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25 septembre 2022 7 25 /09 /septembre /2022 21:03
Occupation et libération la France 1870-1873 (wikipédia)

 

Depuis la défaite de Sedan le 1er septembre 1870, une partie de la France est occupée. Avec le départ des Prussiens le 16 septembre 1873 (il y a 149 ans presque jour pour jour) marquant la fin de cette occupation, la France est libre, à l’exception de l’Alsace-Moselle, réunie au Reich.

 

L’occupation de la France est une des conditions posées par le traité de Francfort venant clore la guerre franco-allemande de 1870.

Conclu le 10 mai 1871 entre Bismarck et Jules Favre, ministre français des affaires étrangères, le traité fixe alors deux grands principes :

  • Réunion de l’Alsace Moselle au Reich, et
  • Paiement de six milliards de ‘francs-or’ à verser par la France en trois ans.

L’occupation de la France par la Prusse et ses alliés vient en garantie du paiement de cette dette de guerre.

Cette annexion objet de toutes frustrations côté français : « Pensons-y toujours, n'en parlons jamais », comme le dit Léon Gambetta dès le mois de novembre 1871. Une phrase qui deviendra un mantra pendant plus de quarante ans.

 

Thiers obtient de Bismarck un rabais d’un milliard sur la somme voulue à l’origine (six milliards), en contrepartie du défilé des troupes allemandes à Paris.

Afin de s’assurer du retrait rapide des troupes étrangères sur son sol, la IIIe république procède au règlement des cinq milliards de ‘francs-or’ plus rapidement que prévue.

 

Le paiement des indemnités de guerre est intervenu essentiellement par le concours bancaire avec un emprunt public (28 juin 1871), et un emprunt international souscrit le 15 juillet 1872 pour solde de tout compte.

 

Humiliée sur son sol en 1870, défaite à Waterloo en 1815, la France tourne définitivement la page de la grandeur en Europe héritée du Grand Siècle français de Louis XIV où elle était invincible.

 

A la fin du XIXe siècle, la France se lance donc à la conquête de l’Afrique et de l’Asie du Sud-Est, en quête de son prestige d’antan.

 

Les Alsaciens qui refuseront de devenir Allemand suivront l’épopée coloniale française en s’installant notamment en Algérie ou dans le Pacifique.

Verdun, symbole de l’humiliation française de 1873, deviendra symbole du renouveau et du courage français au cours de la Grande Guerre.

 

Si la France a payé intégralement ses dettes de guerre (1870-71), l’Allemagne ne règlera que 32% des dettes de la Grande Guerre (1914-1918), dues à la France (vingt-deux milliards de mark-or sur les soixante-huit milliards convenus), la conférence de Lausanne de 1932 ayant effacée l’essentiel des dettes de guerre de l’Allemagne.

Pour aller plus loin : François Roth, « La guerre de 1870 », Fayard réédition Hachette, 2011.

Sources : @histoiredefrance2.0

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3 septembre 2022 6 03 /09 /septembre /2022 16:44

Nous vivons une très forte canicule, mais à l'évidence il n'y a rien de nouveau sous le soleil ! Quelques exemples :

 

XIIe siècle

En 1132 en Alsace les sources se tarissent, les ruisseaux s'assèchent et le Rhin se traverse à pied. La chaleur est si intense en 1152 que l’on peut faire cuire des œufs dans le sable.

 

XIIIe siècle

En France, la récolte d’avoine et de seigle sont totalement détruite par la chaleur en 1276 et 1277.

 

XIVe - XVIe - XVIe et XVIIe siècle

La Seine, la Loire, le Rhin et le Danube peuvent être traversés à pied en 1303 et 1304, ainsi qu’en 1538, 1539, 1540 et 1541 où les rivières européennes sont littéralement asséchées.

En 1556 la sécheresse est généralisée dans toute l’Europe. Trente plus tard, en 1615 et 1616 la canicule s'abat sur la France, l’Italie et les Pays-Bas.

En 1646 il y eut en Europe 56 jours consécutifs de grandes chaleurs. En 1676 des canicules à nouveau.

 

XVIIIe siècle

Les mêmes événements se produisirent. Remarquons au passage que cela est cyclique, environ tous les dix, trente ans.

En 1718 il n’y eut aucune pluie entre les mois d’avril et octobre. Canicule ayant fait 700 000 morts ! Les récoltes furent brûlées, les rivières asséchées et les théâtres à Paris sont fermés sur ordre du Préfet de police en raison des températures excessives (45 degrés).

En 1746 l’été fut particulièrement chaud et sec, les récoltes furent littéralement calcinées.

Pendant plusieurs mois il n’y eut aucune pluie. En 1748, 1754, 1760, 1767, 1778 et 1788 les chaleurs d’été sont extrêmes.

 

XIXe siècle

En 1818, le scénario de 1718 se reproduit, la chaleur atteint 35 degrés, les théâtres parisiens restent fermés pendant un mois.

Pendant les 3 Glorieuses (27, 28 et 29 juillet 1830), le thermomètre affiche des températures de 36 degrés.

Lors de l’insurrection du 6 juin 1832, le thermomètre affiche 35 degrés.

La Seine est presque à sec en 1835. En 1850, au mois de juin, au cours de la seconde épidémie de choléra de l'année, le thermomètre affiche 34 degrés.

Ces faits sont tous vérifiables dans les archives, la presse de l’époque, les écrits de paysans qui tenaient leurs journaux et non pas comme on veut nous le faire croire de je ne sais quel site complotiste,

 

En fait, il y a toujours eu, depuis l'antiquité, des alternances de périodes chaudes et de périodes froides sur le globe terrestre ...

A moins de vouloir rester sur la certitude que la canicule actuelle est un phénomène exceptionnel qui n'a encore jamais eu d'antécédents, car provoqué par l’activité humaine... Sans oublier la relation CO2/températures qu'on nous assène comme étant un dogme indiscutable (Le CO2 est loin d’être nuisible, il est même vital pour la nature).

 

Serions-nous encore victimes d'enfumage, terrain de jeux favori de nos politiques ?... Faire joujou avec les conseils de sécurité : la covide, la sécheresse, la canicule, le manque d’énergie etc, etc. Gouverner par la peur, restreindre les libertés,

"That is the question" !

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15 août 2022 1 15 /08 /août /2022 10:11

 

RIAS L'abeille Languedoc

L'armateur des remorqueurs d'intervention, d'assistance et de sauvetage affrétés par la Marine nationale a décidé de faire déconstruire l'Abeille Languedoc.

 

Lors de la mise en service, en juin 2022, de ses deux nouveaux remorqueurs, l’Abeille Normandie basée à Boulogne et l’Abeille Méditerranée, basée à Toulon, deux options restaient envisagées pour l’Abeille Languedoc et l’Abeille Flandre : soit les déconstruire, soit les vendre, avec comme condition que le projet de reprise soit « en cohérence avec les valeurs portées par les missions et les marins du remorqueur ».

 

Présidente des Abeilles International, Samira Draoua, précise :

« L’Abeille Languedoc et son sistership sont, par leur histoire et leurs actions au large, des emblèmes pour notre communauté des gens de mer. À ce titre, notre devoir est de nous assurer qu’ils ne puissent pas être récupérés à mauvais escient. ». Les Abeilles International ont ainsi tranché

 

Dessiné par l’architecte Sigmund Borgundvaag, construit en Norvège, à Ustein, l’Abeille Languedoc, long de 63,50 mètres et 14,4 de large. Il possède une traction au croc de 160 tonnes lui permettant de remorquer les navires les plus grands, dans les pires conditions météorologiques.

Pouvant atteindre une vitesse maximale de 16 nœuds, il est armé alternativement par deux équipages de 12 hommes.

Mis à l’eau en 1978, il est acheté l’année suivante par Les Abeilles pour assurer la station d’assistance de Cherbourg (Manche), au profit du préfet maritime.

A la disposition de la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord pour un appareillage en moins de 30 minutes 24 heures/24 et 365 jours par an.

Dès mars 1980, le remorqueur commence à écrire sa légende en remorquant, jusqu’au Havre, la partie arrière du pétrolier Tanio, cassé en deux au large de l’île de Batz alors qu’il transportait 27 000 tonnes de fioul.

En 1982, l’Abeille Languedoc pris en charge le ferry Prince of Brittanyde la Brittany Ferries, victime d’un incendie au large de Cherbourg. Au milieu des années 90, il participe à l’évaluation de la solidité du Pont de Normandie.

 

Après de très nombreuses opérations, notamment aux abords du raz Blanchard, l’Abeille Languedoc a été remplacée, en 2005, à la station de Cherbourg, par l’Abeille Liberté.

La Languedoc partie à Rochefort pour sécuriser le golfe de Gascogne, rejoint en 2011 Boulogne-sur-Mer.

 

Sur les trois dernières années, l’Abeille Languedoc aura secouru plus de 2 000 migrants tentant la traversée de la Manche.

Source : La Presse de la Manche

 

 

 

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8 août 2022 1 08 /08 /août /2022 16:27

Laissant la plage aux vacanciers, balade dans l’arrière-pays à la découverte de Missiriac, village de 1104 âmes devenu la capitale de l’emmental grâce à la laiterie ‘Entremont’.

Missiriac, fait partie des 276 communes de France ayant quatre fleurs.

La commune pourrait avoir comme devise ‘Résistance, mot inventé pour éviter aux hommes de vivre à genoux’, grâce à Jacques BONSERGENT, enfant du pays, premier français à être exécuté pendant l’occupation allemande.

 

Né en 1912 (14/9) au moulin de Foveno, il est le benjamin des garçons d’une fratrie de 6 garçons et 4 filles. En 1930, il est admis aux Arts et Métiers à Angers. Mobilisé en 1939, affecté à la Courneuve, dans une usine de chaudières, il retrouve ses camarades de promotions, les ‘Gad’zarts’ à Paris

 

Le Samedi 9 novembre 1940, tous les ‘Gad’zarts’, assistent au mariage d’un camarade et c’est le dimanche soir, dans la rue St Lazard à hauteur du café Mollard, que le groupe se retrouve nez à nez avec trois soldats allemands venant en sens inverse. Deux s’écartent, le troisième ne se dérange pas, bouscule un allemand. Une bagarre s’engage, mêlant des passants. Après dispersion du groupe, Jacques Bonsergent fait face aux deux allemands.  Un officier ordonne de l’emmener à l’hôtel Terminus. Frappé, roué de coups, il refuse jusqu’à son dernier souffle de donner le nom du camarade qui a bousculé l’allemand. Il est transféré à la prison du ‘cherche midi’.

Pour ne rien arrangé, le lundi 11 novembre 1940, des milliers d’étudiants et lycéens manifestent sur les Champs Élysées, contre l’occupant, Jacque devient un mort en sursis, l’occasion pour l’occupant de faire un exemple afin de frapper l’opinion des Français.

 

Dans sa celle 175 du « cherche midi », il attend son jugement, qui a lieu le 5 décembre. Refusant toujours de livrer le nom de ces camardes, il est condamné à mort. Le général Otto Von Stulpnagel, commandant de la Wehrmacht en France, refuse sa grâce.

La veille de son exécution, il passe la nuit du 22 au 23 décembre avec l’aumônier allemand Stok, en lui demandant « je voudrais dormir mais ne quitter pas ».

Le prêtre veille sur Jacques qui ne dort que trois ou quatre heures, puis pendant la messe dite dans sa cellule, il communie. En quittant la prison, il confie à l’abbé « j’aurais mieux aimé mourir sur un champ de bataille ».

Jacques Bonsergent, refusa les menottes. Grâce à l’intervention de l’abbé, c’est les mains libres qu’il monte dans la voiture le conduisant au bois de Vincennes.

Avant de de tomber sous la salve allemande, il remit à l’abbé Stok son insigne des Gad’zarts.

 

Le 23 décembre au matin, les parisiens découvrent une affiche écrite en allemand et en français :

« L’ingénieur Jacques Bonsergent, de Paris, a été condamné à mort par le tribunal militaire pour acte de violence envers un membre de l’armée allemande. Il a été fusillé ce matin dans un bois près de Vincennes ».

En hommage à cet homme qui a été le premier français à se faire exécuter pendant l’occupation allemande, la station de métro « LANCRY » est renommée le 10 novembre 1946, station « Jacques BONSERGENT ».

Honneur au courage de cet homme qui sacrifia sa vie pour sauver celle de ses camarades.

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26 avril 2022 2 26 /04 /avril /2022 09:44
Epave (photo internet)

Que reste t'il du Titanic?

Depuis sa collision avec un iceberg, l’épave de l’immense navire gît par 3 800 mètres de fond, au large des côtes canadiennes de Terre-Neuve.

La vie abonde autour du Titanic, les scientifiques ont remarqué des crabes, crevettes et de gros poissons, des grenadiers.

La première exploration remonte à 1987, deux ans après la découverte de l’épave, et depuis les scientifiques partagent leurs découvertes grâce à un submersible qui permet d’aller au plus près de ce qu’il reste du navire.

Depuis juin 2021, la société américaine d’exploration des fonds marins « OceanGate » mène une grande expédition sur le site où repose l’épave.

Les premières conclusions font état d’une coque qui se désagrège peu à peu, grignoté par des milliers d’organismes.

Selon les scientifiques, des microbes rongent le fer de l’épave, créant ainsi « des rusticles, c’est-à-dire une forme de métal beaucoup plus fragile, à l’apparence de stalactites (Parks Stephenson, un des historiens de l’épave)., et au fil du temps, la matière se dissout en morceaux de plus en plus petits et finit par être emportée par les courants océaniques. »

Erin Field, microbiologiste à l’université East Carolina et membre de l’équipe de scientifiques qui explorent l’épave, relate que « La zone de détérioration la plus impressionnante est le côté tribord où se trouvaient les quartiers des officiers. La baignoire du capitaine a maintenant disparu.

Tout le trou du pont de ce côté est en train de s’effondrer en emportant avec lui les cabines. La détérioration continue de progresser, Les hublots se désagrègent progressivement.

« Il y a plus de vie sur le Titanic maintenant qu’il n’y en avait lorsqu’il était à la surface, précisait en mai 2021 et non sans ironie la microbiologiste canadienne Lori Johnston dans les colonnes du Belfast Telegraph : Ce n’est pas de la vie humaine, c’est de la vie biologique et organique. »

 

Le temps presse

Les scientifiques ont bien conscience que le temps presse. « L’océan fait son œuvre », confirme Steve Ross, chercheur à l’université de Caroline du Nord.

« L’épave est le seul témoignage qu’il nous reste aujourd’hui de la catastrophe du Titanic » survenue le 14 avril 1912, soulignait en 2019 au micro de la BBC, Robert Blyth, du National Maritime Museum de Greenwich.

Près de 110 ans après son naufrage, grignotée par la mer, l’épave du Titanic pourrait disparaître à l’horizon 2030.  

Sources : Le Titanic, vérités et légendes, de Gérard Piouffre (éditions Perrin), et Les rescapés du Titanic, de Bernard Géniès et France Huser (éditions Fayard), France Ouest.    

 

 

 

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18 avril 2022 1 18 /04 /avril /2022 21:24

L’Olympic

Le Titanic était le deuxième d’une série de trois navires construits par la White Star Line.

Si le premier, l’Olympic, a connu une brillante carrière (il naviguera jusqu’en 1935), celle de ses sister-ships (navires-jumeaux) a été bien plus éphémère.

 

Le Britannic

Le troisième doit s’appeler Gigantic. Encore en construction à Belfast, il subit de nombreux ajustements après le naufrage : il est rebaptisé Britannic (un nom moins orgueilleux), une double coque est ajoutée, les compartiments étanches sont rehaussés et des canots de sauvetage ajoutés, avec des bossoirs bien plus imposants.

Mis en service en décembre 1915, pendant la Première Guerre mondiale, le Britannic est immédiatement réquisitionné par la Royal Navy et transformé en navire-hôpital : plus de 3 300 lits y sont installés, les salons de la première classe sont transformés en salles d’opération, la coque est repeinte en blanc avec des croix rouges sur chaque flanc. Le paquebot est affecté au transport des soldats blessés entre la mer Égée et le Royaume-Uni, pour rapatrier les soldats britanniques qui subissent alors un sanglant revers dans la bataille des Dardanelles face à l’Empire ottoman (l’actuelle Turquie).

Le « Britannic », sister-ship du « Titanic », n’a jamais été exploité sur la ligne transatlantique pour laquelle il avait été construit.

Lors de sa sixième traversée, le 21 novembre 1916 au matin, le Britannic est victime d’une violente explosion au large de la Grèce. Il a probablement heurté une mine posée par un sous-marin allemand (même si cette version n’a jamais pu être formellement confirmée).

Comme lors du naufrage du Titanic, les compartiments se remplissent rapidement, le navire prend de la gîte et les canots de sauvetages sont mis à l’eau. Le navire sombre en un peu moins d’une heure. Le bilan est bien moins lourd que celui de son navire-jumeau : sur les 1 125 personnes à bord, on dénombre 30 morts et 45 blessés. L’épave sera retrouvée par Jacques-Yves Cousteau en 1975.

 

Le mystère de l’ouvrier enfermé dans la coque

Comme tous les bateaux de la compagnie White Star Line à l’époque, le Titanic est construit par les chantiers navals irlandais Harland & Wolff, à Belfast en Irlande. Avec son sister-ship Olympic, qui grandit en parallèle dans une autre cale géante, il mobilise jusqu’à 14 000 ouvriers.

Chantier pharaonique, comprend malheureusement des accidents mortels. Officiellement, huit ouvriers décèdent pendant les trois ans de la construction du Titanic : quatre tombent d’un échafaudage, un cinquième a une jambe écrasée lors du lancement le 31 mai 1911, à Belfast (il décédera , et trois autres meurent dans des circonstances inconnues.

Pour autant, les grands chantiers navals, de Harland & Wolff sont considérés comme relativement sûr. Mais, malgré les accidents, il n’est pas question de perdre de temps, les délais sont serrés. A tel point qu’une rumeur court sur le chantier : les plaques de la coque ont été posées si vite qu’un ouvrier aurait été enfermé par mégarde dans le double fond. Un de ses camarades l’aurait entendu frapper le métal et aurait averti le contremaître, mais ce dernier aurait refusé de déranger l’ingénieur de permanence….  Et l’ouvrier serait mort de faim. Cette rumeur n’a jamais pu être vérifiée, mais elle n’est pas totalement irréaliste.

En 1890, lors de la destruction du Great Eastern, le tout premier paquebot géant, on découvre dans le double fond les squelettes d’un riveur et d’un apprenti. Ils avaient disparu lors de la construction, trente-six ans plus tôt.

 

Le Titanic ne pouvait pas avoir le « ruban bleu »

Ceux qui ont vu le film Titanic de James Cameron se souviennent de la scène où Bruce Ismay, président de la White Star Line, suggère au capitaine Smith de pousser les machines pour arriver à New York la veille du jour prévu. L’authenticité de cette scène, basée sur le témoignage d’une seule passagère, peut être discutée, car le Titanic n’était pas taillé pour battre des records de vitesse. Ses concepteurs (et celui qui a donné l’ordre, Bruce Ismay) ont cherché à en faire le bateau le plus grand, le plus luxueux du monde, mais pas le plus rapide.

En effet, les navires dotés de machines plus puissantes présentent trois inconvénients : des vibrations inconfortables pour les passagers, un roulis plus prononcé dû à leur ligne plus effilée, et une consommation excessive de charbon.

La White Star Line a préféré laisser cela à la compagnie Cunard, sa grande rivale.

Cunard, possède le « Mauretania », le paquebot le plus rapide du monde, capable de dépasser les 26 nœuds (48 km/h), décrochant le fameux Ruban Bleu en 1909 après avoir effectué la traversée de l’Atlantique en 4 jours et 10 heures.

Le Titanic, est limité à 24 nœuds (44,4 km/h) et mise sur une traversée en cinq jours et demi. Son arrivée est prévue pour le mercredi 17 avril à 5 h du matin, avec réception, discours et conférence de presse…. Il n’y a donc aucune raison de bousculer ce protocole.

Sources : Le Titanic, vérités et légendes, de Gérard Piouffre (éditions Perrin), et Les rescapés du Titanic, de Bernard Géniès et France Huser (éditions Fayard), France Ouest. 

 A suivre : L’épave.

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14 avril 2022 4 14 /04 /avril /2022 14:47
Le 'Californian'

Le mystérieux navire disparu dans la nuit.

Une semaine après le naufrage, devant la commission d’enquête à New York, le quatrième officier Joseph Boxhall fait cette révélation : « Juste au moment où le navire a coulé, j’ai tiré des fusées de détresse et je me suis efforcé d’adresser des signaux à un bateau qui se trouvait juste devant nous. J’avais l’impression qu’il se dirigeait vers nous », déclare-t-il.

La commission entendra seize témoins : officiers, matelots expérimentés et passagers au jugement solide qui ont aperçu les feux d’un navire à l’horizon, « Il paraissait même si proche que certains canots de sauvetage ont tenté de l’atteindre », mais il a fini par disparaître dans la nuit.

Quel était donc ce mystérieux navire ?

Le ‘Californian’, un cargo mixte était ce soir-là, le navire le plus proche du lieu du naufrage, mais il n’est pas venu lui porter secours. Il a longtemps été soupçonné d’avoir été le navire aperçu depuis le Titanic le soir du naufrage, l’opérateur radio a éteint sa radio à 23 h 30 et n’a pas capté les messages de détresse.

Certains marins du Californian affirment avoir aperçu des fusées de détresse et avoir prévenu le commandant. Le commandant, Stanley Lord, soutient que ce n’était pas le Titanic, son bateau étant trop loin. La commission d’enquête en doute et conclut qu’il a failli à son devoir.

Il faudra attendre 1985 (73 ans après le naufrage), que l’épave soit retrouvée, pour que la vérité éclate : 35 km séparaient le Californian du Titanic. C’était trop loin pour que les fusées de détresse soient aperçues depuis le cargo.

Le mystérieux navire était donc un autre. Peut-être un navire de pêche ?

Un historien américain a révélé en 1999, qu’une goélette norvégienne, le « Samson », se trouvait dans le secteur la nuit du 14 au 15 avril. Un de ses officiers avait témoigné dès 1912 avoir vu les lumières d’un grand navire disparaître à l’horizon cette nuit-là…. Mais le « Samson » n’était pas équipé de radio…

 

Une série d’incidents qui aurait pu changer le cours de l’histoire?

 

L'incendie

Le 2 avril, alors que le Titanic quitte Belfast pour rejoindre Southampton en Angleterre, un incendie de charbon est découvert dans une soute. Rien d’exceptionnel à cette époque : il arrive que les pyrites contenues dans les houilles grasses s’enflamment spontanément au contact de l’air libre. C’est ce qui a pu se produire dans la soute n°6.

Les soutiers appliquent les consignes réglementaires pour éteindre ce type de feu : vider la soute par le haut ou par le bas, envoyer le combustible évacué dans les chaudières et refroidir les parois avec de l’eau. Mais en raison de l’escale à Southampton, le charbon évacué ne peut être brûlé pendant plusieurs jours. Le feu continue donc à couver. L’évacuation de la soute reprend après le départ et l’incendie ne sera totalement éteint que le 13 avril, la veille du naufrage.

Selon une théorie, ce feu a pu endommager les tôles de la coque et même une cloison étanche, ce qui expliquerait le fait que l’eau ait envahi si vite le navire. Il est certain que, si le capitaine Edward Smith avait prévenu les officiers du port de ce problème le départ aurait sans doute été différé.

Mais le Titanic ne pouvait plus repousser sa traversée inaugurale…

 

L’accident manqué

Le Titanic, en avril 1912, est le plus gros navire du monde, plus de 52 300 tonnes, 269 m de long, 28 m de large. Le personnel de bord n’est pas habitué à manœuvrer un tel monstre.

L’Olympic, son grand frère (qui pèse pourtant 300 tonnes de moins), commandé par le capitaine Edward Smith, en a fait les frais six mois plus tôt : Le 20 septembre 1911, en quittant le port de Southampton, L’Olympic, « aspire » un croiseur, qui vient le heurter et creuse deux brèches dans sa coque. L’accident oblige le retour du paquebot aux chantiers navals de Belfast pendant deux mois pour réparations, ce qui retarde de trois semaines le départ du Titanic.

Lorsque le géant des mers quitte enfin Southampton le 10 avril 1912, le même phénomène se produit. Le Titanic, commandé par le capitaine Edward Smith, déplace une telle masse d’eau que le paquebot New York, à couple avec un autre navire, rompt ses amarres et se rapproche dangereusement de lui.

Les deux coques se frôlent à un mètre près. L’accident est évité de justesse grâce à l’intervention d’un remorqueur. Le temps pour le New York d’être remis à quai, le Titanic reprend sa route avec une heure de retard.

Certains pensent que sans ce retard, qui a décalé d’une heure la suite du voyage, le Titanic ne se serait pas trouvé précisément sur la trajectoire de l’iceberg quatre jours plus tard. Et si les deux navires s’étaient percutés, le voyage inaugural aurait sans doute été annulé. Mais avec des « si »…

 

Une autre manœuvre face à l’iceberg aurait-elle sauvé le Titanic ?

23 h 40, ce dimanche 14 avril, trois coups de cloche transpercent la nuit. Depuis le nid-de-pie accroché au mât avant, Fréderic Fleet est l’une des deux vigies qui était de quart et aperçoit le premier un iceberg à environ 500 mètres. Les vigies préviennent la passerelle par téléphone.

Le premier lieutenant William Murdoch donne alors l’ordre au timonier de mettre la barre à bâbord toute (gauche) et au personnel machine de stopper. L’énorme masse du Titanic met de longues secondes avant de virer, mais pas assez pour éviter l’iceberg, qui racle la coque sur tribord, créant six brèches sous la ligne de flottaison.

Six compartiments étanches sont touchés. Le Titanic, réputé « insubmersible », ne peut en réalité rester à flot qu’avec quatre compartiments.

Dès les jours qui suivent le naufrage, une polémique émerge dans les commissions d’enquête et les médias (déjà): si le Titanic avait heurté l’iceberg de plein fouet, serait-il resté à flot ? Selon les experts, c’est plus que probable. Certes, la violence du choc aurait probablement fait des victimes et l’étrave aurait été fortement endommagée, mais un seul compartiment aurait été touché et le paquebot aurait pu rentrer à bon port.Ceci étant, le lieutenant Murdoch n’a fait qu’appliquer les consignes de navigation en vigueur, sans parler d’un réflexe élémentaire. Il aurait fallu une sacrée dose de sang-froid pour jeter volontairement le navire sur un tel obstacle… Et cela aurait créé une autre polémique !!

Sources : Le Titanic, vérités et légendes, de Gérard Piouffre (éditions Perrin), et Les rescapés du Titanic, de Bernard Géniès et France Huser (éditions Fayard), France Ouest.      A suivre : La famille Titanic.

 

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13 avril 2022 3 13 /04 /avril /2022 17:36
Le Titanic

Le Naufrage du Titanic.

Il y a 110 ans, le paquebot le plus mythique de tous les temps, sombre, dans la nuit du 14 au 15 avril 1912. Qui, ne connaît pas la courte épopée de ce géant des mers, qui fit naufrage lors de sa traversée inaugurale, entraînant la mort d’environ 1 500 personnes, ainsi que le film de James Cameron ‘Titanic’ avec Leonardo Dicaprio (Jack) et Kate Winslet (Rose).

 

Prémonitions où coïncidences ?

Quatorze ans avant le naufrage, en 1898, l’écrivain l’Américain Morgan Robertson, écrit ‘Futillity’, histoire d’un paquebot imaginaire nommé... ‘Titan’. Le plus grand paquebot, le plus luxueux du monde, déclaré insubmersible, ayant des compartiments étanches. C’est au cours d’une traversée qu’il percute un iceberg et que ses compartiments se remplissent d’eau. Le ‘Titan’ manque de canots de sauvetage,1500 passagers périssent 

Le journaliste anglais William Stead, écrit deux nouvelles, l’une en 1886, l’autre en 1890, qui mettent scène des paquebots faisant naufrage dans l’Atlantique, dont l’un a été victimes d’une collision avec un iceberg. Dans ces récits, à chaque fois, les victimes sont nombreuses. Il note : « C’est exactement ce qui se produira si les paquebots sont lancés avec trop peu de canots », conclut l’auteur. Mais où l’imaginaire rejoint la réalité c’est que

William Stead, en avril 1912, embarque sur le Titanic, le vrai, et il périt dans le naufrage….  Vous dites troublant, comme c’est troublant !!

Le Titanic, profite en ce début du XXe siècle, de toutes les innovations techniques, en particulier de la TSF (Télégraphie Sans Fil). La TSF révolutionne la sécurité, désormais même en mer, on n’est plus seul.

Employés par la société Marconi, (un des inventeurs de la radio et de la télégraphie sans fil), deux opérateurs se relayent jour et nuit pour émettre et recevoir les messages en morse. Malgré qu’ils ne fassent pas partie du personnel de la White Star Line, ils sont chargés de relayer en priorité les messages concernant la navigation. Ce service privé et payant, gère également les télégrammes des passagers du Titanic qui raffolent de ce service. Ils échangent des messages avec leurs proches à terre, communiquent avec leurs associés…

24 heures avant la collision avec l’iceberg, le samedi 13 avril au soir, le poste TSF tombe en panne. Les opérateurs passent la nuit à le réparer, pendant que les messages privés s’accumulent. Alors que des messages signalant des bancs de glace à proximité commencent à affluer, les deux télégraphistes travaillent sans relâche toute la journée, pour rattraper leur retard…

À 21 h 40, un cargo alerte de la présence d’un iceberg avec une position très précise, sur la trajectoire exacte du Titanic. Mais à cet instant, l’un des opérateurs se repose et son collègue est débordé. Le message ne sera jamais transmis à la passerelle. Deux heures plus tard, c’est la collision…

Tracé du voyage anaugural

Les naufragés.

Certains passagers de première classe, ayant une confiance absolue en ce paquebot « insubmersible », préfèrent rester à bord dans l’espoir d’un sauvetage par un navire qui répondrait in extremis aux SOS des membres d’équipage. Les 20 canots de sauvetages, d’une capacité de 65 passagers chacun étaient clairement en nombre insuffisant. Si lors de l’évacuation ils n’étaient partis à moitié remplis près de 500 personnes supplémentaires auraient été sauvés.

Sur les 2 207 passagers et membres d’équipage, 1 495 meurent cette nuit-là, dans les eaux glacées de l’Atlantique Nord.

Les passagers de troisième classe sont particulièrement touchés : seuls 25 % d’entre eux survivent, contre 62 % en première classe. Des familles entières ont disparu, mais la plus éprouvée est britannique. Le père, John Sage, parti aux États-Unis avec son fils aîné pour chercher du travail, revient en Angleterre et convainc sa femme Annie de partir en Floride dans le but d’acheter une ferme.  

Le couple embarque sur le Titanic avec ses neuf enfants. Aucun d’entre eux n’atteindra New York. Seul le corps d’Anthony, 12 ans, sera retrouvé.

 

Deux enfants français parmi les rescapés

Le 18 avril 1912, parmi les 712 rescapés du Titanic arrivant enfin à New York à bord du Carpathia, se trouvent deux garçons de 2 et 4 ans. Ils disent s’appeler Momo et Lolo. Peu avant le naufrage, leur père a réussi à les faire monter dans l’un des derniers canots de sauvetage, mais lui-même n’a pu embarquer. Ils sont confiés à Margaret Hays, passagère de première classe, qui les accueille à son domicile new-yorkais. Les journaux s’emparent de l’histoire de ces enfants inconnus surnommé « les enfants de l’abîme ». Margaret Hays reçoit plus de trente propositions d’adoption.

L’histoire traverse l’Atlantique. Le 20 avril, Le Figaro publie la photo des deux « orphelins ». Une Niçoise, Marcelle Navratil, reconnaît ses enfants. Elle n’a pas de nouvelles d’eux depuis que leur père, dont elle est divorcée, les a kidnappés le 7 avril, et ignorait que lui ses enfants étaient à bord du Titanic. Michel Navratil ayant embarqué sous le nom d’Hoffmann avec un passeport emprunté à un ami.

Marcelle Navratil contacte le consul américain à Nice et répond aux nombreuses questions posées afin de prouver que Michel, dit Lolo, et Edmond, dit Momo, sont bien ses enfants.

La White Star Line (compagnie propriétaire du ‘Titanic) lui offre un billet aller-retour et, le 16 mai, elle retrouve ses deux garçons à New York. Le corps de leur père sera retrouvé en mer cinq jours après le drame.

 

La destiné

Lorsque le Titanic quitte le Vieux Continent pour mettre le cap sur New York, il transporte officiellement 1 309 passagers et 898 membres d’équipage (2 207 personnes), sur une capacité maximale de 3547 personnes.

En 1912, pas de liaisons aériennes et pas de tunnel sous la mer pour rejoindre la France, alors tous les navires qui traversent la Manche sont bons à prendre. Pour ces passagers, le Titanic joue le rôle d’un simple ferry et ils ne figurent donc pas sur la liste des passagers.

Ainsi, 24 voyageurs partis de Southampton le 10 avril descendent sept heures plus tard lors de l’escale à Cherbourg. Sept autres descendent le lendemain midi lors de la dernière escale à Queenstown (devenu Cobh), en Irlande. Ces 31passagers sont les seules personnes ayant voyagé à bord du Titanic qui ont échappé au naufrage.

 

Sources : Le Titanic, vérités et légendes, de Gérard Piouffre (éditions Perrin), et Les rescapés du Titanic, de Bernard Géniès et France Huser (éditions Fayard), France Ouest.  

A suivre : Les incidents du Titanic.

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18 mars 2022 5 18 /03 /mars /2022 09:38

19 mars 1962, fin d’une guerre « sans nom » : la « guerre d’Algérie »

L'Algérie (Photo Larousse)

Occupée par la France en 1830, l'Algérie devient en 1954 le théâtre de la plus douloureuse guerre de décolonisation que connue la France. Résultat des maladresses gouvernementales, égoïsme obtus des colons européens, brutalités sans scrupules des indépendantistes musulmans.

Guerre d’indépendance

Le 21 juillet 1954, se termine la Conférence de Genève mettant fin à la guerre d’Indochine, (19 décembre 1946 -1er août 1954)

La défaite française en Indochine, encourage les indépendantistes algériens. Le 1er novembre 1954, près de Sétif, un bus est pris en embuscade, parmi les morts un jeune couple d’instituteurs venu de métropole, c’est les premières victimes du conflit. La « Toussaint rouge » passe presque inaperçue dans l'opinion française

Peu après Ahmed Ben Bella, un indépendantiste, créé au Caire le Front de Libération Nationale (FLN).

Pierre Mendès France, président Conseil, nomme le 25 janvier 1955, l'ethnologue Jacques Soustelle gouverneur général de l'Algérie Soustelle se rallie à la thèse radicale de l'intégration et prône l'octroi de la nationalité française pleine et entière à tous les habitants.

Les « fellagha » (coupeurs de route) du FLN multiplient les meurtres (notables musulmans favorables à la présence française), Le FLN ne pouvant obtenir la population musulmane en leur faveur, s'en prend aux Européens.

Les massacres de Philippeville, (20 août 1955,) vont faire prendre un tournant à cette guerre. Le 23 août, le gouvernement, maintient sous les drapeaux le premier contingent de 1954, rappel le demi-contingent libéré en avril.

Guy Mollet (socialiste), accédant à la présidence du Conseil en février 1956, annonce des réformes de structure et rappelle Jacques Soustelle. Conspué par la population lors de sa visite à Alger, le 6 février 1956, (la « journée des tomates »), Guy Mollet revient à une politique de répression.

La rébellion.

En avril et mai, les classes 1951 à 1954 sont partiellement rappelées. En juillet 400 000 hommes dont une moitié de musulmans algériens (harkis, tirailleurs...), sont engagé dans le conflit. Cette répression brutale fait basculer dans le camp de la rébellion de plus en plus de musulmans.

Le FLN, à peine cinq cents hommes à la « Toussaint rouge », sont maintenant plus de quinze mille. Il s'en prend aux villes, où vivent la plupart des « pieds-noirs », ce qui ouvre le cycle des représailles aveugles.

Le 10 août 1956, une bombe est déposée dans la Casbah d'Alger par un groupe de pieds-noir (70 morts).

Le 30 septembre, deux bombes déposées par des jeunes femmes musulmanes explosent à Alger (l’une au Milk Bar, place Bugeaud, l'autre à la Cafétéria, rue Michelet).

Le gouvernement désespéré de ces attentats aveugles donne au général Jacques Massu (7 janvier 1957), les pleins pouvoirs de police sur le « Grand Alger » (800 000 habitants dont la moitié de musulmans).

Les parachutistes de Massu, malgré les arrestations, les exécutions sommaires et les tortures, pensent avoir gagné en neuf mois la « bataille d’Alger » ... Mais pas la guerre d’Algérie !

 

Lassitude de l'opinion publique métropolitaine.

Le général Maurice Challe succède (12 décembre 1958), au général Raoul Salan à la tête des forces stationnées en Algérie. Il arrive à anéantir presque complètement les indépendantistes à Alger et dans le djebel (la montagne).

Les chefs du FLN réfugiés à l'étranger n'en poursuivent pas moins leurs actions. L’opinion publique métropolitaine se lasse de la guerre. Le gouvernement, convaincu de l'incapacité de garder au sein de la République l'Algérie, décide de négocier avec les indépendantistes « modérés ».

Le 13 mai 1958, amène au pouvoir le général de Gaulle. Les « pieds-noirs » d’Alger sont inquies. Suite à leur révolte le général leur promet d'une manière évanescente de leur donner satisfaction.

La paix des Braves.

Ne trouvant aucun interlocuteur modéré au sein du FLN, de Gaulle propose la « paix des Braves » le 23 octobre 1958 avant de consentir à l'autodétermination le 16 septembre 1959 sans avoir obtenu une quelconque concession. 

Ce double jeu suscite d'ultimes sursauts de violence dans les deux camps, chez les indépendantistes comme chez les partisans de « l’Algérie française ».

Le 8 janvier 1961 se tient le référendum sur l'autodétermination où 75% des Français approuvent la politique du général de Gaulle. 

 

Le putsch d’Alger

Dans la nuit du 21 au 22 avril 1961, quatre généraux français, André Zeller, Edmond Jouhaud, Raoul Salan et Maurice Challe, tentent de soulever les militaires stationnés en Algérie et les Pieds-noirs, pour maintenir l'Algérie à l'intérieur de la République française. Le putsch, va échouer en quatre jours.

Les accords d’Evain

Après deux années de contacts et de négociations secrètes et 11 jours de pourparlers au bord du lac Léman, les accords d’Évian sont signés par Louis Joxe, ministre français chargé des affaires algériennes et Krim Belkacem, colonel de l’Armée de libération nationale, au nom du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) le 18 mars 1962.

C’est la fin d’une guerre « sans nom » : la « guerre d’Algérie »

Régler le conflit

Le document comporte 93 pages. Il décrète un cessez-le-feu qui rentre officiellement en vigueur le lendemain 19 mars. Le texte prévoit l’organisation rapide d’un référendum afin que les populations "choisissent leurs destins".

Le 8 avril, les Français approuvent à une très large majorité (90,81%) les accords d’Évian.

En Algérie, le référendum d’autodétermination se déroule le 1er juillet 1962 (les Français d'Algérie étant exclus du scrutin). Le "oui" l’emporte à 99,72% des suffrages exprimés. Le 5 juillet, l’Algérie est indépendante.

Préparer l’avenir (texte des accords)

  • "Les relations entre les deux pays seront fondées, dans le respect mutuel de leur indépendance, sur la réciprocité des avantages et l'intérêt des deux parties”, précisent les signataires. 
  • "L'Algérie garantit les intérêts de la France et les droits acquis des personnes physiques et morales dans les conditions fixées par les présentes déclarations. En contrepartie, la France accordera à l'Algérie son assistance technique et culturelle et apportera à son développement économique et social une aide financière privilégiée".
  • La France s’engage ainsi à évacuer progressivement ses troupes et à maintenir son aide économique pendant trois ans, en échange de la préservation de certains de ses intérêts comme la poursuite de l’extraction du pétrole et du gaz par des sociétés françaises.
  • Les Européens restés en Algérie doivent décider soit de rester français soit de demander la nationalité algérienne dans un délai de trois ans
  • Aucun Algérien "ne peut être contraint à quitter le territoire ni empêché d'en sortir" et que la sécurité des personnes et des biens des Français d'Algérie sont garanties.

Le texte inclut des considérations militaires comme la libre disposition de la base navale de Mers-el-Kébir, plusieurs aérodromes algériens, la poursuite des expériences nucléaires, et le maintien de plusieurs dizaines de milliers de soldats français sur le sol algérien.

Réconcilier les mémoires

Le 19 mars n’est pas synonyme de paix pour tous.

Soulagement pour des millions de Français de voir cette guerre cesser, aboutissement de la lutte pour l’indépendance pour les Algériens, ces accords sont également synonymes d’exode et de douleur pour les Français et les Européens d’Algérie (La valise où le cercueil). 

Colère et désillusion pour les partisans de l’Algérie française et les antigaullistes,

Exaspération de l’OAS (Organisation de l’armée secrète) qui veut garder "l’Algérie française" en multipliant des actions violentes après le 18 mars, sur les territoires algérien et français (Attentat du Petit-Clamart le 22 août 1962).

La guerre se poursuit "pendant des mois", affrontements et exactions (fusillade de la rue d'Isly à Alger le 26 mars 1962, enlèvements et assassinats de harkis (civils algériens utilisés comme supplétifs de l'armée française) à partir de l'été 1962 et d'Européens à Oran le 5 juillet de la même année.

La date du 19 mars 1962 est pour les 1,5 million de jeunes hommes qui sont allés en Algérie, la fin des épreuves, le retour en métropole dans les familles et son travail.

Les +

La guerre sans nom

Pendant 45 ans, l’État français s’obstine à ne désigner ce conflit que par les termes « d’opérations de maintien de l’ordre ». Il faudra attendre le 18 septembre 1999 pour que l’expression « guerre d’Algérie » soit officiellement adopté par la France.

Le sort des putschistes

Le général de Gaulle qualifie les putschistes d’« Un quarteron de généraux à la retraite »

D’autres généraux ont participé à ce putsch (Paul Gardy, Jacques Faure…), le général Massu, reste à l’écart, après s’être vu proposer le rôle de chef.

Le Haut Tribunal militaire condamne Challe et Zeller à 15 ans de réclusion.

Les généraux l Salan et  Jouhaud s'enfuient et poursuivent leur action au sein de l'OAS.

Arrêté le 24 mars 1962, Jouhaud est condamné à la peine de mort. Sa peine de mort est commuée en peine de détention à perpétuée le 28 novembre 1962, après avoir passé plus de sept mois dans une cellule de condamné à mort.

Salan, (le militaire le plus décoré de France et un état de service de 1914 à 1960), est arrêté le 20 avril 1962, jugé le 15 juin, est condamné à la perpétué.

Sanctions militaires

220 officiers sont relevés de leur commandement, 114 sont traduits en justice. Le groupement des commandos de l'air ainsi que trois régiments ayant pris part au putsch sont dissous par ordre du chef de l'État.

L'état-major d'autres régiments est dissous et reconstitué. Environ un millier d’officier hostiles à la politique du gouvernement ou par solidarité avec les putschistes démissionnent (30% des officiers d’active de l’armée française).

Amnistie

Maurice Challe et André Zeller sont amnistiés et réintégrés dans leurs dignités militaires sept ans sept ans après leur condamnation.

Amnistié en juillet 1968, Edmond Jouhaud, réintègre l’armée et devient le président d’honneur du « Front national des rapatriés ».

Il en est de même pour Raoul Salan, gracié en juillet 1968.

Les généraux putschistes encore vivants son réintégrés dans l’armée (corps de réserve) en novembre1982, par une loi d’amnistie.

 

 

 

 

 

 

 

 

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14 mars 2022 1 14 /03 /mars /2022 01:10

 

11 mars 1932 – 11 mars 2022, 90 ans d’allocations familiales.

 

Au XVIIIe siècle, la France est le pays d’Europe le plus peuplé. Au XIXe siècle dès 1870, l’insuffisance de natalité en France, commence à se faire sentir, alors qu’outre-Rhin, suite à la proclamation de l’Empire, c’est une recrudescence de natalité.

 

En 1900, la France compte 40 millions de Français, alors que l’Allemagne en compte 56 millions. Les « années fondatrices » (Grüderjahre), ont porté leurs fruits.

Devant cet état de fait, de nombreux notables Français militent en faveur de mesures fiscales pour inciter les femmes françaises à faire des enfants.

 

Le 14 juillet 1913, une première loi familiale pour les familles nombreuses nécessiteuses de plus de trois enfants de moins de treize ans, une allocation est adoptée.

Un an plus tard, en 1914, ces allocations sont également attribuées aux officiers et sous-officiers. Les fonctionnaires ne les percevront qu’en 1917.

Il faut attendre 1932 (11 mars), avec la loi Landry (nom de son rapporteur) pour que tous les salariés de l’industrie et du commerce ayant au moins deux enfants reçoivent ce complément de salaire.

Ce supplément de salaire, était déjà versé par certains employeurs. La loi Landry la généralise donc à l’ensemble des salariés.

 

L’adhésion obligatoire des employeurs à une caisse de compensation alimente le financement de ce revenu complémentaire.

Les allocations familiales telles que nous les connaissons aujourd’hui sont nées.

En février 1939 est créé le Haut comité de la population, qui pose la base du « code de la famille », un « décret relatif à la famille et à la natalité française » est promulgué le 29 juillet 1939, à la veille de la deuxième guerre mondiale.

Systématisant des mesures déjà en place, le comité les étend à un plus grand nombre de bénéficiaires, en prévoyant de nombreuses mesures spécifiques pour les agriculteurs, accentue la progressivité du barème à compter du troisième enfant.

 

Le Haut comité de la population est dissout par le régime de Vichy (Pétain), qui met en place en juin 1940, le commissariat d’État de la Famille.

 

A la libération, le général De Gaulle, crée le ministère de la Santé publique et de la Population, fonde dès avril 1945 un Haut comité de la population et de la famille.

Avec l’appui de tous les partis politique, il crée l’Institut national des études démographiques.

L’ordonnance d’octobre 1945 intègre les allocations familiales parmi les compétences de la Sécurité sociale. Fini de l’autonomie des caisses, sous contrôle patronal.

La politique familiale et ses différentes allocations sont dorénavant du ressort de la Sécurité sociale.

A partir de 1974, le seuil de 2,1 enfants par femme, seuil requis pour que la population se stabilise génération après génération, s’effondre dans tous les pays occidentaux (même au Japon).

 

En 1981, avec l’arrivée au pouvoir de la gauche, une extension des allocations familiales est attribuée à un nombre plus important de bénéficiaires.

À l’origine, les allocations familiales avaient pour seul objectif de compenser le manque à gagner des couples qui fondaient une famille, par rapport aux célibataires de mêmes revenus.

Le gouvernement Jospin, en 1997, marque une rupture de principe avec ce fonctionnement originel en soumettant les allocations familiales sous condition de ressources.

Désormais, elles deviennent un élément de la politique sociale parmi d’autres.

 

La politique familiale de la France ne se résume pas simplement aux allocations familiales. Elle comporte d’autres éléments (crèches, scolarisation précoce, etc), qui permetent aux femmes (en particulier) d’aménager vie familiale et vie professionnelle beaucoup mieux qu'en Allemagne par exemple.

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