Suite des articles ‘la Vème République’ (6-11-25 juil. 16-22-28 août. 5-20 sept. 8-26 oct. 9 nov.2020.)
1er ministre du 1er gouvernement de la Présidence de Charles de Gaulle,
du 8/1/1959 au 14/4/1962.
Comme il est bon que les idées et l’action du chef de l’État soient complétées, soutenues et même quelquefois compensées par une initiative, une capacité, une volonté autres que la sienne, il faut que le Premier ministre affirme sa personnalité. Michel Debré le fait vigoureusement. Charles de Gaulle (Mémoires d’espoir).
Né le 15 janvier 1912 à Paris, fils du professeur de médecine Robert Debré, Michel Debré est docteur en droit.
Reçu en 1934 au concours du Conseil d'État, dont il devient maître des requêtes et entre au cabinet du ministre des Finances Paul Reynaud, en novembre 1938.
Dès 1942, Miche Debré est actif dans la Résistance intérieure, il a notamment pour mission de préparer la désignation des futurs préfets de la Libération.
En 1945, Commissaire de la République, il est chargé de préparer une réforme de la Fonction publique qui se traduit notamment par la création de l’École nationale d’administration (ENA).
Fidèle du général de Gaulle, il participe à la fondation du RPF en 1947.
Sénateur d’Indre-et-Loire pendant dix ans, il s’oppose à la création de la Communauté européenne de défense.
Garde des Sceaux et ministre de la Justice en 1958, Michel Debré, il est le principal inspirateur, avec de Gaulle, de la nouvelle Constitution.
En janvier 1959, au lendemain de son élection à la présidence de la République, le général de Gaulle le nomme Premier ministre.
Michel Debré à l’Hôtel de Matignon
Premier ministre de janvier 1959 à avril 1962, il loge à Matignon avec sa famille, comme la plupart de ses successeurs sous la Ve République. La charge de Premier ministre exige, selon lui, d’être prêt à tout moment à faire face aux événements et à décider en conséquence".
Si le général de Gaulle conduit la politique extérieure de la France, secondé par deux proches aux Affaires étrangères et à la Défense, Michel Debré est en première ligne devant l’Assemblée pour défendre la nécessité de disposer d’un arsenal national de dissuasion nucléaire à travers une loi de programme.
Face à la crise algérienne, il fut un ardent défenseur de la présence française en Algérie.
Son sens de l'État et sa fidélité au général le poussent à accepter le principe d’un référendum sur l’autodétermination algérienne.
Son gouvernement est à l’origine, en 1961, du premier ministère de la Coopération.
Partisan de la promotion sociale par le mérite, il ouvre certaines filières de l’enseignement supérieur aux non-bacheliers. Il crée également un second concours d’entrée aux écoles d’ingénieurs, y compris Polytechnique et Centrale.
Il s'emploie à favoriser le maintien de la rémunération pour les travailleurs qui souhaitent suivre une formation complémentaire et assure un statut aux chercheurs et crée le Centre national d’études spatiales.
Après un débat souvent vif, il met fin à la querelle scolaire ‘privé-laïc’ en faisant voter une loi associant les établissements privés d’enseignement à l’État (427 voix contre 71).
Il met en application la réforme des centres hospitalo-universitaires inspirée par son père, réforme la Sécurité sociale en réorganisant les différentes caisses, et institue le conventionnement du tarif des médecins.
C’est à Michel Debré que revient l’initiative de la première loi Malraux, (1ère loi de programme de restauration des monuments historiques.)
Au terme de trois ans de fonction comme Premier ministre, Michel Debré passe le relais, et se trouve "placé en réserve" de la République.
Principales lois du gouvernement de Michel Debré :
Parmi les nombreuses réformes entreprises par Michel Debré, on peut noter :
- La mise en œuvre du plan de redressement économique et financier dit "plan Rueff-Pinay" présenté en décembre 1958 ;
- La loi dite loi Debré sur l'aide de l'État à l'enseignement privé (31 décembre 1959)
- La loi sur l'aide de l'État à l'enseignement privé ;
- L’introduction du nouveau franc le 1er janvier 1960 ;
- La mise en place d'une nouvelle procédure budgétaire (qui perdurera jusqu'à l'introduction de la Lolf) ;
- L'instauration de l'impôt unique sur le revenu des personnes physiques (IRPP).
L'APRÈS-MATIGNON
- Michel Debré occupe ensuite des postes ministériels :
- Ministre de l'Économie et des Finances (avril 1967-juillet 1968) dans le gouvernement Pompidou ;
- Ministre des Affaires étrangères (juillet 1968-juin 1969) dans le gouvernement Couve de Murville ;
- Ministre d'État, ministre de la Défense nationale (juin 1969-juillet 1972) dans le gouvernement Chaban-Delmas (il est l'auteur du premier Livre blanc sur la défense nationale, en 1979).
- Le 24 mars 1988, il est élu au premier fauteuil de l'Académie française.
Les mandats :
- Il est élu député de la première circonscription de La Réunion le 5 mai 1963.
- Il est élu maire d'Amboise de 1966 à1989 (23 ans).
Il fut membre de l’UDSR, puis du Parti radical-socialiste, su RFP et de l’UNR.
Michel Debré décède à Montlouis sur Loire (36) le 2 août 1996à l’âge de 84 ans.
Sources : Gouv.fr
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