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25 février 2021 4 25 /02 /février /2021 23:55

La déclaration de guerre : Le 19 juillet 1870, la France mobilise 265 000 hommes, sur un front de 265 km, de Thionville à Bâle.

La Prusse et ses alliés d’Allemagne du sud alignent près de 600 000 hommes.

Les trois armées placées sous le commandement du comte Helmuth von Moltke (que l’on retrouvera en 1914), remarquable stratège.

Six semaines de guerre : Dès le 6 août, une armée française est battues à Forbach et perd la lorraine. Le même jour, le maréchal Mac-Mahon est battu à Froeschwiller-Woert et perd l’Alsace en dépit de la charge héroïque des cuirassiers à Reichshoffen. Le maréchal Bazaine, nouveau commandant en chef, se laisse enfermer dans Metz. L’empereur (affaibli par la maladie), rejoint le maréchal Mac-Mahon au camp retranché de Châlon et tente de secourir Bazaine, mais ils doivent finalement rendre les armes à Sedan le 2 septembre 1870.

La défaite est principalement due au haut commandement en général, qui s’est montré indécis et défaillant tout au long des six semaines. Les soldats eux, n’ont pas failli avec leur Chassepot qui était plus précis, plus rapide et de plus longue portée que le fusil prussien Dreyse, toutefois les français avec leurs canons en bronze se chargeant par la bouche étaient désuets en comparaisons des nouveaux canons Krupp en acier, avec chargement par la culasse.

Cette capitulation entraine la chute du régime et la proclamation de la République….

Proclamation de la République

Le 4 septembre, à Lyon et à Paris, à l’annonce du désastre, les opposants proclament la République. Le Gouvernement de la Défense Nationale, qui s’est saisi du pouvoir, décide de relancer la guerre quand il comprend, à l’issue de l’entrevue secrète de Ferrières que les Allemands projettent d’annexer l’Alsace et une partie de la Lorraine.

L’entrevue secrète de Ferrières

Deux semaines après le renversement de Napoléon III et la proclamation de la République et après avoir obtenu à Sedan la capitulation d'une armée française, les 19 et 20 septembre 1870, Jules Favre, ministre français des Affaires étrangères et Otto Von Bismarck le chancelier allemand se rencontrent secrètement au château de Ferrières-en-Brie, (près de Meaux), en vue de concilier leurs points de vue sur le traité de paix qui devra mettre fin à la guerre franco-prussienne déclenchée deux mois plus tôt, le 19 juillet 1870.

Cette rencontre débouche sur un échec et va tragiquement relancer la guerre et inaugurer 75 ans de haine entre la France et l'Allemagne...

La guerre est relancée

Réussissant à lever plus de 600 000hommes, Léon Gambetta organise à Tours une armée de la Loire en vue de mener une « guerre à outrance ». Sa folle entreprise suscite le ralliement de Garibaldi et même des « zouaves pontificaux », des jeunes gens, sans uniforme constituent des unités de francs-tireurs et s’en prennent aux arrières des troupes allemandes (en cas de capture, ils sont immédiatement fusillés).

Par manque d’encadrement (officiers), de matériel, le peu d’intérêts des hommes pour cette guerre absurde et par la capitulation de Bazaine, plus soucieux de « défendre l’ordre social contre les mauvaises passions » que la patrie en danger, les efforts de Gambetta ne parviennent pas à emporter des victoires.

Le siège de Paris

Affamés par un siège impitoyable de cinq mois, durant l’hiver 1870-1871, les Parisiens tentent dans un effort désespéré et suicidaire une « sortie torrentielle » à Buzenval, le 20 janvier 1871.

D’humiliation en humiliation.

Le 18 janvier, toute l’aristocratie l’Allemagne proclame l’Empire dans la galerie des glaces de Versailles et dix jours plus tard, le 28 janvier, l’armistice est signé par Jules Favre pour quatre semaines, le temps d’élire une nouvelle assemblée car Bismarck veut que le traité de paix soit avalisé par un gouvernement légitime.

Dans un ultime acte d’héroïsme, le colonel Denfert-Rochereau, gouverneur de Belfort, sur ordre d’Adolphe Thiers, rend les armes après 103 jours de siège.

Le 1er mars 1871, les vainqueurs défilent dans la capitale endeuillée et silencieuse.

Abandonnés par le nouveau gouvernement, saturés d’humiliations, des Parisiens proclament une Commune insurrectionnelle.

Le traité de Francfort.

Le 10 mai 1871 à Francfort-sur-le-Main, consacre la victoire allemande et entraine de ce fait l’annexion par le Reich de l’Alsace (excepté le Territoire de Belfort) et d’une grande partie de la Lorraine (qui sera récupérée qu’en 1918).

La France doit également supporter l’occupation d’un bon tiers de son territoire jusqu’à ce que le total du paiement d’une indemnité de 5 milliards de francs-or, soit réglée. Ce sera chose faite en septembre 1873 avec 6 mois d’avance sur les échéances convenues. ...  (à suivre)

Sources : les amis d’Hérodote, Wikipédia,

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18 février 2021 4 18 /02 /février /2021 17:23
Statue du Lion de Belfort de Bartholdi. Long 22 m - Haut 11 m

Il y a 150 ans, le 18 février 1871, après un siège de 103 jours, le colonel Denfert-Rochereau quitte Belfort pour Grenoble et l’armée prussienne prend possession de la ville.

Le 150e anniversaire de la guerre franco-prussienne de 1870-1871 a provoqué peu d’écho au plan national. Pourtant, ce conflit de courte durée entre juillet 1870 et janvier 1871 (6 mois) a profondément marqué les hommes et les femmes de l’époque.

Je vous propose en quelques articles de revenir sur ce fait militaire majeur.

Pour la première fois l’Allemagne met en œuvre une artillerie moderne.

La perte de l’Alsace -Lorraine fut vécue comme une défaite humiliante et a nourri un contentieux franco-allemand de 75 ans et les deux conflits mondiaux du XXe siècle.

Le bilan humain (alourdi par les épidémies) et matériel de cette guerre est lourd au regard de sa brièveté : 51 000 morts côté allemand et 139 000 morts côté français.

La mémoire de ceux qui ont donné leur vie méritent de les sortir de l’oublie et selon la devise des vétérans : « Oublier, jamais ! ».

Le contexte.

La guerre franco-allemande s’inscrit dans le contexte troublé du XIXe siècle où les aspirations nationales des peuples s’exprimèrent sans toujours aboutir à la création d’un État-nation.

Napoléon III

 

 

 

 

En France, Napoléon III, devenu empereur des Français en 1852, souhait un remaniement de la carte de l’Europe. Selon lui, les mouvements nationaux étaient un facteur d’instabilité qu’il fallait canaliser pour permettre l’avènement d’une Europe nouvelle, rééquilibrée, pacifiée par le respect du principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et de la souveraineté nationale.

 

 

 

Otto Von Bismarck

 

 

 

 

 

Tout autre était la vision d’Otto Von Bismarck, ministre-président de Prusse, qui issu de la noblesse terrienne, était conservateur. Selon sa formule : « l’Allemagne ne s’intéresse pas au libéralisme de la Prusse mais à sa force (…). La Prusse doit rassembler ses forces et les tenir en réserve pour un moment favorable qu’on a déjà laissé passer plusieurs fois. Depuis les traités de Viennes, nos frontières ne sont pas favorables au développement de notre État. Ce n’est pas par des discours et des votes de majorité que les grandes questions seront résolues, comme on l’a cru en 1848, mais par le fer et le sang ».

 

 

 

 

 

 

Manipulation diplomatique et politicienne.

La France et l’Allemagne, qui éprouvait jusque-là de la sympathie l’une pour l’autre, vont désormais se percevoir comme des « ennemies héréditaires ».

Le drame qui confronte deux personnalités contraires :

  • Le chancelier allemand Otto Von Bismarck, un géant voué tout entier à la gloire de la Prusse et
  • Napoléon III, autocrate pétri de bons sentiments et que révulse un champ de bataille.

Guillaume Frédéric Louis de Hohenzllerm (1797-1888), septième roi de Prusse de 1861 à 1888 et le 1er empereur allemand de 1871à1888 sous le nom de Guillaume 1er.

Dès le début de son règne comme roi, il appelle au pouvoir l’ultra-conservateur Otto Von Bismarck. Le chancelier comprends qu’il ne pourrait agrandir la Prusse qu’à la condition de neutraliser l’Autriche et la France et va donc les attaquer l’une après l’autre.

L’Autriche est défaite à Sadowa en 1886 et laisse ainsi les mains libres à l’Allemagne. Bismarck peut ainsi constituer une Confédération de l’Allemagne du Nord (21 états). Le chancelier aspire à achever l’unité allemande en rassemblant le nord et le sud dans une guerre contre la France.

La France juste avant le conflit. La France a l’apparence d’une grande nation, mais son armée est usée par les épopées coloniales et pas en état de soutenir une guerre moderne.

Napoléon III conscient du problème, entreprend une grande réforme de l’armée en 1868. Avec son ministre de la Guerre (le maréchal Alphonse Niel), qui institue la garde mobile et dote les fantassins du nouveau fusil le « Chassepot » (Niel mourra avant d’avoir terminé sa réforme).

Le 8 mai 1870, un référendum offre un éclatant satisfecit au régime impérial.

Le chancelier convint les États d’Allemagne du sud de s’unir avec la Prusse pour combattre l’ennemi commun : la France. 

La dépêche d’Ems : le motif du déclenchement

La dépêche d'Ems est un imbroglio diplomatique mineur, réglé à l’amiable (la candidature d’un prince allemand au trône d’Espagne, retirée à la demande de la France), transformé en un camouflet insupportable pour les dirigeants français de l’empire.

Il s'agit principalement d'un télégramme officiel envoyé le 13 juillet 1870 par le chancelier Otto von Bismarck à toutes les ambassades, en s'inspirant d'un article publié la veille par le Deutsche Allgemeine Zeitung sur un très court dialogue entre le roi de Prusse Guillaume Ier et l’ambassadeur de France à Berlin, qui servi de prétexte pour engager la guerre franco-allemande de 1870.... (à suivre)

 

Sources : les amis d’Hérodote, Wikipédia

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13 février 2021 6 13 /02 /février /2021 17:15

Premier ministre du 1er Gouvernement de Georges Pompidou du 20 juin 1969 au 05 juillet 1972.

Jacques Chaban-Delmas

Georges Pompidou ne croyait qu’aux germinations lentes (…). J’étais, je suis tout autre. Je me refuse aux fatalités. Je pense que l’homme est maître de son destin, qu’il doit s’affirmer comme tel.

Fervent soutien du général De Gaulle, Jacques Chaban-Delmas (Jacques Delmas, dit), très impliqué dans la Résistance, s'ancre à Bordeaux dont il fut le maire pendant quarante-huit ans. Sa carrière politique traverse toute la seconde moitié du XXe siècle (16 ans président de l’Assemblée nationale, Premier ministre du président Georges Pompidou de 1969 à 1972).

 

Jacques Delmas est né le 7 mars 1915 à Paris. En 1933, après son baccalauréat, il entre au quotidien l'Information tout en poursuivant ses études. Diplômé de l’École libre des sciences politiques en 1937, licencié en droit en 1938, titulaire de deux diplômes d'études supérieures, (l'un en économie politique, l'autre en droit public), il sort major de sa promotion à l'école militaire de Saint-Cyr en 1939.

 

Après la défaite de juin 1940, il veut rejoindre la France libre mais ses contacts l’orientent vers la Résistance intérieure. Travaillant au ministère de la Production industrielle, il participe au réseau de renseignement "Hector". Pour mieux servir la Résistance, il entre à l’Inspection générale des finances en 1943 et poursuit son ascension dans la Résistance sous le nom de "Lakanal" puis "Chaban".  Très impliqué dans les opérations de préparation de soutien de la Résistance au débarquement, il joue un rôle central lors de la libération de Paris.

 

A 29 ans, en 1944, il est plus jeune général de brigade de l’armée française depuis le Premier empire, il est élevé à la dignité de compagnon de la Libération. Après la guerre, en 1946, il est élu Député de la Gironde (Parti radical), puis maire de Bordeaux pendant 48 ans, d’octobre 1947 à juin 1995, ce qui lui vaut le surnom de "duc d’Aquitaine’. Dans le gouvernement Mendès France (1954), Il devient ministre des Travaux publics, des Transports et du Tourisme.

 

Il sera ministre d'État chargé des Anciens combattants dans le gouvernement Mollet (1956) et ministre de la Défense nationale et des Forces armées dans le gouvernement Gaillard (1957). C’est un sportif de haut niveau : international de rugby et champion de France de tennis.

Gaulliste, Il participe à la fondation du RPF en 1947, puis à celle de l’UNR. Présidant de l’Assemblée nationale de 1958 à 1969, puis d’avril 1978 à mai 1981 et d’avril 1986 à juin 1988. En 1959, il propose une lecture de la nouvelle Constitution qui distinguerait un "domaine réservé" du président de la République (Défense, Affaires étrangères), de la question des affaires intérieures, prises en main par le Premier ministre.

 

JACQUES CHABAN-DELMAS À L'HÔTEL DE MATIGNON :

Jacques Chaban-Delmas présida l'Assemblée nationale à trois reprises, il sera nommé Président d’honneur de l’Assemblée nationale en 1996). Georges Pompidou, élu à la présidence de la République, le nomme Premier ministre (juin 1969 à juillet 1972). Avec Chaban-Delmas, c’est l’ouverture dans la continuité et, pour Georges Pompidou, il s’agit à la fois de la caution des gaullistes historiques (les "gaullistes de guerre") et d’une certaine ouverture à gauche. En effet, Chaban-Delmas ne veut pas être dans un "camp".

Le Premier ministre a une excellente connaissance du milieu parlementaire et le souci de la préservation des droits du Parlement afin d’équilibrer la République gaullienne. Sur le plan social, les grandes lois de l’ère Chaban-Delmas procèdent d’une certaine vision de la société qui souhaite substituer une organisation contractuelle à une situation conflictuelle.

Parmi ses grandes réformes, la mensualisation des salaires pour tous, qui met fin à la distinction entre les employés payés au mois et les ouvriers payés à l’heure ou au rendement. Le Smic remplace le Smig. Le Premier ministre fait également voter la loi du 16 juillet 1971 garantissant à tout salarié l’accès à la formation, assorti d’un droit au congé-formation.

La réforme de la loi de 1950 sur les conventions collectives, menée par le ministre du Travail Joseph Fontanet, ouvre des possibilités nouvelles en matière sociale. Jacques Chaban-Delmas fait voter, en 1970, une loi qui institue l'autorité parentale partagée entre le père et la mère (auparavant seule l'autorité paternelle était reconnue).

Les divergences entre le Premier ministre et le Président s’accumulent. En délicatesse avec la thématique de la nouvelle société, et en désaccord courtois sur la nature de l’équilibre des pouvoirs entre les deux têtes de l’exécutif, Jacques Chaban-Delmas est invité à démissionner par Georges Pompidou en juillet 1972.

 

LES PRINCIPALES LOIS DU GOUVERNEMENT CHABAN-DELMAS

  • Loi portant création du Smic (janvier 1970)
  • Loi Hoguet réglant les rapports entre bailleurs et locataires (activités commerciales)
  • Loi relative à l'autorité parentale (4 juin 1970)

L'APRÈS-MATIGNON :

A la mort de Georges Pompidou, Chaban-Delmas se présente à l’élection présidentielle de 1974. Avec 15,1% des suffrages, il n’arrive qu’en troisième position après François Mitterrand et Valéry Giscard d'Estaing. Il conserve ses mandats en Aquitaine (président du conseil régional, maire de Bordeaux) ; Jacques Chaban-Delmas est de nouveau élu président de l’Assemblée nationale de 1978 à 1981 et de 1986 à 1988. En juin 1995, il décide de ne pas se représenter à la mairie de Bordeaux et cède sa place à Alain Juppé. Il décède le 10 novembre 2000 à l'âge de 85 ans.


 Sources : Gouv.fr    Suite : Pierre Mesmer

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7 février 2021 7 07 /02 /février /2021 22:43

Le référendum du 27 avril 1969 rejeté par 52,41% de ‘non’, Charles de Gaulle démissionne de la présidence de la République, le gouvernement reste en place durant l'intérim d'Alain Poher du 28 avril au 20 juin 1969.

Maurice Couve de Murville présente la démission de son gouvernement après l'élection présidentielle de Georges Pompidou en juin 1969.

Portrait officiel de Georges Pompidou

2ème Président de la Vème République. Il succède au Général de Gaulle le 19 juin 1969. Il décéde en cours de mandat le 2 avril 1974.

Georges Pompidou est né le 5 juillet 1911 à Montboudif village d'Auvergne de parents instituteurs.

Le futur Président fit ses études à Albi jusqu'au baccalauréat, obtenant un premier prix au concours général de version grecque. Il restera très attaché au pays d'origine de sa famille et se référera constamment aux valeurs de l'école républicaine : "droiture et travail ; respect du mérite et des vertus de l'esprit".

Il vint ensuite préparer l'École Normale Supérieure au Lycée Louis-le-Grand à Paris et réussit le concours en 1931. Premier à l'agrégation des lettres en 1934 et diplômé de l'École libre des Sciences Politiques, il enseignera trois ans à Marseille puis à Paris.

Georges Pompidou a été pendant près de vingt-cinq ans un collaborateur très proche du Général de Gaulle. Il est entré dans l'histoire de France en devenant son Premier ministre durant plus de six ans et en lui succédant à la présidence de la République pendant cinq ans.

En avril 1969 le projet de régionalisation et de réforme du Sénat rejeté par le peuple français, une nouvelle élection présidentielle s'ouvrit le 15 juin 1969.

Georges Pompidou fut élu au deuxième tour avec plus de 11 millions de voix (58,2 % des suffrages exprimés) contre moins de 8 millions à Alain Poher (Président du Sénat, ayant assuré l’intérim après le départ du général de Gaulle).

Après cette élection la Constitution resta appliquée : la prééminence du Président de la République fut confirmée. Une majorité présidentielle se dessine, marquant un nouveau mode de coopération entre le Gouvernement et le Parlement.

La politique internationale a toujours été la première des responsabilités des chefs d'État de la Ve République.

L'Europe étant en crise elle ne progresse plus ; le Marché commun agricole risquait de régresser faute de financement.

Georges Pompidou' convaincu que la prospérité de notre pays et la possibilité pour la France de continuer à jouer un rôle dans le monde dépendaient de la réussite de l'Europe. Il renoue la négociation avec le Premier ministre britannique Edward Heath fervent européen lui aussi.

En décembre 1969 il suscite, le sommet européen de La Haye qui rétablit la concorde entre les six membres fondateurs de la Communauté Européenne.

Il définit les conditions de la négociation avec la Grande-Bretagne, amorce l'Union Économique et Monétaire et ébauche une coopération politique destinée à déboucher sur l'Union Politique inscrite par les négociateurs dans leurs conclusions.

A Paris, les 20 et 21 mai 1971, Georges Pompidou et Edward Heath t annoncent leur accord sur les conditions de l'élargissement (confirmé par la signature du Traité le 22 janvier 1972 et le référendum du 23 avril 1972).

L'Europe peut ainsi repartir de l'avant et l'entente franco-allemande restant un fondement essentiel de notre politique extérieure et la base irremplaçable de la coopération européenne.

La réussite de l'Europe élargie nécessitant une bonne entente avec les dirigeants des États-Unis et de l'U.R.S.S., le Président de la République réserva aux États-Unis son premier voyage officiel à l'étranger en février-mars 1970.

La France n'a pas pour autant renoncé à son indépendance vis-à-vis des États-Unis, il rencontra à trois reprises le Président Richard Nixon, notamment en décembre 1971 aux Açores où ils fixèrent ensemble les grandes lignes d'une réorganisation monétaire mondiale (sans résultat durable).

Avec l'U. R.S.S. alors dirigée par Leonid Brejnev ainsi qu'avec les autres pays de l'Est des relations d’étroites s'établirent. Cinq rencontres eurent lieu, en cinq ans, entre Leonid Brejnev et Georges Pompidou.

La conférence sur la Sécurité et la Coopération en Europe à laquelle s'attacha Georges Pompidou dès septembre 1969, permit de commencer à sortir de l'emprise des deux grands blocs pour déboucher après la mort du Président Pompidou sur l'émancipation des États à leur égard.

Sous son mandat la France poursuivit sa coopération politique et économique avec tous les pays indépendants et en priorité avec ceux d'Afrique francophone.

Pour mener cette politique active avec des chances de succès Georges Pompidou privilégia la croissance dans la préparation du VIe Plan.

En cinq ans de 1968 à 1973, le volume de biens et services mis à la disposition des Français s'accrut de plus de 40 %, et l'industrie fournit chaque année près de 100 000 emplois supplémentaires.

Le nombre des très grandes entreprises et celui des établissements de taille moyenne restant cependant insuffisants comparés à ceux de nos principaux concurrents, il engage une politique pragmatique de regroupement et de restructuration ayant pour objet d'y remédier :

  • Quatre-cents kilomètres d'autoroutes supplémentaires furent mises en chantier
  • Chaque année le retard de notre réseau téléphonique commença à se résorber
  •  La décision de construire le premier T.G.V. Paris-Lyon fut prise et à la suite de la crise pétrolière'
  • Un vaste programme de construction de centrales électro-nucléaires fut lancé ce qui donna à la France une indépendance énergétique sensiblement supérieure à celle de ses voisins.

Cet effort d'équipement s'élargit à une grande partie de l'Europe.

A l'initiative de la France' un programme européen de lanceurs et satellites fut adopté en 1973 qui permet' aujourd'hui encore à l'Europe d'être la première sur le marché mondial.

 

Les fruits de la croissance permirent aussi d'améliorer le cadre de vie et d'offrir à chacun des chances accrues d'épanouissement personnel :

  • La crise du logement fut résorbée avec la construction chaque année de quelque 500.000 logements.
  • Le budget de l'Éducation nationale dépassa désormais celui de la Défense.
  • Un nouveau ministère celui de l'Environnement fut créé pour donner aux villes et aux campagnes de France un visage plus accueillant.
  • L'agriculture grâce aux débouchés du Marché commun et à une politique différenciée selon les régions maintint en vie la plus grande partie de la France rurale.
  • Et une politique ambitieuse de la Culture fut conduite symbolisée par le Centre qui porte aujourd'hui son nom.

En matière sociale un effort sans précédent fut mené pour diminuer les inégalités et réduire les injustices par la loi et la politique contractuelle de :

  • Mensualisation des ouvriers (nouvelle loi sur le salaire minimum)
  • Actionnariat des salariés, extension de la formation professionnelle accroissement et aménagement des retraites
  • Renouveau de la politique familiale et des aides personnelles au logement préparation d'une loi sur les handicapés.

Tout n'avait pas encore abouti à la fin d'un mandat présidentiel qui s'interrompit brutalement le 2 avril 1974 après quatre ans et neuf mois seulement.

Le bilan est néanmoins considérable et la France a été conduite jusqu'au dernier jour ‘avec fermeté et lucidité’ comme en ont témoigné ceux qui assistaient au dernier Conseil des ministres présidé par Georges Pompidou moins d'une semaine avant son décès.

Sources : Association Georges Pompidou, Archives nationales,

INA. Suite : Jacques Chaban-Delmas.

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2 février 2021 2 02 /02 /février /2021 22:26

Ce soir, le couvre-feu aura un air joyeux : on fête la Chandeleur en faisant sauter les crêpes de la main droite en tenant une pièce d’or dans la main gauche… pas de panique si l’on n’a pas de Louis d’or, une pièce de monnaie fera l’affaire et l’on connaîtra ainsi la prospérité pendant toute l’année… si la première atterrie dans la poêle.

D’où vient cette tradition et cette fête à l’origine païenne que l’église repris à son compte ?

D’origine latine, la « festa candelarum » (fête des chandelles) était célébrée par les Romains.

Dans la Rome antique, on fêtait les lupercales (ou Lupercalia), fête de purification, autour du 15 février, en l’honneur de Lupercus, dieu de la fécondité et des troupeaux. Vers la même date se déroulait les « feralia », fêtes annuelles en l’honneur des morts. Aux alentours de cette date, les romains à la lumière des torches et autour d’une galette de céréales célébraient Proserpine, déesse des moissons et de la fécondité. La fête chrétienne de la chandeleur c’est substitué à toutes fêtes païennes.

Il n’y a pas que les romains, qui fêtaient la Chandeleur, fête annonçant le printemps. Chez les Celtes, on fêtait Imbolc le 1er février, célébration de purification et de fertilité au sortir de l’hiver en l’honneur de la déesse Brigit. Les paysans portaient des flambeaux et parcouraient les champs en procession, priant la déesse de purifier la terre avant les semailles.

En Amérique du nord, une légende probablement d'origine amérindienne fait du 2 février le jour de la Marmotte (Ground Hog Day). À midi, ce jour-là, la marmotte sort de son terrier et inspecte les environs. Si elle aperçoit son ombre parce que le ciel est lumineux et clair, elle retourne vite se mettre à l'abri pour six à sept semaines, autrement dit jusqu'au printemps. Si elle ne voit pas son ombre parce que le ciel est trop couvert, c'est le signe d'une arrivée précoce du printemps.

En Europe, depuis l’Antiquité jusqu’au cœur du Moyen Âge, c’est l’ours qui fut l’objet d’un culte à la sortie de l’hiver. Ce culte à l’ours était célébré le 24 janvier, moment où l’ours sort de sa tanière pour voir si le temps est clément. Cette fête était caractérisée par des déguisements ou travestissements en ours et des simulacres de viols ou d’enlèvements de jeunes filles.

L’église catholique aurait donc instituée la fête de la Chandeleur pour éradiquer ce culte païen en instituant la fête de la présentation de Jésus au Temple le 2 février. Cela ne supprima pas pour autant le retour de la lumière lors de feux de joie et autres processions aux flambeaux. Pour en finir avec ces coutumes, le pape Gélasse 1er, aurait institué au Ve siècle la fête des chandelles (la Chandeleur) appelée du XIIe au XVIIIe siècle « Chandelours », dans les Alpes, les Pyrénées, les Ardennes et d’autres régions de France).

 

La fête chrétienne de la Chandeleur

Les parents du Christ se conformaient à la coutume hébraïque qui voulait que les premiers-nés fussent consacrés au Seigneur 40 jours après sa naissance.

La Chandeleur commémore le 2 février la Présentation de Jésus au Temple, à Jérusalem.

L'évangéliste Luc raconte qu'à cette occasion, un vieil homme, Syméon, et une prophétesse, Anne, reconnurent dans l'enfant l'Oint du Seigneur » (le Christ), la « Lumière d’Israël »

La Chandeleur est une des douze grandes fêtes liturgiques célébrées par les Églises orthodoxes, le 2 février, soit 40 jours après Noël.

La Chandeleur était en 1372, appelée « Purification de la Vierge Marie » car elle rappelait le rituel des relevailles consécutives à tout accouchement.

La fête de la Chandeleur, ou fête des chandelles, débutait à Rome, au VIIe siècle, par une procession du Forum à la basilique Sainte-Marie-Majeure. Les fidèles se mettaient en route avant l'aurore, en portant des chandelles, d'où le nom de la fête. Ils allaient de cette manière symbolique à la rencontre de Dieu.

La fête de la Chandeleur aujourd’hui.

Fini dans les églises où le temps des torches, remplacé par des chandelles bénites dont la lueur rappelle que le Christ est la lumière du monde.

Aujourd’hui on fête la lumière avec les crêpes. Leur forme ronde et leur couleur dorée rappellerait le Soleil enfin de retour après la nuit de l’hiver.

Cette tradition du jour des crêpes est attribuée au pape Gélase 1er, qui faisait distribuer des crêpes aux pèlerins arrivant à Rome, mais on peut y voir également la coutume des Vestales, qui lors des Lupercales faisaient l’offrande de gâteaux préparés avec le blé de l’ancienne récolte pour que la suivante soit bonne.

A cette occasion, toutes les bougies de la maison devaient être allumées.

A la Chandeleur :

  • A la Chandeleur, Quéré fait des crêpes jusqu’à pas d’heure
  • A la Chandeleur, Rose n’a pas l’odeur.
  • Rosée à la Chandeleur, l’hiver à sa dernière heure.
  • Si la Chandeleur pleure, l’hiver demeure.
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27 janvier 2021 3 27 /01 /janvier /2021 22:30

3ème Premier ministre sous la présidence de Charles de gaulle du 01/7/1968 au 20/6/1969.

Maurice Couve de Murville

Maurice Couve de Murville (…) a le don. Au milieu des problèmes qui se mêlent et des arguments qui s'enchevêtrent, il distingue aussitôt l'essentiel de l'accessoire, si bien qu'il est clair et précis dans des matières que les calculs rendent à l'envi obscures et confuses. Il a l'expérience, ayant, au cours d'une grande carrière, traité maintes questions du jour et connu beaucoup d'hommes en place. Il a l'assurance, certain qu'il est de demeurer longtemps au poste où je l'ai appelé. Il a la manière, habile à prendre contact en écoutant, observant, notant, puis excellant, au moment voulu, à formuler avec autorité la position dont il ne se départira plus. Il a la foi, persuadé que la France ne saurait durer qu'au premier rang. 

Charles de Gaulle Mémoires d’espoir

Fils de magistrat, Maurice Couve de Murville né le 24 janvier 1907 à Reims (Marne).

Il obtient un doctorat en droit et, est reçu premier au concours de l’Inspection des finances en 1930.

En 1940, il est l’un des représentants français à la commission d'armistice de Wiesbaden. En septembre 1940, il devient directeur des finances extérieures et des changes du régime de Vichy.

Muni d'un passeport diplomatique, il rejoint Alger en mars 1943, après le débarquement allié en Afrique du Nord.

Il rallie dans un premier temps le général Giraud, (rival du général de Gaulle), qui le nomme commissaire aux finances du Comité français de la libération nationale (CFLN) en juin 1943.

Maurice Couve de Murville se rapproche progressivement de De Gaulle.

Diplomate, Maurice Couve de Murville mène une carrière d'ambassadeur : En février 1945, il devient le représentant officiel du gouvernement français à Rome, ambassadeur de France au Caire (1950), chef de la délégation française à l'Otan (1954), puis ambassadeur à Washington (1955) et à Bonn (1957).

Ministre des Affaires étrangères de juin 1958 à mai 1968, Il conduit la politique étrangère de la France pendant dix ans, dans un lien privilégié avec de Gaulle, malgré les changements à Matignon.

Il est ensuite ministre de l'Économie et des Finances dans le dernier gouvernement de Georges Pompidou. 

 

Maurice Couve De Murville à l’Hôtel Matignon.

Selon Michel Droit, le président de Gaulle envisageait de nommer Couve de Murville à Matignon dès 1965.

Sa nomination en tant que Premier ministre intervient en juillet 1968, dans le contexte spécifique de l'après-mai 68. Succédant à Georges Pompidou il est le troisième Premier ministre de la Ve République.

Maurice Couve de Murville forme un des gouvernements les plus restreints de la Ve République. Il sera
l’un des principaux artisans de la construction européenne dans les années 1960 et de la mise en œuvre du marché commun. Il est également un partisan convaincu du rapprochement franco-allemand.

Le nouveau Premier ministre conserve pour l’essentiel la composition du gouvernement Pompidou. 


Tenter de refonder les institutions

Fidèle du général de Gaulle, doit mettre en œuvre les vastes réformes de politique intérieure qu’il avait à cœur : Réaliser la participation, réformer profondément le Sénat et réussir la régionalisation.

  • Le premier projet, précurseur, prévoit de transformer les régions en collectivités territoriales, dotées d’un conseil régional.
  • Le second prévoit la transformation du Sénat en chambre consultative fusionnant le Sénat et le Conseil économique et social. Dans ce projet, l'intérim du président de la République passerait du président du Sénat au Premier ministre.

Le 27 avril 1969, le texte est rejeté lors du référendum par 52,41 % de "non". Charles de Gaulle démissionne de la présidence de la République, le gouvernement reste en place durant l'intérim d'Alain Poher du 28 avril au 20 juin 1969.

Maurice Couve de Murville présente la démission de son gouvernement après l'élection présidentielle de juin 1969.

 

Les principales lois du gouvernement Couve de Murville :

  • Loi d’amnistie pour les faits relatifs à l’Algérie (1968)
  • Loi Edgar Faure d'orientation de l'enseignement supérieur (1968)
  • Loi sur l’exercice du droit syndical dans l’entreprise (1968)

 

L'APRÈS-MATIGNON

Il est battu à l'élection législative partielle d'octobre 1969 par le jeune Michel Rocard.

Maurice Couve de Murville est député UDR puis RPR de Paris (6e circonscription) de 1973 jusqu'en 1986, puis est sénateur jusqu'en 1995.

Il le président de la commission des affaires étrangères de l'Assemblée de1973 à 1981 et ne varie pas sur ses conceptions géopolitiques, soutenant le président Mitterrand dans ses oppositions à la course américaine aux armements durant les années 1980, désavouant la participation de la France à la guerre contre l’Irak en 1991.

Il décède le 24 décembre 1999, à l'âge de 92 ans.

Le président de la République Jacques Chirac déclare que "la diplomatie française prend le deuil", tandis que le Premier ministre Lionel Jospin salue "un acteur important de la vie diplomatique et politique".

 

Sources : Gouv.fr

Suite : Le Président Georges Pompidou

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20 janvier 2021 3 20 /01 /janvier /2021 16:50

 

Georges Pompidou (Assemblée Nationale)

2ème Premier ministre sous la présidence de Charles de Gaulle.

Il présida 4 gouvernements : 14/4/1962 au 28/11/1962 – 28/11/1962 au 8/1/1966 – 8/1/1966 au 1/4/1967 – 6/4/1967 au 10/7/1968.

 

Bien que son intelligence et sa culture le mettent à la hauteur de toutes les idées, il est porté par nature à considérer surtout le côté pratique des choses. Tout en révélant l’éclat dans l’action, le risque dans l’entreprise, l’audace dans l’autorité, il incline vers les attitudes prudentes et les démarches réservées, exerçant dans chaque cas à en embrasser les données et à dégager une issue. Charles de Gaulle (Mémoires d’espoir).

 

 Fils d'un couple d'instituteurs, Georges Pompidou est né le 5 juillet 1911 à Montboudif (Cantal), il incarne l’élévation par le mérite chère au modèle républicain français.

Il étudie d'abord à Toulouse puis au lycée Louis-le-Grand à Paris. En 1931, il intègre l'École normale supérieure puis est reçu premier à l'agrégation de lettres. Il débute alors une carrière de professeur de français, latin et grec au collège à Marseille, puis en hypokhâgne à Paris au lycée Henri-IV.

Chargé de mission au cabinet du général de Gaulle de 1944 à 1946, il devient progressivement l'homme de confiance.

Il est ensuite maître des requêtes au Conseil d’État. Il quitte ce poste pour être directeur général de la banque Rothschild.

Après l'élection présidentielle de Charles de Gaulle en 1958, il est nommé directeur de cabinet de ce dernier.

En mars 1959, il est nommé au Conseil constitutionnel où il siège jusqu'en 1962.

 

Georges Pompidou à l’Hôtel Matignon

Nommé Premier ministre en avril 1962 par le président Charles de Gaulle, Georges Pompidou, succède ainsi à Michel Debré et devra faire face aux évènements de mai 68 en négociant les Accords de Grenelle pour sortir de la crise.

Le premier gouvernement de Georges Pompidou intègre de nombreux non-parlementaires. Le reste du ministère se compose de parlementaires UNR (gaullistes), indépendants et de cinq MRP (centristes). Le nouveau Premier ministre fait clairement entendre qu’il souhaite apaiser les relations entre l’exécutif et le législatif.

La nomination d’un proche du chef de l’État, étranger à la politique et aux arcanes de la négociation parlementaire, marque la présidentialisation du régime. Le Premier ministre coordonne l’action des ministres, mais il le fait "sous la responsabilité du président de la République, qui dirige l’exécutif sans partage", expliquera le général de Gaulle.

Tout au long de son destin politique, Georges Pompidou défend la prééminence du président.
« L’unité de l’exécutif, ça veut dire la prééminence du président : le Premier ministre colle au président. Je pratique ce principe comme Premier ministre. Il faudra que le successeur du Général le pratique comme président ».

Georges Pompidou à Alain Peyrefitte, le 19 décembre 1964

Après l’échec de l’attentat du Petit-Clamart, le général de Gaulle propose aux Français un référendum sur l’élection du président de la République au suffrage universel.

L’Assemblée vote une motion de censure contre le gouvernement, mais le général maintient celui-ci et dissout l’Assemblée.

Engagé avec force dans la bataille du référendum, Georges Pompidou a changé de stature s’imposant, à l’Assemblée, comme un débatteur redoutable. A la télévision, sa ténacité et sa pugnacité ont impressionné les Français.

Le 28 octobre 1962, les Français approuvent largement la réforme constitutionnelle, à 61,75 %. Un mois plus tard, ils donnent un score historique de 32 % à l’UNR gaulliste.

Convaincu que le niveau de vie des Français est lié à la modernisation de l’appareil de production et à sa compétitivité, il entreprend la rénovation de l’industrie française.

Il met sur pied la politique d’aménagement du territoire de la France, avec l’organisation de la Délégation d’Aménagement du Territoire (Datar) confiée à Olivier Guichard, et la création du Fonds d’intervention pour l’aménagement du territoire.

Après la mise en ballottage du Général, en 1965, le Premier ministre est reconnu comme le véritable organisateur de la campagne du second tour et sera par la suite considéré comme l’héritier naturel du général de Gaulle.

Le quatrième gouvernement Pompidou est marqué par les événements de mai 1968. Lancé par les étudiants, le mouvement s'étend aux ouvriers qui se mettent en grève. A la mi-mai, sept millions de grévistes paralysent le pays (sur une population active de 20 millions 440 000 personnes, soit un taux jamais vu de 34 % des travailleurs).

Devant la crise de mai 1968, le Premier ministre semble un temps prendre la main, tous les matins, il préside une réunion de crise à Matignon. Il annonce la réouverture de la Sorbonne.

A l’origine des Accords de Grenelle, qui aboutissent à une augmentation du Smig de 35 %, et de 10 % en moyenne des salaires réels.

Les Accords prévoient aussi la création de la section syndicale d’entreprise, marquant une rupture décisive dans l’histoire sociale du pays.

Après la dissolution de l’Assemblée, l’immense succès du parti gaulliste aux élections apparaît comme celui du Premier ministre (L’UNR détient la majorité absolue).

Georges Pompidou bénéficie désormais d'un poids politique inédit pour un Premier ministre, difficilement compatible avec l’interprétation gaulliste de la Constitution de la Ve République.

De Gaulle l’invite publiquement à se tenir prêt pour "tout mandat que la nation pourrait un jour lui confier."

Un an après, la victoire des "non" au référendum sur la réforme du Sénat et la régionalisation provoque le départ immédiat du général de Gaulle.

 

Principales lois des gouvernements Pompidou

  • La réorganisation de l'Île-de-France avec l'éclatement des anciens départements de la Seine et de la Seine-et-Oise en sept nouveaux départements (loi appliquée en 1968)
  • Retrait de la France du commandement intégré de l'Otan (1966)
  • Création de l'Agence nationale pour l'emploi (1967)
  • Loi relative à l'exercice du droit syndical dans les entreprises
  • Loi Neuwirth qui autorise la fabrication et l'importation de contraceptifs oraux (1967-1969)

L’après Matignon

Georges Pompidou a été Premier ministre d'avril 1962 à juillet 1968, ce qui constitue un record de durée sous la Ve République

Le 15 juin 1969, Georges Pompidou est élu président de la République avec plus de 58 % des suffrages face à Alain Poher.

Il nomme Jacques Chaban-Delmas au poste de Premier ministre.

Gravement malade, souffrant de la maladie de Waldenström, diagnostiqué en 1969, le président Pompidou décéda au cours de son mandat le 2 avril 1974.

Il souhaita être inhumé à Orvilliers (Yvelines), sans discours ni gerbe, en parfaite simplicité.

Un hommage lui fut rendu par une journée de deuil national et une cérémonie à Notre-Dame de Paris, devant près d’une cinquantaine de chefs d’État et de gouvernement.

 

Sources : Gouv.fr

Suite : Maurice Couve de Murville

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10 janvier 2021 7 10 /01 /janvier /2021 17:00

Suite des articles ‘la Vème République’ (6-11-25 juil. 16-22-28 août. 5-20 sept. 8-26 oct. 9 nov.2020.)

Michel Debré, père de la Constitution de la Ve République.

1er ministre du 1er gouvernement de la Présidence de Charles de Gaulle,

du 8/1/1959 au 14/4/1962.

 

Comme il est bon que les idées et l’action du chef de l’État soient complétées, soutenues et même quelquefois compensées par une initiative, une capacité, une volonté autres que la sienne, il faut que le Premier ministre affirme sa personnalité. Michel Debré le fait vigoureusement. Charles de Gaulle (Mémoires d’espoir).

 

Né le 15 janvier 1912 à Paris, fils du professeur de médecine Robert Debré, Michel Debré est docteur en droit.

Reçu en 1934 au concours du Conseil d'État, dont il devient maître des requêtes et entre au cabinet du ministre des Finances Paul Reynaud, en novembre 1938.

Dès 1942, Miche Debré est actif dans la Résistance intérieure, il a notamment pour mission de préparer la désignation des futurs préfets de la Libération.

En 1945, Commissaire de la République, il est chargé de préparer une réforme de la Fonction publique qui se traduit notamment par la création de l’École nationale d’administration (ENA).
Fidèle du général de Gaulle, il participe à la fondation du RPF en 1947.

Sénateur d’Indre-et-Loire pendant dix ans, il s’oppose à la création de la Communauté européenne de défense.
Garde des Sceaux et ministre de la Justice en 1958, Michel Debré, il est le principal inspirateur, avec de Gaulle, de la nouvelle Constitution.

En janvier 1959, au lendemain de son élection à la présidence de la République, le général de Gaulle le nomme Premier ministre.

Michel Debré à l’Hôtel de Matignon

Premier ministre de janvier 1959 à avril 1962, il loge à Matignon avec sa famille, comme la plupart de ses successeurs sous la Ve République. La charge de Premier ministre exige, selon lui, d’être prêt à tout moment à faire face aux événements et à décider en conséquence".

Si le général de Gaulle conduit la politique extérieure de la France, secondé par deux proches aux Affaires étrangères et à la Défense, Michel Debré est en première ligne devant l’Assemblée pour défendre la nécessité de disposer d’un arsenal national de dissuasion nucléaire à travers une loi de programme.
Face à la crise algérienne, il fut un ardent défenseur de la présence française en Algérie.

Son sens de l'État et sa fidélité au général le poussent à accepter le principe d’un référendum sur l’autodétermination algérienne.

Son gouvernement est à l’origine, en 1961, du premier ministère de la Coopération.

Partisan de la promotion sociale par le mérite, il ouvre certaines filières de l’enseignement supérieur aux non-bacheliers. Il crée également un second concours d’entrée aux écoles d’ingénieurs, y compris Polytechnique et Centrale.

Il s'emploie à favoriser le maintien de la rémunération pour les travailleurs qui souhaitent suivre une formation complémentaire et assure un statut aux chercheurs et crée le Centre national d’études spatiales.

Après un débat souvent vif, il met fin à la querelle scolaire ‘privé-laïc’ en faisant voter une loi associant les établissements privés d’enseignement à l’État (427 voix contre 71).

Il met en application la réforme des centres hospitalo-universitaires inspirée par son père, réforme la Sécurité sociale en réorganisant les différentes caisses, et institue le conventionnement du tarif des médecins.

C’est à Michel Debré que revient l’initiative de la première loi Malraux, (1ère loi de programme de restauration des monuments historiques.)

Au terme de trois ans de fonction comme Premier ministre, Michel Debré passe le relais, et se trouve "placé en réserve" de la République.

Principales lois du gouvernement de Michel Debré :

Parmi les nombreuses réformes entreprises par Michel Debré, on peut noter :

  • La mise en œuvre du plan de redressement économique et financier dit "plan Rueff-Pinay" présenté en décembre 1958 ;
  • La loi dite loi Debré sur l'aide de l'État à l'enseignement privé (31 décembre 1959)
  • La loi sur l'aide de l'État à l'enseignement privé ;
  • L’introduction du nouveau franc le 1er janvier 1960 ;
  • La mise en place d'une nouvelle procédure budgétaire (qui perdurera jusqu'à l'introduction de la Lolf) ;
  • L'instauration de l'impôt unique sur le revenu des personnes physiques (IRPP).

 

L'APRÈS-MATIGNON

  • Michel Debré occupe ensuite des postes ministériels :
  • Ministre de l'Économie et des Finances (avril 1967-juillet 1968) dans le gouvernement Pompidou ;
  • Ministre des Affaires étrangères (juillet 1968-juin 1969) dans le gouvernement Couve de Murville ;
  • Ministre d'État, ministre de la Défense nationale (juin 1969-juillet 1972) dans le gouvernement Chaban-Delmas (il est l'auteur du premier Livre blanc sur la défense nationale, en 1979).
  • Le 24 mars 1988, il est élu au premier fauteuil de l'Académie française.

Les mandats :

  • Il est élu député de la première circonscription de La Réunion le 5 mai 1963.
  • Il est élu maire d'Amboise de 1966 à1989 (23 ans).

Il fut membre de l’UDSR, puis du Parti radical-socialiste, su RFP et de l’UNR.

Michel Debré décède à Montlouis sur Loire (36) le 2 août 1996à l’âge de 84 ans.

 

Sources : Gouv.fr

Suite : Georges Pompidou

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5 janvier 2021 2 05 /01 /janvier /2021 18:22

L'année dernière à la même époque, je vous ai souhaité une très bonne Année 2020 !

Je n'ai pas été très visionnaire, les événements m'ont contredit ...

Aussi cette année que puis-je vous souhaiter ? De toute façon, ça ne pourrait être pire !

Allez tant pis, je me lance :

Pour cette nouvelle Année, je vous souhaite des libertés retrouvées, l'éradication du méchant virus, des visages heureux, souriants débarrassés de leur cache minois.

Espérons que cette fois-ci, les dieux l’entendrons ?

Pierre

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24 décembre 2020 4 24 /12 /décembre /2020 14:34

Et le sapin devint un arbre de Noël.

 

Lorsque l'Enfant Jésus naquit, il eut dans le monde, une grande effervescence.

Toutes les choses animées en eurent une joie immense.

Chaque jour, ont venaient de partout voir le petit enfant, et lui apporter d'humbles présents.

A proximité de l'étable où il est né, se trouvaient trois arbres :

  • Un palmier, un olivier et un sapin.

Voyant passer tous ces gens sous leurs branches, l’envie leur prit de donner, eux aussi, quelque chose à l'Enfant Jésus.

  • Je vais prendre ma plus grande palme, dit le palmier, et je la mettrai près de la crèche, pour éventer doucement le Petit Enfant.
  • Moi, je presserai mes olives pour oindre ses petits pieds, dit l'olivier.
  • Mais moi, que puis-je donner à l'Enfant ? demanda le sapin.

Toi ? dirent les deux autres, tu n’as rien à offrir.

  • Tes aiguilles pointues piqueraient le Bébé, et tes larmes résineuses, elles sentent et collent bien trop fort.

Le pauvre sapin se sentit très malheureux, et dit avec tristesse :

  • Vous avez raison. Je n'ai rien d'assez bon pour être offert au Petit Enfant.

Un ange qui se tenait là tout près, immobile, entendit ce qui se passait.

Il eut pitié du sapin, tellement humble et dépourvu d'envie, et il résolut de l'aider.

Dans le ciel, l’une après l’autre, les étoiles s’allumaient et commençaient à briller sous la voûte. L'ange alla demander à quelques-unes d’entre elles de descendre et de se poser sur les branches du sapin.

Elles le firent volontiers et l’arbre se trouva tout illuminé. 
De l'endroit où il était couché, le Petit Jésus pouvait voir l’arbre et ses yeux se mirent à briller devant les belles lumières. Le sapin s’en trouva tout réjoui.

Bien longtemps plus tard, les gens, qui ne connaissaient pas cette histoire, prirent l'habitude de faire briller dans chaque maison, la veille de Noël, un sapin tout garni de bougies allumées, tout pareil à celui qui avait brillé devant la crèche.

Et c'est ainsi que le sapin fut récompensé de son humilité.

Il n’existe certainement aucun autre arbre qui éclaire autant de visages heureux !

 

Qu’il soit naturel et répande une bonne odeur de résine ou artificiel,

Qu’il soit grand ou petit ; vert ou blanc ;

Garni de boules ou de guirlandes électriques,

De bougies ; de bonbons ou de cadeaux,

C'est cet arbre-là et non un autre qui a été choisi pour faire l’arbre de Noël.

Lorsqu’il trône au centre de la pièce, tout paré du bas au faîte d’étoiles, de cheveux d’anges, de lumières, il semble tellement majestueux, qu’il est bien difficile de deviner qu’il est en vérité le plus modeste de tous les arbres.

Et c’est justement pour sa modestie qu'il a été choisi pour apporter la joie de Noël aux petits et aux grands.

 

Source: (Conte allemand, tradition orale)

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