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24 novembre 2020 2 24 /11 /novembre /2020 22:02
Fronton original du Panthéon

Changement de fonction, changement de fronton

Le fronton du Panthéon fut pendant des siècles un enjeu politique majeur.

Au gré du temps, le mobilier, le fronton, la croix au sommet du monument sont victimes des changements de gouvernement. La croix est enlevée à chaque fois que l’église redevient Panthéon, remplacée par un drapeau français pendant la Commune de Paris, puis elle est remise en 1873.

Le premier fronton : Réalisé en 1774 par le sculpteur Nicolas Coustou, représentait un bas-relief surnommé « L’Adoration de la Croix », où des chérubins et anges entouraient une croix flamboyante.

Le 1er août 1791, l’assemblée ordonna qu’à la place de l’inscription latine du fronton soit gravé “Aux grands Hommes la Patrie Reconnaissante”. Puis il fut décidé de remplacer le bas-relief par une œuvre plus conforme aux idéaux révolutionnaires.

Le 2ème fronton : À nouvelle inscription, nouveau fronton. À partir de 1791, une femme debout couronne les vertus civiques et guerrières.Mais en 1806, la Révolution cède sa place à l’Empire Napoléonien. Napoléon le juge trop révolutionnaire, alors le fronton est recouvert d’un voile pendant près de 10 ans.

Le 3ème fronton : En 1815, Louis XVIII rétablit la monarchie en France, et réaffirme l’importance de l’église catholique en rendant l’intégralité du Panthéon au culte.  Dans un premier temps, on pense ne pas détruire le précédent fronton, mais à simplement le “christianiser”. Il fut décidé de supprimer le fronton voilé depuis 1806 et de remplacer l’ancienne inscription “Aux Grands Hommes la Patrie Reconnaissante” par « D.O.M. sub invocat. S. Genovefae. Lud. XV dicavit. Lud » (Au Dieu très bon et très grand sous l’invocation de Sainte Geneviève). Louis XV l’avait dédié à Ste Geneviève, Louis XVIII l’a restituée. Finalement, l’architecte Baltard réalisa une œuvre totalement nouvelle représentant une grande croix rayonnante.

C’est le 21 janvier 1822, que l’église qui n’avait été consacrée, le fut officiellement par Monseigneur de Quelen, achevêque de Paris.

En 1830, le régime de Louis-Philippe d’Orléans souhaite afficher son lien avec la Révolution. L’un de ses premiers actes est de rebaptiser “Sainte-Geneviève” en “Panthéon”… Et inscrire à nouveau sur la façade “Aux Grands Hommes la patrie Reconnaissante”. La croix flamboyante de Baltard n’a plus de rapport avec la nouvelle vocation du bâtiment… Un nouveau fronton est donc commandé !

Le 4ème fronton du Panthéon: La réalisation est confiée au sculpteur David D’angers, dont le thème était « La Patrie distribuant aux grands hommes, civils et militaires, des couronnes que lui tend la liberté tandis que l’histoire inscrit leur nom ».

L’artiste résiste à de nombreuses pressions, et après 7 années caché du public, le 4ème fronton est inauguré le 31 août 1837, succédant à ceux de Coustou, Moitte et Baltard.

C’est ce quatrième et dernier fronton que nous pouvons admirer aujourd’hui !

 

 Sources: Diverses, études

A suivre : Qui repose au Panthéon ?

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19 novembre 2020 4 19 /11 /novembre /2020 16:14
Le Panthéon la nuit

 

Au l’heure où Maurice Genevoix, fait son entrée au Panthéon, retour sur ce monument emblématique de Paris, tombeau des grands personnages de l’histoire de France.

C’est sur le point culminant (60 m) de la rive gauche de Paris que commence l’histoire du Panthéon.

Clovis fait construire en 502 la basilique des Saints-Apôtres, sur le lieu où mourut et ensevelie sa conseillère Geneviève.  Le roi de France et son épouse Clotilde y sont eux-mêmes inhumés respectivement en 511 et 545.

Après la canonisation de Geneviève, sainte patronne de Paris, le lieu deviendra : ‘La montagne Ste Geneviève’.

Au XIIe siècle, les chanoines de l’ordre de Saint-Augustin, dits Génovéfains (de sainte Geneviève), s’installe dans une abbaye voisine.

Nous voici en 1744. Louis XV, en déplacement à Metz, tombe gravement malade dans la nuit 7 au 8 août. Croyant sa dernière heure arrivée, il fait le vœu en cas de guérison, de construire une somptueuse église à la gloire de sainte Geneviève, en remplacement de l’ancienne très dégradée.

Guéri le 25 août 1744 c’est en 1755, 11 ans après son vœu que l’architecte Jacques Soufflot commence la construction de l’église actuelle.

Les travaux seront financés par une majoration sur les billets de la loterie nationale.

Le bâtiment d’une longueur de 110 mètres d’une largeur de 82, en forme de croix grecque, style néo-classique, avec un une nef intérieure en marbre.

Une innovation pour l’époque, dans sa structure, du métal vient en renfort de la pierre. Son dôme culmine à 83 mètres.

En même temps que la construction de l’église, Soufflot effectué la percée de l’actuelle rue portant son, ainsi que la construction de la Faculté de Droit, à laquelle en 1844, un bâtiment jumeau est construit : l’actuelle mairie du 5earrondissement.

L’architecte, épuisé par le travail et par les polémiques (déjà !) suscitées par son architecture, décède en 1780, sans avoir terminé son œuvre. La continuation des travaux est confiée à son élève, Rondelet, qui les terminent en 1790 à la veille de la Révolution.

Changement de fonction

Sous la Révolution, l’esprit religieux n’est pas de mise. A la mort de Mirabeau, l’un des inspirateurs de la Révolution, l’Assemblée Constituante décide deux jours plus tard, le 4 avril 1791, de l’inhumer dans l’église Ste Geneviève et de convertir celle-ci en « Panthéon des grands hommes » de la République et faire ainsi du Panthéon le pendant républicain et laïque de la Basilique Saint-Denis, nécropole royale.

L’église Ste Geneviève prend donc le nom de Panthéon, (temple que les Grecs et les Romains consacraient à certains de leurs dieux) et… on enlève la croix au-dessus du dôme.

La crypte prévue pour accueillir les dépouilles de 300 Génovéfains, permet aux Révolutionnaires de voir venir. L’Assemblée afin de plonger la nef dans une pénombre mortuaire a le mauvais goût d’obturer les fenêtres latérales qui donnaient à l’édifice lumière et légèreté.

Tout au long du 19e siècle, au gré des changements de pouvoirs successifs change de fonction : Église transformée en Panthéon par la Révolution, rétabli sous le Premier Empire.

Napoléon en 1806, en restitue une partie au culte catholique, sa crypte continue de recevoir les dépouilles des « grands hommes » et des fidèles de l'Empereur, généralement d'illustres inconnus.

Sous la Restauration (1821), le monument est de nouveau ré-ouvert au culte, la crypte est fermée et l’on suggère à Louis XVIII, d'exclure le mécréant Voltaire du temple, répond : « Ça ne lui fera pas de mal d'écouter la messe de temps en temps ».

En 1830, Louis-Philippe fit à nouveau de l’église un Panthéon laïque, avant que le Second Empire (1851-1870) de Napoléon III décidât de rendre le monument… au culte catholique !

La Seconde République en 1848, transforme le Panthéon en « Temple de l'humanité ». En 1851, la nef accueille le pendule de Foucault pour une expérience scientifique de longue haleine. 

Après le coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte (6 décembre 1851), le Second Empire, élève l’édifice au rang de basilique nationale.  Elle retrouve la châsse de sainte Geneviève qui en avait été chassée en 1792 et l'inscription de David d'Angers sur le fronton est effacée.

En 1871, nouveau retour de balancier : la IIIe République enlève les symboles du christianisme.

La Seconde République en 1848, transforme le Panthéon en « Temple de l'humanité ». En 1851, la nef accueille le pendule de Foucault pour une expérience scientifique de longue haleine. 

En 1885, à l’occasion des funérailles de Victor Hugo, la IIIe République décide de rendre définitivement le Panthéon à la célébration des grands hommes de la nation… la croix ne fut pas enlevée, dernier témoin des origines cultuelles de ce monument.

A suivre : Changement de fonction, changement de fronton.

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11 novembre 2020 3 11 /11 /novembre /2020 10:36

Bleuet à la boutonnière pour les français, coquelicot pour les anglais, nous célébrons ce 11 novembre, l’armistice de 1918.

Pourquoi un bleuet, pourquoi un coquelicot ?

Ce choix n’est pas anodin. Avec le coquelicot, cette fleur est la seule à pousser au milieu du chaos des no man's land des champs de bataille de la Première Guerre mondiale.

En outre les « bleuets » étaient le nom donné aux nouveaux arrivants sur le front, dont la couleur de l'uniforme immaculé contrastait avec celui des Poilus aux combats dans les tranchées.

Cette fleur aux pétales azurés est donc devenue le symbole de la mémoire et de la solidarité des combattants de la guerre 14-18 et maintenant celles de tous les morts pour la France.

Le bleuet, symbole de réinsertion par le travail

La Grande Guerre laisse derrière elle 20 millions de blessés, ces « gueules cassées », des invalides et des mutilations, des familles meurtries.

Pour ces « braves », il faut du temps, un temps long, celui de la reconstruction, physique et psychologique.

Il faut également aider ceux qui restent après la mort au combat d'un mari ou d'un père pour continuer à avancer, notamment en participant au financement des études des Pupilles de la Nation.

Touchées par le sort des blessés de guerre et les « gueules cassées » dont elles s'occupent à l'hôpital militaire des Invalides, deux infirmières, Suzanne Lenhardt, veuve d'un capitaine d'infanterie, et Charlotte Malleterre, fille et femme de général, organisent en 1916 des ateliers durant lesquels sont brodées ces fleurs à l'aide de tissu et papier journal.

Les recettes sont versées à ces anciens Poilus, afin de leur fournir un semblant de salaire, et un moyen de redonner du sens à une existence blessée. Le bleuet devient un modèle de réinsertion par le travail.

Le Bleuet est choisi pour incarner le symbole national du Souvenir.

Au cours des années 1920, sous l'impulsion de Louis Fontenaille, président des Mutilés de France des initiatives sont prises pour instituer le Bleuet comme symbole des morts pour la France.

En 1928, le chef de l'État, Gaston Doumergue, appuyant cette initiative, accorde son parrainage au Bleuet de France afin de « venir en aide à ces hommes qui ont sacrifié leur jeunesse à défendre la France ».

Le 11 novembre 1934, la vente des bleuets (fabriqués par des anciens combattants), sont vendu pour la première fois dans les rues parisiennes.

A partir de 1935, l'État encadre et officialise la vente du Bleuet le jour de l'Armistice. Au fil du temps, la petite fleur bleue devient le symbole de l'insertion par le travail.

Si la tradition s'est ensuite quelque peu perdue, elle a fait son retour en 2012, lorsque Nicolas Sarkozy fait adopter une loi fixant au 11 novembre «la commémoration de tous les morts pour la France » et non plus uniquement ceux de la Première Guerre mondiale.

 

La Nation se montre reconnaissante envers ceux qui ont défendu la France

Placée sous l'autorité de l'Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre (ONACVG) depuis 1991, l'Œuvre Nationale du Bleuet de France organise tous les ans, le 11 novembre et le 8 mai, une collecte à travers toute la France.

Elle est un des acteurs majeurs de la politique de transmission de la mémoire en portant chaque année plusieurs centaines de projets mémoriaux, mais surtout, elle continue à agir au profit des blessés de guerre, des anciens combattants, des pupilles de la Nation et des victimes civiles d'attentats.

Porter le Bleuet, c'est se souvenir de notre Histoire, se souvenir des Français qui ont consenti à donner leur vie pour notre liberté, c'est afficher notre attachement à la France en soutenant ceux qui s'engagent au quotidien pour la défendre, c’est également participer à renforcer le lien entre la Nation et son armée.

Le coquelicot

En Grande-Bretagne, alors que les arbres se dénudent, le froid de novembre apporte une fleur aux pétales rouge sang :  le coquelicot, emblème de la vie, du réconfort après la mort.

Symbole de la Grande Guerre, il vient fleurir les poitrines des citoyens britanniques, en mémoire des dix millions de personnes qui ont péri entre 1914 et 1918.

Le « remembrance poppy » (coquelicot du souvenir) est vendu aujourd'hui sous la forme de badges, broches ou pin's par des bénévoles de la Royal British Legion tandis que résonne la devise « lest we forget» («qu'on se souvienne»), tirée du poème Recessional (récession) de Rudyard Kipling.

« Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre  (Sir Winston Churchill).

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9 novembre 2020 1 09 /11 /novembre /2020 16:55
Portrait officiel de Charles de Gaulle. Photo Jean-Marie Marcel 
Portrait officiel de Charles de Gaulle. Photo Jean-Marie Marcel 

De Gaulle

Le général de Gaulle a donné de lui deux images : celle de l'homme du 18 juin 1940 et celle du fondateur de la Ve République en 1958. Né à Lille le 22 novembre 1890 dans une famille catholique et patriote.

A sa sortie de l'École militaire de Saint-Cyr en 1912, il choisit l'infanterie qu'il juge "plus militaire". Pendant la Première Guerre Mondiale, blessé, il est fait prisonnier en 1916 et après plusieurs tentatives d'évasion, il est enfermé dans la forteresse d'Ingolstadt.

Colonel en 1937, général à titre temporaire à la fin mai 1940, il est appelé le 5 juin, comme secrétaire d'État à la Défense nationale et à la Guerre par Paul Reynaud, Président du Conseil.

Le 16 juin, de retour de mission en Angleterre, il apprend la demande d'armistice. Il repart aussitôt pour Londres afin de poursuivre la guerre, et lance un appel à la résistance, sur les ondes de la BBC, le 18 juin.

Grâce à sa détermination et à l'appui de Churchill, il organise :

  • Des forces armées qui deviendront les Forces françaises libres,
  • Crée un Comité national français avec l'aide de René Cassin, qui deviendra
  • Le Comité français de la Libération nationale le 3 juin 1943 puis le Gouvernement provisoire de la République française un an plus tard.

Président du Gouvernement provisoire, de Gaulle, en désaccord avec l'Assemblée constituante sur la conception de l'État, démissionne le 20 janvier 1946.

Le 16 juin 1946, à Bayeux, il expose un véritable projet constitutionnel avec un exécutif fort, germe de ce que sera la Constitution de la Ve République.

Le 14 avril 1947, il lance un mouvement le Rassemblement du Peuple français (RPF).

L'impuissance de la IVe République face à la question algérienne conduit bon nombre de responsables politiques de tous bords à souhaiter le retour du Général.

Suite à la crise du 13 mai 1958 à Alger, le Président de la République, René Coty, décide de faire appel "au plus illustre des Français", Charles de Gaulle.

Le 1er juin, il devient alors le dernier président du Conseil de la IVe République.

Recevant les pleins pouvoirs il fait élaborer une Constitution qui sera adoptée par référendum le 28 septembre 1958, avec 79,2% de "oui". Les différents territoires de l'Empire l'approuvent également, sauf la Guinée devenant ainsi le premier État d'Afrique à obtenir son indépendance.

De Gaulle Président 1er Président de la Ve République. (1958 – 1965)

Il est élu Président de la République française et de la Communauté africaine et malgache par un collège électoral, le 21 décembre suivant.

Pour le général de Gaulle, une France puissante ne se conçoit pas sans institutions stables.

La Constitution de la Ve République en est l'outil principal, mais il veut que l'exécutif soit renforcé par le soutien populaire : le référendum lors de choix importants sur :

  • L’autodétermination des Algériens (8 janvier 1961),
  • Les accords d'Évian (8 avril 1962),
  • La réforme constitutionnelle (28 octobre 1962),

La tâche la plus urgente concerne l'Algérie, De Gaulle s'achemine vers la solution de l'indépendance : après l'offre de "la paix des braves" en octobre 1958, il propose l'autodétermination aux Algériens l'année suivante.

Malgré l’échec du putsch des généraux le 22 avril 1961, les négociations avec le FLN s’ouvrent et les accords d'Évian, signés le 22 mars 1962, acceptés par référendum en France et en Algérie, accordent l'indépendance à celle-ci.

Après la réforme financière de 1958 (passage de l’ancien franc au nouveau franc), la France bénéficie de la croissance amorcée sous la IVe République,  Poursuivant la politique nucléaire de la IVe République, la première bombe atomique française éclate à Reganne en février 1960. Refusant la tutelle des États-Unis il retire peu à peu la France du système intégré de l'OTAN (ce sera chose faite en 1966), tout en restant membre de l'Alliance atlantique.

Cherchant à construire une Europe réellement européenne, il se rapproche de l'Allemagne fédérale en signant le Traité de l'Élysée (22 janvier 1963), et refuse l'entrée de la Grande-Bretagne, dans la Communauté économique européenne la trouvant trop liée aux États-Unis. Il renforce la CEE avec la politique agricole commune en 1963 et reconnait en 1964 la République populaire de Chine.

Après l'attentat du Petit-Clamart, le 22 août 1962, le Général propose l'élection du chef de l'État au suffrage universel, afin de lui assurer une légitimité nécessaire face aux députés.

L'élection présidentielle est, depuis, un des éléments majeurs de la participation des citoyens à la vie politique.

Second mandat (1965 – 1969)

Après son premier mandat de sept ans, l'élection au suffrage universel est mise en pratique pour la première fois en 1965. Il est élu au second tour face à François Mitterrand, avec 54,8% des voix.

Il effectue un long voyage en Amérique latine. Prononce un discours à Phnom-Penh en 1966 dans lequel il stigmatise la politique américaine au Vietnam. En juillet 1967, le "Vive le Québec libre !" accentue l'opposition du Général à l'impérialisme américain, tout en défendant la présence historique de la France en Amérique du Nord.

De Gaulle se rapproche également de l'Union soviétique et de ses États satellites, pour construire "l'Europe de l'Atlantique à l'Oural".

La politique de "Détente, Entente et Coopération" est amorcée par un voyage en URSS en juin 1966. Au demeurant, le général de Gaulle n'a jamais failli à sa fidélité au bloc occidental et par exemple, lors de la crise de Cuba en 1962, il a été le premier à soutenir Kennedy contre Khrouchtchev.

Le Général souhaitait une réforme de la société allant dans le sens de plus de participation à la vie des entreprises notamment, Les événements de Mai 1968 sont le révélateur d’une France qui "s'ennuie". A la contestation des étudiants s'ajoute le mécontentement des ouvriers. Il dissout l'Assemblée nationale le 30 mai.

Un projet portant sur la régionalisation et la réforme du Sénat est soumis au référendum le 27 avril 1969. A cette occasion, Charles de Gaulle engage sa propre légitimité. Le projet proposé aux Français, est rejeté par 52,4% des voix.

Fidèle à sa promesse et respectueux du peuple souverain, de Gaulle démissionne le lendemain.

De Gaulle après l’Élysée.

Il se retire à Colombey-les-Deux-Eglises, s'abstient de toute prise de position publique, et poursuit l'écriture de ses mémoires. Les Mémoires de Guerre avaient commencé de paraître en 1954. Seul le premier volume des Mémoires d'espoir est achevé lors que Charles de Gaulle meurt, le 9 novembre 1970.

Selon ses dernières volontés il est enterré au cimetière de Colombey en présence de sa famille, des Compagnons de la Libération et des habitants de son village, pendant qu'à Notre-Dame de Paris a lieu une cérémonie officielle avec les autorités de l'État et les personnalités étrangères.

Source : Fondation Charles de Gaulle

A suivre : Les 1er ministres. 1- Michel Debré

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30 octobre 2020 5 30 /10 /octobre /2020 17:37

Une lettre de Madame de Sévigné, datée du 30 avril 1687, censée être adressée à sa fille Madame de Grignan, est abondamment partagée ces derniers jours sur les réseaux sociaux, n’a jamais existé, cet écrit est un pastiche.

La femme de lettres du XVIIsiècle décrit dans cette soi-disant lettre une situation d’épidémie à Paris, où le roi Louis XIV aurait confiné ses habitants.

Je cite :

« Surtout, ma chère enfant, ne venez point à Paris !

Plus personne ne sort de peur de voir ce fléau s’abattre sur nous, il se propage comme un feu de bois sec.

Le roi et Mazarin nous confinent tous dans nos appartements.

Monsieur Vatel, qui reçoit ses charges de marée, pourvoie à nos repas qu’il nous fait livrer »

Cela m’attriste, je me réjouissais d’aller assister aux prochaines représentations d’une comédie de monsieur Corneille « Le Menteur », dont on dit le plus grand bien.

Nous nous ennuyons un peu et je ne peux plus vous narrer les dernières intrigues à la Cour, ni les dernières tenues à la mode.

Heureusement, je vois discrètement ma chère ami, Marie-Madeleine de Lafayette, nous nous régalons avec les fables de monsieur De La Fontaine, dont celle, très à propos, « Les animaux malades de la peste ».

Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés » !

Je vous envoie deux drôles de masques ; c’est la grande mode, tout le monde en porte à Versailles. C’est un joli air de propreté, qui empêche de se contaminer.

Je vous embrasse, ma bonne, ainsi que Pauline.

Cette lettre n’a jamais existé, c’est un pastiche, car :

Premièrement, on ne retrouve aucune épidémie sur Paris cette année-là.

Deuxièmement, deux des personnes citées, le cardinal Mazarin et le cuisinier Vatel, sont déjà morts le jour où cette missive est censée être rédigée :

Le premier est mort en 1661 et le second s’est suicidé en 1671. La marquise de Sévigné fait d’ailleurs le récit de sa mort dans ses lettres.

Troisièmement, le 30 avril 1687, était un… mercredi.

Enfin, aucune lettre écrite par Madame de Sévigné un 30 avril 1687 ne figure dans les recueils recensant ses lettres.

Madame de Sévigné*.

Marie de Rabutin-Chantal naquit à Paris le 5 février 1626.

Orpheline, elle fut d’abord élevée par son grand-père et sa grand-mère maternels, M. et Mme de Coulanges. A la mort de ceux-ci l’enfant fut confiée à l’aîné de leurs fils, l’abbé de Coulanges, (que Mme de Sévigné appelait plus tard le "Bien bon").

En 1644, Marie de Rabutin-Chantal épousa le marquis Henri de Sévigné, parent du cardinal de Retz.

Le marquis ruina sa femme, et, pour une querelle de jeu, il se battit en 1651 avec le chevalier d’Albret, qui le tua.

De ce mariage étaient nés deux enfants : Françoise-Marguerite et Charles.

Retiré (3 ans) à la campagne (aux Rochers, près de Vitré en Bretagne), elle remit de l’ordre dans sa fortune, grâce aux conseils du "Bien bon".

En 1654, elle revint à Paris, où elle fréquente l’Hôtel de Rambouillet et s’occupe de l’éducation de ses enfants.

En 1669, elle marie sa fille au comte de Grignan, deux fois veuf, et lieutenant général en Provence (Mme de Grignan dut, en 1671, rejoindre son mari). 

Cette séparation fut douloureuse, et c'est donc pour distraire sa fille, qui s'ennuyait au milieu des fêtes et des tracasseries de la société provençale que Mme de Sévigné entreprend de transposer Paris et Versailles à Aix dans ces lettres.

Elle lui écrit tous les jours pour la tenir au courant de tout ce qui pouvait l'intéresser ; mais surtout elle lui parlait de ses sentiments : l'amour maternel, avec toutes ses nuances, tantôt exalté, tantôt inquiet, tantôt désolé, tantôt joyeux.

Ces lettres constituent également un témoignage de premier ordre sur les temps de Mme de Sévigné, la société et la cour de Louis XIV.

 Mme de Sévigné, qui recevait souvent à Paris sa fille et ses petits-enfants, elle allait également les visiter à Grignan et c’est dans ce château, en avril 1696, atteinte de la petite vérole, quelle décéda.

Quant à son fils Charles, il fut brave soldat, prit part à plusieurs campagnes, et finit par se retirer en Bretagne.

*Source : Charles-Marc Des Granges, Les Grands écrivains français des origines à nos jours, Librairie Hatier, 1900 et Édouard Pilastre, Petit glossaire des lettres de Madame de Sévigné, 1908

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26 octobre 2020 1 26 /10 /octobre /2020 17:40

Avant de parler du rôle des épouses des Présidents de la République, faisons le point sur leur situation conjugale.  

À l'exception de Louis-Napoléon Bonaparte qui reste officiellement célibataire, bien qu'étant en ménage avec Harriet Howard, durant tout son mandat de président de la République (1848 à 1852) et François Hollande qui n'a jamais été marié, tous les présidents de la République française étaient mariés quand ils étaient en exercice.

Après le rétablissement de la dignité impériale, le 2 décembre 1852, Napoléon III épouse le 29 janvier 1853 Eugénie de Montijo, qui portera le titre d'impératrice des Français.

Raymond Poincaré, marié civilement, doit régulariser religieusement sa situation maritale avec son épouse Henriette, veuve et divorcée, le 5 mai 1913. Il organise la cérémonie dans le secret, pour ne pas froisser un électorat majoritairement catholique à l'époque.

En 1924, lorsqu'il accède à la présidence de la République, Gaston Doumergue est célibataire. Il entretient cependant une liaison de longue durée avec Jeanne-Marie Gaussal.

Durant son mandat présidentiel, il va tous les matins prendre son petit déjeuner avec elle à son ancien domicile, avenue de Wagram, où il se rend à pied depuis l'Élysée. Douze jours avant la fin de son mandat présidentiel, le chef de l'État épouse, dans le Salon vert du palais de l'Élysée, sa compagne au cours d'une cérémonie civile, en juin 1931. 

En novembre 1955, un peu plus d'un an après son entrée en fonction, le président René Coty devient veuf après le décès de son épouse Germaine, (qui était aimée des Français). Le magazine américain Life publie dans ses pages quelques jours plus tard une tribune consacrée à la défunte première dame.

En 2007, le président Nicolas Sarkozy divorce de sa seconde épouse, Cécilia Ciganer Albéniz, cinq mois après le début de son mandat et le 2 février 2008 il épouse Carla Bruni, qui donnera naissance trois ans plus tard à une fille, Giulia, ce qui constitue une première à l'Élysée.

Jamais marié, le président François Hollande partage sa vie avec Valérie Trierweiler jusqu'au 25 janvier 2014, date à laquelle il officialise sa rupture avec sa compagne, deux semaines après que la presse lui a attribué une liaison avec l'actrice Julie Gayet.

Epouses et compagnes des présidents de la République française

Selon la Constitution, le conjoint du président de la République française n'a aucune fonction officielle auprès de lui mais « exerce, en vertu tant de la tradition républicaine que de la pratique diplomatique, un rôle de représentation, de patronage et d’accompagnement du chef de l’État dans ses missions »

L'appellation de « Première dame » apparaît en France, dans la seconde moitié du XIXème siècle. Elle est attribuée à Marguerite Lebrun (par transposition de l'expression américaine de First Lady, lors d'une visite au couple présidentiel américain Roosevelt).

Pendant longtemps, on appelait l'épouse du président « la présidente »

En 1906, lors de l’élection présidentielle, le journal L'Illustration titrait « Qui sera la présidente ? », se questionnant sur l'identité de l'épouse du nouveau chef de l'État

Des journalistes français utilisent l'expression « Première dame de France », pour désigner l'épouse ou la compagne du président de la République française.

Mais ce n'est que sous la Quatrième République, avec l'arrivée de René Coty, que l'épouse du président de la République, Germaine Coty, commence à exercer un certain rôle public, en traitant l'important courrier que les Français adressaient à « la dame de l'Élysée ».

Le conjoint du président n'a jamais eu de fonction légalement établie, que ce soit sous la IIIe, la IVe ou la Ve République. En pratique le conjoint a cependant une place dans le protocole institutionnel, elle est fréquemment présente lors des dîners officiels au palais de l'Élysée et lors de voyages diplomatiques à l'étranger.

Même s'il n'est pas encore président, Charles de Gaulle associe en 1940, son épouse Yvonne de Gaulle (à la demande des dirigeants britanniques, dont Winston Churchill) à un reportage visant à le faire connaître au Royaume-Uni, en tant que chef de la France libre et représentant de la France qui poursuit la lutte aux côtés des Alliés.

Marraine, du paquebot France, Yvonne de Gaulle le baptise en 1960.

Anne-Aymone Giscard d’Estaing avait résumé son rôle de conjointe de chef d’État lors de l’entrée en fonction de son époux : « Ce soir, comme ma sœur Marguerite, j’entre dans les ordres ».

Le 31 décembre 1975, Valéry Giscard d’Estaing associe son épouse à ses vœux à la nation.

 C’est réellement Danielle Mitterrand qui est la première à s'impliquer en matière de politique, en faisant part aux médias de ses vues sur le monde. D'autres femmes de président mènent également une carrière politique :

  • Anne-Aymone Giscard d'Estaing est ainsi brièvement conseillère municipale de Chanonat (Puy-de-Dôme), quant à
  • Bernadette Chirac, elle est conseillère générale de Corrèze depuis 1979.

Le rôle de Première dame, s'il n'est en rien défini, est finalement adopté par chacune, en fonction de sa personnalité.

Après le rôle diplomatique joué par Cécilia Sarkozy en tant que « représentante du président de la République », alors épouse du président, dans l'affaire des infirmières bulgares, Patrick Devedjian plaide pour attribuer un statut légal en dotant ces dames d'un pouvoir comme c'est le cas dans les monarchies. Cette proposition ne fut pas suivie d'effets.

Emmanuel Macron, élu président le 7 mai 2017, a souhaité qu'un cadre officiel soit défini pour sortir de l'hypocrisie existante, mais au cours de l’été 2017, une pétition rassemblant 220 000 signatures est lancée contre la création de ce statut.

Faute d’un statut possible, l'Élysée publie le 21 août 2017 une charte de transparence relative au statut du conjoint du chef de l’État.

Cette charte officialise le statut du conjoint du chef de l’État et lui reconnaît un « rôle de représentation » de la France aux côtés du président, notamment lors des réunions internationales. 

Elle (ou il) lui assure également :

  • Un rôle de « supervision » des réceptions à l'Élysée, et
  • Peut « Prendre part à des actions nationales et internationales,
  • Mettre en place avec d'autres conjoints de chefs d'État » (notamment pour lutter contre le changement climatique ou encore les violences faites aux femmes et aux enfants)
  • Répondre aux « sollicitations » des personnes souhaitant la rencontrer, personnalités étrangères ou citoyens français.
  • Apporter, par son parrainage ou sa présence, son soutien à « des manifestations à caractère caritatif, culturel ou social ou qui participent au rayonnement international de la France ».

La charte précise que le conjoint ne bénéficie pas de rémunération, ni de frais de représentation ou de budget propre.

Deux conseillers présidentiels sont mis à sa disposition ainsi qu'un secrétariat. Les moyens pour sa fonction sont pris sur le budget de la présidence, et soumis au contrôle de la Cour des comptes

Fondations et actions caritatives

Les Premières dames de France, notamment depuis Yvonne de Gaulle, s'illustrent à travers la création et le développement d'une fondation ou des actions caritatives

Toutes les épouses des présidents de la Ve République ont créé leur propre fondation (ou se sont impliquées dans une créée précédemment) :

  • Yvonne de Gaulle : Fondation Anne-de-Gaulle (créée en 1945 alors que son mari est président du Gouvernement provisoire de la République française) ;
  • Claude Pompidou : Fondation Claude-Pompidou ;
  • Anne-Aymone Giscard d'Estaing : Fondation pour l'enfance ;
  • Danielle Mitterrand : France Libertés - Fondation Danielle-Mitterrand ;
  • Bernadette Chirac : Association le Pont Neuf (créée en 1990, avant l'accession de Jacques Chirac à la présidence de la République) ; elle préside la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France de 1994 à 2019 et la Fondation Claude-Pompidou, après la mort de Claude Pompidou, en 2007.
  • Cécilia Sarkozy : Fondation Cécilia Attias pour les femmes.
  • Carla Bruni-Sarkozy : Fondation Carla-Bruni-Sarkozy.
  • Valérie Trierweiler : en septembre 2012, elle devient ambassadrice de la fondation Danielle-Mitterrand.
  • Brigitte Macron : à partir de 2019, elle préside la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France.

Sources : Gouv.fr    Suite :  Les Présidents (De Gaulle)

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15 octobre 2020 4 15 /10 /octobre /2020 21:26
75ème année de la journée mondiale de l’alimentation.

Le 16 octobre de chaque année, l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) célèbre la Journée mondiale de l'alimentation.

Depuis 1981, on commémore ainsi la fondation de la FAO le 16 octobre 1945.

Cette journée internationale permet de sensibiliser la population à la lutte mondiale contre la faim.

Elle vise aussi à soutenir et à faire connaître des projets qui investissent dans les infrastructures rurales pour améliorer le rendement agricole dans les pays où la famine sévit.

C’est l’occasion de s’intéresser à l’histoire de ces trois grands classiques de l’alimentation : le pain, le fromage et le vin.

Le pain

Les hommes préhistoriques ne connaissaient pas le pain, ils faisaient griller et broyaient des céréales (épeautre, orge, seigle…) puis en fond des bouillies. Ce n’est que vers l’âge de bronze que nos ancêtres font de cette bouillie des galettes qu’ils cuisent sous la cendre ou sur des pierres chauffées.

Ce serait les égyptiens qui ont découvert par hasard le procédé de la panification.  De la pâte à pain fabriquée à partir de d’eau, de lait et de farine, aurait été oubliée, même toute de même cuite, afin de ne pas perdre cette pâte. Un texte datant de 2000 ans avant notre ère évoque le pain, de même qu’il a été retrouvé des restes de pain en offrande aux dieux, dans des tombes égyptiennes.

Initiés par les Égyptiens, les Grecs, vers 800 avant notre ère, améliorent avec les meules, la fabrication de farine plus fine. En créant environ 70 variétés de pain et en l’utilisation de fours, ils inventent le métier de boulanger.

C’est les Romains qui vers 60 ans avant notre ère, invente les moulins à eau et créent de grandes meuneries-boulangeries. Le pain devient l’aliment de toute la population, mais avec des différences notoires selon la position sociale : Les riches mangent du pain de farine blanche, les pauvres du pain de farine de son et les esclaves du pain d’orge.

Au Moyen Âge, les pauvres doivent se contenter du « pain de famine », mélange de farine, de paille ou d’argile ou de pain fabriqué à partir de farine de glands, de racine et d’herbes séchées.

Pour ne rien arranger dans ces temps difficiles, les paysans doivent acquitter un impôt pour moudre la farine et cuire le pain au four banal : le ban. Une police du pain et du blé est créée afin de déterminer le prix du pain.

Les riches utilisaient le pain comme assiette (appelé tranchoir ou tailloir), et ensuite il était donné aux pauvres.

A la Renaissance, la découverte de la levure de bière, facilite la fermentation. Malgré ce grand progrès le pain reste très cher et donne lieu à des émeutes qui éclatent sous le nom « guerre des farines »

La prise de la Bastille, le 14 juillet 1789, aurait eu pour motif d’y récupérer du blé supposé entassé entre ses murs.

En 1793, il est voté l’abolition des moulins et des fours banaux et la création du « pain de la liberté ». En 1836, avec la création de la baguette, apparait la première boulangerie industrielle.

Lors de 1ère guerre mondiale, un ‘pain de guerre’ est crée pour les poilus, un pain noir à longue conservation.

 causes du manque de céréales, pendant la seconde guerre mondiale, le pain est de mauvaise qualité, le rationnement est mis en place.

En France, autrefois aliment de base, le pain est devenu aujourd’hui un aliment de plaisir qui de décline sous différentes formes (baguette, boulot, pain de campagne, pain de mie, etc, …)

Le fromage.

Aliment de base, riche en graisse, protéines, calcium, le fromage remonte au début de l’agriculture, vers 8000 avant notre ère.

On retrouve dans l’Odyssée, le cyclope fabricant et stockant du lait de brebis et de chèvre.

La légende du Brie de Meaux, nous dit qu’une jeune Melde, aurait laissé au fond de son outre de peau de chèvre, du lait tiré depuis plusieurs jours. Découvrant l’ampleur du désastre et pour éviter les représailles de la perte de ce précieux lait, elle décide avant de vider le récipient dans la rivière qui ne s’appelait pas encore la ‘Marne’ elle commence par enlever le liquide qui surnage en surface. C’est alors qu’elle découvre au fond une pâte blanche déjà constituante … C’est le premier fromage !... « De Brie, qui deviendra 9500 ans plus tard :  ‘le roi des fromages, prince des desserts …  Le Brie de Meaux !!! »

Les premiers fromages apparaissent en Mésopotamie et en Inde. Au temps des Romains, Pline décrit la diversité des fromages qui ne se conservent pas bien et ceux qui se consomment frais.

Durant le Moyen-Âge, ce sont les bénédictins, puis les cisterciens qui assurent l’expansion du fromage.

Le plateau de fromages n’apparait qu’au XIXe siècle et au XXe siècle apparait la pasteurisation ouvrant la voie à la fabrication industrielle.

La fabrication du fromage se fait en plusieurs étapes :

Le caillage (introduction de présure dans le lait), le mouillage (mise du lait caillé dans le moule), l’égouttage (séparation du petit lait), le salage et enfin l’affinage (plus ou moins long en fonction de fromage).

Le fromage satisfait tous les goûts :

Frais ou blancs non affinés (petit suisse, faisselle, mozzarella, féta..), à pâte molle et croute fleurie (brie, camembert, neufchâtel, crottin de Chavignol…), à pâte molle lavée, et croûte lavée (livarot, chaource, époisses, munster …), à pâte persillées (bleu d’Auvergne, roquefort, fourme d’Ambert…), à pâte pressée non cuite (mimolette, cantal, tomme…), à pâte pressée cuite (comté, abondance, beaufort, gruyère…), les chèvres

En France, la fabrication du fromage est réglementée par un décret de 2007 qui définit l’appellation « fromage » : produit fermenté ou non, obtenu par coagulation du lait, de la crème ou de leur mélange ; fromage fermiers fabriqués à la ferme ou exclusivement avec son lait ; fromages au lait cru dont la température du lait n’a pas excédé 40°.

Aujourd’hui, en France, 45 fromages bénéficient de l’AOP (Appellation d’Origine Protégée), 9 de l’IGP (Indication Géographique Protégée), 3 beurres et crèmes bénéficient également d’une AOP, ainsi que 156 fromages européens.

Une lichette de Brie de Meaux : « Onctueuse, Crémeuse, Savoureuse » sur une tranche de pain, avec un verre de Givry : « Vigoureux, Joyeux, Capiteux », c’est divin… Parole du Grand Connétable des Compagnons du Brie de Meaux.

Le vin

Le texte le plus ancien connu sur le vin, provient de Mésopotamie : le conte L’épopée de Gilgamesh.

L’histoire de la vigne et du vin se confond avec l’histoire de la civilisation : Noé dans l’ancien testament, Dionysos pour les Grecs, Bacchus pour les Romains.

En 2011 en Arménie il a été découvert une unité votre production de vin datant de six Milan avant notre ère.

La vigne sauvage (sorte de liane) a été domestiqués aux alentours de 8000 ans avant notre ère dans l’arc caucasien (actuellement l’Iran, la chirurgie, la Turquie).

Grâce aux échanges commerciaux la vigne s’est développée sur tout le bassin méditerranéen avec les Grecs et les Phéniciens.

Sur les bas-reliefs égyptiens on trouve la représentation des procédés utilisés pour fabriquer le vin et dans la tombe de Toutankhamon, on a retrouvé des amphores de vin.

C’est les Romains qui ont diffusé des procédés de vinification à travers toute l’Europe.

Les Gaulois, bons cultivateurs et viticulteurs dont les vins étaient très appréciés, inventent le tonneau, plus pratique que la jarre en terre cuite pour la conservation du vin.

Au Moyen-Âge, l’expansion du christianisme a favorisé celle de la vigne dans la mesure où le culte chrétien nécessite la présence du vin. C’est ainsi que chaque monastère avait sa vigne et élaborait son vin Châteauneuf-du-Pape au XVIe siècle par les papes en Avignon, le vin de Bourgogne par les Cisterciens.

Au XVe siècle Paris comptait 4000 tavernes, où l’on buvait le vin au pichet, la bouteille n’ayant été inventée qu’au XVIIe siècle.

Durant l’hiver 1709, un froid terrible a endommagé beaucoup de vignoble (cette année-là, la mer a gelée sur les côtes).

Au XVIIe siècle, afin de produire plus de blé, de nombreuses vignes furent arrachées, mais c’est en 1864 que tous les vignobles européens ont été décimés par le phylloxéra, un minuscule puceron ravageur de la vigne. Pour remédier à cette épidémie, il fallut importer des plants américains plus résistants et les greffer sur les cépages européens. C’est seulement 30 ans plus tard que l’Europe à surmonté ce fléau, mais la surface des vignobles fut considérablement diminuée, toutes les vignes arrachées, n’étant pas replantées, ce qui engendra une grave pénurie accentuée par la première guerre mondiale durant laquelle les vignes sont restées à l’abandon faute de main-d’œuvre.

La France est connue dans le monde entier pour la qualité de ses vins de Bordeaux, Côtes-du-rhône, Alsace, Bourgogne, Languedoc-Roussillon, vallée de la Loire et de Provence.

Les vins français sont classés en quatre catégories : vin de table (vins de coupage sans indication d’origine), vins de pays (sélection des meilleurs vins de table), les Appellations d’Origine Contrôlée (AOP), faisant l’objet d’un décret publié au Journal Officiel) et les Appellations d’origine vin délimité de qualité supérieure, vendues en label de garantie.

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8 octobre 2020 4 08 /10 /octobre /2020 08:52

Le Président de la République

Clé de voûte des institutions de la VRépublique, le Président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct, mode de désignation lui conférant une légitimité démocratique en rapport avec l’étendue de ses pouvoirs.

Ceux-ci sont soit personnels :

  • Recours au référendum législatif,
  • Droit de dissolution de l’Assemblée nationale,
  • Pouvoirs exceptionnels de l’article 16,
  • Nomination du Premier ministre,
  • Droit de saisine du Conseil constitutionnel, etc.),

Soit soumis au contreseing du Premier ministre :

  • Nomination des ministres,
  • Convocation du Parlement en session extraordinaire,
  • Signature des ordonnances, promulgation des lois, droit de grâce, etc.).

Plus généralement, c’est au Président de la République qu’il incombe de veiller au respect de la Constitution, d’assurer le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et de garantir l’indépendance nationale et l’intégrité territoriale.

Il est le garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire.

La réalité des pouvoirs du Président de la République peut être modifiée dans certaines circonstances :

  • Lorsque la majorité présidentielle et la majorité législative coïncident, la fonction présidentielle prédomine ; à l’inverse,
  • La « cohabitation » confère une suprématie politique de fait au Premier ministre.

 

L’élection du Président de la République

Tout citoyen français âgé de dix-huit ans révolus peut se porter candidat à l’élection présidentielle à condition d’avoir obtenu le parrainage de cinq cents élus nationaux ou locaux.

le Conseil constitutionnel vérifie la validité des candidatures.

La campagne électorale officielle s’ouvre quinze jours avant le premier tour et se prolonge, le cas échéant, pendant les deux semaines séparant les deux tours.

L’élection a lieu au scrutin majoritaire à deux tours. Seuls les deux candidats arrivés en tête au premier tour restent en compétition pour le second.

Le Président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct.

Cette règle, est la conséquence de deux réformes institutionnelles essentielles :

  • La révision de la Constitution de 1962, réalisée par référendum, instaurant l’élection du Président de la République au suffrage universel direct, a conféré à la fonction une légitimité plus en rapport avec l’étendue de ses pouvoirs (avant cette réforme, le Président était élu par un collège constitué des parlementaires et d’élus locaux) ;
  • La révision de la Constitution de 2000, effectuée par la voie parlementaire et approuvée par référendum a réduit de sept à cinq ans la durée de son mandat, mettant ainsi fin à la tradition républicaine française du septennat et optant pour une solution proche de la durée moyenne des mandats présidentiels applicables dans les autres pays.

Le terme du mandat est avancé en cas de décès, de démission ou de destitution du Président de la République et dans ces cas, l’intérim est assuré par le Président du Sénat, qui dispose alors des pouvoirs du Président de la République, à l’exception du droit de dissolution de l’Assemblée nationale, du droit de recourir au référendum et du droit d’initiative en matière de révision constitutionnelle.

L’article 6, alinéa 2, de la Constitution dispose, depuis la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008, que « nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs ».

 

La responsabilité du Président de la République

Le Président de la République bénéficie de l’immunité traditionnelle pour les actes commis dans l’exercice de ses fonctions et une inviolabilité temporaire concernant tous ses autres actes, inviolabilité qui prend fin avec le mandat présidentiel.

Il s’agit d’un principe républicain traditionnel qui ne connaît que deux exceptions :

  • L’une tenant à la compétence de la Cour pénale internationale,
  • L’autre pour manquement par le Président de la République à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat

 

Les pouvoirs du Président de la République

  1. – Les pouvoirs propres

Il s’agit des pouvoir que le Président de la République exerce sans contreseing :

 

En matière constitutionnelle

  • La Constitution (art.5), en proclamant que « le Président de la République veille au respect de la Constitution », lui accorde en pratique un pouvoir d’interprétation de la Constitution (pouvoir dont il a usé à plusieurs reprises : usage du référendum pour la révision constitutionnelle, refus de signature des ordonnances par exemple).
  • La nomination de trois membres du Conseil constitutionnel et le droit de saisine de cette institution (articles  56 et 61 de la Constitution) dont dispose le Président de la République relèvent également de son rôle de garant des institutions.

 

En matière judiciaire

Le Président de la République est garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire (art. 64 de la Constitution) ; dans l’exercice de cette fonction, il est assisté par le Conseil supérieur de la magistrature.

 

Pouvoirs de crise : Pouvoirs exceptionnels de l’article 16 de la Constitution.

Cette disposition, qui confère au Président de la République des pouvoirs exceptionnels de salut public, trouve une justification historique dans les événements de 1940 (le Président de l’époque, Albert Lebrun, personnellement hostile à l’armistice, ayant dû s’incliner et laisser les pouvoirs au Maréchal Pétain. La situation de crise que connaissait la France au moment de l’adoption de la Constitution de 1958 (guerre d’Algérie) est un autre élément d’explication).

L’article 16 n’a été appliqué qu’une seule fois en 1961, à la suite de la tentative de putsch militaire survenue à Alger.

Pour que le Président de la République puisse recourir aux pouvoirs exceptionnels de l’article 16, deux conditions de fond doivent être réunies :

  • Une « menace grave et immédiate » doit peser sur « les institutions de la République, l’indépendance de la Nation, l’intégrité de son territoire ou l’exécution de ses engagements internationaux (sont en particulier visés les guerres et tous les mouvements insurrectionnels),
  • Le fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels doit être interrompu.

Les conditions de forme se limitent à une consultation du Premier ministre, des Présidents des deux assemblées et du Conseil constitutionnel (dont l’avis motivé doit être publié au Journal officiel).

 

Le droit de dissolution

Le droit de dissolution appartient souverainement au Président de la République qui est simplement tenu, avant de l’exercer, de consulter les Présidents des assemblées et le Premier ministre.

La dissolution ne peut ainsi être prononcée : Pendant l’intérim de la présidence, pendant la période au cours de laquelle le Président de la République dispose des pouvoirs exceptionnels prévus par l’article 16, pendant les douze mois suivant une précédente dissolution.

La dissolution n’a été décidée que trois fois (1962, et 1968, 1981, 1988 et 1997).

 

Prérogatives liées aux relations avec les autres institutions :

Avec le Gouvernement :

Le Président de la République nomme le Premier ministre et met fin à ses fonctions sur la présentation par celui-ci de la démission du Gouvernement ; il convoque, approuve l’ordre du jour et préside le Conseil des ministres.

Avec le Parlement :

Le Président de la République communique par messages avec le Parlement, ces messages étant lus par les Présidents de chaque assemblée et ne donnant lieu à aucun débat ; depuis la révision constitutionnelle de 2008, le Président peut également prendre la parole devant le Parlement réuni à cet effet en Congrès, sa déclaration pouvant donner lieu, hors sa présence, à un débat sans vote. Cette nouvelle procédure a été mise en œuvre pour la première fois le 22 juin 2009, puis le 16 novembre 2015 à la suite des attentats commis à Paris et à Saint-Denis et enfin, le 3 juillet 2017.

 

2. – Les pouvoirs partagés

Il s’agit des pouvoirs que le Président de la République ne peut exercer qu’avec le contreseing du Premier ministre et, le cas échéant, du ou des autres ministres concernés.

  • Pouvoir de nomination

Le Président de la République nomme les ministres sur proposition du Premier ministre (art. 8, alinéa 2).

Le Président de la République (art.13) nomme aux emplois civils et militaires de l’État (Cette compétence partagée avec le Premier ministre (art. 21) se traduit par le fait que les hauts fonctionnaires ainsi que les dirigeants des établissements et entreprises publics sont nommés en Conseil des ministres.

  • Signature des ordonnances et des décrets

Le Président de la République signe les ordonnances (Il est arrivé, au cours d’une période de cohabitation, que le Président de la République refuse de signer les ordonnances ; on peut donc en conclure que le Président de la République n’a pas, en la matière, une compétence liée).

Le Président de la République signe également les décrets délibérés en Conseil des ministres.

  • Le pouvoir de convocation du parlement en session extraordinaire

Le Président de la République peut convoquer le Parlement en session extraordinaire par décret sur un ordre du jour déterminé, à la demande du Premier ministre ou de la majorité des membres composant l’Assemblée nationale (art. 29).

  • Recours au référendum

On distingue trois types de référendum au plan national ; seule la décision de recourir au référendum législatif n’est pas soumise à contreseing, mais elle nécessite une intervention préalable du Parlement ou du Gouvernement.

  • Pouvoir en matière de diplomatie et de défense

La Constitution instaure une compétence partagée dans ces domaines :

le Président de la République est le « chef des armées » (art 15), il « négocie et ratifie les traités » (art 52) ; de son côté, le Gouvernement, qui « détermine et conduit la politique de la Nation », « dispose de la force armée » (art 20).

La pratique institutionnelle fait de ces matières un « domaine réservé » du Président de la République lorsqu’il dispose d’une majorité parlementaire et un domaine partagé en cas de cohabitation.

  • Pouvoir de promulgation des lois

Le Président de la République, par décret contresigné du Premier ministre, promulgue les lois dans les quinze jours suivant la transmission du texte définitivement voté au Gouvernement.

Pendant ce délai, il peut demander une nouvelle délibération de la loi votée (également avec contreseing du Premier ministre).

  • Droit de grâce

Il s’agit d’une prérogative traditionnelle des chefs de l’État héritée de la monarchie qui permet de dispenser un condamné d’effectuer tout ou partie de sa peine.

Depuis la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008, la grâce doit être accordée individuellement, ce qui ne permet plus des grâces collectives.

La pratique institutionnelle

Le chef de l’État ne peut rester cantonné, comme il l’était sous les Républiques précédentes, dans un simple rôle de représentation ; il ne peut, selon la formule du Général de Gaulle, limiter son action à « inaugurer les chrysanthèmes ».

Au-delà de la répartition constitutionnelle des pouvoirs entre les deux têtes de l’exécutif, l’élection au suffrage universel direct est l’élément déterminant qui donne au Président de la République une prééminence sur le Premier ministre.

En pratique, l’étendue des pouvoirs du Président de la République varie selon que la majorité de l’Assemblée nationale coïncide ou non avec celle qui l’a élu.

Dans le premier cas, le chef de l’État choisit librement le Premier ministre qui lui est donc subordonné (Il a même la latitude de lui demander sa démission).

Dans les situations de « cohabitation », c’est-à-dire lorsqu’une majorité hostile à sa politique est élue à l’Assemblée nationale, il en va autrement. Le Président de la République doit choisir le Premier ministre en son sein pour que le Gouvernement dispose du soutien de l’Assemblée.

S’agissant des ministres, la pratique a montré que le Président de la République dispose tout au plus d’un droit de veto pour certaines fonctions dites de souveraineté.

Dans le domaine de la politique intérieure, l’influence du chef de l’État se trouve réduite.

Dans le domaine de la politique étrangère, la Constitution lui reconnaît des pouvoirs propres, il conserve l’essentiel de ses prérogatives, encore doit-il les exercer en concertation avec le Premier ministre.

 

Sources : Gouv.fr    Suite : Les Conjoints (e) du Président

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20 septembre 2020 7 20 /09 /septembre /2020 16:41

 

Tenue d'apparat des magistrats de la cour des comptes

La Cour des comptes

La Cour des comptes est l’organe chargé de contrôler la régularité des comptes publics et de vérifier le bon emploi des fonds publics.

Conformément à l’article 47–2 de la Constitution, la Cour :

  • Assiste le Parlement dans le contrôle de l’action du Gouvernement,
  • Assiste le Parlement et le Gouvernement dans le contrôle de l’exécution des lois de finances et de l’application des lois de financement de la sécurité sociale ainsi que dans l’évaluation des politiques publiques ».

La collaboration entre la Cour des comptes et le Parlement prend diverses formes qui se traduisent en particulier par une communication privilégiée des travaux de la Cour à l’Assemblée nationale et au Sénat et par l’assistance de la Cour à divers organes parlementaires (commissions des finances, mission d’évaluation et de contrôle, mission d’évaluation et de contrôle des lois de financement de la sécurité sociale).

 

Créée en 1807, la Cour des comptes a vu progressivement ses missions s’élargir avec l’extension des compétences de l’État et de la sphère publique. Elle a désormais compétence pour contrôler :

Obligatoirement :

  • L’État,
  • Les établissements publics nationaux,
  • Les entreprises publiques,
  • Les institutions de la sécurité sociale.

Dans tous ces cas, sa saisine résulte de la loi, elle est donc automatique.

 

Facultativement :

  • Les organismes de droit privé dont la majorité des voix ou du capital est détenue par des organismes soumis obligatoirement au contrôle de la Cour ou dans lesquels ces organismes ont un pouvoir prépondérant de décision ou de gestion ;
  • Les organismes de droit privé (les associations, notamment) bénéficiaires de concours financiers d’origine publique ;
  • Les organismes d’intérêt général faisant appel à la générosité publique ;
  • Les organismes bénéficiant de concours financiers de l’Union européenne ;
  • Les organismes habilités à recevoir des impositions de toute nature et des cotisations légalement obligatoires.

 

Contrôles de la Cour des Compte

I. – Le contrôle de régularité : la Cour, juge des comptes des comptables publics de l’État

Les articles L. 111-1 et L. 111-3 du code des juridictions financières précisent que « la Cour des comptes juge les comptes des comptables publics » et qu’elle vérifie sur pièces et sur place la régularité des recettes et des dépenses décrites dans les comptabilités publiques ».

Elle est donc chargée de vérifier si les recettes ont été recouvrées et si les dépenses ont été payées conformément aux règles comptables en vigueur.

La Cour ne juge pas que les comptes des comptables publics ; elle juge également les comptes de toute personne qui est intervenue irrégulièrement dans le maniement des deniers publics : le comptable de fait, déclaré comme tel préalablement par elle, se trouve alors soumis aux mêmes obligations et aux mêmes responsabilités qu’un comptable public.

II. – Le contrôle de la gestion : la Cour et le bon emploi des fonds publics

La Cour ne juge pas les ordonnateurs, mais vérifie le bon emploi des fonds publics (elle « s’assure du bon emploi des crédits, fonds et valeurs gérés par les services de l’État »).

Depuis 1950, la Cour des comptes est compétente pour contrôler les organismes de sécurité sociale. Presque tous ces organismes sont des personnes morales de droit privé, mais dont les ressources sont des cotisations à caractère obligatoire.

La Cour est compétente pour vérifier l’emploi de ces aides publiques et, depuis 1991, cette compétence est étendue aux organismes faisant appel à la générosité publique.

III. – L’assistance au Parlement et au Gouvernement

La loi constitutionnelle du 23 juillet 2008, prévoit que la Cour des comptes :

  • assiste le Parlement dans le contrôle de l’action du Gouvernement ;
  • Assiste le Parlement et le Gouvernement dans le contrôle de l’exécution des lois de finances et de l’application des lois de financement de la sécurité sociale ainsi que dans l’évaluation des politiques publiques ;
  • Contribue à l’information des citoyens par ses rapports publics.

Le Parlement est évidemment destinataire des rapports publics de la Cour :

  • Le rapport public annuel adressé au Président de la République (cette présentation est effectuée de façon solennelle par le Premier président de la Cour dans l’hémicycle de chacune des assemblées.
  • Les rapports publics thématiques ou particuliers qui résultent d’enquêtes de la Cour parfois conjointes avec les chambres régionales des comptes.

Le Parlement est aussi destinataire de documents non publics :

  • Les rapports particuliers établis sur les comptes et la gestion d’entreprises publiques, les référés de la Cour qui ne seraient pas publiés (observations adressées à des ministres sous la signature du Premier président), etc.

La mission d’assistance confiée à la Cour comporte notamment le dépôt de plusieurs rapports :

  • Un rapport préliminaire conjoint au dépôt du rapport du Gouvernement sur l’évolution de l’économie nationale et sur les orientations des finances publiques,
  •  Un rapport sur l’exécution des lois de finances dont le contenu est élargi aux comptes associés et qui doit comporter une analyse par mission et par programme de l’exécution des crédits budgétaires,
  • Un rapport conjoint au dépôt de tout projet de loi de finances sur les mouvements de crédits opérés par voie administrative et dont la ratification est demandée dans ledit projet de loi de finances (il s’agit en pratique des décrets d’avances).

Par ailleurs, la Cour doit certifier la régularité, la sincérité et la fidélité des comptes de l’État.

 

Source : Gouv.fr

Suite : Le Président de la République

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11 septembre 2020 5 11 /09 /septembre /2020 13:42
Guynemer devant son Spad XII

 

Disparition de Georges Guynemer.

 

C’est un jeune aristocrate va inaugurer l'épopée de l'aviation de chasse : Georges Guynemer.

Avant la Grande Guerre, peu d'officiers français croient en l'aviation militaire.

Le général d'artillerie Jean-Baptiste Estienne (1860-1934) a perçu son potentiel, mais pour le général Foch, « L'aviation, c'est du sport, pour l'armée, c'est zéro ».

C’est ainsi qu’avec ses 148 avions que l’armée française débute le conflit, alors que l’armée allemande en possède 200, la Russie 190 et les anglais 84.

Au début de la guerre, l’aviation française sert surtout à faire des reconnaissances aux dessus les lignes allemandes et fournir des renseignements aux états-majors.

C'est d'ailleurs grâce aux renseignements d’un avion de reconnaissance que Joffre et Gallieni vont pouvoir engager la contre-offensive de la Marne en septembre 1914.

Rapidement, les avions vont étendre leurs fonctions au bombardement et à la chasse.

L'aviateur français Roland Garros imagine pour cela un dispositif qui permet à une mitrailleuse de tirer à travers l'hélice.

Georges Guynemer

Georges est né à Paris le 24 décembre 1894 et lorsque éclate la guerre en 1914, en raison de sa constitution fragile il est refusé dans l'infanterie puis dans la cavalerie mais réussit à s'engager dans l'aviation comme mécanicien et obtient un brevet de pilote en mars 1915.

Affecté à Vauciennes, (près de Compiègne,) dans l'escadrille des Cigognes, il abat un premier appareil ennemi le 19 juillet 1915 avec un avion simplement équipé d'une mitrailleuse montée sur affût rigide. Il est promu sergent et reçoit la médaille militaire.

En décembre de la même année, après plusieurs victoires, il survit de peu à la chute de son appareil et le jour de Noël, pour son 21e anniversaire, il est fait chevalier de la Légion d'Honneur.

Gravement blessé Pendant la bataille de Verdun, en 1916, il reprend l'air avec le grade de sous-lieutenant et le surnom honorifique « d'As de l'aviation. ».

Il affronte avec succès une meute de 10 avions ennemis, Le 27 juillet.

En février 1916, Charles Guynemer fut déclaré « as » de l’aviation française (pour obtenir ce titre, un pilote devait compter à son actif au moins cinq victoires homologuées. L’homologation de victoire alors en vigueur en France était plus strict que ceux adoptés par les autres belligérants : il fallait que l’avion abattu tombât du côté allié de la ligne de front et qu’il y eût au minimum deux témoins au sol. D’où le grand nombre de victoires revendiquées par les pilotes français mais non homologuées.)

 

Devenu célèbre jusqu'en Russie, il est en 1917 décoré par le président Poincaré de la croix de Saint-Georges, au nom du tsar.

Muté avec son escadrille dans les Flandres, le 11 septembre 1917, Georges Guynemer décolle de Saint-Pol-sur-Mer vers Poelkapelle à bord de son avion « Le Vieux Charles », pour une mission au-dessus des lignes allemandes, ce sera sa dernière mission, il avait 53 victoires à son actif.

Les Allemands identifieront son avion et sa dépouille dans un champ mais ne pourront récupérer ses restes, détruits par un bombardement. Sa mort restera toutefois mystérieuse.

Avait-il été contraint de se poser en catastrophe ? Son avion avait-il été abattu ? Était-il vivant ou mort ? Au bout de deux semaines sans la moindre nouvelle, les autorités militaires se rendirent à l’évidence : Guynemer avait probablement été tué.

L’allemand Ernst Udet, l'as n° 2 de l’aviation allemande, racontera plus tard comment Guynemer l'avait épargné alors que sa mitrailleuse s'était un jour enrayée. 

Guynemer s'inspirait de l'ancienne chevalerie lors de ses combats aériens, avec ses codes et son honneur, dans un monde où la guerre est devenue massacre de masse.

A la mort de Guynemer, Udet fera partie des grands pilotes allemands qui iront fleurir sa tombe (où du moins, l'endroit présumé où il est tombé).

Dans les années 1920, les cinq as belges : Jacquet ; Willy Coppens de Houthulst ; Edmond Thieffry ; André de Meulemeester et Jan Olieslagers feront ériger une stèle commémorative à proximité du lieu de chute présumé ayant occasionné sa mort à Poelkapelle (, près d'Ypres).

À son sommet une cigogne en vol, sur le socle, le portrait de l'aviateur en médaillon et des épitaphes.

L’Armée de l'air évoque son souvenir tous les 11 septembre, par une prise d'armes sur ses bases aériennes dont deux portent son nom, à Paris (état-major) et à Dijon (aujourd’hui fermée).

Par sa mort en pleine jeunesse à 22 ans, Georges Guynemer éclipse deux autres héros de l'aviation française :

  • René Fonck (1894-1953) au palmarès le plus impressionnant de toutes les aviations interalliées de la Grande Guerre : 75 victoires homologuées et 52 probables, ce qui lui vaut le titre ‘d'As des Asde la Première Guerre mondiale (Sa technique de chasse était plus efficace et plus économe en munitions que celle de Guynemer : il visait le pilote ennemi – ce qui, en cas de tir réussi, provoquait systématiquement la perte de l’appareil. Il ne fut par ailleurs jamais touché par le feu adverse. Celui que ses contemporains qualifiaient « d’oiseau de proie » ne bénéficia pourtant pas d’une aura comparable à celle de Guynemer), et
  • Charles Nungesser (45 victoires), qui disparu corps et biens le 8 mai 1927 aux commandes de son avion « l’Oiseau Blanc », avec son équipier Coli, en traversant l’Atlantique.

À la fin de la guerre, l'armée française aligne 7 000 appareils, les Anglais 3 700, les Allemands 4500 et les Américains 2050 (fournis par les Français).

 

Sources : Herodote, Alban Dignat. Horizon 14-18

 

 

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