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Avant de parler du rôle des épouses des Présidents de la République, faisons le point sur leur situation conjugale.
À l'exception de Louis-Napoléon Bonaparte qui reste officiellement célibataire, bien qu'étant en ménage avec Harriet Howard, durant tout son mandat de président de la République (1848 à 1852) et François Hollande qui n'a jamais été marié, tous les présidents de la République française étaient mariés quand ils étaient en exercice.
Après le rétablissement de la dignité impériale, le 2 décembre 1852, Napoléon III épouse le 29 janvier 1853 Eugénie de Montijo, qui portera le titre d'impératrice des Français.
Raymond Poincaré, marié civilement, doit régulariser religieusement sa situation maritale avec son épouse Henriette, veuve et divorcée, le 5 mai 1913. Il organise la cérémonie dans le secret, pour ne pas froisser un électorat majoritairement catholique à l'époque.
En 1924, lorsqu'il accède à la présidence de la République, Gaston Doumergue est célibataire. Il entretient cependant une liaison de longue durée avec Jeanne-Marie Gaussal.
Durant son mandat présidentiel, il va tous les matins prendre son petit déjeuner avec elle à son ancien domicile, avenue de Wagram, où il se rend à pied depuis l'Élysée. Douze jours avant la fin de son mandat présidentiel, le chef de l'État épouse, dans le Salon vert du palais de l'Élysée, sa compagne au cours d'une cérémonie civile, en juin 1931.
En novembre 1955, un peu plus d'un an après son entrée en fonction, le président René Coty devient veuf après le décès de son épouse Germaine, (qui était aimée des Français). Le magazine américain Life publie dans ses pages quelques jours plus tard une tribune consacrée à la défunte première dame.
En 2007, le président Nicolas Sarkozy divorce de sa seconde épouse, Cécilia Ciganer Albéniz, cinq mois après le début de son mandat et le 2 février 2008 il épouse Carla Bruni, qui donnera naissance trois ans plus tard à une fille, Giulia, ce qui constitue une première à l'Élysée.
Jamais marié, le président François Hollande partage sa vie avec Valérie Trierweiler jusqu'au 25 janvier 2014, date à laquelle il officialise sa rupture avec sa compagne, deux semaines après que la presse lui a attribué une liaison avec l'actrice Julie Gayet.
Epouses et compagnes des présidents de la République française
Selon la Constitution, le conjoint du président de la République française n'a aucune fonction officielle auprès de lui mais « exerce, en vertu tant de la tradition républicaine que de la pratique diplomatique, un rôle de représentation, de patronage et d’accompagnement du chef de l’État dans ses missions »
L'appellation de « Première dame » apparaît en France, dans la seconde moitié du XIXème siècle. Elle est attribuée à Marguerite Lebrun (par transposition de l'expression américaine de First Lady, lors d'une visite au couple présidentiel américain Roosevelt).
Pendant longtemps, on appelait l'épouse du président « la présidente »
En 1906, lors de l’élection présidentielle, le journal L'Illustration titrait « Qui sera la présidente ? », se questionnant sur l'identité de l'épouse du nouveau chef de l'État
Des journalistes français utilisent l'expression « Première dame de France », pour désigner l'épouse ou la compagne du président de la République française.
Mais ce n'est que sous la Quatrième République, avec l'arrivée de René Coty, que l'épouse du président de la République, Germaine Coty, commence à exercer un certain rôle public, en traitant l'important courrier que les Français adressaient à « la dame de l'Élysée ».
Le conjoint du président n'a jamais eu de fonction légalement établie, que ce soit sous la IIIe, la IVe ou la Ve République. En pratique le conjoint a cependant une place dans le protocole institutionnel, elle est fréquemment présente lors des dîners officiels au palais de l'Élysée et lors de voyages diplomatiques à l'étranger.
Même s'il n'est pas encore président, Charles de Gaulle associe en 1940, son épouse Yvonne de Gaulle (à la demande des dirigeants britanniques, dont Winston Churchill) à un reportage visant à le faire connaître au Royaume-Uni, en tant que chef de la France libre et représentant de la France qui poursuit la lutte aux côtés des Alliés.
Marraine, du paquebot France, Yvonne de Gaulle le baptise en 1960.
Anne-Aymone Giscard d’Estaing avait résumé son rôle de conjointe de chef d’État lors de l’entrée en fonction de son époux : « Ce soir, comme ma sœur Marguerite, j’entre dans les ordres ».
Le 31 décembre 1975, Valéry Giscard d’Estaing associe son épouse à ses vœux à la nation.
C’est réellement Danielle Mitterrand qui est la première à s'impliquer en matière de politique, en faisant part aux médias de ses vues sur le monde. D'autres femmes de président mènent également une carrière politique :
- Anne-Aymone Giscard d'Estaing est ainsi brièvement conseillère municipale de Chanonat (Puy-de-Dôme), quant à
- Bernadette Chirac, elle est conseillère générale de Corrèze depuis 1979.
Le rôle de Première dame, s'il n'est en rien défini, est finalement adopté par chacune, en fonction de sa personnalité.
Après le rôle diplomatique joué par Cécilia Sarkozy en tant que « représentante du président de la République », alors épouse du président, dans l'affaire des infirmières bulgares, Patrick Devedjian plaide pour attribuer un statut légal en dotant ces dames d'un pouvoir comme c'est le cas dans les monarchies. Cette proposition ne fut pas suivie d'effets.
Emmanuel Macron, élu président le 7 mai 2017, a souhaité qu'un cadre officiel soit défini pour sortir de l'hypocrisie existante, mais au cours de l’été 2017, une pétition rassemblant 220 000 signatures est lancée contre la création de ce statut.
Faute d’un statut possible, l'Élysée publie le 21 août 2017 une charte de transparence relative au statut du conjoint du chef de l’État.
Cette charte officialise le statut du conjoint du chef de l’État et lui reconnaît un « rôle de représentation » de la France aux côtés du président, notamment lors des réunions internationales.
Elle (ou il) lui assure également :
- Un rôle de « supervision » des réceptions à l'Élysée, et
- Peut « Prendre part à des actions nationales et internationales,
- Mettre en place avec d'autres conjoints de chefs d'État » (notamment pour lutter contre le changement climatique ou encore les violences faites aux femmes et aux enfants)
- Répondre aux « sollicitations » des personnes souhaitant la rencontrer, personnalités étrangères ou citoyens français.
- Apporter, par son parrainage ou sa présence, son soutien à « des manifestations à caractère caritatif, culturel ou social ou qui participent au rayonnement international de la France ».
La charte précise que le conjoint ne bénéficie pas de rémunération, ni de frais de représentation ou de budget propre.
Deux conseillers présidentiels sont mis à sa disposition ainsi qu'un secrétariat. Les moyens pour sa fonction sont pris sur le budget de la présidence, et soumis au contrôle de la Cour des comptes
Fondations et actions caritatives
Les Premières dames de France, notamment depuis Yvonne de Gaulle, s'illustrent à travers la création et le développement d'une fondation ou des actions caritatives
Toutes les épouses des présidents de la Ve République ont créé leur propre fondation (ou se sont impliquées dans une créée précédemment) :
- Yvonne de Gaulle : Fondation Anne-de-Gaulle (créée en 1945 alors que son mari est président du Gouvernement provisoire de la République française) ;
- Claude Pompidou : Fondation Claude-Pompidou ;
- Anne-Aymone Giscard d'Estaing : Fondation pour l'enfance ;
- Danielle Mitterrand : France Libertés - Fondation Danielle-Mitterrand ;
- Bernadette Chirac : Association le Pont Neuf (créée en 1990, avant l'accession de Jacques Chirac à la présidence de la République) ; elle préside la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France de 1994 à 2019 et la Fondation Claude-Pompidou, après la mort de Claude Pompidou, en 2007.
- Cécilia Sarkozy : Fondation Cécilia Attias pour les femmes.
- Carla Bruni-Sarkozy : Fondation Carla-Bruni-Sarkozy.
- Valérie Trierweiler : en septembre 2012, elle devient ambassadrice de la fondation Danielle-Mitterrand.
- Brigitte Macron : à partir de 2019, elle préside la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France.
Sources : Gouv.fr Suite : Les Présidents (De Gaulle)
