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  • : Du romain au grégorien, parcourez l'histoire des calendriers. Le brie de Meaux et la Confrérie. Varreddes mon village.
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4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 21:43
Les odonymes de Varreddes

Comme dans tous nos vieux villages, les noms de rues de Varreddes apportent aujourd’hui un relent moyenâgeux.

Avant de décrire environ 54 rues de notre village, il convient de faire un rappel sur l’histoire des noms de rues.

C’est au Moyen Âge, qu’apparaissent les premiers noms de rues (appelé également odonyme ou odonyme).

A cette époque les noms de rues sont fonctionnelles ou font partie de l’univers social, naturel, géographique (rue de l’église, place du marché, ruelle de la goulotte, etc…)

Au XVIIe siècle, la dénomination fonctionnelle fait place aux personnages politiques, artistes ou notables (Place Turenne, rue Molière, etc…)

La Révolution arrive… les rues sont souvent débaptisées pour laisser place aux valeurs des idéaux du moment (rue de la Fraternité, Place de la Nation, impasse de l’Egalité, etc…)

Sous l’Empire, les grandes victoires de l’Empereur sont honorées ainsi que les généraux (Place d’Austerlitz, rue de l’Empereur, rue du Maréchal Soult, etc…)

Quelques décennies plus tard, en l’honneur de l’Alsace et de la Moselle (dit Alsace-Loraine) perdues lors de la guerre de 1870, les rues, places et boulevards ‘Alsace-Lorraine’ sont légions.

Avec la révolution industrielle ce sont les odonymes ‘des Corons’ qui fleurissent dans le Nord.

Avec le XXe siècle, les noms de rues n’ont plus de nomenclatures précises. On retrouve un mélange de toutes tendances, historiques ou politiques, selon les municipalités du moment, cependant certains odonymes font le consensus sur l’ensemble du territoire (Place De Gaulle, rue de la Libération, rue du 11 novembre 1918, etc…)

Si les noms de rues datent du Moyen Âge, il n’était toutefois pas facile de s’orienter, ni de trouver une adresse lorsque l’on était étranger à la cité, c’est seulement en 1728 que le lieutenant de police de Paris ordonne de clouer sur la première et la dernière maison de chaque rue, une plaque portant son nom écrit en noir sur fond jaune, l’année suivante par une pierre gravée dans le mur.

Il faudra attendre 1805 pour que les numéros apparaissent sur les portes des habitations et 1844 pour voir les fameuses plaques bleues à lettres blanches.

* Odonyme (ou hodonyme), du grec hodos ( la route) est le nom d’un lieu qui se réfère à une voie de communication : une rue, une route, une place, un chemin, une ruelle, une avenue etc.

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6 mars 2015 5 06 /03 /mars /2015 21:06
Le retour

Le retour

Nos 4 compatriotes enfermés dans une casemate humide resteront 8 jours à Rastatt dans l’attente d’un convoi.

Le 7 février 1915, un train les conduira à Schaffhouse. Le repas du soir leur paraît un banquet : ils reçoivent du pain blanc et des tasses de café au lait. On leur donne du linge, des vêtements convenables.

La bonté des Suisses émerveille nos compatriotes: Ils sont conduits en excursion à la chute du Rhin.

Installés dans un train composé de voitures de deuxième classe, ils traversent la Suisse, arrivent à Genève et à Annemasse : c’est la France… Enfin la liberté, mais pas la fin de la guerre…

  • Le retour à la vie

Après avoir séjournés quelque temps à Saint-Raphaël dans le midi, monsieur Favre et son petit-fils retrouvent leur foyer le 27 février 1915. Monsieur Lacour rentre chez ses enfants.

A cette date, seul monsieur ROI est entre les mains des Allemands.

Monsieur CombE malade, a été envoyé en Suisse.

  • Sort des 19 otages :
  • Disparu :

M. l’abbé Fossin, curé de Varreddes.

  • Massacrés par les Allemands sur la route :

Jourdaine Louis, à Coulombs, 74 ans.

Vapaille Ernest, vers Chézy-en Orxois, 48 ans.

Terré Aimé, vers Chézy-en Orxois, 58 ans.

Ménil Eugène, vers Chézy-en Orxois, 68 ans.

Lièvin Edmond, suisse de l’église, à Chouy, 60 ans.

Crois Louis, à Louard, 63 ans.

Millardet Jules, à Louard, 79 ans.

  • Morts en captivité :

Leriche Eugène, 74 ans.

Denis Paul, dit Vincent, 69 ans.

  • Rapatriés, après 6 mois de captivité :

Favre Désiré, 72 ans.

Favre René, 13 ans ½.

Lacour Louis, 60 ans.

Lebel Paul, décèdera à Varredes, le 7 septembre 1916.

Combe Léopold, sera rapatrié après 2 ans de captivité, décédé en mai 1918.

Roi Louis, 55 ans, garçon boulanger, restera en captivité à Erfürt, jusqu’en octobre 1918.

  • Echappés en route, du Gué-à-Tresmes :

Mérillon, ancien gendarme.

Denis Barthélemy, cultivateur.

Denis jules, cultivateur.

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2 janvier 2015 5 02 /01 /janvier /2015 21:08

Chaudun- Chauny 

Arrivés à Chaudun, les prisonniers entrent un à un dans l’église du village sous les quolibets et les coups de bottes de leurs gardiens.

Un capitaine uhlan, circulant dans les rangs, jouit de ce spectacle : le sabre tiré, il en promène la pointe sous le nez des malheureux plus morts que vifs, prenant plaisir à exaspérer l’angoisse par des menaces ou d’odieux sarcasmes : « Ah ! le beau lot, … vous êtes des bêtes féroces !.. J’en sais long sur votre compte… Vous serez  fusillés !.... » 

La porte de l’église se referme; nos malheureux sont enfin à l’abri pour quelques heures.

Tourmentés par la faim, la soif, exténués, horrifiés par les massacres de leurs amis, pleins d’angoisse pour le lendemain, ils se couchent pensant pouvoir se reposer…

Mais dans l’obscurité, des gémissements, des pleurs et des cris d’épouvante provoqués par des cauchemars ne permettent pas de dormir.

Monsieur LEBEL racontera : « Dans les villages, lorsque des gens apportaient des seaux d’eau pour rafraichir les prisonniers, les Allemands renversaient les seaux à coups de pieds ».

Raffinement de cruauté de la part des geôliers : si une source, un puits, une marre se trouvaient sur le passage, les Allemands arrêtaient leurs victimes quelques pas plus loin, afin qu’elles ne puissent pas en profiter. 

Vendredi 11 septembre, les otages sont conduits à Soissons.

En cours de route, FAVRE, épuisé, s’assied sur le bord de la route.

Les Allemands le saisissent, appellent deux prisonniers militaires qui le prennent par les bras et l’aident ainsi à atteindre Soissons. Ils devaient de nouveau soutenir le vieillard sur le chemin de Chauny. FAVRE leur doit la vie.

Conduits dans une école, ils vont pour la première fois depuis leur départ de Lizy recevoir un peu de réconfort : la Croix Rouge leur sert un repas chaud composé de pommes de terre cuites, de lard et de pain.

Le lendemain, à 17 heures, c’est l’arrivée à Chauny.

Les quarante cinq prisonniers civils sont conduits sur une place publique où des individus, paraissant être des personnages d’importance, viennent les voir.

L’un d’eux, parlant le français, dit aux autres : « Oh ! vous savez, on va les fusiller, on n’embarque plus de prisonniers civils ! ».

Sous un préau, on leur donne un peu de pain. 

L’ordre de les conduire à la gare arrive et c’est à coups de crosse et de fourreau de sabre qu’ils parviennent presque courant à la gare.

ROI, le garçon boulanger, toujours en cotte et sandales de travail depuis Varreddes, s’est garanti d’un couvre-pieds qu’il avait pu ramasser…

Un Allemand le lui prend, le jette à terre et lorsque le jeune homme se baisse pour le reprendre, il reçoit un coup de botte.

Le petit René FAVRE reçoit également des coups violents.

Les prisonniers sont enfermés dans la salle des consignes et à 19 heures on les entasse dans des wagons à bestiaux où ils passeront la nuit, gardés par cinq soldats, baïonnette au canon.

Le train, contenant également des blessés allemands, des prisonniers militaires, ne se met en marche que le dimanche 13….  Direction Erfürt.

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12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 22:16
Lizy-Chezy.png

Trajet Varreddes- Lizy - Chézy en Oxois

Les Allemands sont en retraite; des troupes, des convois de toutes sortes encombrent la route.

Les otages doivent suivre les bas-côtés et parfois marcher à travers champs.

 Il fait chaud, il faut marcher vite. Les pauvres vieux sont hors d’haleine, les plus jeunes les aident  autant qu’ils peuvent ; les soutiennent, les prennent par le bras mais les vieux s’attardent quand même, maudissant leur âge et leurs infirmités.

Les coups de crosse et de bottes leur font reprendre la file dans un sursaut de désespoir.

Les soldats allemands chargent quelques prisonniers de leurs sacs et s’amusent de la faiblesse des vieillards.

Un prisonnier s’écroule, pris d’une crise de nerfs. On le jette sur l’accotement de la route; les soldats l’inondent d’eau froide, tout en riant des contorsions du malade.

Un autre, boitant par suite d’une infirmité, s’arrête; il est à bout de force. Des Allemands lui tirent furieusement la jambe et le font hurler de douleur tandis que d’autres, arrachent des betteraves et le lapident.

 Nos otages marchent depuis le matin.

Il est environ 14 heures 30, à cent mètres de l’entrée de Coulombs; Monsieur Jourdaine (76 ans) tombe. Des soldats se précipitent sur lui, le frappent à coups de poings, de bottes et de cravache ; il n’a même plus la force de se garantir.

 Messieurs Victor LECOUTE et PERTHUISOT de Coulombs assistent à ce spectacle où des soldats et des officiers allemands passent leur sabre sur la gorge de Monsieur  JOURDAINE comme pour l’égorger.

Le pauvre homme sera ensuite tué sur place d’une balle à la tête et d’une autre au coté.

Enterré dans un clos à 25 ou 30 mètres de son lieu de supplice, son corps est recouvert de si peu de terre que la tête et les bras sont visibles.

Plus tard, un passant aperçoit le cadavre, prend les lunettes qu’il porte encore, y remarque le nom de Meaux ; des recherches sont effectuées, ce qui permettra  d’identifier la malheureuse victime.

Quelques kilomètres plus loin, c’est monsieur VAPAILLE qui s’écroule ; il est tué peu avant d’arriver à Chézy.

 21 heures, le convoi arrive enfin à Chézy-en-Oxois dans l’Aisne. Les prisonniers sont parqués sur la place de l’église, passant la nuit sous bonne garde.

Chezy-Chaudun.png

 Trajet Chézy - Chaudun

Le 10 au matin, le martyr continue.

Depuis la veille, Monsieur MILLARDET ne peut plus avancer. Il a 79 ans, une hernie double; il s’affaisse, on le pousse dans la cour du boulanger où un soldat l’assassine d’un coup de baïonnette au cœur.

Monsieur TERRE, infirme, s’écroule à son tour. Il est achevé à coups de révolver et presque aussitôt c’est monsieur CROIS qui subit le même sort.

La terreur est à son comble et ceux que la fatigue menace de terrasser s’accrochent aux compagnons les plus robustes.

Monsieur LIEVIN, homme corpulent, cardiaque, n’en peut plus; son compagnon d’infortune GOULAS le saisit par un bras, un autre prisonnier le soutient également. Il  étouffe et malgré l’aide de ses camarades, fatigués eux-mêmes, il tombe à genoux plusieurs fois.

Relevé brutalement, deux soldats allemands le sortent des rangs, le font entrer dans le cimetière de Chouy et le mettent en joue à quelques mètres.

Monsieur LIEVIN comprend que sa dernière heure est venue. Il sort son mouchoir, se bande les yeux. Deux balles, l’une à la tête, l’autre au cœur le couchent à terre. Il est achevé d’une troisième dans la tête.

Un autre otage, monsieur MENIL, est également sauvagement assassiné : il s’est affalé, les soldats le trainent sur le côté de la route, l’assomment et le tuent à coups de crosse.

Fin d’après-midi de cette marche forcée; la halte se fait à Chaudun.

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30 novembre 2014 7 30 /11 /novembre /2014 17:45
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  • Le martyre des otages

 Les otages ont été scindés en deux groupes et leurs sorts furent bien différents.

 

Le premier groupe composé de Messieurs Mérillon ; Barthélemy et Jules Denis, quittent Varreddes le mardi matin 8 septembre en direction de May en Multien. Les obus pleuvent autour des trois prisonniers et de leurs gardiens; tous s’abritent, de temps à autre, derrière les meules.

Le feu est si intense que les douze Allemands et leurs trois prisonniers passent l’après-midi près d’une meule, sur le chemin de Congis.

Arrivés au château du Gué-à-Tresmes, nos trois otages sont enfermés dans un sous-sol, ils y passeront la nuit sans avoir eu de repas. Ils ne devaient d’ailleurs rien manger pendant leurs deux jours de détention.

Présentés devant des officiers le mercredi 9, ils sont mis à disposition d’un major pour transporter du linge maculé de sang, linge ayant sûrement servi lors d’opérations.

Ils transportent également cinq soldats morts des suites de leurs blessures. .

La nuit arrive, les otages la passent dans le parc où ils se cachent et le lendemain jeudi 10, ils s’échappent du parc sans avoir été remarqués.

Sur le retour, une patrouille de zouaves les arrête et les conduit devant un commandant. Interrogés, l’officier les félicite d’avoir échappé aux Allemands et profite de la circonstance pour se procurer quelques renseignements.

Nos trois compatriotes, heureux de s’en être tirés à si bon compte, s’empressent de rentrer à Varreddes.

Le sort de l’autre groupe de prisonniers fut plus tragique…

  • Le 2ème  groupe

 Sur les seize habitants de Varreddes que comptait ce groupe, il y avait l’enfant de 14 ans.

 

Rangés par trois, y compris le curé Fossin qui avait été ramené dans la cour et encadrés par douze soldats, la colonne des otages part à 9 heures vers Congis pour  être fusillés selon ce que l’on leur avait dit.

Se dirigeant sur le Gué-à-Tresmes, en chemin ils font demi-tour et prennent la route de Lizy-sur Ourcq.

Le pénible cortège arrive à Lizy entre 14 et 15 heures.

Depuis la veille, ils n’ont rien mangé, on leur donne un peu de macaronis, de la viande mais pas de pain.

Dans un premier temps, ils sont gardés dans l’école, puis conduits sur une route non loin de Beauval, où ils passent la nuit avec environ 60 civils et 400 prisonniers militaires.

 Mercredi 9, retour sur Lizy dans une cour et sous un hangar situés près de la gendarmerie ; là, on leur distribue un peu de pain. 

 

A partir de Lizy, le trajet qui s’était fait avec bien de la peine, va devenir un véritable calvaire. L’un des otages l’a qualifié « d’étape infernale »....

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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 22:19
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  • Le sort des femmes

 Quelques femmes des otages avaient été entrainées avec leurs maris dans la cour de la maison LERICHE. Malmenées, elles sont ensuite rassemblées dans une des pièces de cette maison.

Baïonnette au canon, des soldats pénètrent dans la maison, poussent les femmes dehors, les alignent le long d’un mur, puis les font rentrer sous les injures et les menaces.

Menaces qu’elles ne peuvent comprendre. L’un d’eux, frappant avec la crosse de son fusil leur fait signe de s’agenouiller.

Représentez-vous cette chambre mal éclairée où se trouvent six femmes terrorisées, au visage éperdu et trempé de larmes: mesdames LERICHE (67 ans) ; BARTHELEMY (77 ans) ; Veuve PIETTE (67 ans) ; LACOUR (57 ans) ; JOURDAINE (66 ans) et Mélanie LIEVIN (55 ans).

L’une d’elle, la plus âgée, dit aux autres : « Nous allons mourir, faites votre contrition si vous le pouvez ».

Toute la nuit les Allemands tiendront les femmes enfermées et à 10 heures du matin, devant l’avancée des troupes alliées, les soldats fuient … les femmes retrouvent leur liberté.

Leur supplice est terminé, elles quittent leur prison… Mais les hommes ne sont plus dans la cour…

Ils ont été emmenés comme otages.

 

  •  Libération de Varreddes

 Pendant ce temps sur le plateau de Barcy, la bataille fait rage jusqu’au mercredi 9 septembre.

Mercredi vers midi les troupes françaises arrivent. Les soldats allemands fuient Varreddes, une colonne sur Etrépilly par la route de Soissons en faisant au passage sauter le pont de la Maladrerie, sur le canal.

Une autre colonne regagne la route de Lizy-sur-Ourcq par Germigny l’Evêque et détruit une arche du pont sur la Marne à l’entrée du village.

Les troupes françaises arrivant à Varreddes trouvent plusieurs centaines de blessés dans les ambulances. Les majors prodiguent des soins jusqu’à leur évacuation sur Paris.

Evacuation qui durera du vendredi 11 au dimanche 13 septembre 1914, à l’aide de 70 automobiles.

Sur les morts du 47e régiment d’infanterie prussienne, on découvre des baïonnettes dont le dos est taillé en dents de scie, instruments de supplice de non combat, prohibés par la convention de la Haye de 1899.

Au pied d’une meule de foin, un violon allemand. La terre piétinée montre qu’on y a dansé, fêtant peut être, par avance, l’entrée dans Paris, mais le bal fut sans doute troublé, puisque le musicien, dans sa fuite a oublié son instrument.

Varreddes est maintenant délivré ; la lutte a été âpre, mais le calvaire des otages commence…

 

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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 21:32

abbe-fossin.JPG

 Jean, Paul, Victor Fossin est né le 22 novembre 1839. Il a été ordonné prêtre à l’âge de 29 ans le 19 décembre 1868.

On trouve un passage comme professeur au collège Notre Dame de Dunkerque, puis secrétaire du Monseigneur Pie ; prêtre auxiliaire à St Fiacre ; curé de Bussy-saint-Georges.

Paul Fossin devait avoir un caractère bien trempé.

En 1895*, curé du village Bussy Saint Martin, il déclare détenir un morceau de la cape de saint Martin et à l’occasion du 15e centenaire de ce saint, il organise en 1897 une cérémonie pour honorer la relique en espérant créer un pèlerinage.

Cette initiative trouble la campagne électorale de Gaston Menier, maire de Bussy St Martin, désireux d’enlever à Alcide Derveloy son siège de député.

Pour couper court à cette manifestation, un arrêté municipal interdit le territoire de Bussy St Martin à la cérémonie.

Ne pouvant ce dérouler à Bussy St Martin, c’est à Bussy St Georges qu’elle se déroule.

Après le retour à l’église il est accueilli par la gendarmerie de Ferrières et le Garde Champêtre et par jugement du 22 octobre 1897, devant le tribunal de simple police de Lagny il sera  condamné à deux amendes respectivement de 1 et 2 francs.

Prêtre auxiliaire à St Fiacre, curé de Bussy St Georges, il arrive dans sa nouvelle paroisse le 1er février 1899 : Varreddes.

En 1913, notre curé reçoit la médaille commémorative de 1870 au titre d’aumônier volontaire, époque a laquelle il était secrétaire militaire de l’Evêché de Poitiers.

Il a eu comme successeur dans cette fonction le chanoine Emmanuel Briey, devenu par la suite évêque de Meaux.

 1914.

En pleine bataille de la Marne, le 7 septembre, notre curé a été le premier des 19 otages de Varreddes.

Malgré de nombreuses et incessantes recherches, des renseignements souvent incomplets ne permettent pas de savoir exactement comment l’abbé Paul Fossin a disparu.

Dans sa lettre circulaire Monseigneur Emmanuel, évêque de Meaux, apporte quelques précisions :

… Nous avons acquis aujourd’hui la douloureuse certitude que le Père Fossin a été assassiné par les Allemands.

Aux récits des témoins, dont un jeune officier, interné en Suisse après trois ans de captivité, qui nous a fait parvenir ses notes personnelles, nous joignons également le témoignage d’un petit chasseur, rapatrié comme infirmier après vingt-cinq mois de captivité, rencontré dans une ambulance de Paris.

Les différents témoignages seront réunis, pour une meilleure compréhension.

Le jeune officier nous rapporte que : « Faits prisonniers à Borest (3km de Senlis), le mercredi 2 septembre 1914, ils marchèrent avec l’unité qui les avait capturés, dans la direction de Trilport, traversant Ermenonville et Varreddes et passèrent la nuit du 6 au 7 à Trilport.

Le lundi 7 au matin, ils sont emmenés vers le sud ; mais après quelques heures de marche, le groupe de prisonniers militaires revient sur Trilport et dirigés sur Lizy, en repassant par Germigny, Varreddes et Congis.

C’est au cours de cette seconde traversée de Varreddes, presque vide de ses habitants, que le jeune officier trouva le Curé qui était resté à son poste. Il vint au devant des prisonniers, s’entretint avec eux et les réconforta.

Quittons un instant la lettre-circulaire pour raconter les derniers jours du Père Fossin, en lisant ces notes écrites par lui et retrouvées dans la cure.

 Je le cite :

« 5 septembre, samedi. - Sur réquisition, passé la journée à indiquer les locaux à l’intendance. Etant à mon bureau, disant mon bréviaire, j’ai entendu passer au-dessus de ma tête un aéroplane qui bientôt éclata, et puis… silence. Les deux pilotes, tués sur le coup, furent conduits au cimetière. Vu passer un convoi de prisonniers  français. L’église en ambulance. Prisonniers de Guérard sont passés. L’électricité ne fonctionne plus.

« 6 septembre, dimanche. - Mauvaise nuit. Impossible de dire la messe ni de faire l’enterrement des deux aviateurs. La canonnade commencée à 9h, a duré jusqu’à cinq heures sans interruption. Nous avons reçu une pluie de feu. Les batteries allemandes placées derrière le presbytère, furent visées par les Anglais. J’ai cru ma dernière heure arrivée. Je fis un bon acte de contrition. Maintenant je vais aller à l’église remercier la bonne sainte Vierge de m’avoir protégé.

« 7 septembre, lundi. Bataille, recommencée à trois heures et demie.  Impossible de dire la sainte messe. Je rends visite aux Allemands blessés qui sont à l’église. Ce sont les plus légèrement blessés. Ils m’ont tendu la main. Ils sont fatigués. Il m’est impossible de leur donner du pain. Tous les fruits de mon jardin ont disparu. J’ai pu déjeuner chez Mlle Goulle. Pendant que nous sommes criblés de projectiles, les Allemands font tranquillement la cuisine contre le mur du presbytère, au-dessus duquel vole un aéroplane. » 

Moins d’une heure après avoir écrit ces lignes, le curé de Varreddes était prisonnier des Allemands…

Reprenons la lettre-circulaire :

Après une courte halte, ces prisonniers sont séparés du curé et emmenés à Lizy.

C’est dans l’école de Lizy que l’officier et ses hommes passèrent la nuit du lundi 7 au mardi 8 septembre. »

Monsieur Leriche (74 ans) raconte que le curé de Varreddes avait été, à bout de forces, placé par les Allemands dans une voiture. Peu de temps avant, en chemin, l’abbé Fossin lui avait donné sa montre en disant : « Tu la feras parvenir à ma famille quand tu pourras, car moi, je crois bien, les Allemands vont me fusilier…»

Mardi 8 septembre, 13 heures « Les prisonniers militaires dont le jeune officier fait partie, voient arriver à Lizy un détachement d’autres prisonniers, parmi lesquels se trouvent des zouaves et des civils, dont un prêtre en soutane et sabots, mais sans chapeau ni rabat.

Pour se protéger contre l’ardeur du soleil, il n’a qu’un mouchoir qui lui couvre la tête. Un peu plus tard on trouvera sa barrette le long du canal. Il a les pieds en sang.

Harassé de fatigue, il cherche à s’asseoir, il est roué de coups. »

Le jeune officier s’avance, reconnait le curé de Varreddes et engage une conversation.

Le prêtre lui fait le récit suivant :

« Le 6 septembre vers 14 heures, une automobile allemande contenant des officiers d’état-major, dont un général, arrive à Varreddes et m’oblige de donner aux Allemands l’hospitalité. »

Le Père Fossin désigne le presbytère et l’église pour étendre les blessés à venir.

Lui-même se rend à l’église, pour en sortir les chaises et mettre de l’huile dans les lampes.

Ceci fait, il récite sa prière et sort enfin de l’église vers 19 heures, pour rentrer au presbytère, une bougie à la main…

Le matin suivant, les français attaquent.

Le curé de Varreddes est accusé de leur avoir fait la veille au soir, des signaux lumineux dans le clocher.

Vu son âge et sa difficulté de marcher cela lui était impossible de monter dans le clocher.

Il est arrêté avec 18 autres civils du village.»

Les otages revenus de captivité ont raconté que « tout le long de la route les Allemands avaient brutalisé M. le curé, le traitant d’espion. Ils le roulèrent dans les orties, le frappèrent à coups de crosses de fusils et même avec des betteraves  qu’ils lui jetaient ensuite à la tête et lui firent toutes sortes de misères et d’avanies ; »

Vers 17 heures, le 8 septembre, les prisonniers civils et militaires au nombre d’environ 180, sont rassemblés et emmenés dans une grange.

Arrêtés devant la porte de cette ferme, des uhlans passent…

Reconnu, notre curé est l’objet particulier de leurs menaces.

Bafoué, bousculé par ces uhlans, il demeure très digne, sans s’émouvoir des blasphèmes que l’ennemi adresse surtout à son caractère sacerdotal.

Les prisonniers entrent dans la ferme. L’officier a pour voisin le curé de Varreddes, il lui propose de « faire son lit », de disposer la paille pour permettre au vieillard épuisé de s’étendre sans retard.

Celui-ci le remercie. « Il en a bien vu d’autres », dit-il ; et  raconte à P.B. la vie qu’il avait l’habitude de mener, dédaigneux des fatigues ; et  dit aussi son attachement pour son pays, son église…

Peu après, à 18 heures, commence la scène tragique dont l’officier a été le témoin :

Un jeune Allemand, capitaine de gendarmerie avec monocle, cravache, parlant un français sans accent, accompagné de 2 ou 3 gendarmes, fait apporter une table et trois ou quatre chaises.

Paul Fossin est appelé…

Immédiatement, un interrogatoire sommaire commence : Nom, prénoms, âge ? Expliquez-vous…

Le curé est accusé de trahison pour avoir fait la veille au soir des signaux à l’armée française du haut de son clocher.

Il veut s’expliquer, répond qu’il a allumé des cierges dans l’église parce qu’il devait enterrer un soldat français.

On l’interrompt immédiatement ; « Taisez-vous !...

N’ai-je pas le droit de me défendre ? réplique le curé.

Vous n’êtes qu’un menteur, lui est-il répondu ; »

L’Allemand furieux généralise l’outrage en l’appliquant à tous les prêtres français.

Le prêtre reste stoïquement au garde à vous.

Avez-vous un témoin à décharge, lui est-il cependant demandé…

Après hésitations, un civil se présente et raconte l’histoire que le curé avait lui-même narrée.

Vous n’étiez pas présent ? Non, c’est M. le Curé qui me l’a raconté ;  le témoignage est considéré comme nul.

Sans autres formes de procès, le curé est immédiatement condamné à être fusillé.»

L’officier a personnellement et distinctement entendu la sentence.

Paul Fossin, calme, revenant vers les prisonniers français, dit à l’officier: « La plus belle mort est de mourir pour la France. Priez pour moi, comme moi je prierai pour vous de là-haut. »

« Me trouvant à ses côtés dit un autre témoin, soldat prisonnier, j’ai voulu le rassurer en lui disant qu’il ne serait pas fusillé. Il m’a répondu qu’il avait fait son devoir, et qu’il était assez vieux pour mourir. »

Quittant cette ferme, à l’exception du curé,  un des otages indique qu’à partir de ce moment là, on ne revit plus Monsieur le Curé, qui avait été très maltraité à coups de crosses de fusils et grossièrement injurié.

« Les Allemands le roulaient dans les orties de la ferme. Défiguré, soutane en lambeaux, le visage tuméfié, il nous était interdit  de lui parler et même de le regarder afin que l’on ne puisse pas rendre compte des mauvais traitements qu’il avait subits…

« On nous fit partir, laissant M. le curé  seul dans un coin de la cour, gardé baïonnette au canon.

« Un grand chef nous dit qu’il serait jugé, mais cela voulait dire fusiller.»

« Dix minutes après, dit encore le soldat prisonnier, nous avons entendu une fusillade, et n’avons plus revu Monsieur le curé.

 Son corps ne fut jamais retrouvé, a t-il été enseveli ou tout simplement brûlé pour effacer toutes traces ?

Nous ne le saurons jamais… Il fut le premier prêtre du département à donner sa vie pour la France et pour l’Eglise.

Ce soir pensons à lui, mais n’oublions pas le sort des 18 autres otages : 7 furent massacrés par les Allemands, 2 sont morts en captivité, 6 sont revenus après 6 mois de captivité et 3 ont pu fuir sur la route de leur funeste destin**.

* Dès 1897  l’abbé Collon de la société des antiquaires de l’ouest, aumônier du pensionnat des frères de Poitiers conteste l’authenticité de cette manche, appartenant en réalité à un gambison : vêtement matelassé porté sous une armure, datant du XIVe où XVe siècle.

Le pèlerinage tant convoité par notre abbé ne verra jamais le jour.

** Texte écrit par l'auteur du blog et lu le 27 sept. 2014 en l'église de varreddes en hommage aux victimes

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27 septembre 2014 6 27 /09 /septembre /2014 20:48

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A 18 h, samedi 17 septembre, les Varreddois en présence des élus ont déposé une gerbe sur la tombe de l'abbé Fossin en souvenir des 19 otages de Varreddes du 7 septembre 1914.

Hommage de J.Pierre Menil, maire de Varreddes:

Il y a cent ans, le 7  septembre 1914, 19 habitants de Varreddes étaient pris en otages par l’ennemi. Parmi eux, le curé du village, le Père Paul Fossin.

Ce soir, sur son cénotaphe rendons hommage également à tous ces otages qui ont payé de leur vie la barbarie de la guerre.

Un hommage particulier sera rendu au Père Fossin, premier curé du département martyrisé et mort pour la France.

Voici ce qu’écrivait ‘Autour du Clocher’, revue des années après la Grande Guerre :

 A l’issue de l’article 10 du décret du 26 avril 1924, tous les journaux de la région ont reproduit l’inventaire officiel des sépultures dont la conservation présentait un intérêt d’art ou d’histoire.

Bien qu’en retard sur eux de quelques semaines, ‘Autour du clocher’ doit à la mémoire de l’abbé Fossin, curé de Varreddes, emmené comme otage et massacré par les Allemands en 1914, de mentionner le classement du monument funéraire destiné à le sauver de l’oubli.

La désignation indiquait : « Statue tombale de l’abbé Fossin otage des Allemands en 1914. »

L’idée de cette pierre tombale est due à un groupe d’amis que le père Fossin avait à Paris.

Son exécution fut confiée au sculpteur Ernest Dubois, l’auteur du monument Bossuet inauguré dans la cathédrale de Meaux en octobre 1911.

L’artiste a représenté son héros en grandeur naturelle vêtu de la soutane, couché sur le dos, au moment où les balles allemandes viennent de l’abattre.

Pour symboliser la cause pour laquelle on lui a infligé la mort, il a placé sa main droite sur la hampe d’un drapeau français dont les plis enlacent son corps.

Après différentes pérégrinations, le monument en pierre blanche demi-dure, fut exposé au Grand Palais à Paris en 1923 à l’occasion du Salon de la sculpture.

Placé alors sur un soubassement de 0,80 mètre de hauteur, garni de tenture, il a été très remarqué avant de rejoindre son lieu de destination définitive à Varreddes.

Beaucoup de paroissiens  émettaient le désir qu’il fût placé dans l’église, mais les circonstances de l’époque ne favorisèrent pas cette manière de voir.

Le monument fut donc déposé au cimetière communal contigu à la route de Congis par laquelle fuyait la colonne des otages dont faisait partie le curé.

 La municipalité de Varreddes a spontanément offert pour l’y recevoir, une concession à perpétuité au milieu du groupe des concessions militaires.

Ce gisant a été enduit d’un bronzage vernissé, qui lui donne une patine prématurée, et peut-être en préservera le matériau trop fiable, de l’atteinte des intempéries.

Aujourd’hui ce gisant a disparu. Nous serions vous dire dans quelle circonstance, a-t-il été volé ? a –t-il été enlevé par les Allemands lors de la 2ème guerre mondiale ? On ne sait.

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Après cette cérémonie au cimetière, à la fin de la messe, la vie de ce prêtre a été retracée par l'auteur du blog (a suivre..) 

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18 septembre 2014 4 18 /09 /septembre /2014 20:40


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Soldats blessés devant la mairie de Varreddes

Lundi 7 septembre 1914:

Le premier otage que les Allemands arrêtent dès le lundi soir, fut l’abbé FOSSIN,  âgé de 76 ans.

Après avoir passé sa journée à l’ambulance de l’église, enterré les deux aviateurs français et déjeuné chez une paroissienne mademoiselle GOULLE, vers 21 heures, alors qu’il est couché on le force à se lever et une scène indicible se passe :

Le curé demande ce qu’on lui veut et apprend qu’il est accusé d’avoir fait des signaux à l’armée française du haut du clocher et d’être ainsi la cause de la défaite des Allemands.

Invoquant son impuissance physique à grimper dans le clocher, expliquant son emploi du temps consacré aux blessés allemands dont l’église est pleine, rien n’arrête les furieux.

Bousculé, frappé, injurié, on lui crache au visage, on le pousse jusqu’à la mairie où il passe la nuit assis sur un panier à légumes à réciter son chapelet. Il n’en sortira que pour quitter Varreddes.

Je reviendrai plus tard sur l’abbé Fossin, qui mérite une mention spéciale.

 Le lendemain vers 17 heures c’est un cultivateur en retraite, Denis BARTHELEMY, qui est arrêté et gardé dans la cour de la ferme de Mme JACOB

 

Un officier allemand aperçoit dans sa cour,  monsieur MERILLON, gendarme en retraite, âgé de 65 ans, lui donne l’ordre d’aller voir le  colonel, ce dernier le renvoie et sur le chemin de retour il est fait prisonnier par un lieutenant et rejoint BARTHELEMY

Une demie-heure après c’est au tour de Jules DENIS (65 ans). Les trois hommes passent la nuit dehors, couchés à terre, entre les allemands qui leur interdisent de communiquer entre-eux. D’autres arrestations auront lieu entre 18 et 22 heures ; monsieur Eugène LERICHE (74 ans), Louis LACOUR (60 ans), d’Etrépilly, qui était venu aider ses deux belles-filles dont les maris étaient mobilisés.

A 19 heures, les Boches pénètrent chez madame CHAVIGNY, boulangère, dont le mari était également mobilisé. Trouvant les beaux-parents de cette dame, monsieur JOURDAINE (73 ans) et le garçon boulanger, monsieur Louis ROY (48 ans), rejoignent LERICHE

Vers 21 heures, Monsieur et madame CROIX, sortant de leur cave, sont arrêtés. Les allemands leur expliquent qu’ils ont été trahis.

Madame CROIX est remise en liberté une demie-heure après, vers 21 h 30. Elle rentre chez elle accompagnée d’un soldat allemand qui lui donne l’ordre de passer la nuit sur un fauteuil, de fermer rideaux et persiennes. Elle passera la nuit ainsi sans nouvelle de son mari et en se demandant que va faire son geôlier.

A la même heure, deux soldats allemands pénètrent chez l’ancien boucher, monsieur FAVRE (73 ans), l’homme se couchait : avez- vous des hommes ici ? demande l’un des soldats à Mme FAVRE.

Celle-ci répond qu’elle a son mari et son petit fils René de 14 ans. Les soldats montent dans la chambre, font descendre monsieur FAVRE et le petit-fils, ils rejoignent ainsi que Mme FAVRE les autres prisonniers. Un des soldats pousse le jeune garçon contre le mur, il tombe à moitié assommé et s’écrie affolé : ‘Grand’mère, ne m’abandonne pas’, la grand’mère les larmes pleins les yeux est renvoyée violemment.

Ayant caché dans un bois deux chevaux, Paul LEBEL (65 ans), allait de temps à autre leur porter à boire. Ses allées et venues paraissaient suspects aux Allemands, il fut arrêté dans la soirée de mardi.

Peu de temps après, ce fut le tour de Paul DENIS ouvrier agricole, qui fut fait prisonnier, ayant eu le tort de répondre à un soldat qui lui affirmait que les Allemands seraient à Paris dans deux jours : « Ben, mon colon, tu n’y es pas encore ! ».

Messieurs MILLARDET, ouvrier peintre et COMBE (54  ans), quincaillier s’étaient réfugiés chez madame BARDEL, lorsque qu’à 22 h, un soldat allemand vient les chercher et les conduit dans la cour de Monsieur LERICHE

M. MILLARDET, âgé de 79 ans, ne peut marcher seul, il avance donc au bras de sa femme et en les voyant arriver, un soldat les sépare violemment. On la chasse de la cour.

La terreur règne dans le village, on s’attend à voir fusiller ces otages, on craint pour eux, on craint pour soi.

La rafle n’est pas finie : Messieurs TERRE (60 ans), coiffeur ; Eugène MENIL (64 ans) cultivateur ; Ernest VAPAILLE (64 ans), journalier vont rejoindre les autres otages.

Les Allemands s’en prennent également aux femmes…

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5 septembre 2014 5 05 /09 /septembre /2014 21:02

Les otages de Varreddes – Septembre 1914

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En cette période ou la France commémore le centenaire de la Grande Guerre, Je vais essayer de vous faire vivre la tragédie des Varreddois, dont les livres d’histoire ne parlent pas, rendant ainsi hommage, à ces hommes et ces femmes otages de la barbarie de la guerre.

Du 5 au 10 septembre 1914, au cours de la ‘bataille de l’Ourcq’, dénommée également ‘la bataille du Multien’, Varreddes est assurément le village où l’ennemi a laissé les souvenirs les plus cruels, marquant le village à tout jamais.

Cette page d’histoire de la commune comportera environ 20 textes, résumé en avant première d’une conférence qui aura lieu courant novembre.

Les sources et crédits photos seront mentionnés en fin de récit.

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L’ambiance à la veille de la Grande Guerre

 Dans la plupart des rues de Paris, en cette belle matinée du 3 août 1914, les drapeaux ornent les fenêtres.

Quelques boutiques portent un écriteau sur leur porte : « fermé pour cause de mobilisation, le propriétaire est aux armées ».

Les épiciers enlèvent de leur devanture ce qui peut rappeler l’Allemagne et l’Autriche : pain viennois, bière de Munich ; etc…

Quand passent les détachements de troupes, on s’arrête, on salue et aussitôt des cris :

« Vive la France ! », « On va reprendre notre revanche sur la défaite de 1870, reprendre les provinces d’Alsace et de Lorraine » ; « Nous serons rentrés à la saison des vendanges ! », etc, etc…

Ces anecdotes sont symptomatiques : la lutte contre l’ennemi unit les Français dans leur désir de vaincre.

C’est dans cette ambiance joyeuse que la Grande Guerre va commencer :

1560 jours de guerre qui coûteront, rien qu’à la France, 1 397 000 morts et 2 560 000 blessés.

 

La bataille de l’Ourcq : Contexte de la bataille

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La bataille de l’Ourcq est un épisode de la bataille de la Marne qui met aux prises la VIe armée française composée de la brigade Marocaine, une partie de l’armée anglaise et la 1ère  armée allemande.

La bataille des frontières (du 20 au 24 août 1914) ayant échouée (Plus de 40.000 soldats français seront tués, sans compter les blessés, fera de ce mois d’août le plus meurtrier de toute la guerre de 14 avec plus de 80.000 tués), Joffre doit prescrire la retraite jusqu’au moment où l’occasion se présentera d’arrêter puis de refouler les armées allemandes.

Il constitue à sa gauche une masse importante qui tentera de déborder la droite allemande : c’est la VIe armée, sous le commandement du général MAUNOURY

Entre temps, les armées allemandes poursuivent leur marche inexorable (jusqu’à 40 km par jour), en particulier la 1ère armée allemande qui cherche depuis Mons à encercler les Anglais, mais ceux-ci se dérobent en traversant la Marne.

Au lieu de marcher sur Paris, comme le prévoit le plan Schlieffen, l’armée de von Kluck défile à l’est de Paris en talonnant l’armée anglaise, inconscient du danger que peut présenter pour le flanc de son armée une attaque venant de Paris. Il ne dispose d’ailleurs d’aucun renseignement sur l’importance des troupes qui stationnent dans la région parisienne.

Le Commandement suprême allemand (L’O.H.L. Obere Heeresleitung), consciente du danger, prescrit à von Kluck d’assurer la couverture des armées allemandes en restant en retrait d’une journée de marche par rapport aux autres armées.

Or, von Kluck est en avance d’une journée par rapport à son voisin, von Bülow. Il devra stationner deux journées, ce qu’il juge inacceptable, il poursuit sa route, enfreignant les ordres du commandement suprême.

Nota : Les sources et crédit photos seront mentionnés en fin du récit.

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