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  • : Du romain au grégorien, parcourez l'histoire des calendriers. Le brie de Meaux et la Confrérie. Varreddes mon village.
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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 21:40

oseille

Publicité dans les années 1930

Depuis des temps immémoriaux, on cultivait dans la région la carotte de Meaux et de Chambry.

A Chambry, « Tout le village ‘faisait’ de la carotte, sauf le curé et le maître d’école ». C’était en fait les femmes… La majeure partie de la production était livrée à Meaux à l’usine Prévet,  route de Senlis, qui faisait des conserves, des juliennes desséchées, des légumes et fruits comprimés, des farines de légumes.

Cette « Fabrique de légumes secs » fondée en 1848 sous le nom de Compagnie française d’alimentation, fut exploitée jusqu’en 1854 époque ou elle fut vendue à la Société Chollet et Cie. En 1876 la Société Charles Prévet et Cie en devint propriétaire jusqu’aux années 1930 où elle disparu.

A Varreddes ont cultivait également la carotte, mais vers la fin du XIXème siècle, sans doute en rapport avec cette conserverie de légumes et aussi avec l’industrie condimentaire de Meaux (moutarde et cornichon), Victor Clairet établit à Varreddes une fabrique d’oseille en conserve, qui fut reprise par la suite par son petit-fils Monsieur Guilloux.

L’oseille était cultivée sur le plateau et sur les terrains situés dans l’anse limitée par le canal de l’Ourcq et de la Marne au lieu dit « la vallée ». soit environ une trentaine d’hectares.

La variété récoltée est l’oseille de Belleville à large feuille.

Du printemps à l’automne, 50 à 60 femmes sont occupées à la cueillette. L’épluchage est effectué dans le champ même. Les feuilles sont aussitôt apportées à l’usine, route de …. (Aujourd’hui rue Victor Clairet).

  usine oseille

A gauche, la conserverie d'oseilles.

(Collection privée JM. Moreau)

L’usine employait jusqu’à trente personnes au moment des récoltes, gardait une dizaine d’ouvriers toute l’année. Elle fonctionnait avec 25 chevaux dont 8 actionnaient les laveurs et séparateurs de la fibre et de la partie comestible. L’eau de l’usine était fournie par un puits artésien.

Les feuilles une fois dénervurées étaient ébouillantées, mises dans des boites de fer-blanc doublées de lamelles de bois (ce doublage évitait l’action acidifiante de l’oseille sur le métal). Les boites remplies étaient serties et stérilisées pendant une heure et demie.

Elles étaient également mises en conserve ou en fût, petit tonnelet de 25 kg, puis chargées sur les flûtes à la gare d’eau du village.

« L’oseille de Varreddes va sous cette forme dans le monde entier, surtout à bord des navires où elle remplace les légumes frais » (1)

 Marc Rousseaux, dans son récit ‘La dernière carotte’ édition Presses du Village (1984), parle ainsi de l’oseille de Varreddes (p. 103-104) «A la saison de l’oseille, un jus vert, résidu de la petite industrie, coulait dans les caniveaux du pays.

M. le maire, qui a aujourd’hui donné son nom à une rue du village (Rue Victor Clairet), avait octroyé une rente à vie à vieux bonhomme.

Celui-ci avait, en effet ‘inventé’ une boite de conserves originale, qui permettait d’y enfermer de l’oseille sans que l’acidité de la plante ne puisse attaquer le fer blanc. L’ouvrier  ingénieux en avait garni soigneusement l’intérieur d’une feuille de bois blanc (peuplier ou autre), qui faisait écran au suc ravageur.

Ce vieil homme portait le curieux surnom de ‘Père 4’ ; et ce tout simplement parce que ses parents l’avaient joyeusement baptisé Napoléon… La logique rurale de l’entourage avait fait son œuvre, il y avait eu Napoléon Ier, Napoléon III ; le quatrième habitait à Varreddes et il était empereur… de la boite à conserver l’oseille !

Atteinte par l’Altise (insecte ravageur), une partie des cultures est déplacée vers les terres sableuses de Monthyon.

En 1925, Monsieur Guilloux cède son affaire à Monsieur Chauveau jusqu’à la liquidation de l’activité en 1938.

L’oseille de Varreddes était vendue en boutique rue Rambuteau à Paris.

(1) op.cit. p207-209 actes notariés de 1925, 1930 de Me Roeltgen, notaire à Varreddes.

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21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 14:25

Chercheur infatigable sur l’histoire du village, le Père Henri Dubois, curé de Varreddes (1923-1963) a retrouvé dans les archives de la commune le terrier de 1618.

Terrier 01

Afin que chacun puisse consulter cet ouvrage il a entièrement recopié ce document de plus de 500 pages !

 

terrier 2

Le Terrier de la paroisse de 1618 se présente sous la forme d’un registre de 40 x 26 cm et d’une épaisseur de 10 cm.

Sur la page de garde, le Père H. Dubois note :

Terrier 3

Ce registre est un fac-similé fidèle au terrier de la paroisse de Varreddes rédigé du 18 avril au 29 septembre 1618 par Pierre Laurens arpenteur à Ussy sur Marnen et Claude Laurens arpenteur à Meaux – signé par eux le 12 janvier 1619.

La pagination, les intitulés, les noms des propriétaires ou des occupants, la désignation des tenants et aboutissants, les lieux-dits, les contenances, les retours à la ligne, l’ordre des majuscules et des minuscules du texte ; les chiffes Romains et Arabes, le numérotage des héritages et pièces de terre, les espaces en blanc, les abréviations, ont été reproduits dans cette transcription.

J’en certifie l’exactitude. Elle peut faire foi autant que l’original conservé aux archives communales de Varreddes.

Varreddes le 15 avril 1930

H. Dubois

Curé de Varreddes

NB. Les folios 437-438-439-44 (rectos & versos) sont restés en blanc. HD

 Terrier 5

Le fac-similé, recopie du terrier original est en 4 parties :

-          de la page i à iiiiCxxxVi (1 à 436) recensement des terres, vignes, habitations, etc, par lieu-dit

-          de la page iiiCxxxVii à iiiixL  (pages blanches)

-          de la page iiiixxxxi à Vcxxxii  Alphabet du mesurage du terrier de Varreddes des Noms & surnoms des détenteurs et de leurs héritages déclarés au mesurage général

Terrier 6

-          4ème partie : La table alphabétique par nom de famille (cette table n’existe pas dans l’original)

terrier 4

Les pages sont numérotées en chiffres Romains  de i à Vcxxxii ; les cotes en chiffres Arabes de 1 à 4616 et se termine par « Tout lequel presnt proces verbal et mesurage nous arpenteurs subznommez Cerifions contenir en toute véerite et avoir pour nous este faiet a la mesure devanr declarez. Et se suivant les monstres tenans et abourissans nous faietes dictes et monstres  par tous les susnomez en nostre proces verbal cy devant transcript aux premier et second feuilet du pnt proces verbal les an et jours declarez / en tesmoing decoy nous avons signe ces presentes le douziesme jour de janvier milsix cent dix neuf

terrier 7

(Signé) P. Laurens (avec paraphe)    (signé) C. Laurens avec paraphe)

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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 22:23

 les Promis 

Couple Briard fin XIXe

Noël approche, un peu de détente avec cette histoire amusante de sort a été rapportée par une Ravetonne de souche, à qui, la victime d’un ‘j’teux d’sorts’ l’avait racontée au début du siècle dernier.

Les faits se déroulent entre les villages de Varreddes et d’Etrepilly, aux alentours de 1860.

 A cette époque habitait dans la Petite-Rue un « rouquin » pas bien beau mais très gentil. Il avait pour sobriquet le curieux nom de Paraîné.

Ce Paraîné fréquentait une jeune fille d’Etrepilly. Seul obstacle à leur bonheur : le père du « rouquin » était contre cette union.

 L’usage voulait qu’on échangeât entre village les graines de carottes, pour éviter que les souches et les races s’appauvrissent.

Notons au passage que la culture de ces carottes était prépondérante dans l’économie du petit village de Varreddes… Elles ont, avec les navets, les radis noirs et autres raves (racines), contribué à donner leur nom aux habitants de ce village : les Ravetons.

 Ainsi donc, un beau jour, le père de Paraîné l’envoya à Etrepilly échanger des graines chez un sorcier …, espérant bien qui allait lui jeter un sort.

« J’écout’mo père, racontait Paraîné. Et j’va à Etrepilly »

En cours de route, il fit ce qu’il avait à faire avec sa bonne amie ; puis se rendit chez l’homme en question. Ils échangèrent les sacs de graine.

 A la nuit tombante, Paraîné redescendait la côte qui mène à Varreddes. Il marchait paisiblement, portant, en bon fils de paysans qu’il était, une culotte de gros velours, un « gilet noué », veste traditionnelle de coutil, et des sabots de grisard bourrés de paille, dont la route résonnait à chaque pas, lorsque :

« D’un coup, j’entends un bruit du ‘diab’ que feuraillait derrière mouè !

E’ j’’ me sont r’tourné, un tonnieau roulait derrière moè.

J’ m’è sont mis à courrir, el tonnieau courait.

J’ralentis, el tonnieau ralentit.

Pu que j’courrais, pu qu’el tonnieau courrait derrière moè. »

 Parvenu en bas de la côte, le « rouquin », de plus en plus effrayé, s’emmancha dans le premier chemin venu, celui de la Couture-l’Evêque, perpendiculaire à la route ; là où la pente s’estompe  puis disparaît.

« J’prends la coutre, el tonnieau filait toujours derrière moè.»

Le tonneau aux fesses,  Paraîné courrait, courrait de toutes ses jambes de vingt ans. Il traversa par les chemins la moitié du village pour arriver chez lui.

 Devant la porte de son  père, il frappa de toutes ses forces :

« Mô père, mô père, ouvrez moé (on disait vous à ses parents à l’époque), y’a l’tonnieau qu’è là derrière moé, y’a l’tonnieau qui court là derrière moè.»

Le père souleva puis tira le gros verrou qui fermait la porte « débascula[i] » le loquet et ouvrit.

Paraîné entra et il refermère la porte.

Pour sûr on lui avait jeté un sort.

Paraîné est mort à quatre-vingt ans, et qu’on sache, il n’est plus retourné à Etrepilly.

 Source : Bergers de Brie, Sorciers de Brie aux presses du Villages (1991), avec la collaboration de Marc Rousseau

 



[i] En raveton dans le texte

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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 22:09

 Au XVIIe siècle la France était perpétuellement en guerre.

1638.jpg

Gravure anonyme 'telle dut être la prise de varreddes'

Les troupes des princes sillonnèrent la Brie à diverses reprises, et au mois de mars 1632, douze cents soldats du roi commandés par le sieur de Vaubecourt pillèrent Varreddes, maltraitèrent les habitants pour en tirer de l’argent.

Après trois jours de pillage, ils partirent en emmenant dix chevaux et quatre vaches.

Sous le ministère de Colbert, l’ingénieur Pierre-Paul Riquet, créateur du canal du Midi, eut pour mission d’entreprendre le creusement d’un canal destiné à conduire à Paris les eaux de la rivière d’Ourcq.

Pierre-Paul-Riquet.jpg

En 1676, avec son gendre Jacques de Mance, Riquet commençât les travaux entre Lizy et Meaux, mais à sa mort en 1682 (6 mois avant l'ouverture totale de son grand œuvre, le canal du Midi), les travaux furent abandonnés.

Le tracé de son canal de l'Ourcq était plus bas que l'actuel. Il conservait la majeure partie de la rivière déjà canalisée (de La Ferté-Milon à Lizy) et partait de Lizy pour rejoindre Paris du côté de l'actuelle place de la Nation.

On retrouve des traces de creusement du lit primitif entrepris par Riquet, sur les territoires de Congis, Varreddes et Poincy.

canal.jpg

Fragment carte de cassini ' en encadré, traces de creusement  du lit primitif'

Lors des travaux de ce premier canal de l’Ourcq, des cercueils de plomb furent retrouvés sur la voie blanche en 1677.

On connait ce détail par les manuscrits de Pierre Janvier, curé de St Thibaut à Meaux au XVIIe siècle. Envers de prosodie, il a composé une ‘Ode sur les grottes et fontaines de Germigny-l’Evesque sur la rivière de Marne’. La huitième strophe fait mention des travaux du canal de l’Ourcq à Varreddes :

            Mais à propos de ce beau lieu

            De Varreddes mis en risme (rime)

Où passe canal depuis peu

            D’Ourques, qui en fera un isthme

            Ainsi que la ville de Meaux

            Qui sont de fort jolis travaux

            Entrepris par Riquet et Manse

            Depuis Gesvres jusqu’à Paris

Qui frayent à forte dépense

Dont chacun sera surpris.

 En marge son auteur note : « Jeudi 4 février 1677, comme on fouillait à Varreddes, près la voye blanche, on y trouva quatre cercueils dans la terre, d’une belle grandeur.

« Il fallait qu’il y eut longtemps que cel fut en ce lieu, du temps peut estre des Romains, car il enterroient leurs morts proche les grands chemeins ainsy qu’il sè voit au Martyrologue Romains : via appia, via salaria, et a Varreddes : via alba, ou les anciens gaulois enterrés en ce lieu avant que Saint Sainctin, notre premier Evesque de Meaux, eut apporté la foi en ce pays ». (Biblio. Communale de Meaux, janvier, Tome VI, page 252)

 Y aurait-il eu jadis quelques agglomérations aux environ de la voie blanche ?

On le prétend au sujet du premier lieu situé sur la route de Varreddes à Barcy –villeperdue- aujourd’hui désert.

On dit aussi d’un autre endroit situé dans la « Grève » près de la Marne où la brèche, à peu de profondeur, des vestiges de fondations.

Il n’est pas impossible que la Voie Blache ait été habité il y a de longs siècles.

 Le canal de l’Ourcq ne sera réellement exécuté qu’au XIXe siècle d’après des plans nouveaux.

Pierre-Paul Riquet a été anobli Baron de Bonrepos par Louis XIV. Il était de la même famille d'origine italienne (les Arriguetti) que Mirabeau (Gabriel Honoré de Riquetti).

Nous reparlerons du canal de l’Ourcq prochainement.

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23 novembre 2010 2 23 /11 /novembre /2010 21:11

Le blason de la commune

ecusson

L’écusson de Varreddes

 Dans les années 80, le Conseil Municipal souhaite que Varreddes se dote d’un écusson. Un concours est lancé au niveau des administrés.

Parmi les nombreux dessins, c’est celui d’un jeune adolescent qui est retenu :

Sur fond or, rappelant les couleurs d’automne, un ‘V’ majuscule rouge, avec sur la branche de gauche une ‘rave’ rappelant que les ravetons cultivaient des raves. Sur la branche droite du ‘V’ une grappe de raisin, rappelant que Varreddes exploitait des vignes.

Au dessus, sous le nom de la commune écrit en demi-cercle, la croix de guerre 14-18, décernée à la commune en hommage aux souffrances subites par les villageois au cours des combats de la bataille de l’Ourcq en septembre 1914.

Quant à la vague bleue entrelacée dans les branches du ‘V’, elle rappelle que notre bourgade est enveloppée de part et d’autre par le canal de l’Ourcq, faisant un boucle de l’est à l’ouest et la rivière Marne fermant cette boucle au sud.

Un blason réussi.  

 commune

 

Origine de Raveton

 De temps immémorial, chaque village avait plus ou moins une culture privilégiée (Chambry pour la carotte), Varreddes pour les raves.

Les gaulois cultivaient déjà ce légume (le plus gros), pour leur nourriture et celle de leurs bêtes, ce n’était donc pas nouveau à Varreddes au XVe siècle, d’où la légende d’un brave laboureur de Varreddes qui aurait offert une énorme rave au bon roi Henri IV, qui traversait alors le village. Depuis les villageois sont devenus Raveton.

 Une autre légende, selon l’Abbé Dubois, raconte qu’au  temps d’Henri IV, Sully organisait une fois par an, sur les marches de la cathédrale de Meaux le concours du plus beau légume de la région de Meaux, avec pour premier prix un cheval.

Chaque village devait présenter un seul légume.

A l’occasion de l’un de ces concours, les habitants de Varreddes ne s’étant pas mis d’accord sur le plus beau des légumes à présenter,  plusieurs Varreddois présentèrent leurs propres légumes.

Sully très en colère leur déclara : rave, raveton partez !

‘Ben, v’là aut’chose ! Tertous on est Ravetons,

Allez pas nous faire endêver, tas de bacailleux !!!’

Et en plus, ils ont parlé à eux, les Ravetons…

Depuis la tradition perdure, les habitants de Varreddes sont des Ravetons, même si officiellement ce sont des Varreddois !

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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 17:17

briconnet.jpg  Guillaume Briçonnet

Lorsque le pays se trouva délivré de l’étranger, peut à peut il reprit vie, et c’est à ce moment là que se construisit une chaussée pavée de Varreddes à Meaux.

Les archives de l’époque indiquent la trace de deux fermes de l’Evêché  et du Chapitre comprenant ensemble 150 arpents et des fiefs particuliers qui ont existé dans la localité.

(Au Moyen Âge, un  fief était la terre (domaine) qu’un vassal tenait de son seigneur, en oàéchange duquel il devait accomplir les services et redevances dûs à celui-ci.)

Ces fiefs étaient au moins au nombre de sept,  dont certains étaient très anciens. Celui de Fontaine, par exemple, appartenait depuis longtemps aux religieuses de fontaine-les-Nonnes, de l’ordre de Frontevrault, fondé en 1124 dans la paroisse de Douy-la-ramée.

Au XVIème siècle il y avait :

Le fief de fontaine, s’étendant sur Chambry d’une part, sur Etrépilly de l’autre, ne consistait à Varreddes qu’en justice, censives (redevances dûes au seigneur du fief), dimes, avec en plus une rente de 7 livres à prendre sur la seigneurie principale.

Le fief de Brianval, relevant de l’évêché, avec un petit manoir dont les derniers bâtiments ont disparu de nos jours. Il a été possédé tour à tour au XVIIème siècle par la famille Cousinet, par des Yveteaux et Dupuis, puis par le couvent de Notre-Dame de Meaux.

Le fief d’Acquery, au chapitre de Meaux et relevant du fief du Jardin.

Le fief du Jardin, petit domaine avec maison manable en la rue du Four, relevant de l’Evêque et provenant de Jeanne de Chambly, qui vivait à la fin du XVème siècle.

Ce fief a appartenu à la famille de Hecques au commencement du siècle suivant ; en 1532, on le saisit sur jean de Hecques, écuyer, alors aux droits d’Emery de Hecques, qualifié seigneur de Varreddes (en partie) et du Chaudron (à Armentières), et de Margueritte de Boullard, sa femme.

Ce M. Emery était le fils de Jeanne de Chambly.

A l’adjudication sur saisie de 1532, le Chapitre de Meaux s’était rendu acquéreur de ce fief moyennant 1.400 livres, mais l’évêque Guillaume  Briçonnet en opéra le retrait féodal, puis le légua par testament au grand Hôtel-Dieu de Meaux. Jean de Buz (évêque de Meaux de 1535 à 1552) accorda l’amortissement des terres pour obtenir en échange l’abandon des droits seigneuriaux contestés sur Trilport et Brunoy.

Peu de temps avant la Révolution, l’Hôtel-Dieu cédait encore à l’évêché la directe du même fief, des cens, des lods (doit féodal : droit perçu par le seigneur lors d’un changement de propriétaire autre que l’héritage en ligne directe) et ventes, en échange de 6 arpents de bien-fonds à Varreddes.

Le fief de la Couture, de 50 arpents relevant de l’évêque a appartenu à la famille Du Moulin.

En 1629, il était passé pour moitié à Margueritte Dupuis, femme de Jean de Vaudetar, et pour l’autre moitié à Cousinet de Boisroger, maître des comptes.

statuts.jpg

Recueil d'ordonnances synodales comprenant 35 articles, prises

le 16 août 1691, à l'issue d'un des synodes présidés par Bossuet (Bibl. mun. Meaux)

En 1690, c’était (toujours divisée par moitié) la propriété de la veuve Pierre de la cour, née Elisabeth Cousinet, et de l’Hôtel-Dieu de Reims.

Le sixième fief était le fief de Regnault d’Acy, appartenant au Chapitre de la cathédrale.

Quant au fief-ferme de Chambry, rue de l’Estache ou de l’Echelle, ayant appartenu, au XVème siècle, à Jeanne de Chambly ; acquis en 1665, sur saisie, de la succession Lefranc, par l’Hôtel-Dieu de Meaux.

Le prix en fut payé au moyen d’un legs de M. de Bullion, abbé de St Faron.

En dehors de ces petits domaines particuliers, se trouvait un lot de terres recueillies par l’Evêché à titre d’épaves ou confiscations, et qu’on aliéna en 1569.

Pendant une certaine période, les baux en furent consentis par le chevalier d’Amboise, par sa veuve Margueritte Cousinet, puis par René de bailleul, seigneur du Tremblay, marié à la demoiselle Cousinet ; puis en 1635, la mense (revenu ecclésiastique affecté à un membre du clergé –depuis l’époque carolingienne) épiscopale rentra en possession de ces épaves

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16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 20:02

St Arnoul, (…533) premier patron de l’église de Varreddes.

Dans l’histoire du Duché de Valois (1764), l’auteur, Carlier, mentionne: l’Eglise fait mémoire de trois St Arnoul : le premier, évêque de Metz ; le second, évêque de Soissons et le troisième, évêque de Tours.

On ne sait à quelle époque Varreddes  a choisi St Arnoul comme premier patron. Le plus ancien témoignage sculpté, date du XIVème s.  C’est une statue d’Evêque taillée dans le calcaire.

Arnoul statue

Statue de St Arnoul en calcaire

Quant au plus ancien témoignage écrit, il date de 1480 et se trouve sur la pierre tombale de Thibault.

Cette  dalle funéraire  gravée en caractères gothiques est en partie assez bien conservé, en partie très frustre, nous apprend : Qu’avant d’entrer dans les ordres, cet ecclésiastique avait été marié. Que du vivant de sa femme, Jeanne, il avait fait dans l’église de Varreddes, la fondation d’une messe hebdomadaire, d’un ‘de profundis’ sur sa sépulture et d’une recommandation aux prières du prône chaque dimanche.

(Traduction de la pierre tombale de Thibault, effectuée par l’Abbé Henri Dubois).

 Le St Arnoul qui intéresse la paroisse de Varreddes est St Arnoul de Tours.

« Issu d’une antique et distinguée famille franque, Arnoul fut élevé sur les fonts du Baptême par St Remi. Formé par lui à la vertu et à la piété, il entra sous ses auspices dans les bonnes grâces du Roi Clovis. Sur les instances de ce dernier, il épousa une jeune fille de qualité, Scariberge.

« Mais tous deux, par pieuse convention, firent vœu de chasteté.

« St Arnoul fit le pèlerinage aux sanctuaires des St Apôtres, et en chemin rappela deux morts à la vie, l’un en France, l’autre à Ravenne.

« Il vint ensuite à Tours pour vénérer le tombeau de St Martin qui venait de mourir. Il fut élu, et malgré lui, il dut prendre en main le gouvernement de cette église. Mais après une année et demie, lassé moins par la charge que par les honneurs, il décida de reprendre ses pérégrinations.

«  A la nouvelle de la mort de St Remi, désireux de vénérer son tombeau, il gagna Reims. Là il donna à son épouse le voile des vierges et la consacra au Christ.

«  Sur quoi, les proches de la vierge Scariberge, dans leur fureur impie, mirent à mort le serviteur de Dieu près du tombeau de St Remi : le Pontife périt donc martyre de la religion et de la chasteté.

«  En mourant il avait demandé à son épouse de faire transporter son corps à Tours. Comme la pieuse femme s’acquittait de cette mission, voilà qu’à mi-chemin la sainte dépouille, par permission divine, demeura inamovible au lieudit la forêt d’Yvelines, dans la région de Versailles, maintenant appelée St Arnoul, du nom du saint. Il y fut dignement inhumé, et la puissance divine l’y rendit célèbre.

«  Quant à Scariberge, elle se fit là,  édifier une cellule et embrassa une vie de piété et de solitude, persévérant dans la perfection jusqu’à sa mort, méritant d’être heureusement réunie à son très saint époux.

«  Par la suite, les reliques du Bienheureux Evêque Martyr furent enlevées et transférées à Crépy, chef-lieu du duché de Valois.

Ce fut l’origine du monastère qui porte son nom ; elles y sont pieusement conservées, dans le diocèse de Soissons’. »

Arnoul

 Statue en bois de St Arnoul

 

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14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 21:10

Aujourd’hui, seuls deux piliers subsistent de l’époque romane. Les trois nefs mènent à un chœur pentagonal datant de la Renaissance, de même que la première travée. Les piliers supportant le clocher bordent la nef centrale. Le clocher, contreforté à chaque angle, est ouvert par d’étroites baies couplées. Un fronton triangulaire surmonte la travée centrale de la façade, délimitée par des contreforts.

Plan Eglise

Plan de l'église

1.      Les fonts baptismaux faits en pierre. La cuve offre un plan elliptique dont les bords extérieurs sont décorés d’une série d’oves sculptés.

2.      Plaques commémoratives des enfants de Varreddes morts pour la France.

3.      La porte d’entrée, ogivale, est surmontée d’une rosace quadrilobée et les deux-bas côtés sont éclairés par deux lancettes inscrites dans un arc brisé.

4.      La nef : deux périodes de construction sont décelables : le chœur muni  de clefs de voûte à pendentif date du XVIe s. , tandis que les travées occidentales dont les chapiteaux toscans ornés de godrons ou de têtes humaines sont du XVIIe s.

5.      Plaque tombale de Nicolas des Yveteaux.

6.      Plaque tombale de Pierre Thibault.

7.      Les confessionnaux semblent être du XVIIIe s. et faits sur un plan triangulaire pour être placés aux deux encoignures de l’église.

8.      Transcription de la pierre tombale de Pierre Thibault, effectuée par le Père Dubois.

9.      La chaire (XVIIe) remarquable menuiserie avec ses panneaux richement sculptés, représentant les Evangélistes assis à leur table de travail.

0.  Statue de St Vincent, en calcaire, peint ton bois.

11.  Statue de St Arnoul en bois, XVIIIe

12.  Arche d’alliance, en bois polychromique.

13.  Autel St Nicolas à ventre rebondi, sculptures et moulures sont taillées dans la masse.

14.  Maître-autel, (1894) en calcaire blanc, sculpté par un artiste belge. Le panneau de chêne où figurent des têtes d’anges, est du XVIIe s.

15.  Ce vitrail a été offert par la famille Duclos-Obron en 1892. Il représente Jésus, montrant son divin cœur sur la basilique de Montmartre, entouré de saints et saintes dont les membres de la famille donatrice portaient les noms.

16.  Autel à la Vierge Marie en calcaire blanc (1897).

 

 Le nom de Bossuet est mêlé à l’histoire de l’église de Varreddes, lors de l’installation des sœurs de charité, il prononça une homélie en chaire.

La statue de St Vincent évoque les sœurs de Charité, installées à Varreddes de 1682 à 1881.

La vierge bleue rappelle un fait de protection (1870).

pilier thibault

Reconstitution du texte de l'épitaphe du curé de Varreddes Pierre Thibault 1480, faite par le Père Dubois

Chaire

La chaire et ...

panneau chaire

panneau (dessin du Père Dubois)

Cette sculpture à permis au Père Dubois, curé de varreddes pendant 40 ans de déterminer le vrai Patron de la paroisse St Arnoul (à suivre)

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13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 19:57

Eglises Varreddes 

L’Eglise de Varreddes est dédié à  St ARNOUL (sans ‘T’ ni ‘D’), premier patron paroissial de Varreddes et St Vincent, deuxième patron.

Dans les années 860, les normands pillent  et incendie Meaux, un nouvel assaut eu lieu en 887, on pense que c’est à cette époque que l’église fût réduite en cendres.

On parle d’une première reconstruction d’église à Varreddes dès le Xe siècle.

L’édifice fut de nouveau dévasté pendant la guerre de cent ans (1337-1453) et les guerres de religions (1562-1598).

Au XIIe siècle, sous l’ancien régime, Varreddes fait parties des 4 paroisses ‘Fille de l’évêché’, le village dépend donc directement de la juridiction des évêques de Meaux.

Malgré cela on ne peut citer aucun nom de curé avant 1480 date d’arrivé de Pierre THIBAULT à qui on attribue les financements de reconstruction de l’église sur les fondations que l’écroulement du XIIe siècle n’avait pas endommagées ; la régularité du plan a donc été sauvegardée.

Nef

La nef

A la révolution, on annonce la prochaine mise en vente de l’église.

Les propriétaires du village se groupent (26 mai 1795) pour sauver leur église en utilisant un moyen aussi avisé que peut banal en ces années d’intimidations :

Invoquer les réparations faites à leurs frais, soixante ans auparavant (1730) , à une bâtisse qui conviendrait parfaitement à la tenue des assemblées générales de la commune.

Le prétexte est accepté comme raison valable, et l’édifice reste debout… Miracle d’ordre administratif !

Au XIXe siècle, l’ancienne façade ouest fut démolie (1878) est reconstruite, un escalier fut construit dans une tourelle, pour atteindre le clocher.

sceau-Vard

Sceau retrouvé lors d'une réfection au XIXe. s

En 1923, il fut question du ‘classement de l’église’ par les Beaux-arts, mais la diversité des styles, la friabilité des matériaux, la peinture des voûtes du Chœur, de la grande abside et de la Chapelle de la Sainte Vierge, le mauvais état de la toiture, etc… ne pouvaient être favorables à ce classement.

Mentionnée au XIIème s. ‘Varedae’, seul deux piliers subsistent de l’époque romane.

Les trois nefs mènent à un chœur pentagonal datant de la Renaissance, de même que la première travée.

Les piliers supportant le clocher bordent la nef centrale.

Le clocher, contreforté à chaque angle, est ouvert par d’étroites baies couplées.

Un fronton triangulaire surmonte la travée centrale de la façade, délimitée par des contreforts.

Clocher

Clocher contreforté

Entrons maintenant dans cette belle église... (a suivre)

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10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 19:45

  carte-comte-de-brie

Carte Comte de brie

Au XIVe siècle, les affranchissements continuaient. Ainsi le 10 février 1353, Thibaut de Brie (et sa femme) d’une famille venue là une quarantaine d’années auparavant, délaisse des héritages à l’église et au Chapitre de Meaux pour s’affranchir.

Ce Thibaut (ou peut-être son père) avait eu, dès 1314, des démêlés avec le seigneur-évêque au sujet de l’obligation des corvées, à laquelle il refusait de se soumettre.

En novembre 1314 un arrêt du Parlement était intervenu, et le juge local avait fait emprisonner ce débiteur récalcitrant.

Plus tard, Thibaut de Brie, devenu monnayeur, souleva d’autres difficultés à l’évêque Jean de Meulant (1334-1351) ; il l’accusa même d’avoir fait tuer deux hommes à Varreddes et donné l’ordre d’en pendre deux autres qui étaient innocents.

Comme les prétendues victimes se portaient à merveille, nous dit l’abbé Lebeuf (journal de Verdun. 1753), Thibaut fut convaincu de calomnie et condamné à :

-          40 livres d’amende envers le roi,

-          Faire amende honorable à l’évêque et présenter l’offrande du jour de la Trinité deux torches de cire, plus deux images d’argent du poids de six marcs, représentant un évêque et un homme à genoux devant lui ; ces deux statues durent rester à l’église.

Lors de la guerre de cent ans, le pays s’étant appauvri et dépeuplé, le seigneur (pour son profit) exerçait à l’occasion le droit de confiscation, et… L’occasion était fréquente.

On en trouve des exemples sous l’évêque Pierre Fresnel, et c’est  encore à propos d’une confiscation d’héritage qu’intervint, le 2 juillet 1391, une transaction avec Jacques de Flanchaucourt, écuyer.

Les évènements cependant réduisaient aussi les revenus de prélat à Varreddes.

D’après les fragments d’un compte du temporel (revenu des biens appartenant à l’église) de l’évêché, dressé une trentaine d’année plus tard, au cours de l’occupation anglaise (1425-1426), on constate la ruine de l’hôtel-Dieu et four Bannier du village, il est annoté « à l’occasion de la guerre, pauvreté et diminution du peuple ».

Il y est question de la grange (ferme), du colombier, des terre, dîmes et corvées de chevaux, amis le chapitre des recettes porte : néant.

Quelques parcelles, quelques dîmes (impôt égal au dixième des récoltes et des produits de l’élevage, versé à l’Eglise jusqu’à la Révolution française.) et champarts (impôt dû au seigneur, payé en nature,  proportionnel à la récolte, oscillant entre 1/12 et 1/6ème. Il était prélevé après la dîme due au clergé.)  seulement sont affermés, et rapportent 13 à 14 minots de grains (minot : ancienne mesure de capacité pour les matières sèches (céréales, grains, sel, etc ..) et équivalant à la moitié d’une mine 3 boisseaux, soit environ 38 dm3. La valeur du minot variait suivant les lieux et la nature des marchandises. Le minot de Paris contenait ‘un pied cube’, 34,3 dm3 (peu plus de 39 litres)).

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