Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de Pierre
  • Le blog de Pierre
  • : Du romain au grégorien, parcourez l'histoire des calendriers. Le brie de Meaux et la Confrérie. Varreddes mon village.
  • Contact

Visiteurs

Rechercher

Catégories

9 septembre 2010 4 09 /09 /septembre /2010 22:18

Dès le XIIIe siècle, Varreddes eut un Hôtel-Dieu auquel Gilles de Cuisy, chevalier, faisait au mois d’octobre 1238 un legs de 20 sols.

Cet établissement, desservi à l’origine par des religieux, eut ensuite des religieuses mais sous la direction (au moins financière) d’un administrateur, lequel avait fini au XVIIe siècle par s’emparer des deux tiers du revenu de la maison.

Bossuet remplaça l’administrateur et exigea que tous les fonds fussent appliqués au soulagement des pauvres, et dès l’année suivante, il établit là deux sœurs de charité pour soigner les pauvres malades de Varreddes et Germigny-l’Evêque ; enfin il unit son ancienne chapelle à la cure de Germigny.

L’administrateur Dominique Petit fut donc remplacé par Charles Juger, prêtre du diocèse de Lisieux, en juin 1691.Toutefois Dom Duplessis dit que le titre d’administrateur fut supprimé le 29 juin 1691 (l’ordonnance de Bossuet relative à cette suppression existerait aux archives de la mairie !!).  Charles Juger n’ayant sans doute pas accepté la fonction à laquelle il venait d’être nommé le 16 du même mois.

 

Un hospice s’est maintenu jusqu’au début du XXe siècle, ayant trois religieuses chargées des soins des malades et de faire l’école aux filles.

Une nouvelle chapelle y a été établie, dont la bénédiction eut lieu le 21 juillet 1861.

 

A la révolution, les biens possédés par l’Evêque à Varreddes, ainsi que la ferme du chapitre, ont été adjugés nationalement.

Les terres de cette ferme ont été morcelées vers 1825 ; une quinzaine d’années plus tard, celle de la ferme de l’hospice furent vendues à leur tour.

 

Par tradition orale, on sait que cet établissement de charité était une ferme située Grande Route de Meaux à la Ferté-Milon (actuellement rue Victor Clairet (coté village) à l’endroit où commence le sentier dit du ‘Costeret’.

On le sait encore d’une façon plus concrète par des documents écrits, en particulier par un procès-verbal de mesurage dressé en 1815, par Pierre Manche, arpenteur (arch. comm).

 

L’ensemble du plan donne à entendre qu’avant la création de la route de Meaux à la Ferté-Milon et du sentier du Cotteret, toutes ces pièces n’en faisaient vraisemblablement qu’une.

Plan:

 

hotel-Dieu      1)      Porte charretière et pour piétons (sur grande rue).

2)      La cour.

3)      A gauche, le verger.

4)      Entre-cour et verger, un mur démoli vers 1925, mais dont les fondations sont encore visibles.

5)      Le puits (encore existant)

6)      Les bâtiments

7)      Au fond de la cour, la porte du potager.

8)      Le potager (derrière les bâtiments)

9)      Le sentier du Cotteret

10)  La pièce à chanvre (n° du procès-verbal)

11)  De l’autre coté du chemin du Cotteret, une pièce à chanvre (n° 3 du procès-verbal)

12)  De l’autre coté de la rue, la pièce n°4 du procès-verbal)

 

La tradition a retenu de la fondation de l’hôtel-Dieu qu’elle fut un geste de bienfaisance épiscopale.

Le proverbe en honneur au moyen-âge se vérifie bien dans notre village : il fait bon vivre sous la crosse.

Repost 0
Published by Pierre - dans Varreddes
commenter cet article
15 août 2010 7 15 /08 /août /2010 20:00

Cath Meaux

  Cathédrale-Basilique St Etienne

Si Meaux a une si belle cathédrale, c’est grâce aux pierres des carrières de Varreddes.

Une charte de l’an 1263, transcrite dans le cartulaire de Meaux (bibl. municipale), de laquelle il résulte que Aleaume de Cuisy,  évêque, concède au chapitre de son église, le droit dans la carrière qu’il a achetée de Pierre de Varreddes, Fournier « A Petro de Veredes, fournario » et Héloïse sa femme, située au territoire de Varreddes, proche de la croix érigée par Pierre, de bonne mémoire, jadis évêque de Meaux.

Il y est dit que le Chapitre pourra en extraire les pierres nécessaires à l’œuvre de l’église de Meaux, c’est-à-dire à sa construction, jusqu’à son achèvement.

De son coté le chapitre s’engagera de payer annuellement une rente à la fabrique et de célébrer certains offices.

Cette charte est intéressante, en ce sens qu’elle prouve que la construction de la cathédrale commencée depuis un siècle environ et qui continua postérieurement à l’année 1623, était en pleine activité à cette époque.

D’un autre coté, savoir de façon certaine que les matériaux de cette cathédrale proviennent des carrières de Varreddes, ne peut faire que la fierté des Ravetons.

Détail Tour

Détail de la tour Nord

La cathédrale St Etienne de Meaux :

Construite sur le site d’une cathédrale romane, débuta  au XIIème siècle (environ 1180), pour s’achever qu’en 1540.  Il faut dire que la cité Meldoise a subit la guerre de cent ans et a été longtemps occupée par les Anglais.

Sa construction ayant duré plus de 350 ans, on y trouve un peu tous les styles  gothiques, mais les différents architectes qui se sont succédés ont réussi à maintenir une harmonie entre les différentes parties de l’édifice.

Elle est reconnue pour sa luminosité et la finesse de ses ornementations sculptées, la hauteur des voutes des collatéraux et la couleur des pierres de Varreddes.

Interieur Cath

La pureté de ses lignes

Sa longueur intérieure de 85 m est plus petite que Notre Dame de Paris, ainsi que la hauteur de la tour Nord de 68 m pour 69 celle de N.D. de Paris.

Sa hauteur sous voute de la nef est de 31 m.

La tour Nord fut achevée définitivement vers 1540.

façade sud

Façade Sud

Coté Sud, de l’autre coté de la grande rosace flamboyante du XVème. Siècle se trouve une tour en bois. A l’origine, cette tour provisoire avait été construite pour abriter les cloches de la cathédrale, mais le provisoire durant, elle est devenue définitive. Cette tour est nommée ‘la tour noire’ par les meldois.

Orgues

Le superbe orgue (restauré dans les années 1990) date de 1627 et fut construit par Valeran de Heman, un des plus grands facteurs d’orgue de l’époque.

JB.Bossuet

Jacques Bénigne Bossuet

A l’intérieur on peut admirer deux statuts de Bossuet, ‘l’Aigle le Meaux’, évêque de Meaux au XVème siècle, ainsi que sa pierre tombale avec l’épitaphe :

Ci-git, dans l’attente de la résurrection Jacques Bénigne Bossuet, évêque de Meaux, Comte consistorial, précepteur du Grand Dauphin et de la Grande Dauphine, aumônier du duc de Bourgogne, conservateur apostolique privilégié de l’université de Paris, supérieur au collège de Navarre, mort le 12 avril 1704. Il fit briller l’épiscopat pendant trente-cinq ans, dont vingt-deux à Meaux, par sa vertu et sa doctrine.

Repost 0
Published by Pierre - dans Varreddes
commenter cet article
2 août 2010 1 02 /08 /août /2010 20:28

Autel Vierge

 Autel de la Vierge -église de Varreddes-

Faut-il voir une corrélation entre la fête du St nom de Marie et la fondation de la Confrérie du Rosaire de Varreddes ?

Pour cela, revenons deux ans en arrière, lorsque le 12 septembre 1683, les troupes polonaises commandées par Jean III Sobieski, roi de Pologne et les troupes impériales, commandées par Charles V de Lorraine, vainquirent à Vienne (Autriche), l’armée turque commandée par Kara Mustapha.

C’est la victoire d’un prince catholique sur les ennemis du ‘Non Chrétien’.

Pour commémorer l’événement, le pape Innocent XI, institua la liturgie du Saint Nom de Marie.

C’est à cette époque qu’une recrudescence de dévotion mariale dans les villages catholiques d’Europe voit le jour : la fête du Rosaire. Varreddes n’y échappe pas.

C’est à Jean Caboulet, curé, que paraît devoir devenir l’honneur de la fondation effectuée le 2 octobre 1685.

Deux rentes à affectation libre existaient depuis quatre à six ans : celle de l’Evêque Dominique de Ligny décédé le 27 avril 1861 et celle de Nicolas Cleret fondée depuis le 5 février 1679.

Monsieur le curé les fit affecter à la confrérie naissante. D’autres générosités ne tardèrent pas à les suivre, et la jeune association entra de suite en voie de prospérité.

A Varreddes, jusqu’à l’aube de la révolution cette fête du Rosaire était solennisée à l’égal des grandes fêtes de l’année liturgique, les archives du lutrin en fournissant l’irrécusable témoignage : prime et tierce avant la grand’messe, sexte après ; None avant  vêpres, Complies après. Quelle foi chez nos aïeux que ne rebutaient ni la longueur des offices, ni l’inconfort des rudes et étroits sièges de chêne !

1790, c’est la révolution, avec la suspension totale du culte catholique de juin 1794 à juillet 1796, mais dès 1790 à 1801, l’obscurité enveloppe la confrérie.

L’entrée en vigueur du Concordat (1801) rendit à la Confrérie sinon la jouissance de ses rentes, au moins quelque chose de son ancienne splendeur.

En 1827, la Confrérie se réorganise, elle est ouverte à tous : hommes, femmes, jeunes gens, enfants ; on entre à tous âges. Le curé réorganisateur entre lui-même en 1827, à l’âge de 35 ans.

Les officières sont choisies parmi les jeunes filles de la paroisse (présidente, sous-présidente, trésorière, sous-officières), elles forment le conseil de la Confrérie.

L’œuvre se développe jusqu’en 1865, puis tombe en sommeil.

Nous retrouvons en 1878 un nouveau règlement, qui sera modifié en 1891 accentuant encore l’identification avec la Congrégation d’Enfants de Marie, et perdant peut-être un peu de vue l’objectif originel, savoir l’enrôlement des hommes, jeunes gens et femmes mariées aussi bien que des jeunes filles.

La Confrérie continue d’être mise à contribution pour les œuvres paroissiales et les acquisitions faites à l’Eglise.

Le XXe siècle arrive, et les soucis nés des lois persécutrices de l’époque sont la cause vraisemblable du silence qui entoure la Confrérie à partir de 1904.

1914. Le père Fossin, curé du village est enlevé par les allemands, le presbytère est pillé, la caisse du Rosaire disparait.

La confrérie se retrouve en sommeil jusqu’à l’arrivée  d’un nouveau curé en avril 1911, mais celui-ci tombe malade, la confrérie subit un arrêt de six mois.

Un nouvel essai de reconstitution est tenté en décembre 1920.

A la période de ferveur, succède l’inévitable lassitude et à partir de décembre 1928, c’est un long sommeil qui commence.

Ainsi naissent, prospèrent et tombent les meilleures institutions.

Repost 0
Published by Pierre - dans Varreddes
commenter cet article
17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 16:48

Mt Americain

Le monument Américain

Le monument Américain, n’est pas à Varreddes, il est sur la route de Varreddes, mais c’est souvent comme cela qu’il est désigné.

En venant de Meaux, sur la route de Soissons, direction Varreddes, vous apercevez sur votre droite, après avoir franchi le canal de l’Ourcq et gravi la côte, ce magnifique monument.

Juste en face, se trouvaient les bois de justice, ou ‘fourches patibulaires’, auxquels se balancèrent souvent les condamnés à la pendaison (aujourd’hui, c’est un lotissement).

Ce monument, ‘véritable poème de pierre’, disait la presse de l’époque, fut inauguré le 11 novembre 1932 par Albert Lebrun, président de la République et Edouard Herriot, président du conseil.

Ce sont les Etats-Unis qui l’ont offert à la France : quatre millions d’habitants y souscrivirent, après l’appel du comité formé dans ce pays.

Il symbolise la France soutenant ses enfants meurtris, criant sa détresse, le visage tourné vers l’Ouest.

Il est l’œuvre du sculpteur américain Frederik Mac Monnies.

Avec le piédestal, il pèse plusieurs milliers de tonnes et sa hauteur dépasse ‘soixante pieds’, soit près de vingt mètres.

Il doit, selon M. Lamont, à qui l’on doit l’initiative américaine, représenter une contrepartie de la statue de la liberté de New-York.

On peut donc dire, devant ce monument, que les deux libertés s’évoquent mutuellement par-dessus l’immensité de l’Atlantique.

Au dos du socle, sur la partie nord, est gravé, en anglais, l’hommage aux soldats français qui stoppèrent l’ennemi à la bataille de la Marne.

‘Ici se font encore entendre

Dans le silence, les voix

Des héroïques fils de France,

Ils ont tout bravé, tout donné, au cours

De longues journées pleines d’embûches

Tandis que les guettait la mort…

Ils ont arrêté le flot d’un désastre imminent

Et leur suprême dévouement

A fait tressaillir le monde.

 

expo-grande-guerreA droite du monument, a été posée le 17 avril 2010, par Jean-François Copé, député-maire de Meaux et Fréderic Mitterand, ministre de la culture, la première pierre du futur musée de la Grande guerre

 

L'exposition permanente s'étendra sur près de 3000 m², dans un bâtiment de 7 000 m², conçu par l'architecte Christophe Lab et son équipe.

S'élançant en porte-à-faux, il semble jaillir de la pente qui l'accueille.

Un parvis couvert par le bâtiment permettra aux visiteurs de percevoir, par des lucarnes vitrines, les tranchées reconstituées et une carte de la Bataille de la Marne

 

La collection du Musée de la Grande Guerre se distingue par sa capacité à aborder le conflit sous tous les angles et avec près de 200 uniformes de  toutes les nationalités qui ont participé au conflit : Français, Allemands, Anglais, Américains, Russes mais aussi Serbes, Canadiens, Australiens ou Néo-zélandais, sans oublier les tenues caractéristiques des tirailleurs sénégalais et nord-africains engagés au combat. Cette collection continue de s'enrichir de nouvelles acquisitions, objets parfois insolites et souvent uniques, pour n'oublier aucun aspect de la vie des soldats et des civils.

 

Varreddes à subit les effets de la bataille de la Marne, nous en reparlerons.

Mais en attendant, allez  visiter le site admirable de Daniel, petit-fils d’un poilu.

Daniel rend un hommage émouvant à son grand-père et à tous les poilus qui ont participé à la Bataille de la Marne.

Je vous laisse découvrir cette belle leçon d’histoire: cliquez-ici  

 

Repost 0
Published by Pierre - dans Varreddes
commenter cet article
3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 21:27

La Façade 

Façade de la cathédrale St Etienne de Meaux

Au milieu du XIIIe siècle, un certain Simon d’Auger possède des biens à Varreddes ; en mai 1252, Simon et son épouse Agnès en laissent une partie aux Trinitaires de Cerfoy.

Dans le même temps, d’année en année, le Chapitre de la cathédrale recueille au même lieu des lègues ou des héritages qu’il achète, et pour lesquels il obtient en mars 194, l’amortissement de Philippe-le-Bel et de la reine Jeanne, comtesse de champagne.

On voit figurer dans cet amortissement des terres aux lieux dits la vallée de Dicy, la voie blanche, le chemin de Poincy ; dans l’étude du territoire, les carrières de pierre à bâtir qui appartenaient à l’évêque étaient déjà exploitées.

En 1263, Aleaume de Cuisy permit au chapitre d’y tirer des matériaux pour la cathédrale de Meaux, dont Gautier de Varinfroy dirigeait la construction, entreprise depuis les années 1175-1180.

A cette époque, le maire-juge exerçait au nom  du seigneur, mais dans certaines conditions déterminées, la haute justice ; en septembre 1336, il instruisit une affaire capitale contre un homme de corps accusé de meurtre.

Ce meurtre avait été commis sur le sentier de Saint-Ladre (Dampleger, aujourd’hui) à Varreddes.

Le juge local n’ayant pas eu à poursuivre l’affaire jusqu’au bout, je ne peux vous dire si le coupable fut conduit au gibet qui se dressait au-delà des habitations, à 200 mètres à droite du chemin de Meaux, en un lieu que l’on appelle encore la ‘Justice’.

Ces juges subalternes tentaient sans cesse d’étendre eux-mêmes leur compétence. Il en était encore ainsi au XVIIe siècle, car l’évêque Dominique de Ligny dut (vers 1670) rappeler à l’ordre les maires établis par lui dans ses justices d’Etrepilly, de Germigny-l’Evêque, de Trilport et de… Varreddes, lesquels « entreprenaient de connaître des causes et matières excédant leurs pouvoirs 

Repost 0
Published by Pierre - dans Varreddes
commenter cet article
31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 16:32

Nicolas Yveteaux1

Armes de Nicolas de Vauquelin des Yveteaux

Varreddes a compté parmi ses habitants un homme célèbre en son temps : ‘Nicolas Vauquelin des Yveteaux’.

Fils ainé de Jean Vauquelin de la Fresnaye poète, né au château de la Fresnaye près Falaise en 1559.

Il prend le nom  d’un petit domaine qu’il reçut en héritage ‘Vauquelin des Yveteaux’.

Il faillit  entrer dans les ordres mais il était moins soucieux de son salut que de ses plaisirs !

Il fût d’abord lieutenant général au baillage de Caen, puis se rendit à Paris où il pouvait mener l’existence dont il avait rêvé.

Le Maréchal d’Estrées l’introduisit à la cour, où son esprit plut au roi.

Appelé au Conseil Privé d’Henri IV, Vauquelin des Yveteaux est nommé précepteur de César de Vendôme, fils de Gabrielle d’Estrées, marquise de Montceaux, pour lequel il compose en 1604 son seul poème sérieux, l’Institution du Prince, in-8°.  

Il passait à cette époque pour un homme de grande valeur et surtout de libre intelligence. Ses vers sur la naissance du Dauphin, le futur  louis XIII, dont il prend la charge de son éducation, avaient été très remarqués.

Il obtient des bénéfices de l’abbaye de St Symphorien près de Beauvais. Ses vers sur la naissance de louis XIII avaient été très remarqués.

Il est récompensé par le roi qui lui donne Varreddes, Brianval.

A la mort d’Henri IV, déplaisant à certains courtisans, il est éloigné de la cour, défait de ses bénéfices et perd sa charge de précepteur du roi. Dès lors il vit en libre penseur épicurien, dans sa maison de St Germain.

On l’appelait  ‘le petit bonhomme aux yeux de cochon’ tant il était insolent et hardi car il s’amusait à narguer la pudeur du siècle.

Epris de pastoral, vêtu tantôt en satire, tantôt en dieu paîen, il vivait  au milieu de ‘demoiselles’ et de nymphes jouant de la harpe.

 

Sa philosophie épicurienne fit de lui, le précurseur des groupes libertaires du XVIIe siècle.

En 1628, il trouve à sa porte une superbe créature qui lui explique qu’elle est la fille d’un pauvre musicien ambulant qui joue du luth dans les auberges. Elle est mariée à un nommé Dupuis, de la meilleur maison de Meaux. Le poète prend le couple chez lui, elle devient son intendante, sa nymphe. Elle le soigne tant à Paris qu’à Brianval.

En 1648, la Fronde le chasse de Paris, il se réfugie à Varreddes avec tout son équipage, loin des troubles et de la sédition.

Varreddes-Brianval fut son Montceaux. A Brianval le poète prenait plaisir à travestir la femme Dupuis en bergère, lui-même en costume de berger ou de satyre !

A 90 ans, il souffre de la prostate, ce qui nécessite de fréquents sondages, mais le chirurgien de Varreddes fut un jour maladroit… Ce qui entraîna sa mort le 9 mars 1649 dans sa quatre-vingt-dixième année.

 

Selon ses vœux, il fut inhumé dans l’église de Varreddes.

 

Autel Vierge

Autel de la Vierge dans l'église de Varreddes

  Son cœur repose au pied de l’autel de la Vierge dans un coffret de plomb en forme de cœur. Une plaque métallique de 24 x 10 cm fixée sur ce coffret, portant l’inscription suivante en lettres majuscules (orthographe de l’époque respectée, les mots en petits caractères ont disparu, on peut penser les suppléer):

Cœur de NICOLAS VAUQUELIN CHEVALIER Seigneur DES YVETEAUX QUI FUT CHOUSY PAR Henri LE GRAND POUR PRECEPTEUR DE MONSEIGNEUR LE DAUPHIN QUI A ESTE le ROY LOUIS TREIZIEME DE CE nom.

A l’occasion de travaux, ce coffret fût retrouvé vide, et un malheureux coup de pioche perça le coffret !

En 1661, soit 12 ans après sa mort, Adam Dupuis, mari de la Ciré, fit la dépense de faire graver une inscription sur sa pierre tombale à Varreddes.

   

Deux épitaphes probablement dues à l’abbé de Rancé  (orthographe de l’époque respectée):

  Passant, je n’ai jamais arreté personne durant ma vie, je n’ai garde de le faire après ma mort, mais si quelque occasion  t’amène en cette église, tu auras loisir de lire que Nicolas de Vauquelin, seigneur des Yveteaux, y a voulu être enterré, ayant choisi ce lieu pour m’éloigner du bruit et pour éviter la multitude, comme je faisais toujours dans le monde ; ayant tenu ma vie cachée et ma conscience nette sans ostentation, ma liberté entière sans dissolution. Je crois ne te devoir pas céler que j’ai été aimé de Henri le Grand, IVe de nom, comme tu verras par ces vers, car c’est chose qui doit passer en admiration, que le moindre de tous les hommes ait été estimé du plus grand prince de la terre, ayant été choisi par lui pour l’instruction de ses enfants ; et puisque tu as eu patience, je te veux apprendre en un moment tout ce que j’ai appris de certains en quatre-vingt-dix ans, et ce que peut-être tu scais bien, qui est que l’amour de Dieu et l’obeissance de ses lois et de l’Eglises, sont les seuls vrais fondemens de la felicité de ce monde et de l’autre ».

pierre-tombale- NY

Pierre tombale de Nicolas des Yveteaux

Pendant la Révolution en 1793, la pierre tombale fût démontée et conservée chez un menuisier qui s’en sert alors pour broyer son mastic.

  En 1872, on la retrouve à la sacristie et lors de la réfection de l’entrée de l’église, on le replace où elle est actuellement.

Le registre terrier de 1618, à l’article 4347 décrit ce qui était sans doute son habitation à Varreddes :

« Item audit Varreddes, une grande maison, logis, grange, étable, cour, jardin et enclos fermé de murailles, contenant 3 arpents, 33 perches, tenant à la grande rue qui conduit de l’église au moulin dudit Varreddes, d’un bout à la rue Boutonneuse (ex rue croche Mur ou Cloche Mur, actuellement Petite Rue), d’un autre bout à blaise Petit, Le Riche, Gilles Larcher et autres.

 

Repost 0
Published by Pierre - dans Varreddes
commenter cet article
12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 21:25

 Bien que les terres appartiennent à l’évêque, divers établissements religieux et des particuliers ont cependant possédé sur ce territoire des biens, des dîmes et des droits féodaux, mais dans la mouvance de l’évêque et sous l’autorité du comte de Champagne.

Cassini001

 Vers 1230, un état des revenus de l’évêché, fait connaître que les habitants du village étaient tous taillables de l’évêque et lui devaient chaque année huit corvées de tous les animaux s’attelant aux charrues.

Ils étaient tenus également de transporter du blé et des foins à Meaux, des pierres au moulin.

Chaque chef de ménage (la femme si elle était veuve) devait de plus une journée de travail par an, en carême, dans le clos de l’évêque.

Celui-ci, ayant le privilège de banalité, possédait seul, four et moulin dans la localité.

Le maire-juge était exempt des corvées.

Les anciens serfs ou hôtes du seigneur avaient obtenu l’affranchissement sous ces conditions, et la taille personnelle se trouvait déjà convertie en un abonnement annuel de 25 ou 30 livres pour l’ensemble de la communauté, mesures bien accueillies de part et d’autre.

 Au temps de St Louis, des serfs isolés, de nouveaux venus dans le village, obtenaient à leur tour l’affranchissement, moyennant finances ; mais le taux de cette finance n’était pas toujours facile à régler à l’amiable.

C’est ainsi qu’en 1239, à la mort de Thibaud de Varreddes, homme de corps de l’évêque, ses enfants voulurent s’affranchir et partager les biens du défunt entre-eux ; pour parvenir à fixer la somme représentant le rachat de la servitude, il leur fallu recourir au roi lui-même, qui commit le connétable Jean de Beaumont pour arbitre.

On convint en présence du monarque, que les fils de Thibaud « demeureraient libres de tout joug de servitude » en acquittant entre les mains de l’évêque la finance que Jean de Beaumont fixerait à son gré.

Repost 0
Published by Pierre - dans Varreddes
commenter cet article
15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 21:53

Varreddes.JPG

Joli village d’Ile de France en Seine et Marne (77910) à 7 km au Nord-est de Meaux, sur la route de Soissons. Sa superficie est de 800 hectares

La commune est traversée par le canal de l’Ourcq et séparée de Gemigny-l’Evêque par la rivière de Marne.

 

carte-Varreddes.jpg

Varreddes (Varedis au XVIe s.) compte aujourd’hui 1899  Varreddois. Il comptait 250 feux en 1770 ; 1242 habitants en 1823 ; 1060 en 1863 et 860 en 1904.

Le village semble avoir été habité depuis bien longtemps où des peuplades nomades vivaient dans des grottes ou ‘boves’, ouvertes sur le flanc des collines. On a trouvé des traces  de ces grottes dans le voisinage du village actuel, ainsi que des couteaux, des fragments de haches et outils en silex taillé.

 

Au Moyen Âge, ce lieu, devenu paroisse sous le vocable de Saint Arnoul (sans ‘T’, ni ‘D’ à la fin), était une seigneurie des évêques de Meaux ; la paroisse fut avec Villenoy, Etrépilly et Germigny, placée sous la juridiction immédiate du prélat, aux terme d’un partage des biens de l’Eglise opéré en 1004 (1005), et ce ; jusqu’à la révolution de 1789.

Ces quatre cures ont été appelées ‘les filles de l’évêché'.

 

Trois autres paroisses de la région, étaient également placées sous la juridiction des évêques de Meaux : Barcy, Crégy et Fublaines. Ces paroisses étaient dénommées ‘Filles du Chapitre

 

L’almanach de Seine et Marne de 1904, page 162 note : "C’est un pays de petite culture, divisé en 12.000 parcelles ; les fermes d’autrefois n’existent plus. On y a longtemps exploité des carrières souterraines de pierre blanche, dont les galeries servent aujourd’hui à la culture des champignons ; les plantations d’ormes tortillards recherchés pour le charronnage, et la culture du chanvre y ont y certaine importance".

A ce jour les carrières dont les pierres extraites ont servies à la construction de la cathédrale de Meaux sont pour des questions de sécurités murées et  la culture de champignons n’existe plus.

M. Rayer, auteur d’une Etude sur l’économie rurale dans la Seine et Marne (1895), mentionne la production de l’oseille sur une étendue de 30 hectares, c’est, dit-il, un  des rares exemples de la culture en grand de cette plante potagère.

Repost 0
Published by Pierre - dans Varreddes
commenter cet article