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6 septembre 2008 6 06 /09 /septembre /2008 21:18

nicee L'année julienne comptait 365,25 jours alors que l'année tropique vaut 365,24221935 jours soit une différence de 11 minutes et 12 secondes par an.....
Un retard de 3/4 de jour pour 100 années juliennes c'est peu, mais transporté à échelle longue, le calendrier fausse compagnie aux rendez-vous annuels du soleil.

Le système de César ne remplit donc pas exactement les conditions nécessaires à une fixité définitive.
Il fallait donc adapter dans la durée la longueur de l'année à l'année tropique., mais...
Depuis la réforme julienne, la chrétienté était née.

Vous allez me dire que viens faire la chrétienté dans la dérive du calendrier ?
C'est très simple, la date de la fête de Pâques.

 Les chrétiens n'ont pas eu la vie facile avec les romains, ils étaient persécutés (Rappelez-vous de vos cours d'histoires en primaire, les lions qui dévoraient les chrétiens !!). Malgré cela la religion chrétienne progressait et commençait en mettre en péril les différents empereurs romains.
 L'Empereur romain Constantin  (il se converti que sur son lit de mort)  sentant bien le danger, décrète en l'an 312 la fin des persécutions contre les chrétiens qui peuvent enfin vivre au grand jour et en 325 convoque le premier concile œcuménique dans la ville de Nicée (aujourd'hui Iznik en Turquie).

N'oublions pas que nous sommes au temps des romains et qu'à l'époque les Empereurs étaient non seulement les chefs civils, mais également les chefs religieux, il n'y a donc rien de surprenant que ce soit Constantin qui convoque un concile.
Les sujets à traiter à ce Concile ne manquent pas, en particulier la condamnation de l'arianisme (doctrine d'Arius).
En l'an 325 de notre ère, le concile de Nicée fixa la date de Pâques. (Je vous parlerez des controverses de cette de Pâques dans une autre page).
Pour les Pères de l'Eglise Pâques doit être associée à la 1ère pleine lune du printemps.
Or en 325 l'équinoxe tombe le 21 mars, alors que César et Sosigène avaient prétendu fixer cet équinoxe au 25 mars.

Il est évident que Sosigène s'est trompé (au moins dans la détermination de l'équinoxe de l'an 45).
Les Pères de l'Eglise n'hésitèrent pas un instant à attribuer cette erreur de 4 jours au seul Sosigène.

Ces braves Pères pensaient que l'équinoxe de printemps observé le 21 mars à l'époque du concile, tomberait désormais indéfiniment à cette date, et ... Fort imprudemment, ils lièrent la fixation de Pâques à la date du 21 mars.
Pâques est donc le dimanche qui suit le 14ème jour de la lune qui tombe le 21 mars ou immédiatement après (1er dimanche après la première lune de l'équinoxe de printemps). Pâques est donc une fête mobile oscillant  le 22 mars et 25 avril.

 Pour la petite histoire :

Le concile de Nicée (an 325) n'a pas décrété la règle de  détermination de pâques.
 La légende s'est vite répandue (grâce en particulier à Denys le Petit) que la règle venait de ce concile.
Au XVIe siècle, le pape Grégoire XIII  y  croyait encore ; au XVIIIe,  on  en parle toujours dans le décret anglais d'adoption du calendrier grégorien.
 Aujourd'hui  encore,  la  légende  est  toujours d'actualité !

---------------------

 Malgré les injonctions du Concile de Nicée, chaque ville fit à sa façon et on en arriva à une confrontation : Alexandrie (Orient) / Rome (Occident) qui annonce la future rupture définitive entre les églises d'Orient et d'Occident.
Après le Concile de Nicée, deux astronomes, (tous 2 évêques à Alexandrie), Théophile et son neveu Cyril établirent des tables s'étendant respectivement de 380 à 480 et de 437 à 581.

En l'an 455, Hilaire, archidiacre du Pape Léon le Grand (440-461), commande à Victorius d'Aquitaine une table permettant de fixer la date de Pâques.

 En 525, (200 ans après le Concile de Nicée) le pape Jean 1er demande à l'abbé Denys le Petit (Dionysus Exisguus) de calculer la date de Pâques pour l'année 526.
Denys le Petit adopte les formules alexandrines et utilise le cycle lunaire de 19 ans (Cycle de Méton), il recalcule les tables de Cyril sur 95 ans (532 à 627), mais... elles tombent dans l'oubli, ... la date de Pâques continuera donc de dériver... et le calendrier aussi !!

Dans les siècles qui suivirent, le calendrier julien continua, naturellement, à dériver par rapport à l'équinoxe, qui s'écarta peu à peu du 21 mars.
Dès le VIIIème siècle, l'Eglise s'en émut; à suivre les prescriptions du Concile, Pâques, fête printanière, finirait à la longue par se célébrer au cœur de l'été.
Le XIIIème siècle fera bouger les consciences. Conrad de Strasbourg en 1200, affirme que le solstice d'hiver a déjà perdu 10 jours depuis le règne de Jules César.
Quelques années plus tard le chanoine de Paris (Robert Grossteste - un anglais), calcule un décalage d'un jour tous les 304 ans (en réalité c'était un jour tous les 308,5 ans). Il préconise donc de calculer la date de Pâques avec un équinoxe de printemps situé au 14 mars au lieu du 21, ce qui compenserait ainsi le retard accumulé depuis Jules César.

Johannes de Sacrobosco, également anglais (appelé Jean de Holywood ou Jean de Halifax) propose dans un traité ‘De Anni Ratione' d'abolir un jour tous les 288 ans... proposition restée sans suite.
En 1263 Roger Bacon signale au pape (dans ses ouvrages opus majus et opus tertium) que le phénomène de précession des équinoxes fait que l'année du calendrier avance de près de 11 minutes par an sur l'année solaire, représentant une journée entière tous les 120 ans. De ce fait, Pâques est fêtée à une date erronée.
Il réclame une réforme en s'adressant avec véhémence directement au pape Clément IV. Il n'aura pas gain de cause, et pour cause... Le pape décède sans avoir pris de décision.

 En 1345, Clément VI (pape en Avignon), décide de réformer le calendrier. Il s'adresse à plusieurs experts dont Jean de Meurs et Firmin de Belleval. Dans une lettre sur la réforme de l'ancien calendrier ‘Epistola suoer reformatione antiqui Kalendarii', il propose une solution consistant à supprimer un certain nombre de jours d'une année déterminée, et par la suite, d'enlever un jour tous les 310 ans (tout un programme ; mais cette réforme ne se fit pas (probablement à cause d'une épidémie de peste).

Le cardinal Pierre d'Ailly (un français), au Concile de Constance en 1414, fit part de l'émotion du clergé et proposa au pape Jean XXIII (un antipape en Avignon), un traité d'exhortation à la reprise du calendrier ‘Exhortatio super correctione calendarii' (Exhortation à la reprise du calendrier).
Il reprend les argumentaires de Grosseteste, Sacrobosco et Bacon : modifier les intercalations bissextiles.

Pierre d'Ailly reconnaît que la « durée véridique de l'année n'est pas connue avec certitude », pour que l'on puisse valablement légiférer ... La réforme n'aura donc pas lieu.
En 1436, l'astronome Nicolas de Cursa, propose une réforme semblable à Pierre d'Ailly, avec .... Pas plus de chance.
Au début du XVIème siècle, lorsque le calendrier indiquait 21 mars, l'équinoxe réel était déjà passé depuis 10 jours.

Les demandes de réforme du calendrier se faisaient de plus en plus nombreuses et pressantes, mais le XVIème siècle est celui de la réforme (la naissance du protestantisme) : Luther, Calvin, etc...
L'Eglise catholique romaine a autre chose à faire que de s'occuper de la dérive du calendrier, Elle veut réagir à la naissance du protestantisme en proposant une contre réforme.

Le pape Léon X, en 1514, demande à l'évêque hollandais Paul de Middelburg, astronome, de présider une commission chargée de l'amendement du calendrier.
Cette réforme ne vit jamais le jour, et pour cause, Léon X a eut la mauvaise idée de demander aux souverains de l'époque, leur avis, qui ne répondirent pas ou presque, ... Mais, une des lettres de Léon X tomba dans les mains de Nicolas Copernic qui avait découvert que la rotation de la Terre se faisait en 365,2425 jours (contre (365,2422 réels), et qui hésitait à publier ses travaux (à cause de la religion). Il ne le fit qu'à la fin de sa vie, et cette publication jouera un rôle majeur lors de la réforme de Grégoire XIII.

Le Pape Paul III décide de tenir un concile œcuménique à ce sujet à Trente dans le Nord de l'Italie.
Ce concile de 25 sessions dura 18 ans  (1545-1553). Il agite la question mais sans conclure, la remet à la sagesse du Saint Siège et confie également au pape Pie IV de réformer le bréviaire.
Pie IV doit réformer le bréviaire ...  Pas de chance il meurt.

Le pape suivant, Pie V (1566-1572), fit une bonne partie du travail, mais une partie seulement car la réforme complète du bréviaire supposait une réforme du comput ecclésiastique (entre autre remplacer le système du nombre d'or par le système basé sur la notion d'Epacte), qui elle exigeait au préalable la réforme du calendrier civil. Pie V ne l'a pas faite.

En mai 1572, de Grégoire XIII succède à Pie V....

 

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28 août 2008 4 28 /08 /août /2008 17:52

calendrier romainLes amateurs de calendriers discutent beaucoup (sans donner de réponse) sur :

  • Quelle est la chronologie des premières années du calendrier julien, c’est-à-dire, quelle est la première année julienne  bissextile ?
  • Combien y a-t-il eu d’années bissextiles à tort, et
  • Quand le rythme actuel a-t-il commencé ?

 L’année 45 av. J.C. (709 AUC), est la première réellement julienne (année de 365 ou 366 jours dans un cycle de 4 années comptant 1461 jours) ;

La règle des années bissextiles fut mal comprise : on commença par utiliser un cycle de 1096 jours en comptant une année bissextile tous les 3 ans ! Cet épisode nous est relaté par Macrobius dans Saturnalia (1,14) :

‘César ayant ainsi organisé la division civile de l'année, qu'il mit en concordance avec les révolutions de la lune, en fit la promulgation publique par un édit. L'erreur aurait pu s'arrêter là, si les prêtres ne s'en étaient pas formé une nouvelle de la correction même. Mais tandis qu'il aurait fallu n'intercaler le jour produit par les quatre quarts de jours qu'après quatre années révolues, et avant le commencement de la cinquième, eux intercalaient, non après, mais au commencement de la quatrième année.

Cette erreur dura trente-six ans, durant lesquels on intercala douze jours, tandis qu'on n'en aurait dû intercaler que neuf. Mais on s'en aperçut enfin, et Auguste la corrigea, en ordonnant de laisser écouler douze ans sans intercaler ; afin que ces trois jours surnuméraires, produits par la trop grande hâte des prêtres durant trente-six ans, se trouvassent consommés par les douze années suivantes privées d'intercalation. Au bout de ce terme, il ordonna qu'on intercalât un jour au commencement de chaque cinquième année, comme César l'avait réglé; et il fit graver l'ensemble de cette division de l'année sur une table d'airain, pour la conserver à perpétuité’

Sur cette dernière question, les dates de 4 et 8 apr. J.C. sont couramment citées… mais sans explication.

Sujet intéressant, mais sujet à controverse, alors faisons-nous une idée (qui n’engage que son auteur !).

Le calendrier julien a commencé par une année de confusion, donc la première année julienne est l’an 45 av. J.C., cette année a-t-elle été bissextile ?

Je ne le pense pas. En effet tous les textes parlent du rythme quadriennal des années bissextiles, il est toujours question de ‘rattraper’ la 4ème année le retard de ¼ de jour accumulé les 3 années précédentes. Il n’est jamais question de ‘compenser’ pendant 3 années l’avance d’une journée prise la 1ère année ; d’autre part, l’année précédant la 1ère année julienne ayant comporté 445 jours (année de confusion), il aurait été surprenant de ne pas en profiter pour ajouter un 446ème jour afin d’éviter que la 1ère année du nouveau calendrier soit une année « exceptionnelle » (366 jours au lieu de 365).
Marcobe explique l’erreur par le fait que, alors qu’il était spécifique que le jour intercalaire devait être ajouté « à la fin » de la 4ème année, les autorités chargées d’appliquer la règle auraient compris « au début » de la 4ème année.

 Censorinus lui-même précise : “ pour tenir compte du quart de jour qui semblait nécessaire pour compléter l’année naturelle, il prescrivit que le cycle quadriennal étant complété, un jour supplémentaire soit intercalé après Terminalia .”

 

D’autres sources indiquent :

"[...] Et ce calcul même, où l'on découvre une erreur, a été corrigé : pendant douze années consécutives on ne fit pas d'intercalation, attendu que l'année, qui auparavant anticipait, maintenant retardait sur les astres." Pline l'Ancien Histoire naturelle XVIII LVII.

"[...] mais il se commit encore une erreur due aux prêtres. On leur avait, en effet, recommandé d'intercaler un jour à la quatrième année. Cette intercalation devait avoir lieu à la fin de cette quatrième année, et avant l'inauguration de la cinquième ; or, elle eut lieu au commencement de la quatrième et non à la fin : ainsi au lieu d'intercaler neuf jours pour trente-six ans, on en intercala douze. Cette erreur fut corrigée par Auguste, qui prescrivit de laisser passer douze ans sans intercalation, pour faire disparaître par compensation ces trois jours ajoutés à tort aux neuf jours nécessaires. Telle est la base sur laquelle fut établie désormais la supputation de l'année. Cette réforme et bien d'autres choses appartiennent au temps d'Auguste". Solin  De mirabilibus mundi I.

 

Pline est plus vague, mais il n’y a guère de différence entre les textes de Solin et Macrobe.
Dans l’esprit de César, la fin de la 4ème année correspondait au 32 décembre ! Or, dans le calendrier précédemment en vigueur à Rome, les intercalations étaient placées entre le 23 et 24 février, la même règle fut utilisée dans le nouveau calendrier pour ne pas changer les habitudes.
Pour concilier les 2 opinions, dans l’esprit des initiateurs du calendrier julien, le 1er jour bissextile devait être intercalé entre le 23 et  24 février en 41 av. J.C. (au commencement de la 5ème année), mais à cause de la mauvaise interprétation, ce fut en réalité en 42 av. J.C. (au commencement de la 4ème année).

Cette hypothèse a l’avantage de permettre d’expliquer le rythme actuel des années bissextiles tout en refusant de considérer que 45 av. J.C. ait été bissextile.
Le problème, c’est qu’il est difficile de répartir les 32+12 années dont parle Marcobe !…

Une autre version (parmi d’autres), consiste à partir de l’hypothèse que la 1ère année bissextile devait être en 42 av. J.C. mais qu'en réalité ce fut en 43. Les 36 années en erreur courent ensuite jusqu’en 10 av. J.C. et les 12 années de correction s’étendent entre 9 av. J.C. et 3 apr. J.C.... Alors, et si Sosigène avait raison !

Je vous fais grâce des démonstrations mathématiques de chaque hypothèse. Sujet intéressant de débattre, mais sujet à controverses !..

 Selon que l'on interprète le texte de Macrobe et selon les réponses données aux différentes interrogations, on en arrive à des schémas différents de jours intercalés et de jours bissextes omis pour la période de près de 50 ans qui suit la réforme de César.


 
En conclusion

Comme avant la réforme de César, ce fut à des hommes instruits dans les sciences des mesures et écritures’, en un mot aux pontifes, que fut confié le soin d'intercaler les années bissextiles.

Ils avaient été particulièrement nuls dans cette tâche avant César et le furent tout autant après !!

 Enfin bref, notre calendrier julien dérive toujours au fil du temps, et cela pose beaucoup de problèmes, d’autant

plus qu’un nouvel acteur entre en jeu… Le Christianisme !!

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27 août 2008 3 27 /08 /août /2008 20:51


Nous sommes en 46 av J-C. Jules César (101 - 44 av J.C), Jules César qui cumule les fonctions de Dictateur (pour 10 ans) et de Grand Pontife intervint...

A cette époque régnait à Rome un désordre extraordinaire dans le compte des jours. Les Pontifes, ayant le droit d'intervenir à volonté dans la durée de certaines périodes faisaient du calendrier un moyen de corruption et de fraude ; ils prolongeaient la magistrature de leurs  amis, abrégeaient  celles  de  leurs ennemis, avançaient  ou retardaient les échéances, permettaient aux fermiers du fisc de rapides bénéfices ou les amenaient à la faillite.

Avec ces abus, on en était arrivé à célébrer au printemps la fête d'automne (les Autumnalia) et la moisson en plein hiver.

Ceci étant, Jules César lui-même, a profité de ce désordre. Pontifex Maximus depuis -52 ; il n'a décrété qu'une seule fois un mois intercalaire, pourtant c'est lui qui instaurera le nouveau calendrier qui porte son nom.

            J. César             

De retour d'Egypte il ramena (en même temps que Cléopâtre) l'astronome grec Sosigène, établi à Alexandrie, et le prit pour conseiller.

 Sur les conseils de Sosigène, Il fut décidé que le futur calendrier ne tiendrait aucun compte de la lune et s'ajusterait le mieux possible à l'année (tropicale), le calendrier julien serait donc essentiellement solaire (C'est la réforme julienne).

 A cette époque, la longueur de l'année et des saisons n'était pas connue avec une grande précision, la réforme reposa donc sur l'hypothèse que l'année tropique comporte exactement 365 jours 1/4, ce qui est assez surprenant.... car Sigogène ne pouvait pas ignorer les travaux fait 100 ans plutôt par Hipparque, le plus grand astronome de l'antiquité, qui avait reconnu que l'année est inférieure à 365 jours 25 et lui avait attribuée une longueur de 365 jours 5 heures et 55 minutes.

La valeur moyenne de l'année julienne fût quand même fixée à 365 jours 6 h.

La vraie valeur est un peu plus courte 365 jours 5 heures et 49 minutes environ.

Pourquoi Sosigène a-t-il volontairement oublié ces 6 minutes ? , cela lui paraissait-il négligeable ? On ne sait, et pourtant...

 L'année civile, par commodité doit comporter un nombre entier de jours, il fut décidé que l'année commune comportera 365 jours, donc trop courte d'un 1/4 de jour.

Pour lier le calendrier aux saisons et que les phénomènes astronomiques qui les gouvernent se reproduisent aux même dates, il fût décidé de combler ce déficit d'un quart de jour par un jour additionnel tous les 4 ans.

Sage précaution, car sans cette remise à l'heure l'écart atteindrait 30 jours en 120 ans et l'accumulation séculaire des jours manquants ferait dériver l'année au fil des saisons, l'équinoxe de printemps quittant mars pour avril, puis  en mai, etc...

  Les Egyptiens ont connu et accepté cette incommodité pendant  4000 ans environ.

  Pour la petite histoire 2 siècles avant César, le roi d'Egypte Evergète avait décrété l'addition quadriennale d'un jour, mais le peuple y resta rétif.

Sosigène proposa simplement la réforme  qu'Evergète n'avait put faire.

 Jules César se rallia à ce principe et institua tous les 4 ans, une année de 366 jours, fondant ainsi les années bissextiles.

  • Il attribua ce jour supplémentaire (bissexte) au mois de février, dernier mois de l'année chez les Romains,  mois cours de 28 jours, mois néfaste.

Les Romains consacraient  les mois aux nombres pairs aux dieux infernaux  et ceux aux nombres impairs étaient tenus pour favorable aux dieux supérieurs.

Pour ne pas choquer les superstitions de ses concitoyens, Jules César adopta donc une règle compliquée....

  • Il doubla le 24ème jour de février qui portait le nom immérité de 6ème avant les calendes de mars, (1er mars).

Le jour supplémentaire fut dit: bis-sextus calendas martias (d'où le terme bissextile).

  • Il fut également décidé que l'équinoxe de printemps coïnciderait avec le 25 mars. Pour porter remède à ce désordre l'année 708 de la fondation de Rome 46ème avant notre ère, comporta 445 jours (443 selon certains historiens), et fut appelée par César ‘année ultime de la confusion' ( ultimus annus confusionis)

 " Cicéron écrivit : non  content de soumettre le monde entier, Jules César entreprenait maintenant de mettre les astres sous ces ordres"

 Dans la foulée, César ramena le début de l'année du 1er mars au 1er janvier, date à laquelle les consuls entraient en charge.

César fut amené à ajouter 67 jours (2 mois de 33j et 34j entre novembre et décembre) à l'année 46 av. J.C. qui compta 443 jours selon Marcobius (De Die Natalis, XIV-3) ou 445 jours selon Censorinus :

"[César] plaça entre novembre et décembre 2 mois intercalaires de 67 jours, bien qu'on eût déjà intercalé 23 jours en février, de sorte qu'il fit cette année de 445 jours, qui fut appelée année de confusion".

Le nom des mois était inspiré du calendrier traditionnel (romain), et l'année commençait en janvier.

 Le calendrier julien entra en vigueur aux calendes de janvier de l'an 709 (ou 708 selon d'autres auteurs) ab Urbe condita (1er janvier -45).

Le 1er janvier de l'an 45 avant notre ère inaugure la réforme julienne.

 Tout est en ordre, début de l'année au 1er janvier, l'année julienne comporte 365,25 jours, oui mais pas de chance l'année tropique a 365,2422 jours soit 0,0078 jours de moins que l'année  des saisons.

Cet écart de 11 minutes 14 secondes est négligeable si l'on s'en tient à la durée de la vie humaine, mais à l'échelle du temps...

 Comme tout n'est pas simple, la réforme Julienne fut d'abord mal appliquée.

Les pontifes intercalèrent une année bissextile tous les 3 ans au lieu de tous les 4.

Au bout de 36 ans, on avait ainsi intercalé 12 années bissextiles au lieu  de 9.

Auguste (le successeur de Jules César) ordonna alors que pendant 12 ans que l'on ne fasse aucune année bissextile.

La réforme julienne reprit sa justesse.

En récompense, le Sénat romain donna à sextilis (6ème mois) le nom d'augustus.

 Mais, malgré cela  le système de César ne rempli  pas exactement les conditions nécessaires à une fixité définitive.

Sosigène sait donc trompé de 24 heures au moins dans la détermination de l'équinoxe de l'an avant notre ère ?

 Avant de voir les conséquences de l'erreur de calcul de Sosigène, attardons nous sur les premières années bissextiles.

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3 août 2008 7 03 /08 /août /2008 21:01

LES CALENDRIERS ROMAINS

 Lors de sa création, le calendrier Grégorien, (celui utilisé de nos jours) ne fit pas table rase du passé.

Il représente une amélioration de détail  (décisive par ses conséquences), d'un remarquable calendrier antérieur :

  • le calendrier Julien, qui n'est autre que la réforme du
  • calendrier romain ayant pour origine la date de la fondation de Rome (en 753 av. J-C. sous Romulus).

 Pour bien comprendre l'histoire de notre calendrier actuel, il faut  remonter aux origines du calendrier julien proprement dit, les calendriers romains.

 Le créateur du calendrier romain primitif serait Romulus lui-même, le mythique fondateur et 1er roi de Rome

Notre connaissance des calendriers romains primitifs est partielle et confuse.

Les plus anciens auteurs se basent sur des documents dont aucun ne nous est parvenu et dont les informations qu'ils contiennent  se contredisent parfois.

Deux calendriers marquent la période romaine :

  • Romulus et
  • Numa

 Le calendrier de Numa : Douze mois et 354 jours

 Sous le roi sabin Numa Pompilius (715-672 av J.C), deuxième roi de Rome et vénéré comme le grand organisateur de la vie religieuse romaine, (ou peut-être Lucius Tarquin l'Ancien (656-578 av J.C), premier roi étrusque, le calendrier archaïque aurait subi une importante réforme, l'adjonction de deux mois : janvier et février.

Selon Macrobius, Numa Pompilius, transforma le calendrier de Romulus en un calendrier purement lunaire (plus exactement luni-solaire) : aux 304 jours du calendrier de Romulus furent rajoutés 50 jours pour avoir une année de 354 jours, soit la durée d'une année lunaire, évaluée à 239 jours 1/2, répartie en 12 mois alternativement de 29 et 30 jours :

"Bientôt les peuples voisins adoptèrent le calendrier de Numa et se mirent à compter dans leur année le nombre de jours et de mois fixés par Pompilius, mais ils s'en distinguaient en faisant alterner des mois de 29 et 30 jours". Macrobius

 Numa enleva 6 jours à l'année existante en supprimant 1 jour aux 6 mois de 30 jours. Avec les 50 jours rajoutés plus les 6 jours récupérés il créa 2 mois supplémentaires Januarius (consacré à Janus) et Februarius (consacré à Febro) de 28 jours chacun, ce qui fit une année de 354 jours.

L'année de Numa correspond presque exactement à l'année lunaire qui comporte 354 jours ... horreur, les romains considéraient les nombres pairs comme néfastes,  il fallait faire quelque chose en raison de la foi superstitieuse des Romains dans le caractère favorable des nombres impairs.

 Douze mois et 355 jours

 Très rapidement un 355ème jour fut ajouté à l'année romaine : "Peu après, en l'honneur du nombre impair,  dont la nature n'a pas attendu les révélations pythagoréennes pour enfanter le mystère, Numa ajouta un jour qu'il donna au mois de janvier, pour conserver un nombre impair de jours tant dans l'année que dans chaque mois en particulier, à l'exception du seul février" (Macrobius)

 Censorinus parle d'une année de 355 jours tout en signalant le décalage par rapport au cycle lunaire et en donne la raison suivante :

"Quant à cette différence d'un jour en plus, elle est due ou à un défaut d'attention, ou  plutôt selon moi, à ce préjugé superstitieux d'après lequel le nombre impair était considéré comme parfait et plus heureux." De Die Natalis, XII-20.

 La distribution de l'année devait se présenter sous cette forme :

 Attention à l'ordre et au nombre de jours de janvier et février

Nom du mois

Durée

Martius

31 j

Aprilis

29 j

Maius

31 j

Junius

29 j

Quintulis

31 j

Sextilis

29 j

September

29 j

October

31 j

November

29 j

December

29 j

Januarius

28 puis 29

Februarius

28 j

 Pourquoi sous cette forme ?

Parce qu'on ne sait pas trop où furent mis les nouveaux mois de janvier et février. A ce sujet, on lit un peu tout :

 Macrobe dit " [...] février, parce qu'il était le dernier mois de l'année " et " Je crois [...] que le mois de mars suivît immédiatement celui de février ". Si mars suit immédiatement février et si février est à la fin, janvier et février suivent, dans cet ordre, décembre.

 Ovide (Fastes 1,40) dit : " Numa, pour sa part, ne négligea ni Janus ni les ombres des aïeux et en tête des anciens mois, il en plaça deux nouveaux."

 Plutarque (vie des hommes illustres - vie de Numa) écrit : " Celui de mars était le premier de l'année, il en fit le troisième, et mit à sa place janvier qui, sous Romulus, était onzième ; février était le douzième et le dernier, il devint le second". Il semble dire la même chose qu'Ovide.

A une belle exception près, c'est qu'il déclare que ces mois de janvier et février existaient déjà du temps de Romulus. Du coup, il croit bon d'ajouter que ‘Cependant quelques auteurs ont dit que janvier et février furent rajoutés par Numa'

 Le nom des mois du calendrier romain

 

Dédié à une divinité ou un empereur

Janv.

Dédié à Janus Dieu Romain

Ferv.

Consacré aux fêtes de purification ‘Fébrua'

Mars

Dédié au Dieu de la guerre Martius

Avril

De ‘aperire' ‘ouvrir' mois de l'éclosion ou ‘Aperta' surnom d'Apollon dieu de l'amour

Mai

Dédié à Maïus (Jupiter)

Juin

Dédié à Junon

Juil.

Dédié à Jules César (ancien quintilis)

Août

Dédié à Auguste

Sept.

7ème mois chez les Romains, 9ème auj.

Oct.

8ème mois chez les Romains, 10ème auj

Nov.

9ème mois chez les Romains, 11ème auj

Dec.

10ème mois chez les Romains, 12ème auj

 L'année :

L'année débutait vers l'équinoxe de printemps, (elle changeait de millésime le 1er mars).

 Tableau du calendrier romain réformé

 

Januarius

Augustus

December

 

Aprilis

Junius

September

November

Martius

Maius

Julius

October

 

Féfruarius

1

Calendae

IV

III

Pridie

NONAE

Calendae

Calendae

Calendae

2

IV

VI

IV

3

III

V

III

4

Pridie

IV

Pridie

5

NONAE

III

NONAE

6

VIII

Avant les ides

VIII

Pridie

VIII

7

VII

NONAE

VII

8

VI

VIII

VI

9

V

V

10

IV

IV

11

III

III

12

Pridie

Pridie

Pridie

13

IDUS

IDUS

III

IDUS

14

XIX

Avant les calendes du mois suivant

Pridie

XVI

15

XVIII

IDUS

XV

16

XVII

XVII

XIV

17

XVI

XIII

18

XV

XII

19

XIV

XI

20

XIII

X

21

XII

IX

22

XI

VIII

23

X

VII

24

IX

VI

25

VIII

V

26

VII

IV

27

VI

II

28

V

Pridie

29

IV

III

Le bissexte

30

III

Pridie

III

S'intercalait,

31

Pridie

 

 

Pridie

tous les 4 ans

 

 

 

 

 

Entre le

 

 

 

 

 

23 et 24

 

 

 

 

 

février

 Trop courte d'une dizaine de jours par rapport  à l'année solaire, l'année doit être corrigée et allongée artificiellement.

Tous les 2 ans, le Pontifex maximus ajoute entre le 23 (jour des Terminalia) et le 24 février un mois intercalaire (mensis intercalaris), souvent appelé (Mercedonius mensis) qui dure alternativement 23 ou 22 jours.

Selon les mois intercalaires, le mois de 23 jours était placé après le 24 février et celui de 22 jours après le 22 février.

 De trop court, le cycle quadriennal était devenu trop long de 4 jours (1465 jours contre 1461). L'excès était corrigé par la suppression du mois intercalaire certaines années, ce qui compliquait évidemment l'établissement du calendrier, mais semble être confirmé par Tite-Live.

 Au total en 46 av. J.C.... le calendrier était en retard de 3 mois par rapport aux saisons. Ce fait aurait été confirmé par un événement astronomique (peut-être une éclipse de lune ?), relaté et daté par les Romains.

 Il était temps que Jules césar remettre de l'ordre dans tout cela !!

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20 juillet 2008 7 20 /07 /juillet /2008 14:00

Les calendriers entrent pour la plupart dans une des trois catégories suivantes :

 1. Les calendriers solaires (julien, grégorien, maya, égyptien...) :

Ils sont réglés sur le cours apparent du soleil autour de la terre. Ils font leur possible pour ramener les saisons à la même date chaque année.

Une année solaire (julienne) peut être commune (365j) ou bissextile (366j).

         2.             Les calendriers lunaires (musulman, ...) :

Ils sont réglés sur le cours de la lune autour de la terre. Ils font leur possible pour ramener les phases de la lune aux mêmes quantièmes chaque mois.

Une année lunaire peut être commune (354j) ou abondante (355j).

                 3.     Les calendriers luni-solaires (israélite..) :

Ils sont réglés à la fois sur le cours du soleil et sur celui de la lune. Ils ont  des mois lunaires, qui ramènent  les phases de la lune aux mêmes quantièmes, et les années à peu près solaires qui cherchent à suivre les saisons.

L'année  peut être commune (353,354 ou 355 jours) ou Embolismique (383,384, 385 jours) selon si l'année est Défective, Régulière ou Abondante.

 - Le mois lunaire

 Le mois lunaire est l'intervalle moyen entre deux nouvelles lunes consécutives (ou lunaison), soit 29 jours, 12 heures, 44 minutes, 2,8 secondes.

Il commence au moment de la nouvelle lune "néoménie".

(Néoménie du grec neos (nouveau) et mênê (lune). Fête que les Grecs célébraient au renouvellement de la Lune).

 On appelle ainsi le moment où, un jour ou deux après la conjonction de la lune avec le soleil, on recommence à voir la lune le soir, à l'ouest, sous la forme d'un très mince croissant en forme de " C " inversé.

Le jour de la nouvelle lune se dit 1er jour de la lune, et correspond au 1er jour d'un mois lunaire.

Treize jours plus tard (le 14ème du mois), ce sera la pleine lune.

 - Unité de temps

 Le jour, lié à la rotation de la Terre sur elle-même 

  • Le mois, lié au mouvement de la lune autour de la Terre
  • L'année, liée au mouvement de la Terre autour du Soleil

 

 

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1 juillet 2008 2 01 /07 /juillet /2008 20:23

Les règles du calendrier

 Lorsqu'il il s'agit du temps, à toutes les époques, dans tous les pays, c'est toujours le jour qui s'impose, non seulement aux hommes, mais également à tous les êtres vivants, animaux et végétaux.

Lorsque les hommes ont voulu mesurer les longueurs par exemple, ils ont choisi librement et par convention leur unité (toise, mètre, yard...).

 Les anciens concevaient les ténèbres comme une vapeur sombre qui montait le soir de la terre. Ils ignoraient que la nuit est simple absence de lumière.

Ce n'est qu'au IVème siècle avant notre ère, en découvrant le mécanisme des éclipses, que les grecs ont compris la vraie nature des ténèbres et associé au mouvement apparent du Soleil la succession des jours et des nuits.

 Le mois :

Selon sa position relative par rapport à la Terre et au Soleil, la Lune nous apparaît sous des phases variées dont le cycle se répète tous les 29 jours et demi (mois lunaire, ou lunaison).

 La lune, avec la série de transformations qu'elle subit en une trentaine de jours, fut un compteur de jours idéal pour l'homme préhistorique qui compta le temps exclusivement en lunes.

Imaginez l'homme des cavernes donnant rendez-vous à sa petite amie :

Je reviens te voir dans deux lunes pleines !!!

 

 

La subdivision de notre calendrier que nous nommons ‘le mois', longue d'une trentaine de jours dérive visiblement de la lune, bien que, de nos jours, le mois n'accompagne plus les phases de la lune.

 Pour les anciens l'année était assez difficile à mesurer de manière précise, aucun phénomène frappant, comme les phases de la Lune, marquent avec netteté les étapes des cycles saisonniers.

 L'année :

Les peuples ayant choisi une année de 12 lunaisons : 6 mois de 29 jours et 6 mois de 30 jours, soit 354 jours, ont formé ainsi une année fictive, mais au bout de 3 ans il manque environ 33 jours.

Les noms des 12 mois ayant été fixés, on les voit vagabonder à vitesse ‘Grand V' à travers les saisons.

 Pour éviter ces conséquences, les peuples Chaldéens, Hébreux, Romains, ont ajouté tous les 3 ans un 13ème mois à leur calendrier.

Les Egyptiens vécurent très longtemps avec une année de 360 jours, car vers l'an 436 avant notre ère, ils améliorèrent la valeur de leur année en lui ajoutant 5 jours, les épagomènes (c'est-à-dire ajoutés).

Malgré cette retouche l'harmonisation reste toujours imparfaite.

 L'année comportant 365 jours ¼ environ, et en adoptant la valeur entière de 365 j il manque 1 jour en 4 ans. Si l'on n'y porte pas remède, l'accumulation séculaire des jours manquants fait dériver l'année des saisons.  Au fil de ce calendrier imparfait, l'équinoxe de printemps. quitte mars pour avril, puis tombe en mai, etc..

 Les difficultés surgissent lorsque l'on veut accorder ensemble :

  • l'année et le mois lunaire', ou
  • l'année et le jour' ou
  • le jour et le mois',

Mais cela devient inextricable lorsque l'on prétend harmoniser les 3 éléments à la fois.

Les solutions au problème du calendrier  sont donc de 2 sortes :

  • Ou l'on néglige à peu près complètement le soleil,
  • Ou complètement la lune.

 Avec tous ces éléments on peut en conclure que nous aurons différents types calendriers.

Si je vous dis : 3 types....

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19 juin 2008 4 19 /06 /juin /2008 22:01

Le calendrier

Dans le langage quotidien, le mot calendrier désigne un tableau des jours d'une année, avec l'indication des semaines, des mois et des saisons, s'y ajoutent des renseignements accessoires tels que fêtes à souhaiter, anniversaires historiques, également des informations astronomiques, phases de la lune, longueur et variation des jours, heures du lever et coucher du soleil, éclipses de soleil, de lune etc...

 Calendrier a sa source dans le nom de "calendes", qui désignait le 1er jour du mois chez les Romains (le calendrier grec ne comportait pas de calendes, d'ou l'expression renvoyer aux calendes grecques: repousser indéfiniment).

 Le mot français dérivé fut d'abord calendier, que l'on trouve encore en Provence. Le "r" s'est intercalé par altération ultérieure.

 

Calendrier ou Almanach ?

Dans son premier sens, almanach est l'équivalent de calendrier, "Almanach" mot fort ancien provenant du Proche Orient. A l'article "al"  s'associe la racine "manach" venant de l'hébreu : compter

On pense que "man" est le nom oriental de la lune.

 En effet tous les calendriers primitifs étaient rattachés au mouvement de la lune.

Certains almanachs ont eu un succès prodigieux, sans parler de ceux de Rabelais ou de Nostradamus.

Le célèbre almanach de Liège a connu pendant des siècles une faveur populaire  grâce à ses prophéties.

 Au VXIIIème siècle l'Académie de Berlin tirait son principal revenu dans la vente de son almanach où figuraient des prédictions faites au hasard ?

Honteuse de ce profit dû à la crédulité humaine, cette savante société décida de supprimer ces vaticinations et les remplaça par des renseignements clairs, précis sur des objets qui lui semblaient devoir intéresser le public.

Les revenus de l'Académie furent tellement affaiblis, que l'on revint sans tarder aux anciennes fantaisies, et de nouveau on vendit des prédictions que les auteurs eux-mêmes ne croyaient pas.

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13 juin 2008 5 13 /06 /juin /2008 20:45
Comme dans la comédie de Molière, le Bourgeois gentilhomme, Mr Jourdain, voulait que son maître de philosophie "lui apprît l'almanach"; [pour savoir quand il y a de la lune, et quand il y en a pas].... 

 Le calendrier est fort attachant,  il touche à l'histoire des sciences, à l'histoire des peuples, et des religions.
 Fondé depuis plus de 2000 ans ou peu s'en faut, il enserre la vie moderne dans un réseau assez bizarre et compliqué de conventions, de règles sans nécessité  qui traduisent parfois les superstitions ou les connaissances imparfaites de nos Anciens.

 Les religions et particulièrement la religion chrétienne ont joué un grand rôle dans l'évolution du calendrier, j'y reviendrai plus tard.
 Notre calendrier a ses incommodités, et ses défauts,  mais comme les vieux meubles de famille auxquels nous tenons, notre système de mesure des temps nous paraît tolérable car nous y sommes habitués depuis notre enfance.

Dans le langage quotidien, le mot calendrier désigne un tableau des jours d'une année, avec l'indication des semaines, des mois et des saisons  s'y ajoutent des renseignements accessoires tels que fêtes à souhaiter, anniversaires historiques, également des informations astronomiques, phases de la lune, longueur et variation des jours, heures du lever et coucher du soleil, éclipses de soleil, de lune etc...

 Elaboré par les hommes, le calendrier est un système pour recenser les jours, c'est-à-dire  mesurer les temps longs, et dans le choix des unités dans ce cas, l'homme n'est pas libre ; c'est le ciel qui le lui impose.
Nos ancêtres admettaient d'emblée que les astres avaient été créés pour ces fins précises: les éclairer et rythmer leur existence terrestre.

  Deux versets de l'Ancien Testament traduisent bien cette opinion:

(Genèse, I,14), Dieu dit " Qu'il y ait des luminaires dans l'étendue des cieux pour séparer le jour de la nuit, ils serviront de signes pour marquer les saisons, les jours et les années; "

dans le Psaume, (CIV, 19)," l'Eternel a fait la lune pour marquer les temps, ainsi que le soleil, qui connaît l'heure de son déclin..."


  Dieu créant les étoiles (Miniature. Italie, XVe) 

Ces passages suffisent à établir que les hommes ont eu conscience de recevoir impérieusement du ciel les données du problème, ne furent laissées à leur libre choix que les façons d'associer entre eux ces éléments, hélas très discordants...
Le calendrier est donc un lien puissant, qu'il ne faut pas sous-estimer, il unit le présent au passé et l'expérience montre d'ailleurs qu'on ne saurait modifier un calendrier à la légère, les meilleures réformes se sont toujours heurtées à de violentes résistances.
Mais  faisons un peu de technique sur les différents types de calendriers....

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