Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
24 mai 2020 7 24 /05 /mai /2020 17:40
Alfred Nobel, inventeur du Prix Nobel, décerné chaque année le 1er décembre, jour de son décès.

Les grandes découvertes et inventions médicales              

 

Vaccins, antibiotiques, rayons X, aspirine, n’ont pas toujours existé. 

Voici quelques grandes découvertes, plus ou moins en rapport avec les grandes épidémies, mais qui ont changé notre quotidien.

Un grand pas dans l’étude de l’infiniment petit a été fait grâce à l’invention du microscope, en 1595, par Zacharias Jansenn, un fabricant de lunettes qui eu l’idée de superposé deux verres de lentilles (les lunettes de l’époque), dans des tubes coulissants, afin de grossir de très petites choses.

Quelques années plus tard, en 1665, Robert Hooke, découvre la cellule au moyen du microscope.

Même si les premiers vaccins sont apparus en Chine dès le XIe siècle, on doit le premier vaccin réellement efficace au médecin anglais Edouard Jenner (vétérinaire anglais), qui en 1796, injecta à un enfant le virus de la variole des vaches, dans l'espoir de l'immuniser contre la variole des humains. L'opération fut un succès. Vaccin vient d'ailleurs de vaccinus, qui veut dire vache.

 

Le Pr. James Blundell, en 1818, tente les premières transfusions sanguines interhumaines, mais n'ayant pas encore découvert les groupes sanguins, la moitié des patients décédaient... Il faudra patienté 82 ans, pour que l'autrichien Karl Landsteiner découvre en 1900, qu'il existe quatre groupes sanguins : A, B, AB et O.

Deux siècles après la découverte de la cellule, Louis Pasteur, découvre au microscope en 1870 les microbes.

C’est lors de la 5ème épidémie de choléra en Allemagne en 1882-1883 que le microbiologiste allemand Robert Koch, découvre le germe de la tuberculose, le Mycobacterium tuberculosis (bacille de Koch), inaugurant ainsi une nouvelle voie de recherche : la bactériologie, découverte qui intéressa d’ailleurs beaucoup Pasteur.

Dix ans après en 1894, le bacille de la peste est identifié en Extrême Orient, le docteur Alexandre Yersin. 

En 1895, Albert Calmette (vétérinaire et immunologiste) prend la responsabilité de l'Institut Pasteur de Lille, il est rejoint par Camille Guérin (médecin et biologiste) en 1897 et en 1906, ils établissent que l'immunité contre la tuberculose est liée à des bacilles tuberculeux vivant dans le sang.

En utilisant la méthode pastorienne, Calmette voulut savoir si cette immunité se développerait comme réponse à l'injection, chez les animaux, de bacilles bovins atténués. 

Cette préparation reçut le nom de ses deux découvreurs (Bacillum Calmette-Guérin), en abrégé BCG : Vaccin bilié de Calmette et GuérinLe BCG, est un micro-organisme dérivé du bacille tuberculeux bovin (Mycobacterium bovis).

C’est d'après une idée émise par le chercheur norvégien, Kristian Feyer Andvord (1855-1934), qu’ils obtiennent l'atténuation en cultivant les bacilles dans un substrat contenant de la bile.

Guérin et Calmette s'efforcent entre 1908 et 1921, de produire des souches de bacilles de moins en moins virulentes, grâce à des transferts dans des cultures successives.

Le 18 juillet 1921, est utilisé avec succès sur des nouveau-nés à l'hôpital de la Charité de Paris le premier vaccin contre la tuberculose à base de BCG.

Le gouvernement français autorisera en 1924, la vaccination des nouveau-nés par BCG.

 

Le physicien allemand Wilhelm Röntgen reçut le premier prix Nobel de physique pour sa découverte en 1895 des Rayons X. Il les nomma ainsi car ils étaient d'une nature inconnue et la lettre x désignant l'inconnue en mathématiques, était donc toute désignée !

Bien qu'il soit le précurseur de la thérapie au moyen des antibiotiques, (en particulier la pénicilline,) Ernest Duchesne, médecin français, publie une thèse en 1897, (Contribution à l’étude de la concurrence vitale chez les micro-organismes : antagonisme entre les moisissures et les microbes), ses travaux sombrent dans l'oubli…. Jusqu’en 1940.

On a tout d'abord trouvé des traces d'utilisation de décoction de feuilles ou d'écorce de saule blanc pour soulager la douleur. Après des siècles d'utilisation et de progrès en chimie que naît, en 1899, au laboratoire Bayer, l’aspirine (A pour acide et Spir pour acide spirique).

Il a fallu attendre 1905, (412 ans) avant que les zoologistes allemands Fritz Schaudinn et Erich Hoffman, identifient la bactérie responsable de la syphilis ramenée des Amériques par Christophe Colomb en Europe, comme étant le ‘tréponème pâle’. 

C'est par accident que l'Ecossais Alexander Fleming découvre la pénicilline le 3 septembre 1928. 

Alors qu'il avait mis des bactéries en culture, elles furent contaminées par de la moisissure. En observant les souches, il découvrit que la moisissure agissait en supprimant les bactéries.

Il travailla ensuite plusieurs années pour essayer de purifier cet antibiotique.

 

Cette même année 1928, le Prix Nobel de médecine est attribué à Charles Nicolle pour ses travaux sur le typhus, en découvrant le rôle du pou dans la transmission de cette maladie chez l’homme.

Dix ans après la découverte de Charles Nicolle, le bactériologiste américain Hérold Réa Cox développe en 1938 un vaccin contre le typhus.

 

1940 : Une équipe de chercheurs britannique, composée du médecin et pharmacologue australien Howard Florey, du chimiste né allemand Ernst Chain et du biologiste britannique Norman Heatley réalisèrent le rêve de Duchesne et de Fleming en purifiant la pénicilline, ont découvert comment produire suffisamment de pénicilline pour tuer les bactéries qui infectent un organisme vivant.

 

1941 : Introduction officielle de la pénicilline dans les traitements thérapeutiques ; 13 ans après sa découverte

Depuis 1945, l’usage de la pénicilline à permis d’endiguer ou tout du moins de réduire la propagation des épidémies… Mais les bactéries et virus, responsables des ces désastres continuent de sévir, peste y compris.

 

Source : Histoire de la médecine

A suivre Le docteur Jenner

Partager cet article
Repost0
18 mai 2020 1 18 /05 /mai /2020 16:36
Metz, De Gaulle commandant du 507e régiment de chars

La bataille de Montcornet

 

17 mai 1940 – 17 mai 2020, 80ème anniversaire de la bataille de Montcornet (Aisne - 02)

Retour sur cette opération vite stoppée, faute de moyens suffisants.

En langage militaire, on appelle cela une escarmouche, mais l’évènement a pris une grande importance car il marque l’entrée en guerre d’une figure de l’histoire de France : Charles de Gaulle.

L'offensive allemande a débuté le 10 mai contre les Pays-Bas et la Belgique, les défenses françaises ont rompu dans les Ardennes et les Panzerdivisions allemande se ruent vers l’ouest pour isoler les armées alliées engagées en Belgique et dans le Nord. 

En ce 17 mai 1940, la situation militaire française est extrêmement préoccupante.

C'est dans ce contexte le colonel de Gaulle (théoricien des chars), et ses hommes s'apprête à livrer bataille avec le 46ème bataillon de chars de combat.

Ils sont envoyés dans l’Aisne avec pour mission de gagner du temps afin de permettre aux renforts de se déployer et défendre la route de Paris.

Tout commence le 26 avril. 

Le colonel de Gaulle avait été désigné pour commander par intérim la nouvelle 4e DCR (division cuirassée) qui n'était encore qu'une unité dispersée en cours de formation, composée de moins d'une centaine de chars. 

Le 15 mai le général Doumenc confie à De Gaulle d'opérer une percée sur l'Aisne, le point stratégique étant le village de Montcornet pris par les Allemands.

La bataille

A l’aube du 17 mai, De Gaulle engage le combat en lançant sur le front gauche les chars lourds (B1 Bis), tandis que les chars légers attaquent par la droite. 

Faute de reconnaissance, quelques chars lourds s'embourbent dans les marais, tandis que les autres sont pris à partie par les canons allemands (Pak-37). 

Les Français avancent mais la faible autonomie des chars en carburant ralentit leur progression. 

En milieu d'après-midi, vers 16 heures, le commandant Bescond lance une nouvelle offensive au cours de laquelle il trouvera la mort.

La Luftwaffe met fin vers 18 h 30 à la contre-offensive française. 

Sur les 85 chars français engagés, 23 ont été mis hors d'usage, alors que les Allemands n'ont perdu aucun blindé, mais les pertes humaines sont supérieures du côté allemand. Ce qui permet à de Gaulle de dire au cabinet de Paul Reynaud « j'ai aplati l'ennemi ». 

Il écrira dans ses Mémoires : « Il y a sur le terrain plusieurs centaines de morts allemands et nombre de camions ennemis brûlés (…) Le bruit court (…) que les troupes françaises ont avancé ».

Le lendemain, le combat continue avec la même issue, les français se replient et poursuivront le combat pour une nouvelle bataille à Abbeville (Somme – 80), conduite part que De Gaulle avec le grade de général.

Une victoire morale

Le véritable succès de la bataille de Montcornet fut avant tout moral : cette bataille fut l'une des rares en 1940 où les français sont parvenus à repousser pendant quelques heures les troupes allemandes.

À l’époque, elle n'est pourtant pas relayée par les récits adverses :  le communiqué du commandement allemand (OKH) signale simplement que les stukas ont anéanti « une colonne blindée ennemie se dirigeant de Laon vers le nord. Elle a été forcée de se retirer ».

À Londres, le général de Gaulle va très vite être présenté comme le « vainqueur de Montcornet », on dira qu'il a « tenu en échec les chars de Guderian » et, après-guerre, le souvenir de cette bataille ne cessera de s'amplifier au point de devenir une « légende ».

Dans ses Mémoires de Guerre, Charles de Gaulle décrit en parlant de Montcornet : "lamentables convois de réfugiés", les "militaires désarmés" qui ont jeté leurs fusils. "Alors au spectacle de ce peuple éperdu et de cette déroute militaire, au récit de cette insolence méprisante de l’adversaire, je me sens soulevé d’une fureur sans bornes. Ah ! c’est trop bête ! La guerre commence infiniment mal. Il faut donc qu’elle continue. Il y a pour cela, de l’espace dans le monde. Si je vis, je me battrai où il faudra, tant qu’il faudra, jusqu’à ce que l’ennemi soit défait et lavée la tache nationale. Ce que j’ai pu faire par la suite, c’est ce jour-là que je l’ai résolu."

Une division avec peu d'expérience

La quatrième division cuirassée a été bâtie de bric et de broc. Les chars lourds français sont redoutables, mais leurs équipages les manient depuis peu de temps : un seul exercice de tir a été mené avant l’entrée dans la bataille. 

Les unités de chars légers sont disparates, certaines aguerries, d’autres sans expérience. 

De jeunes officiers tout juste sortis de Saint-Cyr grimpent pour la première fois dans un blindé ! 

Ces néophytes sont encore en chemin, le 17 mai, et seront engagés les jours suivants. 

Interrogé par France 3 en 1990, le général de Nadaillac qui faisait alors partie de l’état-major de De Gaulle se souvient :

"Nous étions déjà à utiliser des fonds de tiroir. Cette division n’était pas en état de faire la guerre".

 

Photo : Fondation Charles de Gaulle

 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
17 mai 2020 7 17 /05 /mai /2020 16:19
Virus de la peste porcine

 

La recherche scientifique a permis à partir de la Renaissance de lutter contre certaines épidémies endémiques.

Rappel de nos leçons de choses au temps de l’école primaire. Cela ne s’appelait pas encore cours de biologie, des sciences de la nature… Mais il fallait tout de même apprendre ‘sur le bout des doigts, nous disait l’instituteur’ les définitions : Cellule ; Bactérie ; Microbe ; Bacille ; Virus et surtout pour éloigner ces « vilaines petites bêtes invisible », il fallait ne pas oublier de nous laver régulièrement les mains… déjà.

Pandémies et maladies « endémiques »

Une maladie est qualifiée d’endémique quand elle devient habituelle dans une région déterminée et s'installe dans la durée. 

C'est le cas de la syphilis, du moins pendant cinq siècles, ainsi que de la rougeole, du typhus, de la dysenterie et de la diphtérie au XIXe siècle. 

La rougeole, maladie endémique d'origine virale, apparue au VIIème siècle av. J.-C., a tué près de 200 millions de personnes, principalement des enfants en bas âge, jusque dans les années 1960. 

Le Sida, qui sévit depuis plus de 30 ans, est aussi devenu endémique en attendant les thérapies qui en viendront définitivement à bout.

  • La bactérie

Première forme de vie apparue sur Terre, la bactérie est apparue il y a plus de trois milliards d’années !

Une bactérie est un être vivant microscopique constitué d’une unique cellule entourée d’une paroi et dépourvue de noyau. 

Certaines, présentes dans notre corps, nous sont bénéfiques (pour la digestion par exemple), tandis que d’autres sont à l’origine de maladies graves. 

  • Un bacille

Un bacille désigne simplement la forme allongée de la bactérie « en bâtonnet » (du latinbaculus, bâton). 

Choléra, peste mais aussi tuberculose et tétanos sont des maladies provoquées par des bacilles. 

  • Le virus

Ce « poison », d’après son étymologie latine, est un agent infectieux qui nécessite un hôte, souvent une cellule*, qu’il utilise pour se répliquer. 

Environ vingt fois plus petit que la bactérie, son mécanisme a été mis en évidence en 1953 par le chercheur en biologie français André Lwoff, Prix Nobel de médecine 1965.

Grippe, rage ou encore Sida et variole sont des maladies provoquées par des virus. 

  • Les microbes

Ce terme fourre-tout regroupe virus, bactéries et tous les êtres vivants visibles qu’au microscope et provoquent des maladies (champignons, parasites, etc.). 

Le nom ‘microbe’ a été inventé par le chirurgien français Charles-Emmanuel Sédillot en 1878 et signifie « petite vie ».

  • Les antibiotiques

Un antibiotique, est une substance naturelle où de synthèse qui détruit ou bloque la croissance des bactéries.

Dans le premier cas on parle d’antibiotique ‘bactéricule’, dans le second d’antibiotique ‘bactériostatique’, et 

Les antibiotiques sont efficaces contre les bactéries mais inefficaces en cas d’infection virale, c’est-à-dire d’une maladie causée par un virus, comme la grippe par exemple. 

« Les antibiotiques, comme dit dans les publicités des années 2010 c’est pas automatique »,! par contre, si les antibiotiques avaient existés au Moyen-Âge, la peste aurait put être maitrisée.

  • La cellule

La cellule est considérée comme l'unité de base du monde vivant et chaque cellule (sauf exception) contient plusieurs milliers de types de molécules différents

Il a fallu l'invention du premier microscope par Antoni van Leeuwenhoek en 1674, pour observer les premières cellules.

La plupart des cellules ont une taille d'une dizaine de micromètres (1 micron = 0,000001 m) et on estime sue le corps humain en possède environ 10 000 000 000 000 (si elle avait la taille d’une balle de tennis, l’humain mesurerait 2km de haut !!!)

 

A suivre : Les Grandes découvertes.

(Source : Histoire de la médecine`

Partager cet article
Repost0
10 mai 2020 7 10 /05 /mai /2020 16:12

Naissance de la médecine officielle.

 

Dès les premiers temps, les hommes ont cherché à comprendre ‘le pourquoi’ des maladies’ et comment les combattre (potions magiques, plantes…).

La médecine officielle (médecine moderne), telle que nous la connaissons et pratiquons aujourd’hui est née en Grèce Antique, il y a 2500 ans environ.

 

Les philosophes naturalistes ont été les premiers à ‘laïciser’ la médecine, en la séparant de tout pouvoir divin. Pythagore qui définit 4 éléments constitutif de notre corps : air, eau, feu et terre et Alcméon de Crotone qui fut le premier à faire des dissections sur l’animal.

Un siècle plus tard, Hippocrate établit un protocole d’examen des patients. Aujourd’hui encore, tous les médecins en Occident prêtent le serment d’Hippocrate (texte fortement inspiré du protocole d’origine), avant de commencer d’exercer.

 

C’est qu’au IIIe siècle avant J.C. que des anatomistes d’Alexandrie pratiquent la dissection chez l’homme.

Toutefois, la pensée grecque, emprunté de mysticisme et de mythologie, reste peut ouverte à ces nouvelles découvertes, mais avec l’essor de l’Empire Romain, cette médecine va ‘s’exporter’ et se généralisé.

Le Moyen Âge, puis la Renaissance voient la médecine moderne se développer par des connaissances accrues sur l’anatomie du corps humain. Néanmoins, l’explication de son fonctionnement reste sous le contrôle de l’Eglise. Toute pensée déviante est bannie.

C’est ainsi, que le théologien et médecin espagnol, Michel Servet, qui découvrit la façon dont le sang passe dans les poumons pour s’oxygéner, fut brulé vif pour hérésie le 27 octobre 1553 et tous ses écrits ont été détruits.

 

A cette époque, la chirurgie est considérée comme un travail manuel, pratiquée par des médecins parlant le latin. Ces derniers se regroupent en Collège et tentent progressivement de s’affranchir de l’Eglise.

Il faut attendre le XVIIe siècle pour assister à un tournant décisif dans l’histoire de la médecine traditionnelle et moderne.

 

Siècle de la raison, les croyances sont bafouées pour ne laisser place qu’à l’observation, l’analyse et la réflexion.

Le corps humain n’est plus considéré que comme une machine complexe dont on tente d’en comprendre le mécanisme général, mais chaque organe est vu comme une pièce du moteur.

Ceci n’empêche pas pour autant la persistance d’une vision métaphysique par certains courants (animiste) de la médecine.

 

Source : Histoire de médecins

A suivre : Les avancées de la médecine

 

Partager cet article
Repost0
7 mai 2020 4 07 /05 /mai /2020 17:18
Organe du réseau de résistance et d'évasion

Il y 75 ans, le général de Gaulle, annonçait à la population française la fin de la guerre dans un discours radiodiffusé :

« La guerre est gagnée. Voici la victoire. C'est la victoire des Nations Unies et c'est la victoire de la France. L'ennemi allemand vient de capituler devant les armées alliées de l'Ouest et de l'Est. »

Tels furent les premiers mots de l'allocution radiophonique du Général de Gaulle le 8 mai 1945 à 15 heures.

 

La Seconde Guerre mondiale se termine officiellement le 8 mai 1945, à 23h01 (heure allemande), le lendemain de la capitulation sans condition de l'Allemagne nazie, signée le 7 mai à Reims à 2h 41.

Dès janvier 1943, lors de la conférence de Casablanca, les Alliés préparent les conditions de la fin de la guerre. Ils se mettent d'accord pour exiger une reddition sans condition des forces nazies sur l'ensemble des fronts occidentaux et du côté soviétique. 

 En mai 1945, alors que les troupes nazies subissent les attaques simultanées sur les fronts ouest et est. Le suicide d'Hitler met un terme aux velléités de résistance des derniers officiers du IIIe Reich. 

Le 7 mai Alfred Jodl (exécuté à Nuremberg le 16/10/1945), envoyé par Doenitz (Adolf Hitler l’avait désigné par testament comme son successeur à la tête du Troisième Reich), signe la capitulation de l’Allemagne à Reims.

 

La signature en France

La signature se passe dans un poste avancé des quartiers généraux d'Eisenhower "Supreme Headquarters Allied Expeditionnary Force" établi à Reims, dans un collège de la rue Jolicoeur, devenu Lycée Roosevelt

Eisenhower, préfère signer avec les alliés occidentaux, les croyants plus faibles que Staline,
mais Staline veut signer la reddition de son côté pour marquer l'opinion soviétique et frapper les esprits; il veut signer cet acte à Berlin.

Les autorités françaises organisent la présence de la France lors de ces deux événements. 

À Reims, le général Bedell Smith, chef d’état-major d’Eisenhower, préside la séance et signe le texte puis le général Sousloparov pour les Russes, et pour les Français le général Sevez*, sous-chef d’état-major de la défense nationale (Juin étant à San Francisco). 

17 journalistes, sont convoqués par le général Eisenhower pour assister à la signature de la capitulation totale des Allemands. 

Pour laisser le temps à Staline d'organiser les conditions de sa propre signature de la victoire, Eisenhower accepte de maintenir l'information secrète et impose aux journalistes présents un embargo de 36 heures.

 

La signature à Berlin

La cérémonie de Berlin est plus solennelle même si le texte est identique. 

De Gaulle y envoie le général de Lattre de Tassigny pour représenter la France. 

 

Télégramme du général de Gaulle au général de Lattre de Tassigny.

« Paris, le 7 mai 1945.

Je vous ai désigné pour participer à l’acte de la capitulation de Berlin. Il est prévu que seuls le général Eisenhower et le représentant du commandement russe signeront comme parties contractantes. Mais vous signerez comme témoin. Vous devrez, en tout cas, exiger des conditions équivalentes à celles qui seront faites au représentant britannique, à moins que celui-ci pour Eisenhower. »

(Sources : Charles de Gaulles, Mémoires de guerre : Le Salut : 1944-1946, Paris, Plon, 1959.

 

De Gaulle évoque dans ses mémoires l’incident d’une double représentation occidentale, anglaise avec l’air Marshall Tedder et américaine avec le général Spaatz. 

Ainsi la France est signataire de l’acte final de capitulation au même titre que l’URSS, les États-Unis et la Grande-Bretagne.

La présence française lors de la signature de la capitulation à Reims ne soulève pas de difficulté. Cependant pour le lendemain à Berlin celle-ci ne paraît pas évidente. Joukov représentant l’Union soviétique, puissance invitante, feint de ne pas être au courant. 

Un petit drapeau français est préparé dans l’urgence pour figurer sur la table. 

Cependant le conseiller politique soviétique Vichinsky cherche (sans succès), à empêcher la présence française.

La réaction du général Keitel (exécuté à Nuremberg le 16/10/1945), souligne combien la présence française n’était pas attendue et combien elle reste une victoire diplomatique du général de Gaulle. : Le feldmarschallKeitel ne put retenir cette phrase lourde de sens : « Quoi ? Les Français aussi ! », « Les Français ici ! C’est un comble », « Les Français sont là ! Nous sommes bien bas… » (Mémoires de guerre du général de Gaulle).

Le chef du gouvernement provisoire de la République décide en son nom et conduit (pratiquement) seul une grande partie des opérations, notamment les relations avec les Alliés. 

Dans l’incapacité d’exiger d’être signataire contractant, comme auraient pu aussi le revendiquer d’autres pays actifs dans la lutte contre le nazisme, de Gaulle obsédé par la nécessité d’être présent accepte la signature au titre de témoin. Il revendique une place comme État au même titre que le Royaume-Uni.

Cela d’autant plus que la France fut absente des rencontres de fin de guerre entre Alliés dont Yalta au début de l’année 1945, mais aussi plus tard celles de Potsdam, la présence française à Reims et à Berlin, même au titre de témoin signataire assure au pays une place de choix dans le camp des vainqueurs, reconnaissant par là même la participation de l’armée française en reconstruction à la libération de l’Europe occidentale. C’est ce que voulait De Gaulle dès la défaite de juin 1940 et l’entrée en résistance inaugurée par l’appel du 18 Juin.

 

Commémoration du 8 mai

La loi du 7 mai 1946 prévoit que la commémoration du 8 mai 1945 soit fixée au 8 mai de chaque année, si ce jour est un dimanche, ou le dimanche suivant. 

A partir de 1951, la commémoration perd de son importance alors que les associations d'anciens combattants réclament la reconnaissance du 8 mai comme jour férié et chômé. Ces associations organisent ainsi leur propre manifestation. 

L'adoption de la loi n° 53-225 du 20 mars 1953 clarifie la situation : le 8 Mai est déclaré jour férié (mais non chômé) de commémoration en France. Cela n'empêche pas les cérémonies de revêtir un réel éclat de 1953 à 1958.

Dans une logique de réconciliation avec l’Allemagne, le président De Gaulle supprime le caractère férié de ce jour par le décret du 11 avril 1959, qui fixe la date de la commémoration au deuxième dimanche du mois de mai.

En 1968, le décret du 17 janvier décide que le 8 mai sera commémoré chaque année, à sa date, en fin de journée.

Dans cette logique afin de souligner la volonté des Européens d’organiser en commun leur avenir, le président Giscard d’Estaing, supprime en 1975 la commémoration de la victoire alliée de 1945.

Cette décision suscite un tollé général de la part des associations d’anciens combattants.

Le 2 octobre 1981, par la loi n°81-893, le président François Mitterand, rétabli cette commémoration et ce jour férié et ajoute cette date à la liste des jours fériés désignés par le code du travail.

Le général Sevez est décédé le 29 février 1948 à Ichenhein, en Allemagne, au cours d'une partie de chasse. Tué en plein coeur par une balle d'un autre chasseur, ayant ricoché sur la peau d'un sanglier.

Sources : Charles de Gaulle, Mémoires de guerre-Mémoires d’espoir – Plon. Oct 2019 – Site gouv.fr

Partager cet article
Repost0
3 mai 2020 7 03 /05 /mai /2020 10:00
Stèle égyptienne figurant un patient victime de la polio. XVIIIe dynastie (1403-1365 av. JC).

Stèle égyptienne figurant un patient victime de la polio. XVIIIe dynastie (1403-1365 av. JC).

10. La Poliomyélite

 

L'histoire de la poliomyélite communément appelée la « polio », est connue depuis la préhistoire. 

Des peintures et des sculptures de l'ancienne Egypte montrent des personnages actifs mais ayant des membres décharnés, et de jeunes enfants se servant de cannes pour marcher

Des égyptologues anglais ont, il y a une cinquantaine d’années, reconnu des traces de polio sur un squelette datant de 3400 ans avant J.C…

Il est difficile de savoir à quelle époque et à quel endroit le virus de la polio a fait son apparition et de dater les grandes épidémies d’avant le XXe siècle, (l’obligation de notifier les cas de polio, dans chaque pays, ayant été prise qu’au début du siècle dernier (pour la France, le 28 septembre 1916). 

Le premier cas certain de polio est peut-être celui de Sir Walter Scott ,  qui affirme avoir fait en 1773 une « fièvre dentaire » sévère qui lui a ôté la force de sa jambe droite.

La première description de la polio est donnée en 1789 par le médecin britannique Michael Underwood ; il qualifie la polio de « débilité des extrémités inférieures »

Au début du XIXe siècle, la maladie était connue sous des noms aussi variés que « paralysie dentaire », « paralysie sinale infantile », « paralysie essentielle des enfants », « myélite des cornes antérieures », « téphromyélite », et enfin « paralysie du matin »

Il faut attendre 1840 pour qu’un médecin orthopédiste allemand, Jacob Heine, publie le premier article sur la poliomyélite : il nomme la maladie « état paralysant des extrémités inférieurs ».

Karl Oscar Medin, pédiatre suédois, en décrivit les diverses formes qu’il put observer lors d’une épidémie, vers 1890.

La maladie nommée « mal de Heine, devient alors « maladie de Heine-Medin » avant qu’il ne soit parlé de paralysie infantile, de paralysie spinale infantile puis de poliomyélite antérieure aiguë.

À la fin du XIXe siècle, les observateurs notent des bouffées épidémiques (poussée temporaire d'un foyer d'endémie) plus fréquentes, puis de véritables poussées épidémiques dans des régions jusque-là indemnes. 

À partir de 1910, les épidémies de polio deviennent des événements fréquents dans le monde développé, surtout dans les villes et durant les périodes estivales. 

Cette infection virale de la moelle épinière cause une paralysie et, elle source de mortalité.

 

Les grandes épidémies

Elles apparaissent en Europe et aux États-Unis autour de 1900.

Au moment de son pic, dans les années 1940 et 1950, la polio est la cause du décès ou du handicap de plus d'un demi-million de personnes par année dans le monde.

Chaque pays connut « ses » grandes épidémies

Les premiers cas épidémiques sont observés dans les pays Scandinaves (années 1880), notamment en Suède, 1881 et surtout 1887où Medin observe à Stockholm 29 puis 44 cas. 

La Scandinavie subira de nombreuses épidémies : 1895, 1899, 1905 allant jusqu'à plus de mille cas.

En France, la première description d’une épidémie est celle de Sainte-Foy-L'Argentière, près de Lyon, où l’on observe 13 cas en 1885.

À partir de 1905, des poussées épidémiques s'étendent au reste de l'Europe. Pays-Bas 1905, Allemagne 1909, France 1910, 1926, 1929 (Alsace).

De 1900 à 1925, la polio toucha beaucoup d’enfants à travers l’Europe et aux USA.

Vers 1930, de jeunes adultes contractèrent la maladie et vers 1945, des adultes plus âgés.

Lorsqu'un pays est touché par une forte épidémie, il est fréquent de voir, l'année suivante, les pays voisins atteints à leur tour. 

Ainsi la Suisse en 1941, puis l'Allemagne en 1942, et la France en 1942-1943.

De 1945 à 1956, la polio s’étendit à un point tel que la psychose s’installa.

En France, on dénombra entre 1 500 et 2 000 cas chaque année pour passer à plus de 4 000 cas en 1957 et 2500 en 1959. Le dernier cas déclaré date de 1992.

Après la 2e guerre mondiale, la polio s'étend au Royaume-Uni, à l'Europe centrale, et à l'Union Soviétique.

 

Éradication de la maladie

La peur collective face à ces épidémies a donné lieu à une mobilisation publique d'envergure, afin de développer de nouvelles méthodes de prévention et de traitement de la maladie. 

Une idée s'impose : la polio est bien une maladie contagieuse, débutant par une phase pré-paralytique de type grippal. 

On constate que la polio échappe aux mesures traditionnelles de santé publique telles que l'isolement, la quarantaine ou la désinfection. 

La polio touche les pays avancés, notamment ceux où l'hygiène est meilleure, et la mortalité infantile la plus faible et On constate que chez ces adultes, les séquelles sont souvent plus graves que chez les enfants. 

Karl Landsteiner et Erwin Popper sont considérés comme les auteurs de la découverte du poliovirus en 1908.

Le virus responsable de la polio, fut isolé en 1949 et déboucha, grâce à Pierre LépineJonas Salk et Albert Sabin, à la mise au point de vaccins.

Salk l’inventeur du vaccin (tué/inactivé/injectable : le vacci Jonas Salk), fut officialisé en 1955.

Le vaccin (vivant/atténué) inventé par Albert Sabin en 1957, eu l’autorisation d’utilisation en 1961. 

Au Danemark, Carl Gunnar Engström met au point en 1952, un respirateur artificiel qui permet de remplacer les « poumons d'acier » des années 1930. 

Son introduction en France, lors de l'épidémie de 1954-1955 (2000 cas) permet d'abaisser la mortalité

Dès 1958, une vaccination de masse a été organisée pour les enfants âgés de 6 mois à 15 ans (le vaccin injecté de type Salk).

En 1963, c’est avec le vaccin oral Sabin, qu’est vacciné la population âgée de 6 mois à 40 ans.

Durant l'ère vaccinale, des épidémies localisées de polio sont survenues aux Pays-Bas, dans des communautés opposées à la vaccination (raisons religieuses), en 1978-79 et en 1992-1993.

Ces vaccinations de masse ont définitivement jugulé les épidémies

En France, le dernier cas de polio date de 1989, le dernier cas importé de 1995.

L'élimination de la polio dans la région Europe a été déclarée officiellement en 2002 par l'OMS.

Des réapparitions sont apparues en Israël en 2013 (aucun cas, mais circulation détectée de virus sauvage), en Russie et Tajikistan en 2010 (plusieurs centaines de cas) 

Les retombées positives de la polio ont été le développement de la médecine physique et de réadaptation moderne et celui des droits des personnes handicapées dans le monde entier.

 

Sources : Recherches diverses (lecture, sites médicaux, etc..)

A suivre : La médecine

 

 

Partager cet article
Repost0
28 avril 2020 2 28 /04 /avril /2020 14:51
25/4/1945: Vote de Madame de Gaulle

25/4/1945: Vote de Madame de Gaulle

29 avril 1945 : Les Françaises votent pour la première fois

 

Tandis que la guerre contre l'Allemagne touche à sa fin, le Gouvernement provisoire du général de Gaulle, à Alger, promulgue le 21 avril 1944 une ordonnance en faveur du droit de vote des femmes : « Les femmes sont électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes » … Il était temps !

Les Françaises étant parmi les dernières femmes du monde occidental à acquérir le droit de voter et celui de se faire élire.

Le vote à la française

Au début de la démocratie française (Révolution 1789), le droit de vote était réservé aux propriétaires de sexe masculin. L’adoption de la Nouvelle Constitution, instaure un suffrage censitaire masculin (système dans lequel le droit de vote est réservé aux contribuables versant un montant minimal d’impôts, en cens). 

Les femmes, les domestiques et les pauvres, du fait de leur dépendance économique, n'étaient pas en situation d'exercer un choix libre.

Le droit de vote, impliquait des devoirs dont celui de défendre la Patrie et, s'il le faut, verser son sang pour elle (la citoyenneté « active »).

Les femmes n'étant pas requises pour porter les armes, elles ne justifiaient donc pas du droit de vote !

 

Le suffrage universel

La IIe République, instaure par la loi du 5 mars 1848 le suffrage universel… Masculin.

 Malgré les revendications féministes portées par des personnalités comme  George Sand où Olympe de Gouges (Révolutionnaire née en 1748, qui plaida pour le droit du divorce, droit accordé le 20 septembre 1792, ce qui ne l’empêcha pas d’être guillotinée le 3 novembre 1793), le droit de vote leur était toujours interdit.

Les militaires étaient aussi exclus du droit de vote, les parlementaires ne souhaitaient pas qu'ils prennent parti dans les luttes politiques, l'armée avait gagné le surnom de « Grande Muette »

C'est seulement le 17 août 1945 (5 mois après les femmes, que les militaires ont obtenu le droit de vote).

 

Des précurseurs inattendus

Dès le XVIe siècle dans les assemblées locales en Corse, au temps où l'île était sous souveraineté gênoise, les femmes corses votent et leur droit est confirmé par la Constitution de Pascal Paoli en 1755... puis aboli après l'annexion française.

 

Une lente émancipation pour les Françaises.

Les opposants au vote des femmes tiennent à des préjugés personnels et à la crainte paradoxale que les femmes renforcent le camp conservateur. 

La gauche radicale et socialiste craint également que les femmes rallient le camp clérical et se soumettent aux injonctions de leur curé !

Entre les deux guerres mondiales, sous la pression des mouvements suffragistes, d'intellectuelles comme Louise Weiss, la Chambre des députés vote à plusieurs reprises en faveur du vote féminin. Mais les propositions sont six fois repoussées par le Sénat.

Elles ne peuvent voter, mais les Françaises accèdent tout de même à des fonctions gouvernementales. 

Après la victoire du Front Populaire en 1936, dans le gouvernement de Léon Blum, trois femmes obtiennent un sous-secrétariat d’État : Cécile Brunschvicg, Suzanne Lacore, Irène Joliot-Curie. 

Au plus fort de l'Occupation, en novembre 1943, Mlle Marie-Rose Bouchemousse est nommée maire de Vigeois (Corrèze).

Il faudra attendre l’ordonnance du Général de Gaulle, pour qu'enfin les Françaises obtiennent le droit de vote.

L'égalité des droits est inscrite dans le préambule de la Constitution de la IVe République (27 octobre 1946) : « la loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l'homme ».

Dès lors les femmes sont régulièrement présentes dans les gouvernements. 

La France se distingue de la plupart des grandes démocraties européennes par la très faible représentation des femmes dans la vie politique. 

Le nombre d'élues à l'Assemblée Nationale stagne aux environs de 30 (5% des députés) jusqu'en 1997, date à laquelle il passe à 59 grâce à un effort du Parti socialiste.

 

Le statut des femmes en Europe et dans le monde

Le statut social des femmes connaît une régression en Europe au début du XIXe siècle sous l'effet du droit romain. 

Pour que l'on cesse d'assimiler les femmes à d'éternelles mineures, il faut attendre des plaidoyers comme celui du philosophe britannique John Stuard Mill qui, assisté de sa femme Harriett, publie en 1869 un essai retentissant, The Subjection of Women (La soumission des femmes).

 

Les premières à obtenir le droit de vote sont les habitantes du territoire américain du Wyoming en 1869, suivies par les Néo-Zélandaises en 1893, les Australiennes en 1902, les Finlandaises en 1906, enfin les Norvégiennes en 1913. Les allemandes et en République tchèque en 1918, Espagne en 1931, Cuba 1934, la Chine 1949.

Au Canada, et dans le reste de l'empire britannique, les femmes obtiennent le droit de vote (sous réserve d'être propriétaires) aux scrutins fédéraux en 1918… mais les provinciales du Québec, devront attendre 1940 !...

En Grande-Bretagne comme dans le reste du monde anglo-saxon, c'est par leur rôle au sein des associations caritatives que les femmes commencent à s'imposer dans la vie publique.

Le combat des « suffragettes »

En 1897, Millicent Fawcett (50 ans), disciple de John Stuard Mill, prend la présidence de la National Union of Women's Suffrage (« Union nationale pour le suffrage féminin »). 

Réunissant des dizaines de milliers de sympathisants tant masculins que féminins, la NUWS va devenir sous son impulsion le principal mouvement suffragiste du monde.

Mais le combat pour le droit des femmes devient « plus dur » en 1903 avec la création par une mère de famille, Emmeline Pankhurst du mouvement des « suffragettes ».

A la différence de la Ligue suffragiste de Millicent Fawcett (NUWS), qui préconise des actions conventionnelles, dans une stricte légalité, la Women's Social and Political Union (WSPU) d'Emmeline Pankhurst et de sa fille Christabel prône le recours à des actions violentes contre les biens et les propriétés.

Bénéficiant d'un courant de sympathie et de ressources financières importantes, cela lui permet d'organiser des marches massives comme le Women's Sunday (« Dimanche des femmes ») du 21 juin 1908.

Les actions se font de plus en plus violentes…  La répression policière aussi. 

Les militantes agissent dans la clandestinité, brisent les vitrines, jettent des bombes dans des boîtes aux lettres... et arrivent même à faire sauter de nuit la résidence secondaire du Premier ministre, toujours en veillant à ne blesser personne. 

Battues, parfois incarcérées, elles font en prison la grève de la faim en vue d'obtenir le statut de prisonnières politiques mais l'administration riposte en les gavant de force, pratique qui sera par la suite interdite.

Le 8 juin 1913, au Derby d'Epson, Emily Davison se jette sous les sabots du cheval du roi George V, il meurt de ses blessures. 

Le drame, filmé par la presse internationale, a un retentissement planétaire mais il faut attendre la fin de la Première Guerre mondiale pour que les « suffragettes » obtiennent enfin une demi-victoire, le 28 décembre 1918, avec l'octroi du droit de vote aux femmes de plus de... 30 ans.

C'est le début d'un mouvement d'émancipation mondial.

 

Enfin l'égalité civique.

Les dirigeants occidentaux font mine d'ignorer les revendications mais changement d'attitude sous le prétexte du rôle actif qu'ont joué les femmes dans la vie sociale pendant la Grande Guerre.

Tandis que les hommes combattaient dans les tranchées, elles ont dû les remplacer aux champs, dans les usines et dans les bureaux. 

Elles ont également témoigné de leur patriotisme comme infirmières et aides-soignantes dans les hôpitaux de campagne. Tout cela mérite récompense... 

Le 15 juillet 1919, le pape Benoît XV lui-même se prononce en faveur du droit de vote des femmes. 

Aux États-Unis, le 26 août 1920, la ratification du XIXe Amendement à la Constitution, étend le droit de vote à l'ensemble des femmes du pays. 

A l'initiative du dictateur turque, Moustafa Kémal (ce qui n’a aucune conséquence dans ce régime autoritaire !), les femmes obtiennent le droit de vote en 1934.

Les femmes belges acquièrent ce droit aux élections municipales en 1920 et celui d'être élues en 1921 mais c'est seulement en 1948 qu'elles obtiennent les mêmes droits civiques que les hommes. 

La France se montre particulièrement lente pour une raison paradoxale : ses élus de gauche redoutent que les femmes aillent renforcer les rangs de la droite et des cléricaux. 

C'est seulement en 1945, à l'initiative du général de Gaulle, que les Françaises obtiennent le droit de vote, 76 ans après les américaines !

Les femmes Suisse, attendront le 7 février 1971 la loi imposant le suffrage féminin à tous les échelons politiques…Mais depuis 2010, les suissesses sont majoritaires au sein du gouvernement fédéral.

Les femmes portugaises voteront en 1976 et l’Arabie-Saoudite en 2011.

 

L’ordonnance du 21 avril 1944

C’est le député (PCF) Fernand Grenier (1901-1992), qui est à l’origine du droit de vote des femmes

La question du vote des femmes fut posée au mois de mars 1944 par le député Fernand Grenier. 

Se référant aux déclarations du général de Gaulle pendant la guerre, il souhaitait que l’Assemblée Consultative reconnaisse le droit de vote et d’éligibilité des femmes « afin que nous lui manifestions notre solidarité et notre volonté de ne plus la traiter en mineure, en inférieure ».

Malgré la volonté affichée par le Général de Gaulle dès 1942, un grand nombre de réticences virent le jour lors des débats sur le vote de l’amendement défendu par le député Grenier du 24 mars 1944 à l’Assemblée consultative provisoire.

 

Les interventions de Paul Giacobbi :

« Pensez-vous qu’il soit très sage dans une période aussi troublée que celle que nous allons traverser que de nous lancer ex abrupto dans cette aventure que constitue le suffrage des femmes ? » ou encore celle d’Antoine Bissagnet* : 

« L’amendement Grenier amènera un déséquilibre très net, car il y aura deux fois plus de femmes que d’hommes qui prendront part au vote. Aurons-nous donc une image vraie de l’idée du pays ? En raison de ce déséquilibre, je préfère que le suffrage des femmes soit ajourné jusqu’à ce que tous les hommes soient rentrés dans leurs foyers, et c’est pourquoi je voterai contre l’amendement » étaient représentatives des positions de certains des membres de cette Assemblée Consultative provisoire.

 

On entendit beaucoup d’arguments spécieux de procédure pour faire obstacle aux droits de vote et d’éligibilité des femmes. Heureusement, le courage et la détermination d’autres délégués permirent de contrebalancer ces résistances.

« Quand il s’agit de jeter les femmes dans le creuset de la guerre, est-ce que nous attendons ? Sera-t-il dit toujours que l’on exigera de nos compagnes l’égalité devant l’effort de la peine, devant le sacrifice et le courage, jusque devant la mort sur le champ de bataille et que nous mettrons des réticences au moment d’affirmer cette égalité ». 

(Robert Prigent, syndicaliste chrétien, membre du parti démocrate populaire).

 

L’amendement sur le droit de vote et d’éligibilité fut fermement défendu par le député Grenier et grâce à sa ténacité, l’article 16 de l’amendement fut adopté le 24 mars 1944 à la majorité de 51 voix contre 16 sur 67 votants et devient l’article 17 de l’ordonnance du 21 avril 1944 signée par De Gaulle.

 

 * Antoine Bissagnet a été nommé administrateur adjoint de 3ème classe des Colonies à titre exceptionnel par le général de Gaulle, membre de l'Assemblée Consultative d'Alger où il est le délégué de l'AOF.

Élu Secrétaire de l'Assemblée, il reprend malgré tout sa place de sous-lieutenant d'Infanterie Coloniale au sein du Régiment de Marche du Tchad (RMT) de la 2ème DB du général Leclerc et participe à la campagne de Normandie où il trouve la mort au combat, le 10 août 1944, au cours de l'attaque de l'église de Doucelles (Sarthe), qui se trouvait aux mains des Allemands. Il est inhumé à Saint-Clar, dans le Gers.

Antoine Bissagnet était :  Chevalier de la Légion d’Honneur, Compagnon de la Libération - décret du 29 avril 1943,  Croix de Guerre 39/45,  Médaillé de la Résistance avec rosette.

Sources : Hérodote – site du gouvernement - BNF

Partager cet article
Repost0
23 avril 2020 4 23 /04 /avril /2020 17:35

 

Le tragique tour du monde du commodore George Anson : 

 

Ce voyage au long cours Réalisé entre 1740 et 1744, est resté comme l’une des pires tragédies en mer. 

À cette époque, l’Angleterre dispute à l’Espagne le contrôle des Caraïbes et des Amériques. 

L’amirauté britannique confie au capitaine Anson la mission de piller la côte pacifique de l’Amérique du Sud qui est une importante zone de commerce espagnol.

 

Nommé Commodore à la tête d’une escadre de 7 navires (1 vaisseau de ligne, 3 frégates,un sloop et 2 navires de transport), George Anson a beaucoup de mal à recruter son équipage, (marins de la Navy, marins du commerce et hommes de troupes), car plus encore que les Espagnols, c’est le scorbut que redoutent les hommes d’équipage anglais ! 

Il quitte Plymouth le 18 septembre 1740, avec six vaisseaux dotés d’un équipage de 1400 marins, mais trop tard pour passer le cap Horne à la bonne saison.

Après le franchissement du Cap Horn, à l’extrémité de l’Amérique du Sud, alors que de violentes tempêtes se succèdent, la maladie se déclare et terrasse les marins. 

Il perd alors trois de ses vaisseaux, mais avec le reste de sa flotte, il réussit à rallier l’île Juan Fernandez dans le Pacifique, riche en fruits et végétaux. 

 

-La Royal Navy leur avait fourni plusieurs traitements parmi les plus populaires d’alors : l’élixir de vitriol (un mélange d’acide sulfurique et d’alcool), du vinaigre et un médicament laxatif appelé « Ward’s drop and pill », tous inefficaces. -

Pendant les trois mois que dure l’escale sur l’île Juan Fernandez. L’équipage se repose et mange des fruits et des végétaux. L'efficacité des vivres frais sur les marins ne fait aucun doute (sans qu’ils en comprennent les raisons proprement scientifiques). 

Leur mission les contraint à traverser le Pacifique pour gagner Canton et de nouveau le scorbut ressurgit durant l’été 1742 avec des conséquences tragiques : un seul bateau arrivera à Canton ! 

De l’équipage initial de 1400 hommes ne subsistent plus que 188 marins. 

Par un coup de chance incroyable, le 20 juin 1743, Anson capture un riche galion espagnol venant des Philippines après un bref combat au cours duquel il ne perd que quelques hommes.

Le voyage su Commodore Anson fut un désastre sur le plan humain, mais son retour en Grande-Bretagne en rade de Spithead, le 15 juin 1744, avec un seul vaisseau le ‘Centurion’, mais avec un trésor de 400 000 livres lui valurent un prestige populaire.

En dépit des pertes en vies humaines très élevées, l’Amirauté a considéré cette mission comme un succès, notamment du fait de la capture du vaisseau espagnol. 

Devenu riche et célèbre, le commodore Anson sera nommé Premier Lord de l’Amirauté en 1751.

 

George Anson

George Anson naît le 23 avril 1697 dans la demeure familiale de Shugborough, dans la paroisse de Colvich (Staffordshire).

Il s'engage à 15 ans en 1712 dans la Royal Navy à bord du HMS Ruby.

En 1717, il est lieutenant à bord du HMS Montague, nommé commander en juin 1722 il est affecté au sloop HMS Weazel (« Belette ») et sert en mer du Nord.

Promu post-captain en 1724, il reçoit le commandement de la frégate HMS Scarborough.

En 1734, une nouvelle mission le conduit sur les côtes américaines. À son retour, pour la première fois depuis son entrée dans la marine, il passe deux ans à terre. 

En 1737, il reçoit le commandement du HMS Centurion, un vaisseau de ligne de 60 canons.

Sa victoire en 1747 sur le chef d’escadre français ‘La Jonquière’ lui valut la prairie et le titre de vice admiral d’Angleterre.

Élu député à la Chambre des Communes de 1744 à 1747. 

Vice-amiral du Royaume-Uni en 1755 puis amiral commandant en chef des flottes de sa Majesté. 

Il est à deux reprises First Lord of the Admiralty (1571à 1756 et de 1757 à 1762)

Durant la guerre de sept ans, en mai 1758, il est à la tête de la flotte britannique qui fit le blocus devant Brest et mène des attaques contre Saint-Malo.

Personnalité réservée, il ne brillait guère en public.

La Grande-Bretagne lui doit une réorganisation efficace de sa Royal Navy, qui grâce à son impulsion devient la plus redoutable force navale du monde au XIXe siècle.

Surnommé comme étant le « Père de la marine » (« The Father of the Navy »), il décède en juin 1762 à l’âge de 65 ans.

 

A suivre : La Poliomyélite

(Source : Hérodote – Charlotte Chaulin)

 

Partager cet article
Repost0
21 avril 2020 2 21 /04 /avril /2020 17:18
8. XXIe siècle, le retour de la peste marine : le scorbut.

Retour de la peste marine : le scorbut.

Depuis une dizaine d’années, la gale, la tuberculose, ces maladies qui évoquaient saleté et misère, tenues  pour disparues sont réapparues en France.

C’est ainsi que des médecins en 2017 ont détecté plusieurs cas scorbut.

Comment expliquer le retour d’une telle maladie, si facile à prévenir, dans la France du XXIe siècle ?

 

Une longue histoire

Cette affection est connue depuis la plus haute Antiquité, mais il a fallu attendre de nombreux siècles pour l’identifier avec précision.

Il fait des ravages au XVIIe siècle pendant le blocus de la Rochelle par Louis XIII (1628), et au XIXe siècle durant la Grande Famine d’Irlande (1845-1846).

La présence du scorbut est attestée dans les voyages d’exploration, comme ceux de René Caillié à Tombouctou en 1828.

Les aventuriers de la ruée vers l’or en Californie (1848), paient au prix fort les ravages du scorbut, lors de la périlleuse traversée des Rocheuses.

Il décime également les camps de prisonniers de la guerre de Sécession (1861-1865), tout comme pendant le siège de Paris lors de la guerre franco-prussienne de 1870.

 

Baptisée la maladie de la bouche puante dans les écrits de Pline l’ancien (Histoire naturelle), elle est surnommée à la fin du XVIe siècle par le capitaine anglais Richard Hawkins ‘la peste marine’ pour évoquer le caractère irrémédiablement contagieux et épidémique de ce fléau qui semble incurable et qui dévastes les marins en mer.

On retrouve le scorbut dans l’équipe de l’explorateur Robert Falcon Scott, pendant son expédition au pôle Sud en 1901. C’est au cours des grandes expéditions maritimes des XVe et XVIe siècles que la maladie est associée au monde marin.

Paradoxalement, ce sont les avancées technologiques qui ont amené le scorbut parmi les équipages en permettant aux vaisseaux de naviguer sur des plus grandes distances et d’augmenter la durée des escales.

 

Entre la fin du XVe siècle et le début du XXe siècle, les récits d’équipages décimés par le scorbut sont légion. Les épopées des grands navigateurs seront endeuillées par ce mal qui emportera parfois la quasi-totalité des équipages.

En 1497, Vasco de Gama voit apparaître le scorbut parmi son équipage au bout de 12 à 15 semaines de navigation. En 11 mois, ce mal va causer la perte de 120 de ses 160 marins.

En 1519, le premier Tour du monde, réalisé par Ferdinand de Magellan, sera tout aussi funèbre. Sur les 265 marins embarqués pour le voyage, 18 seulement parviendront au bout du voyage, la plupart ayant péri à cause du scorbut.

 

L’historiographe de Magellan, Antonio Pigefetta, décrit les symptômes avec rare acuité : « Les gencives commencent à enfler, des abcès se forment dans la bouche, les dents se déchaussent puis tombent. Le palais devient si enflé qu’ils ne peuvent plus rien avaler et périssent misérablement… »

La maladie fera également des ravages parmi les équipages français ; Jacques Cartier perdra 25 de ses 110hommes lors de son expédition au Canada en 1535.

Le commerce dit « triangulaire » se trouvera tout autant vulnérable : le scorbut affectant les Africains transportés sur les bateaux pour devenir esclaves dans les Amériques.

 

Origine du mal

Longtemps craint des équipages de marins, qu’il décimait, ce mal trouve son origine dans une alimentation dépourvue de vitamine C.

En 1747, James Lind, à bord du HMS Salisbury réalise une expérience montrant que les oranges et les citrons guérissent le scorbut ; c'est le premier essai clinique.

Il a divisé les malades en trois groupes : ceux qui prennent les fruits frais, ceux qui prennent du cidre, et ceux qui prennent d'autres remèdes de l'époque.

Le premier groupe s'améliore rapidement, suivi par le second (non expliqué, le cidre ne contenant pas de vitamine C), alors que le troisième ne s'améliore pas.

En 1766, l'anglais Samuel Wallis est l'un des premiers à mettre en pratique les idées de Lind à bord en embarquant à bord du HMS Dolphi,n  des aliments d'origine végétale et des agrumes.

En 1795, le chirurgien naval Gilbert Blane, administrateur de la Royal Navy, réforme entièrement l'hygiène navale et réglemente une ration quotidienne de jus de citron pour chaque marin. Cette boisson restera un secret militaire jusqu'en 1840 (3/4 d'once de jus de citron - environ 21 ml -, additionné de 10 % d'alcool).

Cette boisson sera disponible pour la marine marchande britannique, de façon officielle, en 1844.

 

La vitamine C

Entre 1928 et 1932, le Hongrois Albert Szent-Györgyi (prix Nobel en 1937), cherchant une substance combinant l'oxygène capable d'empêcher l'apparition de taches brunes sur les fruits qui pourrissent, isole  « l'acide hexuronique » à partir du paprika, acide qui en 1933, prendra le nom de « acide ascorbique » (abréviation de « antiscorbutique »).Durant la même période, Charles Glen King et W. A. Waugh isolent la vitamine C du citron et de l'orange et découvrent que « l'acide hexuronique » est la vitamine C.

La même année, Walter Norman Haworth en établit la formule chimique.

Toujours en 1933, de façon indépendante et simultanée, l'anglais Haworth et le suisse Tadeusz Reichstein réalisent la synthèse de la vitamine C.

 

Source : Pr Patrick Berche, L’histoire du scorbut in Revue de Biologie Médicale, N° 347, mars 2019. Arc  Gozlan, « Le retour du scorbut, une maladie que l’on croyait disparue », Le Monde.fr, 9 septembre 2018.

A suivre : La tragédie de Georges Anson

Partager cet article
Repost0
6 avril 2020 1 06 /04 /avril /2020 10:48

 

Extrait rapport ONUSida

La mondialisation des virus

La mondialisation des épidémies a débuté avec les Grandes Découvertes et c’est accéléré aux XXe et XXIe siècles, avec les échanges internationaux et l'accroissement démographique (il est plus facile à un virus ou une bactérie de se transmettre d'un être humain à l'autre lorsque la planète compte huit milliards humains que lorsqu'elle en comptait 250 millions comme à l'époque du Christ).

Dans la seconde moitié du XXe siècle, d’autres grippes vont frapper fort, mais jamais autant que la « grippe espagnole ».

Les arbovirus, virus qui ont pour vecteur des insectes suceurs de sang (moustiques, tiques, phletomes) qui sévissent dans les pays moins développés et les régions tropicales, vont en piquant une personne malade, absorber le virus et infecter ensuite d’autres personnes en les piquant à leur tour.

La première épidémie de ce type, le chikungunya, remonte à 1957 en Tanzanie

Ces maladies tuent rarement mais entraînent des complications pouvant entraîner la mort et il n’existe pas de réel moyen de prévention autre que moustiquaire et répulsifs.

Détecté pour la première fois chez un singe en Ouganda en 1947, le virus ‘Zika’ (de la famille des arbovirus) est responsable de la quatrième épidémie pour laquelle l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) a décrété un état d’urgence mondiale.

Il a fait sa première apparition chez l’homme dans les années 1970. L’épidémie s'est déclarée en 2007 dans le Pacifique. Il est parvenu en France en 2016.

Ses symptômes ressemblent à ceux de la dengue ou du chikungunya : fièvre, maux de têtes, éruption cutanée, fatigue, douleurs musculaires et articulaires...

En 1958 la grippe asiatique d’origine aviaire va faire près de 2 millions de mort, dix ans plus tard la grippe de Hong Kong va tuer près d’un million de personnes.

Le 5 juin 1981, une revue scientifique évoque une mystérieuse pneumonie. On découvrira un peu plus tard qu'il s'agit en réalité de l'apparition d'un nouveau virus, le HIV. C'est le début d'une effroyable épidémie, le sida (« syndrome immunitaire de déficience acquise »).

A la fin des années 1970, chez des patients homosexuels, un nouveau virus dont les symptômes font penser à ceux de la syphilis apparait : le VIH.

Ce VIH (Virus de l’Immunodéficience Humaine), va faire entre 1980 et 2010 trente-six millions de morts :  Le Sida.

Cette maladie, transmise du singe vers les hommes, serait apparue dans les années 1920 dans le bassin du Congo.

Dans les pays occidentaux, sa propagation est aujourd'hui endiguée grâce à une importante politique de prévention et de protection et à l’arrivée des traitements antiviraux mais le Sida reste un fléau menaçant pour les pays moins développés, particulièrement en Afrique.

 

XXIe siècle : Le Sida

En 2002, partie de Chine, une maladie infectieuse causée par un virus appartenant à la famille du coronavirus, ‘le Sars-CoV’, va se mondialisée en 2003 : L’épidémie de SRAS (Syndrome respiratoire aigu sévère).

Très contagieuse, elle se transmet d’homme à homme par voie aérienne (postillons...).

Le réservoir animal du coronavirus du SRAS a été identifié comme étant une chauve-souris insectivore.

L’hôte intermédiaire qui a permis le passage du virus à l’homme est la civette palmiste masquée, animal sauvage vendu sur les marchés et consommé au sud de la Chine.

En mars 2003, l’OMS a déclenché une alerte mondiale et grâce aux mesures d’isolement et de quarantaine, l’épidémie a pu être endiguée au prix de 800 morts.

En 2009, d’origine porcine ‘la grippe A’, va semer la terreur, d’autant plus qu’elle est la deuxième pandémie de souche H1N1, la première étant la grippe dite espagnole.

L’abattage systématique des cheptels d’animaux contaminés, l’isolement des malades et la création rapide d’un vaccin permettent d’endiguer l’épidémie ne fait finalement « que » 280 000 victimes, c’est-à-dire à peu près autant qu’une grippe « classique » saisonnière.

En Inde en 2006 Le chikungunya, refait son apparition où 2 millions de cas ont été recensés.

Le virus a été détecté en Europe l’année suivante et aux États-Unis en 2013.

Dans cette même famille, on rencontre la dengue, qui, dans sa forme la plus sévère,  a fait 21 000 victimes en 2008, mais aussi la fièvre jaune et le paludisme ainsi que la maladie du sommeil.

Des vaccins et des médicaments comme la quinine ont été élaborés pour lutter contre ces maladies mais elles n'en demeurent pas moins très mortelles.

Le paludisme en particulier tue encore 500 000 personnes par an en Afrique et en Asie du sud.

En Afrique, le virus Ebola, découvert en 1976, a causé plus de 11 000 décès entre 2013 et 2016.

Le réservoir naturel du virus serait la chauve-souris...

Cette chauve-souris serait également responsable du virus qui fait trembler le monde en 2020, le COVID-19.

Fin décembre 2019, ce nouveau virus de la famille du coronavirus, a sévi dans la ville de Wuhan en Chine avant de s’exporter en Asie puis en Europe.

Le 30 janvier 2020, l’OMS a qualifié l’épidémie « d’urgence de santé publique de portée internationale. »

En février 2020, de nouveaux cas se sont révélés en Corée du Sud, en Italie et en Iran et en France

Avec ce nouveau coronavirus, le monde fait donc face à une nouvelle pandémie.

A suivre : XXIe s. retour du Sorbut

(Source : Hérodote – Charlotte Chaulin)

 

Partager cet article
Repost0