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18 septembre 2014 4 18 /09 /septembre /2014 20:40


Blesses-varreddes.jpg

Soldats blessés devant la mairie de Varreddes

Lundi 7 septembre 1914:

Le premier otage que les Allemands arrêtent dès le lundi soir, fut l’abbé FOSSIN,  âgé de 76 ans.

Après avoir passé sa journée à l’ambulance de l’église, enterré les deux aviateurs français et déjeuné chez une paroissienne mademoiselle GOULLE, vers 21 heures, alors qu’il est couché on le force à se lever et une scène indicible se passe :

Le curé demande ce qu’on lui veut et apprend qu’il est accusé d’avoir fait des signaux à l’armée française du haut du clocher et d’être ainsi la cause de la défaite des Allemands.

Invoquant son impuissance physique à grimper dans le clocher, expliquant son emploi du temps consacré aux blessés allemands dont l’église est pleine, rien n’arrête les furieux.

Bousculé, frappé, injurié, on lui crache au visage, on le pousse jusqu’à la mairie où il passe la nuit assis sur un panier à légumes à réciter son chapelet. Il n’en sortira que pour quitter Varreddes.

Je reviendrai plus tard sur l’abbé Fossin, qui mérite une mention spéciale.

 Le lendemain vers 17 heures c’est un cultivateur en retraite, Denis BARTHELEMY, qui est arrêté et gardé dans la cour de la ferme de Mme JACOB

 

Un officier allemand aperçoit dans sa cour,  monsieur MERILLON, gendarme en retraite, âgé de 65 ans, lui donne l’ordre d’aller voir le  colonel, ce dernier le renvoie et sur le chemin de retour il est fait prisonnier par un lieutenant et rejoint BARTHELEMY

Une demie-heure après c’est au tour de Jules DENIS (65 ans). Les trois hommes passent la nuit dehors, couchés à terre, entre les allemands qui leur interdisent de communiquer entre-eux. D’autres arrestations auront lieu entre 18 et 22 heures ; monsieur Eugène LERICHE (74 ans), Louis LACOUR (60 ans), d’Etrépilly, qui était venu aider ses deux belles-filles dont les maris étaient mobilisés.

A 19 heures, les Boches pénètrent chez madame CHAVIGNY, boulangère, dont le mari était également mobilisé. Trouvant les beaux-parents de cette dame, monsieur JOURDAINE (73 ans) et le garçon boulanger, monsieur Louis ROY (48 ans), rejoignent LERICHE

Vers 21 heures, Monsieur et madame CROIX, sortant de leur cave, sont arrêtés. Les allemands leur expliquent qu’ils ont été trahis.

Madame CROIX est remise en liberté une demie-heure après, vers 21 h 30. Elle rentre chez elle accompagnée d’un soldat allemand qui lui donne l’ordre de passer la nuit sur un fauteuil, de fermer rideaux et persiennes. Elle passera la nuit ainsi sans nouvelle de son mari et en se demandant que va faire son geôlier.

A la même heure, deux soldats allemands pénètrent chez l’ancien boucher, monsieur FAVRE (73 ans), l’homme se couchait : avez- vous des hommes ici ? demande l’un des soldats à Mme FAVRE.

Celle-ci répond qu’elle a son mari et son petit fils René de 14 ans. Les soldats montent dans la chambre, font descendre monsieur FAVRE et le petit-fils, ils rejoignent ainsi que Mme FAVRE les autres prisonniers. Un des soldats pousse le jeune garçon contre le mur, il tombe à moitié assommé et s’écrie affolé : ‘Grand’mère, ne m’abandonne pas’, la grand’mère les larmes pleins les yeux est renvoyée violemment.

Ayant caché dans un bois deux chevaux, Paul LEBEL (65 ans), allait de temps à autre leur porter à boire. Ses allées et venues paraissaient suspects aux Allemands, il fut arrêté dans la soirée de mardi.

Peu de temps après, ce fut le tour de Paul DENIS ouvrier agricole, qui fut fait prisonnier, ayant eu le tort de répondre à un soldat qui lui affirmait que les Allemands seraient à Paris dans deux jours : « Ben, mon colon, tu n’y es pas encore ! ».

Messieurs MILLARDET, ouvrier peintre et COMBE (54  ans), quincaillier s’étaient réfugiés chez madame BARDEL, lorsque qu’à 22 h, un soldat allemand vient les chercher et les conduit dans la cour de Monsieur LERICHE

M. MILLARDET, âgé de 79 ans, ne peut marcher seul, il avance donc au bras de sa femme et en les voyant arriver, un soldat les sépare violemment. On la chasse de la cour.

La terreur règne dans le village, on s’attend à voir fusiller ces otages, on craint pour eux, on craint pour soi.

La rafle n’est pas finie : Messieurs TERRE (60 ans), coiffeur ; Eugène MENIL (64 ans) cultivateur ; Ernest VAPAILLE (64 ans), journalier vont rejoindre les autres otages.

Les Allemands s’en prennent également aux femmes…

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6 septembre 2014 6 06 /09 /septembre /2014 20:10

De tous les villages de l’arrondissement de Meaux qui ont subi l’invasion allemande, Varreddes est le village où l’ennemi a laissé les plus cruels souvenirs.

Début septembre 1914, l’armée franco-anglaise est en retraite depuis la frontière Belge. Depuis plusieurs jours, sur la route de Soissons, le village est traversé par des familles qui fuient le nord.

 bataille-Multien.jpg

Mardi 1er septembre :

L’artillerie française est sur les collines à gauche, celle des anglais à droite et les allemands pris entre les deux feux sont forcés de reculer et de fuir.

22h30 : La receveuse des postes reçoit l’ordre de quitter Varreddes, après avoir rendu les appareils inutilisables.

La nouvelle se répand très vite, et malgré l’heure tardive, c’est la panique dans le village. Chacun rassemble à la hâte ce qu’ils ont de plus précieux, on enterre le reste ; on lâche la basse-cour, barricade autant que faire se peut les maisons et prend la route direction le sud, jusqu’aux  frontières du Loiret.

Sur les 800 Varreddois, une centaine reste au village, dont une trentaine d’hommes

Environ  40.000  anglais qui reculent, arrivent à Varreddes, par la route de Soissons.

exode-2-copie-1.jpg 

Mercredi 2 septembre

Au dire des témoins, 40 000 de nos alliés passent ainsi dans la commune.

Dans la nuit du mercredi au jeudi 3, une partie des alliés se dirige sur Meaux, l’autre partie quitte Varreddes le jeudi matin, vers 5 heures dans la direction de Trilport.

La journée du jeudi et la nuit suivante se passent dans l’attente.

 Vendredi 4 septembre,

Vers 8 heures du matin des uhlans apparaissent, font le tour du village afin de s’assurer qu’il n’y a plus d’anglais et vers 9 heures, par la route de Barcy, le gros de l’armée allemande, (50000 hommes environ) envahit Varreddes. Ces hommes consacrent leur journée au pillage des maisons inhabitées.

 Samedi 5 septembre :

Les allemands quittent Varreddes le matin, une patrouille de cavaliers français les localise à l’ouest de Penchard.

5_septembre.jpg

varreddes-le-depart

12h 30, à Monthyon, c’est le début de la bataille, les premiers coups de canons de 77 sont tirés par les allemands sur l’artillerie française en train de se déployer.

Von Gronau donne l’ordre à ses divisions d’infanterie d’attaquer les Français et à sa D.C. de les déborder par le nord.

Les deux adversaires vont se disputer les lignes de crêtes qui suivent le cours de l’Ourcq.

                  Au sud, la brigade Marocaine refoule les Allemands mais ne parvient pas à s’emparer de la colline de Penchard.

Elle subit de grosses pertes en attaquant dans une plaine découverte, sous le feu de troupes allemandes qui occupent une position dominante, 19 officiers et 1150 hommes de troupe ont péri pour cette seule journée.

Cette brigade Marocaine composée de 4000 hommes répartis en 5 bataillons (qui comporte un certain lieutenant Juin, futur maréchal,) sera à l’issue de la bataille de la Marne, quasiment réduite à néant, seul 700 à 800 hommes seront encore valides.

  Au centre, la 55e division de réserve se lance à l’assaut des hauteurs de Monthyon en partant de la ligne Plessis-l’Evêque - Iverny – Villeroy, où le lieutenant Charles PEGUY servant dans le 276e régiment d’infanterie, est tué, d’une balle dans la tête alors qu’il refusait de se coucher sur le sol.

 Au nord, des combats se déroulent à Saint-Soupplets et les français ne parviennent pas à s’emparer de la localité.

Vers 14h, un avion français survole Varreddes et dans un virage, l’avion pique et vient s’écraser près du pont de la route de Soissons, à la Maladrerie.

Chute-avion-Varreddes.JPG

Les habitants courent vers le lieu du crash, mais cinq uhlans arrivés avant les Varreddois, les chassent.

Les malheureux aviateurs Français sont fouillés, dépouillés de leurs papiers, alors les villageois sont autorisés à relever les corps, les placer dans des cercueils pour les inhumer. 

La puissance de feu est tellement intense que les funérailles des aviateurs (le lieutenant Jean  et le sergent CAHEN), n’auront lieu que le lendemain au cimetière où ils reposent encore.

 Pendant qu’un convoi de soldats français prisonniers traverse le village, le curé FOSSIN malgré son âge, fait de son mieux pour soigner et apaiser les souffrances des soldats tant français qu’allemands qui se trouvent dans l’église transformée en ambulance.

Vers 18h, malgré leur succès, le général allemand VON GRONEAU ordonne à ses troupes de se replier sur Trocy, Etrépilly et Varreddes car il constate que les troupes françaises sont supérieures en nombre.

Vers 22h, Les allemands réinvestissent Varreddes.

 Dimanche 6 septembre : C’est l’offensive générale des armées françaises

6 septembre

A l’aube :

  La VIe armée relance l’offensive 


  Le 7e Corps d’Armée, attaque les crêtes du Multien 


  La 55e division de réserve s’empare de Monthyon 


  La brigade marocaine s’empare des collines de Penchard

 Vers Meaux, les Français s’emparent de Chambry, Barcy et Marcilly, mais les barrages d’artillerie allemande empêchent les troupes de progresser plus avant.

9h :

Le groupe de Lamaze atteint le front de Chambry - Barcy - Oissery.

En milieu de matinée :

VON LINSINGEN(2ème Corps d’Armée), engage la 3ème division sur la ligne Varreddes-Etrépilly et bloque le mouvement débordant par le nord que doit effectuer le 7ème Corps d’Armée français.

La bataille s’engage en avant  de Varreddes, elle ne se terminera que le 9.

Lundi 7

Dès 5 heures du matin, les bombardements recommencent, les obus tombent.

 Preau-Varreddes.jpg

Dans l’ambulance de l’église sont rassemblés les blessés légers où toute la journée le Père FOSSIN leur apporte soulagements et consolations.

D’autres ambulances sont établies dans Varreddes : dans la mairie, l’école, la cour et le préau sont bondés de blessés ; 44 allemands devaient y mourir et être enterrés dans le jardin. Un obus tombe sur cette dernière ambulance, tuant deux majors.

Les blessés trouvent refuge chez les habitants: 50 chez M. GUILLOUX, 60 chez Mme DUCLOS; 10 chez M. ULYSSE ; 10 chez le docteur TABARD ; l’école communale des filles est remplie de plusieurs centaines de blessés allemands qui sont soignés dans le village.

Cette bataille est tellement  violente que le Père FOSSIN curé, écrira dans ses notes : « Nous avons reçu une pluie de fer », l’église ne suffit plus pour recevoir les blessés et les morts. Le curé FOSSIN fait de son mieux pour soulager toutes ces souffrances.

Des batteries allemandes sont postées derrière le presbytère ; les canons anglais placés à Fublaines les prennent sous leur feu.

Quant aux morts, on ne peut en évaluer le nombre ; 135 seulement ont été enterrés sur la commune, les Allemands ayant dans la nuit relevés les autres.

Cette pluie de fer contraint les Allemands d’envisager la retraite. Du coup leur humeur change.

Jusque-là, ils n’avaient pas dépassé le stade d’envahisseurs brutaux ; mais leur échec les rend féroces.

Tout ce qui n’a pas encore été pillé ou saccagé l’est. Dans les maisons, toutes les victuailles sont mangées, le linge volé, les meubles détruits pour le plaisir. Tout est fouillé en vue de trouver de l’argent.

Ces soldats deviennent de vulgaires voleurs.

Un sous-officier entre dans la ferme de M. Eugène LERICHE, lui place son revolver sous le nez  et exige de l’avoine sous 10 minutes, si non il lui brûlera la cervelle. Le pauvre homme court dans le village, la solidarité fait qu’il trouve de l‘avoine.

Les habitants, qui se sont réfugiés dans les caves, en sont extraits et obligés de faire cuire des pommes de terre pour l’envahisseur.

Les batteries allemandes sont postées à la ‘Terre-qui-choit’, lieudit situé près du pont du canal, à la sortie de Varreddes direction Soissons.

D’autres canons sont en position jusqu’à Etrépilly, la grosse artillerie dans la côte du Gué-à-Tresmes ; des tranchées sont construites entre Varreddes et Etrépilly.

Pendant la lutte, la vie continue tout de même, M. Léon Leriche, cultivateur, descend dans sa cour des bottes de foin pour ses chevaux, une dizaine de soldats allemands le regardent faire lorsqu’un obus tombe au milieu du groupe, éclate, tue cinq ou six soldats et blesse légèrement le cultivateur.

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5 septembre 2014 5 05 /09 /septembre /2014 21:02

Les otages de Varreddes – Septembre 1914

 poilus.jpg

En cette période ou la France commémore le centenaire de la Grande Guerre, Je vais essayer de vous faire vivre la tragédie des Varreddois, dont les livres d’histoire ne parlent pas, rendant ainsi hommage, à ces hommes et ces femmes otages de la barbarie de la guerre.

Du 5 au 10 septembre 1914, au cours de la ‘bataille de l’Ourcq’, dénommée également ‘la bataille du Multien’, Varreddes est assurément le village où l’ennemi a laissé les souvenirs les plus cruels, marquant le village à tout jamais.

Cette page d’histoire de la commune comportera environ 20 textes, résumé en avant première d’une conférence qui aura lieu courant novembre.

Les sources et crédits photos seront mentionnés en fin de récit.

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L’ambiance à la veille de la Grande Guerre

 Dans la plupart des rues de Paris, en cette belle matinée du 3 août 1914, les drapeaux ornent les fenêtres.

Quelques boutiques portent un écriteau sur leur porte : « fermé pour cause de mobilisation, le propriétaire est aux armées ».

Les épiciers enlèvent de leur devanture ce qui peut rappeler l’Allemagne et l’Autriche : pain viennois, bière de Munich ; etc…

Quand passent les détachements de troupes, on s’arrête, on salue et aussitôt des cris :

« Vive la France ! », « On va reprendre notre revanche sur la défaite de 1870, reprendre les provinces d’Alsace et de Lorraine » ; « Nous serons rentrés à la saison des vendanges ! », etc, etc…

Ces anecdotes sont symptomatiques : la lutte contre l’ennemi unit les Français dans leur désir de vaincre.

C’est dans cette ambiance joyeuse que la Grande Guerre va commencer :

1560 jours de guerre qui coûteront, rien qu’à la France, 1 397 000 morts et 2 560 000 blessés.

 

La bataille de l’Ourcq : Contexte de la bataille

 Ourcq-copie-1.jpg

La bataille de l’Ourcq est un épisode de la bataille de la Marne qui met aux prises la VIe armée française composée de la brigade Marocaine, une partie de l’armée anglaise et la 1ère  armée allemande.

La bataille des frontières (du 20 au 24 août 1914) ayant échouée (Plus de 40.000 soldats français seront tués, sans compter les blessés, fera de ce mois d’août le plus meurtrier de toute la guerre de 14 avec plus de 80.000 tués), Joffre doit prescrire la retraite jusqu’au moment où l’occasion se présentera d’arrêter puis de refouler les armées allemandes.

Il constitue à sa gauche une masse importante qui tentera de déborder la droite allemande : c’est la VIe armée, sous le commandement du général MAUNOURY

Entre temps, les armées allemandes poursuivent leur marche inexorable (jusqu’à 40 km par jour), en particulier la 1ère armée allemande qui cherche depuis Mons à encercler les Anglais, mais ceux-ci se dérobent en traversant la Marne.

Au lieu de marcher sur Paris, comme le prévoit le plan Schlieffen, l’armée de von Kluck défile à l’est de Paris en talonnant l’armée anglaise, inconscient du danger que peut présenter pour le flanc de son armée une attaque venant de Paris. Il ne dispose d’ailleurs d’aucun renseignement sur l’importance des troupes qui stationnent dans la région parisienne.

Le Commandement suprême allemand (L’O.H.L. Obere Heeresleitung), consciente du danger, prescrit à von Kluck d’assurer la couverture des armées allemandes en restant en retrait d’une journée de marche par rapport aux autres armées.

Or, von Kluck est en avance d’une journée par rapport à son voisin, von Bülow. Il devra stationner deux journées, ce qu’il juge inacceptable, il poursuit sa route, enfreignant les ordres du commandement suprême.

Nota : Les sources et crédit photos seront mentionnés en fin du récit.

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27 août 2014 3 27 /08 /août /2014 21:01

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27 août 1944

 Les Américains libèrent Meaux.

 Les forces alliées, principalement les américains, arrivent par Villenoy le dimanche 27 août aux environs de 19 heures.

L’arrière-garde allemande avait déjà quitté la ville en direction de Trilport, si bien que Meaux est libérée sans combats notables.

A 20 heures tout est fini et les habitants peuvent fêter la libération de la ville en se rassemblant sur la place de l’Hôtel de Ville.

Le lendemain matin, les résistants sont convoqués par Paul Barennes qui lance un appel a calme à la population.

Dès le lundi 28 août, tout rentre dans l’ordre. Pendant la première semaine suivant la libération, des bals fleurissent un peu partout, chaque soir, dans les rues, grâce à des orchestres montés à la hâte.

Des bals sont donnés également dans les salons de l’Hôtel de Ville.

Pour la petite histoire, lors d’un de ces bals à l »Hôtel de Ville un jeune Américains, heureux, certainement amoureux des belles françaises, mai en tout cas bien ivre, est passé par la fenêtre du premier étage de la mairie et malheureusement en est décédé.

Aujourd’hui 27 août 2014, la ville de Meaux et ses habitants ont célébré cet anniversaire, avec de nombreux défilés dans les rues et une reconstitution au parc des Trinitaires.

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3 août 2014 7 03 /08 /août /2014 16:53

Mobilisation.jpg

 En ce 1er août 1914, les Varreddois sont aux champs, c’est la moisson… ils sont inquiets, les tensions diplomatiques s’accroient depuis le début de l’été, ils redoutent une entrée en guerre.

A Paris, le gouvernement français décrète la mobilisation générale. A 16 heures en plein travaux ils entendent la cloche de l’église qui frappe 1 coup à la seconde : c’est le tocsin*

Les hommes se rendent à la mairie pour découvrir l’affiche de l’ordre de « mobilisation générale», signé par Raymond Poincaré

Seules deux informations leurs apparaissent :

L’annonce de la mobilisation générale (on ne parle pas de guerre, elle sera déclarée le 3 août par l’Allemagne).

La date du premier jour de mobilisation : 2 août 1914

En 17 jours (du 2 au 18 août), la mobilisation comprenant le transport, l’habillement, l’équipement et l’armement, c’est plus de 3 millions de réservistes qui vont rejoindre les 800.000 soldats en service actif et ce sera 8.410.000 hommes mobilisés pendant toute la Grande Guerre.

Comment des millions d’hommes se sont-ils retrouvés sous l'uniforme en quelques jours et opérationnels en deux à trois semaines ?

Chaque homme possédait  chez lui - et gardait précieusement - son livret militaire. A l'intérieur se trouvait le fascicule de mobilisation, document de 4 pages.

Selon la couleur de la feuille de route chaque homme savait exactement ce qu’il devait faire une fois la mobilisation décrétée pour se rendre à la caserne :

Modèle A de couleur rose pour les hommes faisant usage du chemin de fer

Modèle A1 de couleur vert clair pour les hommes voyageant par voie de terre (à pied)

Modèle S, blanc rayé rouge pour les hommes employés temporairement à un service spécial et qui feront usage des voies ferrées pour se rendre sur le lieu de garnison.

Modèle S1, blanc rayé vert pour les hommes employés temporairement à un service spécial et qui feront usage des voies de terre pour se rendre sur le lieu de garnison.

Modèle Z, Blanc, hommes dont l’utilisation n’est pas prévue.

Ce système de feuille de route avait l’avantage d’organiser la mobilisation de manière simple, en évitant que tous les hommes arrivent en même temps ou qu’ils ne sachent que faire.

A peine un mois après cette mobilisation sans précédent, du 5 au 10 septembre 1914, au cours de la ‘bataille de l’Ourcq’, dénommée également ‘la bataille du Multien’, Varreddes sera le village où l’ennemi a laissé les souvenirs les plus cruels, marquant le village à tout jamais.

Nous en reparlerons dans de prochains articles.

Avant l’occupation par les allemands le 3 septembre 1914, le village avait déjà été occupé plusieurs fois au cours des siècles passés.

En 1652, les Lorrains vinrent à Varreddes au secours de la Fronde, ils pillèrent et brutalisèrent le curé, sa servante décèdera à la suite des sévices endurés.

En 1814, de nouveau la population est pillée, les femmes qui se cachaient dans les carrières sont violées.

Après 1918, la commune comptait 40 petites fermes, dans les années 1970, il n’en restait plus que 7 !

Les productions : lin, carotte, fromage étaient portées au marché de Meaux.

En 1950, le cheptel était d’environ 150 vaches, aujourd’hui il n’en reste plus. Les servitudes en sont la cause. Le travail d’affourager, de traire les vaches 2 fois par jour et cela tous les jours de l’année n’est pas rentable par rapport au temps passé.

Le blé, le tournesol ont en partie remplacé les betteraves à sucre … à cause des quotas ‼

Au début du siècle, on cultivait l’oseille (voir l’article du 17/3/11 : l’oseille à Varreddes). Elle partait à Paris par le canal de l’Ourcq. Un chemin de traverse porte encore le nom de ‘Chemin des bateaux’.

Désaffectées, aujourd’hui, les galeries des carrières ont servi de refuge aux habitants en 1914, les Allemands n’ont jamais pu trouver l’entrée de cette cachette.

 

 

 

* Tocsin semble provenir de la racine du mot tumulte et serait une déformation de touquesain, datant de 1379, l’orthographe actuelle date de 1611

Les premières utilisations du tocsin sous la forme actuelle dateraient des environs de 1570.

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7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 20:59

Toulon.jpg

 Le 19 décembre 1793 (29 frimaire), le général Dugommier reprend Toulon aux royalistes qui s’étaient accordés avec les Anglais fin Août.

Une délibération prise le 8 janvier 1794 trahit l’enthousiasme des officiers municipaux et des notables Varreddois qui avaient fait assaut de libéralités – vin, argent – envers les volontaires de la dernière levée de Meaux.

« Cejourd’huy dix neuf nivose Lan seconde de la republique française une et indivisible, nous officiers municipaux et conseil General y reunie et le commité de surveillance y joint avonts arretté nous trois corps dapres linvitation faite aux volontaire de notre commune de la dernière Réquisition caserné a Meaux de venir se joindre avec nous pour faire la fête en mémoire de la prise de toulons nous nous soumettions afournir chacun quarente sols et chacun deux bouteilles de vin pour régaler les volontaires avec nous en notre maison commune ledit jour vingt nivose.

Faites et arreté le jour et an que dessu et on signé tous lesdits membres.

Gaillet – moreau officier – Jean adam – Jeanpiettre officier – chibon officier – Debœuf  agent nationnal de la commune – andry – antoine Sandrin – Estienne piettre – Jean Denis Leriche – Jean Dominique Le duc – Arnoul Le Duc notable – Mathieu grapin – pierre Le duc – françois leriche – Etienne Piettre – françois miot – Jean Philippe Mesnil – BartheLemy hebuterne – Collinet.

Pour une fois les trois corps sont d’accord, cela ne va pas durer…

En février 1794, un litige s’élève entre les deux assemblées constituées du comité de surveillance et du district et la municipalité Varreddoise.

L’occasion en est fournie par l’abstention de Nicolas Vincent Palteau dont on connait la dramatique défense au domicile paternel (2 septembre 1793).

Le comité de surveillance du District remplit ses fonctions avec zèle. La lettre qui suit en donne la preuve.

 Extrait de la lettre du comité de surveillance a la municipalité du 1er Vantose (an II) (19 février 1794).

Cejourd hui Premier vantose an seconde de la republique française une et indivisible. Les membres composant le comité de surveillance Assemblées aux lieux ordinaire de leurs séance, Plusieurs membres se sont plaint que nicolas Vincent Plateau dans la liste des citoyens en état de porter les armes, Sur quoy ayant déliberé il a été arretté a la pluralité quil seroit écrit à la municipalité pour quil soit tenu de rendre compte des motifs quil lont empeché dinscrire ledit Plateau sur la liste des citoyens en état de porter les armes sous huitaine et par écrit faite et arreté le jour et an que dessu – Signé : Piettre Greffier.

Mais les municipaux de Varreddes jugent que l’inquisition du district va trop loin. Il faut croire que le ton de la lettre que vous venez de lire les ait vexés pour qu’ils répondent aussi vertement qu’on va le voir…

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16 juin 2014 1 16 /06 /juin /2014 14:00

moulins échelle 4

Les moulins de l'échelles détruits en 1930

« La principale curiosité de Meaux, après la cathédrale,  était sans conteste le groupe de ses vieux moulins, construits sur pilotis, en travers de la Marne, sur un de des flancs du pont qui réunit la ville au Marché.

Dès la plus haute antiquité, les chartes attestent à cet endroit l’existence de moulins.

Au XVIe siècle, lors des troubles religieux dont Meaux fut le théâtre, les moulins du pont brûlèrent le novembre 1567.

Les moulins d’aval qui étaient analogues à ceux du pont ont été détruits par un incendie au mois d’aout 1843.

Date funeste, dans la nuit du 16 au 17 juin 1920, les vieux moulins qui avaient échappé à cinq ans de vicissitudes inouïes, aux bombes qui avaient détruit des villes entières pendant la Grande Guerre, et en quelques heures, en pleine paix, ils ont péri, sans qu’on pût rien faire pour les sauver »

(George Gassies, article du Publicateur de l’arrondissement de Meaux du 19 juin 1920

moulins 5

Incendie de 1920

moulins 6

Après l'incendie de 1920

moulins 9

Reste des piliers (photo 2004)

 

 



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1 juin 2014 7 01 /06 /juin /2014 22:19

Bar à Brie 4
La récente création d’un bar à brie à Paris au sein de l’hôtel Renaissance (groupe Marriott) au 36 avenue de Wagram à Paris a incité la Confrérie du Brie de Meaux à prendre contact avec ce grand hôtel.

Les félicitant d’avoir accepté l’idée d’une de leur jeune collaboratrice Seine-et-Marnaise Cécile Jacques mixologue de métier c'est-à-dire élaboratrice de cocktails) de créer un tel bar, la proposition d’organiser un chapitre avec intronisations a vite surgi.

Mercredi 28 mai 2014 au bar à bries, 14 confrères et consœurs participaient ainsi à ce chapitre où furent intronisés :

Cécile Jacques évidemment, Gaston Bernard directeur ventes et marketing de l’hôtel Renaissance, Jennifer Pétré attaché de presse,  Stéphane Méjanès journaliste free lance correspondant de  revues et journaux scandinaves car il parle le Norvégien, le Suédois et l’Islandais, et France Dabadie journaliste gastronomique pour plusieurs revues spécialisées (de gauche à droite sur la photo ci-jointe).

Ces nouveaux chevaliers ravis de déguster brie et Givry se sont engagés à promouvoir et défendre le Brie de Meaux, le vrai AOP au lait cru,  en France et à l’étranger où ce fromage est très connu mais trop souvent confondu avec le Brie – tout court – fromage pasteurisé au goût bien éloigné.

La soirée s’est terminée autour d’une bonne table avec notamment la dégustation de différents bries, de Meaux bien sûr, de Melun, aux truffes, à l’ail, à la moutarde. Bref, de quoi agrémenter et faire connaître aux nombreux clients – beaucoup d’Américains – de ce bar à brie de la capitale les différents bries et les différentes manières de les accommoder.

Pourquoi pas un tel bar à bries dans la capitale briarde ?

BAR à BRIE 5

Les Confrères et le Cep Henti IV

BAR à BRIE 11

Les nouveuax Chevaliers

Bar à Brie 16

Cours de prépartion d'une lichette

BAR à BRIE 17

Retour en métro après une agréable soirée

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19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 21:39

 aquaplume

 

La collaboration entre Christine DE COENE,  aquarelliste et Christian DELAHAUT, dessinateur à la plume, aujourd’hui dans sa cinquième année d’existence est née d’une rencontre fortuite ou le hasard fait parfois bien les choses.

Profitant de l’organisation d’exposition dans le cadre « d’Eclats d’Art » par la ville de Meaux, les deux artistes ont confronté à la fois leurs idées et leurs techniques dans les domaines de la peinture et du dessin.

Habitants l’un et l’autre Nanteuil et Meaux, tout était réuni chemin faisant, pour concrétiser une première exposition en 2010, à la galerie des Arts, aujourd’hui Espace Culturel Charles Beauchart ; sur ce thème : Pigeonniers et Clochers en Seine et Marne.

Les deux visions se complétaient dans une même harmonie, aquarelle légère dans des tonalités de vert, jaune et brun et les nuances de la plume en sépia à travers les détails d’architecture des paysages ainsi représentés.

Après plusieurs confrontations sur des thèmes Seine et Marnais, il ne restait plus qu’à joindre leurs deux techniques dans un même tableau. Cette expression technique en « aquaplume » devient ainsi leur support commun tous les deux ans, tout en reprenant leur liberté d’expression individuelle une sur deux.

L’œil, du visiteur n’est ainsi plus seul à regarder deux sujets, mais apprécier en un seul angle visuel un tableau reconstitué, ce vendredi 11 avril 2014

Le temps leur a donné raison en espérant que le bonheur de cette collaboration se retrouve dans leurs œuvres.

Les expositions :

2010 : Les clochers du pays de Meaux et les pigeonniers de Sein et Marne

2011 : Les lavoirs de Seine et Marne

2012 : les ponts et les passerelles de Seine et Marne

2013 : reprise des 4 thèmes en duo d’où le thème « aquaplume »

 

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7 mai 2014 3 07 /05 /mai /2014 21:27

 

Sansculottes

Tous les moyens sont bons pour ne pas être volontaire. Voici un cas de défaillance vis-à-vis de la loi de recrutement.

François Jarry, malade, puis convalescent, enfin guéri, ne se hâte guère de rejoindre les drapeaux.

Il ne faut rien moins que la menace d’une dénonciation au Comité Révolutionnaire pour l’y décider.

An II, 3 messidor (21 juin 1794). Un réquisitoire sera donné au citoyen François Jarry, volontaire de la première Réquisition resté trois mois dans la commune « en convalaissance ». Il est requis de partir le 6 messidor « à Meaux au commissaire de guerre pour quil luy donne sa Route pour aller joindre la Bataillon qui luy sera désigné ». (18 signatures).

 Trois semaines après :

« Au nom de La Loy nous Requerons Le citoyen françoisn Jary pour la seconde fois de Rejoindre Les Drapeaux sous vingt quatre heures du Reçu du présent Etant En Etat de Rejoindre. Fautte dy satisfaire il sera Denoncé au comité Revolutionnaire faite et arretté en La maison commune Le vingt six mesidor Lan deux de Lere republicaine par nous maire et officiers Municipaux.

Duval maire – jean mesnil officier – grapin officier.

Chef officier – Debœuf a N. de la commune

 Un an après.

10 fructidor, an II (27 août 1795). Les citoyens Sénégat, Brigadier de Gendarmerie, et Piron, commissaire, viennent à Varreddes pour faire exécuter la loi du 10 thermidor à l’effet de faire rejoindre les militaires qui ont quitté leur corps pour rentrer dans l’intérieur de la République

Ordre à la municipalité de faire partir dans les 6 jours Alexandre Victor Adam – Isodore Denis – François Jary – sinon, la commune devra fournir un remplaçant par un militaire non parti. (4 signatures)

 C’est au livre de Greffe (disloqué par les manipulations) que les Varreddois du XXe ; siècle doivent ces précisions parfois émouvantes.

C’est encore lui qui va nous apprendre certaines réjouissances populaires…

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Published by Pierre - dans Varreddes
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