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21 décembre 2020 1 21 /12 /décembre /2020 17:45
Coupe du dôme.

On peut y entrer, …. On peut s’en faire sortir.

A quatre reprises, on décida que les grands hommes ne l’étaient pas tant que ça.

Le premier à y entrer fut également le premier à en sortir : Le comte de Mirabeau, héros de la Révolution française, entre au Panthéon au cours d’une cérémonie nocturne impressionnante le 4 avril 1791, le jour même de la publication du décret vouant l’église Ste Geneviève au culte des grands hommes.

Accusé post-mortem d'avoir joué un double jeu après la découverte de sa correspondance avec le roi, il en est expulsé trois ans plus tard.

Le 21 septembre 1794, on le sort du Panthéon par la petite porte du Panthéon, très exactement au moment où l'on y fait entrer par la grande celui de Marat.

« Que le vice, que l'imposture fuient du Panthéon. Le peuple y appelle celui qui ne se trompa jamais », tonne le peintre David dans son discours.

« L’ami du peuple », Marat, n’a pas eu plus de chance que le ‘héros de la Révolution’. Marat, Journaliste, médecin et député révolutionnaire (assassiné dans sa baignoire par Charlotte Corday le 13 juillet 1793), est éjecté le 8 février 1795, jugé infréquentable par les nouveaux hommes forts de la Révolution.

Pour avoir voté la mort du roi, Louis-Michel Lepeletier de Saint-Fargeau est assassiné le 20 janvier 1793 d’un coup de sabre par un partisan de Louis XVI le jour même de de la mort du roi.

Transféré au Panthéon, il en sort le 17 février 1795, son corps étant réclamé par sa famille

La panthéonisation de Victor Hugo en 1885 (qui voyait le monument comme « un gros gâteau de Savoie »), reste la plus mémorable, avec deux millions de personnes pour accompagner l'écrivain.

Sous Louis XVIII, Voltaire faillit bien être dirigé vers la sortie : l’anticléricalisme du philosophe cadrait mal sous un bâtiment qui avait temporairement retrouvé son statut d’église catholique. C’est pourtant le roi lui-même qui trancha en faveur de Voltaire d’une phrase lapidaire : « Laissez-le donc, il est bien assez puni d'avoir à entendre la messe tous les jours. »

C’es le 21 janvier 1822, que l’église Ste Geneviève, qui n’avait jamais été consacrée, là été officiellement par Monseigneur de Quelen, archevêque de Paris.

Au milieu du 19e siècle, le physicien Léon Foucault cherche une structure assez grande pour accueillir son pendule visant à démontrer que la Terre tourne, le Panthéon est tout de suite désigné. La première démonstration publique y aura donc lieu en 1851 et vous pouvez toujours le voir fonctionner aujourd’hui !

Quelques décennies plus tard (1898), lorsque le scientifique Eugène Ducretet établit la première liaison de radio française en 1898, il émettra ses sons du Panthéon à la Tour Eiffel.

Le 3 juin 1908, dans le cortège qui conduit Émile Zola au Panthéon, Alfred Dreyfus suit les cendres de celui, qui l'a défendu dans son célèbre « J’accuse ».  A l'intérieur, un journaliste antidreyfusard tire deux fois sur le commandant, qui sera blessé au bras.

1924. Seul le cœur de Léon Gambetta repose dans le caveau.

1964. "Entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège." C'est avec ces mots qu'André Malraux, en décembre 1964, accueillit au Panthéon les restes du résistant mort vingt et un ans plus tôt. Faute de dépouille, c'est un cercueil plein de sable qui entre dans la crypte.

Le 21 mai 1981, François Mitterand, commence son mandat présidentiel par une visite solennel au Panthéon. Il entre seul, dans la nef pour déposer trois roses sur les tombes de Jaurès, Moulin et Schoelcher qui avait aboli l'esclavage.

Lorsqu’on y transféra en 1995 les corps de Pierre et de Marie Curie, le cercueil de la scientifique aux deux prix Nobel dut être soigneusement plombé, tant les matières radioactives qu’elle avait manipulées toute sa vie sont encore actives.

Le 30 novembre 2002 Alexandre Dumas rejoint le Panthéon dans une atmosphère de joyeux carnaval, le caveau où repose son ami Victor Hugo et un autre grand romancier populaire, Émile Zola. Son entrée au Panthéon est une forme de revanche posthume pour son père, général de la Révolution tombé en disgrâce sous le règne de Napoléon Ier.

En 2006, un projet de panthéoniser Dreyfus à l'occasion du centenaire de sa réhabilitation est vite remis dans les oubliettes : Dreyfus est une victime, pas un héros !

Le Soldat inconnu y est resté 10 minutes

Quelque temps après la guerre de 14-18, la France cherche un symbole pour les 1 315 000 ‘Poilus’ morts au cours de la Grande Guerre.

L’idée d’honorer ce soldat français non identifié au Panthéon ne fait pas l’unanimité.

Les associations d’anciens combattants, font valoir que l’ampleur du sacrifice consenti par les Poilus mérite un lieu à part et une tombe unique.

La dépouille choisie en 1920, repose donc sous l’arc de Triomphe depuis le 28 janvier 1921. Toutefois lors de la cérémonie du dépôt de ses cendres sous l’arc de Triomphe, son cercueil posé sur un affût de canon a brièvement pénétré sous la coupole, couvert d’un drapeau tricolore.

Fin.

Crédit photo : Encyclopédie Atypique

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15 décembre 2020 2 15 /12 /décembre /2020 22:37
Trombinoscope de quelques panthéonisés

Les personnalités étrangères

6 personnalités étrangères sont dénombrées au Panthéon parmi les 81 « panthéonisées ». 

Quatre Italiens, un Suisse et un Néerlandais. Ces personnalités ont un point commun, elles s’étaient ralliées à Napoléon 1er.

Le premier, étranger à être inhumé en l’église Sainte-Geneviève, devenue Panthéon sous le Second Empire, est Giovanni Battista Caprara, cardinal italien, archevêque de Milan.

  • Giovanni Battista Caprara est né à Bologne en 1733. Ayant remplit avec succès plusieurs missions importantes sous Benoît XIV et Clément XIII, il est nommé en 1801 par Pie VII légat a latere auprès du gouvernement français. En cette qualité, il conclut avec le premier consul le Concordat de 1801, qui rétablit en France le culte catholique. Devenu archevêque de Milan en 1802, il sacre dans cette ville, Napoléon Bonaparte roi d'Italie, le 26 mai 1805 (6 prairial an XIII), et par la suite ferme les yeux sur le divorce et le second mariage de l’Empereur.

Rappeler à Rome, il fait le choix de rester à Paris où il est nommé au Sénat.

Mort à Paris en 1810, il entre au Panthéon, le 21 juillet 1810. Le corps du cardinal est réclamé par sa famille et quitte Paris pour Rome le 22 août 1861.

Son cœur est déposé dans la cathédrale de Milan. 

  • Girolamo-Luigi Durazzo, né le 20 mai 1739 à Gênes. Homme politique génois, dernier doge de la République ligurienne (Gênes)qui se mit au service de Napoléon Ier.

Bien que mort (21/1/1809) et inhumé à Gênes, Napoléon, peut-être pour le remercier ou honorer sa famille dont l’un des membres, (le doge Marcelino Derazzo), céda la Corse à la France contre une substantielle rétribution faisant ainsi de Napoléon Bonaparte un sujet français, décide que son cœur soit déposé dans une urne au Panthéon de Paris.

  • Charles Erskine de Kellie (1739-1811), cardinal laïc et diplomate au service de la papauté et de la France. De retour à Rome en 1801, il est créé cardinal in pectore (protecteur de l’Ecosse) par Pie VII, sans jamais avoir été ordonné prêtre. Il partage la cellule du Pape à la prison du Quirinal lors de l'occupation de Rome par les Français. Napoléon Ier, l'ayant appelé à Paris, lui ordonne en 1809 de se rendre auprès de Pie VII retenu à Fontainebleau. Il y meurt le 20 mars 1811, le jour de la naissance du Roi de Rome. Il est inhumé au Panthéoà Paris.
  • Ippolito-Antonio Vincenti-Mareri, cardinal et archevêque catholique italien, né le 20 janvier 1738 à Rieti, (l'actuelle région du Latium), alors dans les États pontificaux.

Nommé archevêque, en 1785, titulaire de Corinthe et nonce apostolique en Espagne, jusqu'en 1795.

Créé cardinal le 21 février 1794 par le pape Pie VI au titre de Santi Nereo e Achilleo, Vincenti-Mareri il  se rallie à Napoléon. A sa mort, le 21 mars 1811 à Paris, il entre au Panthéon en même temps que Charles Erskine de Kellie.

En 1861, réclamé par sa famille, le 22 août, ses restes sont rapatriés en Italie et inhumés près de son frère dans le caveau familial de la chapelle Sainte-Catherine de la cathédrale de Rieti.

  • Suisse : Jean-Frédéric Perregaux (ou Perrégaux), né à Neuchâtel le 4 septembre 1744. Il s’installe en tant que banquier à Paris. Napoléon le nomme au Sénat conservateur. Régent de la Banque de France, puis Premier Régent du premier siège, également nommé Président du Comité Central de cette même Banque de France. Il fit également partie des Négociants réunis chargés de trouver des fonds pour le Trésor.

Il décède dans son château à Viry-Chatillon le17 février 1808 et inhumé le 22 au Panthéon, délaissant le caveau familial du cimetière du Père-Lachaise.

  • Néerlandais : l’amiral Jean-Guillaume de Winter.

Jean-Guillaume de Winter, né le 23 mars 1761 à Kampen (de son nom de naissance Jan Willem de Winter), se lie au parti patriote (oposant à la politique du stathouder Guillaume V d'Orange-Nassau).

Approuvant la Révolution française, il se réfugie alors en France et devient en 1798 ministre plénipotentiaire de la République batave à Paris. Louis Bonaparte, devenu roi de Hollande, le fait maréchal, comte (en Hollande), commandant en chef de ses armées de terre et de mer.

Napoléon le nomme officier de la légion d’honneur, inspecteur général des côtes de la mer du Nord, commandant en chef des forces navales réunies au Texel et enfin comte de l’Empire.

Jean-Guillaume de Winter, comte de Hussen décède à Paris le 2 juin 1812 à Paris.

Sans fortune, Napoléon ordonne que l’État prenne à sa charge ses obsèques solennels et lui accorde les honneurs du Panthéon. Bien qu’il fût honoré, son attitude lui valu d’être considéré comme traite au Pays-Bas. Néanmoins, son cœur repose en la Bovenkerk (église St Nicolas), dans sa ville natale de Kampen.

 

Sources : Diverses & recherches. Crédit photo: France info

A suivre : Les anecdotesdu Panthéon

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8 décembre 2020 2 08 /12 /décembre /2020 22:19
Intérieur du Panthéon

Les Panthéonisés (2)

Pas de chance pour eux :

Auguste Marie Henri Picot de Dampierre, général de la Révolution française, reçoit les honneurs du Panthéon le 9 mai 1793…  Mais des soupçons pesaient sur une possible trahison à venir avant son décès. Le marquis de Dampierre n’a jamais formellement été intégré.

Le 10 juillet 1791, le cercueil de Voltaire pénètre à Paris sur un char orné de fleurs tiré par 12 chevaux blancs. Voltaire, grand pourfendeur de l'Église, pose un problème à la restauration maintenant que le monument est consacré comme église. Que faire de sa statue ? Si Louis XVIII n'ordonne pas la « mise à l’égout » que réclament certains fervents catholiques, il fait déplacer son buste vers le péristyle. « Il sera assez puni d'avoir à entendre la messe tous les jours », raille le souverain.

Une cérémonie tout aussi splendide est organisée trois ans plus tard pour le transfert de Jean-Jacques Rousseau…Les deux philosophes rivaux, se font face à l'entrée de la crypte !

1915.  Pour redonner souffle au patriotisme fatigué par la guerre, le président Poincaré signe l'acte d'inhumation de Rouget de Lisle, (auteur de la Marseillaise).

Les deux chambres parlementaires donnent leur aval (c'était alors obligatoire), mais trop occupées par les évènements en cours, Rouget doit rester aux Invalides, en attendant le jour propice. Un siècle après, son « jour de gloire » n'est toujours pas « arrivé »

 Ils ne reposent pas dans crypte :

Chaque année, environ 700 000 personnes visitent le panthéon et parmi eux, un certain nombre de touristes espèrent voir le tombeau de Napoléon… Pas de chance, Napoléon repose aux Invalides. D’autres pensent y trouver Louis Pasteur, mais sa femme préférant un emplacement plus humble, comme était le grand savant, refusa le Panthéon. Pour voir sa dépouille il faut aller sous l’institut Pasteur.

Les panthéonisations sous la Ve République

Le général de Gaulle, signe qu’une seule panthéonisation, celle de Jean Moulin.

Georges Pompidou, Valéry Giscard d'Estaing, et Nicolas Sarkosy n'ont "panthéonisé" aucune personnalité pendant leur mandat.

François Mitterrand panthéonise René Cassin (Juriste, diplomate, homme politique, résistant et prix Nobel de la paix) en 1987, le décret ayant été pris quelques jours avant l'élection présidentielle de 1981, par Valéry Giscard d'Estaing. Décision un brin électoraliste, qui ne serait plus possible aujourd'hui : la loi interdit désormais d'inhumer un « grand homme » un an avant une présidentielle.

1988.  Jean Monnet, (économiste, père fondateur de l'Union européenne est panthéonisé, 100 ans après sa naissance.

1989. Par les désignations de Nicolas de Condorcet (philosophe, homme politique et mathématicien), l’abbé Grégoire (sénateur, comte d'Empire, connu pour son combat contre l'esclavage) et Gaspard Monge (mathématicien, inventeur de la géométrie descriptive), le président de la République marque l’année du bicentenaire de la Révolution.

1995. Les scientifiques Pierre et Marie Curie. Marie Curie ( prix Nobel de physique et de chimie), fut la deuxième femme à entrer au Panthéon, après Sophie Berthelot, mais la première à être distinguée pour son mérite personnel.

Avec sept entrées à son actif, François Mitterrand est le plus grand panthéonisateur de la Ve République... certes loin derrière les 43 de Napoléon

Le président Jacques Chirac a fait entrer au Panthéon deux grands hommes, un par mandature : André Malraux, résistant, écrivain et ministre de la Culture de Charles de Gaulle, en 1996, et Alexandre Dumas, romancier, en 2002.  

2015. Avec quatre résistants panthéonisés : Pierre Brossolette, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Germaine Tillion et Jean Zay, François Hollande s'empare de la deuxième place dans le classement des présidents de la Ve république qui ont le plus fait d’entrée au Panthéon.

Emmanuel Macron, 7ème président de la Ve République a procédé à deux panthéonisations : Simone Veil (femme d’État, rescapée de la Shoah) en 2018 et Maurice Genevoix (écrivain et académicien) le 11 novembre 2020.

 

A suivre : Les étrangers au Panthéon

 

Sources : Diverses & recherches. Crédit photo OpenEditionJournals

A suivre : Les étrangers au Panthéon

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30 novembre 2020 1 30 /11 /novembre /2020 21:59
Sophie Berthelot; Marie Curie; Simone Weil; Germaine Tillio; Geneviève de Gaulle Anthonioz

Dédié aux personnes exceptionnelles « Aux grands hommes la patrie reconnaissante » à ce jour repose au Panthéon, soixante-quatorze hommes et cinq femmes.

Les critères d’entrée :  La notion de « grand homme » a évolué à travers le temps et les règles de panthéonisation ont changé au gré des soubresauts de l'histoire.

Le Panthéon est réservé aux « grands hommes qui ont mérité la reconnaissance nationale », mais aucun texte ne détaille les mérites demandés. Il n’est pas obligatoire d’être de nationalité française pour avoir cet honneur (quatre Italiens, un Néerlandais et un Suisse). Toutefois, il existe des critères implicites : on attend une personnalité exemplaire, qui incarne les idéaux de la République et dont le combat fait écho aux valeurs du chef de l’État. (Le compositeur Berlioz et le marquis de Lafayette ont ainsi été écartés pour leurs penchants monarchiques).

C’est l’Assemblée constituante qui a pris la première décision d’inhumer une personnalité au Panthéon, puis la Convention, a pris le relais en 1794. Napoléon Ier s’est ensuite arrogé ce droit sous l’empire (57 %) explique la forte proportion de militaires (28 %). Sous la IIIe République, les députés proposent et décident.

Depuis la Ve République, cette prérogative revient au président de la République.  Rien n’est codifié, le président seul choisit et la décision est mise en œuvre par le ministère de la culture. ». Encore faut-il que la personne elle-même ou ses héritiers ne s’opposent pas à une entrée au Panthéon.

Si un simple décret suffit pour acter le transfert des cendres ou du corps du défunt, il faut compter environ deux mois de préparatifs pour organiser l’événement.

La scénographie : remontée de la rue Soufflot, discours, entrée solennelle met autant en avant le président que la personne qu’il souhaite honorer.

Ils ne reposent pas dans la crypte : Environ 700 000 personnes visitent le monument chaque année. Parmi eux, une grande part de touristes espèrent y voir le tombeau de Napoléon… Pas de chance, sa dépouille repose aux Invalides.

Louis Pasteur, après le refus de sa femme qui préférait un emplacement plus humble (sous son institut).

Les héritiers d’Albert Camus n’ont pas souhaité que l’écrivain soit honoré, par Nicolas Sarkozy en 2009, son fils a préféré le laisser sous le soleil provençal de Lourmarin.

Le général de Gaulle avait précisé qu’il ne souhaitait pas y être inhumé (Georges Pompidou, lui faisant part qu’il pourrait un jour entrer au Panthéon, de Gaulle s’exclama : « pas question de finir dans ‘ce nid à poussière’, sans air et sans lumière’.

Panthéonisé sans être inhumé dans la crypte :  Nicolas Sarkozy a fait entrer symboliquement Aimé Césaire au Panthéon en 2011. Les cendres du poète étant restées, à Fort-de-France (Martinique), conformément à ses souhaits. Une fresque et une plaque sont apposées dans le monument parisien.

Il repose contre sa volonté :

Obscure et glaciale, la crypte du Panthéon a de quoi refroidir même les trépassés.

Jean Jaurès après une visite au Panthéon, confia qu'à la perspective d'y être un jour « le reste de sa vie en serait empoisonné ». En 1924, dix ans après son assassinat, il entre au Panthéon, contre sa volonté.

Les Panthéonisés : En général les ‘panthéonisés’ sont entrés immédiatement après leur mort au Panthéon (moins d'un an pour 60% d'entre eux).

Beaucoup de ses « grands hommes » sont de « grands inconnus » de la population. On y trouve majoritairement un grand nombre de sénateurs et de militaires entrés sous le règne de Napoléon.

Qui repose déjà au Panthéon ?

23 sont des militaires, 20 des politiques, 10 scientifiques, 6 écrivains, 4 religieux, 3 hommes de loi, dont 1 juge et... 2 artistes. Les militaires sont plus nombreux que les artistes !!

Les femmes au Panthéon : La parité ‘hommes-femmes’, n’est pas encore de mise, seulement 5 femmes reposent au Panthéon :

(1907-Sophie Berthelot, épouse du chimiste et homme politique.  1995-Marie Curie, physicienne.  2015-Germaine Tillio, ethnologue et résistante. Geneviève de Gaulle Anthonioz, résistante. 2018 Simone Veil, femme d’État, rescapée de la Shoah.

Les inséparables : En 1907, Sophie Berthelot, scientifique est la première femme à entrer au Panthéon.  (Monsieur Berthelot est décédé de chagrin quelques heures après son épouse. Selon leurs volontés, les deux époux, qui s'étaient tendrement aimés, avaient demandé à ne pas être séparés dans la mort plus qu'ils ne l'avaient été dans la vie. Elle y repose en qualité d’épouse du chimiste et homme politique Marcellin Berthelot.

1955, Marie Curie, prix Nobel de physique et de chimie pour ses études sur la radioactivité, repose avec son époux Pierre.

2018, Simone Veil, femme d’État, rescapée de la Shoah (son époux Antoine, Haut fonctionnaire repose à ses côtés., Très unis durant leur vie, la famille n’a pas voulue les séparer dans la mort).

Deux cercueils vides : Les dépouilles de Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Anthonioz sont entrées « symboliquement », les familles de ces deux grandes figures féminines de la Résistance ont obtenu que les dépouilles ne soient pas transférées à Paris afin de ne pas être séparées de leurs proches.

Le solitaire : Le maréchal Jean Lannes, « l’Ajax français », fauché par un boulet de canon à Essling en mai 1809 est le seul pensionnaire de la crypte à bénéficier d'un caveau (22) pour lui tout seul, comme l'a voulu Napoléon, son ami, qu'il tutoyait.

 

Sources : Diverses & recherches. crédit photo elle.fr

A suivre : Les panthéonisés 2

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24 novembre 2020 2 24 /11 /novembre /2020 22:02
Fronton original du Panthéon

Changement de fonction, changement de fronton

Le fronton du Panthéon fut pendant des siècles un enjeu politique majeur.

Au gré du temps, le mobilier, le fronton, la croix au sommet du monument sont victimes des changements de gouvernement. La croix est enlevée à chaque fois que l’église redevient Panthéon, remplacée par un drapeau français pendant la Commune de Paris, puis elle est remise en 1873.

Le premier fronton : Réalisé en 1774 par le sculpteur Nicolas Coustou, représentait un bas-relief surnommé « L’Adoration de la Croix », où des chérubins et anges entouraient une croix flamboyante.

Le 1er août 1791, l’assemblée ordonna qu’à la place de l’inscription latine du fronton soit gravé “Aux grands Hommes la Patrie Reconnaissante”. Puis il fut décidé de remplacer le bas-relief par une œuvre plus conforme aux idéaux révolutionnaires.

Le 2ème fronton : À nouvelle inscription, nouveau fronton. À partir de 1791, une femme debout couronne les vertus civiques et guerrières.Mais en 1806, la Révolution cède sa place à l’Empire Napoléonien. Napoléon le juge trop révolutionnaire, alors le fronton est recouvert d’un voile pendant près de 10 ans.

Le 3ème fronton : En 1815, Louis XVIII rétablit la monarchie en France, et réaffirme l’importance de l’église catholique en rendant l’intégralité du Panthéon au culte.  Dans un premier temps, on pense ne pas détruire le précédent fronton, mais à simplement le “christianiser”. Il fut décidé de supprimer le fronton voilé depuis 1806 et de remplacer l’ancienne inscription “Aux Grands Hommes la Patrie Reconnaissante” par « D.O.M. sub invocat. S. Genovefae. Lud. XV dicavit. Lud » (Au Dieu très bon et très grand sous l’invocation de Sainte Geneviève). Louis XV l’avait dédié à Ste Geneviève, Louis XVIII l’a restituée. Finalement, l’architecte Baltard réalisa une œuvre totalement nouvelle représentant une grande croix rayonnante.

C’est le 21 janvier 1822, que l’église qui n’avait été consacrée, le fut officiellement par Monseigneur de Quelen, achevêque de Paris.

En 1830, le régime de Louis-Philippe d’Orléans souhaite afficher son lien avec la Révolution. L’un de ses premiers actes est de rebaptiser “Sainte-Geneviève” en “Panthéon”… Et inscrire à nouveau sur la façade “Aux Grands Hommes la patrie Reconnaissante”. La croix flamboyante de Baltard n’a plus de rapport avec la nouvelle vocation du bâtiment… Un nouveau fronton est donc commandé !

Le 4ème fronton du Panthéon: La réalisation est confiée au sculpteur David D’angers, dont le thème était « La Patrie distribuant aux grands hommes, civils et militaires, des couronnes que lui tend la liberté tandis que l’histoire inscrit leur nom ».

L’artiste résiste à de nombreuses pressions, et après 7 années caché du public, le 4ème fronton est inauguré le 31 août 1837, succédant à ceux de Coustou, Moitte et Baltard.

C’est ce quatrième et dernier fronton que nous pouvons admirer aujourd’hui !

 

 Sources: Diverses, études

A suivre : Qui repose au Panthéon ?

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19 novembre 2020 4 19 /11 /novembre /2020 16:14
Le Panthéon la nuit

 

Au l’heure où Maurice Genevoix, fait son entrée au Panthéon, retour sur ce monument emblématique de Paris, tombeau des grands personnages de l’histoire de France.

C’est sur le point culminant (60 m) de la rive gauche de Paris que commence l’histoire du Panthéon.

Clovis fait construire en 502 la basilique des Saints-Apôtres, sur le lieu où mourut et ensevelie sa conseillère Geneviève.  Le roi de France et son épouse Clotilde y sont eux-mêmes inhumés respectivement en 511 et 545.

Après la canonisation de Geneviève, sainte patronne de Paris, le lieu deviendra : ‘La montagne Ste Geneviève’.

Au XIIe siècle, les chanoines de l’ordre de Saint-Augustin, dits Génovéfains (de sainte Geneviève), s’installe dans une abbaye voisine.

Nous voici en 1744. Louis XV, en déplacement à Metz, tombe gravement malade dans la nuit 7 au 8 août. Croyant sa dernière heure arrivée, il fait le vœu en cas de guérison, de construire une somptueuse église à la gloire de sainte Geneviève, en remplacement de l’ancienne très dégradée.

Guéri le 25 août 1744 c’est en 1755, 11 ans après son vœu que l’architecte Jacques Soufflot commence la construction de l’église actuelle.

Les travaux seront financés par une majoration sur les billets de la loterie nationale.

Le bâtiment d’une longueur de 110 mètres d’une largeur de 82, en forme de croix grecque, style néo-classique, avec un une nef intérieure en marbre.

Une innovation pour l’époque, dans sa structure, du métal vient en renfort de la pierre. Son dôme culmine à 83 mètres.

En même temps que la construction de l’église, Soufflot effectué la percée de l’actuelle rue portant son, ainsi que la construction de la Faculté de Droit, à laquelle en 1844, un bâtiment jumeau est construit : l’actuelle mairie du 5earrondissement.

L’architecte, épuisé par le travail et par les polémiques (déjà !) suscitées par son architecture, décède en 1780, sans avoir terminé son œuvre. La continuation des travaux est confiée à son élève, Rondelet, qui les terminent en 1790 à la veille de la Révolution.

Changement de fonction

Sous la Révolution, l’esprit religieux n’est pas de mise. A la mort de Mirabeau, l’un des inspirateurs de la Révolution, l’Assemblée Constituante décide deux jours plus tard, le 4 avril 1791, de l’inhumer dans l’église Ste Geneviève et de convertir celle-ci en « Panthéon des grands hommes » de la République et faire ainsi du Panthéon le pendant républicain et laïque de la Basilique Saint-Denis, nécropole royale.

L’église Ste Geneviève prend donc le nom de Panthéon, (temple que les Grecs et les Romains consacraient à certains de leurs dieux) et… on enlève la croix au-dessus du dôme.

La crypte prévue pour accueillir les dépouilles de 300 Génovéfains, permet aux Révolutionnaires de voir venir. L’Assemblée afin de plonger la nef dans une pénombre mortuaire a le mauvais goût d’obturer les fenêtres latérales qui donnaient à l’édifice lumière et légèreté.

Tout au long du 19e siècle, au gré des changements de pouvoirs successifs change de fonction : Église transformée en Panthéon par la Révolution, rétabli sous le Premier Empire.

Napoléon en 1806, en restitue une partie au culte catholique, sa crypte continue de recevoir les dépouilles des « grands hommes » et des fidèles de l'Empereur, généralement d'illustres inconnus.

Sous la Restauration (1821), le monument est de nouveau ré-ouvert au culte, la crypte est fermée et l’on suggère à Louis XVIII, d'exclure le mécréant Voltaire du temple, répond : « Ça ne lui fera pas de mal d'écouter la messe de temps en temps ».

En 1830, Louis-Philippe fit à nouveau de l’église un Panthéon laïque, avant que le Second Empire (1851-1870) de Napoléon III décidât de rendre le monument… au culte catholique !

La Seconde République en 1848, transforme le Panthéon en « Temple de l'humanité ». En 1851, la nef accueille le pendule de Foucault pour une expérience scientifique de longue haleine. 

Après le coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte (6 décembre 1851), le Second Empire, élève l’édifice au rang de basilique nationale.  Elle retrouve la châsse de sainte Geneviève qui en avait été chassée en 1792 et l'inscription de David d'Angers sur le fronton est effacée.

En 1871, nouveau retour de balancier : la IIIe République enlève les symboles du christianisme.

La Seconde République en 1848, transforme le Panthéon en « Temple de l'humanité ». En 1851, la nef accueille le pendule de Foucault pour une expérience scientifique de longue haleine. 

En 1885, à l’occasion des funérailles de Victor Hugo, la IIIe République décide de rendre définitivement le Panthéon à la célébration des grands hommes de la nation… la croix ne fut pas enlevée, dernier témoin des origines cultuelles de ce monument.

A suivre : Changement de fonction, changement de fronton.

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11 novembre 2020 3 11 /11 /novembre /2020 10:36

Bleuet à la boutonnière pour les français, coquelicot pour les anglais, nous célébrons ce 11 novembre, l’armistice de 1918.

Pourquoi un bleuet, pourquoi un coquelicot ?

Ce choix n’est pas anodin. Avec le coquelicot, cette fleur est la seule à pousser au milieu du chaos des no man's land des champs de bataille de la Première Guerre mondiale.

En outre les « bleuets » étaient le nom donné aux nouveaux arrivants sur le front, dont la couleur de l'uniforme immaculé contrastait avec celui des Poilus aux combats dans les tranchées.

Cette fleur aux pétales azurés est donc devenue le symbole de la mémoire et de la solidarité des combattants de la guerre 14-18 et maintenant celles de tous les morts pour la France.

Le bleuet, symbole de réinsertion par le travail

La Grande Guerre laisse derrière elle 20 millions de blessés, ces « gueules cassées », des invalides et des mutilations, des familles meurtries.

Pour ces « braves », il faut du temps, un temps long, celui de la reconstruction, physique et psychologique.

Il faut également aider ceux qui restent après la mort au combat d'un mari ou d'un père pour continuer à avancer, notamment en participant au financement des études des Pupilles de la Nation.

Touchées par le sort des blessés de guerre et les « gueules cassées » dont elles s'occupent à l'hôpital militaire des Invalides, deux infirmières, Suzanne Lenhardt, veuve d'un capitaine d'infanterie, et Charlotte Malleterre, fille et femme de général, organisent en 1916 des ateliers durant lesquels sont brodées ces fleurs à l'aide de tissu et papier journal.

Les recettes sont versées à ces anciens Poilus, afin de leur fournir un semblant de salaire, et un moyen de redonner du sens à une existence blessée. Le bleuet devient un modèle de réinsertion par le travail.

Le Bleuet est choisi pour incarner le symbole national du Souvenir.

Au cours des années 1920, sous l'impulsion de Louis Fontenaille, président des Mutilés de France des initiatives sont prises pour instituer le Bleuet comme symbole des morts pour la France.

En 1928, le chef de l'État, Gaston Doumergue, appuyant cette initiative, accorde son parrainage au Bleuet de France afin de « venir en aide à ces hommes qui ont sacrifié leur jeunesse à défendre la France ».

Le 11 novembre 1934, la vente des bleuets (fabriqués par des anciens combattants), sont vendu pour la première fois dans les rues parisiennes.

A partir de 1935, l'État encadre et officialise la vente du Bleuet le jour de l'Armistice. Au fil du temps, la petite fleur bleue devient le symbole de l'insertion par le travail.

Si la tradition s'est ensuite quelque peu perdue, elle a fait son retour en 2012, lorsque Nicolas Sarkozy fait adopter une loi fixant au 11 novembre «la commémoration de tous les morts pour la France » et non plus uniquement ceux de la Première Guerre mondiale.

 

La Nation se montre reconnaissante envers ceux qui ont défendu la France

Placée sous l'autorité de l'Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre (ONACVG) depuis 1991, l'Œuvre Nationale du Bleuet de France organise tous les ans, le 11 novembre et le 8 mai, une collecte à travers toute la France.

Elle est un des acteurs majeurs de la politique de transmission de la mémoire en portant chaque année plusieurs centaines de projets mémoriaux, mais surtout, elle continue à agir au profit des blessés de guerre, des anciens combattants, des pupilles de la Nation et des victimes civiles d'attentats.

Porter le Bleuet, c'est se souvenir de notre Histoire, se souvenir des Français qui ont consenti à donner leur vie pour notre liberté, c'est afficher notre attachement à la France en soutenant ceux qui s'engagent au quotidien pour la défendre, c’est également participer à renforcer le lien entre la Nation et son armée.

Le coquelicot

En Grande-Bretagne, alors que les arbres se dénudent, le froid de novembre apporte une fleur aux pétales rouge sang :  le coquelicot, emblème de la vie, du réconfort après la mort.

Symbole de la Grande Guerre, il vient fleurir les poitrines des citoyens britanniques, en mémoire des dix millions de personnes qui ont péri entre 1914 et 1918.

Le « remembrance poppy » (coquelicot du souvenir) est vendu aujourd'hui sous la forme de badges, broches ou pin's par des bénévoles de la Royal British Legion tandis que résonne la devise « lest we forget» («qu'on se souvienne»), tirée du poème Recessional (récession) de Rudyard Kipling.

« Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre  (Sir Winston Churchill).

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9 novembre 2020 1 09 /11 /novembre /2020 16:55
Portrait officiel de Charles de Gaulle. Photo Jean-Marie Marcel 
Portrait officiel de Charles de Gaulle. Photo Jean-Marie Marcel 

De Gaulle

Le général de Gaulle a donné de lui deux images : celle de l'homme du 18 juin 1940 et celle du fondateur de la Ve République en 1958. Né à Lille le 22 novembre 1890 dans une famille catholique et patriote.

A sa sortie de l'École militaire de Saint-Cyr en 1912, il choisit l'infanterie qu'il juge "plus militaire". Pendant la Première Guerre Mondiale, blessé, il est fait prisonnier en 1916 et après plusieurs tentatives d'évasion, il est enfermé dans la forteresse d'Ingolstadt.

Colonel en 1937, général à titre temporaire à la fin mai 1940, il est appelé le 5 juin, comme secrétaire d'État à la Défense nationale et à la Guerre par Paul Reynaud, Président du Conseil.

Le 16 juin, de retour de mission en Angleterre, il apprend la demande d'armistice. Il repart aussitôt pour Londres afin de poursuivre la guerre, et lance un appel à la résistance, sur les ondes de la BBC, le 18 juin.

Grâce à sa détermination et à l'appui de Churchill, il organise :

  • Des forces armées qui deviendront les Forces françaises libres,
  • Crée un Comité national français avec l'aide de René Cassin, qui deviendra
  • Le Comité français de la Libération nationale le 3 juin 1943 puis le Gouvernement provisoire de la République française un an plus tard.

Président du Gouvernement provisoire, de Gaulle, en désaccord avec l'Assemblée constituante sur la conception de l'État, démissionne le 20 janvier 1946.

Le 16 juin 1946, à Bayeux, il expose un véritable projet constitutionnel avec un exécutif fort, germe de ce que sera la Constitution de la Ve République.

Le 14 avril 1947, il lance un mouvement le Rassemblement du Peuple français (RPF).

L'impuissance de la IVe République face à la question algérienne conduit bon nombre de responsables politiques de tous bords à souhaiter le retour du Général.

Suite à la crise du 13 mai 1958 à Alger, le Président de la République, René Coty, décide de faire appel "au plus illustre des Français", Charles de Gaulle.

Le 1er juin, il devient alors le dernier président du Conseil de la IVe République.

Recevant les pleins pouvoirs il fait élaborer une Constitution qui sera adoptée par référendum le 28 septembre 1958, avec 79,2% de "oui". Les différents territoires de l'Empire l'approuvent également, sauf la Guinée devenant ainsi le premier État d'Afrique à obtenir son indépendance.

De Gaulle Président 1er Président de la Ve République. (1958 – 1965)

Il est élu Président de la République française et de la Communauté africaine et malgache par un collège électoral, le 21 décembre suivant.

Pour le général de Gaulle, une France puissante ne se conçoit pas sans institutions stables.

La Constitution de la Ve République en est l'outil principal, mais il veut que l'exécutif soit renforcé par le soutien populaire : le référendum lors de choix importants sur :

  • L’autodétermination des Algériens (8 janvier 1961),
  • Les accords d'Évian (8 avril 1962),
  • La réforme constitutionnelle (28 octobre 1962),

La tâche la plus urgente concerne l'Algérie, De Gaulle s'achemine vers la solution de l'indépendance : après l'offre de "la paix des braves" en octobre 1958, il propose l'autodétermination aux Algériens l'année suivante.

Malgré l’échec du putsch des généraux le 22 avril 1961, les négociations avec le FLN s’ouvrent et les accords d'Évian, signés le 22 mars 1962, acceptés par référendum en France et en Algérie, accordent l'indépendance à celle-ci.

Après la réforme financière de 1958 (passage de l’ancien franc au nouveau franc), la France bénéficie de la croissance amorcée sous la IVe République,  Poursuivant la politique nucléaire de la IVe République, la première bombe atomique française éclate à Reganne en février 1960. Refusant la tutelle des États-Unis il retire peu à peu la France du système intégré de l'OTAN (ce sera chose faite en 1966), tout en restant membre de l'Alliance atlantique.

Cherchant à construire une Europe réellement européenne, il se rapproche de l'Allemagne fédérale en signant le Traité de l'Élysée (22 janvier 1963), et refuse l'entrée de la Grande-Bretagne, dans la Communauté économique européenne la trouvant trop liée aux États-Unis. Il renforce la CEE avec la politique agricole commune en 1963 et reconnait en 1964 la République populaire de Chine.

Après l'attentat du Petit-Clamart, le 22 août 1962, le Général propose l'élection du chef de l'État au suffrage universel, afin de lui assurer une légitimité nécessaire face aux députés.

L'élection présidentielle est, depuis, un des éléments majeurs de la participation des citoyens à la vie politique.

Second mandat (1965 – 1969)

Après son premier mandat de sept ans, l'élection au suffrage universel est mise en pratique pour la première fois en 1965. Il est élu au second tour face à François Mitterrand, avec 54,8% des voix.

Il effectue un long voyage en Amérique latine. Prononce un discours à Phnom-Penh en 1966 dans lequel il stigmatise la politique américaine au Vietnam. En juillet 1967, le "Vive le Québec libre !" accentue l'opposition du Général à l'impérialisme américain, tout en défendant la présence historique de la France en Amérique du Nord.

De Gaulle se rapproche également de l'Union soviétique et de ses États satellites, pour construire "l'Europe de l'Atlantique à l'Oural".

La politique de "Détente, Entente et Coopération" est amorcée par un voyage en URSS en juin 1966. Au demeurant, le général de Gaulle n'a jamais failli à sa fidélité au bloc occidental et par exemple, lors de la crise de Cuba en 1962, il a été le premier à soutenir Kennedy contre Khrouchtchev.

Le Général souhaitait une réforme de la société allant dans le sens de plus de participation à la vie des entreprises notamment, Les événements de Mai 1968 sont le révélateur d’une France qui "s'ennuie". A la contestation des étudiants s'ajoute le mécontentement des ouvriers. Il dissout l'Assemblée nationale le 30 mai.

Un projet portant sur la régionalisation et la réforme du Sénat est soumis au référendum le 27 avril 1969. A cette occasion, Charles de Gaulle engage sa propre légitimité. Le projet proposé aux Français, est rejeté par 52,4% des voix.

Fidèle à sa promesse et respectueux du peuple souverain, de Gaulle démissionne le lendemain.

De Gaulle après l’Élysée.

Il se retire à Colombey-les-Deux-Eglises, s'abstient de toute prise de position publique, et poursuit l'écriture de ses mémoires. Les Mémoires de Guerre avaient commencé de paraître en 1954. Seul le premier volume des Mémoires d'espoir est achevé lors que Charles de Gaulle meurt, le 9 novembre 1970.

Selon ses dernières volontés il est enterré au cimetière de Colombey en présence de sa famille, des Compagnons de la Libération et des habitants de son village, pendant qu'à Notre-Dame de Paris a lieu une cérémonie officielle avec les autorités de l'État et les personnalités étrangères.

Source : Fondation Charles de Gaulle

A suivre : Les 1er ministres. 1- Michel Debré

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30 octobre 2020 5 30 /10 /octobre /2020 17:37

Une lettre de Madame de Sévigné, datée du 30 avril 1687, censée être adressée à sa fille Madame de Grignan, est abondamment partagée ces derniers jours sur les réseaux sociaux, n’a jamais existé, cet écrit est un pastiche.

La femme de lettres du XVIIsiècle décrit dans cette soi-disant lettre une situation d’épidémie à Paris, où le roi Louis XIV aurait confiné ses habitants.

Je cite :

« Surtout, ma chère enfant, ne venez point à Paris !

Plus personne ne sort de peur de voir ce fléau s’abattre sur nous, il se propage comme un feu de bois sec.

Le roi et Mazarin nous confinent tous dans nos appartements.

Monsieur Vatel, qui reçoit ses charges de marée, pourvoie à nos repas qu’il nous fait livrer »

Cela m’attriste, je me réjouissais d’aller assister aux prochaines représentations d’une comédie de monsieur Corneille « Le Menteur », dont on dit le plus grand bien.

Nous nous ennuyons un peu et je ne peux plus vous narrer les dernières intrigues à la Cour, ni les dernières tenues à la mode.

Heureusement, je vois discrètement ma chère ami, Marie-Madeleine de Lafayette, nous nous régalons avec les fables de monsieur De La Fontaine, dont celle, très à propos, « Les animaux malades de la peste ».

Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés » !

Je vous envoie deux drôles de masques ; c’est la grande mode, tout le monde en porte à Versailles. C’est un joli air de propreté, qui empêche de se contaminer.

Je vous embrasse, ma bonne, ainsi que Pauline.

Cette lettre n’a jamais existé, c’est un pastiche, car :

Premièrement, on ne retrouve aucune épidémie sur Paris cette année-là.

Deuxièmement, deux des personnes citées, le cardinal Mazarin et le cuisinier Vatel, sont déjà morts le jour où cette missive est censée être rédigée :

Le premier est mort en 1661 et le second s’est suicidé en 1671. La marquise de Sévigné fait d’ailleurs le récit de sa mort dans ses lettres.

Troisièmement, le 30 avril 1687, était un… mercredi.

Enfin, aucune lettre écrite par Madame de Sévigné un 30 avril 1687 ne figure dans les recueils recensant ses lettres.

Madame de Sévigné*.

Marie de Rabutin-Chantal naquit à Paris le 5 février 1626.

Orpheline, elle fut d’abord élevée par son grand-père et sa grand-mère maternels, M. et Mme de Coulanges. A la mort de ceux-ci l’enfant fut confiée à l’aîné de leurs fils, l’abbé de Coulanges, (que Mme de Sévigné appelait plus tard le "Bien bon").

En 1644, Marie de Rabutin-Chantal épousa le marquis Henri de Sévigné, parent du cardinal de Retz.

Le marquis ruina sa femme, et, pour une querelle de jeu, il se battit en 1651 avec le chevalier d’Albret, qui le tua.

De ce mariage étaient nés deux enfants : Françoise-Marguerite et Charles.

Retiré (3 ans) à la campagne (aux Rochers, près de Vitré en Bretagne), elle remit de l’ordre dans sa fortune, grâce aux conseils du "Bien bon".

En 1654, elle revint à Paris, où elle fréquente l’Hôtel de Rambouillet et s’occupe de l’éducation de ses enfants.

En 1669, elle marie sa fille au comte de Grignan, deux fois veuf, et lieutenant général en Provence (Mme de Grignan dut, en 1671, rejoindre son mari). 

Cette séparation fut douloureuse, et c'est donc pour distraire sa fille, qui s'ennuyait au milieu des fêtes et des tracasseries de la société provençale que Mme de Sévigné entreprend de transposer Paris et Versailles à Aix dans ces lettres.

Elle lui écrit tous les jours pour la tenir au courant de tout ce qui pouvait l'intéresser ; mais surtout elle lui parlait de ses sentiments : l'amour maternel, avec toutes ses nuances, tantôt exalté, tantôt inquiet, tantôt désolé, tantôt joyeux.

Ces lettres constituent également un témoignage de premier ordre sur les temps de Mme de Sévigné, la société et la cour de Louis XIV.

 Mme de Sévigné, qui recevait souvent à Paris sa fille et ses petits-enfants, elle allait également les visiter à Grignan et c’est dans ce château, en avril 1696, atteinte de la petite vérole, quelle décéda.

Quant à son fils Charles, il fut brave soldat, prit part à plusieurs campagnes, et finit par se retirer en Bretagne.

*Source : Charles-Marc Des Granges, Les Grands écrivains français des origines à nos jours, Librairie Hatier, 1900 et Édouard Pilastre, Petit glossaire des lettres de Madame de Sévigné, 1908

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26 octobre 2020 1 26 /10 /octobre /2020 17:40

Avant de parler du rôle des épouses des Présidents de la République, faisons le point sur leur situation conjugale.  

À l'exception de Louis-Napoléon Bonaparte qui reste officiellement célibataire, bien qu'étant en ménage avec Harriet Howard, durant tout son mandat de président de la République (1848 à 1852) et François Hollande qui n'a jamais été marié, tous les présidents de la République française étaient mariés quand ils étaient en exercice.

Après le rétablissement de la dignité impériale, le 2 décembre 1852, Napoléon III épouse le 29 janvier 1853 Eugénie de Montijo, qui portera le titre d'impératrice des Français.

Raymond Poincaré, marié civilement, doit régulariser religieusement sa situation maritale avec son épouse Henriette, veuve et divorcée, le 5 mai 1913. Il organise la cérémonie dans le secret, pour ne pas froisser un électorat majoritairement catholique à l'époque.

En 1924, lorsqu'il accède à la présidence de la République, Gaston Doumergue est célibataire. Il entretient cependant une liaison de longue durée avec Jeanne-Marie Gaussal.

Durant son mandat présidentiel, il va tous les matins prendre son petit déjeuner avec elle à son ancien domicile, avenue de Wagram, où il se rend à pied depuis l'Élysée. Douze jours avant la fin de son mandat présidentiel, le chef de l'État épouse, dans le Salon vert du palais de l'Élysée, sa compagne au cours d'une cérémonie civile, en juin 1931. 

En novembre 1955, un peu plus d'un an après son entrée en fonction, le président René Coty devient veuf après le décès de son épouse Germaine, (qui était aimée des Français). Le magazine américain Life publie dans ses pages quelques jours plus tard une tribune consacrée à la défunte première dame.

En 2007, le président Nicolas Sarkozy divorce de sa seconde épouse, Cécilia Ciganer Albéniz, cinq mois après le début de son mandat et le 2 février 2008 il épouse Carla Bruni, qui donnera naissance trois ans plus tard à une fille, Giulia, ce qui constitue une première à l'Élysée.

Jamais marié, le président François Hollande partage sa vie avec Valérie Trierweiler jusqu'au 25 janvier 2014, date à laquelle il officialise sa rupture avec sa compagne, deux semaines après que la presse lui a attribué une liaison avec l'actrice Julie Gayet.

Epouses et compagnes des présidents de la République française

Selon la Constitution, le conjoint du président de la République française n'a aucune fonction officielle auprès de lui mais « exerce, en vertu tant de la tradition républicaine que de la pratique diplomatique, un rôle de représentation, de patronage et d’accompagnement du chef de l’État dans ses missions »

L'appellation de « Première dame » apparaît en France, dans la seconde moitié du XIXème siècle. Elle est attribuée à Marguerite Lebrun (par transposition de l'expression américaine de First Lady, lors d'une visite au couple présidentiel américain Roosevelt).

Pendant longtemps, on appelait l'épouse du président « la présidente »

En 1906, lors de l’élection présidentielle, le journal L'Illustration titrait « Qui sera la présidente ? », se questionnant sur l'identité de l'épouse du nouveau chef de l'État

Des journalistes français utilisent l'expression « Première dame de France », pour désigner l'épouse ou la compagne du président de la République française.

Mais ce n'est que sous la Quatrième République, avec l'arrivée de René Coty, que l'épouse du président de la République, Germaine Coty, commence à exercer un certain rôle public, en traitant l'important courrier que les Français adressaient à « la dame de l'Élysée ».

Le conjoint du président n'a jamais eu de fonction légalement établie, que ce soit sous la IIIe, la IVe ou la Ve République. En pratique le conjoint a cependant une place dans le protocole institutionnel, elle est fréquemment présente lors des dîners officiels au palais de l'Élysée et lors de voyages diplomatiques à l'étranger.

Même s'il n'est pas encore président, Charles de Gaulle associe en 1940, son épouse Yvonne de Gaulle (à la demande des dirigeants britanniques, dont Winston Churchill) à un reportage visant à le faire connaître au Royaume-Uni, en tant que chef de la France libre et représentant de la France qui poursuit la lutte aux côtés des Alliés.

Marraine, du paquebot France, Yvonne de Gaulle le baptise en 1960.

Anne-Aymone Giscard d’Estaing avait résumé son rôle de conjointe de chef d’État lors de l’entrée en fonction de son époux : « Ce soir, comme ma sœur Marguerite, j’entre dans les ordres ».

Le 31 décembre 1975, Valéry Giscard d’Estaing associe son épouse à ses vœux à la nation.

 C’est réellement Danielle Mitterrand qui est la première à s'impliquer en matière de politique, en faisant part aux médias de ses vues sur le monde. D'autres femmes de président mènent également une carrière politique :

  • Anne-Aymone Giscard d'Estaing est ainsi brièvement conseillère municipale de Chanonat (Puy-de-Dôme), quant à
  • Bernadette Chirac, elle est conseillère générale de Corrèze depuis 1979.

Le rôle de Première dame, s'il n'est en rien défini, est finalement adopté par chacune, en fonction de sa personnalité.

Après le rôle diplomatique joué par Cécilia Sarkozy en tant que « représentante du président de la République », alors épouse du président, dans l'affaire des infirmières bulgares, Patrick Devedjian plaide pour attribuer un statut légal en dotant ces dames d'un pouvoir comme c'est le cas dans les monarchies. Cette proposition ne fut pas suivie d'effets.

Emmanuel Macron, élu président le 7 mai 2017, a souhaité qu'un cadre officiel soit défini pour sortir de l'hypocrisie existante, mais au cours de l’été 2017, une pétition rassemblant 220 000 signatures est lancée contre la création de ce statut.

Faute d’un statut possible, l'Élysée publie le 21 août 2017 une charte de transparence relative au statut du conjoint du chef de l’État.

Cette charte officialise le statut du conjoint du chef de l’État et lui reconnaît un « rôle de représentation » de la France aux côtés du président, notamment lors des réunions internationales. 

Elle (ou il) lui assure également :

  • Un rôle de « supervision » des réceptions à l'Élysée, et
  • Peut « Prendre part à des actions nationales et internationales,
  • Mettre en place avec d'autres conjoints de chefs d'État » (notamment pour lutter contre le changement climatique ou encore les violences faites aux femmes et aux enfants)
  • Répondre aux « sollicitations » des personnes souhaitant la rencontrer, personnalités étrangères ou citoyens français.
  • Apporter, par son parrainage ou sa présence, son soutien à « des manifestations à caractère caritatif, culturel ou social ou qui participent au rayonnement international de la France ».

La charte précise que le conjoint ne bénéficie pas de rémunération, ni de frais de représentation ou de budget propre.

Deux conseillers présidentiels sont mis à sa disposition ainsi qu'un secrétariat. Les moyens pour sa fonction sont pris sur le budget de la présidence, et soumis au contrôle de la Cour des comptes

Fondations et actions caritatives

Les Premières dames de France, notamment depuis Yvonne de Gaulle, s'illustrent à travers la création et le développement d'une fondation ou des actions caritatives

Toutes les épouses des présidents de la Ve République ont créé leur propre fondation (ou se sont impliquées dans une créée précédemment) :

  • Yvonne de Gaulle : Fondation Anne-de-Gaulle (créée en 1945 alors que son mari est président du Gouvernement provisoire de la République française) ;
  • Claude Pompidou : Fondation Claude-Pompidou ;
  • Anne-Aymone Giscard d'Estaing : Fondation pour l'enfance ;
  • Danielle Mitterrand : France Libertés - Fondation Danielle-Mitterrand ;
  • Bernadette Chirac : Association le Pont Neuf (créée en 1990, avant l'accession de Jacques Chirac à la présidence de la République) ; elle préside la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France de 1994 à 2019 et la Fondation Claude-Pompidou, après la mort de Claude Pompidou, en 2007.
  • Cécilia Sarkozy : Fondation Cécilia Attias pour les femmes.
  • Carla Bruni-Sarkozy : Fondation Carla-Bruni-Sarkozy.
  • Valérie Trierweiler : en septembre 2012, elle devient ambassadrice de la fondation Danielle-Mitterrand.
  • Brigitte Macron : à partir de 2019, elle préside la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France.

Sources : Gouv.fr    Suite :  Les Présidents (De Gaulle)

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