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  • : Du romain au grégorien, parcourez l'histoire des calendriers. Le brie de Meaux et la Confrérie. Varreddes mon village.
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29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 20:59

Les nouvelles de Meaux sont connues à Varreddes dans la journée ‘Révolte le 2 may (1789) au marchez à cause de la cherté du grain’.

« Au sept du mois de septembre (1792), il y & evu sept preste et sept prisonniers qui ont evu la teste coupez, on a promenez la teste au père duschesne curez de Saint-Nicolas et celle au père david. Cetoit un pilliage à Meaux… »

La Bastille

gravure du XVIIIe. s 'La Bastille'

Les nouvelles de Paris, plus lentes à transpirer, sont fidèlement enregistrées par le chroniqueur Varreddois Pierre Denis : ‘La prise de la Bastille le quatorze Juilliet (1789)…, des soldats de tué… la tete du gouverneur, et du majors, et du prevot de Paris promenez dans les reû de Paris…’

« Grande tulmute à Paris le cinq octobre… le tocsin sonet dans tous les eglisse… la garde nationale rendu a la place de grève… la foule sy grande quil ne pouvait empechez le tulmule… a Versaille, feu par les gardes du corps et la garde parisienne… plusieurs princes sauvez de Versaille… le roy et la reine et leure enfants, monsieur et sa famille menez à Paris… etc…etc… »

L’âme populaire salue certains avantages immédiatement issus de la suppression de l’Ancien Régime :

-          La chasse est permise à tout le monde au mois d’août (1790)  «Le selle a été aussi permy »

-          Suppression de la dime et des commis, ainsi que le droit de vin…«… on a plus paiez de droit de vin… le selle ne valloit bque six livr. La livres… » (1791)

Pierre Denis, qui ne semble pas, dans sa chronique, éloigné d’applaudir à ces mesures, ne parle pas de deux autres susceptibles cependant d’intéresser ses compatriotes :

-          L’abolition du droit exclusif de pêche (30 juillet 1793) et le droit d’aller ramasser glands, faînes et autres fruits sauvages dans les forêts de la république (11 fructidor an II).

L’engouement pour le régime nouveau est très compréhensible :

-          Le 28 août 1792, les droits féodaux sont abolis,

-          Le 26 mai 1793, un décret de la Convention suspend toutes suites de procédure relatives au paiement des droits censuels féodaux,

-          Le 9 Brumaire an II, un décret déclare nuls les jugements rendus et les poursuites faites relativement aux droits féodaux ou censuels abolis,

-          Le 15 Frimaire an II, un autre décret accorde facilité de résilier les baux aux acquéreurs des biens « retirés par la nation des mains du ci-devant clergé, des conventions laïques supprimées et du tyran ».

Dans le milieu séculairement féodal de Varreddes, toutes ces nouveautés durent jeter dans la stupéfaction les vassaux de monsieur de Meaux, et de plus ‘Il est permy de se divrorcée à présent, même plusieurs fois… » (1793).

Les Varreddois de l’époque n’useront que modérément du divorce. Aucun cas pour les années I, II, III, IV, V, IX, X de l’ère républicaine (les années VII, VIII manquent aux archives municipales). On n’en relève que deux en neuf années :

-          Le premier, du 25 Ventôse, an IV : divorce entre Antoine Andry, 33 ans, et Marie Trouillard, 22 ans, « vu l’acte de non-conciliation délivré le 15 Floréal an III par leurs parents assemblés ».

-          L’autre, du 15 Nivôse, an XI : divorce entre Nicolas Liévin, 58 ans et Geneviève Lemaître, 52 ans « pour cause de leur abandon réciproque depuis plus de trois ans » prononcé par le tribunal de première instance de Meaux, le 21 Vendémiaire précédent.

En l’an II, 4 Ventôse, (22 février 1794) on décidera la création d’une mairie : « Il seroit faite ouverture d’une porte à l’Ecole des filles sur la rue et rebouché l’autre de lalé pour en faire la maison commune ou nous tiendrons nos séance. »

Rien de plus logique, puisque les locaux de l’école de filles, rue neuve, spacieux et en bon état, étaient capables d’abriter simultanément les services municipaux, hospitaliers et scolaires.

 

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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 20:48

Etait-on malheureux à Varreddes à la veille de la Révolution ?

Pendant les années qui précèdent immédiatement 1789, le chroniqueur varreddois n’a pas une seule plainte contre le régime politique de l’époque.

  Briarde

Il parle toujours respectueusement de la personne du Roi.

Par tradition séculaire, on entoure les Bourbons de vénération, même aux heures où la vie devient plus dure pour le peuple : « 1744… Grande guerre contre la France et lempire, et beaucoup d’impositions.. le monde estoit bien poursuit… attendu que louis quinze notre bon Roy et Souverain monarque a été obligé en 145 d’aller luy mesme en campagne avec tout sa maison pour soutenir et défendre sa couronne contre la reine d’hongrie… »

Quand il s’agira de vouer à l’exécration la mémoire de Louis Capet, le greffier inscrira bien au registre l’énoncé des décrets de la Convention Nationale, mais aucune imprécation ne s’élèvera contre la famille royale.

En dépit de la «loyb (21 nivôse an II) portant que l’anniversaire  de la juste punition du dernier roi des français serai célébré le 2 pluviôse (21 janvier), par toutes les communes de la République » (livre de greffe, p. 287), le 21 janvier 1794 passera inaperçu à Varreddes : aucune délibération du Conseil communal à ce sujet.

Le mécontentement, en 1789, existe pourtant. Mais il tient à tout autre chose qu’a la politique. L’hiver 1788-1789 a été extrêmement dur.

Des pluies incessantes en octobre et novembre ont gêné les semailles.

Quinze jours de forte gelée, du 1erau 15 novembre 1788 et après trois jours de dégel, deux mois ininterrompus de grand froid ont empêché les campagnards d’aller aux champs où « l’on ne pouvait durer » (du  18 novembre au 15 janvier).

Le froid a été plus vif qu’en 1709, et de nouveau la gelée a repris un mois complet, du 15 février au 15 mars.

Le printemps n’est venu que fin avril, éclairant un désastre : vin « du sy bons vin !! » gelé dans les tonneaux, dont les bondons sautaient au plafond ; vignes, arbres, noyers et pommiers perdus ; pain et vin renchéris, en dépit de la conservation du grain sous la neige… et une crue de la Marne le 6 mai.

C’est dans ces circonstances (peu encourageantes) que s’ouvre l’ère révolutionnaire.

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 22:04

Mairie G

L'entrée de l'école aujourd'hui

L’enseignement primaire était alors un service public dévolu à la charge de l’Eglise et effectivement assuré par Elle.

C’est grâce aux recherches du Père Henri Dubois, curé de Varreddes dès 1920 à 1963, que nous connaissons ce qu’était l’enseignement primaire avant 1790. Laissons parler le Père Dubois :

Une tradition Varreddoise existe qui veut que l’école du village ait « été fondée par les Evêques de Meaux, lesquels l’entretenaient ». Elle est consignée dans la monographie de Camille Grésy, instituteur : « On n’a pas de date précise sur la fondation de l’école des garçons. Il parait qu’au moyen âge elle était tenue par un ecclésiastique… » ; « La maison avait été donnée à la fabrique par l’Evêque de Meaux, seigneur de Varreddes. ». Cela n’est pas surprenant, puisque Varreddes était alors la plus populeuse des quatre paroisses dites Filles de l’Evêché». Mais la charte de fondation est depuis longtemps perdue.

L'école mixte

L’école mixte, en principe, ne devait pas exister. « Nous ordonnons aux paroisses ou cela se pourra il y ait deux Ecoles séparées, l’une pour les garçons, l’autre pour les filles, quelques jeunes qu’elles soient point enseignées aux Ecoles des hommes, ni les garçons en celles des femmes, pour obvier aux désordres qui en pourroient arriver. »

Le pasteur « prendra garde soigneusement que les petites filles ne soient instruites en la même Ecole que les garçons, mais qu’en tant que faire se pourra, il y ait quelue honneste femme ou fille prenne soin de leur instruction. »

A défaut de local spécial pour les filles et en dépit des prohibitions épiscopales, l’école, à Varreddes, a-t-elle reçu garçons et filles dans la même classe jusqu’en 1682 ? Ce n’est pas impossible. Les femmes d’instituteur devaient peut-être aider leur mari en enseignant aux fillettes les matières de leur compétence.

Il serait d’ailleurs bien étrange que les Seigneurs-Evêques de Meaux n’aient rien tenté pour l’éducation des jeunes Varreddoises avant Bossuet, étant donné le grand nombre d’enfants que comptait Varreddes (400 feux).

Le local de l’école

Au cœur du vieux Varreddes, l’école formait le complément des locaux indispensables à la vie paroissiale : de l’Eglise où le maître était fréquemment appelé pour ses fonctions de clerc, du cimetière qui lui était contigu, du presbytère d’où le curé exerçait sur l’enseignement un contrôle à lui dévolu par la législation d’alors, du vicariat, du notariat, ensemble que les anciens appelaient aussi justement que plaisamment le quartier latin.

Le maître d’école.

A l’époque, La fonction était prestigieuse et Varreddes n’a jamais manqué de maître d’école. La charge était en grande estime à cause des difficultés d’admission et de la collaboration prêtée an clergé paroissial, que des honneurs reçus au chœur par le titulaire.

Défense était faite « à tout clerc paroissial, et à tout maître et maîtresse d’école de s’ingérer de vouloir enseigner la jeunesse de l’un ou l »autre sexe sans s’être premièrement présentez à l’Evêque diocésain ou a ses grands vicaires pour être examinez sue leur Foy, religion, vie, mœurs, sciences et connoissance en la doctrine chrestienne. »(Statuts de Dominique Séguier, 1654), ordonnances du Cardinal de Bissy, 1724, Duplessis II p. 620).

Le curé inspectait l’école. « Il (le pasteur) ira visiter les écoles pour voir si le Maistre se rend assidu à enseigner les enfants. S’il leur apprend la Doctrine Chrestienne, et si les écoliers profitent ; pourquoi il les interrogera et les animera à bien apprendre par des petits presents d’Images ou Agnus, qu’il fera des petits presents d’Images ou Agnus, qu’il fera à ceux qui répondent le mieux. » (Dominique Séguier, 1654, Duplessis II p.580)

L’enseignement du catéchisme était au premier plan.

« Qu’ils (curés et vicaires) le fassent apprendre par le Maître d’Ecole aux enfants.» (Jean de Belleau, 1628 ; Duplessis II, p 570.)

Au chœur, les maîtres prenaient place au lutrin. « Pour ce qui est des places du chœur, le Maître d’Ecole et les deux chanteurs seront au Lutrin avec les enfants portans la surplis. » (d° Diplessis II, p 619.)

Comme on peut le constater, il n’est point surprenant que les paroissiens témoignaient déférence au maître d’école, qui était en quelque sorte l’alter égo du pasteur.

A Varreddes, les habitants lui disaient : « Monsieur le Maître. » (Tradition citée)

L’école des filles

Dominique de Ligny, Evêque de Meaux de 1659 à 1681, avait l’intention d’établir deux filles de la Charité en la paroisse de Varreddes qu'il aurait le soin d’instruire, tant à lire et écrire, en l’école chrétienne et au travail dans une école particulière, les jeunes filles de ladite paroisse et celles de Germigny. Testament daté du 2 janvier 1680. L’évêque décède le 27 avril 1681. Bossuet installé à Meaux depuis une dizaine de mois, désireux d’utiliser le legs de son prédécesseur, met à exécution le projet d’école de fille pour Varreddes le 27 novembre 1682, et en règle les détails devant Jean Leger, notaire à Meaux.

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19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 22:16

Moulin Varreddes

                                                                                                        Photo: carte postale collection privée P. Moreau

Au XVIIIe siècle, les fermes de l’évêque et du chapitre qui constituaient cent ans auparavant une culture de 150 arpents, avaient pris de l’importance.

La première s’étendait sur près de 200 arpents(1), la seconde sur 165 m environ.

Les documents du temps montrent les laboureurs souvent victimes des intempéries et des dégâts du gibier.

Ainsi le 4 juillet 1739, un orage de grêle ravagea la contrée, ruinant les fermiers de Germigny et de Varreddes, auxquels il fallut accorder des modérations de loyers équivalentes à la moitié de ce qu’ils devaient.

Dès avant 1789, quelques-uns des privilèges du temps passé tombaient en désuétude. Les anciennes corvées s’étaient transformées ; le droit de posséder un colombier, jadis réservé au seigneur, n’avait plus guère d’importance qu’en raison du tort causé aux récoltes par les pigeons.

En 1766, on n'admettait pas précisément que chacun construisit un pigeonnier à son gré, mais on était arrivé aux concessions : un jugement du bailli de l’évêché ne défend d’établir de colombier à Varreddes qu’aux habitants n’ayant pas 50 arpents de terre à exploiter.

Le juge se réfère à l’art.70 de la coutume de Paris pour enjoindre à ceux qui ne peuvent justifier d’un droit ancien, ou qui ne possèdent pas 50 arpents sur le territoire, de détruire leurs pigeons et de fermer leurs colombiers avant le 15 février 1767.

A ce moment le délabrement de nombre de vieux manoirs contrastaient avec l’aisance des demeures de paysans. Les nouvelles maisons seigneuriales, moitié fermes, moitié châteaux, n’avaient plus d’autres tours que celle du pigeonnier ; presque partout, le colombier à pied cessait d’être considéré comme un signe de féodalité.

 

(1)L'arpent est une mesure de longueur.

Étymologiquement, c'est la distance de portée d'une flèche. En France, un arpent valait 10 perches d'arpent soit 220 pieds du Roi, égale 71,46 m ; « l'arpent des arpenteurs ».

Localement, on pouvait aussi utiliser un arpent de 10 perches ordinaires soit 200 pieds du Roi, égale 64,97 mètres.

Par adjonction du mot « carré », l'arpent pouvait aussi signifier une unité de mesure de superficie. En France, l'arpent (carré), autrement dit l'acre, mesurait toujours 100 perches carrées, quelle que soit la longueur de la perche utilisée.

Les arpenteurs utilisèrent généralement la perche de 22 pieds du Roi, dite « des eaux et des forêts » ; d'où l'acre français valant  5 107,2 mètres carrés.

Localement, on pouvait aussi utiliser la « perche ordinaire » de 20 pieds du Roi, avec un acre (ou arpent carré) de 40 000 pieds du Roi carrés égale  4 220,8 m carrés.

 

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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 21:42

betteraves

                                                                                                                               Photo: carte postale collection privée

 Ce n’est qu’à partir de 1811, que Varreddes cultive la betterave à sucre. En effet c’est le 20 avril 1811 que le préfet de Seine-et-Marne informa les maires du département qu’il était maintenant possible d’extraire du sucre de la betterave.

Le 15 janvier 1812 un décret impérial prescrivit l’ensemencement de 1.000 ha pour la Seine-et-Marne (100.000 ha pour tout l’empire).

Pour les cultivateurs,  la culture de la betterave ne fut pas au début un long fleuve tranquille.

Si l’Empire était pour la culture de la betterave, les colonies voyaient d’un mauvais œil cette culture qui leur barrait le marché.

A la fin de l’Empire, les arrivages de sucre des colonies reprirent, et en 1843, le gouvernement de Louis-Philippe déposa un projet de loi, soutenu entre autre par Lamartine, pour interdire le commerce de betteraves.

Heureusement pour nos cultivateurs, le projet échoua à quelques voix.

En 1847, seulement 650 ha sont ensemencés en betterave, mais  l’année suivante fut l’abolition de l’esclavage et le prix du sucre  des Antilles augmente tandis que la production diminue. Le sucre de betterave suppléait, les terres cultivées augmentent (2.000 ha en 1860 ; 5.700 ha en 1862 ; 16.300 ha en 1892).

La première sucrerie fut construite à Vincy-Manœuvre en 1842.

C’est en 1856 que les premières distilleries agricoles apparaissent dans le département (Rouvray et Chevry-Cossigny), puis en 1871 c’est la sucrerie de Villenoy qui traite 120.000 tonnes de betteraves par campagne. 

La culture de cette racine permit l’assolement triennal sans jachère et fit passer le paysan du début du XIXe siècle en cultivateur.

La betterave sucrière est une plante d’été qui utilise bien les apports organiques. C’est une plante qui demande beaucoup d’entretien, un nettoyage et un travail du sol en profondeur et soigné par de bons sarclages. En contrepartie elle permet d’améliorer les sols pendant de nombreuses années.

Autrefois, dès que les betteraves étaient semées, il était indispensable de les protéger des corbeaux. C’est ainsi qu’il existait des « gardeuses de corbeaux », chargées de les chasser ainsi que les autres oiseaux qui venaient partager ce festin en picorant les graines… Encore un métier qui a disparu !!

 

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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 22:10

Route de Meaux

Route de Meaux (photo collection privée M. Moreau)

 C’est au Moyen-âge qu’est apparu les premiers noms de rue. A cette époque les rues étaient désignées par leur situation (la rue du nord..), le lieu qu’elle desservait (rue du four..), ou d’une particularité (rue de la butte..).

Au XVIIIème siècle, la dénomination fonctionnelle change au profit des noms de personnages politiques, artistiques ou notables.

A la Révolution, on célèbre les valeurs du moment (rue de la liberté, place de la République…).

Sous l’Empire, on honore les victoires de l’empereur et des ses militaires.

Aujourd’hui les noms de rues n’ont plus de nomenclature précise, un mélange de toute tendance historique se retrouve sur les plaques des noms de rues. Varreddes a suivi cette évolution.

Grâce à ami, aujourd’hui disparu, j’ai la chance d’avoir de nombreux bulletins paroissiaux, documents écrits par l’abbé Dubois, ancien curé du village de 1920 à 1963, dont les textes sur l’origine du nom des rues. C’est son travail que je vais vous faire découvrir tout au long des 18 pages sur les origines des noms des rues du village.

Comme tous les villages de l’Ile de France, les noms des rues, apportent aux gens du XXIe. Siècle leur relent moyenâgeux.

Dans notre étude des noms il est souvent fait appel aux définitions de Du Cange Seigneur (Charles du Fresne). - Historien et glossateur, (1610-1688), il se livre à des recherches sur l'Antiquité  et le Moyen âge, étudie scientifiquement l’histoire de Byzance et de l’Orient et ses ouvrages si remarquables font encore autorité.

Surnommé le Varron français, (Varron, écrivain et savant romain ; -116 à -27 av. J. C.) il écrit le Glossarium mediae et infimae latinitatis (1678, 3 vol. in-fol.), un glossaire du latin médiéval, en latin moderne,

Et de Godefroy Frédéric : Lexicographe français. Il publia à partir de 1880 un dictionnaire de l’ancienne langue française et de ses dialectes du IX au XVe. siècle (10 vol.)

L’ancienneté de certains noms de lieux Varreddois, dans la forme qu’ils ont gardés au XXème siècle, est un fait avéré. Ainsi : La Croix d’Orteuil (Crucem de Orteuil, Charte de juillet 1229) ; Le Patis d’Acy (Pratus de Atio, Charte de novembre 1246) ; La couture l’Evêque (Culturam Episcopi).

Avant de détailler l’origine et l’histoire des rues de Varreddes, voici la liste des noms appliqués à chacune des rues suivant l’ordre chronologique :

1-      Rue du Moulin ; rue de l’Eglise ; rue du Boyenval ; Quartier latin.

2-      Rue Boutonneuse ; rue Betneuse ou Batneuse ; rue Crochemur ; rue cloche-mur ; Petite-Rue.

3-      Ruelle Bernage ; ruelle Bernard ; Chemin du Port-lavoir ; puis du Père-Lavoie ; ruelle Jarry ; ruelle de la Goulotte.

4-      Rue du Four.

5-      Ruelle au Prêtre ; chemin de la couture-l’Evêque ; rue du cimetière ; chemin de Congis ; rue des Otages.

6-      Chemin des tournelles.

7-      Rue de l’Echauderie.

8-      Rue Neuve + Ruelle d’Aulnaie.

9-      Rue du Gabot ; rue de l’Echelle ; rue Moreau-Duchesne.

10-  Rue d’Orsoy.

11-  Ruelle de la Noue-Dîmeresse.

12-  Rue du Paroy.

13-  Ruelle du Coterêt ; ruelle du Châtelet ; ruelle des Oysons ; ruelle du Pressoir.

14-  Grande Rue ; rue de Lizy ; rue de la Ferté-Milon ; Route Nationale ; le Pavé ; rue Victor-Clairet.

15-  (Divers) Le Bout d’en-haut ; ruelle d’Etrépilly ; la Grande Place ; Place de la Mairie

16-  Rue de Tournoye ; rue de latache ou de l’estache ; ruelle Jean Piettre ; Chemin de la fontaine ; Chemin de la Bosse.

17-  Rue du bourreau ; Chemin de la Bosse ; Chemin du Bourreau., rue du Bourreau.

Source :  bulletins paroissiaux.

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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 21:52

Mairie GC’est en 1112 qu’apparaît pour la première forme écrite du village : Varedæ.

En 1771 on compte 25 feux et en 1787 : 339 feux (1 feu équivaut à 4 à 5 personnes)

En 1789, Varreddes fait partie de l’élection et de la généralité de Paris tout en suivant la coutume de Meaux.

L’église paroissiale sous l’invocation de St Arnoul appartient au diocèse de Meaux.

En 1828, le village compte 1300 habitants.

L’hospice fondé en 1238 pour le secours des pauvres à domicile est encore desservi par des sœurs de la charité que Bossuet avait fait installer en 1692. Ces sœurs tiennent également une école de filles.

A cette époque, le territoire de la commune est en terres labourables et en vignes, la plupart des Varreddois cultivent le chanvre.

En 1876 la commune de 800 ha, compte 340 maisons et 1028 habitants.

En 1900 la cité a un bureau de poste avec télégramme, elle dépend de la perception de Penchard. Varreddes compte 918 âmes pour 288 électeurs. Il n’y a pas de ferme dans le village, car c’est un pays de petite culture qui compte 12.000 parcelles sur une étendue de 800 ha. Chaque cultivateur possède, un, deux ou trois chevaux.

En 1930, notre village compte 742 habitants dont 233 électeurs, 12 abonnés au téléphone et 8 cultivateurs.

Les ‘ravetons’savent s’amuser : de 1806 à 1900, tous les 20 janvier, les archers fêtent St Sébastien, leur St patron.

Varreddes ayant  quelques vignes, jusqu’en 1840, le 22 janvier on fêtait la St Vincent, le St patron des vignerons. Les vignerons accrochaient des raisins à la statue du saint.

Les feux de la St Jean ont été allumés jusqu’en 1900.

La fête communale avait lieu tous les ans à l’Ascension, mais il est noté dans l’annuaire de Seine et Marne de 1890, que deux fêtes patronales : St Arnoul le 18 juillet  et l’Ascension.

Le 1er mai, on plante au milieu du village un arbre (un mai), décoré d’une couronne de fleur, autour duquel toute la population vient danser.

Un privilège pour les ‘Ravetons’, à la fête du village voisin, Etrépilly, ils avaient pratiquement l’exclusivité de faire danser les filles du pays.

Le mardi gras était une  fête très importante à l’époque, où tous les jeunes et moins  jeunes se retrouvaient masqués.

Les masques empruntaient un âne et sa voiture sur laquelle ils faisaient des crêpes. Derrière la voiture se formait un cortège au son d’un charivari de tambours, clochettes, grelots, instruments de musique, casseroles et couvercles de lessiveuses. Cet escorte se rendait à Meaux et tout au long du chemin, surtout aux carrefours, les déguisés offraient leurs crêpes et faisaient danser les femmes.

Malgré ces réjouissances, les Ravetons respectaient le plus scrupuleusement possible l’ordonnance royale du 6 novembre 1720, qui interdisait le port d’armes et de bâtons aux travestis, de même il était interdit le port du masque après la chute du jour.

Cette ordonnance était toujours en application en 1836.

Il était également interdit pour les personnes travesties d’insulter les passants, de s’introduire de force dans les maisons ou chez les commerçants et … les autres personnes déguisées.

Un arrêté préfectoral de 1853 interdit la circulation sur la voie publique de tout individu masqué ou travesti le mercredi des cendres après 8h du matin, ainsi que de promener ce jour des mannequins avant de les bruler.

Sources: archives munic. bibliothèque munic.

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16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 21:00

champ de chanvre

 Champ de chanvre route de Lizy

 Au XIXe siècle, beaucoup d'habitants de Varreddes cultivent le chanvre. Ils devaient d’ailleurs le cultiver bien avant puisque le chanvre était déjà connu des Gaulois. Ils le nomment ‘reburnos’, qui serait à l’origine du mot  burnou : vêtement souple.

En Brie,  chanvre était du genre féminin : la chanvre.

Début mai, à la houe le paysan trace un sillon. La terre plombée par le fer de la houe présente une surface unie sur laquelle les graines tombent toutes à une égale profondeur.

Il ‘lève’ rapidement début juin. Les premières pousses, surnommées ‘menottes’ (elles ont l’allure de petites mains), sortent de terre.

Avec peu d’entretien, trois mois plus tard le chanvre atteint de trois à cinq mètres de haut.

Chanvre (3)

Les pieds sont de sexes séparés (plante dioïque), d'où le nom de canna bis.

Les pieds mâles, matures avant les pieds femelles, produisent des nuages de pollen qui fécondent les pieds femelles qui produiront des graines : le chènevis.

Deuxième quinzaine d’août, la récolte peut commencer lorsque la couleur des tiges devient  jaunâtre.   Les tiges femelles étaient tirées.

Une fois coupé, trié de ses graines, le chanvre était lié par des brins de seigle ou de roseaux torsadés pour former des "poignées".

Mais avant de pouvoir être tissé, le chanvre doit subir toute une préparation.

La première est le ‘rouisssage’. Une fois les poignées réalisées, couchées sur du seigle et chargées de pierres, le paysan  les met dans l’eau d’un ru ou d’une marre pour que les fibres se détachent. Après quelques jours, le chanvre est retiré de l’eau et mis en ‘tourettes’, puis disposé sur le sol pour le séchage, ce qui lui permet de devenir léger comme la paille.

La seconde est le ‘broyage’ : on le broye sous la « braie » et on le peigne au ‘seran’ qui sépare ce qui peut être filé au rouet et l'étoupe qui ne pourra pas l’être.

Nouée en poupées blondes (queue de chanvre),  la filasse ira garnir les quenouilles des fileuses, qui, au ‘touron’,  vont tresser des fils réguliers que les tisserands croiseront en une toile (presque) inusable.

Au XVIIIe siècle, ce travail préliminaire du chanvre était effectué à la main par les agriculteurs durant les veillées. C’était avant tout les femmes qui filaient.

Il faut différencier cette production familiale de l'activité des tisserands. La filasse livrée permettait la réalisation de draps, torchons, vêtements, cordage de marine,…

Bon nombre d'entre eux recevaient le fil d'un marchand-lissier qui récupérait ensuite la toile de chanvre pour la vendre en France et à l'étranger, ramenant en échange épices ou produits divers.

Aujourd’hui toutes ses opérations sont mécanisées.

Rien n’est perdu dans le chanvre, il donne ses fibres (issue de la partie périphérique de la tige) pour faire des étoffes, ses graines (le chènevis) pour l’huile, pour nourrir les oiseaux ou amorces pour la pêche, et ses sommités florales pour le hachich (résine issue du chanvre femelle).

Chanvre (2)

La tige centrale, dépourvue de son écorce (la chènevotte) sert à la fabrication de litières absorbantes pour animaux et également comme matériau isolant en construction. Au potager, séchée et concassée, elle constitue un ‘mulch’ qui bloque les limaces.

Au XXe siècle, la culture du chanvre fut délaissée, mais depuis deux, trois ans des essais de culture  reprennent.

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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 17:38

Elle est sauvée !! 

Oh, ce n’est pas la Vénus de Milo, c’est toutefois le souvenir du travail des tailleurs de pierres, celui du sculpteur, celui de la foi des hommes du XIVe siècle.

Cette statue d’Évêque, taillée dans le calcaire, haute de 1,30 m sur son socle de 0,30 m est le plus ancien témoignage sculpté de St Arnoul (sans D, ni T), premier patron de l’église de Varreddes.

Statue

Le Père  Henri Dubois, curé de Varreddes, chercheur infatigable, nous a laissé le monument considérable de ses écrits, manuscrits et imprimés, dont les recherches sur St Arnoul. C’est en partie grâce à cette statue  qu’il put identifier le Saint patron de la paroisse. 

La mitre est de hauteur moyenne. Le visage est imberbe. Exposé depuis longtemps aux intempéries, nez et mains n’existent plus. Elle porte l’ample chasuble du moyen-âge, retroussée en larges plis sur les avant-bras. Le bas de l’aube et les pieds n’ont jamais été sculptés et sont restés dans leur épannelage. La tradition locale veut qu’elle ait orné jadis le pignon ouest de l’église démoli en 1878 et remplacé par le pignon actuel. Mais jugée trop fruste pour trouver place sur le pignon neuf, elle a été reléguée dans le jardin du presbytère.

Le jardin venant d’être vendu, les paroissiens craignaient qu’elle soit transformée en gravats destinés à combler les ornières des chemins ruraux, comme cela a déjà eu lieu dans d’autres communes.

Heureusement avant que les engins ne rasent le terrain, elle a put être sauvée de la destruction et Transférée dans l’église paroissiale.

Le père Dubois écrivait : si elle a  perdu en beauté d’origine, elle garde aux yeux des Varreddois valeur de souvenir, et mérite d’être conservée. Son vœu a été exaucé.

Né à Lille en 1872, ordonné prêtre en 1899, curé de Montgé, puis de Varreddes et Germigny de 1920à 1963, le père Dubois, s’était attiré, dès son installation, la sympathie et le respect de ses paroissiens. Homme de caractère et d’une dignité exemplaire, il cachait une bonté sans limites, autant que sa modestie extrême, un immense savoir. Tour à tour historien, archéologue, traducteur de textes anciens, c’était aussi un latiniste très consulté qui connaissait par cœur ses auteurs et s’exprimait toujours dans un style remarquablement clair et précis.

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11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 21:15

Route de Meaux

 Une vigne sur une maison (coll. privée J.M. Moreau)

 

Jusqu’à la fin du XIXe. Siècle, Varreddes, comme toute la région de la Brie, avait sur son territoire, et ce depuis un temps immémorial de la vigne.

Sur les 4616 articles du ‘Terrier’ de 1618, une bonne moitié concerne les vignes : 3.200 perches, soit 320 arpents, environ 105 hectares !

 Avec une telle surface, on comprend que St Vincent, patron des vignerons, deuxième patron paroissial, ait tenu une si grande place dans la dévotion varreddoise.

 En moyenne chaque vigneron (c’était le nom des petits paysans), avait une cinquantaine de perches de ceps en quinconces au nombre de 100 par are.

 Le vin de Brie, en général, était de qualité assez médiocre :

 -          Ils sont bons comme les vins de Provins

 -          Quant on les faits venir de loin ! (proverbe briard)

  L’assemblée des baillages déclara en octobre 1788 : «… à cause de sa dureté, il est bon à être converti en vinaigre… ».

 Cette mauvaise qualité est à l’origine de la vinaigrerie de Coulommiers (délibération du conseil général 1801).

 En réalité, le vin de Brie avait cette acidité à cause du manque de chaleur. Ainsi en 1852, année des gelées tardives, les vignerons avaient récolté à peine une hottée par demi-quartier.

 Il se disait que pour boire le vin de Brie, et par conséquent celui de Varreddes, il fallait être trois : un volontaire pour le boire, un qui le tenait et le troisième qui le faisait boire de force !!

 Dans la première moitié du XIXe siècle, le plant ‘Meunier » ou ‘plant de Brie’ était le plus répandu, de maturité précoce. Son nom provient du fait de la poussière blanche (comme de la farine) qui recouvrait ses feuilles. Il donnait un vin plat, de peu de garde et de couleur, mais il était … robuste !

 Il existait un deuxième plant : le ‘Gouas’ ou ‘Gouais’, une variété dont l’origine semble être le village de Gouix, cépage très répandu dans le nord de la France, car de maturité tardive.

 Au milieu des années 1860, dans les vignobles, apparait un puceron de couleur jaunâtre qui se fixe sur le cep et suce la sève du pied de vigne : le phylloxera

 Dans l’histoire de l’agriculture, jamais on avait vu une espèce végétale subir si rapidement une destruction aussi complète. En à peine trente ans, toutes les vignes de France subirent les conséquences de ce puceron.

 Ce puceron apparait en Ile de France pour la première fois en 1881 à Château-Landon.

 Après le passage de cet insecte, il ne reste plus qu’une souche de la vigne. 

 Les Varreddois, subirent ce fléau, ils  déterrent les vignes, dont la valeur comme bois de chauffage ne paie même pas les frais d’arrachage.

 Les nouveaux moyens de transports (le chemin de fer en particulier), permettent  l’arrivée des vins du midi de meilleur qualité et moins chères, ajouté les gelées tardives assez fréquentes en Brie et conjugués au désastre du phylloxera ont fait sonné le glas de la vigne en Brie. Malgré des essais de nouveaux plants américains : l’Othello (rouge) et Noah (blanc), la vigne est en déclin et peu à peu disparait.

 Depuis quelques décennies toute fois on recommence la plantation du Vignole (Coulommiers), peut-être qu’un jour Varreddes retrouvera sa vigne.

 

 

 

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