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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 21:42

Le bonhomme misère

gueux

La bonne ‘adventure’ du bonhomme Misère lequel tint la mort captive et ce qui s’en suit.

Au temps jadis vivait à Trilport un vieux et honnête jardinier, le bonhomme Misère.

Un jour d’hiver par un froid grand et vigoureux, alors qu’il regagnait sa chaumière il rencontra un chemineau  très âgé et plus miséreux que lui et qui se traînait appuyé sur un bâton de cornouiller.

Tout en se découvrant, le bonhomme Misère offrit l’hospitalité au vieillard. Il lui servit des nèfles de sa récolte, du fromage de coulommiers et des vins des coteaux de Fublaines et de Montceaux.

Or, ce vieillard n’était que le bon saint Fiacre revenu du paradis visiter son « bon vieux pays de Brie ».

 Il se fit reconnaître et demanda à son hôte s’il avait un vœu qu’il pourrait exaucer pour le remercier de sa charité, première des vertus chrétiennes, alors que l’huis des riches était resté clos devant lui.

« Veux-tu, demanda St fiacre, du blé plein ton grenier, du bois plein ton bûcher, du pain plein ta huche ? Parle car telle est ma volonté et celle de Dieu le Père ».

«Voyez dans mon petit enclos ce poirier, répondit Misère, c’est mon copain en cette vie.

Ensemble nous avons grandi, ensemble nous sommes devenus vieux ; il m’a toujours donné des fruits beaux et abondants dont je me suis régalé, mais les garnements y grimpent et maraudent mes poires et je suis trop vieux pour les en empêcher. Faites que ceux qui grimperaient dans mon arbre ne puissent descendre sans ma permission… »

« Si telle est ta volonté, dit le saint, elle sera réalisée ».

Au mois de septembre suivant, la Mort, sa faux à la main, frappa à la porte de Misère qui lui demanda de repasser car il avait son avoine à vendre et son blé à ensacher, lui demandant trois heures pour achever sa tâche en ce bas monde.

« Que non, répondit la camarade, pas même une heure ».

Se souvenant fort à propos de la promesse de saint Fiacre, Misère demanda à l’importune d’aller lui cueillir une dernière poire sur son arbre ensuite il promettait de la suivre.

La Mort grimpa sur l’arbre et ne peut en descendre.

Ce fut alors un grand émoi sur terre où plus personne ne trépassait.

Les curés ne chantaient plus de beaux De profundis, les fossoyeurs ne creusaient plus de tombes, les médecins et les apothicaires ne pouvaient guérir de la vie, les batailles et la peste ne faisaient plus de victimes…

Oui personne ne trépassait, pas même les vieillards chenus, perdus, sourds toussotant, crachotant, branlant de la tête, tombés en fâcheuse décrépitude ou en enfance.

Ils imploraient la Mort pour qu’elle les délivrât de ces maux.

Misère eut pitié de tant d’infortune et libéra la Mort non sans avoir obtenu la promesse de ne venir le chercher que lorsqu’il le demanderait, ce qui explique que le bonhomme Misère est encore de ce monde.

(D’après Abel Berthier, Almanach de Seine et Marne, 1878).

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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 21:45
En pays agricole, la question des charrois est au premier plan des préoccupations et des moyens d’action.
Eux aussi sont naturellement matière à réquisition. Le détail qui suit montre à quel degré d’exaspération peut être poussé une population soucieuse de l’intérêt public mais exagérément mise à contribution.
John Constable
'La Charette' (1821), peinture sur toile de John Constable (1776-1837)
 1er novembre 1793, nomination de neuf commissaires pour la réquisition des chevaux qui se transportent chez les particuliers et reçoivent les déclarations de :

-          Chevaux de trait………74

-          Chevaux de somme …..30

6 novembre 1793. Après la demande du district de Meaux (30 octobre) d’une voiture attelée pour charger au magasin des fourrages (230 à 250 bottes de foin ou de paille) et conduire à Arras, on sonne deux fois la cloche ; « très peu de citoyens » aux deux assemblées. Jean Adam demande indemnité de 4 livres, 3 livres, 2 livres selon les classes de chevaux. La demande repoussée, Jean Adam et Jean Denis sont désignés d’office.

10 novembre. Réitération de la même demande par Jean Adam et Jean-Pierre Denis. Après grande discussion et imposition du silence par le maire, mise aux voix, et rejet de la demande.

An II, 6 Nivôse (26 décembre 1793). Les citoyens Jean-Denis Leriche, Jean-Pierre Leduc, cultivateur, et Rouyé, ayant été nommés pour fournir les deux voitures réquisitionnées pour les armées du Nord, «d’après une grande discution de toute la commune a qui n’yroit pas, lesdits citoyens ont été désignés d’office pour les charrois demandés par le réquisitoire du citoyen Godefroid, représentant du peuple, afin de compléter le convoi de cinquante voitures chargées du transport des fourrages de Château-Thierry à l’armée du Nord. Chaque voiture sera attelée de trois ou quatre chevaux.

Le lendemain, 7 nivôse, nouvelle assemblée. Le District demande une troisième voiture. Jean Plateau, fils de Jean, fournira deux chevaux et la voiture. Etienne Clairet un et Jean-Pierre Clairet un.

9 nivôse (29 décembre). Visite des chevaux de Pierre Leduc, dont l’un à ‘la jambe gorgé’, l’autre est blessé ‘sur les cottes et incapable de porter la sellette’ ; le citoyen Thiou fournira un cheval de limon à la place.

An III, 3 Ventôse (21 février 1794).  Deux cultivateurs sont désignés pour « faire » la voiture requise de Varreddes, se rendre à Meaux « pour charger à l’Egalité-sur-Marne » où la destination sera indiquée.

An II, 7 Ventôse (25 février). Réquisition de 3 voitures (ordre du District du 6) qui devront se transporter le 8 à Nanteuil où on leur donnera destination. Parmi les six personnes réquisitionnées, il y a une jeune veuve.

An II, 27 Germinal (16 avril). Deux commissaires viennent faire exécuter la loi du 20 courant sur la réquisition des chevaux pour le service des armées.

Le 3 Floréal, Hédiard, commissaire de Meaux, requiert un état complet des chevaux de Varreddes (trait, monte, somme, infirmité, âge, taille).

Le 21 floréal (10 mai), il y a une assemblée pour la désignation de deux charretiers à fournir par la commune. « Après beaucoup de discussion, il ni a eu aucun mode de tirage d’accordé. » La séance est ajournée au lendemain, 5 heures du matin. Le 23 Floréal (12 mai), on convient que tous les charretiers en place depuis trois mois chez les fermiers tireront au sort entre eux, en présence de la Municipalité et du conseil général le lendemain, et le 26 Floréal an II (15 mai), réunion «dessous larbre de la liberté » pour l’estimation des dix chevaux. On désigne comme charretiers : Jean-Baptiste Reins, Jean-Baptiste Bondo, et comme suppléant, «en cas de reffus », Arnaud Leriche.

Les femmes de J-B Reins et J-B Boudon recevront la subsistance nécessaire « pour leur alliment a eu et à leurs enfants ».

Les citoyens les plus aisés fourniront chacun un drap de lit. Lesdits draps seront convertis en bâches pour les deux voitures et chaque bâche est estimée à 45 livres.

La première voiture est estimée à 500 livres et la seconde à 300 livres, par le charron.

Les réquisitions de voitures ne se passent pas toujours comme le souhaiteraient les commissaires, ainsi le 13 Messidor (3 juillet), Jean Plateau oppose le mauvais état de sa voiture. Lazare Lambert et Barthelemy Leduc, charrons, visitent la voiture, la trouvent « bonne et valable, à l’exception qu’elle n’est pas équipée, et ce n’est que de la négligence dudit Plateau qui, depuis deux jours, a eu le temps de la faire équiper » !!

Il arrive également que les commissaires réquisitionnent douze voitures au lie de huit. Les expériences leur ont appris à compter avec les indisponibilités de matériel et à se méfier de la mauvaise volonté éventuelle des administrés.

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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 21:24

La réquisition des grains entraine celle des batteurs. Le District s’attend à rencontrer des récalcitrants. Aussi des menaces d’arrestation stimulent elles les bonnes volontés hésitantes ?

Blé

Le battage des oeillettes (1806) de Désiré farançois Laugée

Peinture sur toile (Musée de Bordeaux)

Le citoyen Canda, de Poincy, nommé commissaire, dispose dans ce but de la force armée.

Les batteurs en activité sont officiellement désignés dans les communes.

 

An II, 22 ventôse (12 mars 1794). Les commissaires du District demandent la liste des habitants de Varreddes capables de s’employer au battage des grains.

Les officiers municipaux répondent que « leur commune ne possédoit même pas assez de frain pour sa consommation, qu’il ne restoit presque plus à battre ». Ils désignent cependant  huit hommes du village comme batteurs en activité, lesquels sont placés sous la surveillance de la municipalité et de l’agent national.

17 thermidor (4 août), le citoyen Canda, de Poincy, commissaire, enjoint de « soyer préférablement à toutes autres ouvrages même de l’agriculture sous peine de procès-verbaux contre les récalcitrans qui seront mis en éta darrestation et punis suivant la rigueur des Loix ; »

Un mois après (11 septembre), nouvelle réquisition et nouvelles menaces :

Aujourdhuy vingt cinq fructidor Lan 2d de la republique une et indivisible le Citoyen Canda de poincy nommé  commissaire de district de meaux pour pressez le battage des grains, et metre tous les citoyens propres aux battages en requisition et de faire livrez fur et mesure au magazin des subsistance de paris san desemparer, sur la responsabilité collective et individuelle desdits officiers municipaux, sy des citoyens par malveillance se refusoit à la requisition seront conduit par la force armé a la barre de ladministration. Fait en la maison commune le jour et an signé.  Canda.

 

Et pour transporter les grains il faut des …  charrois

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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 21:32

Belley 2012 026

 Statue de Brillat-Savarin

La 26ème édition des Entretiens de Belley au pays de Brillat-Savarin avait cette année pour thème ‘Le repas gastronomique des Français et le rôle des confréries’.

Eléments essentiels de notre patrimoine alimentaire, le repas français fut récemment classé patrimoine culturel immatériel de l’Humanité par l’Unesco, ainsi que  le rôle des confréries, premiers maillons de la sauvegarde du patrimoine gastronomique français.

Au cours de ces entretiens, Christian Hottin, conservateur du patrimoine au ministère de la culture, expliqua le long chemin pour arriver  à cette reconnaissance.

Notre ami, Louis Saby, président de l’ambassade d’Ile de France «’Terroir, goût, gastronomie’, membre de la confrérie des Chevaliers du brie de Melun et Yves Paquier, communiquant en vin, chroniquer et membre de plusieurs confréries helvétiques, firent 2 magnifiques conférences sur ‘l’histoire des confréries et leur lien avec la défense de notre patrimoine alimentaire’

Jean-Louis Büer, directeur de l’INAO (Institut national de l’origine et de la qualité), Jean Chaudet, viticulteur, représentant du Caveau bugiste, Commandeur du Bugey et Philippe Zagonel, chef du restaurant ‘Le saint-Florent’ à Lyon (une adresse à retenir sans modération !), membre de la confrérie des Poulardiers de Bresse, démontrèrent ‘Le rôle des confréries dans la valorisation des filières traditionnelles’.

Avant de passer par le grand buffet très convivial aux produits de terroir des confréries, la quinzaine de confréries présentent ont défilé dans les rue de Bugey.

La journée passa très vite, trop vite… vivement la 27ème édition.groupe confréries

Le groupe des confréries

Confrérie des amateurs du Bleu de Gex- Confrérie de la Chataîgne- Confrérie des Chevaliers du Brie de Melun- Confrérie des Compagnons du Brie de Meaux- Confrérie des Compagnons du Bugey- Confrérie du Grangeon de Manicle- confrérie de la Noix de Grenoble- Confrérie des Olifants (Suisse)- Confrérie de l'Ordre du Vieux Pressoir- Confrérie de la Pomme du Pilat- Confrérie des poulardiers de Bresse- Confrérie de la Quenelle sauce Nantua- Confrérie du saint-Peray- Confrérie du sucre d'Orge des Religieuses de Moret- Confrérie des Talmelier du BonPain du Lyonnais- Confrérie du vin et de la rigotte de Condrieu.

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25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 21:46

24 Prairial an II (12 juin 1795), il est adjoint à huit cultivateurs du pays de ‘faire rebattre’ leurs gerbes vieilles et nouvelles et de rendre compte du produit.

La fréquence et l’importance des réquisitions de blé ont raréfié la précieuse denrée ; aussi, l’on vole pour satisfaire aux besoins particuliers.

Carte-postale Les-glaneuses de MILLET

Carte postale - Les glaneuses de Millet

 

Les cultivateurs sont aux abois et voici qu’il faut désigner un messier de nuit pour assurer la protection des récoltes.

C’est au cours de la délibération du 20 juillet 1795 que les appréhensions les plus vives se font jour concernant l’avenir :

« Aujourdhuy Deux thermidor Lan trois de Lère Republicaine. Nous officiers Municipaux et agent national de la commune nous Etant transporté au lieu dit la grève, après y avoir été requis par le citoyen Jean Adam, cultivateur en notre commune, pour faire la visite d’un fraguent délit fait sur sa pièce ensemencé en seigle Bon a coupé, nous avont vue et Examiné, nous avont Extimé Les Epie qui avoit été détaché a peu près de quatre a six pouces de LEpie environ un quartié a moitié coupé, c’est ce qui causse une grande appréhension pour la moisson prochaine tant dans notre commune que dans les autres pour la grande dissette qui est partout, nous demandons à ladministrateur quelle authorise la municipalité a nommer des personnes quelle Jugera a propos pour veiller tant a autre la nuit pour la suretté et la tranquilité de la commmune sans cependant que personne ne soit dérangé de ses travaux.

Faite au gref de Varreddes le jour et an que dessu et ont signé

« Grapin officier – deboeuf agent – Chef officier ; Jean adam.

Une dizaine de jours après, le 13 Thermidor (31 juillet), le Conseil assemblé confirme-t-il, dans sa fonction de garde champêtre le citoyen François Garcin, « en activité de sezrvice, s’étant toujours bien comporté, reconnu de bonne vie et mœurs », moyennant le traitement de 1.000 livres, majorées de dix sols l’arpent à payer par chaque propriétaire. (Cinq signatures d’officiers, cinq de notables ;)

De l’examen du livre de greffe, il ressort que, jusque là, Garcin était payé par chaque propriétaire et que le traitement de mille livres est innovation nécessitée par le service intensif de jour et de nuit récemment inauguré.

« Ladite somme de mil livres sera réimposé au marc la livre de l’Imposition foncière de laditte anné ; »

La force armée chez l’habitant

An IV (fin Vendémiaire ou commencement de Brumaire, jour non précisé), septembre-octobre 1795.

Ordre aux cultivateurs de battre et de conduire à Meaux le contingent prévu de 7 quintaux par marché « Les cultivateurs nayant point fourny leur contingent le marché passé, la municipalité de Meaux ayant été forcé denvoyé la force armée chez chaque cultivateur en retard afin de conduire au marché samedy prochain le contigent areté… »

Le 5 Vendémiaire, une nouvelle répartition des 7 quintaux de grains à fournir par marché pendant l’année (14 quintaux par semaine). « Lavont fiat plus juste », déclarent les officiers municipaux.

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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 20:29

Liberte 1

Il y a 80 ans aujourd’hui (11 sept. 1932), était inaugurée, route de Varreddes à Meaux, le monument américain, gage d’amitié des Etats-Unis envers la France.

Petit retour en arrière : La France avait offert en 1886, à l’occasion du centenaire de déclaration d’indépendance américaine, la statue de la Liberté. Plus exactement « La liberté éclairant le monde ».

Cette statue, sculptée par Bartholdi, avait été offerte en signe d’amitié Franco-américaine.

En retour, des mécènes américains ont offert  ce cadeau à la France pour rendre hommage aux soldats de la bataille de la Marne.

La restauration du monument, due à l’inauguration du musée de la grande Guerre, met en valeur tous les symboles de ce qui reste du champ de bataille de la Marne : enchevêtrement des corps, souffrance, abandon…

Il symbolise, sous les traits d’une femme nue, la France se dégageant des ennemis tout en soutenant un de ses fils qui vient de se faire tuer pour elle.

Cette femme qui pleure ses morts avec, à ses pieds, le chien qui conduit les âmes vers la mort, le coq représentant la France et le glaive brisé symbolisant la lutte héroïque.

Ciselé dans la pierre du socle, l’ordre du jour de Joffre :

Liberte 2 « Au moment où s’engage

Le salut du pays, il importe de rappeler à tous

Que le moment n’est plus de regarder

En arrière ; tous les efforts doivent

Etre employés à attaquer et refouler

L’ennemi ; une troupe qui ne peut plus

Avancer devra coûte que coûte garder

Le terrain conquis et se faire tuer

                     Sur place plutôt que de reculer. »                                    

Frederick William Mac Monnies, créateur de cette œuvre, disait : « Je voulais quelque chose de colossal pour la bataille de la Marne ».

Il a fallu seulement 18 mois pour ériger ce monument constitué de 220 morceaux pesant chacun de 1 à 6 tonnes.

C’est en février 1927, que, parmi les différents lieux choisis par les mécènes américains,  Meaux l’emporte sur le bois de Vincennes et la Porte Maillot… François de Tessan, député de Meaux, grand ami des Etats-Unis avec qui il entretenait des liens très étroits, n’est sûrement pas étranger dans ce choix.

Le 11 septembre 1932 : 30.000 personnes environ ont assisté à l’inauguration de ce cadeau fait à la France, en présence du maréchal Pétain et d’Édouard Herriot, Président du Conseil qui, au cours de cette cérémonie, eut un entretien très remarqué avec le général Weygand.

Venu seulement en visiteur, Albert Lebrun, Président de la République, ne prononça pas de discours.

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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 21:44

Parmi les réquisitions, il  faut  approvisionner le marché de Meaux… Et deux fois par semaine !

La quote-part des cultivateurs de Varreddes monte au total de 36 septiers par semaine.

Marché

 Tableau de Delort, "Hallali dans un marché", a pour décor la halle antérieure à 1877

 une chasse à courre aristicratique, à la fin du XVIII, sème la panique parmi les maraîchères...

 

Chaque villageois est taxé proportionnellement à ses possibilités. Ainsi le 12 Frimaire an II (2 décembre 1793), 10 familles doivent approvisionner en blé le marché de Meaux. Les 36 septiers sont répartis de la façon suivante : 4 cultivateurs doivent 6 septiers et les 6 autres deux septiers.

Trois mois après, la part de Varreddes n’est plus que  de douze  septiers par semaine, à savoir  six septiers par marché. A cette occasion, la municipalité ose souligner l’absurdité du transport du blé à Meaux et sa distribution faite à Meaux aux consommateurs varreddois obligés d’y aller perdre leur temps. La cession directe sans déplacement inutile serait autrement pratique… Mais on est en pleine terreur. La délibération des municipaux de Varreddes, si courageuse soit-elle en son principe, sue-la peur.

Pour affirmer l’à-propos d’une mesure si pleine de bon sens, la Municipalité se fait appuyer par des notables.

L’ENA n’existe pas encore, mais l’administration en place ne manque pas d’idées pour imposer les cultivateurs : voici l’impôt foncier en nature pour le marché de Meaux. 

Le 15 Brumaire an IV (6 novembre 1795) , en présence du citoyen Souchon, de Meaux, est faite une nouvelle répartition des quantités de grains à fournir par les cultivateurs de Varreddes à chaque marché à Meaux : 6 quintaux

Le 12 Frimaire an IV (3 décembre 1795), soit un mois après, le commissaire délégué, Charles-Laurent Piroux, réquisitionne 200 quintaux de grains à fournir par les cultivateurs de Varreddes et à verser dans les trois jours au magasin de Meaux, à titre d’acompte sur l’impôt foncier en nature ; une liste de 18 cultivateurs est dressée mais cela ne dispense nullement les 20 citoyens du contingent ordinaire pour le marché du samedi suivant le 14 Frimaire (parmi les citoyens ordinaires nous trouvons le meunier, le notaire une veuve, et ça continue…)

Le 23 Nivôse an IV (13 janvier 1796), nouvelle réquisition de 14 quintaux de grains par semaine pour l’approvisionnement du marché.

C’est une pluie de réquisitions tout au cours de ces années :

11 Mesidore an III (20 juin 1795), le citoyen Vial fait réquisition à Varreddes de 30 quintaux de grains ou farine par les cultivateurs qui se trouvent avoir plus que leur consommation et à faire conduire à Meaux.

18 Fructidor an III (4 septembre 1795), réquisition de 7 quintaux de grains par marché pendant toute l’année, et le 26 Fructidor c’est 17 quintaux.

Une nouvelle interprétation du droit va rendre plus exigeants encore les commissaires du district : Les Cultivateurs ne sont que des dépositaires.

Non contents de faire sentir le poids de leur autorité les commissaires du district sauront, le cas échéant, toucher la corde sentimentale en faveur des ‘frères de la capitale’ :

6 Pluviôse an III (25 janvier 1795), réquisition de grains pour l’approvisionnement de Paris, Varreddes est taxé pour 1.235 quintaux.

Nomination de deux commissaires chargés de dresser l’état des propriétaires de grains, lesquels n’en sont que les dépositaires et n’en peuvent disposer sans encourir les peines portées par l’article 14 de la loi du 19 Brumaire précédent. Délais 3 jours !!

Le 16 Pluviôse (4 février), on n’a pu trouver que 546 quintaux. Piroux, commissaire, vient réclamer la différence jusqu’à concurrence des 1.235 quintaux, soit 689 quintaux dont les officiers municipaux sont rendus responsables.

6 Floréal an III (25 avril) : réquisition de 24 quintaux de grain à conduire le jour même par la voiture de Jean Adam.

15 Floréal an III (4 mai), le citoyen Dalençon aîné, commissaire aux battages et versements de grains (approvisionnement de Paris), fait réquisition, dans le plus bref délai, de 304 quintaux 80 livres de grains (deux tiers de l’excédent du tableau du dernier recensement).

« Ledit commissaire compte assez sur le patriotisme des membres composant la municipalité, sur leur humanité envers leurs frères de la capitale réduits à la plus grandes détresse, sur leur confiance dans les promesses de la Convention, pour croire qu’ils feront les plus grands efforts et les derniers sacrifices pour satisfaire à la présente réquisition. »

La fréquence et l’importance des réquisitions vont avoir de graves conséquences…

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13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 21:06

Les réquisitions ont pesé lourdement sur les Français et les Varreddois entre 1790 et 1800. La guerre contre l’étranger en faisait une nécessité.

Homme houe

L'homme à la Houe (J.F Millet (1860-1862)

Les hommes qui avaient pris le pouvoir les appliquaient sans faiblir jusqu’aux villages perdus au fond des lointains départements.

Ils ne pouvaient ignorer les ressources agricoles de la Brie, trop proche de Paris. Varreddes va donc subir dix pénibles années.

Les réquisitions s’entremêlaient et souvent même se superposaient à deux ou trois jours de distance.

En  parcourant le livre de greffe, une impression se dégage ; celle du malaise profond qui oppressait les villageois de cette rude époque.

Les réquisitions de différentes natures ne se catégorisaient pas, mais pour une meilleure compréhension du récit je les ai catégorisées, cela sera  plus simple.

 Recensement des grains :

L’homme des champs, aime par-dessus tout sa tranquillité, et voit d’un mauvais œil toute intrusion dans ses affaires personnelles, en l’occurrence les visites de commissaires en vue de recenser les grains

Les commissaires ont beau être connus de chacun et invoquer les liens qui doivent rattacher les Varreddois ‘aux frères de la commune de Paris et de la Ferté-sur-Marne’ on ne trouve pas toujours de quoi compléter le contingent.

Ainsi le 1er septembre 1793, de l’an II de la République, le maire, les officiers municipaux et conseil général sont obligés, suite à la séance du 27 août, de réquisitionner deux commissaires pour recenser les grains existants dans la dite commune.

Le 2 Frimaire 1793, un commissaire et nommé par le directoire du district de Meaux pour faire le recensement des grains, fourrages et paille de la commune. Il lui sera adjoint quatre commissaires ‘pour lui aider dans son opération, pour aller assister avec lui de maison en maison.’

Le 6 Messidor de l’an III (24 juin 1794), le conseil général, le Comité général perquisitionne chez tous les citoyens de la commune.

Quelques mois après, le 7 Germinal an II (27 mars 1795), 7 commissaires avec 7 adjoints, sont chargés d’opérer à Varreddes le recensement des grains.

Le 23 Germinal an III, un agent national de la commune, demande une indemnité en faveur de la commune, ‘attendu que la commune est très considérable’… Et le représentant du peuple déclare que le cinquième des grains existant à Varreddes doit être versé entre les mains de la municipalité pour être reversé –en moitié- à la commune de Paris.

Et le 30 Germinal an III (19 avril 1795), nouvel ordre de recensement des grains et farines, pour faire la répartition des vivres à chaque habitant de la commune pour l’espace de deux mois et en vue de pourvoir aux besoins ‘de nos frères de la commune de Paris et de la Ferté-sur-Marne dont la réquisition a été assigné par le Citoyen Cornu, commissaire à cet effet’

Un mois plus tard, le 10 Prairial an III (29 mai 1795), c’est le recensement des farines, grains battus et à battre par le citoyen Bouton, marchand à Meaux, accompagné de Duval, maire et de Grapin , officier. Quantités trouvées :

-          199 quintaux 37 livres de farine,

-          43 quintaux 30 livres de blé en grains,

-          22 quintaux 10 livres de seigle,

-          6 quintaux d’orge,

-          180 quintaux 55 livres d’avoine.

A cela s’ajoute une étroite surveillance sur la circulation du blé. Ainsi Adam fils, du moulin de Varreddes, se voit un jour confisquer treize sacs (sur cent dix), qui sont conduits à la mairie pour n’avoir pu exhiber la lettre de voiture qui, réglementairement, aurait dû accompagner le convoi par bateau. Le procès verbal peint bien les mœurs de l’époque.

L’achat de blé chez les particuliers est également étroitement surveillé.

24 septiers pris à Varreddes le 29 juillet 1793 par Manteau boulanger à Meaux, pour l’approvisionnement de Paris.

Cette réquisition donne lieu à un procès verbal mais dix jours après, le district s’en mêle et veut empêcher la livraison parce que le marché a été conclu sans son ordre formel.

On profite de la leçon, dès ce jour, les demandes d’autorisation se multiplient…

(Source: bulletin paroissiaux)

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26 juillet 2012 4 26 /07 /juillet /2012 16:10

Avec la Révolution c’est l’élection de la première municipalité de Varreddes, c’est également  de nouvelles fêtes : la fête de la Fédération, la fête de l’arbre de la Liberté.

Plantation arbre de la Liberté Plantation d'un arbre de la liberté

L’élection de la première municipalité de Varreddes fut annoncée au prône deux dimanches consécutifs en janvier 1790.

L’élection eut lieu le premier dimanche de février, dans l’église même, à la suite des offices. Furent élus :

Maire : Duval Jean-Nicolas,( vigneron)

Officiers municipaux : Jean Ménil, Jean Piettre, Gaillet (instituteur), Etienne-François Moreau et Chibon.

Notables : Jean-Nicolas Lebel, Andry, Jean Collinet, Jean-Denis Leriche, Arnoul Leduc, Chéron, Plateau, Jean Doyen.

Procureur : Debœuf.  (Arch. de V. Registres municipaux).

 

La même année, cette municipalité présida le 14 juillet, à la fête de la Fédération, qui fut célébrée à Paris et dans toute la France avec enthousiasme.

Cette fête fut annoncée à trois reprises différentes par les  cloches de l’église. Elle commença par une messe chantée avec la plus grande solennité et à laquelle assista la plus grande partie des habitants. A l’issue de la messe, le maire reçut des citoyens, dans l’église même (il n’y avait pas encore de maison commune), le serment d’être fidèle à la nation, à la loi, au roi. Un ‘Te Deum ‘termina la cérémonie.

Dans la journée, il fut fait, par la municipalité, des distributions de vin et d’argent et la soirée fut consacrée aux divertissements. (Archives)

Le 4 Ventôse, an II, 22 février 1794, on décidera la création d’une mairie : « Il seroit faite ouverture d’une porte à l’Ecole des filles sur la rue et rebouché l’autre de lalé pour en faire la maison commune ou nous tiendrons nos séances ».

Rien de plus logique, les locaux de l’école de filles, rue Neuve, spacieux et en bon état, étaient capables d’abriter simultanément les services municipaux, hospitaliers et scolaires.

Une autre fête qui fut célébrée aussi ave joie fut la plantation de l’arbre de la Liberté sur la place publique. Il a été rédigé de cette solennité un procès-verbal qui a disparu (pp 10-11).

Le 26 Floréal, an II (15 mai 1794), on réunira « dessou larbre de la liberté » dix chevaux réquisitionnés, pour procéder à leur estimation et signalement.

De cet arbre et de son emplacement précis, un vague souvenir subsiste par tradition orale d’Antoine Brébant (Né en 1826, décédé en 1909, il était âgé de vingt-deux ans en 1848, lors de la plantation du second arbre de la liberté), planté sur le carrefour formé par la rue de l’Eglise, la rue du four et la rue Neuve, à environ cinquante mètres du grand portail de l’église.

Les délibérations de 1848 n’en parlent pas, mais en vertu de l’esprit traditionaliste de Varreddes, on considérer cet emplacement comme étant celui de la l’arbre de la Liberté planté en 1790.

C’était l’emplacement le plus adapté à ce genre de manifestation : la place de la Mairie actuelle, alors existante, n’étant pas assez centrale et la place du portique des pompiers étant encore exclusivement affectée aux sépultures. (source Abbé Dubois)

 

C’est la fête, mais cela ne dure pas. Il y a le revers de la médaille : les réquisitions en nature de tout genre…

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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 21:18

Dimanche 1erjuillet, lors de son chapitre annuel, la Confrérie du Brie de Meaux a fêté son 20ème anniversaire de mariage avec  la Confrérie du Cep Henri IV.

Conf Brie-Givry

Après la cérémonie religieuse et une petite ‘balade’ dans les rues du centre ville eu lieu sur le parvis de la cathédrale la cérémonie des intronisations.

Adoube

Le Grand Commandeur Olivier lu les éloges des impétrants et c’est le Grand Maître Lucien qui adouba les 19 nouveaux chevaliers.

Chaque intronisé dégusta une lichette de Brie et un verre de Givry sous les regards des spectateurs venus en nombre.

Nvx Chevaliers

Le cru 2012

Après ce sympathique rituel des intronisations, les Meldois ont dégustés dans la cour de la cité épiscopale une lichette de Brie et un verre de Givry.

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