officier: « La plus belle mort est de mourir pour la France. Priez pour moi, comme moi je prierai pour vous de là-haut. »

« Me trouvant à ses côtés dit un autre témoin, soldat prisonnier, j’ai voulu le rassurer en lui disant qu’il ne serait pas fusillé. Il m’a répondu qu’il avait fait son devoir, et qu’il était assez vieux pour mourir. »

Quittant cette ferme, à l’exception du curé,  un des otages indique qu’à partir de ce moment là, on ne revit plus Monsieur le Curé, qui avait été très maltraité à coups de crosses de fusils et grossièrement injurié.

« Les Allemands le roulaient dans les orties de la ferme. Défiguré, soutane en lambeaux, le visage tuméfié, il nous était interdit  de lui parler et même de le regarder afin que l’on ne puisse pas rendre compte des mauvais traitements qu’il avait subits…

« On nous fit partir, laissant M. le curé  seul dans un coin de la cour, gardé baïonnette au canon.

« Un grand chef nous dit qu’il serait jugé, mais cela voulait dire fusiller.»

« Dix minutes après, dit encore le soldat prisonnier, nous avons entendu une fusillade, et n’avons plus revu Monsieur le curé.

 Son corps ne fut jamais retrouvé, a t-il été enseveli ou tout simplement brûlé pour effacer toutes traces ?

Nous ne le saurons jamais… Il fut le premier prêtre du département à donner sa vie pour la France et pour l’Eglise.

Ce soir pensons à lui, mais n’oublions pas le sort des 18 autres otages : 7 furent massacrés par les Allemands, 2 sont morts en captivité, 6 sont revenus après 6 mois de captivité et 3 ont pu fuir sur la route de leur funeste destin**.

* Dès 1897  l’abbé Collon de la société des antiquaires de l’ouest, aumônier du pensionnat des frères de Poitiers conteste l’authenticité de cette manche, appartenant en réalité à un gambison : vêtement matelassé porté sous une armure, datant du XIVe où XVe siècle.

Le pèlerinage tant convoité par notre abbé ne verra jamais le jour.

** Texte écrit par l'auteur du blog et lu le 27 sept. 2014 en l'église de varreddes en hommage aux victimes

Place-Fossin.JPG

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27 septembre 2014 6 27 /09 /septembre /2014 20:48

cenotaphe-copie-1.JPG

A 18 h, samedi 17 septembre, les Varreddois en présence des élus ont déposé une gerbe sur la tombe de l'abbé Fossin en souvenir des 19 otages de Varreddes du 7 septembre 1914.

Hommage de J.Pierre Menil, maire de Varreddes:

Il y a cent ans, le 7  septembre 1914, 19 habitants de Varreddes étaient pris en otages par l’ennemi. Parmi eux, le curé du village, le Père Paul Fossin.

Ce soir, sur son cénotaphe rendons hommage également à tous ces otages qui ont payé de leur vie la barbarie de la guerre.

Un hommage particulier sera rendu au Père Fossin, premier curé du département martyrisé et mort pour la France.

Voici ce qu’écrivait ‘Autour du Clocher’, revue des années après la Grande Guerre :

 A l’issue de l’article 10 du décret du 26 avril 1924, tous les journaux de la région ont reproduit l’inventaire officiel des sépultures dont la conservation présentait un intérêt d’art ou d’histoire.

Bien qu’en retard sur eux de quelques semaines, ‘Autour du clocher’ doit à la mémoire de l’abbé Fossin, curé de Varreddes, emmené comme otage et massacré par les Allemands en 1914, de mentionner le classement du monument funéraire destiné à le sauver de l’oubli.

La désignation indiquait : « Statue tombale de l’abbé Fossin otage des Allemands en 1914. »

L’idée de cette pierre tombale est due à un groupe d’amis que le père Fossin avait à Paris.

Son exécution fut confiée au sculpteur Ernest Dubois, l’auteur du monument Bossuet inauguré dans la cathédrale de Meaux en octobre 1911.

L’artiste a représenté son héros en grandeur naturelle vêtu de la soutane, couché sur le dos, au moment où les balles allemandes viennent de l’abattre.

Pour symboliser la cause pour laquelle on lui a infligé la mort, il a placé sa main droite sur la hampe d’un drapeau français dont les plis enlacent son corps.

Après différentes pérégrinations, le monument en pierre blanche demi-dure, fut exposé au Grand Palais à Paris en 1923 à l’occasion du Salon de la sculpture.

Placé alors sur un soubassement de 0,80 mètre de hauteur, garni de tenture, il a été très remarqué avant de rejoindre son lieu de destination définitive à Varreddes.

Beaucoup de paroissiens  émettaient le désir qu’il fût placé dans l’église, mais les circonstances de l’époque ne favorisèrent pas cette manière de voir.

Le monument fut donc déposé au cimetière communal contigu à la route de Congis par laquelle fuyait la colonne des otages dont faisait partie le curé.

 La municipalité de Varreddes a spontanément offert pour l’y recevoir, une concession à perpétuité au milieu du groupe des concessions militaires.

Ce gisant a été enduit d’un bronzage vernissé, qui lui donne une patine prématurée, et peut-être en préservera le matériau trop fiable, de l’atteinte des intempéries.

Aujourd’hui ce gisant a disparu. Nous serions vous dire dans quelle circonstance, a-t-il été volé ? a –t-il été enlevé par les Allemands lors de la 2ème guerre mondiale ? On ne sait.

tombe-Fossin.JPG

Après cette cérémonie au cimetière, à la fin de la messe, la vie de ce prêtre a été retracée par l'auteur du blog (a suivre..) 

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